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Patrice Gibertie- Le scandale de la Dépakine


Depuis sa mise en circulation, la Dépakine, censée prévenir les crises des épileptiques et bipolaires aurait causé malformation et troubles cognitifs à plus de 50 000 enfants. Le médicament, sans danger pour les patientes, est hautement toxique pour le fœtus. Le valproate de sodium (ou Dépakine) est un médicament anti-épileptique. Son usage pendant la grossesse a des effets délétères sur la santé de l’enfant à naître, augmentant le risque de troubles du neurodéveloppement dont l’autisme et de malformations congénitales.
Historique du scandale
1967 – Une importante découverte médicale pour les épileptiques. Une nouvelle molécule, le valproate de sodium, révolutionne la vie des épileptiques. La Dépakine est lancée sur le marché et reconnue pour prévenir les crises sans que des effets secondaires ne soient décelés sur les patients eux-mêmes
1982 – Première alerte sur les effets secondaires de la dépakine pour les femmes enceintes. Le Dr Élisabeth Robert-Gnansia, spécialiste française des malformations congénitales est la 1° à alerter la communauté scientifique. Elle découvre que la Dépakine entraîne des défauts de fermeture sur la colonne vertébrale et présente ses travaux à une réunion d’épidémiologistes du monde entier. Très vite, ils s’aperçoivent que la Dépakine multiplie par 30 les troubles du développement chez le fœtus. Les livres de médecines répercutent alors l’information mais le médicament continue à être commercialisé.
1986 – La notice est modifiée. Elle stipule seulement : « prévenez votre médecin si vous êtes enceinte ». Mais ne mentionne pas les troubles cognitifs.
2002 – Un lien de cause à effet est établi entre la Dépakine et des troubles chez l’enfant. Aux assises de génétiques, le Dr Hubert Journel tisse un lien de cause à effet entre la Dépakine et le syndrome du valproate, responsable de cas d’autisme et de troubles cognitifs, tels des problèmes d’apprentissage. « Il faut arrêter toutes les prises de dépakine pendant les grossesses. « À ce moment-là, on est plus dans l’hypothèse » explique le Dr Journel au micro de Complément d’enquête. Mais la prise de conscience ne dépassera pas la sphère des professionnels de la génétique.
2006-2013 – les dangers de la Dépakine intègrent progressivement la notice. En 2006, la notice déconseille pour la 1° fois la prise médicamenteuse pendant une grossesse.
À partir de 2010, les autorités sanitaires ont autorisé la mise à jour de la notice, à la fois pour les risques de malformations congénitales et pour les troubles neuro-développementaux. le risque d’impact sur le développement cognitif de l’enfant intègre à son tour la notice. Ce risque, connu depuis le début des années 2000, mettra plus d’une décennie avant de figurer sur la liste des effets secondaires de l’anti-épileptique.
2011-2014 – Depuis sa création en 2011, l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) tente d’attirer l’attention sur « les enfants Dépakine ». Sa fondatrice Marine Martin déclarait en 2012, dans une interview pour Ouest-France : « Le diagnostic a été très long à poser. C’est sur Internet que j’ai découvert que le docteur Éléphant signalait les dangers et décrivait les conséquences concrètes de la dépakine. C’est ce que vit mon fils ». Elle sera la 1° à porter le problème sur la scène publique, en interpellant médias et gouvernants.
Mai 2015 - Le scandale de la Dépakine éclate au grand jour. Le parquet de Paris ouvre alors une enquête sur les conditions d’autorisation et de commercialisation de la Dépakine. Dans la foulée, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, saisit l’inspection générale des affaires sociales (Igas) pour ouvrir une enquête.
23 février 2016 - Un rapport de l’Igas accuse Sanofi et l’État pour leur « manque de réactivité » reconnaît officiellement les dangers de la Dépakine pour le fœtus, soit 10 % de risques de malformation et 40 % de risques de troubles neurologiques. Il indique également que les femmes avaient « été informées trop tard des risques en cas de grossesse » et pointe du doigt « le manque de réactivité » de l’État et du laboratoire Sanofi qui commercialise le produit. Le rapport estime à 450 le nombre de malformations génitales occasionnées chez des bébés entre 2006 et 2014, par le valproate de sodium. Une donnée encore sous-estimée, de l’avis de l’Apesac, qui recense, de son côté, 2 426 victimes au 29 juin de cette année, dont 401 morts.
Selon l’avocat de l’Apesac, qui a défendu également les victimes du Médiator, un rapport qui date de 2000 prouve que Sanofi était au courant depuis longtemps, mais pas inquiété un instant. Le laboratoire a fait savoir qu’il a « toujours respecté ses obligations d’information auprès des professionnels de santé comme des patients ».

1er mars 2016 – Pour la 1° fois, la notice du médicament proscrit son usage aux femmes enceintes. Depuis, la mention « Dépakine + grossesse = risque » apparaît très visiblement au dos de l’emballage.
Un rapport de l’ANSM de 2019 estime qu’en 2017, environ 100 000 patientes atteintes d’épilepsie étaient en âge de procréer, la très grande majorité d’entre elles étant traitées. Certains antiépileptiques sont également prescrits dans d’autres indications telles que les maladies psychiatriques (troubles bipolaires) ou neurologiques (douleur…). Ainsi, au total, en 2017, 147 875 femmes en âge de procréer avaient eu une prescription de prégabaline, 64 553 de lamotrigine et 59 615 de valproate de sodium, pour ne prendre que les plus fréquentes. Le nombre de femmes enceintes traitées par un antiépileptique a diminué au cours des 10 dernières années, passant de 7 803 en 2010 à près de 6 000 en 2019, l’utilisation de valproate ayant très fortement chuté, pendant que celle d’autres antiépileptiques augmentait.
Les médicaments concernés sont les médicaments à base de valproate ou l’un de ses
dérivés : DEPAKINE®, DEPAKOTE®, DEPAMIDE®, MICROPAKINE® et ses génériques.
En cas de prise par une femme pendant sa grossesse, le valproate de sodium entraîne
chez l’enfant à naître, dans environ 10% des cas, des malformations et dans 30 à 40%
des cas, des troubles du neuro-développement tels que : troubles du spectre de l’autisme, troubles du développement intellectuel, troubles du langage et des apprentissages, ou troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité.Quelles sont les conditions d’accès ?
Le dispositif a vocation à s’appliquer lorsque les conditions suivantes sont remplies :
*le valproate de sodium ou l’un de ses dérivés a été prescrit au cours de la grossesse et avant le 31 décembre 2015.
*une exposition au valproate de sodium ou à l’un de ses dérivés (Dépakine®, Depakote®, Depamide®, Micropakine® et génériques) est établie ; cette exposition s’est produite au cours d’une grossesse ;
*La personne physique née d’une mère ayant été traitée par du valproate de sodium ou par l’un de ses dérivés présente une ou plusieurs malformations et/ou des troubles du développement.
Dépakine : Sanofi condamné à indemniser la lanceuse d’alerte Marine Martin après douze ans de procédure 10 septembre 2024
Le tribunal judiciaire de Paris a condamné le laboratoire à verser à cette mère et à ses deux enfants près de 285 000 euros d’indemnités pour « défaut d’information » sur les risques de malformation et neurodéveloppementaux causés par le produit « défectueux » commercialisé par le laboratoire
Pourtant, l’État continue parallèlement de signer des chèques en blanc à l’un des géants de l’industrie française,
le laboratoire Sanofi et ses 5,4 milliards de bénéfice net en 2023 : dans le cadre du dispositif d’indemnisation des victimes de la Dépakine, les contribuables français ont déjà avancé au laboratoire pas moins de 65 millions d’euros, une somme qui pourrait doubler d’ici à la fin de l’année, voire quadrupler d’ici à la fin 2025… toute victime ayant subi un dommage imputable au Valproate de sodium ou l’un de ses dérivés.Affaire en lien avec Médiator
Marine Martin, la lanceuse d’alerte, connait le dossier sur le bout des ongles. Cette habitante de Perpignan est épileptique depuis l’âge de 6 ans. Elle a pris longtemps de la Dépakine avant de changer de traitement en 2010. Diplômée en Sciences de l’éducation, mariée à un conseiller principal d’Education, emploi jeune dans une école puis salariée d’une société de transport, Marine Martin est la maman de 2 enfants, Salomé, née en 1999 et Nathan, né en 2002, tous 2 atteints d’ « embryofoetopathie au valproate » .
Pour elle, « Sanofi savait déjà les risques de troubles comportementaux dès les années 1980 et n’a pas alerté les patientes épileptiques enceintes ». Quant aux malformations, « elles ont été largement minimisées, les médecins n’informant que sur un nombre très limité de risques ». Il s’agit des « les mêmes mécanismes de conflits d’intérêts » que dans le scandale du Mediator . A la justice de trancher.
L’affaire du Mediator est une affaire sanitaire et judiciaire concernant les personnes victimes de la prise de benfluorex, commercialisé sous le nom de Mediator par les laboratoires Servier de 1976 à 2009. Le Mediator est accusé d’avoir causé la mort de 1 500 à 2 100 personnes, sans compter celles qui souffrent encore 10 ans après des conséquences des effets secondaires. En avril 2019, les laboratoires Servier versent plus de 115 millions d’euros aux victimes du Mediator : 3 600 patients reçoivent une offre d’indemnisation. En septembre 2019, le laboratoire saisit le tribunal administratif pour demander à l’État le remboursement de 30 % des sommes déjà versées aux victimes. A la suite de cette affaire, en 2012, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (l’Afssaps) a été remplacée par « l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé » (ANSM). Le fonctionnement de l’Agence du médicament est réformé. L’ANSM est financée par l’État et a exclu l’industrie pharmaceutique de son conseil d’administration qui comprend des parlementaires ou des représentants de l’ordre des pharmaciens.
Qu’est-ce que l’ Apesac?
L’Association des Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsivant est une organisation nationale, agréée par le ministère de la Santé. Elle dispose d’un conseil scientifique représenté par le Dr Toulemonde (médecin psychiatre Normandie), le Dr Ben-Ari (Chercheur à l’Inserm à Marseille), le Dr Lemonnier (Responsable du CRA de Brest) ainsi que le Dr Signoret (Pédiatre à Annecy).
Marine n’a jamais raté une prise, même durant sa grossesse. «En cas de grossesse, prévenez votre médecin», recommandait la notice. Elle est allée au-delà lorsqu’elle a appris qu’elle attendait un enfant. Elle a averti son neurologue, son gynécologue, son généraliste : « Ils m’ont tous dit qu’il n’y avait pas de problèmes. »
Ses 1° inquiétudes sont arrivées à la naissance du dernier, le plus sévèrement touché. Nathan présente un syndrome de spectre autistique (troubles de la communication, de la relation), un trouble de l’attention important « qui le pénalise », des difficultés motrices – « des maladresses mais aussi l’impossibilité pour lui d’avoir une écriture correcte ». Sans oublier le principal : « Mon fils a un ensemble d’atteintes physiques, le fameux faciès Dépakine. »
Sa soeur présente les mêmes difficultés, mais dans une moindre mesure. Depuis, Marine Martin mène un long combat contre le laboratoire Sanofi, son inertie, ainsi que celle de l’Etat français qui, pour elle, a eu « une volonté délibérée de ne pas réagir ». Elle a la même opiniâtreté que la pneumologue Irène Frachon – « sans elle, je n’aurais jamais osé » – la lanceuse d’alerte du Mediator.
En 2011, pour ne pas partir seule, elle choisit de créer l’association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac). Elle prend également un avocat, Charles-Joseph Oudin, qui s’est fait connaître avec le procès intenté contre les laboratoires Servier, fabricants du Mediator. « Je l’ai vu à la télé, il a accepté. Il m’évite de tomber dans les pièges », indique-t-elle, au quotidien Le Midi Libre, le 3 janvier dernier.
En 2012, elle dépose plainte contre X au civil, « visant indirectement le laboratoire Sanofi et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ». En décembre 2015, un lien de causalité est établi, lors de l’expertise judiciaire, entre la prise de Dépakine et les troubles de ses enfants. En 2015, elle lance une action au pénal. Aujourd’hui, Marine se questionne:
« Maintenant, qui va payer ? Sanofi ? Les médecins prescripteurs ? L’Etat?

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Rene Naba-Gaza, un an après : Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage 2-5

Le dossier “Gaza, un an après”, en cinq volets est co-publié en partenariat avec l’École Populaire de Philosophie et des Sciences sociales (Alger)
Mes plus vifs remerciements à Rene Naba pour ce partenariat offert à l’école populaire et qui confirme, en plus de son amitié, une perspective au delà de notre pays. Mohamed Bouhamidi
Gaza, un an après : Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage 2-3 par Rene Naba
L’attaque du 7 octobre 2023, un tournant dans le conflit.
Déluge Al Aqsa, l’incursion militaire palestinienne la plus profonde au cœur d’Israël depuis la proclamation unilatérale de l’Indépendance de l’Etat Hébreu, en 1948.
L’attaque des groupements islamistes palestiniens contre Israël
Cette attaque, sans précédent dans le conflit, a fait de la journée du 7 octobre 2023, la journée la plus meurtrière de l’histoire d’Israël depuis sa fondation en 1948 et marque un «tournant historique» par la nature et l’ampleur de son bilan humain.
Elle constitue en outre l’incursion militaire la plus profonde palestinienne au cœur d’Israël depuis la proclamation unilatérale de l’Indépendance de l’Etat Hébreu, en 1948. A ce titre, elle a été qualifiée de «l’incursion militaire la plus réussie du XXIème siècle», par William Scott Ritter, l’ancien inspecteur de la commission spéciale des Nations unies en Irak entre 1991 et 1998.
Il a fallu quatre mois à l’armée israélienne pour se frayer un chemin sur un territoire de 41 km de long et de 12 km de large. À titre de comparaison, un peu plus de cinq semaines ont suffi à la coalition dirigée par les États-Unis pour s’emparer de Bagdad en 2003. En quatre mois, Israël a utilisé autant de munitions que les États-Unis en sept ans en Irak. Exploit d’autant plus remarquable que l’enclave palestinienne est la portion du globe la plus surveillée de la planète tant par la surveillance aérienne que par l’espionnage électronique des transmissions de sa population, de surcroît soumise à un double blocus d’Israël et de l’Egypte, depuis 2007.
Quatorze ans de blocus ont conduit les dirigeants de Gaza à le contourner en aménageant des voies de ravitaillement tant pour leur survie que pour leur défense, empruntant au Hezbollah libanais la stratégie des tunnels.
Disposant d’une frontière de 72 kms, –59 Kms avec Israël et 13 kms avec l’Égypte– l’enclave de Gaza est traversée dans ses entrailles par 360 kms de tunnels, un poumon vital pour assurer son ravitaillement en armes et en nourritures. Dans sa guerre contre Israël, les actions de harcèlement du Hamas derrière les lignes israéliennes relèvent de cette même stratégie.
Lors de la Guerre de Juin 1967, Israël a conquis en six jours 690.000 kms 2, en 2023, l‘armée israélienne n’a pas atteint ses objectifs à Gaza, en dépit de plusieurs mois de bombardements massifs de l’enclave, l’usage de l’arme du phosphore et de la destruction de l’infrastructure hospitalière.
Pis, la Silicon Valley du Moyen Orient a été de peu de poids devant les techniques rudimentaires des combattants palestiniens de Gaza, alors que cette industrie de pointe, fondée par l’Unité 8.200 de génie de l’armée israélienne, constitue la source de fierté absolue de l’État Hébreu, génératrice de 18,1 pour cent de son PNB et de 48 pour cent de ses exportations.
Le Hamas
Le mouvement islamiste palestinien s’est réhabilité aux yeux de l’opinion arabe de sa déviance du début du printemps arabe, en ralliant, en 2011, la coalition islamo-atlantiste, contre ses frères d’armes de Syrie et du Hezbollah libanais.
En se posant en véritable défenseur de la Mosquée Al Aqsa, le mouvement islamiste palestinien est désormais perçu par une large fraction des Palestiniens, comme le représentant authentique du combat national palestinien, face à une Autorité Palestinienne déconsidérée. Il en est de même de la chaîne transfrontière arabophone du Qatar Al Jazeera, qui a payé un lourd tribut à la liberté d’information d’une guerre voulue par Israël comme devant se dérouler à huis clos.
La Guerre d’Octobre 1973
Marquée par la destruction de la Ligne Bar Lev, premier exploit militaire arabe de l’histoire contemporaine, la guerre d’Octobre a duré 18 jours, soit le triple de celle de juin 1967, faisant 2.691 tués du côté israélien et 2.135 blessés. Israël n’a dû son salut qu’au pont aérien américain ordonné en faveur de son allié israélien par le président Richard Nixon en plein scandale du Watergate.
Mais si, en 1973, Les États-Unis se sont contentés d’assurer un pont aérien pour ravitailler l’armée israélienne, en 2023, cinquante ans plus tard, l’Amérique a dû dépêcher deux porte-avions et une dizaine de bâtiments d‘escorte et 16.000 marins, une task force de 2.000 soldats pour protéger les sites névralgiques israéliens (Dimona et Ourim), en sus d’un détachement d’officiers du Central Command américain pour participer aux réunions du PC commun israélo-américain.
A cela s’ajoute un pont aérien et maritime matérialisé par 500 avions et 117 cargos américains, à la date du 28 Août 2024, soit 50.000 tonnes d’armes, dont plus de 15 000 bombes, dont celles d’une tonne, et 50 000 projectiles d’artillerie. L’administration Biden a donné à Israël plus de 14 milliards de dollars pour acheter d’autres armes des États Unis.
Cela signifie que le gros des 70 000 tonnes de bombes qui ont rasé au sol les quartiers d’habitation à Gaza, en massacrant des civils palestiniens, a été fourni à Israël par les États-Unis. Ils lui ont même fourni les bulldozers Caterpillar, lesquels, dotés de blindage, avancent en même temps que les chars d’assaut en démolissant sous leur poids de 64 tonnes tout ce qu’ils rencontrent.
Avec en perspective une nouvelle livraison d’un escadron de 25 chasseurs F 15 I 3 et un escadron d’hélicoptères Apache. En dehors des États-Unis, Israël possède la plus grande flotte de F-16 au monde. L’Armée de l’air israélienne compterait 362 F-16 en plus de 106 F-15.
En contre point, au 24 août 2024, 172 journalistes avaient trouvé la mort lors de la guerre de Gaza, faisant de ce conflit le plus meurtrier pour les journalistes au XXIe siècle, surpassant le nombre cumulé des journalistes tués lors de la 2me Guerre Mondiale et de la guerre du Vietnam, selon un décompte effectué par le bureau des médias du gouvernement de Gaza.
Pour rappel, au total, 69 journalistes ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a duré six ans (1939-1945) et 63 pendant la guerre du Vietnam, qui a duré 10 ans (1965-1975).
Dans ce contexte, «Génocide Joe», le qualificatif dont le président américain a été gratifié pour son soutien inconditionnel à Israël, pourrait ne pas être usurpé, en raison de son hostilité résolue à tout cessez le feu à Gaza, malgré les pertes humaines et les considérables destructions et la décision du président américain d’abonder l’armée de l’air israélienne d’une cinquantaine d’appareils complémentaires.
La “surprise d’octobre” a fait de Joe Biden la première victime collatérale de ce conflit, propulsant d’ores et déjà hors de la scène politique l’octogénaire président démocrate, sanction de sa trop grande complaisance envers la boucherie de Gaza. Du côté israélien, le général Aharon Haliva, chef de l’Aman, le service de renseignement militaire, a démissionné le 22 avril, ainsi que deux officiers de l’équipe du porte-parole militaire Daniel Hagari: le commandant en second de l’équipe, Moran Katz, et le général Richard Heshit.
- Pour aller plus loin sur le thème du consentement des Occidentaux au génocide des Palestiniens de Gaza, cf ce lien: https://www.contretemps.eu/guerre-israel-palestine-consentement-genocide-gaza-fassin/
La guerre de juillet 2006
Première confrontation d’ampleur entre l’Etat Hébreu et le Hezbollah libanais, cette guerre asymétrique a duré 33 Jours. Elle se soldera par un échec israélien compte tenu de l’objectif déclaré d’Israël «l’éradication du Hezbollah libanais», la formation chiite mettant en œuvre à cette occasion, grâce à ses tunnels, un conflit mobile dans un circuit fermé, une novation stratégique majeure de la polémologie contemporaine, dont le Hamas s’en est inspiré à Gaza.
Préfiguration de la destruction de l’enclave de Gaza, en 2023, trente-trois jours de bombardements aériens du sud Liban et de Beyrouth, n’auront pas eu raison de la résistance du Hezbollah, en dépit de la connivence du premier ministre sunnite libanais de l’époque Fouad Siniora, l’ancien comptable de son patron le milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, et du leadership maronite, roue dentée de toutes les équipées occidentale dans la zone.
Depuis le 7 octobre 2023 Israël subit une véritable guerre d’usure de la part du Hezbollah, le contraignant à mobiliser le tiers des effectifs de son armée pour contenir les harcèlements de la formation paramilitaire chiite libanaise.
Indice patent de l’échec de la stratégie menée par Israël lors de la guerre de Syrie (2011-2021), qui s’est livré contre ce pays à une guerre en solitaire, “une guerre dans la guerre”, selon la terminologie israélienne, en superposition à la guerre de la coalition internationale.
Depuis la guerre de Syrie, Israël a attaqué 400 fois la Syrie, dont 180 fois depuis le lancement de l’opération “Déluge al Aqsa”, le 7 octobre 2023, sans pour autant réussir à déloger le Hezbollah de ce pays qui constitue la jonction stratégique du ravitaillement de l’Iran à la formation paramilitaire chiite libanaise…Sans pour autant réussir à affaiblir le Hezbollah comme en témoigne la vigueur et la précision de ces attaques, qui ont contraint la population à évacuer le nord d’Israël.
Le point culminant de cette guerre d’usure a été atteint le 25 Août 2024 avec la riposte massive balistique du Hezbollah à l’assassinat de son chef mlitaire Fouad Chokr, ciblant la base de Galilot, siège de l’AMAM, les reseignenemts militaires israéliens et surtout de l’Unité 8.200, le centre des réperages électroniques de la zone, à 1,5 kms de Tel Aviv.
L’Axe de la Résistance, la concrétisation d’une synchronisation opérationnelle sur le terrain générant un débordement du champ de bataille traditionnel
En vingt cinq ans (1979-2023), –du traité de paix égypto-israélien en 1979 et le dégagement du plus pays arabe du champ de bataille, au “déluge Al Aqsa”, en 2023–, la stratégie atlantiste a consisté à anéantir le “Front Oriental”, afin de neutraliser toute menace des pays arabes limitrophes d’Israël; Une stratégie matérialisée par la guerre civile du Liban (1975-2000), qui a débouché sur l’éradication de l’OLP de son sanctuaire libanais; l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et la destruction des camps palestiniens de ce pays; La guerre de Syrie (2011-2021) et la destruction du camp palestinien de Yarmouk par les groupements islamistes. Avec en parallèle, la normalisation collective des pétromonarchies arabes avec Israël (Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Maroc) en sus du Soudan et de la Jordanie.
Nonobstant cette stratégie, pour la première fois dans l’histoire du conflit israélo-arabe, la confrontation a débordé le champ de bataille traditionnel, avec l’implication des Houthistes du Yémen qui se sont distingués par des tirs de missiles et de drones contre Eilat, dont le nom arabe est «Um al-Rashrash», avant son hébraïsation; Du Hashd Al Shaabi en Irak contre les bases américaines dans le Nord Est syrien et en Irak, y compris l’antenne du Mossad et la base aérienne américaine d’Erbil, dans le Kurdistan irakien; Enfin, contre les positions du Parti Islamiste du Turkestan (les Ouighours), dans le Nord Est de la Syrie; Enfin, naturellement le Hezbollah libanais contre le Nord d’Israël.
L’engagement de la formation chiite dans la guerre d’usure a contraint Israël à immobiliser dans la région frontalière libano-israélienne «le tiers des effectifs logistiques de l’armée israélienne, y compris des troupes d’élite, la moitié de ses forces navales, alors que 50 pour cent de sa force balistique, le forçant à évacuer la population de 45 agglomérations urbaines».
Mieux: Les tirs balistiques iraniens contre Israël, -le 13 avril 2024, en représailles au raid de l’aviation iranienne contre le consulat iranien à Damas,- ont fait l’effet d’un séisme et promu l’Iran, au rang des “ pays du champ de bataille ”. Au vu du nombre des émissaires occidentaux qui se sont succédé à Beyrouth pour mettre en garde le Hezbollah, Hassan Nasrallah s’est révélé être «l’Homme qui tétanise Israël et rend insomniaque les Occidentaux.
La nouvelle mouture de la guerre de Gaza le confirme : Aux extrémités du monde arabe, les Houthistes, ces combattants furtifs des plateaux du Yémen, dans la zone du Golfe, et les combattants du Hezbollah, en Mer Méditerranée, par leur implication, se posent désormais en équation incontournable du pouvoir décisionnaire régional; indice patent de l’amorce de la désoccidentalisation de la Planète.
L’arme atomique, une option ? Vraiment ?
Le ministre ultra nationaliste israélien du Patrimoine, Amichai Eliyahu, a considéré qu’une attaque à la bombe atomique sur Gaza était une «option», suscitant un tollé tant en Israël que partout ailleurs dans le Monde. Cette déclaration faite le 5 novembre 2023, soit près d’un mois après le début des représailles israéliennes contre l’enclave, révélait le désarroi de la classe politique israélienne face à la combativité du Hamas, mais desservait l’image de l’État Hébreu au sein de ses alliés occidentaux.
Fait plus grave pour la stratégie atlantiste, l’hypothèse d’une option atomique israélienne confirme indirectement la détention par Israël de l’arme atomique en contradiction du sacro-saint principe de la non-prolifération nucléaire que les Occidentaux brandissent pour empêcher l’Iran d’accéder au rang de «puissance du seuil nucléaire».
Le gaz, véritable enjeu de la guerre de Gaza
Sauf à être nourri du complexe de Samson, –démolisseur des colonnes du temple de Dagon, acteur et victime de sa propre passion, retournée contre lui-même– le ministre ultranationaliste israélien ignore-t-il qu’en raison de la contiguïté et de l’exiguïté des territoires israélien et palestinien, l’usage du feu nucléaire israélien sur Gaza aura immanquablement des retombées atomiques sur le territoire israélien.
Au-delà de la neutralisation du Hamas et l’éradication de la question palestinienne, objectifs officiels de la guerre israélienne, le gaz est en fait le véritable enjeu sous-jacent de la bataille de Gaza.
Israël craint en effet que les gisements gaziers découverts en 2000 au large des côtes de Gaza ne soient exploités, au double sens du terme, par le Hamas pour l’aider, sinon à construire un État palestinien indépendant, au moins à financer ses attaques contre l’État hébreu.
Pour aller plus loin sur ces thèmes, cf ces liens :
- Israël et la fin de la pureté des armes
https://www.renenaba.com/israel-et-la-fin-de-la-purete-des-armes/ - Du Bon usage des bains de sang
https://www.palestine-studies.org/en/node/1642720 - De l’utilité de certaines rumeurs en temps de guerre
https://www.madaniya.info/2018/10/04/de-l-utilite-de-certaines-rumeurs-en-temps-de-guerre/
4- Le film sur les souffrances de Gaza d’Aymeric Caron, député français membre de la France Insoumise (LFI)
https://www.cinemutins.com/gaza-apres-le-7-octobre/watch/2034
Illustration
Middle East Eye : https://www.middleeasteye.net/news/satellite-images-show-israel-paving-new-road-philadelphi-corridor
René Naba
Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.
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الطاهر المعز- تونس : عن الأوضاع بعد 2010

تونس – عن الأوضاع بعد 2010-الجزء الأول من ثلاثة أجزاء : الطاهر المع
مقدّمة
جرت انتخابات رئاسية يوم السادس من تشرين الأول/اكتوبر 2024، بمشاركة ثلاثة متنافسين، أحدهم في السجن، وجرت الإنتخابات في ظل مناخ وصفه المُعارضون بالقَمْعِي بفعل تقلّص أو إلغاء المكتسبات الدّيمقراطية، من بينها تجريد المحكمة الإدارية من صلاحياتها في النزاعات الإنتخابية وحل المجلس الأعلى للقضاء، وإلغاء الضّوابط القانونية وأجهزة الرقابة المُؤسّسية، وفصل عشرات الموظفين، من بينهم قُضاة، واعتقال سياسيين مُعارضين وإعلاميين، باسم محاربة الفساد…
عند مقارنة انتخابات 2024 بانتخابات السنوات التي أعقبت الإنتفاضة، حتى سنة 2019، نلاحظ انخفاض نسبة المُشاركة ( استفتاء على الدستور الجديد وجولة الإعادة لانتخاب البرلمان الجديد وانتخابات السادس من تشرين الأول/اكتوبر 2024 ) بفعل عدم وُضُوح الرّهان أو غيابه وغياب التنافس بين برامج أو مقترحات مختلفة لمستقبل البلاد، وبسبب انتشار الغضب والإستياء من الوضع الإقتصادي ( شُحّ السلع المدعومة وارتفاع أسعارها، وانقطاع الكهرباء والمياه…) واستمرار الفساد والرّشوة، وتدهور الوضع المالي للدّولة، رغم ارتفاع عائدات السياحة والمُغْتَرِبِين ورغم الدّعم المالي الأوروبي، مقابل حراسة الحدود ومَنْع تدفُّق فُقراء إفريقيا بحثًا عن عمل في أوروبا.
أما نتيجة الإنتخابات فهي غير مُهِمّة في حد ذاتها ولذلك فإن الفقرات الموالية لن تتطرّق إلى الإنتخابات، بل تُركّز على الوضع الإقتصادي وعلى مدى التّغيير الذي حصل منذ انتفاضة 2010/2011، أو ماذا تحقّقَ من مطالب مواطني المناطق المحرومة التي أطْلقت انتفاضة كانون الأول/ديسمبر 2010 والإنتفاضات التي سبقتها، من « انتفاضة الخُبْز » بنهاية 1983 وبداية 1984 إلى سيدي بوزيد 2010، مرورًا بانتفاضات الحوض المنجمي وبنقردان وغيرها…
سيادة منقوصة
كان استقلال تونس، مثل معظم بلدان إفريقيا، شكليا، واستمرت الهيمنة الفرنسية ثم الأمريكية على البلاد، ولذلك كان نظام الحُكْم مُنحازًا للإمبريالية، وساند الرئيس التونسي الحبيب بورقيبة ( 1903 – 2000) الذي حكم طويلا، من 1956 إلى 1987، التّدخّل العسكري الأمريكي في لبنان سنة 1958، وساند العدوان الأمريكي على شعب فيتنام وكان مُعاديًا لفكرة القومية العربية ووحدة شعوبها، ودعا مُبَكِّرًا إلى تقسيم فلسطين والإعتراف بالكيان الصّهيوني، ولم يتغيّر الأمر بعد بورقيبة، ولا بعد زين العابدين بن علي…
تغيَّر شكل الحكم بعد انتفاضة 2010/2011 فأصبح برلمانيا، بين 2012 و 2021 وسيطر ائتلاف يقوده الإخوان المسلمون على أجهزة السّلطة لفترة عشر سنوات كانت ثقيلةَ الوَطْاَة على الكادحين والأُجَراء والفُقراء وعلى اقتصاد وموارد البلاد التي نهبها الإخوان المُجْرِمون باسم المَظْلُومية وباسم تعويض ما فات، فلم يتغير الوضع الذي ثار ضدّه المواطنون، بل ارتفعت البطالة والفقر والأمّيّة، وارتفعت الدّيون الخارجية واستمرت الخصخصة وتدهور مستوى الخدمات…
تتناول هذه الورقة موضوعَيْن يُعتبران مقياسًا لأي تغيير سياسي واجتماعي فِعْلِي، أوّلهما الميزانية السّنوية للدّولة التي تُعْتَبَر معيارًا أَفْصَح من عشرات الخطابات حول « تحسين مستوى معيشة المواطنين » أو « السيادة الإقتصادية » وما إلى ذلك، وثانيهما العلاقات العسكرية بين الولايات المتحدة وتونس، وهي أفْصَحُ من عشرات الخُطب حول « دعم الشعب الفلسطيني » أو الإستقلال و »سيادة القرار الوطني » وما إلى ذلك.
الوضع الإقتصادي
يتحدّث الرئيس التونسي عن « استقلالية القرار » وعن « السّيادة » وعن « رَفْضِ إملاءات صندوق النّقد الدّولي » وشُرُوط قَرْض بقيمة 1,9 مليار دولار، لكن حكومته تُطبّق مُعظم الشروط التي يفرضها صندوق النقد الدّولي والدّائنون بشكل استباقي، وتُطبّق نفس النمط الإقتصادي السّائد منذ سنة 1970…
خلقت ظروف العيش الرديئة والبطالة والفقر والتّخلّي عن القطاع العام الظروف الموضوعية لانتفاضة 2010 – 2011 (في تونس كما في مصر ) وأظْهَرت هذه الإنتفاضة قُدْرَة المناضلين من اليسار النقابي والسياسي على التنظيم والتّعبئة و »الإنصهار » في صفوف الفئات المحرومة من الشعب، وأظْهرت كذلك عَجْز قيادات هذا اليسار وقيادات المنظمات والأحزاب التقدمية عن طَرْح بديل يُؤَدِّي إلى القَطِيعَة مع خيارات النّظام الإقتصادية والإجتماعية التي سادت منذ 1956، وبَرَزَ ضُعْف القوى التقدمية والثورية التي لم تكن قادرة على تأطير الانتفاضة وطرح مشروع سياسي بديل، فتمكنت البرجوازية الكومبرادورية المحلية، بدعم من القوى الإمبريالية وحلفائها في المنطقة، من الالتفاف على الانتفاضة وتحويل وجهتها، ونجحت بذلك المؤسسات المالية الدولية والقوى الإمبريالية والتحالف الطبقي الحاكم من استمرار الإستغلال والإضطهاد والهيمنة والحفاظ على مصالح الإمبريالية باسم الدّيمقراطية، ولم يتم تطوير الإنتاج – كخطوة في طريق الإستقلالية والسيادة – بل ارتفع حجم الدّيون ونسبتها من الناتج المحلي الإجمالي لتتضاعف خلال عشر سنوات…
ارتفعت قيمة خدمة الدين الخارجي من 6865,6 مليون دينار خلال الأشهر الثمانية الأولى من سنة 2023، إلى 10144,7 مليون دينار بنهاية شهر آب/أغسطس 2024 ويُشكل الدّيْن الخارجي عبئا ثقيلا على المالية العامة، وبالتالي على المواطنين، فيما انخفض صافي الأصول بالعملة الأجنبية، رغم الإرتفاع الطّفيف لإيرادات السياحة وتحويلات العُمال التونسيين المُغْتَرِبِين، واضطرت الحكومة إلى تخفيض الواردات بالعملات الأجنبية، في ظل انخفاض قيمة الدّينار ( دولار واحد = ثلاث دينارات) مما يزيد من تكلفة السلع والخدمات المستوردة ومن العجز التجاري ومن الضغوط التضخمية ويزيد من تكلفة خدمة الدَّيْن الخارجي، وقد يُودّي تراكم هذه العوامل إلى تعميق الأزمة وإلى تباطؤ اقتصادي طويل الأمد…
الإلتفاف على الإنتفاضة، محليا ودوليا
تم احتواء الإنتفاضة منذ خروج زين العابدين بن علي من تونس نحو السّعودية، فقد كان جيفري فيلتمان ( مساعد وزير الخارجية الأمريكي، تلميذ ومساعد « بول بريمر » في العراق، والسفير السابق في لبنان) متواجدًا في تونس يوم 14 كانون الثاني/يناير 2011، وكان من المُقرر أن يبقى بضعة ساعات ولكنه بقي ثلاثة أيام، وشكّل أول حكومة وأشرف على النقاش « الدّستوري » حول تسليم الرئاسة المؤقتة لمحمد الغنوشي (آخر رئيس وزراء زين العابدين بن علي) وانتهى الأمر بتنصيب بعض رموز النظام ( فؤاد المبزع وابن خالته الباجي قائد السبسي ) ومعهم نجيب الشابي وبعض الإنتهازيين، وكانت تلك بداية تخلّي بعض المُعارضة بما فيها اليسارية عن النّفس الثوري الذي رافق الإنتفاضة، وتجلّى ذلك في حل اللجان القاعدية لحماية الثورة والمساهمة في إنهاء اعتصام القصبة، وتجسّد غباء أحزاب اليسار في « دخول الحرب بغير عُدّة » والدّعوة إلى انتخاب مجلس تأسيسي دون مشروع دستور جديد ولا قوة تُمكّنه من متابعة تنفيذ شِعاره…
في الخارج نَسّقت الدّول الإمبريالية مع حُكّام الخليج لتنظيم مؤتمر « دوفيل » (مدينة ساحلية شمال غربي فرنسا) للسيطرة على الوضع في تونس ومصر، واحتواء الإنتفاضات التي انطلقت في بلدان أخرى كاليمن والمغرب، وانعقد اللقاء الأول بعنوان « شراكة دوفيل » (أيار/مايو 2011) على هامش قمة الثمانية (قبل إقصاء روسيا، لتصبح « مجموعة السّبعة ») وجَمَعَ اللقاء المؤسسات المالية الدولية ودول مجموعة الثمانية ودُوَيْلات الخليج وتركيا وتعهد المُشاركون بتقديم « مساعدات » ( هي قُرُوض بشروط مجحفة) تصل إلى 40 مليار دولار إلى “البلدان العربية التي تمر بمرحلة انتقالية” وهي تونس والمغرب ومصر والأردن واليمن، وتتمثل الشروط في “تقليص دور القطاع العام وتحسين مناخ الإستثمار وخَلْقِ بيئة مواتية للقطاع الخاص وللإستثمارات الأجنبية وتغيير قوانين العمل… »، وهي الشروط التي فَرَها صندوق النّقد الدّولي والبنك العالمي والدّائنون الآخرون منذ ثمانينيات القرن العشرين وأدّت إلى انتفاضات عديدة في المغرب وتونس ومصر والأردن والعديد من بلدان إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية…
مَثّلَ قُبُول الحكومة التّونسية المُؤقّتة هذه الشروط، منذ أيار/مايو 2011، ترسيخًا لسياسة « التّكَيُّف الهَيْكَلي » التي أدّت إلى الإنتفاضة، وتمهيدًا لسياسات حكومة « التّرويكا » التي انبثقت عن انتخابات 23 تشرين الأول/اكتوبر 2011، والتي قبلت شروط « شراكة دوفيل » وشروط صندوق النقد الدّولي مقابل الحصول على قرض بقيمة 1,75 مليار دولارا ( دامت المفاوضات من أيار/مايو 2012 إلى حزيران/يونيو 2013) بشرط خفض دعم السلع والخدمات الأساسية وخفض الضرائب على أرباح الشركات والمُضاربة و »تحرير الأسعار وسوق العمل » وفق ما ورد في وثيقة ميزانية 2013، واستمرت قروض صندوق النقد الدّولي والدول الأوروبية والبنك العالمي والإمارات وقَطَر وتركيا وغيرها، قبل وبعد انتخابات 2014 و 2019 وصاحب كل قرض شرط تنفيذ « إصلاحات » إضافية تتضمن تخفيض قيمة العُملة المحلية، فانخفضت قيمة الدينار التونسي مقابل الدّولار بنحو 52% بين سَنَتَيْ 2011 و2022 أي إن المواطنين يفقدون نفس النسبة من دَخْلِهم إذا لم ترتفع الأجور أو الحوافز والتعويضات بنفس النسبة على الأقل، وتتضَمَّنُ خفض أو إلغاء دعم الغذاء والطاقة، وتجميد الرواتب، أي انخفاض قيمتها الحقيقية بحكم ارتفاع الأسعار وانخفاض قيمة الدّينار، وتجميد الإنتداب في القطاع العام (قبل تصفيته) وعدم تعويض المُتقاعدين، وزيادة الضرائب غير المباشرة كضريبة القيمة المُضافة والأداء على الخدمات الإدارية، وترافقت هذه « الإصلاحات » مع احتجاجات المواطنين التي فرضت خَفْضَ وتيرة تنفيذ الشّروط أو تأجيلها، ولئن توسّعت رُقعة الإحتجاجات لتشمل الفئات الهَشّة وصغار الفلاّحين فإنها لم تكن مُنَسَّقَة ولم تتضمّن رؤية سياسية أو رُؤية مُستقبلية تَضْمَن عدم تكرار إجهاض انتفاضة 2010/2011 كما تراجع دور القوى التّقدّمية بعد حل الجبهة الشعبية بسبب خلافات حول المقاعد بمناسبة انتخابات 2019، وسمحت هذه العوامل باستمرار سياسات التّقشّف والخصخصة وخفض قيمة الدّينار، بعد فرض الإجراءات الإستثنائية ( 25 تموز/يوليو 2021) واستيلاء جزء من السّلطة على أجهزة الحكومة والبرلمان والإدارة والقضاء والأمن والإعلام، دون تغيير السياسات الإقتصادية، وفقا لميزانيات السنوات من 2022 إلى 2024 التي تُنفّذ شروط الدّائنين من مؤسسات مالية دولية أو الإتحاد الأوروبي واستمرار العلاقات غير المتكافئة التي تُجسّدها علاقات الشراكة مع الإتحاد الأوروبي و « التبادل الحر الشامل والمُعَمّق »…
تونس بنهاية سنة 2023
ارتفعت قيمة المديونية العمومية بأكثر من 400 % بين سنتَيْ 2010 حيث كانت تبلغ 25,5 مليار دينار أي ما يعادل 40 % من الناتج المحلي الإجمالي، وسنة 2022، حيث بلغت 132,5 مليار دينارا، أي ما يمثل 93 % من الناتج المحلي الإجمالي، وفق بيانات المصرف المركزي التونسي، ويُمثل الدَّيْن الدّاخلي نحو 27 % بينما يشكل الدين الخارجي نحو 73 % من مجموع الدين العمومي، وهي ديُون مُقوّمة باليورو والدّولار والين وغيرها من العملات الأجنبية، وترتفع بذلك قيمة هذه الدّيون كلما انخفضت قيمة الدّينار…
عَمّقت جائحة « كوفيد-19 » الأزمة التي كانت قائمة قبل ذلك، ثم انهار الإنتاج الفلاحي بفعل الجفاف، فانكمش الاقتصاد بنسبة 8,8%، سنة 2020، وارتفع العجز التجاري ووصَلَ عجز الموازنة إلى 10% من الناتج المحلي الإجمالي، وبلغت نسبة الدَّيْن العُمومي 80% من الناتج المحلي، وتبحث الدّولة عن قروض جديدة كل سنة مالية لتسديد القروض القديمة وفوائدها المرتفعة، فكانت النتيجة انخفاض احتياطي العملات الأجنبية وعجز الدّولة عن توريد السّلع الأساسية التي كان يمكن إنتاج بعضها محلّيًّا لولا أوامر الدّائنين التي تمنع ذلك، فاختفت بعض السلع الغذائية كالسّكّر والطّحين والحليب والأرز وكذلك الأدْوِيَة، وانتعش القطاع المصرفي الذي حقق أرباحًا بنسبة 13% بفضل القروض التي طلبتها الدّولة بالدّينار…
فاق عجز الميزان التجاري (الفرق بين قيمتي الصادرات والواردات) 25% بنهاية سنة 2023، وارتفعت نسبة التضخم من 8,3% بنهاية سنة 2022 إلى 11% بنهاية سنة 2023 ويَتَوَقَّعُ مشروع موازنة سنة 2024 نُمُوّ اقتصاد البلاد (الناتج المَحَلِّي الإجمالي) من نسبة 0,9% سنة 2023 إلى 2,1% سنة 2024 في حال عدم ارتفاع نفقات دعم الغذاء والوقود والكهرباء، وزيادة الضرائب على الفنادق والمطاعم والمشروبات والمصارف و بعض الشركات، وخفض فاتورة رواتب موظّفي القطاع العام ( تجميد التّوظيف وعدم زيادة الرواتب وعدم تعويض المُتقاعدين…) وتستهدف الحكومة خفض عجز الميزانية من 7,7% سنة 2023 إلى 6,6% سنة 2024 رغم زيادة حاجتها إلى القروض الخارجية من 10,5 مليار دينار (3,32 مليار دولار) سنة 2023 إلى 16,4 مليار دينار (5,20 مليار دولار) سنة 2024، وفق مشروع الميزانية، وتسعى الحكومة إلى اقتراض 3,2 مليار دولار، بعد حصولها على قروض بقيمة 1,2 مليار دولارا و حوالي 1,5 مليار دولارا من أربع اكتتابات…
لا يَهُمُّ الفقيرَ أو المُعَطّل عن العمل أن يسمَعَ خطابًا جميلاً، بل يُرِيد عَملاً ودَخْلاً يُمكّنه من تلبية حاجياته وحاجيات ذَوِيه، أو – على أقل تقدير – أن لا يفقد الأمل في تجاوز مشاغله وأن تُقَدّم السّلطة مشاريع قابلة للتّمويل وللإنجاز بهدف سدّ الفجوة الطّبَقِية – أو على الأقل تضْيِيقها – وتوفير الوظائف والدّخل المُحترم لكي لا يُغامر الشباب بحياتهم بحثًا عن بعض السّراب في أوروبا، ولكي لا يُغادر ذَوُو الكفاءات بلادهم التي أنفقت الكثير على تأهيلهم…
الوضع خلال سنة 2024، قبل نهايتها
مَرّ شهر رمضان الذي أرهق ميزانية المواطنين بفعل شُحّ السلع الغذائية الأساسية وبفعل ارتفاع الأسعار وانخفاض القيمة الحقيقية للدّخل، وحافظ المواطنون على « تقاليد » صُنْع حلويات عيد الفطر مع بعض التّحويرات المُتمثّلة في تعويض بعض المُكونات مرتفعة الثّمن بأخرى منخفضة نِسْبِيًّا، وبعد أقل من شَهْرَيْن قَمَرِيّيْن ونصف يحل عيد الإضحى ( العاشر من شهر ذي الحجة 144( هجري – 16 حزيران/يونيو 2024) وتبدأ مشقة البحث عن « خروف العيد » قبل ذلك بعدّة أسابيع، في ظل ظروف مالية عسيرة…
يُقدّر عدد الأضاحي في تونس بنحو مليون خروف سنويا، وتراوحت أسعار الخرفان، قُبيل عيد الإضحى سنة 2023 في أسواق تونس بين 700 و 1400 دينارًا ( بين 230 و 450 دولارا بمعدل الصرف خلال شهر أيار/مايو 2023)، بارتفاع نسبته 26% مقارنة بسنة 2022، بينما تراجع حجم المعروض في السوق من 1,6 مليون رأس غنم خلال السنوات الماضية إلى 1,2 مليون سنة 2024، نتيجة الجفاف المستمر منذ سبعة مواسم، وارتفاع أسعار العلف، والمضاربة والإحتكار، وأدّى ارتفاع الأسعار إلى انتشار دعوات الإحجام عن شراء الخرفان وعن أداء شعائر عيد الإضحى، وقدّر نقيب الجَزّارين ( القَصّابين) إن حوالي 65% من العائلات التونسية لم تتمكن من شراء الأضحية خلال سنة 2023 بسبب غلاء الأسعار التي أدّت شروط صندوق النقد الدّولي إلى « تَحْرِيرها »، ما جعل سعر الخروف متوسط الوزن يتجاوز 1500 دينار (حوالي 500 دولار)، وقد يصل سعر الخروف « المُمتاز » إلى الضِّعْف.
لم تتطور دعوات المقاطعة إلى إدراج الحج ضمنها، حيث يتجاوز إنفاق الحاج الواحد سبعة آلاف دولارا، بالعملة الأجنبية الشّحيحة التي تحتاجها البلاد لتوريد السلع الأساسية والضرورية، وتستفيد أسرة آل سعود الثرية جدًّا من أموال الحج، ثاني مورد للسعودية بعد النّفط، ولا يُسدّد معظم الحجاج ضرائب، فيما يُفْتَرَضُ إنهم أثرياء، تمكنوا من توفير سبعة آلاف دولار، زائدة عن حاجتهم، وما ينطبق على التونسيين ينطبق كذلك على الحجيج من مواطني البلدان العربية والإسلامية. أما التّبرير الدّيني لإلغاء الترخيص بغرض الحج فيتمثل في الآية: » ولله على الناس حج البيت من استطاع إليه سبيلا… » ( سورة آل عمران)
تُمثل مثل هذه المناسبات (رمضان وعيدَيْ الفطر والإضحى وبداية السنة الدّراسية…) مَحطّات مُرْهقة ومُكلفة، ومقياسًا أو مُؤشّرًا لقياس دَخْل الأُسَر ومستوى العيش، لكن المنظمات والأحزاب التّقدّمية لم تهتمّ – عَمَلِيًّا – بالواقع الاجتماعي والاقتصادي، بل انجَرّت – لما سمح لها الوضع بالتّوجّه إلى المواطنين عبر وسائل الإعلام – إلى نقاش عقيم بشأن مسائل الهوية الزّائفة وطغيان القضايا الهامشية مثل « الحداثة » و »العلمانية » و »المُحافظة » وما إلى ذلك من مواضيع تُنَفِّرُ الأغلبية السّاحقة من المواطنين من السياسة، ولم نُقدّم قيادة ائتلاف الجبهة الشّعبية برنامجًا يُعالج قضايا البطالة والفقر والدّيون الخارجية والسيادة الغذائية وغيرها، ويُقدّم مشاريع حلول لمثل هذه القضايا، وغيرها…
تميّز الوضع قُبَيْل الإنتخابات بما يلي:
يُقدّر الناتج المحلي الإجمالي بنحو أربعين مليار دولارا، في بلاد يبلغ عدد سكانها حوالي 12 مليون نسمة، من بينهم ما بين 1,5 و 2 مليون مواطن يعيشون خارج البلاد، ويُقدّر سعر صرف الدّولار بثلاث دينارات تونسية يوم السبت 05 تشرين الأول/اكتوبر 2024، فيما بلغ معدّل البطالة الرّسمي 16,2% من القادرين على العمل، بنهاية الربع الأول من سنة 2024 وبلغ معدّل التضخم الرّسمي 7% بنهاية شهر تموز/يوليو 2024، وبلغ عجز الميزان التجاري 9,63 مليار دينارً بنهاية شهر تموز/يوليو 2024، وتباهت بيانات الحكومة والمصرف المركزي بارتفاع طفيف في إيرادات السياحة إلى 5,4 مليار دينار (وهو مبلغ ضئيل مقارنة بعدد السائحين وبالكوارث البيئية التي يسبّبها نمط السياحة في تونس) وتحويلات المُغتربين إلى 5,8 مليار دينار إلى غاية 20 أيلول/سبتمبر 2024، مع الإشارة إن إيرادات السياحة تشوبها الضبابية، لأن الحجوزات والدّفع تتم في أوروبا بواسطة شركات سياحية أوروبية تضغط على المحلات السياحية التونسية لخفض الأسعار، مما يضر بالعاملين بهذا القطاع والمُنتجين المحليين الذي يُزودون المنتجعات والفنادق والمطاعم ومتاجر الصناعات التقليدية، وتشير بيانات المصرف المركزي التونسي إن احتياطيات النقد الأجنبي بلغت 25.320.8 مليون دينار يوم الثاني من تشرين الأول/اكتوبر 2024، أو ما يغطي 114 يوما من الواردات، بانخفاض خمسة أيام مُقارنة بيوم الثاني من تشرين الأول/اكتوبر 2023…
أما بخصوص الدّيون فقد سدّدت الحكومة التونسية خلال سنة 2023 ديونا خارجية بقيمة 8,7 مليارات دينار (2,7 مليار دولار) وتمكّنت الحكومة من سداد الديون الداخلية عبر الاقتراض من المصارف المحلية، وسداد الديون الخارجية عبر الاقتراض بالعملة الأجنبية، وتنص ميزانية سنة 2024 على اقتراض 10,3 مليارات دينار (3,2 مليارات دولار) لتمويل توريد حاجات البلاد من المواد الأساسية وسداد الديون، ويؤدّي ذلك إلى خفض واردات السلع الأساسية (بفعل شح العُملات الأجنبية) التي غاب بعضها من الأسواق، وقدّر تقرير المصرف الأوروبي لإعادة الإعمار والتنمية ( EBRD ) بعنوان « الآفاق الغقتصادية الإقليمية »، الصادر الخميس 3 تشرين الأول/اكتوبر 2024، نمو الاقتصاد التونسي بنسبة 1,2% سنة 2024 ( خلافًا لتوقعات قانون المالية لسنة 2024 الذي حدد هدفًا بنسبة 2,1% ) وبنسبة 1,8% سنة 2025 وهي نِسَب ضعيفة في اقتصاد يعتمد على الفلاحة وتصدير المواد الأولية غير المُصنّعة، خلافًا للدّول التي تعتمد على الصناعات والتكنولوجيا ذات القيمة الزائدة المرتفعة، ووجب على الإقتصاد التونسي تحقيق نسبة نمو تزيد عن 6% لاستيعاب الوافدين الجدد على « سوق الشُّغل »، وهو هدف صعب التحقيق في ظل السياسة الإقتصادية الحالية وفي ظل ضُعف الإستثمار، فضلا عن انكماش قطاع التّعدين، وعن الجفاف الذي أدّى إلى انكماش قطاع الزراعة، وفي ظل ارتفاع الدّيُون الخارجية، ولا تبدو سنة 2024 أحسن من سابقاتها، حيث لم تتجاوز نسبة النمو 0,6% خلال النصف الأول من سنة 2024 وفق بيانات المعهد الوطني للإحصاء في تونس ( منتصف آب/أغسطس 2024) التي أشارت إلى تراجع العجز التجاري خلال النصف الأول من العام 2024 إلى 8 مليارات دينار، مقابل 8,6 مليار دينار خلال نفس الفترة من العام 2023، ولا يزال الاقتصاد التونسي يواجه الضغوط التضخمية المستمرة ( تُترجم بالنسبة للمواطنين إلى زيادة أسعار السلع والخدمات الضرورية)، وانخفاض قيمة الدينار، وتقلص السيولة المصرفية، وتزايد أعباء خدمة الدين، وما إلى ذلك من العوامل ذات التّأثير السّلبي على حياة المواطنين.
معطيات حول التداين
لم يكن للإنتفاضة قيادة أو برنامج أو أهداف متوسّطة وبعيدة المدى، ولذلك تمكّن الحاكمون الجدد من مواصلة السياسات الإقتصادية السابقة، وتكريس التّبعية والإستعمار الجديد من خلال الإقتراض الخارجي وما يُصاحبه من شُرُوط تُؤَدِّي حتمًا إلى تخريب القطاع العام والقطاعات المُنتجة كالفلاحة والصناعات التحويلية وإلى خفض الرسوم على أرباح رأسمال المُضارب والشركات وتوريد السّلع التي يُمكن إنتاجها محلِّيًّا ما يُعمّق عجز الميزان التجاري ويُرسّخ علاقات التّبادل غير المُتكافئ بين أوروبا وتونس، وأدّى اللجوء إلى التّداين الخارجي إلى ارتفاع خدمة الدَّيْن، خلال فترة حُكم الإئتلاف الذي يقوده الإخوان المسلمون ( 2011 – 2022) قرابة 91,7 مليار دينارا ويعني ذلك تخصيص نحو 27% من نفقات الدولة لتسديد الديون، في ظل تراجع إيراداتها (بفعل خَفْض الرسوم على أرباح الشركات وخَفْض أو إلغاء الرّسوم الجمركية على العديد من البضائع المُسْتَوْرَدَة)، ورفع الضرائب على الأجْر، لترتفع مساهمة الأجراء والموظفين في حجم الضريبة المُباشرة ( على الدّخل) من 34 % سنة 2010 إلى 48 % سنة 2022، كما ارتفعت الضرائب غير المباشرة، وهي غير عادلة لأنها تُساوي بين الفقير والغني…
تَضاعف حجم الدّيُون الخارجية للبلاد خلال الفترة 2012 – 2021، وهي عشْرِية حُكْم الإئتلافات التي قادها الإخوان المسلمون، وتُشكّل الدّيون عبئًا ثقيلاً على اقتصاد البلاد والمواطنين من الجيل الحالي والجيل اللاّحق، وعلى سبيل المثال، خصّصت الدّولة، سنة 2019، نحو 93 % من الديون الجديدة لتسديد خدمة الديون القديمة، مما يُذكّر بتداين البلاد خلال القرن التاسع عشر والذي أدّى إلى احتلال سنة 1881، ولذا فإن احتمال التخلف عن سداد الديون الخارجية يبقى قائمًا سنتَيْ 2024 و 2025، وأدّى ارتفاع الدّيُون وتوجيه الإقتصاد نحو قطاعات غير إنتاجية إلى تحويل البلاد إلى مُتَسَوِّل يستجدي الدُّيُون بشروط مجحفة، وأعلن الإتحاد الأوروبي يوم 20 كانون الأول/ديسمبر 2023، قرر الاتحاد الأوروبي الإفراج عن مبلغ 150 مليون يورو، في إطار « التعاون المشترك بشأن إدارة الحدود وإجراءات مكافحة التهريب لتخفيض الهجرة غير المنظمة إلى أوروبا » على إثر الزيارات المُتعدّدة لمسؤولي الإتحاد الأوروبي إلى تونس خلال سنة 2023 (رئيسة حكومة إيطاليا جورجيا ميلوني ورئيسة المُفوّضيّة الأوروبية أوروسلا فون دير لين ورئيس الوزراء الهولندي مارك روت…) وتندرج « مكافحة الهجرة غير النظامية » ضمن بنود « الشراكة الإستراتيجية والشاملة » بين تونس والاتحاد الأوروبي الموقعة بتونس بتاريخ 16 تموز/يوليو 2023، وتحتاج تونس إلى السيولة بالعملات الأجنبية لشراء الحليب والطّحين (الدّقيق) والسُّكّر والأرز وغيرها من السلع الأساسية الضّرورية، مع تخصيص جزء كبير من إيرادات الدّولة لسداد الديون التي فاقت نسبتها 80% من الناتج المحلي الإجمالي، ولما عجزت الحكومة التونسية عن الحصول على قُرُوض خارجية، طرحت اكتتابا رابعا خلال شهر تشرين الثاني/نوفمبر لتكملة ميزانية العام 2023 بمبلغ 700 مليون دينار ( 225,33 مليون دولارا ) إضافة إلى 800 مليون دينارأ جمعتها من ثلاث اكتتابات سابقة، خلال سنة 2023، في ظل توقعات بارتفاع نسبة العجز من 5,2% كانت مُتوقّعَة سابقًا إلى 7,7% من الناتج المحلي الإجمالي، وأعلنت الحكومة التونسية إنها تمكنت، بنهاية شهر تشرين الأول/اكتوبر 2023، من سدد 81% من ديونها الخارجية البالغة 20,8 مليار دينار للعام 2023، ونجحت في تسديد أقساط القروض الخارجية، التي حلّ أجلها سنة 2023 رغم تعطّل الإتفاق مع صندوق النّقد الدّولي – وفق بيانات وزارة المالية على هامش مناقشة مشروع قانون المالية التعديلي لسنة 2023، إمن قِبَل مجلس النّوّاب – وأفضى هذا التعطيل إلى صعوبة الإقتراض الخارجي وإلى زيادة الإقتراض الدّاخلي من المصارف المحلية (وبعضها فُرُوع لمصارف أجنبية) التي بلغت نسبة أرباحها 13% بفعل ارتفاع نسبة الفائدة، ما جعل المصارف من أكثر القطاعات رِبْحيّةً في البلاد بفضل دُيُون الدّولة، وهو ما حصل في لبنان وما أدّى إلى انهيار اقتصادها، ورغم ارتفاع إيرادات تحويلات العمال التونسيين بالخارج والسياحة (التي لا يعرف أحد، بما في ذلك محافظ المصرف المركزي، حجم إيراداتها الحقيقية) توقعت الحكومة، قبل أشهر، أن تصل حاجيات التمويل لسد عجز ميزانية 2023 نحو 23,5 مليار دينار أو ما يُعادل 7,5 مليار دولار، ما يُحتم على الدّولة اقتراض مبلغ يفوق 4 مليارات دولارا من الخارج، فضلا عن ثلاثة مليارات دولارا من السوق المالية الدّاخلية، لتحقيق التوازن المالي سنة 2023، ويتعين على الدّولة أن تُسدّد سنة 2024، ديونا خارجية بقيمة 3,9 مليارات دولارأ، بزيادة حوالي 40% عن سنة 2023، ما يزيد حاجة الدّولة إلى القروض الخارجية، من 3,32 مليار دولارا سنة 2023 إلى حوالي 5,2 مليار دولارا سنة 2024، منها قرض جزائري بقيمة 300 مليون دولار وقرض سعودي بقيمة 500 مليون دولار وقرض من المصرف الإفريقي للتوريد والتّصدير بقيمة 400 مليون دولار، ما قد يرفع حجم الدّين العمومي من 40,8 مليار دولارا سنة 2023 إلى نحو 45 مليار دولار سنة 2024، أو ما يُعادل 80% الناتج المحلي الإجمالي إذا ما ارتفع نمو الإقتصاد (الناتج المحلِّي الإجمالي) من 0,9% سنة 2023 إلى 2,1% سنة 2024 وهي نسبة ضعيفة جدًّا في اقتصاد يعتمد على تصدير المواد الخام، ولا يُحقق قيمة زائدة مرتفعة (مثل تحويل المواد الخام إلى مواد مُصنَّعَة والصناعات عالية الدّقّة والتقنية… ) ولا تُمَكِّنُ من استيعاب الدّاخلين الجُدُد إلى « سوق العمل »، ناهيك عن آلاف المُعَطّلين السّابقين، في ظل تراجع إنتاج القطاع الفلاحي – بسبب الظُّرُوف المناخية والجفاف – من 11% من الناتج المحلي الإجمالي، خلال النصف الأول من سنة 2022 إلى 8,7% خلال النصف الأول من سنة 2023، وتراجع احتياطي النقد الأجنبي من 26,7 مليار دينارا إلى 25 مليار دينارًا بعد سداد الدّيون بنهاية الرّبع الثالث من سنة 2023…
تونس – عن الأوضاع بعد 2010 -الجزء الثاني من ثلاثة أجزاء – بحثًا عن مقومات السيادة :الطاهر المعز
مقدّمة
جرت انتخابات رئاسية يوم السادس من تشرين الأول/اكتوبر 2024، في ظل مناخ وصفه المُعارضون بالقَمْعِي بفعل تقلّص أو إلغاء المكتسبات الدّيمقراطية، من بينها تجريد المحكمة الإدارية من صلاحياتها في النزاعات الإنتخابية وحل المجلس الأعلى للقضاء، وإلغاء الضّوابط القانونية وأجهزة الرقابة المُؤسّسية، وفصل عشرات الموظفين، من بينهم قُضاة، واعتقال سياسيين مُعارضين وإعلاميين، باسم محاربة الفساد، وانعكس هذا المناخ على نسبة مشاركة المواطنين في الإنتخابات، حيث انخفضت نسبة المُشاركة بعد سنة 2019، خلال الإستفتاء على الدستور الجديد وخلال جولة الإعادة لانتخاب البرلمان الجديد، بفعل عدم وجود مقترحات أو برامج بخصوص مستقبل البلاد والمواطنين وبسبب الوضع الإقتصادي ( شُحّ السلع المدعومة وارتفاع أسعارها، وانقطاع الكهرباء والمياه…) ورغم رفع شعار محاربة الفساد، استمرّ الفساد والرّشوة، وتدهْوَرَ الوضع المالي للدّولة التي أصبحت قواتها المسلحة تحرس حدود الإتحاد الأوروبي، مقابل بعض الفتات، لِمَنْع تدفُّق فُقراء إفريقيا بحثًا عن عمل في أوروبا
أما نتيجة الإنتخابات فهي غير مُهِمّة في حد ذاتها ولذلك فإن الفقرات الموالية تُركّز على الوضع الإقتصادي وعلى مدى التّغيير الذي حصل منذ انتفاضة 2010/2011، أو ماذا تحقّقَ من مطالب مواطني المناطق المحرومة التي أطْلقت انتفاضة كانون الأول/ديسمبر 2010 والإنتفاضات التي سبقتها، من « انتفاضة الخُبْز » بنهاية 1983 وبداية 1984 إلى سيدي بوزيد 2010، مرورًا بانتفاضات الحوض المنجمي وبنقردان وغيرها…
الدّيْن العام (دّيُون الدّولة والقطاع العام)
تعيش تونس مصاعب مالية خانقة بسبب ارتفاع حجم ديونها وتراجع مداخيلها من العملة الصعبة وصعوبة النفاذ إلى السوق المالية الدولية للاقتراض خاصة في ظل تعطل الاتفاق مع صندوق النقد الدولي للحصول على قرض بقيمة 1.9 مليار دولار على مدار 4 سنوات
تُقدّر قيمة الدّيُون الواجب على الدّولة التونسية تسديدها سنة 2024 بنحو 25 مليار دينار (حوالي ثمانية مليارات دولارا)، وأعلنت وزيرة المالية التونسية، في بداية شهر تموز/يوليو 2024، خلال جلسة للبرلمان، أن الحكومة سددت قروضا خارجية مستحقة بقيمة 11.6 مليار دينار (3,7 مليارات دولار) من القروض الخارجية خلال النصف الأول من العام 2024، ولجأت الدّولة إلى اقتراض نحو 173 مليون دولارا ( إضافة إلى 16 مليون دولارا خلال شهر أيار/مايو 2024) من المصارف المحلية لتمويل الميزانية الدولة.
تتميز البلاد، سنة 2024 بتواضع الموارد وضُعف قيمة الإستثمار والإدّخار، وارتفاع حجم الدّيون، وانخفاض إنتاج السلع الغذائية جراء الأضرار التي لحقت القطاع الفلاحي بفعل استفحال الجفاف، مع ارتفاع حجم الدّيون وارتفاع حصّة الدُّيُون التي يحل أجل سدادها بالعملات الأجنبية، سنة 2024، في ظل انخفاض مخزون احتياطي النقد الأجنبي، وانخفاض سعر صرف العملة المحلية ( الدينار)، ويتوجّب على الدّولة التّونسية – وفق وثيقة الموازنة العامة لسنة 2024 – تسديد مبلغ أربعة مليارات دولارا من الديون الخارجية سنة 2024، بزيادة 40% عن سنة 2023، وتتوقع الحكومة أن يرتفع حجم الدَّيْن العام سنة 2024 إلى نحو 140 مليار دينار أو ما يُعادل 45,1 مليار دولار، أي نحو 80% من الناتج المحلي الإجمالي، وتحتاج موازنة تونس لسنة 2024 تمويلات كبيرة بنحو 28,7 مليار دينار تونسي ( أكثر من ثماني مليارات دولارا) منها 16,44 مليار دينار تمويلات خارجية (أكثر من 5 مليارات دولار)، خاصة بعد تقهقر التصنيف السيادي لتونس من قبل وكالات التصنيف، وكشفت تقرير الحكومة حول مشروع موازنة سنة 2024، أن خدمة الدين متوسط وطويل المدى، سترتفع من 20,8 مليار دينار (6,7 مليارات دولار) سنة 2023، إلى 24,7 مليار دينار (8 مليارات دولار) سنة 2024، وتبلغ الفجوة التمويلية لسنة 2024 – أي الفارق بين المُتَوَفِّر والمطلوب الواجب توفيره – 14 مليار دينار (4,5 مليار دولار) تحاول الحكومة الحصول عليها من الخارج، بالعملات الأجنبية، بينما يمكن للحكومة الضغط على الأثرياء الذين قدّر صندوق النقد الدّولي حجم تهرُّبهم من الضّرائب بنحو 3,5 مليارات دولارا…
بدأت نقاشات ميزانية 2024 من قِبَل أعضاء مجلس النواب الذين تم انتخابهم بنسبة منخفضة جدّا يوم الجمعة 17/11/2023، وأظْهَرت « إن مشروع قانون المالية لسنة 2024، لم يتضمن إجراءات لتطوير الاستثمار ولم يعكس إرادة حقيقية للتعويل على الذات بل ارتكز أساسا على الاقتراض والموارد الجبائية لتعبئة خزينة الدولة… » وفق تعبير العديد منهم…
استضافت تونس بعثةً من صندوق النقد الدّولي بنهاية سنة 2023، في إطار « المُراجَعَة الدّورية » من أجل « تقييم أحدث التطورات الاقتصادية »، وفق صندوق النّقد الدّولي الذي أدّت شُرُوطه المُجحفة ( منها إلغاء الدّعم ) إلى تعثّر حصول الحكومة التونسية على القسط الأول من قرض بقيمة 1,9 مليار دولارا، رغم الموافقة المبدئية للصندوق منذ تشرين الأول/اكتوبر 2023، وسبق أن أعلن ناطق باسم الصندوق إن حكومة تونس لم تُقَدّمْ برنامجًا بديلاً للتفاوض مع الصندوق، وفق مركز الدراسات والبحوث الاقتصادية والاجتماعية، وتبحث حكومة تونس عن بدائل محلية لمجابهة المصاعب الإقتصادية الناجمة عن تخريب الإقتصاد من قِبَل التحالف الذي قادة الإخوان المسلمون طيلة عشْر سنوات، قبل انتشار وباء كورونا وارتفاع نسبة التضخم لتفوق 9% خلال شهر أيلول/سبتمبر 2023 ( 9,3% خلال شهر آب/أغسطس) واستمرار الجفاف للسنة الثالثة على التّوالي، ما خَلَقَ أزمة اقتصادية حادة…
قدّمت وزارة المالية المشروع الأولي لميزانية سنة 2024 (سنة الانتخابات الرئاسية خريف 2024) بعنوان « الفرضيات والتوجهات الكبرى لمشروع موازنة الدولة لسنة 2024″، في هذا المناخ الإقتصادي الصعب، وارتفع حجمها من 69,6 مليار دينارً سنة 2023 إلى 71,7 مليار دينارًا سنة 2024 أو ما يَقِلُّ قليلاً عن 24 مليار دولارا، بزسادة 4,5% عن سنة 2023، وهي نسبة تقل عن مُعدّل التّضخم، أي بانخفاض القيمة الحقيقية للميزانية التي تُشير إلى « عدم القيام بتعديلات في أسعار المواد الغذائية الأساسية والمحروقات والكهرباء »، خلافًا لموازنة العام 2023، ورغم الرّفض المُعْلَن لشروط صندوق النّقد الدّولي، لا تختلف سياسات الحكومة الحالية والسابقة عن السياسات الليبرالية التي يشترطها الصندوق، من ذلك اعتزام الحكومة، خلال سنة 2024، » خفض فاتورة الأجور العامة من 14,4% من الناتج المحلي الإجمالي سنة 2023 إلى 13,5% من الناتج المحلي الإجمالي سنة 2024، وترشيد الزيادات في الأجور وحصر باب التشغيل للقطاعات ذات الأولوية »، ويتوقع أن ترتفع نسبة النمو من 0,9% سنة 2023 إلى 2,1% سنة 2024 وخفض عجز الميزانية إلى 6,6%، وقُدِّرَ حجم الإحتياجات المالية بنحو 7,81 مليار دولارا، من بينها 5,2 مليار دولارا من القُروض الخارجية، ومن العسير أن تحصل الحكومة على هذه المبالغ لأن الدّولة مُهَدَّدَة بالتّخلّف عن السّداد، وسجلت خدمة الدين الخارجي ارتفاعاً بنسبة 19,6% خلال الأشهر التسعة الأولى (من سنة 2023) على أساس سنوي، مقارنة بالسنة السابقة، وبلغت 7,6 مليار دينار أو ما يُعادل 2,39 مليار دولار، وفق بيانات المصرف المركزي، واعتمدت خطة التمويل الحكومية لسنة 2023 على أكثر من خمسة مليارات دولار من التمويل الخارجي، ووجب على الحكومة البحث عن تمويلات خارجية بحوالي 4,3 مليارات دولارا سنة 2024، في ظل وصول المفاوضات مع الصندوق إلى طريق مسدودة.، وأوردت وكالة « رويترز » تحليلا يُشير إلى استطاعة الحكومة الإستغناء عن قُرُوض صندوق النقد الدولي على المدى القصير، إذ وقعت الدّولة اتفاقيات مع الإتحاد الأوروبي للحصول على مبالغ صغيرة – معظمها في شكل مُعدّات رقابة وقمع – لردع فُقراء إفريقيا ومنعهم من الهجرة بَحْرًا إلى دول جنوب الإتحاد الأوروبي، وهي اتفاقيات تتعارض مع السيادة…
تُشير التقديرات الرسمية إلى ارتفاع نسبة نمو الناتج المحلي الإجمالي من 0,9% سنة 2023 إلى 2,1% سنة 2024، في ظل تعثر أداء القطاع الفلاحي بسبب الجفاف الذي لا يزال مستمرًّا، حين بدأ مجلس النّوّاب (يوم الجمعة 17 تشرين الثاني/نوفمبر 2023) مناقشة مشروع ميزانية الدولة، ومشروع الميزان الاقتصادي، ومشروع قانون المالية لسنة 2024، حتى يوم العاشر من شهر كانون الأول/ديسمبر 2024، وتجدر الإشارة إلى قِلّة الموارد الحكومية باستثناء العائدات الجبائية التي تُقدر قيمتها بأكثر من 44 مليار دينار أو ما يُعادل 14 مليار دولارا، بنسبة تُقارب 90% من العائدات الصّافية للدّولة، فأين عائدات الصّادرات والسياحة – التي يُصدّع لنا الإعلام والدّولة بها رؤوسنا كل يوم – ورغم إعلان ارتفاع عائدات السياحة بنسبة بلغت 47% طالبَ مُمثلو وكالات الأسفار والفنادق بامتيازات جبائية والإعفاء من الأداء على القيمة المضافة والمعاليم على الاستهلاك وزيادة الدّعم للفنادق وقطاع السياحة الذي لا يعرف أحد حجم إيراداته أو قيمة العملات الأجنبية التي تدخل البلاد بالفعل، لأن السائحين يُسددون ثمن الرحلات والإقامة الرخيصة إلى وكالات الأسفار الأجنبية…
أعلن رئيس الحكومة أمام نواب البرلمان يوم الجمعة 17/11/2023، « تَحَسُّنَ الميزان التجاري بفضل ارتفاع الصادرات بنسبة 7,5% مقابل تراجع الواردات بنسبة 3,7% غير إن حصة الدّيون الخارجية التي يحل أجل سدادها سنة 2024 تتجاوز أربع مليارات دولارا… » أما نقاشات النواب – الذين تم انتخابهم بنسبة منخفضة جدّا فأظهرت « إن مشروع قانون المالية لسنة 2024، لم يتضمن إجراءات لتطوير الاستثمار ولم يعكس إرادة حقيقية للتعويل على الذات بل ارتكز أساسا على الاقتراض والموارد الجبائية لتعبئة خزينة الدولة… »، وتُقدَّرُ الموارد غير الجبائية للدّولة بنحو 9,7% من إيرادات الميزانية أو نحو 4,76 مليار دينار، ولم يُعْلن رئيس الحكومة تفاصيل بخصوص « تحسين قدرة الدولة على استخلاص مواردها والتصدي للتهرب الضريبي وإدماج الاقتصاد الموازي في اتجاه دعم موارد الميزانية وتوسيع قاعدة الأداء »…
ارتفعت قيمة خدمة الدين الخارجي من 6865,6 مليون دينار خلال الأشهر الثمانية الأولى من سنة 2023، إلى 10,144,7 مليون دينار إلى غاية 31 آب/أغسطس 2024 ويُشكل الدّيْن الخارجي عبئا ثقيلا على المالية العامة، وبالتالي على المواطنين، فيما انخفض صافي الأصول بالعملة الأجنبية، رغم الإرتفاع الطّفيف لإيرادات السياحة وتحويلات العُمال التونسيين المُغْتَرِبِين، واضطرت الحكومة إلى تخفيض الواردات بالعملات الأجنبية، في ظل انخفاض قيمة الدّينار ( دولار واحد = ثلاث دينارات) مما يزيد من تكلفة السلع والخدمات المستوردة ومن العجز التجاري ومن الضغوط التضخمية ويزيد من تكلفة خدمة الدَّيْن الخارجي، وقد يُودّي تراكم هذه العوامل إلى تعميق الأزمة وإلى تباطؤ اقتصادي طويل الأمد…
يرزح اقتصاد تونس تحت عوامل سلبية عدة من أبرزها « الجفاف المستمر وتحديات التمويل الخارجي وتواصل تراكم الديون المحلية لأهم المؤسسات العمومية » وفق « تقرير المرصد الاقتصادي لتونس لخريف 2023 » وأعلن البنك العالمي من خلال تقرير نشرَهُ يوم السابع من تشرين الثاني/نوفمبر 2023 أن الاقتصاد التونسي « تباطأ في النصف الأول من العام رغم انتعاش قطاع السياحة الذي يُعتبر مساهماً أساسياً في نمو البلاد » الذي عرقله انخفاض الإنتاج الزراعي بسبب الجفاف، وتراجع إنتاج الكهرباء بسبب انخفاض منسوب مياه السدود، كما أعلن تقرير البنك العالمي « زيادة صادرات قطاعات النسيج والصناعات الآلية وزيت الزيتون »، ورغم هذه البيانات المتفائلة فإن الوقائع تُشير إلى ارتفاع نسبة الدين العام من أجمالي الناتج المحلي، من 67% سنة 2017 إلى 80 %سنة 2022 فيما توسّع عجز الموازنة العامة الذي كانت الحكومات المتعاقبة تُغَطِّيه بقروض جديدة، وأوردت التقارير الإقتصادية التي أصدرتها العديد من المصادر التونسية (معهد الإحصاء والمعهد التونسي للإستهلاك والمرصد التونسي للخدمات المالية…) أن المؤشرات الاقتصادية والاجتماعية تزداد سوءا من عام لآخر، مع استمرار نسق ارتفاع أسعار المواد الاستهلاكية وفقدان الكثر منها وزيادة نسبة التضخم مقابل تدني قيمة الدّخل الحقيقي للأجراء والكادحين والفُقراء، وأدّت المصاعب الإقتصادية إلى استدانة حوالي 75% من الأجراء من المصارف وطلب قروض استهلاك لتسديد مصاريفهم اليومية وإيجاد سيولة مالية للعديد من النفقات، فضلاً عن الاقتراض الشخصي (السُّلْفة) من الأشخاص أو الشركات أو من الجمعيات من أجل تسديد أسعار الرعاية الصحية والطاقة وفواتير الكهرباء والماء وضرورات الإستهلاك اليومي وتعليم الأبناء، بالإضافة إلى القروض السّكنية وشراء السيارات، وقَدَّرَ مرصد الخدمات المالية نسبة تداين الأُسَر التونسية بنحو 34%، وإن المصارف تُشكل المصدر الأول للدّيُون بنسبة فائدة مرتفعة ( 10,6% في بدية سنة 2023 ) ولهذه الدُّيُون تداعيات وخيمة على تلك العائلات التي تُخصّص ما بين 40% و 60% من دخلها الشّهري لتسديد الدّيون وتلجأ – تمامًا مثل الدّولة – إلى الإقتراض مُجدّدًا لتسديد الدّيون السابقة وفوائدها المرتفعة وبلغت قيمة القُرُوض غير المُستخلصة قرابة 400 مليون دولارا سنة 2022…
يُعتَبَرُ الإقتصاد الموازي من ضمن المؤشرات السلبية لاقتصاد البلاد، لأن ارتفاع عدد العاملين في القطاع غير الرسمي إلى ما لا يقل عن 1,6 مليون شخص يُؤَدِّي إلى عدم تأمين العاملين اجتماعيا وصحيا وإلى حرمان خزينة الدّولة من الضرائب والأداء على الخدمات وقَدَّرَتْ منظمة العمل الدّولية خسائر البلاد بأكثر من ثلاثة مليارات دينار، أو حوالي مليار دولارا سنويا، وفق منظمة العمل الدّولية، ويشمل العمل في الاقتصاد المُوازي نحو 50% من الشباب والنساء بالخصوص، وأظهرت التجارب فشل تطبيق « وَصْفَة » صندوق النّقد الدّولي لدمج الإقتصاد الموازي من خلال مطاردة العاملين منهم في الساحات وأرصفة الشوارع، باسم « توسيع القاعدة الضّريبية »، وإهمال من يستوردون الحاويات ويُشرفون على الإقتصاد الموازي والإستفادة من البُنية التحتية وخدمات الدّولة والبلديات دون تسديد الضرائب ولا يُسدّدون رسوم الحماية الإجتماعية والصحية والتقاعد، وكشف المعهد الوطني للإحصاء إن 32% من إجمالي العاملين في تونس يعملون دون تغطية اجتماعية، إضافة إلى 7% يعملون لحسابهم الخاص دون ضمان اجتماعي و 2% يعملون في مشاريع عائلية، ويُقدّر البنك العالمي إن نصف العاملين في تونس يعملون في القطاع الموازي، أو حوالي 1,6 مليون عاملة وعامل، في حين يشمل التّشغيل الهَش 44,8% من العاملين سنة 2023، في المقابل، لا يتجاوز عدد المشتغلين نسبة 47%، وهم ممن تتجاوز أعمارهم 15 سنة، وعددهم 8,7 مليون نسمة، بينما لم يتحصل 53% على عمل، وتظل نسبة التشغيل في تونس متدنية مقارنة بالبلدان ذات الدخل المتوسط في العالم.
موازنة 2025
بدأت وزارة المالية، منذ الرّبع الثاني لسنة 2024، إعداد موازنة 2025، تحت شعار التقشف والضغط على الإنفاق، في ظل ظرف اقتصادي ومالي حرج ودقيق يستوجب الحفاظ على التوازنات المالية للبلاد على رغم بعض البوادر الإيجابية في ما يخص نمو القطاع الفلاحي وتطور عائدات السياحة وتحويلات المغتربين، فيما يُعاني الأُجَراء والكادحون والفُقراء من البطالة وانخفاض قيمة الدّخل الحقيقي وارتفاع الأسعار، تحت التهديد بتسريح الموظفين وبتجميد التوظيف في القطاع العام (باستثناء الشرطة) وتتناقض شعارات الحكومة مثل « دعم الاستثمارات العامة وتكريس الدور الاجتماعي للدولة والإحاطة بالفئات الاجتماعية محدودة الدخل وتعزيز التمكين الاقتصادي للنساء ومواصلة مكافحة الإقصاء… » مع بعض القرارت، مثل « التحكم في التوازنات المالية العمومية وخفض عجز الموازنة، والتحكم في النفقات الجارية، وتجميد أو خفض كتلة الأجور وترشيد نفقات الدعم… »
تندرج موازنة 2025 ضمن المخطط التنموي للفترة 2023/2026، ومن المنتظر أن ترتفع من 77,8 مليار دينار (25 مليار دولار) سنة 2024 إلى نحو 79,8 مليار دينار (25,7 مليار دولار) سنة 2025، وتم تصميم الميزانية على أساس رفع حجم إيرادات الضرائب وخفض دعم الطاقة الغذاء والسلع والخدمات الأساسية، من 11,3 مليار دينار (3,6 مليار دولار) إلى 10,5 مليار دينار (3,3 مليار دولار)، في إطار ما يُسمّى « ترشيد النّفقات » بلغة صندوق النقد الدّولي، ورفضت الحكومة تطبيق اتفاقيات وقّعتها حكومات سابقة مع الإتحاد العام التونسي للشغل (اتحاد نقابات الأُجَراء) كما ترفض الحكومة انطلاق مفاوضات اجتماعية جديدة لزيادة الأجور التي انخفضت قيمتها الحقيقية بفعل ارتفاع أسعار إيجار السكن والطاقة والسلع الغذائية والأدوية وغيرها،
جرى إعداد موازنة 2025، وسط مناخ اقتصادي رديء بفعل شح الإستثمارات وانخفاض نسبة النمو وارتفاع نسبة التضخم واستمرار الظروف المناخية غير المواتية لقطاع الفلاحة ( الجفاف المستمر منذ مواسم عديدة)، ويدّعي الإعلام الحكومي « العمل على مقاومة الفقر وضمان الحماية الاجتماعية والتغطية الصحية لجميع الفئات من دون استثناء، واعتماد سياسة اجتماعية قوامها تكريس مبدأ تكافؤ الفرص وضمان العدالة الاجتماعية والإحاطة بالفئات الوسطى ومحدودة الدخل ودعم القدرة الشرائية للمواطن وتعزيز التمكين الاقتصادي للفئات محدودة الدخل والفقيرة… »، لكن هذه التصريحات الجوفاء تندرج في باب الدّعاية، لأن هذه « النّوايا » تتعارض مع أبواب الميزانية، ومع تأكيد سياسة التّقشّف وخفض الإنفاق الحكومي تحت مُسمّى « ترشيد الإنفاق »، فضلا عن قرارات تجميد أو خفض حجم الرواتب وعدد الموظفين في القطاع العام، وانسداد آفاق التشغيل الخ.
الفقر
ارتفع عدد الفقراء بتونس سنة 2022، وقَدّرت وزارة الشؤون الإجتماعية عددهم بنحو 963 ألف عائلة أي ما يعادل 4 ملايين تونسي، ولذلك تَضَمّن مشروع ميزانية 2024 الذي قدمته وزارة المالية منذ شهر آب/أغسطس 2023 زيادة عدد العائلات المنتفعة بمنحة تعويض الدّخل المحدود بنحو ألف عائلة إضافية وزيادة قيمة هذه المنحة لتبلغ 220 دينار شهريا أو حوالي 73,3 دولارا شهريا، وكان توسّع رقعة الفقر من العوامل التي جعلت الحكومة التونسية تُعلن مواصلة دعم للمواد الأساسية مع العمل على مقاومة المضاربة بالمواد الأساسية والمحروقات والكهرباء سنة 2024، سنة الإنتخابات الرئاسية، وقد تلجأ الحكومة إلى توريد المحروقات والسلع الغذائية ما يزيد من عجز الميزان التجاري، وإلى توفير الموارد عبر فَرْضِ زيادة الضرائب غير المباشرة (19% حالياً ) وخصوصًا الضرائب على شراء الدّخان والكُحول وبعض التجهيزات مثل السيارات وعلى المعاملات الإدارية والمالية وزيادة الأداء على أرباح الشركات الخ، وهو ما يحذّر منه صندوق النقد الدّولي الذي يعتبر إن الضرائب على أرباح الشركات (والقطاع الخاص كالأطباء والمحامين والصيادلة ومكاتب الإستشارات والمُحاسبة) « تَضُرُّ بيئة الأعمال وتُبْعِدُ الإستثمارات المحلية والأجنبية »…يُهدّد الفقر مستقبل الشباب والأطفال، ففي تونس « يغادر المدرسة مائة ألف تلميذ سنوياً نصفهم لا يتمُّ مرحلة التعليم الأساسي »، وفق أُطْرُوحة الدّكتور بسّام عبيدة بعنوان « التسرب المدرس في المرحلة الإعدادية بتونس » – آذار/مارس 2021، وتُشير دراسات أخرى إلى وجود أكثر من مليون مراهق خارج المدارس التونسية، شكلوا فئة « هشة يصعب دمجها في المجتمع مهنياً »
ازدهار القطاع المالي والمصرفي
كشف التقرير المالي الخاص بالمصرف المركزي التونسي عن تحقيق أرباح صافية بقيمة 145 مليون دولار سنة 2021، وارتفعت إلى ما يعادل 230 مليون دولارا، خلال سنة 2022، أما مصدر هذه الأرباح – في ظل الأزمات المستمرة التي تُعانيها الحكومات المتعاقبة – فهي نتيجة لعمليات إعادة تمويل المصرف المركزي للمصارف المحلية التي تقترض منها الدّولة في شكل سندات خزانة أو قروض مُجَمَّعَة، وهو ما حصل في لبنان حيث أَثْرت المصارف على حساب الدّولة، فضلا عن عمليات تدخّل المصرف المركزي في شكل تسهيلات القروض بين المصارف ( إعادة التّمويل) لمدة تتراوح بين 24 ساعة وأسبوع، كما ارتفعت أرباح المصرف المركزي التونسي من خلال التدخّل في السّوق النّقدية وضخ السيولة للمنظومة المالية، كما مَثَّلَ رَفْعُ نسبة الفائدة الرئيسة إلى أكثر من 8% عاملا هامًّا في ارتفاع موارد المصرف المركزي سنة 2022 حيث يُؤَدِّي ارتفاع نسبة الفائدة الرئيسة إلى ارتفاع موارد المصرف المركزي، وارتفاع موارد المصارف التي تُقْرِضُ الدّولة من مدخرات زبائنها وودائعها أو من الإقتراض المُيَسّر من المصرف المركزي فقد ارتفعت حصة الأقساط التي سدّدتها الدّولة للمصارف من 116 مليون دولارا سنة 2021 إلى 131 مليون دولارا سنة 2022، وهي مبالغ يُسدّدها المواطن التونسي من الضرائب على الدّخل ( الضرائب المباشرة التي لا يُسدّدها سوى الأُجَراء، فيما يتهرب أرباب العمل والأثرياء من تسديدها) والضريبة غير المباشرة، على السلع والخدمات ونسبتها 19% حاليا، وكانت الحكومة التونسية قد وقّعت اتفاقية لتعبئة قَرْضٍ مُجَمّعٍ من قِبَلِ 12 مؤسسة مالية محلية بقيمة تعادل 130 مليون دولارا في بداية سنة 2023، كما لجأت الحكومة إلى الاقتراض بالعملات الأجنبية من السوق النقدية المحلية بسبب عدم قدرتها على الإقتراض من السوق المالية الدّولية، ويبلغ مجموع ودائع المصارف التونسية بالعملة الأجنبية لدى المصرف المركزي ثمانية مليارات دينار أو ما يعادل 2,85 مليار دولارا، يمكن للحكومة الإقتراض منها بفائدة أعلى من فائدة الودائع لدى المصرف المركزي…
السيادة الغذائية
لا يمكن الحديث عن الإستقلال والسيادة الوطنية دون إنجاز السيادة الغذائية التي تعني القُدْرة على إنتاج السّلع الغذائية الأساسية وتوفيرها للمواطنين بأسعار تتناسب مع الدّخل ( ووجب تضييق الفوارق الموجودة حاليا )، غير إن الحكومات المتعاقبة، منذ أكثر من خمسة عُقُود أهملت قطاع الفلاحة، وشجّعت الزراعات الكُبْرى التي تستنزف الأرض والمياه والموارد الطبيعية لإنتاج سلع مُعَدّة للتصدير وتلبية حاجة المُستهلكين الأوروبيين، قبل أن يُؤَدِّي الجفاف إلى انحسار منسوب الأمطار ومياه السّدود وشح المياه وعدم توفر أعلاف الحيوانات (المواشي والدّواجن)، علاوة على تراجع مساحات الفلاحة المَرْوِيّة، وقدّر المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية، انخفاض الموارد المائية التقليدية في تونس بنحو 28% بحلول سنة 2030، وتراجع مساحات الأشجار المثمرة بنسبة 50% مع نهاية القرن الواحد والعشرين، وتراجع مساحة الزراعات الكبرى بنسبة 30% بحلول سنة 2030، كما أكدت دراسة أنجزتها وزارة البيئة سنة 2021 « إن تونس مهددة بفقدان مواردها الطبيعية، مع نقص حاد في محاصيل الحبوب، بسبب الجفاف، وتراجع المساحات المزروعة بـ800 ألف هكتار، بحلول سنة 2030″، وإذا لم تبحث الحكومة الحالية والتي سوف تليها، مع المواطنين والمجموعات المُنَظَّمَة (أحزاب ونقابات وجمعيات…) برامج وخطط للتوعية وإجراءات عملية لتفادي تداعيات وخطورة التغيرات المناخية خطورة فإن الحديث عن السيادة الغذائية يُصبح لاغيًا، فنحن مُطالَبُون بالحفاظ على التوازنات البيئية وعلى الحد الأدنى من الموارد الطبيعية للأجيال القادمة
العلاقات الخارجية:
بعد أكثر من سنَتَيْن من التفاوض مع صندوق النقد الدّولي، فشلت الحكومة التونسية في الحصول على قرض، قد يَفْتَحُ الباب لقروض أُخْرى بنسب فائدة أقل بكثير من السوق المالية الدّولية، لأن حكومة تونس لا ترفض مبدأ خصخصة القطاع العام أو إلغاء الدّعم أو تجميد التوظيف والإنفاق الحكومي، ولكنها ترفض النّسق الذي يفرضه الدّائنون، ولما وصلت المفاوضات إلى طريق مَسْدُود، لجأت الحكومة إلى الإقتراض من المصارف المحلية ( أكثر القطاعات ربحية خلال ثلاث سنوات، بأرباح بلغت 13% على أساس سنوي) وكذلك إلى عقد شراكات مع روسيا والصين كمناورة من السلطات التونسية تجاه أوروبا، فيما تعتبر الصين هذا التّوجُّه خُطوةً مُكَمِّلَة لتواجدها في الجزائر والمغرب. أما الوقائع فتُظْهِرُ تَوَجُّهَ أكثر من 70% من الصادرات التونسية نحو أوروبا المجاورة ولا تتجاوز نسبة الصادرات إلى الصين 1% لذا يعسر على تونس حاليا – أو حتى خلال السنوات القليلة القادمة – أن تتخلص من هيمنة الإتحاد الأوروبي الذي يُعبِّرُ مسؤولوه عن الإنزعاج من توجُّه أي شريك نحو الشرق، لكن قد تكون هذه الخطوات التونسية الصّغيرة مُجَرّد مناورةٍ أو ضرورةٍ فرضتها الأزمةُ الماليّةُ للبلاد، وتندَرِجُ ضمن الرسائل التي يُوجّهُها الرئيس قيْس سعَيِّد إلى الإتحاد الأوروبي كَرَدٍّ على الإنتقادات الأمريكية والأوروبية بشأن وضع الحُرّيات الفردية في تونس، كذريعة لعرقلة حصول الحكومة التونسية على قَرْضٍ بقيمة 1,9 مليار دولارا، مع التّذكير إن الإتحاد الأوروبي هو الشريك الاقتصادي الأول لتونس ويرتبط الطَّرَفَان باتفاقيات اقتصادية وتجارية مُكبِّلَة لتونس، مثل اتفاقية الشراكة الشاملة (أليكا) التي تُثِير قلق العديد من الأحزاب والمنظمات والنّقابات في تونس، كما تُشير الوقائع إلى ضُعْف الإستثمارات الروسية والصينية في تونس – رغم ارتفاع العجز التجاري التونسي مع روسيا والصين – مُقارنة باستثمارات شركات أوروبا ( خصوصًا فرنسا وإيطاليا وألمانيا) …
من جهة أخرى، قام الرئيس قيس سعيد خلال شهر أيار 2024 بزيارة إلى إيران، للمشاركة في تشييع الرئيس الراحل إبراهيم رئيسي، تُوّجت بإعلان تأشيرة دخول المواطنين الإيرانيين إلى تونس، وفي نهاية مايو/أيار 2024 سافر سعيد إلى الصين للمشاركة في أعمال منتدى التعاون الصيني العربي، وتكللت زيارته بإبرام اتفاقيات اقتصادية في قطاعات متعددة، وصَرّح الرئيس التونسي إن تايوان جزء من الصين، كما قطعت تونس خطوات للتقارب مع روسيا التي زار وزيرها للخارجية تونس بنهاية سنة 2023، وأثارت هذه التحولات والتّوجهات التونسية نحو الشرق بعض القلق لدى مسؤولي الإتحاد الأوروبي، من ضمنهم « جوزيف بوريل » مُفَوّض العلاقات الخارجية الأوروبية
خطاب السيادة يفتقر إلى وقائع مادّيّة
تتعارض السيادة مع الإتفاقيات التي وقعتها الدولة التونسية مع الإتحاد الأوروبي بشأن « مكافحة الهجرة غير النّظامية من إفريقيا إلى أوروبا »، فأي سيادة للدولة التونسية إذا كانت جزءًا من حدود أوروبا وساحة لقمع وسجنًا للفقراء الذين يُحاولون الخروج من تونس باتجاه أوروبا، فالدّولة التونسية « تَخَلّتْ عن بعض مقومات سيادتها »، فالخطاب السياسي الحالي يستخدم مفهوم السيادة الوطنية، لتغطية عجز الدّولة على ضمان السيادة على أراضيها وعلى أمن المواطنين الغذائي والصحي، فالدولة تستورد حوالي 80% من حاجاتها من الحبوب ومن علف الحيوانات، وهي لا تستطيع تأمين الحبوب والخضر والغلال والطاقة والرعاية الصحية والأدوية والعمل والسكن والنقل في ظروف مريحة… . وما زال الاقتصاد التونسي، منذ تدشين عهد السياسات الليبرالية من قِبَل حكومة الهادي نويرة ( من 1970 إلى 1980) ، قائماً على القطاعات الهامشية والهشة التي تُعَمِّق التّبعية كالسياحة والإنتاج الزراعي الموجه للتصدير والتي تستنزف التُّربة والموارد المائية وتصدير المواد الخام…
تغيير نمط التنمية
يتطلب ملف الدين الخارجي الذي يثقل كاهل الأجيال القادمة حواراً واسعا داخل المجتمع، بدل الإستمرار في نهج الاقتراض الخارجي وتهديد مستقبل الأجيال القادمة، فلا معنى لمفهوم السيادة، عندما يكون اقتصاد البلاد تابعًا لرأس المال الأجنبي ولا معنى للسيادة الغذائية إذا كانت البلاد تستورد الغذاء، فهل يستقيم الحديث عن السيادة الوطنية في ظل الإرتهان المالي والإقتصادي (وبالتالي ارتهان القرار السياسي) إلى المؤسسات المالية الدّولية ونادي باريس وغيرهما، وما حدود السيادة وأدوات تحقيقها؟
يمكن الخروج من الحلقة المُفرغة للتداين المستمر واستيراد الضروريات كالطاقة والغذاء والدّواء، بانتهاج نمط تنمية بديل يعتمد على تجنيد الموارد الدّاخلية واستغلالها في الإستثمار في قطاعات منتجة كالفلاحة والصيد البحري وتوليد الطاقة من الرياح والشمس، واستغلال قُدرات البحث والإبتكار للقضاء على الفقر الذي فاقت نسبته 17% وعلى البطالة التي قُدّرت نسبتها ب 18% وعلى هجرة الكفاءات وذوي الخبرات من الأطباء والمهندسين والفَنِّيِّين وغيرهم…
تُظْهِرُ الأرقام الواردة في قانون المالية لسنة 2024 إن الدّيون التي يحل أجل تسديدها تبلغ 3,9 مليار دولارا ( 12,3 مليار دينار) ودأبت كل الحكومات السابقة والحالية على الإقتراض لتسديد الدّيون القديمة، ولذلك تُظهر الأرقام ارتفاع حجم الإقتراض الدّاخلي والخارجي من حوالي 22 مليار دينار سنة 2023 إلى حوالي 28,2 مليار دينار سنة 2024، دُون ذِكْرِ مصادر الإقتراض الخارجي، وعمومًا تُشكل الدّيون خطرًا كبيرًا على الدّولة ومواطنيها ومواردها، في ظل غياب أي برنامج حكومي بديل، فالدّولة تُواصل تقليص دور الدّولة – باستثناء الأمن – وخفض الإنفاق وخصخصة مؤسسات القطاع العام وخفض الضرائب على المصارف والشركات والأثرياء وإعفائهم من الرّسُوم مما يزيد من ثروة الأثرياء، في مقابل زيادة الفقر والبطالة إلى درجة تجعل شبانا في مقتبل العمر يغامرون بحياتهم بحثًا عن عمل وعن ظروف حياة أفْضَلَ…
قُدّرت قيمة التّهرب الضريبي بنحو 25 مليار دينارًا سنويًّا، وبدل العمل على تشديد الخناق على المُهَرِّبين – وهم قطعًا من الأثرياء ومن الشركات الكبيرة – تمنحهم الحكومة، من خلال الميزانية السنوية امتيازات جبائية، أي خفض الضرائب الذي يُؤَدِّي إلى خفض إيرادات الدّولة وإثقال كاهل الأُجَراء والفُقراء، عبر زيادة الضرائب على الدّخل وزيادة الضرائب غير المباشرة ( الضريبة على القيمة المُضافة أو ضريبة الإستهلاك)، فيما يُسدّد المواطنون قيمة الدُّيُون التي استفاد منها هؤلاء الأثرياء، ولذا من الضروري المُطالبة بإقرار الضريبة التّصاعدية، والمطالبة كذلك بإلغاء الدّيُون المُكبّلة بفعل الشّروط المجحفة التي ترافقها وبفعل التّدخّل المُستمر للدّائنين في الشؤون الدّاخلية للبلدان المُقترِضَة…
تونس – عن الأوضاع بعد 2010 – الجزء الثالث والأخير – من عوامل انتفاء السيادة: العلاقات العسكرية الأمريكية التونسية والدّيون الخارجية : الطاهر المعز
مقدّمة
بعد نَقْد خطاب « السيادة » (بفعل الإفتقار إلى مقومات السيادة) من خلال عدد من الأمثلة والأرقام، اعتمادًا على البيانات الرسمية وعلى وسائل الإعلام المسموح بتداولها في تونس، يُخصّص هذا الجزء الأخير حيزا هاما للعلاقات العسكرية بين الولايات المتحدة وتونس بعد انتفاضة 2010 – 2011، وهو مثال آخر على عدم استناد خطاب السيادة على دعائم مادّية صَلْبَة، بل هو مجرد خطاب أو إعلان نوايا، لا تتبعها إجراءات عَمَلِيّة، إضافةً إلى فقرات أخرى بعنوان » الدّور السّلبي للدّيون » وخاتمة تتضمن بعض المُقترحات للبدائل المحتملة، فضلا عن ضرورة تغيير نمط التنمية، كما ورد في الفقرة الأخيرة للجزء الثاني من هذه الدّراسة.
تُنْشَرُ هذه الأجزاء الثلاثة من الدّراسة بمناسبة الإنتخابات الرئاسية التي جرت يوم السادس من تشرين الأول/اكتوبر 2024، حيث كانت المشاركة ضعيفة وفق البيانات الرسمية، ولا تكتسب نتائج هذه الإنتخابات أية أهمّية بفعل المناخ السياسي والإقتصادي والإجتماعي، وبفعل ما حصل ويحصل من الأحداث والإجراءات والقرارات الرئاسية، منذ 2021، وخصوصًا استمرار تدهور الوضع المعيشي لمعظم المواطنين وارتفاع حجم البطالة والفقر، وكذلك بفعل تجريد المحكمة الإدارية من صلاحياتها في النزاعات الإنتخابية وحل المجلس الأعلى للقضاء، وإلغاء الضّوابط القانونية وأجهزة الرقابة المُؤسّسية، وفصل عشرات الموظفين، من بينهم قُضاة، واعتقال سياسيين مُعارضين وإعلاميين، باسم محاربة الفساد…
جرت هذه الإنتخابات في مناخ اتّسم بعدم الإهتمام وبضُعف المُشاركة، لافتقادها إلى أي رهان، بفعل عدم وجود مقترحات أو برامج قد تُغَيِّر الوضع الرديء الذي يعيشه معظم المواطنين، من شُحّ السلع المدعومة وارتفاع أسعارها، وانقطاع الكهرباء والمياه، وبسبب استمرار الفساد والرّشوة، وتدهْوَرَ الوضع المالي للدّولة التي أصبحت قواتها المسلّحة تحرس حدود الإتحاد الأوروبي، مقابل بعض الفتات، لِمَنْع تدفُّق فُقراء إفريقيا وعُبُور تونس، بحثًا عن عمل في أوروبا.
تناول الجزء الأول والثاني الوضع العام، وخصوصًا الوضع الإقتصادي ومدى ما تحقق أو لم يتحقق من مطالب انتفاضة كانون الأول/ديسمبر 2010 والإنتفاضات التي سبقتها، من « انتفاضة الخُبْز » بنهاية 1983 وبداية 1984 إلى سيدي بوزيد 2010، مرورًا بانتفاضات الحوض المنجمي وبنقردان وغيرها، مع إعادة التّأكيد على الدّيون الخارجية كأحد عوامل انتفاء السيادة، أو الحدّ منها، وكانت الدّيون الخارجية من الأسباب التي أدّت إلى احتلال تونس سنة 1881…
أي مُقَوّمات للسيادة؟
التعاون العسكري الأمريكي/التونسي
تعتبر الولايات المتحدة منطقة المغرب العربي منطقة استراتيجية نظرا لموقعها الجغرافي وثروة باطنها، وخاصة الجزائر وليبيا. أما بالنسبة لليبيا، فقد تم تقاسم الغنائم بين الولايات المتحدة وفرنسا وإيطاليا، وبالنسبة للجزائر، يجب على الولايات المتحدة أن تُراعي مصالح فرنسا وروسيا والصين التي أصبحت القوة الاقتصادية الثانية في العالم بعد الولايات المتحدة الأمريكية، المستورد الثاني للنفط والغاز والتي ستصبح قريبا القوة الاقتصادية الأولى… ولهذه الأسباب، تسعى الولايات المتحدة إلى إبطاء توسع الصين.
بقيت تونس وهي الحلقة الأَضْعَف، حيث لا تمتلك ثروات نفطية مثل ليبيا والجزائر، فضلا عن ضيق مساحتها المَحْشُورة بين جارَيْن كبيرَيْن، وتعود العلاقات بين الجيشين التونسي والأمريكي إلى فترة الحرب الباردة، حيث كان النظام التونسي مُعاديا للشيوعية وللقومية العربية ولكل ما هو تقدّمي، ولم يلعب للجيش دور بارز في الحياة السياسية، مقارنة بالأنظمة المجاورة (الجزائر وليبيا) أو مصر وسوريا والعراق، واعتمد النظام التونسي على الشرطة والدّرك لقمع الشعب، لكن الجيش شارك في القمع وفتح النار على المُضربين والمتظاهرين في « الوَرْدانين » ( كانون الثاني/يناير 1969) وخلال إضراب قَصْر هلال ( 1977) وخلال الإضراب العام (26 كانون الثاني/يناير 1978) وانتفاضة 1983/1984 وانتفاضة 2010/2011، وعندما أمر قيس سعيد بحل البرلمان وبإغلاقه، تكفّل الجيش بإغلاق المدخل بالدّبّابات، ويستخدم نظامُ الحكمِ القضاءَ العسكريَّ، منذ عُقود ( بالأمس كما اليوم)، لمحاكمة خُصومه السياسيين، ومع ذلك بقي دور الجيش هامشيا في تسيير شؤون الدّولة، وبقيت العلاقات العسكرية متطورة مع الولايات المتحدة التي ركّزت، خصوصًا منذ الإنتفاضة، على التدريب العسكري وعلى « مكافحة الإرهاب وتأمين الحُدُود »، غير إن العلاقات العسكرية قديمة، ويُشارك الجيش التونسي سنويا في مناورات « واييومنغ » مع الحرس الوطني الأمريكي مع جيوش 95 دولة، وتتمثل المناورات في التدريب المشترك، بهدف « الحفاظ على الروح المعنوية » وعلى الولاء للولايات المتحدة…
ارتفع الإنفاق العسكري التونسي من 572 مليون دولار سنة 2010 إلى مليار دولار سنة 2016، وتَوَثّقت العلاقات العسكرية مع الولايات المتحدة، بالتوازي مع ارتفاع التمويلات الأمريكية « للمجتمع المدني » في تونس، وتم تصنيف تونس، سنة 2015، كحليف رئيسي من خارج حلف شمال الأطلسي (الناتو)، ويعني هذا التّصنيف حصول الجيش التونسي على أسلحة وأنظمة تدريب أمريكية متفوقة، واستغلّت الولايات المتحدة ظهور المجموعات الإرهابية في تونس ( التي تنحدر جميعها من تيار الإخوان المسلمين)، لتكثيف التعاون الذي تجسّد سنة 2017 في مُشاركة قوات البحرية الأمريكية مع الجيش التونسي في عمليات ضد مجموعة مُصنّفة كَفَرْع من « القاعدة » على الحدود التونسية الجزائرية، ويُمثل ذلك جزءًا من الإستراتيجية الأمريكية للتغلغل في شمال إفريقيا والمنطقة المُحيطة بالصّحراء الكُبرى، والتي كانت ذروتها الإطاحة بالنظام في ليبيا وحَلّ أجهزة الدّولة والجيش وفتح الثّكنات لتتزوّد منها المجموعات الإرهابية التي كثفت نشاطها فكان ذلك ذريعة لتكثيف التواجد العسكري الأمريكي في إفريقيا، ضمن برنامج « أفريكوم » ( القيادة العسكرية الأمريكية في إفريقيا، منذ 2007) أو ضمن التعاون العسكري الثنائي، ما جعل تونس والمغرب وموريتانيا وغيرها أدوات تستخدمها الولايات المتحدة لإضعاف الإمبريالية الفرنسية ولمكافحة التّواجد الرّوسي والصّيني، وأدّى تصنيف تونس ( وكذلك المغرب) « حليفًا رئيسيا من خارج حلف شمال الأطلسي » إلى مُشاركة الجيش التونسي في تدريب جيوش أفريقيا جنوب الصحراء الكبرى، وشارك الجيش التونسي في برنامج مناورات » فلينتلوك » العسكرية بقيادة الولايات المتحدة، مع جيوش غانا وساحل العاج والسنغال وجيبوتي والمغرب تحت شعار » على مكافحة الإرهاب » ( آذار/مارس 2023)، وتقرّر استضافة تونس برنامج المناورات الأمريكية « أسد إفريقيا » للتدريبات العسكرية، صيف 2024…
يُشارك الجيش التونسي، منذ سنة 2004، في مناورات « وايومنغ » وهي شراكة في إطار برنامج فدرالي يربط الجيوش الأجنبية بوحدات الحرس الوطني للدولة الإتحادية الأمريكية ويتدرب الجيش التونسي بسلاح أمريكي، ومن بينها مروحيات بلاك هوك وطائرات النقل سي-130، وأرسَل الحرس الوطني الأمريكي في وايومنغ، سنة 2022، ضباط صف إلى تونس للمشاركة في ورشة عمل، « بهدف تحسين قدرة الجيش التونس على الاستجابة السريعة واتخاذ القرارات بسرعة »، أي تحسين القدرة القتالية والفعالية للجيش التونسي، وهي خطوة نحو تحويله إلى جيش محترف، كما ساهم فريق من الحرس الوطني الأمريكي ( من وايمنغ) خلال شهر أيار/مايو 2023، في بناء ميادين إطلاق نار وموقع تدريب على مكافحة العبوات الناسفة في تونس، وشاركت القوات التونسية في مناورات عسكرية نظمتها القيادة الشمالية الأمريكية في وايومنغ (حزيران/يونيو 2023)…
رغم تكثيف الشّراكة العسكرية، أدّت تقارير المنظمات الأمريكية « غير الحكومية » عن وضع الحُرّيّات في تونس إلى تخفيض الولايات المتحدة « الدّعم الإقتصادي » الذي تُقدّمه وزارة الخارجية الأمريكية إلى تونس، سنة 2024، بنسبة 70% من 45 مليون دولار إلى 14,5 مليون دولار، وانخفضت المساعدات العسكرية الأمريكية إلى تونس منذ 2022، باستثناء برنامج التمويل العسكري الخارجي (FMF)، وهي أموال لشراء الجيش التونسي أسلحة أمريكية، ورغم بعض الإنتقادات الأمريكية، يُشارك الجيش التونسي في أهم اللقاءات، وومن بينها مشاركة ضُبّاط رفيعي المستوى في اجتماع رفيع المستوى لمسؤولي الدفاع الأفارقة استضافته الولايات المتحدة في روما، كما يشارك الجيش التونسي في الذّكرى الثلاثين لبرنامج شراكة الحرس الوطني 1994 – 2024 التي يستضيفها البنتاغون خلال سنة 2024…
يُعْتَبَرُ الوجود العسكري الأمريكي في تونس، بعد الإنتفاضة، متحفظا بقدر ما هو استراتيجي، حيث تسبّب تَسَرّب خبر وجود قاعدة لإطلاق الطائرات بدون طيار، أو مركز أمريكي للإستعلامات في جنوب تونس في انتشار الكثير من الإشاعات، منذ العام 2017، نَفَت السلطات التونسية، على لسان رئيسها الباجي قائد السبسي ذلك جملة وتفصيلا، لكن وسائل الإعلام الأمريكية تؤكد ذلك، وأقَرَّ الباجي قائد السبسي باستخدام طائرات بدون طيار كجزء من مهام تدريب القوات المسلحة التونسية من قِبَلِ « 70 جندي أمريكي »، وأعلن الناطق باسم وزارة الدفاع التونسية آنذاك بلحسن الوسلاتي 3إن مهمة الطائرات بدون طيار هي المُراقبة وليست الهجوم »، ووفقا لصحيفة واشنطن بوست نقلا عن مصدر حكومي أمريكي، فإن « هذه الطائرات بدون طيار غير المسلحة التي استخدمها ما يقرب من 70 عسكريّا أمريكيا تم نشرها في تونس بنهاية حزيران/يونيو 2016، بموافقة الحكومة التونسية، من أجل مساعدة القوات الليبية الموالية لأمريكا في قتالها ضد قوات داعش في ليبيا »، في مدينة سرت… تُستخْدَمُ هذه الطائرات لمراقبة الحدود التونسية الليبية ومواقع تنظيم الدولة الإسلامية (داعش)”، بحسب وكالة أنباء إفريقيا ( Africa News Agency ) 12 شباط/فبراير 2018، ووقَّعت تونس، نهاية أيلول/سبتمبر 2020، خلال زيارة وزير الحرب الأميركي مارك إسبر، اتفاقية تعاون عسكري مع الولايات المتحدة لمدة عشر سنوات، واعتبرها « البنتاغون » تجسيدًا للتقارب وللتعامل مع تدهور الوضع الأمني في ليبيا، واقترنت هذه الزيارات والإتفاقيات بزيادة الدّعم الأمريكي للجيش التونسي، لا سيما في مجالات التدريب والتجهيز « لمكافحة الإرهاب ولتعزيز الأمن على الحدود مع ليبيا »، وبذلك أصبحت تونس (منذ 2015) « حليفًا “رئيسيًا (لأمريكا) في المنطقة، وكانت تونس بمثابة الداعم المكَتِّم ولكنه الحاسم في تطورات الوضع في ليبيا »، وفقًا للسيد مارك إسبر، وزير الحرب الأمريكي، الذي أعلن أيضًا: “يسعدنا تعميق هذه العلاقة من أجل مساعدة تونس على حماية موانئها وحدودها ودعمها ضد الإرهاب، وكذلك لمواجهة منافسينا الاستراتيجيين الصين وروسيا »، وأدْلى بهذا التصريح بعد لقائه بالرئيس التونسي قيس سعيد (نهاية أيلول/سبتمبر 2020).
يُجْرِي جيشا الولايات المتحدة وتونس تدريبات عسكرية مشتركة بانتظام. واستثمرت الولايات المتحدة مليار دولار في الجيش التونسي بين سَنَتَيْ 2011 و2020، بحسب وزارة الحرب الأمريكية، ولكن نفت السلطات مرارا وجود قواعد أمريكية في تونس، بسبب المُعارضة الشعبية للإمبريالية الأمريكية، لكن تم تأكيد وجود فريق عسكري أمريكي مسؤول عن تشغيل طائرات بدون طيار داخل قاعدة تونسية في مدينة بنزرت، وذلك خلال محاكمة عسكرية سنة 2017 في الولايات المتحدة، بحسب الصحافة الأميركية المتخصصة. من جانبه، رحب وزير الدفاع التونسي بـ”الدعم الذي تقدمه الولايات المتحدة لتونس في مجال أمن الحدود وإنشاء نظام مراقبة إلكتروني في الجنوب الشرقي والغرب وتعزيز قُدرات الجيش التونسي”، وأعلن « إن الولايات المتحدة شريك مميز لتونس ».
قامت مساعدة وزير الحرب الأمريكي للشؤون الإفريقية، جينيفر زاكيسكي، بزيارة إلى تونس على رأس وفد عسكري رفيع المستوى، لتحضير الدورة السادسة والثلاثين للجنة العسكرية التونسية الأمريكية المشتركة، وفق مُلخّص محضر اللقاء الذي نشرته وزارة الدفاع التونسية، يوم الاثنين 12 شباط/فبراير 2024، والذي يُشيد « بالعلاقات القوية بين تونس والولايات المتحدة »، ومُرحّبًا » بالنتائج التي تم التوصل إليها في ختام الاجتماع السنوي لاستعراض الأنشطة والتمارين العسكرية المشتركة »، وانعقد اللقاء يوم التاسع من شباط/فبراير 2024 بين جينيفر زكريسكي والوزير التونسي عماد مميش، واختتم بالموافقة على سلسلة من التحديثات والأنشطة المخطط لها بين الطرفين للفترة المقبلة، بينما أشارت مساعدة وزير الحرب الأمريكي للشؤون الإفريقية، جينيفر زاكيسكي إلى أن « هذا اللقاء شكل فرصة لتقييم العلاقات العسكرية المتينة بين البلدين، والدّعم الأمريكي المستمر لتونس في تطوير القدرات العملياتية للمؤسسة العسكرية وفي مجال التكوين وتبادل الخبرات والمساعدة التقنية وتوفير المعدات الملائمة للتهديدات غير التقليدية وحماية الحدود… »، وانعقدت الدورة السادسة والثلاثون للجنة العسكرية المشتركة التونسية الأمريكية بتونس (23 و24 أيار/مايو 2024)، برئاسة وزير الدفاع التونسي عماد مميش ونائبة وزير الحرب الأمريكي سيليست فالاندر بهدف « تعزيز التعاون الاستراتيجي والقدرات العملياتية وتبادل الخبرات في مجالات التدريب العسكري والتكنولوجي… للمساهمة في تعزيز السلام والاستقرار والأمن الإقليمي في المنطقة… »
إن الولايات المتحدة التي تدّعي « مساعدة تونس في الحرب ضد الإرهاب » هي نفسها التي دعمت المجموعات الإرهابية في العراق وفي سوريا وفي ليبيا وهي نفسها التي تدعم إرهاب الكيان الصهيوني دعمًا مُطْلَقًا وبلا حُدُود
أكّدت العديد من وسائل الإعلام الأمريكية، وجود قاعدة عسكرية لتشغيل الطائرات بدون طيار في بنزرت، وقاعدة استخبارات ومراقبة في الجنوب، قريبًا من الحدود مع الجزائر وليبيا، لكن الموضوع حساس للغاية، ولذلك رفضت السّلطات التّونسية تأكيد هذه المعلومات، بل نَفَتْها من أساسها، رغم تأكيد وجود ما لا يقل عن سبعين مستشار ومُدرّب عسكرِي أمريكي، في الثكنات لتدريب العسكريين التونسيين على التعامل مع المعدات العسكرية وإدارة الطائرات بدون طيار، وأكّد موقع شركة Gray Dynamics ( 07 آب/أغسطس 2020) وهي متخصصة في الذكاء الإصطناعي، ذي الإستخدام المُشترك (مدني وعسكري)، أي إنها شركة استخبارات « ناعمة » أو « سوفت »: « رغم إنكار السلطات التونسية والغموض الاستراتيجي للسلطات الأمريكية، فإن تونس تستضيف قاعدة طائرات بدون طيار، وفريقا من القوات الخاصة للبحرية الأمريكية، منذ سنة 2016، التي تستخدم البلاد للعمل في جميع أنحاء شمال إفريقيا، وإن أسبابًا سياسية تدفع الحكومة التونسية إلى عدم الإعتراف بالوجود العسكري الأمريكي داخل حدودها… إن تونس تستضيف أكبر قاعدة أمريكية لتنفيذ مهام الطائرات بدون طيار في شمال إفريقيا انطلاقًا من قاعدة سيدي أحمد الجوية ببنزرت في شمال تونس… وتزعم الولايات المتحدة وتونس أن الطائرات بدون طيار ليست مسلحة وأنها تقوم فقط بالاستطلاع لغرض تأمين الحدود والتعاون والتدريب مع القوات التونسية… « ، سواء من خلال القيادة العسكرية الأمريكية في أفريقيا (أفريكوم) أو من خلال العلاقات المباشرة بين الجَيْشَيْن
أعلنت صحيفة واشنطن بوست اليومية الأمريكية، منذ تشرين الأول/اكتوبر 2016، « قامت وزارة الحرب الأمريكية (البنتاغون) بتوسيع الشبكة الأمريكية لقواعد الطائرات بدون طيار في شمال إفريقيا، من خلال نشر طائرات بدون طيار وأفراد عسكريين أمريكيين في قاعدة في تونس للقيام بمهام تجسسية في ليبيا… لعبت هذه الطائرات بدون طيار دورا رئيسيا في الهجوم الجوي الأمريكي على معقل تنظيم الدولة الإسلامية في ليبيا ».
راجت معلومات (شائعات؟) متعلقة بإنشاء قاعدة عسكرية أمريكية مزعومة في رمادة بجنوب البلاد، عقب مناقشات بين الجنرال ديفيد إم رودريغيز، رئيس أفريكوم (القيادة العسكرية الأمريكية في إفريقيا) ورئيس الحكومة التونسية (علي العرَيِّض آنذاك، سنة 2013)، ونَفَت وزارة الدّفاع التونسية الخبر من أساسه، لكن النفي الرسمي لهذه الادعاءات ترافق مع تعزيز العلاقات بين تونس والولايات المتحدة وزيادة نشاط أفريكوم في تونس، وأكّدت المقابلة الهاتفية التي جرت يوم الخميس 28 أيار/مايو 2020، بين وزير الدفاع التُّونسي عماد الحزقي ورئيس القيادة العسكريةالأمريكية في إفريقيا ستيفن تاونسند، « تعزيز التعاون العسكري بين تونس والولايات المتحدة وإرسال لواء أمريكي إلى تونس للمساعدة الأمنية بسبب مخاوف بشأن النشاط الروسي في ليبيا »، بحسب وكالة رويترز للأنباء (28 أيار/مايو 2020) وقبل ذلك بحوالي سنتيْن ونصف، كشفت موقع مجلة « ذا إنترست » بتاريخ الثالث من كانون الأول/ديسمبر 2018، « إن الوجود العسكري الأميركي في أفريقيا أكبر بكثير مما يدعي البنتاغون »، وذكرت « إن الولايات المتحدة الأمريكية تمتلك ما لا يقل عن 34 موقعًا عسكريا في إفريقيا، من بينها 14 قاعدة رئيسية وعشرين معسكر، وتتجه وزارة الحرب إلى إنشاء المزيد من قواعد الطائرات الآلية (بدون طيار) »
الدّور السّلبي للدّيون:
واجَهَ الإقتصاد التّونسي، منذ بداية القرن الواحد والعشرين سلسلةٌ من الصدمات الاقتصادية السلبية التي أَسْفَرَتْ عن مفاقمة التدهور المتسارع، قبل تفشّي جائحة كوفيد-19، وتميزت فترة ما بعد انتفاضة 2010- 2012 بارتفاع أسعار المواد الغذائية والوقود، وتراجع الطلب الأوروبي على المنتجات التونسية، وزيادة معدّلات الفائدة العالمية، فضلا عن ارتفاع حجم الإقتصاد الموازي والبطالة والفقر والأُمِّيّة، خصوصًا في المناطق الغربية والدّاخلية (غير السّاحلية) للبلاد، ولم يتجاوز معدّل نمو الناتج المحلي الإجمالي 0,6% سنة 2023، وفاقمت الظروف المناخية الوضع خصوصًا في القطاع الفلاحي، حيث تراجع محصول الحبوب بنحو 80% مُقارنة بالموسم السابق…
اعتبر تقرير مؤسسنة « كارنغي » ( 26 شباط/فبراير 2024) استنادًا إلى بيانات البنك العالمي، إن أداء اقتصاد تونس لا يرقى إلى استغلال إمكانيات البلاد القادرة على رفع مستوى الإنتاجية ودعم الأنشطة ذات القيمة المُضافة المرتفعة، ودعم الأنشطة التي تُساعد على الإستغناء على العديد من الواردات واستبدالها بإنتاج مَحَلِّي، مع استغلال قُدرات التصدير إلى أسواق أُخرى غير الإتحاد الأوروبي، كما فشل الإقتصاد التونسي في زيادة دخل العاملين ( ما أدّى إلى انخفاض المُدّخرات ) أو في استحداث ما يكفي من الوظائف لاستيعاب الوافدين الجدد إلى سوق العمل، وخصوصًا من فئة الشباب من ذوي الكفاءات العلمية والتّقنية…
تمكّنت الدّولة خلال العقد الأول من الإنتفاضة تحقيق الحدّ الأدنى من النمو الاقتصادي من خلال القروض التي تُموّل الإنفاق العام، ومن خلال الإقتصاد الموازي، وتُعاني خزينة الدّولة، منذ سنوات، من عجز سنوي بمعدّل 4% من حجم الناتج المحلي الإجمالي، بين سنتَيْ 2011 و 2017 وارتفع العجز إلى 9% بين سنتيْ 2020 ( سنة جائحة كوفيد) و 2022، كما تعني من نقص السّيُولة الضّرورية لتغطية نفقاتها الأساسية كالرواتب والمعاشات التقاعدية وخدمة الدين، واضطرت إلى تأجيل المدفوعات المستحقّة للمورّدين الذي أصبحوا يُطالبون بالتسديد المسبق قبل الإفراج على شحنات السّلع المتراكمة في الموانئ، في ظل عجز الدّولة عن تمويل الإنفاق بواسطة القُروض، وفي ظل ارتفاع حجم الدّيْن العمومي من 68% سنة 2019 إلى 80% سنة 2022 ونحو 90% من الناتج المحلي الإجمالي سنة 2024، وتمثل الدّيون الخارجية نحو أربعين مليار دولارا، وأصبحت البلاد تواجه مخاطر العجز عن تسديد أربع مليارات دولارا من الدّيون سنة 2024 وربما سنة 2025، ويكمن الخطر في إقرار خطة تقشف وخَفْض أو إلغاء الإنفاق الإجتماعي، بفعل توجيه ميزانية الدّولة نحو تسديد خدمة الدَّيْن بدل تلبية الحاجة إلى الإنفاق على البنية التحتية وخدمات الصحة والتعليم والنقل العمومي وتعزيز الحقوق الاقتصادية والاجتماعية للمواطنين الذين لم يعودوا قادرين على تحمل الأسعار المُرتفعة للغذاء والدّواء والطاقة…
كان حجم المديونية يمثل نحو 25% من الناتج المحلي الإجمالي سنة 2010، وارتفعت النسبة إلى 80% سنة 2023، بسبب قُروض صندوق النقد الدّولي ( سنوات 2013 و 2016 و 2020 ) وبسبب خفض قيمة الدّينار ( وهو أحد شروط صندوق النقد الدولي) وفشلت مفاوضات القرض الرابع ب1,9 مليار دولارا، سنة 2022، بسبب اعتراض الحكومة التونسية على وتيرة « الإصلاحات » (الخصخصة وإلغاء الدّعم وتسريح الموظفين وزيادة الضرائب غير المباشرة…) واعتراض اتحاد نقابات الأُجَراء (الإتحاد العام التونسي للشغل ) على الخصخصة وتسريح الموظفين…
خاتمة:
تُشكّل نسبة الدّيون من الناتج المحلي الإجمالي ( مقارنة حجم الدّيون بحجم الإقتصاد الكُلِّي) وحجم تسديد الدّيون كنسبة من الإنفاق الحكومي، بعض مقاييس خطورة الدّيون، وفي تونس، أدّى ارتفاع قيمة القروض وتكاليفها (خدمة الدَّيْن) إلى تخصيص 06% من إجمالي النفقات الحكومية لخدمة الدّيْن سنة 2016 و 13% سنة 2018 (بعد خفض قيمة الدّينار) و 41% من إجمالي النفقات سنة 2024، أو ما يُعادل قرابة 15% من الناتج المحلي الإجمالي، وعلى سبيل المثال فإن البلاد مُطالبة بتسديد أربع مليارات دولارا من خدمة الدّيْن خلال النصف الثاني من سنة 2024، وأدّى ارتفاع الدّيْن وخدمة الدَّيْن إلى ارتفاع معدّلات التضخموتعطيل الأداء الاقتصادي وعملية النّمو مما ينذر بانهيار اقتصاد البلاد، ولم تستفد فئات الكادحين والفُقراء من هذه القروض، بل حصل العكس وحصل ضرر كبير لهذه الفئات بفعل الشّروط المُصاحبة للقروض والتي تقتضي إلغاء دعم السلع والخدمات الأساسية وخفض الإنفاق الحكومي وزيادة الضرائب غير المباشرة وخصخصة القطاعات الحيوية وتقليص الخدمات العامة وما إلى ذلك…
تم تصميم المؤسسات المالية الدّولية، وأهمها البنك العالمي ( البنك الدّولي للتنمية وإعادة الإعمار) وصندوق النقد الدّولي والإتفاقية الدّولية للتجارة والجمارك (غات)، من قِبَل الولايات المتحدة، سنة 1944، لإعادة إعمار أوروبا التي دمّرتها الحرب العالمية الثانية، وتوسّع نطاق عمل هذه المؤسسات قبل حوالي ستة عُقُود، لإدامة تَبَعِيّة الدّول حديثة الإستقلال، وإدخالها في دوامة القروض بفوائد مرتفعة لا تتمكن الدّول الفقيرة من تسديدها سوى باللجوء إلى قروض جديدة، مما يرفع حجم القروض وقيمة الفوائد، ولم يتمكّن أي بلد في العالم من تحقيق التنمية بواسطة القُروض، لأن هدف القروض يتمثل في تعميق وإدامة التّبَعِية، ورغم عدم التّوصّل إلى اتفاق مع صندوق النّقد الدّولي، تُطبّق الحكومة الحالية والسابقة، كما الحكومات المتعاقبة منذ 2011، شروط الدّائنين (صندوق النّقد الدّولي والدّائنين الآخرين مثل نادي باريس والإتحاد الأوروبي والبنك العالمي وتوابعه…) من خفض تدريجي لدعم الطاقة والغذاء والدّواء ومن تجميد التوظيف في القطاع العام وخصخصة المؤسسات العمومية وما إلى ذلك من الشروط التي طَبّقتها الحكومات التونسية المتعاقبة، خلال حكم بورقيبة أو بن علي أو من لَحِقَهُ، ولم يتم التراجع عن أي إجراء بعد انتفاضة 2011 كالخصخصة وخفض أو إلغاء دَعْم السلع والخدمات الأساسية وخفض قيمة العُملة وتجميد أو خفض عدد الموظفين في القطاع العام الخ، لذلك يصح القول إن التّغْيِير كان سطحيًّا ولم يشمل الحياة اليومية ( السّكن والنّقل والشُّغل وخدمات الكهرباء والماء والصّحّة والتعليم…) بل ساءت ظروف عيش القسم الأكبر (الأغلبية) من المواطنين وتُعتبر ظروف عيش المواطنين هي المقياس الأساسي للحكم على نظام ( ضدّه) أو له، أي لصالحه.
ما الدّاعي لدعم حكومة لا تُحاول تَيْسِير وتحسين حصول السكان – خاصة سكان الريف والنساء والأطفال – على الرعاية والخدمات الصحية الأساسية والتعليم والعمل، ومُعالجة التفاوت الطبقي المجحف ( لا نتحدّث على المُساواة) ومعالجة مشاكل البطالة والفقر وشحّ السّكن وارتفاع أسعار السلع والخدمات الأساسية؟
وجب إعادة النّظر في العلاقة بين الدّولة والمجتمع وبين الدّولة والمؤسسات الوسيطة لدفع الحوار والتّشاور بشأن السياسة والإقتصاد والديمقراطية والتنمية وقضايا البحث العلمي والسّكن والنّقل والصّحّة والتعليم وغيرها، بشكل يسمح بمشاركة الجميع في طرح المواضيع ومناقشتها وفي اتخاذ القرار وتنفيذه، ومن شأن ذلك تنمية الشعور بالمواطَنَة والمُشاركة في تقرير مصير البلاد وأهلها، من أجل تحقيق التنمية المستدامة والحد من البطالة و الفقر والتفاوت في الدّخل
لا يكمن الحل في البحث عن القروض ( إلا إذا كانت قُروضًا تنموية غير مشروطة وبدون فائدة) بل في تنفيذ برامج اقتصادية (وسياسية واجتماعية ) بديلة تنطلق من حاجيات أغلبية المواطنين ومن إمكانيات البلاد، لتنفيذ برنامج اقتصادي يحقق السيادة الغذائية وتصنيع فائض الإنتاج الزراعي والمواد الأولية المتوفرة بالبلاد وزيادة الإنفاق على البحث العلمي والتعليم والرعاية الصحية والبنية التحتية للطرقات والمباني والسكك الحديدية وتشجيع الإبتكار في المجالات التقنية التي تحقق قيمة زائدة مرتفعة، وبحث مجالات التعاون مع الجيران ومع بلدان « الجنوب »…
سوف تدعم الأغلبية الساحقة من المواطنين أي حكومة تُقرّ سياسات تستجيب لاحتياجات ومصالح هذه الأغلبية، ويمكن أن تتمثل هذه السياسات في تشجيع الإنتاج المحلي (عبر القروض المُيسّرة والمِنح والحوافز…) لتلبية حاجة السّوق الدّاخلية (خلافًا لسياسة تشجيع الصادرات) وتصنيع ما زاد عن الحاجة قبل تصديره (عدم تصدير المواد الخام)، وزيادة الإستثمار الحكومي في مجالات الفلاحة والصناعات التحويلية والبنية التحتية والمباني السّكنية والنّقل والصّحة والبحث العلمي، بدَل خصخصة هذه المجالات الحيوية ولا يكفي إلغاء دُيون دول « الجنوب » (مثل تونس) بل يجب أن يكون ذلك مرفوقًا بتوجيه استثمارات استراتيجية ( منح وتعويضات بدلاً من القُروض) في السيادة الغذائية والزراعة البيئية والطّاقات المتجددة وسياسات التصنيع ذات القيمة الزّائدة العالية، وفق صحيفة « ذا غارديان » البريطانية بتاريخ 26 شباط/فبراير 2023.
الطاهر المعز
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Laure Lemaire- L’identité de l’Afrique du Sud


Pour comprendre pourquoi l’Afrique du Sud de Nelson Mandela a interpelé le monde entier sur le génocide en Palestine auprès d’une instance de l’ONU ( la cour internationale de Justice), il est important de savoir qu’elle sait de quoi elle parle, car elle l’a vécu elle-même plusieurs siècles. L’article de Florian Warweg (sur ce site) éclaire bien sur l’aide de Cuba à la libération de l’Afrique du Sud qui en quelque sorte, essaie de rendre la pareille.
L’Afrique australe, tout à fait au sud de la forêt tropicale et du continent, est aujourd’hui composée principalement de l’Afrique du Sud et de la Namibie dont l’Histoire est profondément liée par le même mode de colonisation. Les peuples s’y entrecroisent. Cet article est écrit avant tout pour leur rendre hommage.
Au SUD-OUEST (Namibie), on trouve les traces les plus anciennes d’art rupestre du continent africain. Datant de -26 000, elles sont attribuées à des populations nomades dont les Bochimans (ou San) seraient les descendants directs. D’autres découvertes d’art pariétal attesteraient de la présence de populations antérieures. La péninsule du Cap était habitée depuis 2 500 ans, par des Khoïkhoïs et des San, peu nombreux; les hauts plateaux au sud du fleuve Limpopo, par les peuples Sothos, dans l’Est vivent les Tsongas, tandis que les peuples Zoulous, se partagent la région Est, à 1 500 km du Cap. Au début du IXe siècle, le territoire est peuplé de Namas arrivés par l’Est 1 500 ans plus tôt, (et de Damaras , originaires du Soudan actuel). Les Namas sont des Khoïsan partageant avec les Sans, 33 % de leur vocabulaire. Installés à la hauteur de la rivière Swakop, c’est un peuple d’éleveurs, divisé en clans, qui se désigne comme le peuple des vrais hommes (Khoe-Khoe), et pour les Hollandais “Hottentot” (bégayeur). Les Damaras sont un peuple de chasseurs-cueilleurs, peu connu, vivant dans les montagnes peu hospitalières du Nord-Ouest. Réduits en esclavage par les Namas, ils seront asservis par un peuple bantou, les Héréros, arrivé dans le Nord de l’actuel Namibie, avec les Ovambos bien avant les Namas
Vers 1550, originaires de la région des grands lacs ou de l’Afrique orientale, les peuples bantous (Ovambos, Kavangos et Héréros) arrivent. Ils constituent la majorité du peuple namibien (75 % de la population à la fin du XXe siècle). Lors de leurs installations, ils se confrontent aux Sans qui parviennent à les soumettre durant un siècle. Mais leur nombre croissant met un terme à la domination des San qui sont défaits, dispersés ou asservis. Les Ovambos deviendront la population la plus importante, constituant la ½ de la population namibienne. Établis dans le Nord, ils sont agriculteurs. Arrivés par le Nord-Est, ils auraient été chassés par le Royaume Lunda du Katanga et se seraient dispersés entre la Namibie et l’Angola. Au XVIIIe siècle, les Ovambos se constituent en royaume. Les guerres deviendront incessantes entre les royaumes tribaux, pour des raisons économiques ou dynastiques. Les vaincus sont réduits en esclavage, alimentant le large trafic qui sévit jusqu’au XIXe siècle . Les Héréros « résolus » ou « impétueux » se consacrent à l’élevage. Originaires de la région des grands lacs, leurs caractéristiques ethniques, culturelles et sociales évoquent celles des nomades de la Corne de l’Afrique. Ils seraient arrivés en remontant le fleuve Zambèze, en même temps que les Ovambos, avant de s’éparpiller en Angola. Refoulés par les Ovambos, ils s’installent dans les régions montagneuses du Kaokoveld.

L’ AFRIQUE DU SUD (celle de Mandela)
Sur ce territoire, 2 peuples ont cohabité paisiblement: les Khoïsan (dit péjorativement Bochimans pour les Sans) qui sont restés chasseurs-cueilleurs depuis – 25 000 ans, et les pasteurs khoïkhoï (dit Hottentots) puis les Bantous plus récemment – 1 500 ans, qui travaillent le fer, pratiquent l’agriculture ( céréales), mais restent surtout des éleveurs nomades et qui sont les ancêtres des peuples parlant les langues zouloues. Ils arrivent du Nord-Ouest en suivant les grands fleuves (Niger, Congo) D’autres descendent la rivière Limpopo au ive siècle pour parvenir vers le Xe siècle au Cap. La linguistique révèle que le “clic” caractéristique des langues khoïsan, a été incorporé dans les langues bantoues.Au Xe siècle, au Nord, dans la vallée du fleuve Limpopo s’établit un 1° royaume régional. Économiquement fondé sur l’extraction de l’or et le commerce de l’ivoire, sa position stratégique lui permet de commercer via les ports d’Afrique de l’Est, avec l’Inde, la Chine et le sud de l’Afrique. Sa chute, fin XIIIe siècle, résulte d’un important changement climatique, le contraignant à se déplacer plus au Nord vers le Grand Zimbabwe.
Al-Biruni, savant arabophone du XIe siècle vivant en Inde, avait préfiguré l’existence d’une route permettant de contourner l’Afrique pour rejoindre l’océan Atlantique. C’est à sa recherche que le roi du Portugal envoie des navigateurs longer les côtes africaines. En 1488, y débarque Bartolomeu Dias dépassant le point le plus méridional. Sur le chemin du retour, il repère le « cap des Tempêtes » (en raison des vents et des courants très forts), rebaptisé cap de Bonne-Espérance par le roi du Portugal ,qui y voit une nouvelle route vers l’Asie et les épices des Indes.Vasco de Gama, en 1497, explore la côte du Cap et baptise une régions Natal (Noël en portugais). En 1498, il pousse au Nord-Est, vers l’actuel Mozambique, où les côtes sont propices à l’accostage (les tentatives d’échanges avec les Khoïkhoïs ont été conflictuelles), et qui offre de ressources naturelles, des fruits de mer et des gisements d’or. La zone entretient des contacts réguliers entre Khoï et Européens au Xve – début du XVIe siècle. Contourner l’Afrique soit 6 mois par bateau avec la mort de nombreux marins, faute de produits frais, est facilité par le cap de Bonne-Espérance situé à mi-chemin entre l’Europe et l’Inde. La baie de la Table apparait comme un endroit propice pour le ravitaillement et le commerce avec les populations locales, même si les Khoïsans ne se laissent pas faire.
XVI° – XIX° siècles: arrivée des colonisateurs néerlandais et britaniques

Les Portugais atteignent Cap Cross dès 1486, s’attardent sur les côtes à partir de 1550, mais préfèrent se fixer plus au nord, dans les territoires de l’Angola. Puis en 1680, des colons néerlandais arrivent sur la côte mais préfèrent la région du Cap et ses terres fertiles, plus au sud, qui deviendra l’Afrique du Sud. Ils y resteront quand les Britanniques chasseront les Néerlandais, en tant qu’Afrikaners.
Les inhospitaliers déserts de Namibie et du Kalahari constituent une formidable barrière au peuplement du territoire et à l’exploration européenne en provenance des mers. En 1589, Andrew Battels, un déserteur anglais recruté comme soldat en Angola, est le 1° blanc à voir l’intérieur du territoire où il erre 6 mois parmi les Ovambos dans leur pays qu’il décrit par écrit. En 1750, Jacobus Coetse, un chasseur d’éléphants du Cap, est le 1° Européen à traverser le fleuve Orange (+ de 2000 km, le plus long fleuve d’Afrique du Sud), ouvrant la voie aux chasseurs, aux explorateurs et aux missionnaires. Puis en 1760, les frères Van Reenen et le Français François Levaillant effectuent plusieurs expéditions.
Les 1° contacts commerciaux ont lieu avec les nomades Namas et le négoce devient assez important pour que Walvis Bay, Angra Pequena et l’île de Halifax soient revendiqués par le gouverneur Britannique de la colonie du Cap puis tout le littoral Sud-Ouest. Walvis Bay, seule rade en eau profonde sur la côte namibienne, est annexée par la Colonie du Cap britannique en 1878, jusqu’en 1910. Elle reste la principale voie d’accès maritime à l’Afrique du Sud-Ouest (Namibie) ASO
Fondation de la colonie néerlandaise
En 1644, un navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales(VOC), s’échoue sur les rochers, bloquant les 250 hommes d’équipage sur les rives de la baie de la Table pendant 4 mois, puis un autre. Les rescapés survivent un an autour d’un fort de fortune, se nourrissant de produits de la terre, avant d’être rembarqués vers l’Europe. Un commandant avec son rapport positif à la VOC, suggère d’y établir une station de ravitaillement La VOC envoie donc Jan van Riebeeck pour y installer une base fortifiée en 1652, avec 80 hommes afin de créer une « station de rafraîchissement » destinée aux équipages diminués par le scorbut . Le territoire est délimité par une haie d’amandes amères conservées au jardin botanique.
La péninsule du Cap est alors habitée des Khoïkhoïs et des San, peu nombreux; les Hollandais les appellent Bouchmans et Hottentots (bégayeurs); les Sothos occupent les hauts plateaux au Sud du fleuve Limpopo, les Tsongas vivent à l’Est tandis que les Zoulous, Xhosas et Swazis se partagent la région Sud, à 1 500 km à l’Est du Cap. Au début, les Khoïkhoïs échangent leur bétail contre des objets manufacturés hollandais. Certains sont décimés par la variole, apportée par les Européens.
Van Riebeeck propose que les hommes libérés de leurs obligations vis-à-vis de la compagnie soient autorisés à commercer et à s’installer comme Burghers, citoyens libres. Ils plantent donc du blé et des vignes, sur des parcelles de terres, spoliant les Khoïkhoïs. Privés de leurs meilleurs pâturages, ils se défendent en vendant des bêtes malades aux Burghers . Les relations dégénèrent et, en 1659, les Khoïkhoïs, fédérés sous l’autorité du chef Doman, assiègent les Néerlandais, obligés de se retrancher dans le fort de Bonne-Espérance, depuis lequel ils déciment les assaillants, qui seront réduits en esclavage ou refoulés plus au Nord.. Quand van Riebeeck quitte le territoire en 1662, le comptoir commercial du Cap compte 134 salariés de la VOC, 35 colons libres, 15 femmes, 22 enfants et 180 esclaves déportés de Jakarta et de Madagascar. La colonie est très hiérarchisée. Les clivages se font entre le chrétien et le non-chrétien et entre l’homme libre et l’esclave.
En 1679, Simon van der Stel est nommé commandeur de la ville du Cap pour en faire une colonie de peuplement avec 800 immigrants néerlandais, allemands, danois, suédois, fuyant la misère et les atrocités de la guerre de Trente Ans.. Il développe l’agriculture en concédant des terres aux Burghers (ou Boers) qui sont rejoints par 200 huguenots chassés de France par la révocation de l’édit de Nantes en 1685, et qui vont développer la viticulture françaises. En 1691, le territoire accède au statut officiel de colonie, et compte 1 334 habitants blancs. Pour pallier la pénurie de main-d’œuvre, les esclaves importés de Guinée, de Madagascar, d’Angola et de Java et leurs descendants constitueront le groupe ethnique. les « Malais du Cap ». La VOC s’accommode du métissagedes enfants issus d’unions entre Néerlandais et Hottentotes, faisant apparaitre un nouveau groupe ethnique les “métis du Cap”. Rapidement, les nombreux mariages mixtes sont interdits.

Les Boers
En 1706, après la 1° révolte des Boers contre les méthodes de gouvernement et la corruption, Van der Stel est renvoyé et l’immigration européenne s’arrête. Les Boers revendiquent leur africanité. La VOC veut réorienter la colonie vers son utilité de station de ravitaillement, pour éviter un foyer de peuplement revendicatif. Elle monopolise les débouchés commerciaux de la colonie, fixe les prix des productions locales et impose une administration procédurière. Cette politique restrictive encourage les colons libres et les paysans natifs de la colonie à se révolter La colonie se segmente en 3 catégories, déterminées par leur distance à la ville du Cap. Les 1° sont les habitants urbains et cosmopolites du Cap, qui conservent des liens étroits avec leur métropole d’origine. La 2° catégorie comprend tous les citoyens libres qui résident dans la région du Cap pour y cultiver la terre. La 3° est constituée de Trekboers (paysans nomades) qui pratiquent l’élevage extensif. Ils sont semi-nomades et vivent dans des chariots bâchés tirés par une paire de bœufs. Repliés sur eux-mêmes, pratiquant un calvinisme austère et menant une vie fruste et dangereuse, les Trekboers cherchent à échapper au contrôle oppressif de la Compagnie en en franchissant les frontières pour s’établir hors de sa juridiction. En 1713 et 1755, 2 épidémies de variole ravagent la colonie, tuant 1000 Blancs et décimant les peuples khoïkhoïs. Ils élaborent une culture originale, influencée par l’immensité désertique où ils vivent, et abandonnent progressivement le néerlandais pour une nouvelle langue, l’afrikaans, mélange de dialectes hollandais, de créole portugais et de khoïkhoï inventé par les métis du Cap. Ils fondent des villes, en dépit d’accrochages meurtriers avec les Khoïkhoïs et San, obligeant la colonie du Cap à fixer de nouvelles frontières. Au bout de 60 ans de nomadisme et de progression, les Trekboers se retrouvent bloqués au Nord par l’aridité extrême , au Nord-Est par le fleuve Orange où les San leur opposent une forte résistance, pour sauvegarder leur territoire de chasse, et à l’Est par la Great Fish River, à 1 500 km de la cité-mère, où ils se heurtent aux Xhosas (Bantou) pour la possession du bétail dans la zone frontalière de la rivière.
Annexion britannique
La faillite de la VOC en 1798, et l’organisation des Patriotes du Cap, (aidée par les Français), permettent la conquête par le Royaume-Uni du cap de Bonne-Espérance, officiellement annexée en 1814 après le traité de Paris. La colonie britannique est établie avec 25 000 esclaves, 20 000 colons blancs, 15 000 Khoï et San et 1 000 esclaves noirs libérés. Les sociétés missionnaires anglicanes s’y installent pour convertir les tribus hottentotes. Londres fait interdire le commerce des esclaves. Des missions évangélistes s’installent en pays xhosas pour former une élite noire. Au Cap, des mesures sont prises en faveur des KhoïKhoï et des esclaves mais des familles boers perçoivent ces avancées comme une atteinte à leurs libertés. Le fossé s’élargit:, Ils dominent la politique, la culture et l’économie et les Boers sont dans les fermes. En 1820, près de 5 000 colons britanniques débarquent au Sud-Est du Cap et fondent la ville de Port Elizabeth, à la frontière des territoires xhosas. L’idée est de créer une zone tampon mais les colons préfèrent se retirer dans la ville. L’afrikaans, est dénigré et en 1828, l’Anglais devient la seule langue officielle pour les affaires administratives et religieuses. L’égalité des droits est proclamée dans la colonie du Cap entre KhoïKhoï et Blancs avec le droit à la propriété pour les Noirs. En 1833, l’esclavage est aboli et les propriétaires des 40 000 esclaves de la colonie sont indemnisés.

Royaume zoulou de Shaka (1816-1897)
Au moment où le Grand Zimbabwe n’est plus la capitale d’un grand empire marchand, les locuteurs bantous sont présents dans une grande partie de l’Afrique australe. Deux groupes principaux se sont développés, les Ngoni (Xhosa, Zoulous, Swazi), qui occupent les plaines côtières de l’Est et les Sotho–Tswana, qui vivent sur le plateau intérieur. À la fin du xviiie siècle et au début du xixe siècle, surviennent 2 événements majeurs. Les Trekboers colonisent de nouvelles zones d’Afrique australe, se dirigeant depuis la colonie du Cap vers le Nord-Est, ce qui les met en contact avec les Xhosa. Dans le même temps, en 1816, dans l’actuelle province du KwaZulu-Natal, Chaka Zulu monte sur le trône du zoulou ; c’est, à l’époque, un clan sans envergure particulière (2000 personnes), parmi des dizaines d’autres. En un an, il domine tous les clans avoisinants et devient le plus important allié de la fédération Mthethwa, laquelle était en compétition avec le clan Ndwandwe pour la domination du nord du KwaZulu-Natal.
Les “guerres” tribales consistent à saisir le bétail de l’autre et les batailles sont plutôt des démonstrations de force. En 1816, à la mort du chef zoulou Dingiswayo dont il avait été un brillant officier, son fils illégitime, Shaka évince ses frères et prend la tête de la confédération formant la nation des Ngunis-Amazoulou, « ceux du ciel ». Shaka réorganise l’armée (à l’origine 400 guerriers), en régiments et en instituant une conscription avec une discipline rigoureuse. Cette armée de métier, équipée de boucliers de peau et de lances courtes, devient le pivot de la société. Shaka divise le royaume en districts militaires. Bouleversant la stratégie, il opte pour l’attaque « en tête de buffle », où les ailes opèrent un mouvement tournant pour déborder les adversaires. S’il règne à ses débuts sur un territoire de 40 000 km2, son arméé atteint 40 000 combattants qui étendront son royaume vers l’Ouest et vers le Sud.
Il constitue ainsi un vaste empire. Les indociles fuient vers le Nord, provoquant de très profonds bouleversements dans toute l’Afrique australe. Au sein de la nation zouloue, Shaka est victime de trahisons, dont celle du fondateur du Zimbabwe. Les conquêtes zouloues seraient responsables de la mort de plus de 2 M de personnes, qui laissent d’immenses territoires vides ce qui permettra aux Boers, lors du Grand Trek, de s’installer pour y instaurer leurs républiques

L’ASO passe sous pavillon britannique en 1806. Les tribus du Nord (Ovambos, Kavangos, Capriviens) restent isolées et les contacts avec les autres tribus, les explorateurs et les missionnaires demeurent rares voire conflictuels. Les missionnaires luthériens anglais, les méthodistes allemands et finlandais l’explorent et construisent des écoles et des missions à partir de 1805.
À partir de 1824, les Oorlams, Hottentots coloniaux ou petits Namas, des métis de Namas et d’Afrikaners, Blancs d’origine nerlandaise, qui fuyaient les lois discriminatoires de la colonie britanique du Cap, émigrent en ASO de l’autre côté du fleuve Orange sous la conduite de Jonker Afrikaner, où .ils s’établissent en 1840 à Winterhoek « le coin de l’hiver ». Forts de leur organisation en commando militaire inspiré des Boers, ils s’imposent aux grands Namas, aux Héréros et aux Damaras ( esclaves).La pénétration des terres est facilitée avec la construction de la route de la baie en 1843 par Jonker Afrikaner qui impose un monopole commercial aux marchands avec de lucratifs courtages, faisant des Oorlams les intermédiaires obligatoires. Jusqu’en 1870, ils dominent l’Hereroland et le Damaraland. En 1872, les Basters, descendants de colons néerlandais et de femmes africaines de la colonie du Cap, s’établissent à Rehoboth dans le centre de l’ASO où ils fondent une petite république libre. La population “européenne” comporte 137 hommes et 10 femmes et enfants.
Entre 1874 et 1892, 4 convois en provenance de la République sud-africaine du Transvaal amènent en ASO, des immigrants Boers « ceux qui voyagent au pays de la soif » en quête de terre promise. Après leur traversée du désert du Kalahari, ils arrivent en pays héréros, au pied des montagnes…Décimés par les fièvres et la soif, ces pionniers se joignent à William Worthington Jordaan, chasseur d’éléphants et journaliste métis du Cap, et atteignent l’Angola où 55 familles s’établissent (ils obtiendront la nationalité portugaise).et où ils introduisent la langue afrikaans qui devient “ lingua franca”.
Le meneur hottentot des Oorlams Namas se lance à la conquête du Nord Il parvient à devenir le chef du peuple Nama après la défaite de Jan Jonker en 1880. Les Oorlams-Afrikaners n’ont plus d’existence politique et Winterkoek est détruite.

Le Grand Trek (1835-1840)
Quand les Britanniques abolissent l’esclavage en 1833, les Boers, trop pauvres pour en posséder considèrent que c’est un acte contre la volonté divine de la hiérarchie des races. Les anciens propriétaires d’esclaves, gros fermiers du Cap, estiment insuffisantes les compensations financières pour les indemniser. L’arrogance des britanniques convainc 100 000 blancs Trekboers de choisir l’émancipation et l’exil pour y fonder une république boer indépendante.
La mythologie des Afrikaners, la tribu blanche élue, à la recherche de sa terre promise, ressemble à l’idéologie nord-américaine (le Far West). Leurs motivations sont exposées dans un manifeste rédigé en 1837 par le voortrekker Piet Retief. Il y énonce ses griefs contre l’autorité britannique, les humiliations que les Boers estiment avoir subies, leur croyance en un Être juste qui les guidera vers une terre promise où ils pourront se consacrer à la prospérité, à la paix et au bonheur de leurs enfants, une terre où leur gouvernement décidera de ses propres lois
En 1836, 4 000 Boers s’embarquent pour l’inconnu à bord de leurs chars à bœufs, avec femmes, enfants et serviteurs avec à leur tête, des chefs élus. 2 convois, comprenant chacun 30 familles franchissent le fleuve Vaal, poussant vers l’Est. Après 3 années d’errance, ils sont décimés par les Tsongas mais défont les guerriers de Mzilikazi, repoussent les Sothos dans les montagnes du Lesotho. Retief avait négocié un accord de coexistence et d’entraide avec Dingane, le roi des Zoulous mais lors du banquet de cérémonie de signature, les Boers sont massacrés sur son ordre. Les conditions de vie les poussent à redescendre vers le Natal.
La bataille de Blood River, entre 500 Boers repliés derrière leurs chariots rangés en cercle et 10 000 guerriers zoulous, se solde par une véritable hécatombe zouloue, colorant de leur sang la rivière Ncome. Ils reconnaissent Mpande kaSenzangakhona (1798-1872), le demi-frère de Dingane, comme roi des Zoulous qui va maintenir l’unité de son royaume pendant 30 ans, et qui leur cède la moitié du Natal où ils proclament la république de Natalia (1839-1843). Craignant que les Boers ne développent des relations avec des puissances étrangères, les Britanniques l’annexe en 1843.
Les Boers reprennent alors leur grand trek vers le Nord, au-delà des fleuves Orange et Vaal, rejoignant des communautés déjà établies mais ils se heurtent aux Gricquas, des métis khoïkhoï, et aux Sothos de Moshoeshoe; les métis de Namas et de Néerlandais s’établissent dans la région, les Bastaards instaurent des républiques autonomes dotées de règles constitutionnelles, dans le Sud-Ouest africain mais sous souveraineté britannique.
A la frontière Est de la colonie du Cap, en 1834, 10 000 guerriers Xhosas pillent les fermes boers et abattent toute résistance. Un contingent militaire britannique l’ annexe mais le secrétaire d’état aux colonies exige qu’elle soit restituée aux indigènes. A la frontière Nord, les Gricquas en 1843 sont reconnus. . En 1850, nouveau soulèvement des Xhosas et nouvelle défaite Xhosa qui en 1856, victimes d’ une mauvaise prédiction, sont plongés dans la misère et la famine qui signent la fin des guerres Britanniques. La population passe de 105 000 à -26 000 individus. Les terres dépeuplées sont attribuées à 6 000 immigrants d’origine allemande.

Les républiques boers et les colonies britanniques (1839-1902)
Après l’annexion du Natal, l’épopée boer recommence avec la création des 2 républiques indépendantes,« République du Transvaal et l’État libre d’Orange», reconnues par les Britanniques, mais économiquement arriérées et peu peuplées. Ce sont des “patriarcats pastoraux”, des fermes disséminées sur des milliers de kilomètres. L’inégalité des blancs et des gens de couleurs est affirmée dans la loi fondamentale de l’État, mais des traités sont signés avec 8 chefs indigènes leur garantissant un droit de propriété foncier inaliénable au sein de la république. La défense du territoire boer est assuré par des Kommandos, composés de fermiers, relevant de chefs de districts sous les ordres du commandant général, élu par les Boers. Les conflits sont nombreux: avec les Sothos, mais alliances avec les Bantous , sérieux accrochages avec les zoulous En 1870, les 2 républiques boers totalisent 45 000 hab.
En 1854, la colonie du Cap (200 000 Blancs) se dote d’une constitution prévoyant 2 assemblées élues au suffrage censitaire par 80 % de la population masculine pour la chambre basse. L’égalité des races, reconnues depuis 1828, y est réaffirmée ( y compris les métis). Dans la colonie du Natal, où les Zoulous résistent, est crée 7 « réserves » (puis 40, 15 ans plus tard), afin d’assurer la sécurité du territoire, satisfaire les besoins en main-d’œuvre des fermiers et lutter contre le vagabondage. Dans les plantations de cannes à sucre, les Britanniques font venir des milliers d’Indiens sous contrat qui vont rester dans le pays, constituant un nouveau groupe ethnique.
3 ans plus tôt, à la frontière de la colonie du Cap et du Transvaal, au Griqualand-Ouest, des diamants ont été découverts. Le chef des Griquas demande la protection britannique qui l’annexe à la colonie du Cap;et crée la ville de Kimberley De nombreux migrants sothos et tswana, abandonnent la paysannerie pour s’embaucher volontairement comme mineurs sur les champs de diamants. Certains parviennent à acheter leurs propres concessions et en 1875, + 1/5 des propriétaires de mine sont noirs ou métis. L’annexion du Griqualand augmente la fureur des Afrikaans, des Boers et des colonies britanniques; l’« Association des vrais Afrikaners » se constitue pour faire reconnaitre l’afrikaans, au côté de l’anglais, comme langue officielle. Puis le Transvaal, catastrophe pour les Boers, fermiers avant tout,.se révèle riche en or et diamants Des 4 coins du monde, des milliers d’aventuriers y affluent, apportant avec eux un mode de vie à l’opposé de l’austérité et du puritanisme boer.
En 1879, l’armée britannique subit une défaite mémorable contre les Zoulous. Le fils de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie, y trouve la mort. La guerre anglo-zouloue dure 6 mois et se termine par la victoire de l’armée britannique. Le grand royaume Zoulou est démantelé et divisé en 13 petits royaumes.

La conquête allemande de l’Afrique du Sud-Ouest (1885)
En 1842, 2 missionnaires allemands, s’ étaient établis à Winterhoek. En 1883, un commerçant allemand envoie des explorateurs dans la baie d’Angra Pequena où ils rencontrent le chef nama. Sur ordre de Joseph Frederiks II, ils leur achètent la baie pour 100 livres sterling et 200 fusils. Elle est placée sous la protection de l’Allemagne, suivie de tout le territoire entre les fleuves Kunene et Orange. En 1885, Heinrich Göring est nommé commissaire impérial du Reich au Sud-Ouest Africain où il représente l’autorité prussienne. Il signe des traités de protection avec le chef des Héréros Samuel Maharero et avec les Basters de Rehoboth.”En 1860, la ville de Keetmanshoop est fondée par des missionnaires et colons allemands.
La frontière entre l’Angola et le Sud-Ouest africain allemand (SOAA) est fixée (coupant en 2 le territoire du peuple ovambo), et celle à l’Est avec le Bechuanaland britannique En 1889, le capitaine Curt von François débarque à la tête d’un contingent de 21 soldats pour imposer l’ordre allemand; il fait bâtir un fort sur le site de Winterhoek (germanisé en Windhuk) qui devient le centre administratif de la colonie. Puis, il fonde le port de Swakopmund au bord de l’océan Atlantique. Mais il échoue à mater la révolte des Namas; il est donc remplacé et sont vaincus ( ils deviendront d’efficaces auxiliaires de l’armée coloniale). En 1902, la colonie compte 200 000 habitants dont 1 500 colons allemands.
1904 marque le début du soulèvement herero commandé par le chef Samuel Maharero et Witbooi, chef du peuple nama, se joint aux insurgés qui harcèlent les fermiers allemands et détruisent les infrastructures. Le lieutenant-général Lothar von Trotha, commandant en chef des troupes de la colonie allemande a pour mission d’en finir avec ces révoltes Il remporte une victoire décisive qui se solde par le massacre des Héréros, non seulement guerriers mais aussi femmes et enfants. Les survivants ont été parqués dans des camps de concentration ou servent de main-d’œuvre à bon marché ; beaucoup meurent de malnutrition ou de maladie. La population héréro, estimée à 80 000 âmes est réduite à 15 000 individus en 1911. 10.000 Namas ont été tués, alors que la population humaine totale de la colonie avoisine les 100 000 habitants. Ces actions révulsent l’opinion publique allemande; von Trotha est démis de son commandement. (L’Allemagne a officiellement reconnu ce génocide en 2021). Les 1° lois ségrégationnistes sont votées: interdiction des mariages entre noirs et blancs, réglementation à l’accès des écoles en fonction de la couleur de peau, mise en place d’un laissez-passer pour les noirs âgés de +8 ans, obligation d’une autorisation spéciale de l’administration pour permettre à un noir de posséder des terres, du bétail, des chevaux ou des armes.
En 1908, les 1° diamants sont découverts : le protectorat du Sud-Ouest Africain cesse d’être la plus pauvre des colonies allemandes et obtient un statut d’autonomie. Des municipalités sont constituées. Le réseau ferroviaire atteint 2 100 km à la veille de la 1° Guerre mondiale, marquant durablement l’urbanisme local. En 1914, les 13 000 colons allemands représentent 83 % de la population blanche (15 700 personnes). 1 000 fermiers possèdent 13 M d’ha.

Guerres anglo-boers (1880-1902) L’or du Transval
Les Britanniques l’annexent la république du Transvaal en 1877. Débute la guerre . À la suite de plusieurs victoires boers, avec à leur tête le président Kruger, le gouvernement britannique signe la convention de Pretoria (capitale du Transvaal), qui permet au Transvaal de recouvrer l’indépendance et de connaitre un début de développement économique Il peut compter sur le soutien au Cap, d’un puissant réseau politique, l’Afrikaner Bond, formé par l’association des vrais Afrikaners et celles des fermiers afrikaans, qui détient la majorité parlementaire.
Alors que le nationalisme afrikaner se développe, les Bantous, scolarisés et éduqués par les missionnaires du royaume zoulou, commencent à acquérir leur autonomie au sein de la société civile sud-africaine. En 1884, John Tengo Jabavu fonde l’« opinion africaine », le 1° journal bantou indépendant d’une mission religieuse, écrit par des journalistes Noirs pour un lectorat Noir xhosa.
Mais l’or du Transvaal fournit, à la fin du XIXe siècle, 1/4 de la production mondiale d’or. Au Cap, l’homme d’affaires Cecil Rhodes(1853-1902) s’emploie à saper la stabilité des républiques boers pour former un dominion sud-africain unifié. En 1889, Rhodes crée la British South Africa Company (BSAC), qui obtient du gouvernement britannique une « charte royale » pour occuper le nord du Transvaal. En 1890, alors que Rhodes est devenu 1° Ministre du Cap, la BSAC occupe 2 territoires, en amont du fleuve Zambèze, et forme la Rhodésie. À l’ouest, le Bechuanaland est sous contrôle britannique. Le Transvaal est encerclé et, mis à part l’unique débouché maritime que lui offre la colonie portugaise du Mozambique, il ne peut se développer sans concertation avec les autorités britanniques.
L’irruption d’un système industriel dans le Transvaal rural, autarcique et conservateur déplace le centre de gravité économique de l’ensemble régional sud-africain vers Johannesbourg, ville nouvelle fondée en 1886 à 50 km de Pretoria. A 100 000 hab. originaires du Cap ou d’outre-mer, les uitlanders réclamant l’égalité politique avec les Boers, s’ajoutent des milliers de nouveaux prolétaires noirs, venant du monde rural, qui constituent une catégorie urbaine de population déracinée et coupée de ses origines tribales. Afin de gérer cette classe ouvrière noire, les autorités du Transvaal combinent confinement spatial et emplois réservés. Les tensions remontent entre le Cap et le Transvaal, à propos des taxes ferroviaires et des tarifs douaniers. Cette opposition finit par se personnaliser entre le président Kruger et Cecil Rhodes,. Les géologues découvrent que le gisement d’or est énorme s’il est possible de l’exploiter en grande profondeur, ce qui génère, à Paris et Londres, une des plus grandes spéculations de l’histoire boursière.
Les territoires au nord du fleuve Limpopo étant sous domination britannique, il ne reste plus aux impérialistes qu’à contrôler les gisements aurifères.des Boers. Les uitlanders de Johannesbourg, représentant le 1/3 des 200 000 hab. blancs du Transvaal, réclament la citoyenneté, pour voter. Paul Kruger refuse obstinément. Alors un complot doublé d’une expédition punitive pour renverser le gouvernement débouche sur un fiasco, la démission de Cecil Rhodes (l’auteur) de son poste de 1° ministre. Le Ministre britannique des colonies, Chamberlain, envoie un ultimatum à Kruger, exigeant la complète égalité de droits pour les citoyens britanniques résidant au Transvaal. C’est en connaissance de cause que Kruger lance, en retour, son propre ultimatum. La guerre est déclarée en 1899.
Les Boers ne peuvent résister longtemps et les capitales des 2 républiques sont occupées dès 1900 par une armée britannique suréquipée et renforcée par les contingents envoyés d’Australie et du Canada. Mais les succès de la guérilla dans le pays, prolongent la guerre de 2 années. Désarçonné, le commandement britannique fait placer 136 000 civils boers dans des camps de concentration et 115 000 de leurs serviteurs noirs dans d’autres; cela coûte la vie à +28 000 blancs, surtout des femmes, des personnes âgées et des enfants, et 15 000 noirs et métis. Démoralisés, les combattants boers se résignent à négocier un traité de paix signé à Pretoria, en 1902. Vaincus, humiliés et ruinés, les Boers deviennent des sujets britanniques.

La 1° Guerre mondiale va mettre fin au protectorat allemand en dépit du soutien de milliers de combattants Boers. Le 1° ministre sud-africain , Louis Botha engagé au côté du RU a pour mission de combattre le Sud-Ouest Africain et le Tanganyika. Militairement, les Allemands ne disposent pas de la maîtrise des mers. Frontalière de possessions britanniques, la colonie ne peut être ravitaillée que par l’Angola, possession portugaise de Salazar, “neutre” avec qui les bonnes relations sont primordiales..Mais en octobre 1914, victimes d’une méprise, les Portugais ouvrent le feu et tuent des Allemands venus chercher des vivres en Angola. Les autorités allemandes défond les troupes portugaises. Mais leur isolement permet en1915, aux troupes sud-africaines (Brit) de remporter la victoire ( l’armée allemande qui perd 1/4 de ses effectifs et toute son artillerie. Les 1 552 soldats allemands sont internés à Aus alors que les réservistes sont autorisés à regagner leurs fermes).
Le 6 février 1917, le dernier royaume Ovambo indépendant est annexé au SOAA, juste avant la signature du traité de Versailles où la Société des Nations donne un mandat à l’Union d’Afrique du Sud pour l’administrer. Seuls 6 500 colons allemands sont autorisés à rester alors que s’intensifie l’immigration de blancs sud-africains, de conditions très modestes à qui sont attribuées des aides financières et des terres. Le nom de la capitale, Windhuk, est « afrikanerisé » en Windhoek. Des lois ségrégationnistes sont adoptées pour compléter les dispositions allemandes (prohibition du vagabondage hors des réserves, interdiction pour un indigène de démissionner de son emploi sans autorisation de son patron, passeport intérieur, contrats de travail restrictifs). Entre 1922–1925, des soulèvements indigènes ont lieu chez les Basters de Rehoboth revendiquant l’indépendance, sévèrement réprimés
En 1925, 43 % du territoire est constitué en réserves sous l’autorité de chefs coutumiers(Ovamboland, Kavangoland, Hereroland, Damaraland, Namaland, Kaokoland), 41 % des terres appartenant aux blancs et le reste à l’État ou aux Basters de Rehoboth. En 1926, tous les natifs de ASO deviennent des ressortissants de l’Union sud-africaine. C’est la 5° province de l’Afrique du Sud.

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Zachary Foster – The Origins of the Israeli Communities Attacked on Oct. 7th, 2023

The Origins of the Israeli Communities Attacked on Oct. 7th, 2023 By Zachary Foster.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Why are a half dozen Israeli communities located so close to Gaza?
Be’eri, Nirim, Re’im, Kfar Aza and Nahal Oz were not established so close to Gaza by accident. These settlements were built in the 1940s and 1950s to expand the borders of the Zionist community, take control over more land and act as a first line of defense and a first line of attack. Members of these communities also took part in expelling Palestinians from their homes in the Negev in 1948, massacring Palestinians who resisted subjugation and preventing their return. To use a phrase beloved by so many Zionists today, these communities were built as “human shields.” Tragically, on October 7th, 2023, they ended up serving the purpose for which they were created.
This is a brief history of the origins of the communities attacked by Palestinian militant groups on October 7th.
It was Sunday, October 6th, 1946. The Zionists had planned to establish 11 outposts in the southern desert, including Tkuma, Be’eri and Nirim. October 6th was chosen for the operation because it was Sunday, and the British authorities “loved to drink on the weekends,” as one Zionist operative recalled in a 1976 documentary produced about the affair. It was also the night after Yom Kippur. “The British would never expect the Jews to do such a thing the night after Yom Kippur,” Yaakov Sharett said, who also participated in the operation.
A few months early, the “Morrison–Grady Plan” had called for British control of the Southern Desert, known as the Naqb in Arabic and Negev in Hebrew (the plan called for partition in the rest of the country). Of course, the Zionists wanted Jewish control of the Southern Desert, not British control.
So some 300 Zionist settlers set off under the cover of darkness on that fateful night with 300 trucks filled with fences, barracks, beds, food, water and, of course, weapons. They were divided into 11 groups of 30 settlers, each group responsible for occupying 1 of the 11 locations. Once occupied, they succeeded in rapidly building barracks, fences and a tower before the British authorities had a chance to intervene.
“Our goal was to conquer the Negev, so we had to settle [it],” Miriam Bonim said, who participated in the operation.
The British arrived soon after, “angry, screaming and cursing,” as one Zionist settler explained. “We told them to relax, have a drink. After the third box of alcohol, their tone started to change, and they became our friends.”
That’s how, on Oct. 6th & 7th, 1946, Zionists established Be’eri and Nirim, two of the Israeli communities attacked on October 7th, 2023.
The 11 locations were chosen for their strategic (read: military) value, which is why they were provided ongoing support from Jewish National Fund. The were built to extend the borders of the Yishuv and serve as outposts for gathering intelligence about the Arabs in the area. Crops could only be grown if piped water was made available, which was costly to construct and defend. In other words, these settlements had no economic, commercial or agricultural value. They were built to serve as a front line for the war the Zionists knew they had to fight to establish a state in Palestine.
A few months after they were established, Be’eri and Nirim needed armed Palmach and Haganah fighters to fend off potential disturbances from the Arab population. In some cases, when Arab Bedouins from the area confronted the Zionist settlers, the British paid off the Arabs to keep the peace.
Relations between the settlers and the natives turned sour after the UN Partition Plan of November 1947. Palmach fighters moved into the border settlements, fortifying them and conscripting the settlers into military activities. “There was no difference between a civilian and a fighter,” according to one account.
In the 1976 documentary film, the Zionist participants interviewed proudly boasted of transforming these civilian centers into military bases and removing any distinctions between fighters and civilians. That’s how they themselves wanted to be remembered. Ironically, the use of human shields has now become Israel’s most popular accusation against Hamas.
During the 1948 War, these Zionist border settlements also helped expel the Arabs from the surrounding communities and carry out massacres against them in May 1948. The residents of the nearby Arab village of Huj signed a written agreement with the Zionist settlers that they be allowed to stay, “but they were driven out like all the other 247 villages of this area, mostly to Gaza.” Jewish fighters also drove out the Abu Yahiya clan, where the men were separated from the women. Some were shot and the rest were expelled. In Burayr, where there was resistance to Jewish domination, Zionist settlers from the border towns helped massacre between several dozen and a hundred Palestinians. They also expelled the inhabitants of the nearby villages of Sumsum, Najd, Muharraqa and Kaufakha.
Then, after Israel’s declaration of statehood in May 1948, Nirim fought an intense battle with Egyptian forces, in which 7 Israeli settler-fighters were killed, and even more wounded, resulting in the complete destruction of the border settlement. But Nirim’s civilian-soldiers held their ground and fought off the Egyptians.
The method of enmeshing civilians and soldiers together proved successful and was continued in the 1950s. Israel built 25 more population centers in the southern desert to fortify the front line, including Re’im, Kfar Aza and Nahal Oz, short for Nahalim Mul Aza, “Nahal soldiers across from Gaza.” These communities were also hit hard on October 7th, 2023.
Initially, the status of the Israeli “civilians” in these new border towns was “identical to reserve soldiers,” according to Israeli historian Yoav Gelber. These “civilian” communities were even organized in companies and platoons and integrated into the Israeli military’s command and control hierarchy. In Nahal Oz, for example, which had 70 adult residents in the 1950s, 16 were employed on guard duty every day. The Israeli military trained and equipped these civilians in classic civilian stuff like firing machine guns and shooting anti-tank rockets.
Throughout the 1950s, the border communities were subject to attacks from the Palestinian Fedayeen, including robberies, sabotage and acts of violence. This left the Gaza envelope settlements in a state of “terror and panic” for the better part of a decade.
The task of these communities was to prevent the Palestinian refugees who had been forcibly “fenced in” behind the Gaza armistice lines from returning to their homes in the newly established State of Israel.
These communities also became bases for offensive military operations carried out in Gaza during Israel’s decade-long attempt to eradicate the Palestinian resistance from Gaza. Moshe Dayan, IDF Chief of Staff, used Kfar Aza as a military HQ in the February 1955 raid on Gaza known as Operation Black Arrow. It was the bloodiest raid carried out by Israel against Gaza since the 1948 war, resulting in 8 dead Israeli soldiers, 14 dead Egyptian soldiers and 2 dead Palestinians.
Prior to the 1955 raid, Egypt’s clear and consistent policy was actually to curb Palestinian incursions into Israel, but the Israeli aggression pushed Egypt to reverse course and allow Palestinian militants more freedom of action against Israeli targets.
Fast forward to October 7th, 2023. Once again, Be’eri, Nirim, Re’im, Kfar Aza and Nahal Oz tragically served the purpose for which they were built, to act as a first line of defense for the State of Israel.
If you enjoyed this piece, check out our Palestine 101 Course, a comprehensive 4-part lecture series on the history of Palestine-Israel question, from 1870-present.
Much love,
-Zach
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Pierre Noble- En Égypte, la lutte des travailleurs du textile pour un salaire décent

Les employés d’une usine de vêtements dans le delta du Nil, en grève depuis un mois, ont progressivement repris le travail, le jeudi 19 septembre. Ils réclamaient l’application du revenu minimum, instauré ce printemps par le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi. Ils n’ont obtenu qu’une augmentation partielle, mais ils font face à une répression inédite dans un contexte économique irrespirable.

Carrure de lutteur sous son bleu de travail, avant-bras gros comme des tonneaux et voix caverneuse, Hisham El Bana semble tout droit sorti d’un roman d’Émile Zola sur la condition ouvrière. Pourtant rien ne l’y prédestinait. Titulaire d’un master en droit, c’est par défaut qu’il a commencé à travailler en tant que technicien chimique pour l’entreprise Samnoud Textiles, il y a 31 ans. Dans cette usine située dans la région de Gharbiya, au cœur du delta du Nil, il s’occupe de la teinture des vêtements qui seront ensuite écoulés en Égypte, en Turquie ou en Russie.
Grâce à son ancienneté, il figure parmi les ouvriers les mieux rémunérés de l’usine, avec 3 500 livres par mois, soit 64,80 euros. Mais ce revenu ne permet pas de rivaliser avec l’inflation galopante. « Rien qu’en transports pour me rendre à l’usine, je débourse au moins 600 livres (11,1 euros) par mois. À cela s’ajoutent le loyer, les fournitures scolaires des enfants et la nourriture », énumère -t-il. En une année, le prix des denrées de base a au moins triplé : il faut désormais compter 35 livres (0,65 euro) le kilo de tomates, 50 (0,93 euro), celui de bananes et 160 (près de 3 euros) celui de poulet. Dans ces conditions, impossible de subvenir aux besoins de sa famille, même en additionnant à son salaire celui de son épouse.

Une situation insupportable : « Je suis brisé, et je préfère être en prison plutôt que mes « 3 enfants me voient ainsi », explique-t-il en marge d’une conférence de presse organisée au Caire par plusieurs syndicats. Hisham El Bana parle en connaissance de cause. Il vient de passer 18 jours en détention, dans une cellule de 20 mètres carrés, entassé avec 25 autres détenus, sans lits ni matelas. Son crime ? Avoir lancé le 17 août 2024 un mouvement de grève à Samnoud Textiles pour réclamer la mise en place du salaire minimum de 6 000 livres (111 euros).
« J’avais l’impression d’être Ben Laden ! »
Cette mesure avait été décidée par le président Abdel Fattah Al-Sissi en avril 2024, à la suite déjà d’une mobilisation ouvrière1. Les 7 000 employés de l’usine voisine de Malhalla s’étaient alors mis en grève pour exiger que la mesure similaire annoncée pour le secteur public en février soit également appliquée au secteur privé2. Ils avaient obtenu gain de cause, mais cette revalorisation salariale n’est que partiellement mise en place depuis son entrée en vigueur officielle, le 15 mai.
Les prix, eux, continuent de prendre l’ascenseur. En août, le taux d’inflation s’élevait toujours à 26,2 %. Un chiffre stable depuis 5 mois, quand l’annonce de gigantesques investissements de la part des pays du Golfe3, ainsi que de prêts massifs du Fonds monétaire international (FMI) ont permis au gouvernement de dévaluer la livre égyptienne et ainsi faire imploser le marché noir. Mais si les entreprises internationales respirent mieux, la situation des ménages, elle, reste extrêmement compliquée.
À Samnoud Textiles, la grève a donc été largement suivie. Une semaine après le début du mouvement, Hisham El Bana est interpellé. « Un important dispositif policier est venu me chercher chez moi, à trois heures du matin, devant ma famille. J’avais l’impression d’être Ben Laden ! », rigole le gréviste. Huit autres frondeurs, dont des femmes, sont également placés en détention, pour des motifs obscurs. Malek Adli, directeur du Centre égyptien pour les droits sociaux et économiques (ECESR) détaille :
Le droit de grève étant garanti par la Constitution égyptienne, les travailleurs sont visés par des chefs d’accusation détournés : rassemblement illégal, atteinte aux bénéfices de leur entreprise ou encore atteinte à l’économie nationale.
Malgré ces arrestations et le gel de leur salaire, les travailleurs, dont 1/2 sont des travailleuses, ont poursuivi le mouvement de grève. Le 31 août, ils décident d’occuper l’usine. Sous leur pression, la direction de l’entreprise propose une augmentation mensuelle de 200 livres (3,70 euros). Ils la refusent. « Normalement, quand il y a une grève, un accord est trouvé et les personnes interpellées sont relâchées, explique Hisham El Bana. Pour la 1°fois, ce ne fut pas le cas ».
Répression inédite
Dans ce bastion du syndicalisme, le ballet des grèves et négociations salariales est une habitude, mais la précarité actuelle a franchi un seuil inédit. « Pour ces travailleurs, et surtout ces travailleuses, c’est une question de vie ou de mort », illustre Eman Ouf, journaliste égyptienne qui a pu se rendre sur place. Elle explique :
La plupart d’entre elles sont soit divorcées, soit avec un mari qui travaille en tant que journalier. Dans les deux cas, elles sont la seule source de revenus stable du foyer, et avec leur salaire actuel, la situation est intenable. Le tout dans les conditions de travail difficiles : pas de climatisation, pas de ventilation, interdiction de sortir de l’usine, même pour aller s’acheter à manger.
Depuis sa visite dans l’usine, la répression s’est raffermie. Eman Ouf explique :
Désormais, il y a une présence policière accrue dans et autour de l’entreprise, rapporte. Les employées sont terrorisées. Certaines d’entre elles, avec qui j’étais en contact quotidien, ne veulent plus répondre à mes messages, de peur d’être arrêtées. Les dirigeants de l’entreprise cherchent à reconnaître la voix de celles qui se sont exprimées à la radio ou la télévision.
Pourquoi un tel niveau de répression ? Khaled Ghris, responsable du département libertés syndicales à la Confédération syndicale internationale (CSI) arabe, résume :
Ce qui se passe dans les usines de Gharbiya a un impact sur tout le pays. Déjà en 1994, des grèves massives ont été réprimées dans la violence. Et en 2011, l’usine voisine de Malhalla a été l’une des premières étincelles qui ont mené au renversement du président Hosni Moubarak (1981-2011). Depuis, le sort de ces ouvriers est scruté de près et sert de référence pour comprendre l’état des relations entre les autorités et la société. La grève de Samnoud Textiles s’inscrit dans un contexte de reflux syndical. Selon un décompte de la CSI, le nombre de syndicats indépendants en Égypte est passé de 1 500 en 2018 à 150 en 2024. En cause, une réforme de la loi sur les syndicats, signée par le président en 2019, qui rend obligatoire la formation d’au moins 10 comités, chacun composé d’au moins 15 membres. Il faut donc au minimum 150 membres pour créer un syndicat. « Ces dispositions visent à réduire le pluralisme syndical et à renforcer le principal syndicat réputé proche du pouvoir, l’Egyptian Trade Union Federation (ETUF). Ainsi, la contestation ouvrière est mesurée »,poursuit Khaled Ghris.

Entreprise semi-publique
Une des spécificités de l’entreprise Samnoud Textiles concerne son statut hybride de public business sector, c’est-à-dire semi-publique. Un peu plus de la moitié des parts sont détenues par la Banque d’investissement nationale (NIB). Selon Khaled Ghris, ce statut hybride permet de « privatiser en 2 temps, afin de créer moins de résistance. Il est fort probable que d’ici 5 à 10 ans, l’entreprise soit entièrement aux mains du privé ». Cela s’inscrirait dans le mouvement de privatisation et de ventes que poursuit l’État égyptien, poussé en ce sens par le FMI qui conditionne ses aides financières massives — et vitales — à une « libéralisation » accélérée de l’économie du pays. En l’occurrence, ce statut hybride pose problème. En effet, la nouvelle loi sur le salaire minimum prévoit un régime d’exception pour le privé, avec la possibilité de ne pas appliquer le nouveau barème salarial. Les entreprises doivent alors déposer une demande auprès du ministère de la planification et prouver qu’elles ne réalisent aucun profit. Depuis l’entrée en vigueur de la loi, 3 300 demandes d’exonérations sont parvenues au ministère, dont celle de Samnoud Textiles.
Or, la ministre de la planification, Rania Al-Mashat, est également membre du conseil d’administration de la Banque nationale d’investissement qui, rappelons-le, possède plus de la moitié des parts de Samnoud Textiles. « En d’autres termes, elle doit à la fois transmettre la demande… et en décider l’issue. Elle est juge et partie », fustige Mahienour Al-Massry, avocate spécialisée dans la défense des droits humains. Contactée à ce sujet, l’entreprise Samnoud Textiles n’a pas répondu à nos questions.
Reprise progressive du travail
Après un mois de grève, le travail a progressivement repris à Samnoud Textiles, à partir du jeudi 19 septembre en fin de journée. Dans un communiqué, l’entreprise se félicite du retour des opérations, s’engage à réintégrer les ouvriers suspendus et à améliorer les conditions salariales. Elle confirme une augmentation de salaire échelonnée entre 100 et 200 livres (1,85 à 3,70 euros), bien que les employés aient jugé cette hausse insuffisante. À titre de comparaison, dans une autre entreprise textile de la région exportant, elle, vers l’Europe, le directeur (qui souhaite rester anonyme) assure rémunérer ses employés au moins 7 000 livres, soit près de 130 euros.
Samnoud Textiles s’engage également à réintégrer 8 grévistes licenciés après leur sortie de garde à vue. Selon les syndicats, ce retour au travail s’est fait sous la pression. Plusieurs ouvriers auraient été menacés de licenciement et d’arrestations, tandis que les forces de l’ordre restent très présentes. Le leader de la contestation, Hisham El Bana, en revanche, ne sera pas réintégré. Quant au verdict du ministère de la planification concernant l’exemption de salaire minimum, il est attendu dans ces prochaines semaines. Selon la décision, il est fort probable que la marmite ouvrière de Gharbiya se remette en ébullition.
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Mohamed Taleb -Israël, l’État terroriste et génocidaire

Israël, l’État terroriste et génocidaire par Mohamed Taleb
Le 7 octobre 2023, une date historique qui restera dans les mémoires. Pour l’entité sioniste, une humiliation. Pour le monde occidental, en déclin et en proie à une décrépitude morale monumentale, cette date est instantanément considérée comme celle d’un nouveau pogrome des Juifs. Dès lors les gouvernements occidentaux et médias mainstream parlent de nouvel Holocauste et appellent à la protection de l’État juif. Des drapeaux israéliens sont hissés le soir même du 7 octobre sur les façades des bâtiments officiels occidentaux, signalant la solidarité illimitée avec l’État sioniste et son droit « sacré » à se défendre.
Pour le reste du monde, c’est un violent cri de liberté contre un colonialisme de peuplement qui date depuis plus d’un siècle, un système d’occupation coloniale des plus abjects, un régime d’apartheid répressif et destructif et une idéologie sioniste suprématiste et raciste.
La rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les territoires occupés de la Palestine depuis 1967, Francesca Albanese, accusée d’antisémitisme à chaque dénonciation des crimes d’Israël, a été la première parmi les rapporteurs de l’ONU à parler de régime colonial d’occupation de la Palestine par Israël, au-delà du système d’Apartheid dénoncé en février 2022 par Amnesty International.
C’est aussi le cri de révolte d’une population enfermée depuis 2007 dans une prison à ciel ouvert, privée de tout par un régime sioniste odieux et abominable.
L’opération du 7 octobre, « déluge Al-Aqsa », peu importe si planifiée peu de temps avant ou depuis de longue durée, intervient dans un contexte géopolitique particulier, caractérisé par le conflit entre l’Otan et la Russie par Ukraine interposée depuis février 2022, l’alliance entre la Russo-chinoise et la montée des BRICS, renforcés avec la venue de 6 nouveaux membres à partir de janvier 2024 (l’Argentine a finalement refusé d’intégrer le groupe après la venue au pouvoir en tant que président de l’extrémiste de droite Miley), et orienté vers un monde multipolaire.
Les raisons qui ont donné naissance au 7 octobre sont multiples, dont entre autres:– Les plans israéliens de judaïsation de la mosquée al-Aqsa.
– Les milliers de Palestiniens injustement détenus par l’occupation israélienne.
– L’infâme blocus aérien, maritime et terrestre imposé à la bande de Ghaza depuis 17 ans.
– L’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie.
– Les sept millions de réfugiés Palestiniens.
– L’incapacité de la communauté internationale à créer un État palestinien et la complicité des grandes puissances pour le statu quo interminable.
– L’obligation aux Palestiniens d’adopter la monnaie israélienne et non une monnaie propre.
La question palestinienne, totalement ignorée depuis presque deux décennies, a été diluée dans un processus de normalisation des relations diplomatiques entre l’entité sioniste et certains pays arabes, un processus concrétisé par les accords d’Abraham de 2020, une forme de Plan Yinon version soft, qui ont vu se réunir dans une première phase les Émirats arabes unis (EAU) et le Bahreïn avec Israël, et plus tard le Maroc et le Soudan. L’Arabie saoudite, prochaine candidate t à la normalisation avec Israël, a observé un moment de réflexion suite à l’agression brutale de l’entité sioniste à Ghaza et devant l’admission de l’Iran, de l’Egypte, de l’Iran et des Émirats arabes unis (EAU) au sein des BRICS.
La question palestinienne a été appréhendée dans le cadre de ces accords comme une question secondaire, inhérente aux affaires internes de l’entité sioniste. Une question à gérer beaucoup plus sur le plan économique, que sur le plan politique, moyennant injection de quelques dollars pour faire taire les Palestiniens et permettre à l‘entité sioniste de s’emparer encore plus de leur terre. L’instance politique est ignorée et la tant prônée « solution à deux États » a été définitivement enterrée.
Le conflit Otan-Russie a mené au désintéressement presque total des pays occidentaux à la question palestinienne si ce n’était l’arrivée au pouvoir en Israël d’un gouvernement regroupant l’extrême droite et des partis radicaux et fanatiques religieux. Le projet de réformes du nouveau gouvernement menaçait la souveraineté de la Cour suprême en Israël et portait atteinte à ses fonctions et prérogatives. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s’est trouvé confronté à une impopularité assez forte, en plus de ses déboires avec la justice.
Le monde occidental s’est rangé du côté des partis « modérés » et de la population contre les partis radicaux religieux, appelant au sauvetage de la seule « démocratie » du Moyen-Orient.
L’entité sioniste a vraisemblablement « ignoré » les mises en garde des services égyptiens concernant une attaque du Hamas, ce qui va lui permettre de légitimer sa « riposte » (lire destruction) auprès de son opinion publique, des gouvernements et des médias occidentaux.
L’entité sioniste, une entité artificielle mise en place, en violation du droit international, en Palestine historique par l’impérialisme britannique à l’issue de la Première Guerre mondiale et officialisée en tant qu’État en 1948, toujours en violation droit international et grâce à un rapport de forces dominé par la nouvelle puissance, les États-Unis, en substitution de l’empire britannique, est le poste avancé de la civilisation (lire barbarie) du monde occidental contre la barbarie (lire civilisation) et la sentinelle de garde pour les intérêts du capitalisme et de l’impérialisme occidentaux au Moyen-Orient, une région riche en pétrole et objet de convoitise et de rivalité entre les États impérialistes occidentaux (Empire britannique et France face à l’Allemagne) avant même la Première Guerre mondiale.
Le sionisme, s’arrogeant l’exclusivité sur un soi-disant statut de protecteur du peuple juif, persécuté pendant deux millénaires par l’Occident chrétien et victime pendant la seconde Guerre mondiale de la folie génocidaire nazie, est le fondement idéologique sur lequel s’érige l’État génocidaire du XXIème siècle. Notons aussi que la notion de peuple juif a été démolie par l’historien israélien Shlomo Sand dans son ouvrage « L’invention du peuple juif ».
L’action du Hamas et des autres groupes de résistance se place du côté du droit international et se trouve en conformité avec les résolutions onusiennes:- La Résolution 2621 du 12 octobre 1970 : Réaffirme le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter, par tous les moyens nécessaires dont ils peuvent disposercontre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance
- La Résolution 3103 du 12décembre 1973 : La lutte des peuples soumis à la domination coloniale et étrangère et à des régimes racistes pour la réalisation de leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance est légitime et entièrement conforme aux principes du droit international
- La Résolution 37/43 du 3 décembre 1982 : Réaffirme entre autres la légitimité de la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer de la domination coloniale et de l’occupation étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée.
L’impitoyable et brutal régime sioniste assume parfaitement le rôle de successeur légitime de la barbarie du régime nazi avec une hausse considérable au niveau de la qualité du travail accompli : une apocalypse humanitaire réalisée avec le progrès technologique.
La « riposte » sioniste à l’attaque du Hamas du 7 octobre, se voulant au début expéditive et rapide, avait pour objet l’éradication du Hamas et la libération des israéliens pris en otages lors de cette attaque.
Le feu vert des pays occidentaux dans cette aventure génocidaire sioniste contre Ghaza est plus que jamais lumineux et éblouissant. Le droit à sa défense de l’entité sioniste est affiché sur tous les supports audiovisuels occidentaux. Les plateaux de télévision sont surpeuplés d’énergumènes excités, éructant le verbe sioniste qui appelait à la destruction du Hamas et à la libération des otages israéliens et leur auprès de leur famille.Le complexe de supériorité occidental et un racisme latent, palpables et visibles, sont véhiculés par les discours officiels d’hommes ou de femmes politiques, de journalistes.
Les victimes sont incomparables pour la journaliste française Caroline Fourest : « On ne peut pas comparer le fait d’avoir tué des enfants délibérément, comme le fait le Hamas, et le fait de tuer des enfants involontairement, en se défendant, comme le fait Israël » a-t-elle déclaré.Les déclarations racistes du ministre de la défense israélien, Yoav Gallant, sur les « animaux humains palestiniens qui doivent exterminés» ne provoquent aucune réaction de la part des officiels occidentaux. Les morts israéliens sont élevés au rang de victimes d’un « nouvel Holocauste » et les morts palestiniens sont le résultat d’effets collatéraux ou incidents de parcours de la riposte sioniste.
L’évolution des évènements ne va cependant pas dans la direction des objectifs préfixés par l’entité sioniste. La résistance du Hamas et la résilience de la population de Ghaza, vont contraindre les sionistes à abandonner leur objectif primaire de libérer les otages mais de s’engager dans une guerre féroce contre la population civile de Ghaza. Les doctrines sionistes Dahiyeh (destruction de toutes les infrastructures pour contraindre la population civile à se révolter contre le Hamas) et Hannibal (tuer les soldats israéliens s’il y a risque d’emprisonnement de la part du Hamas ou autre groupe de résistance palestinien) sont mises en application dès le début.
Les victimes palestiniennes se comptent par milliers dont des femmes et des enfants en surnombre sans compter celles qui se trouvent sous les décombres. Une violence aveugle et destructrice s’abat sur Ghaza : les hôpitaux sont loin d’être épargnés, les écoles deviennent des cimetières pour enfants, deux millions de personnes sont obligés de toujours se déplacer à la recherche d’un abri sûr contre les bombes.
70.000 tonnes de bombes depuis octobre 2023, presque le double de ce qui a été largué à Hiroshima/Nagazaki (USA), Londres (Nazis) et Dresde (Alliés) pendant la 2ème Guerre mondiale, ont été larguées sur Ghaza par les descendants des anciennes victimes de l’Holocauste avec le soutien massif occidental et il faut le souligner sous l’indifférence générale.

Le monde occidental, États-Unis et Europe, non seulement adhère à cette vision sioniste, mais offre un soutien à l’entité sioniste sur les plans politique, militaire, financier et médiatique. Les fournitures d’armes proviennent des États-Unis (massivement), du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne et d’Italie.
Un pays comme la France a même l’impudence d’évoquer l’Article 51 de la Charte des Nations Unies, lequel permettrait de venir en aide à un État agressé. Israël n’est pas un pays agressé mais un État colonial qui occupe illégalement la Palestine.
Un occupant et un occupé, selon le droit international.L’article III de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide stipule ce qui suit :
Seront punis les actes suivants:
a) Le génocide ;
b) L’entente en vue de commettre le génocide ;
c) L’incitation directe et publique à commettre le génocide;
d) La tentative de génocide;
e) La complicité dans le génocide.
Il ne fait aucun doute que le génocide de la population de Ghaza, perpétré sous nos yeux, exécuté par l’entité sioniste, est condamnable selon le point « a » de l’article III de la Convention.
Le Point « e » concerne la complicité dans le génocide des pays occidentaux : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie pour leur soutien à l’opération génocidaire sioniste à travers les fournitures militaires et financières.
Le chef d’accusation de complicité, avérée et confirmée, dans le génocide concerne également les organisations qui fournissent l’entité sioniste en carburant, utilisé entre autres par l’aviation et la marine israéliennes.
Les pays fournisseurs selon l’enquête de Oil Change International sont:
- l’Azerbaïdjan avec 28% des livraisons (via la Turquie)
- le Kazakhstan avec 22%
- le Gabon avec 22%
- le Nigéria avec 9%
- le Congo-Brazzaville avec 6%
- le Brésil avec 9%
- l’Italie avec 1%
- la Russie
Les organisations et entreprises sont Chevron, BP, Exxon, Shell, Eni (Italie), et Total Energies.
Les pays et les compagnies pétrolières, de même que leurs dirigeants, qui alimentent la machine de guerre israélienne après la décision de la Cour Internationale de Justice du 26 janvier 2024 qui a donné l’ordre à Israël de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher un génocide, sont complices du génocide en cours du peuple palestinien.
La décision de la CIJ a été le résultat (temporaire) de la plainte déposée en décembre 2023par l’Afrique du Sud contre Israël pour crimes de génocide à Ghaza.
L’aide internationale et les secours pour la population de Ghaza sont autorisés au compte-gouttes par l’entité sioniste qui se déclare respectueuse du droit humanitaire en temps de guerre et ne fait que se défendre en poursuivant les « terroristes » du Hamas.
Une année est passée sans que le droit international ne puisse mettre fin au massacre à Ghaza.
La revue scientifique britannique, The Lancet, évoquait en juin 2024, un nombre de morts réelles de 186.000 sans compter les blessés. À ce jour, il serait de plus de 240.000 victimes.L’entité sioniste redouble même d’effort et d’intensité dans sa folie génocidaire, sûre du soutien des États-Unis dans l’extension du conflit, bien que la parenthèse électorale aux Etats-Unis puisse en retarder l’échéance. L’objectif étant également celui de saper l’Iran.
L’attentat sioniste du 1er avril 2024 au consulat iranien à Damas en Syrie avec 15 victimes, l’assassinat d’Ismail Haniyeh, acteur principal dans des négociations entre le Hamas et Israël pour un cessez-le-feu, les attentats contre les bippers et les talkies walkies de partisans du Hezbollah avec des dizaines de morts et des milliers de blessés, enfin l’assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui venait d’accepter un cessez-le-feu avec l’entité sioniste, des crimes sionistes, sont considérés par le monde occidental comme un droit à sa défense de l’entité sioniste contre les « agressions » du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran qui les soutient. L’Iran et le Hezbollah sont invités, pour ne pas dire sommés, à ne pas répondre à la « riposte » sioniste. Tous ces éléments témoignent de l’intérêt inexistant pour l’établissement d’un cessez-le-feu et des véritables intentions et objectifs de l’entité sioniste :
- Le nettoyage ethnique de la population palestinienne
- La réoccupation de Ghaza
- La liquidation si possible de l’Iran
- La perpétuation de son rôle de sentinelle de garde pour les Etats-Unis et l’Europe vassalisée, mais tous deux en déclin.
Ces objectifs sionistes doivent être confrontés à la complexité de la situation au Moyen-Orient et les risques d’une escalade dans la région dont on ne peut prévoir l’évolution.
L’entité sioniste fait partie d’un monde occidental, guidé par les États-Unis, qui n’est plus le centre du monde (1,14 milliard d’habitants, soit moins de 14% de la population mondiale) et le sera encore moins si sa mainmise sur le Moyen-Orient devait s’affaiblir ou disparaitre.
Les États-Unis sont dépendants des richesses pétrolières du Moyen-Orient, des réserves de dollars saoudiennes déposées aux USA et leur conservation passe par la division[1] (carte de 2006 du lieutenant-colonel Ralph Peters : « New Middle East Map ») des États arabes et musulmans de la région et par la possible disparition des États réfractaires comme l’Irak, la Syrie et la Libye, il y a un peu plus d’une décennie et l’Iran aujourd’hui, bien que le récemment élu président iranien Massoud Pezechkian soit plutôt modéré et ouvert à un dialogue avec l’Occident.La domination du dollar est également menacée avec l’entrée sur les places monétaires de la monnaie chinoise utilisée de plus en plus dans les échanges commerciaux entre la Russie et la Chine et entre pays du Sud.
La poussée vers un monde multipolaire est devenue une réalité de par les différentes organisations nées récemment, entre autres celle des BRICS, renforcée par l’adhésion de l’Iran, de l’Égypte, des Émirats Arabes Unis et de l’Éthiopie en janvier 2024.

L’Arabie Saoudite, sur le point de normaliser ses relations avec l’État d’Israël avant le 7 octobre 2023, se trouve dans une situation complexe et pleine d’inconnues. Sa relation avec le monde occidental s’est, consolidée avec sa participation dans le projet IMEEC (corridor économique reliant l’Inde et l’Europe via les EAU, l’Arabie Saoudite, Israël -port de Haifa- et Grèce),
Les pays occidentaux dressent, avec la réalisation d’un tel projet, un barrage à la Route de la Soie chinoise, un véritable casse-tête pour l’économie occidentale souffrante.
mis au point lors du sommet G20 en Inde en septembre 2023. Le corridor, une alternative au Canal de Suez (un inconvénient économique inquiétant pour l’Égypte) et au Canal Ben Gourion, discutée lors du G20 en Inde en septembre 2023, devrait permettre d’atteindre le continent européen en 10 jours seulement, depuis l’Inde jusqu’en Grèce, un temps plus court par rapport au trajet via le Canal de Suez. Pour la mise au point de ce projet, la construction des voies ferrées traversant les Émirats, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et Israël sera nécessaire.
D’autre part la normalisation de ses relations de l’Iran avec l’Arabie Saoudite, dans laquelle la Chine a joué un rôle primordial (accord de Pékin), la jonction Russie-Arabie Saoudite en tant que membres de l’OPEP et le récent accord entre la China Exim Bank et la Saudi National Bank (la plus grande banque saoudite) nous signalent en même temps un éloignement graduel de l’Arabie saoudite du pôle occidental et un rapprochement vers Moscou et Pékin.
L’Iran, au même titre que le groupe Ansar Allah – entrave au trafic maritime mondial en direction de Eilat en signe de solidarité avec les Palestiniens – qui contrôle le détroit de Bab el Mandeb en Mer Rouge, exerce le contrôle sur le détroit d’Ormuz (de 25 á 30% de transit du pétrole mondial)) dans le Golfe persique et se trouve dans les conditions de provoquer un étranglement du détroit en cas d’agression de la part des États-Unis et d’Israël auquel cas la Russie et la Chine et leurs économies se trouveraient directement concernées et les bases américaines pourraient être endommagées. En outre l’Iran qui fournit un certain type d’armement à la Russie pourrait éventuellement bénéficier d’un autre type d’armement russe, hautement efficace contre les agressions israélo-américaines.
L’Arabie Saoudite[2], le Qatar, les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Kuweit ont déjà signalé leur neutralité face à un éventuel conflit avec l’Iran et leur refus de mettre les bases à disposition des États-Unis pour une attaque contre l’Iran.
L’entité sioniste se trouve, à l’approche de la commémoration du 7 octobre 2023, après une année de guerre génocidaire, en proie à de graves problèmes :
- L’image de l’entité sioniste sur la scène internationale se dégrade de plus en plus
- La condamnation de ses actes génocidaires provient de la majorité des pays du Sud
- L’augmentation des dépenses militaires a contribué, malgré l’aide financière des États-Unis, à creuser en 2024 le déficit budgétaire de l’État juif à près de 8% du PIB (de 4% en 2023).
- Plus de 500.000 israéliens ont quitté Israël ou sont retourné à leur pays d’origine, une hémorragie démographique inquiétante pour l’entité sioniste.
- Sans l’occupation du Sud-Liban, la population du nord d’Israël (60.000 personnes) ne pourra pas réintégrer sa région.
- Le Hamas est toujours présent.
- Les otages n’ont pas été tous libérés.
- Procès en cours pour génocide au niveau de la CIJ.
Le génocide par contre continue à Ghaza et au Liban.
Les synagogues européennes se préparent à exhiber, la journée du 7 octobre, les photos des otages israéliens et vont appeler à la lutte contre l’antisémitisme au son de cloche des gouvernements occidentaux.
Les otages israéliens sont également des victimes de l’État génocidaire sioniste qui a détruit toutes les possibilités d’un accord de cessez-le-feu avec la complicité première des États-Unis.
Le génocide à Ghaza se poursuit avec la complicité manifeste de tous les États occidentaux, hormis ceux qui ont reconnu l’État de Palestine (Norvège, Espagne, Irlande et Slovénie).
Comme conclusion, on ne peut que remarquer la prise de position de l’historien, démographe et anthropologue auteur de l’ouvrage paru en janvier 2024 « La défaite de l’Occident », Emmanuel Todd, jusqu’ici imprégné jusqu’à l’ivresse de culture américaine et britannique : « … La paix pour la planète passe par la destruction de la puissance américaine».

Mohamed Taleb
7 octobre 2024
[1] – Voir lien : https://www.globalresearch.ca/plans-for-redrawing-the-middle-east-the-project-for-a-new-middle-east/3882
[2] – Voir lien: https://www.challenges.fr/top-news/les-pays-du-golfe-soucieux-de-convaincre-l-iran-de-leur-neutralite-face-a-israel_907093
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Rene Naba-Procès : Georges Ibrahim Abdallah contre l’Etat français

Procès : Georges Ibrahim Abdallah contre l’Etat français par Rene Naba
24 octobre 2019 – Dernière mise à jour le 22 janvier 2024
In Memoriam : Gilbert Hanna (1948-2019), visiteur régulier du parloir de Lannemezan ; Inlassable dans sa défense de la cause de la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le grand combat de sa vie.
Membre truculent et éminent du clan de Kaolack, (Sénégal), pays de l’Afrique noire francophone, majoritairement musulman, cette naissance a signé la culture de base de Gilbert Hanna, une culture de métissage culturel et de brassage humain, où se conjuguent, Islam et Chrétienté, bi culturalisme franco-arabe, sur fond de rapport colonial entre oppresseurs et opprimés, exploiteurs et exploités.
Fondé dans la décennie 1950, sans le moindre lien de consanguinité, ni la moindre attache familiale, mais mu par une commune capacité d’indignation inexpiable contre l’injustice, le clan va se consolider dans le mythique Couloir L de la Cité Universitaire de l’Université de Dakar qui sera d’ailleurs à 18 ans le théâtre de la première manifestation de l’engagement militant de Gilbert Hanna, avec l’organisation de la première grève étudiante de l’espace francophone.
Un engagement opéré sous le parrainage de son mentor absolu, le philosophe libanais Roger Naba’a, un homme sans qui rien n’aurait été possible. Avec qui, toute cette équipée a été possible. Un homme de conviction. Un être inoxydable, incorruptible, inflexible, d’une détermination sans faille, d’une extrême discrétion, la parfaite incarnation d’un militantisme intégral, un des grands intellectuels arabes contemporains.

Une grève préludant à la révolte de Mai 1968 en France, à la fermeture corrélative de l’Université de Dakar et à la dispersion du clan : Les Naba vers Beyrouth, foyer de la contestation pan arabe à l’apogée de la guérilla palestinienne, les Hanna – réflexe atavique ?- vers Bordeaux, le plus important port négrier de l’époque coloniale.
Avec à la clé 40 ans de luttes syndicales de cet être au dynamisme inépuisable, de France Télécom à Fralib et Ford Blanquefort, sans parler de la grande messe de mobilisation de l’Utopia.
Une césure de vingt ans colmatée à la faveur de la guerre des ambassades entre Paris et Téhéran, en 1987, scellée à l’aéroport de Bordeaux Mérignac, par des retrouvailles rocambolesques, dont le cerisier du jardin familial des Hanna à Eysines en fera les frais … Irrémédiablement.
Une amitié sans faille, sans la moindre anicroche, qui a pris la forme d’une interminable poilade de plusieurs décennies sur deux continents. Une amitié de 60 ans. Une amitié de sous-développés en somme, aux antipodes de l’amitié sophistiquée à la française, les fameux «amis de trente ans», qui se fracasse sous le choc des ambitions contraires avant de sombrer dans les affres d’une guerre fratricide.
Homme de principe, Gilbert Hanna a vécu ses convictions, exigeant, dévoué à la défense des opprimés et des réprimés, des proscrits et des exclus. Militant syndical et associatif, fondateur de Sud PTT et Solidaires en Gironde, Gilbert Hanna a présidé et animé la Clé des Ondes, radio alternative bordelaise. Son décès le 6 Mai 2019 à 71 ans, a coïncidé, tout un symbole, avec le jour de l’ouverture du procès de France Télécom, dont les méthodes de management ont poussé au suicide 19 salariés.
Tribunal d’opinion, Bordeaux 24 octobre 2019
Réquisitoire du procureur René Naba, mandaté par Georges Ibrahim Abdallah devant le tribunal de l’opinion.
Substitut : Gilbert Hanna, Directeur de la Radio Clé des Ondes-Bordeaux
Co publié par le journal libanais Al Akhbar : https://www.al-akhbar.com/
La version arabe du texte, œuvre de San’a Yazigi Khalaf, enseignante, se trouve dans le prolongement du texte françaisMonsieur Le Président, Messieurs Les Assesseurs,
La confiance que m’accorde mon mandant Georges Abdallah m’honore et m’oblige.
Elle implique pour moi une lourde responsabilité devant l’histoire et la justice des hommes de démontrer que l’affaire Georges Ibrahim Abdallah, qui était au départ, pour la résumer caricaturalement, l’affaire de l’assassinat de deux diplomates en France, va générer par les interférences du politique sur le judiciaire, sur une série de dysfonctionnements débouchant sur une parodie de justice, un parfait exemple de la négation de la notion même de justice. Pour finir par accréditer l’idée d’un état, Israël, bénéficiant d’une immunité de juridiction et ses séides français d’une impunité.
L’affaire Georges Ibrahim Abdallah : un parfait exemple de la négation de la notion même de justice
L’Affaire Georges Ibrahim Abdallah est un parfait exemple de la négation de la justice et de la notion même de Justice. Avec un procès biaisé, une culpabilité non établie, un parjure, un engagement non tenu, dans un contexte de légitime défense, elle mérite à ce titre de figurer dans les annales de l’Ecole de la Magistrature comme le parfait contre-exemple d’une bonne administration de la Justice.
Un procès biaisé
Un avocat sous-marin de la DGSE. Le ver était dans le fruit. Ce fait résume à lui seul toute l’ignominie du procès fait à Georges Ibrahim Abdallah, en ce que son propre défenseur, Jean Paul Mazurier, était en mission commandé pour le compte des services de renseignements français. Du jamais vu dans les annales judiciaires. Mais ce fait exorbitant n’a pas pour autant entraîné l’annulation du procès.
Le 28 février 1987, Georges Abdallah était condamné à la réclusion à perpétuité après 70 minutes de délibération d’une cour spéciale composée de 7 magistrats.
Quelques jours après, Me Jean Paul Mazurier, un de ses avocats, publiait un livre où il déclarait avoir travaillé pour les services secrets français. Le procès n’a pas pour autant été annulé. La France, «Patrie des Droits de l’Homme» n’a cure de ses contingences.
Une culpabilité non établie
Georges a été détenu et condamné sur la base de fausses preuves. Un revolver enveloppé dans un journal arabe daté de 2 ans postérieures à son incarcération. L’auteur de l’assassinat est en fait une militante communiste libanaise Jacqueline Esber, alias camarade Rima, décédée des suites d’une longue maladie en 2016, à Beyrouth où elle vivait dans la clandestinité. L’identité du meurtrier de Yaacov Barsimentov, l’attaché militaire israélien à l’ambassade israélienne de Paris, en 1982, à l’origine de l’inculpation de Georges Ibrahim Abdallah, a été révélée 34 ans après l’assassinat du faux diplomate israélien, en pleine campagne électorale française.
Mais si cette révélation a placé en porte à faux le pouvoir politique français, elle n’a pas pour autant conduit à une révision du procès en ce qu’elle remettait en question le bien-fondé de l’incarcération du militant communiste libanais.
Un parjure
Au-delà de la culpabilité ou non de Georges Ibrahim Abdallah, la France avait donné son engagement à la remise en liberté de Georges Ibrahim Abdallah en contrepartie de la libération de Sydney Peyrolles, un diplomate français en poste à Tripoli (Nord Liban), retenu en otage par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL) qui avaient revendiqué l’attentat contre le diplomate israélien.
Sydney Peyrolles, fils de l’écrivain Gilles Perrault, a été libéré, mais Georges a été maintenu en prison du fait d’une curieuse coïncidence : la découverte de l’arme du crime, le fameux pistolet enroulé dans un journal arabe portant une date postérieure de deux ans à son incarcération. La France avait donné son engagement à l’Algérie via Yves Bonnet, à l’époque Directeur de la DST.
Le contexte de l’époque : un cas de légitime défense.
L’assassinat des deux diplomates -en fait deux agents des services de renseignements, Charles E Ray (CIA Etats Unis) et Yaacov Barsimentov (Mossad Israël) agissant sous couvert de la protection diplomatique d’attachés militaires de leurs pays respectifs-, est intervenu en janvier 1981 à la veille d’un semestre lourd de conséquences pour l’avenir du Liban et des Palestiniens culminant avec l’invasion israélienne du Liban :
- L’occupation de Beyrouth, en juillet 1982, la perte du sanctuaire libanais de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) ; l’exil de son chef Yasser Arafat vers la Tunisie;
- L’élection du chef milicien Bachir Gemayel, allié des Israéliens à la présidence de la République libanaise ; son assassinat à la veille de son entrée en fonction ; enfin le massacre des camps palestiniens de Sabra Chatila par les milices chrétiennes sous la protection israélienne, pour venger la mort du chef phalangiste.
En proie à la guerre civile depuis 1975, Le Liban n’était pas à l’époque –il ne le sera pas davantage par la suite-, un long fleuve tranquille. Pour des militants pro-palestiniens, l’élimination de deux attachés militaires en France ne relevait pas d’un crime crapuleux, mais d’un acte de justice révolutionnaire visant deux cibles militaires de deux pays -Israël et les Etats Unis- qui vont jouer un rôle déterminant dans le malheur du Liban et des Palestiniens. Un acte de résistance à l’occupation. Un cas de légitime défense.
N’en déplaise à Emmanuel Macron qui tend à criminaliser l’antisionisme comme une forme déguisée de l’antisémitisme, Israël était- et est – toujours perçu comme un état agresseur par les pays bordant le bassin historique de la Palestine (Palestine, Liban, Syrie, Jordanie), pratiquant en toute impunité l’intimidation par le terrorisme, à en juger par les coups de boutoir répétitifs de l’Etat Hébreu contre son environnement. Et pour la majorité des peuples arabes et du tiers monde, un usurpateur de la Palestine. Et « le droit à la sécurité d’Israël», la rengaine traditionnelle des Occidentaux, ne doit pas signifier l‘insécurité permanente des états arabes.
Dans ce contexte, la résistance à l‘occupation ne relevait pas d’une création ex nihilo. Mais d’une une réalité vécue quotidiennement notamment à Beyrouth, cible régulière de l’aviation israélienne, dans une opération de déstabilisation de l’échiquier politique libanais. En vue de susciter des dissensions inter confessionnelles de dresser les chrétiens contre les Musulmans. Ce qui sera fait en 1975.
Pourquoi un libanais chrétien pro palestinien ?
Le combat pour la restauration des droits nationaux du peuple palestinien ne concerne pas exclusivement les Arabes ou les Musulmans, mais tous les hommes épris de paix et de justice, au-delà des critères ethnico-religieux.
Beyrouth, dans la décennie 1970, faisait office de vivier du nationalisme militant, le dernier carré de la contestation arabe. La capitale libanaise qui fera l’objet de deux invasions israéliennes, en 1982 et 2006, a ainsi exercé une fonction tribunicienne compensant par le verbe la défaite du Nationalisme arabe, consécutive à la défaite de juin 1967.
Elle sera la plateforme révolutionnaire de tous les mouvements de Libération de la zone de l’ASALA armée secrète arménienne pour la Libération de l’Arménie, aux kurdes du PKK, au Front de Libération de la Péninsule arabique et du Dhofar, à l‘Armée Rouge Japonaise et la Rote Armee Fraktion, et la kyrielle des mouvements de la guérilla palestinienne. Au même titre qu’Alger pour le continent africain. Toutes les chapelles du nationalisme, du marxisme et du fondamentalisme religieux y avaient pignon sur rue et disposaient de journaux forts documentés sur la situation dans leur pays d’origine, aux côtés de nombreuses maison d’édition, qui toutes tendances confondues, ont édité, à elles seules, une littérature politique supérieure à l’ensemble de la production littéraire des pays arabes, et se jouant de la censure, courante dans ces états, en a assuré sa diffusion.
C’est ici que la Résistance palestinienne a trouvé aide et refuge après le «septembre noir» jordanien et que se sont aguerris les premiers chefs des pasdarans iraniens.
C’est ici également que tous les opposants arabes, révolutionnaires ou non, pourchassés par les autorités de leur pays y ont cohabité pêle-mêle aux côtés des maquisards de la Méditerranée au Golfe –Arméniens, Kurdes, Somaliens, Érythréens– et des guérilleros d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.
C’est là enfin que sunnites libanais en rupture de bourgeoisie, chrétiens en délicatesse avec l’idéologie phalangiste et «dépossédés» chiites venus du sud-Liban en quête d’instruction, donneront le ton à toutes les manifestations de protestation dans le Monde arabe, comme ce fut le cas en septembre 1970 contre le massacre des Palestiniens en Jordanie, en 1972 contre le massacre des communistes au Soudan ou encore contre la «trahison» du président égyptien Sadate en 1977.
Pourquoi un chrétien, alors que la totalité des milices chrétiennes, alliées inconditionnels d’Israël, faisaient office de supplétifs des pays occidentaux?
Très simplement pour la simple raison que l‘appartenance religieuse si elle peut prédéterminer un engagement politique d’un individu, elle n’assigne pas son titulaire d’une sujétion éternelle envers la religion de sa naissance. Un chrétien peut combattre vigoureusement une dictature de type du chrétien Augusto Pinochet et voué une admiration sans borne au musulman Gamal Abdel Nasser, l’artisan de la première nationalisation réussie du tiers monde, le Canal de Suez.
Le dépassement des clivages ethnico religieux dans les sociétés fragmentées du Moyen orient a été l’honneur du Mouvement Nationaliste Arabe et la clé du succès de son combat de Libération National au Yémen, contre le protectorat britannique, en Syrie contre le Mandat français au Levant, en Egypte contre les Anglais.
Les chrétiens arabes dans la résistance palestinienne : Georges Habbache, Mgr Hilarion Capucci, Kamal Nasser, Atallah Hanna.
Les chrétiens arabes ont joué un rôle d’avant-garde dans la renaissance intellectuelle arabe et seront à l’origine de la constitution des grandes formations politique arabes contemporaines : Antoun Saadé, (parti populaire syrien), Michel Aflak (Parti Baas), Georges Habbache, (Mouvement Nationaliste Arabe), Fouad Chémaly, fondateur du Parti Communiste Libanais, FARJALLAH HELOU, son successeur, mort sous la torture en Syrie, en 1959 et son cadavre dilué dans l’acide et immergé dans le fleuve longeant Damas pour éliminer toute trace de sa présence.
Et les chrétiens assumeront des responsabilités dans le combat de libération arabe, notamment le combat palestinien : Georges Habbache, fondateur du Front Populaire pour la Libération de la Palestine, de tendance marxiste, sera un des grands dirigeants les plus respectés de l’OLP, alors que Kamal Nasser, poète chrétien palestinien, a été le porte-parole de la centrale palestinienne et que Mgr Hilarion Capucci, Archevêque grec catholique de Jérusalem, a été incarcéré par les autorités israéliennes pour son soutien actif à la résistance palestinienne, tout comme d’ailleurs Mgr ATALLAH HANNA, Archevêque grec-orthodoxe de Sébaste en Palestine.
Sans oublier SERHANE BECHARA SERHANE, chrétien palestinien natif de Taybé en Cisjordanie, meurtrier du sénateur Robert Kennedy, le 5 juin 1968, à la date commémorative de la défaite arabe de juin 1967, pour le soutien inconditionnel manifesté à Israël par le frère du président américain assassiné. Doyen des prisonniers politique à travers le Monde, Serhane Béchara Serhane (75 ans), détenu depuis 52 ans, purge sa peine à la prison de Pleasant Valley en Californie.
Plus surprenant que cela puisse paraître aux lecteurs non avertis, le mouvement palestinien incluait des personnalités juives anti sionistes à l’instar d’Ilan Halévi, qui sera le représentant de l’OLP au sein de l’Internationale socialiste. Et de grandes convergences de lutte s’étaient développées au Moyen orient entre les Black Panthers israéliens et les Palestiniens dans la décennie 1970. La libération de la Palestine n’est pas exclusivement l’affaire des Musulmans comme tend à le suggérer la stratégie atlantiste de bipolarisation tendant à présenter le conflit comme le combat de «l’unique démocratie du Moyen Orient, la sentinelle avancée du monde libre, face à la barbarie arabo musulmane».
La stratégie de déstabilisation régionale menée par Israël.
La chronologie témoigne de la stratégie de déstabilisation menée par Israël
- Décembre 1968 : raid de l’aviation israélienne contre l’aéroport de Beyrouth entrainant la destruction de la totalité de la flotte civile libanaise.
- En juillet 1972 – Ghassane Kanafani, porte-parole du Front Populaire de Libération de la Palestine, et sa nièce de 17 ans, sont tués à Beyrouth dans une voiture piégée qui aurait été placée par des agents israéliens. Kanafani était considéré comme une des grandes figures littéraires du monde arabe.
- Moins d’un an plus tard, en Avril 1973 : Un raid israélien contre le centre de Beyrouth tue trois dirigeants palestiniens, Kamal Nasser, porte-parole de l’OLP, Abou Youssef Najjar, ministre de l’intérieur de la centrale palestinienne, Kamal Adwane, chargé du mouvement de la jeunesse palestinienne au sein du Fatah.
- La guerre civile libanaise éclatera 2 ans plus tard, en avril 1975. Le hasard du calendrier n’est pas constamment fortuit. Il arrive qu’il soit prémédité.
Sur le plan régional
L’attentat à l’origine de l’inculpation de Georges Ibrahim Abdallah a eu lieu en janvier 1982, dans un contexte régional particulièrement exacerbé marqué notamment par :
- La destruction de la centrale nucléaire irakienne de Tammouz par l’aviation israélienne le 7 juin 1981
- L’Annexion du Plateau syrien du Golan le 14 décembre 1981
- La proclamation de Jérusalem capitale éternelle d’Israël Décembre 1981
Janvier 1982, faut-il le rappeler, est à six mois de l’invasion israélienne du Liban visant à porter au pouvoir Bachir Gemayel, le chef des milices chrétiennes alliées d’Israël.
Sur le plan européen, les attentats anti palestiniens se multiplient en toute impunité pour les Israéliens.
- 1983 – Le 21 août, un haut dirigeant de l’OLP et principal collaborateur de Yasser Arafat, Mamoun Meraish, est abattu par des agents israéliens à Athènes. Selon des articles de presse israéliens ultérieurs, la future ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, aurait été impliquée dans l’assassinat. Mme Livni ne sera jamais inquiétée par Interpol.
- 1986 – Le 9 juin, Khalid Nazzal, secrétaire du Front démocratique pour la libération de la Palestine, est abattu par des agents israéliens à Athènes, en Grèce.
L’équation personnelle de Georges Abdallah
L’équation chrétienne de Georges Abdallah va jouer toutefois un rôle sous-jacent déterminant dans le traitement inique qui lui sera réservé par la France. L’assassinat des deux diplomates en France et la procédure judiciaire engagée contre Georges Ibrahim Abdallah vont se dérouler sur fond d’un conflit de puissance contre la France, cobelligérant de l’Irak dans sa guerre contre l’Iran et les contestataires à l’ordre hégémonique israélo-américain dans la zone : la Syrie, l’Iran, le camp progressiste au Liban agrégé autour du parti communiste et des mouvements de la guérilla palestinienne.
Dans ce contexte, Georges Ibrahim Abdallah va apparaitre comme un DOMMAGE COLLATERAL d’un conflit de puissance. UN BOUC EMISSAIRE IDEAL. Georges Ibrahim Abdallah, un libanais chrétien de naissance, mais militant communiste pro palestinien, cassait la grille de lecture traditionnelle des représentations. IL CASSAIT LE CODE. Il sera un bouc émissaire.
Un bouc émissaire n’est pas nécessairement un coupable, mais un coupable idéal en ce que sa culpabilité ne remet pas en cause l’ordre social. Ou plutôt elle peut être actée sans dommage pour le corps social.
Une incarcération symptomatique de la pathologie française.
Au-delà des faits, l’incarcération de Georges Ibrahim Abdallah sous-tend un mal profond, symptomatique de la pathologie dans laquelle baigne la France depuis la fin de la seconde guerre mondiale en raison d’un quadruple fait :
A- La tétanie du débat public en France du fait juif consécutif à la collaboration nazie du régime de Vichy qui condamne la «Patrie des lumières» à une solidarité expiratoire inconditionnelle à l’égard d’Israël, conférant à ses dirigeants une impunité, et à leurs thuriféraires français, une immunité corrélative.
B – L’OPA exercée par la France sur la chrétienté arabe, découlant de son statut de «fille aînée de l’Eglise», l’autorisant à préempter le rôle de «protectrice des chrétiens d’Orient», assujettissant ses pupilles non à un rôle protecteur, mais à un «protectorat de fait», leur assignant une fonction d’obéissance, qui condamne aux mines de sel tout récalcitrant à ses aberrations politiques.
C- Le décalage qui existe entre l’image que la France s’emploie à projeter d’elle-même sur le plan international et la réalité de sa politique interne. Le mythe sur lequel elle prospère et la mythomanie dans laquelle elle se vautre, avec sa codification juridique longtemps fondée selon le principe du gobino darwinisme (Code Noir de l’Esclavage, Code de l’Indigénat), au mépris du principe de la Liberté. L’impunité de sa technostructure au mépris du principe d’égalité, au mépris du principe de la fraternité.
D – La confusion que se fait la France de son rôle qui l’autorise à s’arroger abusivement le statut de «Patrie des Droits de l’homme», alors qu’elle n’est en fait que la «Patrie de la Déclaration des Droits de l’Homme», en raison de ses abus répétitifs en ce domaine : Du Code Noir de l’Esclavage, au Code l’Indigénat, à la Colonisation, à la cristallisation des pensions des anciens combattants de l’outre-mer, à la torture durant la guerre d’Algérie, aux repentances successives à propos de la déportation des juifs français vers les camps de la mort, au confinement des Harkis dans les recoins concentrationnaires de la République, eux, qui ont pris le parti de la France contre leur patrie d’origine.
De la théorie israélienne du «crime de sang» et de sa distorsion
Le cas israélien. Etude comparative des cas de Samir Kintar et de Georges Abdallah
Israël considère qu’un crime de sang de nature «terroriste» est imprescriptible de même que la peine y afférente. Par crime de sang s’entend tout acte commis par un étranger (goy) ayant abouti au meurtre et à l’assassinat d’un israélien, qui se définit d’ailleurs par acte de terrorisme. Les règlements de compte au sein de la mafia juive américaine ou au sein de la mafia israélienne ne figurent pas dans cette catégorie de même que les crimes passionnels. De même que les crimes commis par des goyims ou contre des goyims. Israël s’est ainsi exonéré des massacres de Sabra Chatila, en septembre 1982, à Beyrouth, faisant valoir, selon le premier ministre de l’époque, Menahem Begin que « Des goyims ont tué d’autres goyims en quoi Israël est responsable ? ».Samir Kintar, le militant libanais pro palestinien, a commis un attentat en Israël même provoquant une dizaine de victimes dont plusieurs morts. Son crime était théoriquement imprescriptible et sa peine aussi. Pourtant Samir Kintar, doyen des prisonniers politiques arabes en Israël, a été libéré après 24 ans de captivité au terme d’un échange, matérialisé par la restitution de dépouilles de soldats israéliens contre sa libération et celle de plusieurs dizaines de prisonniers libanais, palestiniens et arabes.
Le cas de la France : étude comparative des cas d’Anis Naccache et de Georges Ibrahim Abdallah
Anis Naccache, libanais sunnite converti au chiisme, chef du commando qui a tenté d’assassiner Chappour Bakhtiar, le dernier premier ministre du chah d’Iran, le 18 juillet 1980, à Neuilly sur Seine, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 10 Mai 1982.L’opération s’était soldée par le bilan suivant : 3 tués et deux blessés. Parmi les tués, deux policiers, Bernard Vigna (22 ans) et Jean-Michel Jamme (23 ans) ainsi qu’une voisine de Bakhtiar, Yvonne Stein (45 ans). Parmi les blessés, un policier Georges Marty (23 ans) et la sœur de Mme Stein. En dépit de ce lourd bilan, Anis Naccache sera gracié le 27 Juillet 1990 par le président François Mitterrand dans le cadre de la négociation globale menée entre la France et l’Iran à l’arrière-plan de l’affaire des otages français détenus au Liban. Anis Naccache aura ainsi purgé dix ans de prison pour une affaire qui aura coûté la vie à trois français dont deux agents de l’état français. A croire que la France parait plus vulnérable aux pressions des puissances étrangères qu’à la protection de ses propres nationaux.
La spirale des otages : un message codé sans ambiguïté
Lorsque en ce premier jour du printemps de 1985, Marcel Carton et Marcel Fontaine sont enlevés à Beyrouth, nul ne pouvait prévoir que cette prise d’otages allait provoquer le plus formidable imbroglio diplomatico-médiatique de l’histoire récente de la France, tétaniser sa politique au Moyen orient, et, en devenant un enjeu politique, mettre à nu les rivalités interrégionales et inter-françaises.
Au départ, l’enlèvement des deux diplomates français, le 22 mars 1985, dans le secteur musulman de la capitale libanaise, pouvait donner à croire qu’il s’agissait d’un évènement fortuit, d’une opération crapuleuse, semblable à tant d’autres dont Beyrouth, livrée à l’anarchie et à la lutte de factions, était quotidiennement le théâtre. Rétrospectivement, le choix de deux ressortissants français représentant leur gouvernement se révèlera être une action délibérée, qui, au fil des jours, va s’institutionnaliser pour être érigée en politique systématique visant à faire fléchir la position de Paris sur la guerre du Liban et le conflit irako-iranien.
De 1984 à 1989, soit en cinq ans, au plus fort de la guerre irako iranienne, Trente et un (31) occidentaux y compris des officiers, des religieux, des journalistes, ont été pris en otage au Liban dont 10 périront en captivité.
Au terme de cette sarabande mortifère, Anis Naccache sera libéré, la France consentira à apurer le contentieux Eurodif, le remboursement d’un milliard de dollars à l’Iran, contrepartie de la participation iranienne au consortium nucléaire franco iranien, alors que les Etats Unis sombraient dans le scandale de l’Irangate, la fourniture clandestine d’armes à l’Iran dans sa guerre contre l’Irak.
La négligence criminelle des dirigeants libanais
Pourquoi une telle disparité de comportement à l’égard de ces deux libanais Anis Naccache / Georges Abdallah, deux militants de la cause palestinienne ? Très simplement parce que l’un, Anis Naccache, était fermement soutenu par un état qui se vit en puissance régionale et entend se faire respecter sur la scène internationale, l’Iran, alors que l’autre, Georges Abdallah, est ressortissant d’un pays, le Liban, dont les dirigeants successifs sombraient dans l’affairisme avec leurs homologues français sans se soucier aucunement de leur concitoyen libanais injustement incarcéré en France.
A l’exception du président Emile Lahoud (1998-2007), mis à l’index par les Occidentaux pour son soutien au Hezbollah, pas un président libanais n’a soulevé le cas de Georges auprès de ses interlocuteurs français.
Ni le phalangiste Amine Gemayel, qui a conclu un traité de paix mort-né avec Israël, en 1983, ni Elias Hraoui, un factotum de son premier ministre le milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, ni non plus le général Michel Sleimane, plus soucieux de se trouver un point de chute auprès de ses amis français plutôt que de défendre la cause de son compatriote. De surcroît, en vingt-trois ans de connivence franco libanaise au plus haut niveau, sous le Tandem Rafic Hariri / Jacques Chirac, puis sous le partenariat Sarko-Qatari, sur fond d’affairisme, pas un premier ministre libanais n’a soulevé la question de la détention arbitraire de leur compatriote.
En contrechamp, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, réussissait l’exploit de libérer des prisons israéliennes plusieurs dizaines de combattants pro-palestiniens libanais et arabes, -notamment le doyen des prisonniers politiques arabes en Israël, le druze libanais Samir Kintar, sans le moindre chiite dans le lot.
Le parcours atypique d’un homme de conviction
Il aurait été judicieux, -et il serait judicieux pour se dégager de cette souillure morale-, d’appliquer à Georges Ibrahim Abdallah, la jurisprudence israélienne au sujet de Samir Kintar, dans une sorte de démonstration par l’absurde.

Laurent Fabius, le petit télégraphiste des Israéliens dans le dossier sur le nucléaire iranien, et Manuel Valls, le «petit caniche» d’Hillary Clinton, secrétaire d’état américain, se sont refusés à cette option cédant aux oukases de leur patronne américaine.
C.f. à ce propos le message reproduit en bas de page du département d’état intimant aux deux ministres français de contourner la décision judiciaire française pour maintenir en détention Georges Ibrahim Abdallah.
Devant une telle disparité de traitement, la question se pose de savoir «pourquoi ce qui est bon pour Israël n’est pas bon pour la France», un pays pourtant souverain ? Ou, alors, faudrait-il tuer deux soldats israéliens pour obtenir la libération de Georges Ibrahim Abdallah, en échange de leurs dépouilles ?
Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 36 ans, Georges Ibrahim Abdallah a été l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise. Incarcéré depuis 1984, il a battu le record détenu jusque-là par Nelson Mandela (24 ans), le chef du combat nationaliste sud-africain.
L’homme, il est vrai, est atypique en ce que son parcours transcende les traditionnels clivages ethnico religieux qui constituent les habituelles grilles de lecture du conflit israélo-palestinien. Militant communiste issue d’une famille chrétienne du Nord-Liban, ancien élève des congrégations religieuses chrétiennes françaises au Liban, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la peine maximale prévue par la loi, pour l’exécution d’un responsable du Mossad israélien et celle d’un attaché militaire américain à Paris en 1982.
Au-delà du bien-fondé de sa condamnation sur la base de preuves sujettes à caution, l’homme a purgé sa peine. Libérable, selon le droit français, depuis 1999, soit depuis 20 ans, il a été maintenu en détention sur ordre direct des États-Unis, aiguillonnées en sous-main par Israël. Georges Abdallah est en fait un homme libre en captivité. Tel est le paradoxe de cet homme de conviction et de rare courage, victime des contradictions françaises.
Pleinement Libre, mais retenu en otage des considérations politiques françaises où le ministère de l’intérieur fait capoter une remise en liberté, non au nom de la raison d’état, mais pour des considérations électoralistes; où la duplicité tient lieu de posture morale en ce que le principe de la séparation des pouvoirs, hautement proclamé de manière répétitive à chaque scandale politico financier, est régulièrement mais subrepticement bafoué par des arguties de basses manœuvres politiques.
Georges Abdallah est ainsi arbitrairement maintenu en prison au terme de sa détention, au point que le quotidien libanais «Al Akhbar», le journal de la gauche patriotique libanaise, a émis l’hypothèse d’une prise d’otage d’un français en vue d’obtenir son échange avec Georges Ibrahim Abdallah.
La Cour d’appel avait ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah en subordonnant sa remise en liberté à un arrêté d’expulsion du territoire du ministre de l’intérieur. Beaucoup y ont vu dans cette décision de justice une double peine déguisée infligée au prisonnier. Un principe prohibé par le droit français. D’autres, tout aussi nombreux, ont considéré que le fait de subordonner, à tout le moins de conditionner la mise en application d’une décision de justice, à une décision administrative du ministère de l’intérieur, a constitué un cas flagrant d’atteinte aux principes généraux du droit, un principe constitutionnel, le principe de la séparation des pouvoirs.
La Cour de cassation a, elle, rendu un arrêt sans renvoi à propos de Georges Ibrahim Abdallah. Une décision qui coupe la voie à tout recours ultérieur possible devant une juridiction française. Un arrêt à la Kafka en somme en ce que le doyen des détenus politiques de France a déjà purgé sa peine et sa libération ordonnée. La Cour de cassation le renvoie à sa case départ : La prison sans fin, sans issue.
Pour l’histoire et pour information des lecteurs, en sa qualité de ministre de l’intérieur, Manuel Valls avait volontairement retardé la signature du décret d’expulsion de Georges Ibrahim Abdallah, exigé par la justice française pour sa sortie de prison, prolongeant ainsi arbitrairement de deux mois la détention du militant pro palestinien qui avait purgé sa peine depuis dix ans. Dans l’attente d’une décision de la Cour de cassation. Pire. Son philo-sionisme le portera à surenchérir sur le standard israélien en matière de crimes de sang. Dans un excès de zèle propre aux néophytes, il établira un standard qui outrepasse le standard israélien en la matière.
Mais la France n’a pas respecté ses lois, l’expression de la volonté générale représentée par l’Assemblée nationale, artisan du Code Pénal. Une peine a été accomplie dans sa totalité. Elle impliquait la libération du détenu. Une libération qui n’est pas une faveur, mais par application du principe de la légalité des délits et des peines. La peine, accomplie de manière exemplaire, c’est-à-dire en conformité avec les règles de bonne conduite, ouvrait droit à une libération anticipée. Cela n’a pas été le cas. Mais cela n’aurait jamais dû se compenser pour autant par une détention sinon illégale, à tout le moins arbitraire.
Son comportement exemplaire a constitué une éclatante victoire morale de grande portée stratégique et psychologique en ce qu’il a conduit un état se réclamant abusivement comme la «Patrie des Droits de l’Homme» a commettre un déni de droit. A contraindre son bourreau, dans ce bras de fer, à se désavouer et à se rendre coupable d’abus de droit.
Né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat (Nord-Liban), ce militant communiste pro palestinien a été blessé lors de la première invasion israélienne du Sud Liban en 1978. Il passe pour avoir été le chef des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises) dont il aurait dirigé depuis Lyon les opérations en France sous les pseudonymes Saleh Al-Masri et Abdel Kader Al Saadi.
En 1982, les FARL revendiquent l’assassinat de Charles E. Ray, attaché militaire américain à Paris, le 18 janvier 1982, ainsi que Yaacov Barsimentov, diplomate israélien (le 3 avril 1982, et blessent gravement Robert Onan, consul américain à Strasbourg). Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il a été condamné à perpétuité par la Cour d’assises spéciale, sous les pressions conjuguées des États-Unis et d’Israël pour complicité d’assassinat, le 28 février 1987.
«Qu’un combattant arabe soit jugé par une Cour Spéciale en Occident, rien de plus normal. Qu’il soit traité de criminel et de malfaiteur, rien de vraiment nouveau, déjà les « bandits de l’Aurès » (1), les « terroristes » de Palestine, ainsi que les « fanatiques lépreux » d’Ansar et Khiam (2) ont été l’objet de ces honorables qualificatifs. Ils rappellent à tous ceux qui ont la mémoire courte le patrimoine de votre justice occidentale ainsi que votre civilisation judéo-chrétienne», lancera Georges à ses juges lors de son procès devant la Cour d’Assises Spécial le 28 Février 1987.
- Allusion aux combattants du FLN pendant la guerre d’Algérie, qualifiés ainsi dans la presse française de l’époque.
- Ansar est un camp de concentration israélien, Khiam un camp de concentration et de torture de la milice fasciste libanaise «Armée du Liban Sud» qui était organisée, armée et financée par Israël » .
Georges Ibrahim Abdallah, un des doyens des prisonniers politiques à travers le Monde, est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des mystificateurs et des imposteurs. Né libre et demeuré tel. Fidèle à son engagement. Fidèle à lui-même. Fidèle à sa liberté, sa compagne de captivité, durant sa période d’incarcération.
En 34 ans de captivité, l’homme n’a jamais renié ses convictions, jamais déserté le combat politique, jamais été intimidé par le comportement dilatoire de son geôlier, le ministre socialo néo-conservateur de l’Intérieur, Manuel Valls, relai fidèle des pressions américaines et israéliennes. Dans l’adversité, il a vaincu ses adversaires fielleux qui, au déni de droit, lui ont superposé un abus de pouvoir. L’arbitraire dans la «Patrie des Droits de l’Homme». Quelle infamie. Quelle forfaiture. La marque d’un nanisme politique.
Qu’on se le dise et que cela se sache : Georges appartient à la race des hommes libres. Pas plus « Uncle Ben’s » que «Bounty». Ni un « native informant» (1) ou un «rented negros» (2) qui peuplent malheureusement nos lucarnes et polluent nos esprits.
Qu’on se le dise et que cela se sache : Entre Georges Ibrahim Abdallah, Samir Kantar, ancien doyen des prisonniers politiques arabes en Israël et la version moderne de l’opposition arabe, désormais invariablement off-shore, invariablement dans les rets de l’ancien pouvoir colonial, il existe une différence d’échelle : Une différence de stature. «Y’a pas photo».
La même différence de stature entre Shirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix, militante des Droits de l’Homme en Iran même, sur le territoire de son propre pays, et les mondaines de l’opposition cathodique de Syrie et d’ailleurs. « Y‘ a pas photo » non plus. C’est parure de diamants contre peanuts.
Georges Ibrahim Abdallah est le parfait contre-exemple des opposants modernes arabes qui se déploient off-shore téléguidés depuis les chancelleries des anciennes puissances coloniales, en costume cravate et des golden-cartes de crédit alimentées par les pétrodollars monarchiques. Son incarcération prolongée a signé une forme de forfaiture, le propulsant par contrecoup, au rang du symbole du militantisme intégral. Inclinons nous devant Georges Ibrahim Abdallah, Samir Kintar, Marwane Barghouti (Fatah) et Ahmad Saadate (FPLP) des compagnons de lutte dans la captivité et la dignité. Des hommes de conviction qui ont transcendé leur clivage ethnico-confessionnel, qui gangrène le Monde arabe, pour maintenir vivante la flamme de la Résistance et l’empêcher de sombrer dans la reptilité.
Que les hommes épris de paix et de justice dans le Monde nous rejoignent dans ce combat pour le respect de la parole de la France tant il importe que la France respecte sa parole pour que le monde puisse continuer à respecter la parole de la France.
Un des grands maux de la France contemporaine a été diagnostiqué par Noël Mamère en ces termes : La France cache sa politique de ségrégation derrière le vocabulaire de la révolution française.
Mal jugé, mal condamné, le cas de Georges Ibrahim Abdallah constitue une ignominie dans l’ignominie. L’ostracisme dont il est l’objet l’a projeté, par contrecoup, au rang de héros mythique du combat palestinien, au même titre que Marwane Barghouti, le chef du Fatah, et Ahmad Saadate, le chef du Front Populaire de Libération de la Palestine, indice du nanisme politique des dirigeants tant libanais que français.
Inflexible, inaltérable, inoxydable, incorruptible, Georges Ibrahim Abdallah jusqu’au bout, sûr de son droit, aura défié ses tortionnaires, purgeant néanmoins une peine, inique, sans le moindre trébuchement, sans le moindre fléchissement, sans le moindre vacillement. Homme debout, dans une posture qui le propulse au rang d’exemple. Une référence du combat de libération. Un brave parmi les plus braves.
Au fur et à mesure que le temps s’écoulera, se réduira la marge de manœuvre de la France qui la conduira à des comportements aberrants, erratiques. Hillary Clinton, la fausse démocrate, a été carbonisée sur le bucher de ses vanités, éliminée par le xénophobe populiste Donald Trump, lors de la compétition présidentielle américaine de 2016. Son interlocuteur français Manuel Valls, en transfuge socialiste, a déserté le combat socialiste en France pour un rôle de fugitif à Barcelone, glanant au passage le titre d’ «homme politique le plus détesté de la gauche française» et Laurent Fabius, le sobriquet du plus célèbre ronfleur des forums internationaux. Tous les trois rejetés dans les poubelles de l’Histoire.
Il est à craindre qu’un lointain successeur de Jupiter de France ne procède à son tour à une «repentance» pour le comportement de la France à l’égard de Georges Ibrahim Abdallah; La marque de fabrique de la «Patrie des droits de l’homme» depuis la fin de la seconde guerre mondiale, tant à l’égard des Juifs que des Harkis, que du mathématicien Maurice Audin, mort sous la torture des Français pour son opposition à la guerre d’Algérie.
«Les lignes de fuite sont les plus belles, mais elles comportent le plus grand risque, c’est de se transformer en lignes de mort» (Antonin Artaud).
«Plaise à la Cour de condamner l’Etat français du «crime de forfaiture morale» et de frapper d’ «indignité nationale» ses servants, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, et, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, «pour avoir failli aux obligations de leurs charges, aggravé la déchirure du pacte républicain, trahi la confiance du peuple souverain, bafoué les valeurs de la justice dans une démocratie et partant les principes fondateurs de la République».
Vive la Palestine. Longue vie à Georges Ibrahim Abdallah. Que son exemple serve de référence à la génération de la relève. Que dans la mémoire des peuples en lutte son nom vive éternellement.
Rene Naba
Who wants George in jail ?
Bande annonce. C-P Productions.
Notes
Notes
- 1-«Native informant» : Personnes qui accaparent la parole d’une communauté sans en être représentatif, dont le discours plait à son auditoire dominant.
- 2-«Rented négros» : Noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner un «visage noir pour une opinion de blancs».
- Souscription pour le tournage d’un film de Pierre Carles sur le plus vieux prisonnier politique en Europe. https://www.legrandsoir.info/souscription-pour-le-tournage-d-un-film-sur-le-plus-vieux-prisonnier-politique-en-europe.html
- Pour aller plus loin sur Gilbert Hanna : https://rue89bordeaux.com/2019/05/figure-de-gauche-bordelaise-gilbert-hanna-decede/
- A propos de Beyrouth : https://www.renenaba.com/beyrouth-ouest-le-dernier-carre-de-la-contestation-arabe/
- https://www.madaniya.info/2018/12/23/georges-ibrahim-abdallah-ne-quemandez-pas-ma-liberte/
- Sur le rôle de La France et la chrétienté d’Orient, cf ce lien https://www.renenaba.com/france-vatican-les-deux-francois-et-la-chretiente-d-orient/
Source : https://www.madaniya.info/2019/10/24/proces-georges-ibrahim-abdallah-contre-l-etat-francais/
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