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  • Rene Naba-Gaza, un an après :  Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage 3 /3

    Rene Naba-Gaza, un an après :  Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage 3 /3

    Mes plus vifs remerciements à Rene Naba pour ce partenariat offert à l’école populaire et qui confirme, en plus de son amitié, une perspective au delà de notre pays. Mohamed Bouhamidi



    La rapporteure spéciale Francesca Albanese avait ouvert une polémique avec Emmanuel Macron à la suite de la commémoration par le président français des victimes du 7 octobre qu’il avait présenté comme le « plus grand massacre antisémite de notre siècle ».  Elle lui avait alors rappelé qu’elles n’étaient pas mortes « à cause de leur judaïsme, mais en réaction à l’oppression d’Israël ». Le ministère français des Affaires étrangères avait condamné la remarque de la rapporteure spéciale. Celle-ci avait alors posé qu’affirmer que la mort des victimes était le résultat de l’antisémitisme « obscurcit leur véritable cause ».

    “Ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d´Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.” – Aimé Césaire.

    « Je suis à la fois ahuri et indigné par le fait que ceux qui représentent les descendants d’un peuple qui a été persécuté pendant des siècles, pour des raisons religieuses ou raciales, que les descendants de ce peuple qui sont aujourd’hui les décideurs de l’État d’Israël, que ceux-là puissent non seulement coloniser tout un peuple, le chasser en partie de sa terre et vouloir le chasser pour de bon, mais qui en plus, après le massacre du 7 octobre, se sont livrés à un véritable carnage, massif sur les populations de Gaza, et continuent sans arrêt, frappant civils femmes et enfants.»  Edgar Morin, Philosophe et sociologue, invité d’honneur de la deuxième édition du Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) du 8 au 11 février 2024.

    https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/le-philosophe-edgar-morin-se-dit-ahuri-et-indigne-par-le-carnage-commis-par-israel

    Un historien palestinien de renom, Walid Al Khalidy, fondateur de l’Institut d’Études Palestiniennes, a estimé qu’Israël a tué en six semaines de Guerre contre le Hamas à Gaza, près de 20.000 palestiniens, la plupart des civils, soit plus qu’en 106 ans de présence juive en Palestine, amorcée avec la Promesse Balfour portant création d’un «Foyer National Juif en Palestine», en 1917. De son côté, M. Haytham Manna, président de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), et doyen des opposants politiques syriens, a précisé que la guerre de destruction de Gaza a compté en 55 jours, le double des pertes civiles enregistrées en deux ans de guerre en Ukraine (2022-2023).

    En contre champs, Israël a détruit la quasi-totalité des universités de Gaza, tué des milliers d’étudiants et près de cent professeurs. Près de 50 journalistes ont été tués en 45 jours à Gaza, dont 11 dans le cadre de leurs fonctions, faisant de ce bilan, l’un des plus meurtriers de ce siècle. Tant les Etats Unis qu’Israël sont coutumiers du fait où les deux pays ont conjugué leurs efforts pour anéantir toute forme de vie chez leurs ennemis.  Et dans le cas de l’Irak, détruire le potentiel scientifique irakien. Cent trente-cinq (135) universitaires toutes disciplines confondues assassinés entre 2003 et 2006 à la faveur de l’invasion américaine de l’Irak.

    Cf ce lien https://www.madaniya.info/2018/09/21/le-martyrologe-scientifique-irakien/

    L’armée israélienne procède à une « démolition contrôlée» de l’enclave de Gaza, selon l’expression du New York Times, faisant exploser des écoles, des mosquées, des quartiers résidentiels, dans le cadre d’une démolition systématique des bâtiments et des infrastructures.

    L’objectif de la guerre est de rendre Gaza inhabitable, rendant inévitable la « relocalisation », c’est-à-dire la déportation, de la population palestinienne, avec pour conséquence l’anéantissement du territoire palestinien de Gaza et, en même temps, celui de la Cisjordanie, sabordant définitivement la possibilité pour les Palestiniens d’avoir leur propre État souverain, comme l’ont décidé les Nations unies il y a 77 ans.

    Israël est désormais l’un des pays du monde qui compte le plus grand nombre de journalistes emprisonnés, selon une étude publiée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York. Au 1er décembre 2023, ce nombre s’élevait à 320, soit le deuxième le plus élevé depuis que ce classement a été créé en 1992.  D’un certain point de vue, la dynamique est encourageante : le record en la matière – 367 – avait été enregistré en 2022.

    Au vu de ce bilan humain, l’ancien ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, en a déduit, en référence au Conflit Nord Irlandais que «La radicalisation suit l’oppression, et une réponse disproportionnée de l’État peut être le meilleur agent recruteur d’une organisation terroriste».

    En mission à Beyrouth, fin décembre 2023, avant d’être relevé de ses fonctions, Bernard Emié, alors directeur de la DGSE, a fait valoir à ses interlocuteurs libanais, que 1.200 israéliens tués lors de l’attaque du Hamas équivalait, proportionnellement à sa population, à 16.000 français tués, un taux inadmissible, qui explique la violence de la riposte massive israélienne, comme pour justifier les représailles sans discernement opérées par l’armée israélienne, au point d’être perçues comme un massacre à huis clos.

    En vertu de ce raisonnement biscornu, 40.000 Palestiniens tués équivaudrait à plus d’1,5 millions de Français tués.

    Mais malgré cette mortalité élevée chez les Palestiniens, c’est le Hamas qui est qualifié de «terroriste», et Israël épargné de l’accusation de génocide, «un seuil moral» que l’Occident ne saurait franchir. Drôle de seuil pour une drôle de morale.

    Le seuil moral que la France ne saurait franchir est la collaboration vichyste avec le nazisme qui tétanise tout débat public dans la «Patrie des droits de l’Homme» et obstrue toute vision claire des problèmes contemporains.

    -Songer à la visite en catimini du président Emmanuel Macron, en pleine nuit, à Ramallah pour rencontrer le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas…Comme si serrer la main d’un palestinien devenait un geste honteux.

    -Songer à la sérénade de François Hollande, un socialiste, entonnant dans la cuisine de Benyamin Netanyahu, un ultra faucon xénophobe et populiste, un hymne à la gloire d’Israël.

    – Songer enfin à l’adoption d’une loi française IRHA assimilant la critique du sionisme à de l’antisémitisme, de même la criminalisation des campagnes du BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions), comme si Israël devait bénéficier d’une impunité totale et absolue. Au point que les dîners annuels du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) sont devenus un exercice de prosternation périodique du pouvoir français devant le judaïsme institutionnel.

    Ainsi en 2019, année des élections européennes, l’Assemblée nationale française a adopté une proposition de résolution controversée contre l’antisémitisme, préconisant l’adoption de la définition de l’antisémitisme telle que formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), assimilant toute critique du sionisme comme une forme d’antisémitisme.

    Dans les pays occidentaux, énorme est le fossé entre l’unanimité philo-sioniste de la caste politico médiatique et une meilleure compréhension de la situation palestinienne de la part du grand public.

    Pour mémoire, à l’attention des linguistes français, l’extermination d’une population en raison de ses origines s’appelle en français «génocide». Il en est ainsi du génocide arménien en Turquie, comme du génocide des Tutsis au Rwanda. Lui préférer l’expression hébraïque du terme biblique de «Shoah» (holocauste) signe son appartenance au camp pro-israélien

    Israël n’a jamais reconnu le caractère de «génocide» aux massacres des Arméniens en Turquie au début du XX me siècle, sans doute pour marquer le caractère unique des persécutions dont les Juifs ont été victimes en Europe. D’abord en Russie, les «pogroms» de la fin du XIX me siècle, puis en Allemagne et en France durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

    Il en est aussi des termes antisémitisme et antiracisme. Arabes et Juifs sont des sémites, mais l’antisémitisme ne concerne que les Juifs, pour se distinguer des autres, alors que l’antiracisme englobe Arabes, Noirs, Musulmans, Asiatiques etc. Le Président Jacques Chirac, lui-même, en fustigeant «l’antisémitisme et le racisme» dans son discours d’adieu, le 27 mars 2006, a consacré dans l’ordre subliminal un racisme institutionnel.

    Disposant du monopôle du récit médiatique, les Occidentaux, particulièrement les États-Unis-, auront constamment cherché à rendre inaudibles leurs ennemis, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires», pour reprendre l’expression de l’allemand Hans Magnus Einsenberger.

    Puissance d’influence, l’Afrique du sud est apparue comme une boussole morale du nouvel ordre international en gestation, en poursuivant Israël du crime de génocide auprès de la Cour Pénale Internationale.

    Ce faisant, la juridiction pénale internationale est apparue comme un substitut à un Conseil de Sécurité dysfonctionnel en raison du fait que cinquante-trois pour cent (53 %) des vetos américains ont bloqué une résolution concernant Israël.

    La motivation sud-africaine est consubstantielle à sa victoire sur le régime d’Apartheid et la profession de foi de Nelson Mandela, l’artisan de la réconciliation nationale et de la «Nation arc en ciel’’ : Les Sud-Africains ne seraient jamais complétement libres tant que les Palestiniens vivraient sous l’apartheid israélien.

    «En deux mois, les attaques militaires israéliennes ont «causé plus de destructions que les combats d’Alep en Syrie entre 2012 et 2016, ceux de Marioupol en Ukraine, ou proportionnellement, les bombardements alliés sur l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale».

    Mme Blinne Ni Ghralaigh, au nom de l’Afrique du Sud, a fait un redoutable exposé clinique, jeudi 11 janvier 2024 à La Haye, aux Pays-Bas, lorsqu’elle a qualifié de « premier génocide diffusé en direct » à propos des Palestiniens de Gaza.

    La plainte déposée par le pays vainqueur de la politique d’Apartheid a été vécue par de larges fractions de l’opinion mondiale comme la plainte du Sud global contre les critères occidentaux de la supériorité morale en même temps que la remise en cause d’un ordre international installé par le plus puissant allié de l’accusé, les États-Unis;

    La contestation d’une mémoire dominée par la Shoah, à laquelle s’oppose ouvertement celle de la colonisation.

    Sur Nelson Mandela, vainqueur de l’Apartheid sud-africain, cf, ce lien https://www.renenaba.com/hommage-a-madiba-the-invictus-1918-2013/

    Pour mémoire, La Cour Pénale Internationale avait déjà condamné Israël pour sa construction d’un «mur d’Apartheid», mais cette condamnation est demeurée inopérante du fait de l’absence d’un dispositif contraignant de la juridiction pénale internationale, à laquelle n‘ont souscrit ni les Etats Unis, ni Israël.

    Anomalie majeure, les décisions de la Cour Pénale Internationale sont contraignantes, mais sans les moyens de contrainte.  Seuls les Etats Unis disposent du pouvoir de contrainte du fait de la «déterritorialisation du Droit», qui autorise abusivement les Etats Unis à infliger des sanctions à un citoyen français dès lors qu’il traite avec des Américains ou des intérêts américains.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/17/avec-la-plainte-de-l-afrique-du-sud-contre-israel-pour-genocide-le-sud-conteste-une-memoire-dominee-par-la-shoah-et-lui-oppose-celle-de-la-colonisation_6211366_3232.html#:~:text=Il%20est%20la,de%20la%20colonisation.

    La coalition suprématiste au pouvoir en Israël et la boucherie de Gaza ont sapé un des grands mythes fondateurs de l’État Hébreu : la puissance d’Israël, fondée sur le mythe de l’incompatibilité des juifs avec le fascisme.

    L’attaque du Hamas contre Israël, le 7 Octobre 2023, a en outre pointé du doigt l‘écrasante responsabilité des pays occidentaux dans leur complaisance à l’égard de l’Etat Hébreu du fait de leur complicité tacite à l’égard de l’annexion rampante du territoire dédié au futur état palestinien ; discrédité durablement Mahmoud Abbas, le chef nominal de l’Autorité palestinienne et signé la mort politique du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, artisan, pour sa survie politique,  de l’alliance avec les forces les plus xénophobes et suprématistes israéliennes.

    Les représailles massives ordonnées sans discernement par l’armée israélienne, aussi bien contre les civils que contre les hôpitaux,  de même que le blocus économique décrété contre la population civile et le nombre élevé de journalistes tués dans l’accomplissement de leur mission, enfin la destruction systématique de toute surface bâtie, ont sapé durablement un autre mythe fondateur de l’Etat Hébreu sur lesquels il a prospéré depuis sa création: À savoir la «pointe avancée du Monde libre» face à la barbarie arabo musulmane.

    Au terme de cette campagne, le patrimoine religieux et culturel de Gaza a été effacé par la guerre d’Israël et la destruction généralisée des sites historiques de Gaza prive les Palestiniens de représentations physiques de leur histoire et de leur mémoire.

    Subsidiairement les représailles cataclysmiques israéliennes tant contre Gaza que contre la Cisjordanie ont favorisé la jonction des deux champs de bataille pour en faire une lutte globale pour la libération de la Palestine.

    Bien que n’étant pas membre de l’OTAN Israël est le pays qui, chaque année, bénéficie le plus de l’assistance militaire des États-Unis. Israël est non seulement un acheteur majeur d’armes américaines mais il développe également de nombreux programmes de recherche-développement militaire en coopération avec les États-Unis.

    Selon le Times of Israël, Les Etats Unis ont livré à Israël, en 4 mois, de d’octobre 2023 à fin janvier 2024, 250 avions-cargos et une vingtaine de navires représentant une dizaine de milliers de tonnes d’armement et d’équipements militaires. Le New York Times a enquêté spécifiquement sur les bombes MK-84, modèle non guidé de près d’une tonne, dont l’emploi dans la bande de Gaza suscite de vives critiques, avançait fin décembre le chiffre de 5 000 exemplaires fournis.

    Les armes fournies par les Etats-Unis depuis le début de cette guerre comprennent au moins 23 000 armes à guidage de précision, dont des missiles air-sol Hellfire, des drones et des kits JDAM (Joint Direct Attack Munition) qui transforment des bombes « ordinaires » en bombes guidées.

    Signe de la vulnérabilité israélienne, Les Etats Unis ont même livré à l’État Hébreu des armes dont l’usage est  prohibé internationalement;  Au total, Les Etats Unis ont  ainsi livré 14.000 bombes de 2.000 Kg, 6.500 bombes de 500 kg, 2.200 bombes de 250 kg, ainsi que 1.000 buster Bunker, des bombes anti-bunker.

    En 1987, les États-Unis ont accordé à Israël le statut d’allié majeur de l’OTAN, donnant droit à Israël d’acheter de l’armement américain au même titre qu’un pays membre de l’OTAN. Israël devient alors le pays le plus fourni au monde en armement américain.

    La coopération entre Israël et les États-Unis est très étroite dans beaucoup de domaines d’activité militaire.

    Les États-Unis supervisent la recherche-développement en armes d’Israël, contribuant au financement d’importants projets de défense israélien comme le char d’assaut Merkava et le chasseur IAI Lavy. Israël participe activement au développement de l’avion de combat Lockheed Martin F-35 Lightning II

    En contrepartie, la Sixième flotte américaine stationne à Haïfa et Israël assure la logistique et la maintenance pour les forces américaines déployées dans la région. Les deux pays mettent également partiellement en commun leurs services de renseignements.

    Israël reçoit une assistance militaire de la part des États-Unis plus que n’importe quel autre pays au monde. Depuis 1987, Israël reçoit en moyenne chaque année 1,8 milliard de dollars en termes de vente ou de financement. Cette aide fut portée à 2,4 milliards sous l’administration Clinton.

    En 2007, les États-Unis ont accru de 25 % leur enveloppe pour Israël portant leur subvention à 3 milliards de dollars chaque année pour la décennie à venir. De 2019 à 2028 l’aide militaire s’est élevée à près de 4 milliards de dollars par an.

    Israël a obtenu, depuis sa création en 1948 jusqu’au début de l’année 2023, plus de 158 milliards de dollars d’aide américaine, dont plus de 124 milliards pour le volet militaire, ce qui en fait le principal récipiendaire de financement américain cumulé depuis la seconde guerre mondiale.

    La guerre d’Octobre 1973, qui a mis aux prises Israël face à l’Egypte et la Syrie, constitue la dernière confrontation entre l’Etat Hébreu et des Etats arabes.  Depuis lors, toutes les confrontations ont opposé Israël à des forces paramilitaires non étatiques menant contre l’Etat Hébreu une guerre hybride, asymétrique. Elles se sont soldées par des revers pour Israël compte tenu de ses objectifs de guerre déclarés.

    La première expression d’une divergence manifeste entre les Etats Unis et Israël sur les options géostratégiques d’un conflit majeur, dans une zone d’influence privilégiée des Etats Unis, sur un sujet fondamental –la conduite de la guerre à Gaza et son objectif final, la création d’un état palestinien indépendant- a considérablement desservi l’Amérique en ce que le soutien absolu et inconditionnel à l’Etat Hébreu a accrédité l’idée de la première puissance planétaire captive d’un lobby politique, au point que dans un éditorial publié par la revue Foreign Policy, Stephen Walt, professeur de Relations Internationales à la prestigieuse Université d’Harvard (Boston Ma) préconise «de mettre un terme à la relation spéciale entre les États-Unis et Israël».

    Sans ambages, l’universitaire américain estime que les États-Unis ont surévalué «la valeur stratégique» d’Israël et que le «soutien inconditionnel» à l’Etat hébreu crée parfois davantage de problèmes à Washington que l’avantage stratégique que ce pays est supposé procurer.

    «Le coût de cette relation stratégique va en augmentant et ce coût n’est pas uniquement politique mais également économique», conclut Stephen Walt, co-auteur avec son collègue universitaire américain, John Mearsheimer d’un remarquable ouvrage sur «Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine» – Éditions La Découverte.

    Jamais dans l’histoire de l’humanité, une superpuissance de 310 millions d’habitants n’est apparue aussi complètement inféodée à un petit pays de sept millions d’individus. Jamais dans l’histoire, un pays au PIB annuel de l’ordre de 200 milliards de dollars, n’a autant imposé sa volonté à une superpuissance pesant 14. 510 milliards de PIB annuel. En vain.

    Subsidiairement, l’opposition frontale du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au président américain Joe Biden à la création d’un «Etat Palestinien Indépendant» a mis un terme à une mystification israélienne d’un demi-siècle, accréditant l’image d’Israël expansionniste, annexionniste et négationniste des droits nationaux palestiniens.

    En fait, l’échec [face à la Russie en Ukraine] et l’impératif géographique de maintenir le contrôle de certaines routes maritimes pour assurer la domination des États-Unis ont presque rendu inévitable l’ouverture d’un nouveau front au Moyen-Orient, et ce sont les populations sacrifiables, en l’occurrence les Palestiniens, qui sont contraintes d’en payer le prix

    L’incapacité de Washington à garantir une paix durable dans la région est en grande partie liée à son refus de privilégier la création d’un État palestinien à la sécurité d’Israël. Tant qu’il en sera ainsi, le conflit perdurera.

    Dans ce contexte, Joe Biden pourrait être «le dernier président pro-israélien issu du Parti démocrate», prédit Nathan Brown, spécialiste du Proche-Orient, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l’université George-Washington, à Washington et expert non résident auprès de la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

    Le très respecté journaliste britannique, David Hearst, en a déduit qu’«En réalité, aucun pays ne fait plus pour dé-légitimer Israël que l’État israélien lui-même».

    Sur ce thème, cf ce lien https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/guerre-gaza-justice-internationale-afrique-du-sud-genocide-israel

    L’Occident chrétien a pensé purger son passif avec le judaïsme et lui témoigner sa solidarité expiatoire en créant l’État d’Israël en vue de normaliser la condition juive diasporique dans des composantes nationales claires (Abraham B. Yehoshua). Mais il a dans le même temps transmuté son contentieux bimillénaire avec une religion longtemps considérée comme «déicide» en un conflit israélo-arabe et un conflit islamo-judaïque, en négation avec la symbiose andalouse. Ce faisant, l’Occident a transféré en terre arabe les problèmes lancinants de l’antisémitisme récurrent des sociétés occidentales.

    L’histoire du Monde arabe contemporain demeurera incompréhensible à quiconque ne prendra en considération la blessure originelle représentée par l’implantation de l’État d’Israël en Palestine tant il est vrai que de toutes les grandes dates qui jalonnent l’Histoire des Arabes, la date du 15 Mai 1948, est sans doute la plus traumatique.

    Au-delà des considérations bibliques, la création d’une entité occidentale au cœur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la «Route des Indes», la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.

    Un choc à tous égards traumatisant. Il sera vécu à juste titre comme tel, comme une amputation du patrimoine national, une spoliation de l’identité arabe.

    Il conditionnera durablement la relation du Monde arabe et de l’Occident à l’époque contemporaine et explique une large part de sa nature conflictuelle, de ses dérives successives, de ses déflagrations répétitives, et, enfin dernière et non la moindre des conséquences, l’aversion révulsive et la méfiance instinctive que continue de nourrir le camp arabe face à toute initiative occidentale.

    Il en résulte que le monde occidental est aux prises avec un «effondrement moral» significatif face à la redistribution globale du pouvoir, lequel échappe désormais aux mains de la sphère euro-américaine. Qu’il est dur d’être après avoir été.

    Depuis 1917 ans, soit depuis près de 107 ans, la Promesse Balfour a gangréné la relation entre l’Europe et le Monde arabe, puis, par cercles concentriques, la relation entre le Monde arabe et l’Occident, en dépit de la normalisation des relations entre l’Etat Hébreu et six pays arabes, dont trois monarchies périphériques du champ de bataille (Maroc, Bahreïn, Emirats Arabes Unis), pour finir par vicier la relation entre l’Islam et l’Occident, en dépit de l’instrumentalisation de l’Islam comme arme de combat contre l’Union soviétique au plus fort de la guerre soviéto-américaine (Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie).

    Se pose la question de savoir, face à l’indifférence des pays occidentaux à l’égard du drame palestinien et leur soutien continu à Israël du fait du génocide hitlérien, si les Palestiniens ne sont pas effectivement «les ultimes victimes du nazisme».

    Pour le locuteur arabophone, ci joint l’intégralité de la chronique Mayssa’a Abou Zeydane. (Chroniqueuse du site en ligne «Ar Rai al Yom»).

    Le contre-amiral Ami Ayalon, ancien chef du Shin Beth (1996-2000), le service de renseignement intérieur israélien, s’interroge, pour sa part, sur la notion d’ennemi dans le conflit israélo-palestinien, ainsi que sur les errances de la vision sécuritaire israélienne qui menace, selon lui, de déboucher sur une «guerre sans fin». Âgé de 78 ans, il est l’auteur de Friendly Fire : How Israel Became Its Own Worst Enemy («Tir ami : comment Israël est devenu son propre ennemi».

    Se pose également la question de savoir si le soutien absolu et inconditionnel des Etats Unis ne constitue-il pas une «assistance au suicide», pour reprendre l’expression du pacifiste israélien Uri Avnery, fondateur d’une ONG pacifiste cataloguée à l’extrême gauche, Gush Shalom (Bloc de la paix).

    La Chine et la Russie sont restées remarquablement silencieuses, observant attentivement l’évolution des plaques tectoniques mondiales en réponse aux «deux guerres» (l’Ukraine et la “multi-guerre” d’Israël). Ce n’est pas vraiment surprenant.  Les deux États peuvent se contenter de regarder Joe Biden persister dans ses erreurs stratégiques sur ces deux fronts, convaincues que l’entrelacement des deux guerres façonnera, bien entendu, la nouvelle ère ;

    Bis Repetita Placent : Près de cent ans après la déclaration Balfour portant création d’un «foyer national juif en Palestine», le sablier de l’Histoire s’est retourné. Sur fond de génocide hitlérien et de sociocide palestinien, le compte à rebours a commencé. L’Union sacrée de l’Otan autour de son pupille en témoigne : Plus qu’en Ukraine, une part du destin de l’Occident se joue, depuis cet automne 2023, sur la terre de Palestine.

    En brisant le goulot d’étranglement dans lequel voulaient les enserrer les Etats Unis, Israël et les «normalisateurs arabes » via les «accords d’Abraham», «Déluge Al Aqsa» a fait l’effet d’un électrochoc salutaire de forte intensité secouant la léthargie occidentale en posant l’impérieuse nécessité de la création d’un état palestinien indépendant et souverain.

    Le professeur Barry Buzan, co-auteur de The Making of Global International Relations,  soutient que le soi-disant ordre mondial fondé sur des règles, et jusqu’à présent dirigé par les États-Unis, subit une transition évolutive :

    «La Chine, l’Inde et le monde islamique se réapproprient leur statut culturel… pas seulement leur richesse et leur pouvoir… mais aussi l’autonomie culturelle qu’ils avaient perdue.

    La dialectique entre l’Occident et le reste du monde mondialisé sera l’un des principaux moteurs géopolitiques des années à venir, avec pour pierre angulaire la concurrence entre les États-Unis et la Chine. Les perspectives sont désormais différentes. Les dirigeants et les décideurs semblent confus et désorientés, sans parler des gouvernés. C’est un état d’esprit décrit comme une zétéophobie : une paralysie face à des choix qui pourraient changer le cours de la vie, à une période où les Etats Unis ont cessé d’être «les gendarmes du Monde»

    Une évidence occultée du débat public occidental depuis les accords d’Oslo, en 1993, soit depuis 31 ans et qui s’impose désormais inéluctablement, en ce que l’incursion militaire palestinienne au cœur d’Israël a été vécue par l’immense majorité de la population du quart monde comme la version palestinienne de la bataille des Thermopyles du fait que plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ont sacrifié leur vie en cet automne 2023 et en cet hiver 2024, sans désavouer le leadership palestinien de Gaza, pour pérenniser la question nationale palestinienne.

    Et Israël est devenu non pas le foyer d’un peuple assailli et persécuté dans le monde entier depuis des millénaires, mais le Fort Knox du suprématisme juif, l’héritier naturel des suprématistes blancs.

    ((NDLR !  La bataille des Thermopyles, l’un des plus célèbres faits d’armes de l’histoire antique a opposé une alliance des cités grecques à l’Empire achéménide en 480 av. J.-C.  À la suite d’une manœuvre de contournement par les Perses, la plupart des Grecs abandonnent le champ de bataille à cause de la trahison d’un des leurs et seuls les 300 soldats spartiates commandés par le roi Léonidas 1er décident de combattre jusqu’au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense.

    Cette bataille devient l’un des symboles de la résistance grecque à l’envahisseur car, grâce à elle et malgré la prise d’Athènes par les Perses, les Grecs conservent leur indépendance après leurs triomphes à Salamine en septembre 480 av. J.-C.  ))

    La sanctuarisation d’Israël, objectif constant de l’Otan

    https://www.renenaba.com/israel-etats-unis-2-4-la-sanctuarisation-disrael-objectif-constant-de-lotan/ https://www.madaniya.info/2014/11/27/la-conference-d-annapolis-la-palestine-en-contrechamps/

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/27/kenneth-roth-israel-commet-le-crime-d-apartheid-dans-les-territoires_6078225_3210.html

    • «Le Sionisme contre Israël» par Nathan Weinstock – Éditions François Maspero 1968, épuisé.
    • «Le Proche-Orient éclaté» (1956-2012) Georges Corm Folio/ Histoire tome 1 et tome 2
    • Norman Finkelstein : «L’Industrie de l’Holocauste», Réflexions sur la souffrance des Juifs
    • Postface de Rony Brauman -Sortie : 1 février 2001 – ISBN : 9782913372108

    Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

    Source : https://www.madaniya.info/2024/10/15/gaza-un-an-apres-3-3/

  • الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 93، بتاريخ 12 من تشرين الأول/اكتوبر 2024

    الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 93، بتاريخ 12 من تشرين الأول/اكتوبر 2024

    متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 93، بتاريخ 12 من تشرين الأول/اكتوبر 2024 : الطاهر المعز

    يتضمن العدد الثالث والتّسْعون من نشرة "متابعات" الأسبوعية فقرة عن مرور عام على المجازر المستمرة في غزة ثم في لبنان، وفقرة عن قُدْرة حكومة "طالبان" الأفغانية على المناورة والمُرُونة في السياسة الخارجية، رغم التّشدّد والتّزمت والتّضْيِيقات داخليا، وفقرات عن الحرب التجارية والإقتصادية والتكنولوجية المستمرة بين الولايات المتحدة وملاحقها من جهة والصين من جهة أخرى وفقرة عن التفاوت بين دخل العمل ودَخْل رأس المال، على مستوى عالمي

    نفذت خمس منظمات فلسطينية (حماس والجبهة الشعبية لتحرير فلسطين والجبهة الديمقراطية لتحرير فلسطين والجهاد الإسلامي ) يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 إحدى أكثر العمليات الفدائية جرأةً ضدّ الكيان الصهيوني في المناطق التي كان يعتبرها مُحصّنة بفعل احتلالها منذ 75 سنة وبفعل تفريط قيادة منظمة التحرير في هذا الجزء من الوطن للإحتلال، ولم يكن هذا الشكل من المقاومة النّوعية واردًا في احتمالات العَدُوّ وداعميه من القوى الإمبريالية وتوابعها من الحكّام العرب الذين اعتقدوا إنهم دَفَنُوا فلسطين، منذ زمن…

    أظهرت هذه العملية إن أبناء وأحفاد اللاّجئين ( نحو ثُلُثَيْ سُكّان غزّة) لم ينسوا (كما كان يعتقد ديفيد بن غوريون) بل حرصوا على استمرار اشتعال فتيل المقاومة طيلة ثلاثة أرباع القرن، رغم الحصار المُطبق والتّجويع والإذلال، وكان ردّ فعل العدوّ الثّلاثي ( الإمبريالية والصهيونية والأنظمة العربية) مُدَمِّرًا، لكنه لم يتمكّن من القضاء على المقاومة، رغم الإبادة والدّمار والخراب، لاستكمال المُخطّط الذي لم يتمكّن العدو من إنجاز كافة مراحله أثناء النّكبة، وقتل أكبر عدد ممكن من الفلسطينيين وتهجير من أفْلَتَ من القَتْل، ويهدف التّدمير المنهجي للطرقات والمباني والبُنية التحتية والمدارس والمستشفيات وحتى مباني الأمم المتحدة ودور العبادة، واغتيال مُمثليها واغتيال الصحافيين والعاملين بمجال الإنقاذ والرعاية الصحية إلى جعل غزة (وكذلك جنوب لبنان) مكانًا غير مُعَدٍّ للحياة…   

    رغم الدّعم الإمبريالي العلني العسكري والدّبلوماسي والإعلامي للعدو، وترويج الدّعاية الإستعمارية الصهيونية، تَمَرّد الآلاف من مواطني أمريكا الشمالية وأوروبا وأستراليا على الرواية الرسمية للأحداث، ولئن لم يناصروا كلهم حق الشعب الفلسطيني في المقاومة وفي اختيار شكلها ومضمونها، فإنهم عارضوا تسليح الكيان الصهيوني وتبرير المجازر وترويج رواية العدو من قِبَل الحكومات ووسائل الإعلام « الغربية »التي روجت أسطورة « دفاع إسرائيل عن النفس » وإنكار حق الشعب الفلسطيني أو اللّبناني في الدفاع عن النفس وعن الأرض والوطن…

    إن استمرار هذا العدوان طيلة أكثر من سنة كاملة، رغم الأسلحة الفتّاكة وتطويع التكنولوجيا لخدمة العدوان، دليل على تغيير في موازين القوى بشكل جعل الكيان الصهيوني وحلفاءه يعجزون عن القضاء على المقاومة سواء في غزة أو في لبنان أو في اليمن، وبشكل جعل المناهضين للإستعمار في الدّول الإمبريالية يُشكّكون علنًا في الرواية الرّسمية لمجرى الأحداث، منذ سنة 1948، وتمثّل ردّ حكومات الدّول « الدّيمقراطية » الغربية في تكثيف القمع ولَجْم حرية التعبير وإلصاق تهمة « مُعاداة السامية » ( وهي ظاهرة أوروبية مَحْضَة » بكل من يُعلن تضامنه مع الشعب الفلسطين أو من يُطالب بوقف إطلاق النار، بما في ذلك اليهود الذين يُطالبون بوقف العدوان، ليس من باب التضامن مع الشعب الفلسطيني، بل حرصًا على مستقبل كيان الإحتلال، وتزامن هذا القمع البوليسي والقضائي والإعلامي، مع انتشار التعليقات المؤيدة للإبادة الجماعية ولاستخدام كافة أنواع الأسلحة ضد شعب مُحاصر منذ 18 سنة…

    أظْهَر هذا العدوان اصطفاف عدد من قادة منظمة التحرير الفلسطينية وحركة فتح إلى جانب العدو، ولا غرابة في ذلك فقد كانت مفاهمات (وليست اتفاقيات) أوسلو تتويجًا لسنوات من الخيانات في الكواليس، وأفضت هذه المفاهمات إلى تسليح وتدريب قوات أمن فلسطينية من قِبَل الإستخبارات الأمريكية (لذلك سُمّيت قوات دايتون على إسم الجنرال الأمريكي الذي أَشْرَفَ على التّدريب) تُساعد قوات العدو على إفشال محاولات المقاومة، وممارسة الإعتقال والقتل الإستباقي ( الوقائي) وأظْرت الأحداث إن ما يسمى بـ”حل الدولتين” هو غشاء وفُرصة لمواصلة الاستعمار الإستيطاني وضم أراضي جديدة ونَفْي حق العودة للاجئين…

    أظْهرت هذه الأحداث عدم وجود قُطب منافس للإمبريالية الأمريكية وحلفائها، كما كان الوضع قبل انهيار الإتحاد السوفييتي، وأظهرت إن مجموعة « بريكس » هي تَكتّل رأسمالي لا يرقى إلى مجموعة عدم الإنحياز أو إلى ما طرحته مجموعة السبع والسبعين من ضرورة إرساء « نظام اقتصادي عالمي جديد » كما عبر عنه خطاب الرئيس الجزائري هواري بومدين في الأمم المتحدة – بالعربية لأول مرة في تاريخ الأمم المتحدة – ( نيسان/ابريل 1974) ولم تتجاوز مجموعة « بريكس » المنطق الرأسمالي بل تستهدف توسيعه… أما الجامعة العربية فلم تعد تجتمع أو تُصدر بيانات إلا نادرًا، منذ أصبحت السعودية وحلفاؤها يمسكون بدواليبها، بعد التّطبيع المصري واتفاقيات كامب ديفيد ووادي عربة وما لحقهما من تطبيع شبه جماعي عربي… 

    أُصيبت الشعوب العربية بالإرهاق من الجَرْي وراء القوت اليومي، فبقيت مظاهر التّأييد للشعب الفلسطيني وللشعب اللّبناني محتشمة ومتواضعة جدًّا، ولذا وجب على التقدّميين والثوريين مضاعفة النضال من أجل التنديد بالمجازر والإبادة، ودعم المطالب الأساسية للشعب الفلسطيني والمتمثلة في تحرير وطنه كاملا وعودة اللاجئين وإقامة دولة على كل أراضي فلسطين وليس على جزء منها…

    تُشير المشاريع الإقتصادية والإستثمارات (منها الإستثمارات الصينية في المناجم والبنية التحتية والطاقة) إلى تكثيف المبادلات الإقتصادية والتجارية واندماج أفغانستان مع دول آسيا الوسطى والجنوبية:

    زار رئيس وزراء أوزبكستان العاصمة الأفغانية كابول، يوم 18 آب/أغسطس 2024، في إطار تقارب دول آسيا الوسطى مع نظام « طالبان » لأسباب اقتصادية وأمنية، ووقّعت حكومتا أفغانستان وأوزبكستان اتفاقيات تجارية واستثمارية بقيمة 2,5 مليار دولار مع احتمال زيادة حجم التبادل التجاري إلى ثلاث مليارات دولار، وتتضمن الإتفاقيات استيراد أفغانستان الوقود والمنتجات الزراعية ومواد البناء والكهرباء من بلدان آسيا الوسطى، وخصوصًا من أوزبكستان، رغم الخلافات بين البلدين بشأن مياه نهر « أمو داريا » حيث أتمّت أفغانستان بناء قناة قوش تيبه خلال الربع الثاني من سنة 2023 شمال أفغانستان، وتحويل حوالي 20% من مياه النّهر، ما أدّى إلى انخفاض منسوب المياه وحصة أوزبكستان وتركمانستان، مما يؤثر على ريّ الأراضي الزراعية في كلا البلدين…

    تُعَدّ كازاخستان أكبر دول آسيا الوسطى، وتبذل أيضًا جهودًا حثيثة للتقرب من طالبان التي شطبتها، بنهاية سنة 2023،  من قائمة المنظمات الإرهابية، وكذا فعلت قرغيزستان يوم الخامس من أيلول/سبتمبر 2024، إثْرَ توقيع عقود بقيمة 200 مليون دولار (سنة 2023) لتوريد الحبوب والدقيق إلى أفغانستان.

    تشترك أفغانستان مع طاجيكستان بحدود طويلة غير إن حكومة طاجيكستان تحظر أي حركة إسلامية على أراضيها، ولذا بقيت العلاقات بين الحكومتَيْن محدودة، خلافًا لتركمانستان – التي يصفها حكام « الغرب » بالإنغلاق – التي اتفقت مع حكومة أفغانستان على إطلاق مشروع سكك حديدية يربط البلدَيْن، مرورًا بأوزبكستان، فضلا عن مشروع « تابي » لنقل حوالي 33 مليار متر مُكعّب من الغاز من تركمانستان إلى باكستان والهند عبر أفغانستان التي تعير حكومتها أهمية كبيرة لهذا المشروع الإقليمي الذي يَمُدّها بنحو 500 مليون متر مكعب من الغاز بسعر تفضيلي فضلا عن رسوم العبور التي تُقدّر بنحو 450 مليون دولارا سنويا، ويُساهم في فكّ عزلتها التي تفرضها الولايات المتحدة وأوروبا، ويبلغ طول خط أنابيب غاز « تابي » 1814 كيلومترا، منها 816 كيلومترا داخل الأراضي الأفغانية 816 كيلومترا، قبل عبور باكستان نحو الهند، وتبلغ التكلفة الإجمالية لهذا المشروع 22,5 مليار دولارا.

    تعود فكرة مشروع خط أنابيب نقل الغاز إلى حوالي ثلاثة عُقُود، خلال تسعينيات القرن العشرين في ظل فترة حكومة طالبان السابقة، لكن عدم استقرار الوضع في أفغانستان التي احتلتها الولايات المتحدة وحلفاؤها، فضلا عرقل إنجاز المشروع، فضلا عن اعتراض الولايات المتحدة على تطوير علاقة أفغانستان مع جيرانها ورفض أي مشروع يُساهم في تحسين العلاقات السياسية والاقتصادية مع دول المنطقة، رغم استمرار المفاوضات بين تركمانستان والدول الأخرى، ورغم دعم مصرف التنمية الآسيوي للمشروع ( منذ سنة 2003) ورغم توقيع اتفاقية سنة 2016 بين أفغانستان وباكستان وتركمانستان والهند، ويُساهم خط الأنابيب في إحياء وتنفيذ العديد من المشاريع الأخرى، ومنها مشروع نقل الكهرباء بقدرة 500 كليوواط بين تركمانستان وباكستان عبر أفغانستان التي تحصل على حوالي 110 ملايين دولار من حقوق العبور من نقل الكهرباء، ومنها كذلك بناء ثلاث محطات فرعية للكهرباء في ولايات هرات وفراه وقندهار الأفغانية، وكذلك مد كابلات الألياف الضوئية لربط الدول المجاورة، فضلا عن خط السكة الحديدية الذي يربط باكستان وتركمانستان عبر أفغانستان، وتأمل حكومة تركمانستان أن تُساهم هذه المشاريع والمصالح الإقتصادية المُشْتَرَكَة في خَفْض التوتر وإرساء الإستقرار في آسيا الوسطى وآسيا الجنوبية، وخصوصًا في أفغانستان وباكستان والهند… 

    تستحدم الحكومة الصينية كافة الوسائل للإلتفاف على الحصار الإقتصادي الذي أقَرّتْهُ الولايات المتحدة ويُنَفِّذُهُ حلفاؤها، وتُشجّع شركاتها على الإستثمار في المغرب وفي الجزائر، والبلدان التي لها اتفاقيات إعفاء بعض السّلع من الرّسوم الجمركية، وأقَرّت الحكومة والشركات الصينية استراتيجية تتمثل في الإنتاج في الجزائر بالتعاون مع الشركات المحلية للتصدير إلى أوروبا وإفريقيا وحتى أمريكا، تحت شعار « الرخاء المشترك » الذي أكدت عليه الحكومة الصينية خلال القمة الصينية الأفريقية التي انعقدت في بكين، وتتجسد الشراكة مع الجزائر من خلال الاستثمارات في المشاريع الصناعية والبنية التحتية، بهدف تخفيض تكاليف شحن البضائع، بحكم المسافة القريبة بين الجزائر وأوروبا، وكذلك باعتبار الإنتاج المشترك ( بين شركات الجزائر والصين) يُعتَبَرُ جزائريًّا ويمكن أن يتمتع بالإعفاء من الرسوم الجمركية التي يفرضها الغرب على المنتجات الصينية، كجزء من الحرب التجارية التي أطلقتها الولايات المتحدة وأوروبا، وهي نفس الاستراتيجية التي تطبقها الشركات الصينية في المكسيك للوصول إلى السوق الأمريكية، لأن المكسيك ترتبط باتفاقية تجارة حرة مع كندا والولايات المتحدة، كما ترتبط الجزائر باتفاقية تجارة حرة مع الإتحاد الأوروبي، غير إن شركات الإتحاد الأوروبي قليلة الإستثمار في الجزائر، باستثناء قطاع المحروقات أو بعض القطاعات الأخرى القليلة مثل قطاع تركيب السيارات، حيث استثمرت شركة سيارات « فيات » الإيطالية في مصنع تجميع المركبات في مدينة وهران، ولهذه الأسباب لجأت الجزائر إلى الصّين لتنفيذ مشاريع السكك الحديدية والطرقات وصناعة السيارات واستغلال منجم فوسفات تبسة ورواسب خام الحديد ببشّار (ولاية تندوف ) باستثمار مليار دولار لاستغلال هذا المنجم الذي يحتوي على حوالي ثلاث مليارات طن وتُعد من أكبر الإحتياطيات العالمية، ما يمكّن الصين من تقليل اعتمادها على خام الحديد والصلب من أستراليا، المنتج الرائد في العالم والحليف الوَفِي للولايات المتحدة…

    ترفض الصين بَيْعَ المعرفة التقنية ( التكنولوجيا) التي لا تمتلكها الجزائر، وتتمثل استراتيجيتها في الإنتاج محليا بالتعاون مع المجموعات الجزائرية، وفي تركيب السكك الحديدية في البيئات الصحراوية، لمد خطوط السكة الحديدية عبر الصحراء، نحو الحدود الجزائرية مع مالي والنيجر، كما يتوقع أن تبدأ شركة صناعة السيارات الصينية العملاقة BYD إنتاج السيارات الكهربائية في الجزائر في إطار شراكة مع شركة « كوندور » وهي شركة خاصة جزائرية تُجري كذلك مفاوضات مع الشركات الصينية لإنتاج الأجهزة المنزلية وبعض أنواع الهواتف المحمولة وإنتاج بطاريات الليثيوم للسيارات الكهربائية الخ، في إطار ما تُدْرِجُه الحكومة الجزائرية في باب « تنويع الإقتصاد »، وفي إطار وُعود تعزيز قطاع الفلاحة والصناعة والسياحة واقتصاد المعرفة، فيما تتمثل الاستراتيجية الصينية في إنشاء وحدات إنتاج في البلدان التي تتمتع بمزايا نسبية، لمواصلة الإنتاج والشّحن بتكاليف أقل ( تطبيقًا لأبسط فواعد الرأسمالية)، وفي الوقت نفسه التحايل على العراقيل والرّسُوم الجمركية المرتفعة التي تُقرّها أوروبا وأمريكا الشمالية أمام البضائع الصينية، كما يمكن أن تُوَفِّرَ الجزائر والمغرب بوابة مباشرة لأسواق شمال أفريقيا وبعض الدول العربية وأفريقيا جنوب الصحراء الكبرى…

    توسّعت رُقْعَةُ الحرب الاقتصادية سنة 2018 مع حظْر تقنية « الجيل الخامس » ( G5 ) لشركة الإتصالات الصينية « هواوي »، وزيادة الرُّسُوم الجُمْركية على تقنيات الطّاقة المُتجدّدة (الألواح الشّمسية والتوربينات) وما يتّصِل بالتقنيات المتطورة، وفرض الاتحاد الأوروبي مؤخراً تعريفات جمركية على السيارات الكهربائية الصينية، بذريعة « المنافسة غير النّزيهة »، وردّت الصين بالمثل لكنها لم تُبادِر إلى إعلان الحرب الإقتصادية والتّجارية، بل رفعت الأمر إلى منظمة التجارة العالمية (حارس اللِّيبرالية)، بالتّوازي مع تشديد سيطرتها على المواد الخام الاستراتيجية و »المعادن النّادرة »، وأعلنت الصين سنة 2023، ضوابط على صادرات الغرافيت والغاليوم والغرمانيوم، والعديد من المواد الأساسية لصناعات أشباه الموصلات والطاقة المتجددة، كما أعلنت وزارة التجارة الصينية، منتصف شهر آب/أغسطس 2024، تَقْيِيد صادراتها من معدن الأنتيمون، وخضوع تصديره من الصّين لترخيص حكومي مسبق، بداية من الخامس عشر من أيلول/سبتمبر 2024، والأنتيمون معدن نادر ذو خصائص فريدة، مطلوب بشدة في العديد من القطاعات الصناعية المتطورة، مثل إنتاج المواد المقاومة للحريق والبطاريات والألواح الشمسية، كما يُسْتَخْدَم في صناعة الأسلحة، وتنتج الصين حوالي نصف الإنتاج اللعالمي للأنتيمون، مما مكّنها من تطوير صناعاتها الدّقيقة، وامتلاك احتياطيات هامّة لتنمية صناعاتها المستقبلية، ولتتمكّن من مجابهة الحرب الإقتصادية والتجارية التي تشُنُّها وتقودُها الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي، بهدف عرقلة نمو قطاع التكنولوجيا الدّقيقة في الصين، مثل الإلكترونيات وصناعة السيارات الكهربائية والفضاء، واعتمدت الصين منذ نهاية القرن العشرين السيطرة على المعادن النادرة والمواد الخام الإستراتيجية وتنويع مصادر العَرْض وتطوير تقنيات إعادة التّدوير، والإستثمار في البحث العلمي وتشجيع الإبتكار…

    أقَرّ الإتحاد الأوروبي رُسُومًا جمركية، لمدة خمس سنوات، قد تَصِلُ إلى 36% من سعر السيارات الكهربائية للعلامات التجارية الصينية، وجميع المركبات المنتجة في الصين من قبل شركات أجنبية، مثل شركة تيسلا الأمريكية، التي لديها مصنع كبير في مدينة شنغهاي، ويندرج هذا القرار ضمن الحرب الإقتصادية التي أطلقتها الولايات المتحدة منذ أكثر من عشر سنوات وتم تشديدها منذ سنة 2017 خلال فترة رئاسة دونالد ترامب، وانضمت أوروبا – كعادتها – إلى الولايات المتحدة، في محاولة لِرَدْع الشركات الأمريكية والأوروبية التي تُنقل بعض نشاطها إلى الصين، بحثًا عن أسواق جديدة وعن تعظيم أرباحها، مثلما فعلت شركة فولكس فاغن الألمانية، وردّت الصين بإعلان « فتح تحقيق لمكافحة الإغراق لمنتجات الألبان الأوروبية التي تتلقى إعانات في إطار السياسة الزراعية الأوروبية المشتركة (CAP) للاتحاد الأوروبي، مما قد يُشكّل تهديدًا لمجموعة واسعة من السلع الفلاحية التي تُصدِّرُها الشركات الأوروبية، من إسبانيا وفرنسا وهولندا والدنمارك وغيرها، إلى الصين…

    قد يُؤدّي قرار الإتحاد الأوروبي بشأن السيارات الكهربائية إلى إلحاق أضرار بقطاع صناعة السيارات الكهربائية الأوروبية، إِذْ أعلنت شركة أودي الألمانية ( فَرْع من فولكس فاغن التي تضم عشر علامات تجارية) إغلاق مصنعها للسيارات الكهربائية في بروكسل. وتسريح أكثر من 1400 عامل قبل شهر تشرين الأول/أكتوبر 2024، و 1100 آخرين سنة 2025، من ضمن ثلاثة آلاف عامل، وعلّلت الشركة قرار التسريح بانخفاض الطّلب بسبب ارتفاع أسعار الطّرازات الفاخرة التي تصنعها الشركة…

    أما الصين فإنها تعمل على غزو أسواق جديدة في إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية، من خلال إنجاز مشاريع في هذه البلدان، من ذلك بناء محطات للشحن السريع لبطاريات السيارات الكهربائية الصينية المُعفاة من الضرائب، وذلك ضمن مشروع كهربة الريف في بعض البلدان – منها كينيا – وتأهيل البُنية التحتية للطرقات وتغيير مظهرها، وإعادة تشكيل المشهد العالمي لصناعة السيارات.

    تلاقي شركة إنتل صعوبات بسبب كثافة استثماراتها في فلسطين المتحلة (ثاني أكبر موقع لها بعد الولايات المتحدة) وبسبب علاقاتها المتطورة جدّا مع الجيش الصهيوني، وتحاول الحكومة الأمريكية إنقاذها، بعدما أعلنت إلغاء مشاريع ضخمة، من بينها إنشاء أكبر مصنع لها في فلسطين المحتلة بقيمة 25 مليار دولارا، وعن تسريح العديد من العاملين، وسبق أن حصلت شركة إنتل يوم العشرين من آذار/مارس 2024 على تمويل حكومي أمريكي بقيمة 20,5 مليار دولارا في شكل هبات ( 8,5 مليار دولار) وقروض ( 11 مليار دولار) ومنح (مليار دولارا) لدعم إنتاج الرقائق الإلكترونية، في أكبر مساهمة من إدارة الرئيس جوزيف بايدن، ضمن خطط مواجهة هيمنة الصين على قطاع صناعة الرّقائق الإلكترونية، وسَبَق أن أَقَرَّ الكونغرس الأمريكي قانون « العلوم وتوفير حوافز بقيمة 52,7 مليار دولارا، لمساعدة الشركات الأمريكية على إنتاج أشباه الموصلات » سنة 2022، وفق موقع وزارة التجارة الأميركية…

    أعلنت وكالة « بلومبرغ » يوم 14 أيلول/سبتمبر حصول شركة “إنتل” على منح حكومية أمريكية بقيمة 3,5 مليار دولار لإنتاج أشباه الموصلات للجيش الأمريكي، ضمن خطة لرَفْع حصة الولايات المتحدة لإنتاج الرقائق من 0% حاليا إلى إنتاج 20% من الرقائق المتطورة بحلول العام 2030، لأن الولايات المتحدة « نعتمد على عدد ضئيل من المصانع في آسيا للحصول على كل الرقائق الأكثر تطورا »، وفق موقع وزارة التجارة الأمريكية، ويندرج هذا الدّعم المالي الإضافي الحكومي ضمن برنامج – Secure Enclave – السري الذي يهدف إلى تنظيم إنتاج الرقائق المتقدمة للأغراض الاستخباراتية والعسكرية ويشمل أراضي عدة ولايات أمريكية بينها أريزونا حيث يقع مصنع لشركة « إنتل » التي قد تتخلى عن معظم مشاريعها خارج الولايات المتحدة، دون التخلي عن مصانعها ومختبراتها في فلسطين المحتلة التي تعتبرها الولايات المتحدة قاعدة متقدّمة أو مَحْمِيّة أمريكية… 

    تستمر مبالغ الأرباح المدفوعة للمساهمين في الارتفاع، بينما يواصل دخل العمل الانخفاض، على المستوى العالمي، منذ أكثر من عشرين عامًا، وفقًا لتقرير منظمة العمل الدولية، الصادر في أيلول/سبتمبر 2024 تحت عنوان: “الآفاق الاجتماعية وآفاق التوظيف في العالم » الذي يشير إلى تفاقم عدم المساواة.

    تقيس حصة دخل العمل نسبة إجمالي الدخل الذي يكسبه الأشخاص من العمل، وانخفضت هذه النسبة من 52.9% سنة 2020 إلى 52.3% سنة 2022، ويُضاف هذا الدخل إلى الدخل الرأسمالي ( الذي لا يحصل عليه الأشخاص من عملهم) لتكوين إجمالي دخل الاقتصاد، حسبما تذكر منظمة العمل الدولية.

    انخفضت حصة العمال منذ سنة 2004، بمقدار 1,6 نقطة، وبالنسبة للعام 2024 وحده، يمثل ذلك خسارة قدرها 2,4 تريليون دولار للعمال على مستوى العالم. أما السبب الرئيسي لهذا التراجع على مدى العقدين الماضيين فهو التغير التكنولوجي، ولا سيما الأتمتة التي عززت الإنتاجية والنمو الاقتصادي، لكن العمال لم يستفدوا من المكاسب الناتجة، وفق منظمة العمل الدّولية، لكن يمكن إضافة تراجع النضالات وتراجع دَوْر النقابات والمنظمات الإجتماعية التي كانت تفرض على أرباب العمل الزيادات في الأجور والحوافز…

    لا تقتصر عدم المساواة على التوزيع غير العادل للدخل بين رأس المال والعمل، إذْ يتجلّى التوزيع غير المتكافئ في الإختلال بين المناطق الجغرافية (على مستوى كل بلد وعلى مستوى عالمي) وكذلك حسب الجنس حيث تحث النساء على حصة أقل من الرجال، مقابل نفس العمل…

    في أوروبا، على سبيل المثال، ارتفع متوسّط الرواتب والحوافز بنسبة لا تصل إلى 2% فيما ارتفعت حصة الأرباح (الدخل الرأسمالي) بنسبة 7,7%، بنهاية النصف الأول من سنة 2024.

    الطاهر المعز

  • Laure Lemaire- Luttes Noires et pression internationale

    Laure Lemaire- Luttes Noires et pression internationale

    Les USA sont un pays colonial qui a fait sa puissance territoriale en richesses naturelles grâce à l’extermination des peuples qui habitaient le territoire qu’ils occupent actuellement, les quelques survivants ayant été mis en « réserves » sur des terres ingrates. Ils les appellent les « Peaux Rouges ». Pour éviter les tentatives de soulèvement, l’alcool fort a été distribuée à gogo sur cette population piègée car sa consommation ne faisait pas partie de la culture. Les colons blancs qui ne forment pas un peuple, sont armés et peu soucieux de la loi, étant souvent dans leurs pays d’origine, d’anciens prisonniers dont les Occidentaux se sont débarrassés. La puissance matérielle des USA repose sur le travail des esclaves noirs africains en grand nombre, dans les plantations de coton notamment, pendant que dans les villes les mafias italienne et irlandaise fabriquent des richesses grâce à toute sorte de commerces illicites. Elles assurent aussi l’élection des gouvernants. La révolution industrielle dont ils s’emparent, transforme son économie en capitalisme avec d’abord le textile puis, avec l’extraction du pétrole, l’automobile. Les révoltes noires sont soigneusement étouffées par l’organisation secrète qui tue, le Ku Ku Klan. Mais ils sont nombreux et pour leur rappeler leur passé d’esclaves, les USA pratiquent une ségrégation quotidienne, qu’on appelle « l’apartheid ». Ils vivent dans des « ghettos » près de leur lieu de travail, comme à Harlem à New York. Quant aux révoltes des ouvriers blancs encadrés par des syndicats patronaux, elles sont impossibles car le Parti Communiste et tout ce qui lui ressemble, est interdit par Mac Carthy. Ces colonisateurs extraordinaires, après la 2° guerre mondiale, s’installent grâce à leur organisation militaire l’OTAN et leur organisation secrète la CIA, dans tous les pays occidentaux dont ils profitent par l’élargissement de leurs activités douteuses.

    À partir du mois de septembre 1984, une vague de violence éclate dans les townships, que l’ANC appelle à rendre ingouvernables pour les autorités et à transformer en zones libérées. Les1° cibles de ces violences sont ceux considérés comme collaborateurs, les maires et conseillers municipaux des townships, les policiers noirs souvent « indics ». L’armée sud-africaine est envoyée dans les townships alors que s’organise une campagne de boycott du paiement des loyers. La répression alimente la révolte au lieu de la freiner et soude les communautés, les jeunes des townships étant convaincus d’être dans la phase finale de leur lutte. Face à cette répression, les alliés naturels de l’Afrique du Sud, comme les États-Unis, s’en désolidarisent sous la pression de l’opinion publique et des mouvements noirs américains.


  • Grover Furr- Allocution sur la conspiration de Trotski à l’ICSS d’Oakland

    Grover Furr- Allocution sur la conspiration de Trotski à l’ICSS d’Oakland

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  • Laure Lemaire- CUBA ET L’AFRIQUE DU SUD

    Laure Lemaire- CUBA ET L’AFRIQUE DU SUD

    Esteban Lazo Hernandez – Pour les peuples d’Afrique, notre profonde affection

    Au nom des députés cubains, le président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Esteban Lazo Hernandez, a adressé un message de félicitations aux peuples africains, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée ce 25 mai (2024)

    ll annonce que « cette date est aussi importante pour ce continent que pour Cuba, en raison des liens profonds qui nous unissent » et reconnaît que « l’héritage africain est une partie fondamentale de notre culture, de nos croyances et de nos coutumes ».

    Le 25 mai est le jour de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine. Donc elle est considérée comme la Journée de l’Afrique, et est célébrée au niveau international par tous les pays africains.

    Esteban Lazo souligne des faits historiques importants qui ont cimenté l’amitié entre les 2 peuples. Il signale : « Cuba se sent fière et honorée d’avoir contribué aux luttes contre le colonialisme et le racisme en Afrique. En terre africaine, le sang cubain et africain se sont mêlés, un lien qui nous unit à jamais. »

    Dans son message, il rappelle l’exemple internationaliste du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, lorsqu’il a annoncé l’envoi de la 1° mission médicale sur le continent africain pour venir en aide au peuple frère d’Algérie, une coopération qui s’est renforcée au fil des ans dans la région. Dans le même temps, Esteban Lazo se félicite que la coopération bilatérale ait permis la formation de jeunes Africains à Cuba,

    Il exprime ses remerciements pour les expressions de solidarité de l’Afrique envers Cuba : le vote uni du continent aux Nations unies, les résolutions adoptées chaque année par l’Union africaine et les déclarations des acteurs en faveur de la levée du blocus imposé par les États-Unis.

    « Depuis la Révolution historique de 1959 qui a porté au pouvoir le gouvernement socialiste de la République de Cuba, sous l’habile direction du commandant en chef Fidel Castro Ruz, Cuba est un véritable ami du continent africain », souligne le message du Groupe des ambassadeurs africains à Cuba.

    Le texte se félicite de la contribution apportée par l’Île à cette région dans presque tous les aspects du développement du genre humain. Les diplomates africains soulignent le travail des brigades du Contingent Henry Reeve, notamment lorsque Cuba a envoyé plus de 200 professionnels de la santé en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée au plus fort de l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, « la plus grande opération médicale sur le terrain dans ces 3 pays, pour lutter contre l’épidémie ». Ils reconnaissent également l’actuelle solidarité cubaine face à la COVID-19 dans plusieurs pays, dont l’Angola, le Togo, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud.

    « La solidarité de Cuba avec l’Afrique est incontestable (…) nous continuerons à honorer et à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays à Cuba », affirme le message.

    Cuba a aidé le continent à lutter contre les vestiges des administrations coloniales en Afrique, un combat que l’Afrique n’oubliera jamais. Cuba a toujours été aux côtés de toutes les personnes opprimées dans le monde, dans leur quête pour se libérer de toutes les formes de marginalisation et d’oppression. Son aide a porté sur presque tous les aspects du développement du genre humain, ce qui a inclus l’éducation, l’agriculture et la santé.

    Nous célébrons la Journée de l’Afrique en cette année 2020, dans des circonstances très particulières, au cours desquelles le monde est aux prises avec une pandémie catastrophique provoquée par la COVID-19. Elle a causé d’immenses souffrances, entraînant des milliers de morts et de graves perturbations dans les économies modernes du monde. Nous rendons un hommage particulier à nos amis, le peuple cubain, le remercions pour leur immense contribution en l’Afrique et dans les autres pays du monde, dans le domaine de la santé.

    La 1° mission de diplomatie médicale cubaine de longue durée en Afrique a débuté en Algérie en 1963. Depuis lors, les professionnels de la santé cubains sont plus de 5 000 personnes en Afrique du Sud, Algérie, Angola, Botswana, Burkina Faso, Cap-Vert, Congo, Djibouti, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, RASD, Sao Tomé-et-Principe, Seychelles, Tanzanie, Tchad et Zimbabwe.

    Le commandant en chef Fidel Castro a créé les brigades médicales Henry Reeve en 2005. Cette brigade est internationalement reconnue pour son travail consacré à sauver des vies lors des catastrophes naturelles et des épidémies les plus graves. Cette brigade compte plus de 7 400 professionnels volontaires, qui ont soigné des millions de personnes.

    Ce sont ces mêmes brigades Henry Reeve que Cuba a envoyées en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée au plus fort de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016. 250 médecins : spécialistes, infirmières et autres travailleurs de la santé ont réalisé la plus grande opération médicale sur le terrain. Aujourd’hui, avec la pandémie de COVID-19, les brigades Henry Reeve ont été à nouveau dépêchées dans plusieurs pays du monde, y compris des pays africains ( Angola, Togo, Cap-Vert et Afrique du Sud).

    Au nom des ambassadeurs africains représentant leur gouvernement et l’ensemble de la communauté africaine à Cuba, nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude au gouvernement de la République de Cuba et au peuple cubain pour leur contribution, non seulement à la lutte pour l’indépendance des pays africains, mais aussi pour toute l’assistance que Cuba leur a fournie toutes ces années. Nous réaffirmons que nous continuerons à honorer et à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays à Cuba.

    Nous saisissons également cette occasion pour féliciter Cuba pour l’exemple qu’elle continue de donner en matière de solidarité internationale. Cuba a montré au monde que, quelle que soit la sévérité des sanctions politiques, économiques et commerciales imposées depuis des décennies, elle reste parmi les 1° pays du monde en matière de soins et d’assistance médicale.

    • Plus de 1,2 M d’Africains ont apporté une contribution extraordinaire à la formation de la nationalité cubaine.

    • Dans les luttes pour l’indépendance de Cuba contre le colonialisme espagnol, les Cubains d’origine africaine représentaient environ 75 % de l’Armée de libération.

    • Plus de 300 000 combattants internationalistes cubains ont lutté contre l’injustice et la domination sur le continent, dont plus de 2 000 ont perdu la vie.

    • Environ 6 000 coopérants cubains prêtent leurs services en Afrique dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la construction, du sport, des ressources hydrauliques et de l’agriculture, dans 32 pays du continent.

    • À ce jour, plus de 30 000 étudiants africains ont obtenu leur diplôme à Cuba dans diverses disciplines.

    • Environ 9 000 étudiants africains poursuivent actuellement des études supérieures à Cuba.

    • Plus de 200 professionnels de la santé cubains ont combattu le virus de l’Ébola en Afrique de l’Ouest, en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée.

    • Cuba a envoyé des brigades médicales à la demande de pays africains pour faire face à la pandémie de la COVID-19 : Angola, Togo, Cap Vert et Afrique du Sud.

    • 28 ambassades africaines sont présentes à La Havane.

    • 34 ambassades cubaines sont ouvertes sur le continent africain.

  • Laure Lemaire- Le colonialisme met en place l’apartheid

    Laure Lemaire- Le colonialisme met en place l’apartheid

    Les populations sont organisés dans des partis politiques à dominante ethno-linguistique :

    * Unionistes pour les anglophones,


    Avant 1948, la politique indigène est présentée comme provisoire en attendant que, devenues « civilisées, les masses indigènes » accèdent à la citoyenneté. Après 1948, l’apartheid, (la division du pays en 2, avec d’un côté les Blancs et d’un côté les Noirs, (en continuant à être les réservoirs de main-d’œuvre), vient rompre avec la discrimination coloniale. Malan considère que régler le problème des Blancs pauvres devrait aussi permettre de gérer la question autochtone.

    L’apartheid n’est pas clairement défini, ni cohérente, ni uniforme, mais un « instrument de justice et d’égalité qui doit permettre à chacun des peuples d’accomplir son destin et de s’épanouir en tant que nation distincte ».

    Entre 1960 et 1980, + 3 M 1/2 de paysans noirs sont dépossédés de leurs terres au profit de Blancs. Un système de contrat oblige les salariés noirs de l’industrie à vivre dans des townships, loin de leurs familles demeurées en zone rurale, pour devenir un réservoir de main-d’œuvre bon marché et qui ne sont plus des concurrents pour les fermiers blancs. La population carcérale atteint 100 000 personnes, taux le plus élevé au monde.

  • الطاهر المعز-الفرنكفونية : استعمار ثقافي وسياسي

    الطاهر المعز-الفرنكفونية : استعمار ثقافي وسياسي

    ربطت فرنسا الإستقلال الشّكلي لدول إفريقيا الغربية، في بداية عقد الستينيات من القرن العشرين، باستمرار الهيمنة الإقتصادية والمالية (عبر الفرنك الإفريقي المرتبط بالفرنك الفرنسي) والثقافية من خلال اللغة الفرنسية (واللغة جزء من الثقافة والحضارة والتعليم وسير الإدارة…)، وناقش مجلس الوزراء الفرنسي موضوع إنشاء إطار فرنكوفوني، منذ سنة 1963، وأنشا الجنرال/الرئيس شارل ديغول ورئيس وزرائه جورج بومبيدو، سنة 1966 « اللجنة العليا للدفاع عن اللغة الفرنسية وتوسيعها  » بتواطؤ من بعض الزعماء الأفارقة مثل « ليوبولد سيدار سنغور » ( السينغال) و « هوفويت بوانْيي » (ساحل العاج) وبورقيبة (تونس) وغيرهم، وأعلن الجنرال ديغول: »الآن وبعد أن أنهينا الاستعمار، سوف يعتمد موقعنا في العالم على قوة تأثيرنا، ومن ضمنها قوتنا الثقافية « ، لتُمثِّلَ بذلك اللغة الفرنسية (والفرنكوفونية فيما بعد) مشروعًا سياسيًّا يخدم طموحات الإمبريالية الفرنسية التي تراجعت هيبتها بعد الحرب العالمية الثانية، وخصوصًا بعد هزيمَتَيْ فيتنام (ديان بيان فو – 1954) والجزائر (1962)، وأنشأت الدّولة الفرنسية سنة 1970 وكالة التعاون الثقافي والتقني (سَلَف المنظمة الدولية للفرنكوفونية) كأداة للإستعمار « اللّيِّن » المُخْتَفِي وراء الثقافة…

    تنعقد القمة الفرانكفونية مرة كل سنتَيْن، وانعقدت القمة الثامنة عشر سنة 2022 بجزيرة جِرْبَة بتونس، وانعقدت القمة التاسعة عشر يومي 4 و5 تشرين الأول/أكتوبر 2024 في فيليرز-كوتيريه (Villers-Cotterêts ) بفرنسا تحت شعار “الابتكار والإبداع وريادة الأعمال باللغة الفرنسية”، ويندرج هذا الشعار ضمن الإستراتيجية الجديدة للمنظمة الدولية للفرانكفونية التي أضافت قضايا الإقتصاد إلى المسائل الثقافية، لتتمكن فرنسا من بيع سياراتها وسلعها وأسلحتها وترويج الإيديولوجيا المعادية للثقافات الشعبية المحلية، وانتهت القمة بوعود لن تتحقق مثل مضاعفة جهود تدريب وتشغيل الشباب…

    لم يستفد مواطنو الدّول الأعضاء من الزّج ببلادهم في منظومة ثقافية استعمارية تُهيمن عليها فرنسا التي انحدرت مكانة لُغَتثها الفرنسية بين طلابها وباحثيها، غير إن اللوبي الفرنكوفوني – المستفيد من العلاقات غير المتكافئة بين الإمبريالية الفرنسية ومستعمراتها – لا يزال قويا في مجمل المستعمرات الفرنسية السابقة وخصوصًا في إفريقيا، من الجزائر إلى مدغشقر، مرورًا بإفريقيا الغربية والوُسطى والبلدان المحيطة بالصحراء الكبرى، ويعمل على سيادة اللغة الفرنسية في التعليم والبحث العلمي والإدارة، على حساب اللغات المحلية (العربية في المغرب العربي)، رغم إغلاق حدود فرنسا (والإتحاد الأوروبي) في وجه العمال والطلبة والسائحين وأقارب المقيمين العرب والأفارقة في فرنسا، فضلا عن العداء السّافر للغة العربية والحضارة والتاريخ والمواطنين العرب…

    داخليا: تم تعيين ميشيل بارنييه رئيسًا للوزراء في فرنسا من قبل إيمانويل ماكرون، يوم الخامس من أيلول/سبتمبر 2024 ضمن عملية إعادة هيكلة الحياة السياسية وإنشاء التحالف الرسمي بين اليمين التقليدي واليمين المتطرف، حيث اشتهر ميشيل بارنييه بالتقارب مع أطراف اليمين المتطرف وبدا ذلك جليا خلال حملته الانتخابية سنة 2022، من خلال تحميل المهاجرين كل مشاكل فرنسا ومن خلال معارضته توزيع حبوب منع الحمل، ولذلك عبّرت قيادات حزب « التّجمع الوطني » (أهم وأقدم أحزاب اليمين المتطرف ) عن ارتياحها لتعيينه رئيسًا للوزراء، ويُستشف من تصريحات قيادات اليمين المتطرف إنها لن تُعرقله، ولو لم تُشارك في الحكومة التي لا تستطيع الإعتماد على أغلبية برلمانية لدعمها، دون تحالف أو « شراكة » بين اليمين التقليدي واليمين المتطرف الذي تمكّن من اسْتِمالة قسم واسع من « الفِئات الشعبية »، فضلاً عن دعم قيادات منظمات أرباب العمل ودعم وسائل الإعلام المملوكة لفنسانت بولوريه ولمجموعة « بويغ » وبعض الفئات الوُسْطى.

    عمومًا، أظهرت انتخابات 2024 في فرنسا، وانحياز وسائل الإعلام (بما فيها محطات الإذاعة والتلفزيون للقطاع العام) لليمين المتطرف، انْزِياحًا لليمين التقليدي نحو اليمين المتطرف، في مجمل بلدان الإتحاد الأوروبي…

    كانت فرنسا قوة استعمارية كبرى لفترة طويلة في أفريقيا، تهيمن شركاتها على العقود المُرْبحة للبنية التحتية وبناء الموانئ ومحطات الطاقة وشبكات الطرقات والإتصالات، وتتعرض الهيمنة الفرنسية حاليا للتهديد بسبب المنافسة مع الولايات المتحدة وإيطاليا وروسيا وغيرها، وخصوصًا الصّين التي تنمو علاقاتها مع أفريقيا منذ أكثر من عِقْدَيْن، ويمثل مشروع طريق نيروبي- مالابا السريع نموذجًا لهذا التغيير، حيث حصل كونسورتيوم فرنسي شكلته شركتا فينشي وميريديم سنة 2019 على عقد تنفيذ هذا المشروع العملاق، ثم أعلن الرئيس الكيني ويليام روتو خلال منتدى التعاون الصيني الأفريقي في بكين من 04 إلى 06 أيلول/سبتمبر 2024 إلغاء العقد ومنحه إلى مجموعة صينية، ما يُشكّل انتكاسة للمصالح الفرنسية في المنطقة، ويتمثل المشروع في بناء طريق سريع ذو مسارين لِرَبْطِ العاصمة الكينية بالحدود مع أوغندا، بقيمة تفوق مليار يورو، بهدف تسهيل نقل البضائع من كينيا إلى أوغندا ورواندا وجمهورية الكونغو الديمقراطية وجنوب السودان، وكان المشروع يعتمد على نظام رسوم يسمح للشركات الفرنسية بجعل استثماراتها مربحة لمدة ثلاثة عقود، غير إن مجموعة الشركات الصينية التزمت بتقديم تمويل ضخم وفترة قصيرة لإنجاز المشروع، وسبق أن اختبرت دولة كينيا جِدِّيّة ونجاعة الشركات الصينية من خلال بعض الإنجازات السابقة مثل طريق ثيكا السريع، وطريق نيروبي السريع، وخط السكة الحديد بين ميناء مدينة مومباسا والعاصمة نيروبي.

    يُشير هذا المثال إلى تراجع نفوذ الإمبريالية الفرنسية في إفريقيا (وفي العالم) و إلى الصعوبات التي تواجهها الشركات الفرنسية في التكيف مع الواقع الجديد للسوق الأفريقية، وعدم قدرتها على الصمود أمام المنافسة الصينية، وبعض القوى الناشئة الأخرى مثل تركيا أو الهند، إذْ لم يَعُدْ بوسع فرنسا أن تتعامل مع أسواق معينة ( غربي إفريقيا مثلاً) كجزء من فضائها الحَيَوِي، وأدّى تزايد النفوذ الصيني في مجالات استخراج المواد الخام والبُنْيَة التحتية والإستثمار والتبادل التجاري والتعاون الثقافي إلى إعادة تشكيل الأسواق في قارة إفريقيا، خصوصًا منذ إنجاز طريق الحرير الجديد، منذ نحو عشر سنوات الذي مَكّن الصين من تعزيز نفوذها ونفوذ شركاتها في معظم مناطق إفريقيا، ومن بينها المغرب العربي الذي تعتبره المُخطّطات الصينية بوابة أوروبا – من خلال التّحايُل على تعريفات الإتحاد الأوروبي – وأفريقيا جنوب الصحراء الكبرى، وأصبح شمال إفريقيا يحتل مكانة مركزية في استراتيجية التوسع هذه، وأشارت وسائل إعلام المغرب مؤخّرًا إلى الإستثمارات الضخمة للشركات الصينية العملاقة ( مثل CNGR و Gotion) التي سوف تُحْدِث « تغييرًا جذريًّا في المشهد الصناعي في المنطقة » من خلال « ضخ عدة مليارات من الدولارات، في إنتاج البطاريات الكهربائية في المغرب »، بهدف تصديرها إلى أوروبا وربما إلى أمريكا الشمالية كإنتاج مغربي والإستفادة من الإتفاقيات التجارية والجمركية بين الاتحاد الأوروبي والمغرب، والإلتفاف على قرار زيادة الرسوم الجمركية الأوروبية على الواردات الصينية في قطاع السيارات الكهربائية والبطاريات، وتعد استراتيجية الصين جزءا من استراتيجية أوسع لإعادة تعريف سلاسل التوريد الدولية، حيث تسعى الصين إلى استغلال موارد المغرب المعدنية الأساسية لصناعة البطاريات، مثل الكوبالت والنحاس والفوسفات، بهدف الحفاظ على مكانتها المهيمنة في الصناعات المتطورة، وتوفر اتفاقيات التجارة الحرة بين المغرب والاتحاد الأوروبي والولايات المتحدة إمكانية وصول الصين إلى تلك الأسواق، ما يُحَوِّلُ المغرب إلى حلقة وصل حاسمة في استراتيجية الصين للتحايل على الحصار التجاري « الغربي »، كما يمتلك المغرب بنية تحتية لوجيستية أنشأتها الشركات الفرنسية، ليُصبح المغرب أكبر مُنتج للسيارات في أفريقيا، فيما يسمح ميناء طنجة، الذي يقع على بعد 30 كيلومترا من الساحل الإسباني، بإرسال الحاويات إلى أوروبا والولايات المتحدة بشكل فوري، ويأمل المغرب – من خلال التعاون مع الصين – تعزيز مكانته في سلسلة الإنتاج الدولية للسيارات الكهربائية. بالنسبة للمغرب، والتّحَوُّل إلى مركز صناعي وتكنولوجي دولي، وهو ما لم تُوَفِّرْه فرنسا…

    تستعد مجموعة « شروق الشمس » ( Sunrise ) الصينية، إحدى أهم المجموعات في العالم، لاستثمار 4,1 مليار درهم في الاقتصاد المغربي، بدءًا بمشروع صناعة النسيج الذي يحظى بدعم من المَلِك المغربي نفسه، ووعدت الشركة الصّينية على عدم الإقتصار على مجرد نقل الإنتاج، بل « إنشاء نظام بيئي متكامل يغطي سلسلة قيمة المنسوجات بأكملها، بدءًا من زراعة القطن وحتى تصنيع الملابس »، وتتخوف النقابات من التّأثير السّلبي لمثل هذه المشاريع العملاقة من تدمير الصناعة والحرف المحلية، رغم الوعود « بخَلْق الآلاف من الوظائف ونقل التكنولوجيات والمعرفة وإحداث تحول دائم في المشهد الصناعي المغربي » وما إلى ذلك من الوُعُود…

    على مستوى الثقافة والإتصالات والإعلام والتعليم، انحدرت مكانة اللغة الفرنسية في العالم، بما في ذلك في الجامعات ومراكز البحث الفرنسية فضلا عن الإعلام والقطاع المالي والتكنولوجي، ومع ذلك بقيت سائدة في المُستعمرات الفرنسية السابقة، بفعل هيمنة فرنسا على اقتصاد هذه البلدان، بتواطؤ من فئات أوسع بكثير من الطبقة أو الإئتلاف الحاكم، وتشمل المثقفين والمُدرّسين والوُسطاء والوكلاء التجاريين الذين يُروّجون السلع الفرنسية، على حساب الإنتاج المحلي.

    قبل عشر سنوات من انعقاد القمة التاسعة عشر يومي 4 و5 تشرين الأول/أكتوبر 2024، طلب الرئيس فرنسوا هولاند من جاك أتالي ( الوزير والمُستشار المُقرب من فرنسوا ميتران) تقريرًا عن « الفرانكوفونية الاقتصادية » وأكّد التقرير على  »  الارتباط بين نسبة الناطقين بالفرنسية في بلد ما والحصة السوقية للشركات الفرنسية في ذلك البلد  » ويقترح تعزيز مكانة فرنسا في العالم عبر إنشاء سوق مشتركة للبلدان الفرنكفونية  تُديرها فرنسا، في شكل « اتحاد اقتصادي مُتكامل للبلدان الناطقة بالفرنسية، شبيه في هيكلته بالاتحاد الأوروبي »، مع الإعتماد على المنظمة الدولية للفرنكفونية كأداة غير مكلفة لإنجاز المشاريع التي تحتاجها فرنسا لزيادة نفوذها على الساحة الدولية…

    تُعتَبَرُ الفرنكفونية واحدة من أَذْرع الأخطبوط الإستعماري الفرنسي، من خلال ترويج لغة الإستعمار، واللغة ليست مجرد وسيلة تخاطب وتعبير، بل هي وعاء ثقافي وحضاري، وتهدف المنظمة الدّولية للفرنكفونية إدامة الإستعمار عبر تشكيل الوعي والتعبير ورؤية العالم من خلال الإعلام ومنظومة ومناهج التعليم والثقافة في « المركز » الإستعماري الفرنسي، ويُشكل الفرنكفونيون في إفريقيا نخبة أي أقلية من المواطنين التي ورثت السّلطة – بمختلف درجاتها – من الإستعمار، لأن اللغة الفرنسية لا تُستخدَم في المحيط العائلي وفي الأحياء الشعبية وفي الأرياف، بل هي لغة الإدارة والتعليم والبحث العلمي، وأصبحت لغة المُستعمِر والإرتباط الثقافي بالمستعمر منصة للحصول على المنح الدراسية وعلى تمويل المنظمات « غير الحكومية » ولغة المصارف والمُحاسبة وبعض القطاعات المرتبطة بالإستعمار وإيديولوجيته، وتؤكّد العديد من التقارير البرلمانية الفرنسية على أهمية نشر اللغة والثقافة الفرنسية لتنمية العلاقات الفرنسية الأفريقية…

    تم افتتاح أول مدرسة فرنسية في إفريقيا جنوب الصحراء الكبرى يوم السابع من آذار/مارس 1817، في السينغال (سانت لويس)، حيث تمّ فَرْضُ اللغة الفرنسية كلغة التدريس الوحيدة، « لتعليم وتدريب نخبة متعلمة على الطراز الأوروبي، وربط السكان الأصليين بفرنسا بواسطة اللغة الفرنسية التي يمكنهم بواسطتها من التعرف على بضائعنا وصناعاتنا، وخَلْق نخبة من أبناء القادة والأعيان لتقوم بنشر العناصر الحضارة الأوروبية والفرنسية بين سكان المناطق الداخلية، كعمل مُتَمّم للحملات العسكرية وبذلك تُسيطر فرنسا على الأجساد والأراضي والعقول »، وفق حاكم المُسْتعْمَرَة « جان غوبلان » في رسالة موجّهة إلى وزير البحرية الفرنسية (وهو وزير المُستعمرات) بتاريخ 23 آذار/مارس 1829…

    يُعْتَبَرُ حاكم هذه المُستعْمَرة (السينغال حاليا) من مُبْتَكِري الادوات الثقافية الإستعمارية المُكَمِّلَة للعمل العسكري، فهو يعتبر « إن دَوْرَ المدرسة يتجاوز تعليم قواعد اللغة والحساب، فالمدرسة أداة لفهم نوايا الشعب المُسْتَعْمَر لجعله مُساعدًا لنا في غزو العُقُول… »، بعدما يتكفل الجيش بغزو الأراضي.

    تم استخدام كلمة « الفرنكفونية » لأول مرة من قبل الجغرافي الفرنسي أونيسيم ريكلوس بنهاية القرن التاسع، ضمن حملة التّرويج لاستعمار إفريقيا، وهو ينتمي إلى مجموعة من أنصار الإستعمار والتّوَسُّع، تَضُمُّ السياسي ليون غامبيتا والخبير الاقتصادي بول ليروي بوليو، واعتقد أونيسيم ريكلوس إن أحسن دواء « للشفاء » من الهزيمة العسكرية الفرنسية أمام بروسيا (ألمانيا) سنة 1870، يكمن في استعمار إفريقيا وفَرْض اللغة والثقافة الفرنسية لإتمام « نهضة الإمبراطورية الفرنسية »، مستشهدًا بالإمبراطورية الرّومانية التي فَرَضت اللغة اللاّتينية على الشعوب المُنْهَزِمَة بقوة السلاح، وهو الذي ابتكر عبارة « الفرنكفونية » وهي بمثابة الهيمنة الإيديولوجية على « الأشخاص الناطقين بالفرنسية » ومُحيطهم الجغرافي والثقافي ، واستيعابهم – ضمن السياسة الإستعمارية – من خلال اللغة التي تصبح شرطًا أساسيًا لتوسيع الوجود الفرنسي خارج أوروبا، وفق أونيسيم ريكلوس، وهي نفس الأيديولوجية الاستعمارية لمشروع الهيمنة التي لا تزال قائمة، كخَلْفِيّة للفرنكوفونية الحديثة…

    تُرَوِّجُ فرنسا إن إنشاء مؤسسة لتعزيز اللغة والحضارة الفرنسية، هي فكرة إفريقية، بذريعة نَشْر ليوبولد سيدار سنغور مقالة سنة 1962 بعنوان « الفرنسية لُغَةُ الثقافة »، لكن الوقائع تُفنّد هذه الأسْطُورة، فالفرنكفونية فكرة تخمّرت في ذهن القادة السياسيين الفرنسيين وخصوصًا شارل ديغول الذي أطلق المبادرة سنة 1966 ليتم تحويلها إلى إنجاز سنة 1970، تحت إسم « اللجنة العليا للدفاع عن اللغة الفرنسية وتوسيعها »، لما أصبح رئيس الوزراء « جورج بومبيدو » رئيسًا للجمهورية بعد استقالة الرئيس الجنرال شارل ديغول، وساعده الرئيس السينغالي ليوبولد سيدار سنغور والرئيس التونسي الحبيب بورقيبة ورئيس النيجر حماني ديوري، بدعم من نورودوم سيهانوك (كمبوديا)، لِخَلْقِ كُتلة من البلدان الناطقة باللغة الفرنسية تكون رافدًا للنفوذ الفرنسي في مناخ الحرب الباردة والصراع الأمريكي السوفييتي كترجمة للصراع بين الرأسمالية والإشتراكية، وحاولت فرنسا شق طريق لها، لكنها تعثرت ثم عاودت الإلتحاق بالولايات المتحدة…  

     توسّع الإستغلال الفرنسي للفرنكُفُونية ليشمل عدة مجالات فأنْشأت مؤسسات مثل الجمعية البرلمانية للفرانكفونية ( APF ) والرابطة الدولية لرؤساء البلديات الناطقين بالفرنسية   ( AIMF ) ومعهد الفرانكوفونية للتعليم والتدريب ( IFEF ) فضلاً عن المؤسسات الإعلامية الفرنسية المُشاركة في استراتيجية التأثير الثقافي الفرنسي، وأهمها « فرانس ميديا موند » التي تضم  فرانس 24 وإذاعة فرنسا الدولية ومونت كارلو الدولية (الإذاعة الناطقة باللغة العربية) بالإضافة إلى قناة فرنسا الدولية التابعة لها، وتعتبر هذه الأدوات الإعلامية ذراعًا لوزارة الخارجية الفرنسية « لمجابهة  التحديات الأمنية والاقتصادية والاجتماعية والمؤسسية (…) وتعزيز تغلغل اللغة والثقافة الفرنسية في بلدان أفريقيا  بهدف الحفاظ على المصالح التجارية والصناعية الفرنسية وتطويرها، وفق   » إيفون بورجيه » وزير الدولة للشؤون الخارجية المكلف بالتعاون في خطاب ألقاه في الجمعية الوطنية (البرلمان) يوم 23 تشرين الأول/اكتوبر سنة 1967 وهو يعتبر إن اللغة مفتاح الأسواق، فمن يُفكّر باللغة الفرنسية يُحبّذ الإنتاج الفرنسي ( الإنتاج الثقافي أو الصناعي أو الغذائي…) ويؤدّي تعزيز الشبكة الاقتصادية الفرنسية في إفريقيا إلى تعزيز النفوذ الثقافي والسياسي الفرنسي، وفق « جاك أتالي » الذي أشار، سنة 2014، إلى تراجع نُفوذ اللغة الفرنسية في العالم، مما قد يؤدّي إلى تراجع حجم وقيمة الصادرات الفرنسية، وقدّم للرئيس فرنسوا هولاند عدة توصيات، من بينها « تعزيز تدريس اللغة الفرنسية بالخارج، وتسهيل تنقل الطلاب والباحثين ورجال الأعمال، وتنظيم شبكات الناطقين بالفرنسية، وتحويل « المنظمة الدولية للفرنكوفونية » إلى « اتحاد اقتصادي فرنكفوني »، ولكن تلك التوصيات وتوصيات العديد من البرلمانيين بقيت حبرًا على ورق، لأن فرنسا (مهما كان لون حكومتها) تريد نهب موارد إفريقيا وتجاهل أو إقصاء سُكّان إفريقيا، مما يؤكّد إن اللغة الفرنسية والفرنكوفونية، استمرار للسياسة الخارجية لفرنسا في  مستعمراتها السابقة، وعمومً لا يمكن فَصْلُ الفرانكفونية عن السياسات الدّولية (السياسة الخارجية) الفرنسية، فالادعاءات بمنع الصراعات، وبعثات مراقبة الانتخابات والتدريب باللغة الفرنسية لقوات حفظ السلام، هي بَوّابة توسيع الهيمنة العسكرية (خصوصًا بعد تركيز البرنامج العسكري الأمريكي في إفريقيا: « أفريكوم ») والسياسية الفرنسية، حيث لا يمكن إنكار الصلة القوية بين استخدام جيش أجنبي للغة الفرنسية واستخدام المُعدّات العسكرية الفرنسية…  

    نَشَرَت مجموعة من الكتاب (« توماس بوريل » و « حمزة بوخاري يابارا » وبينوا كولومبات وتوماس ديلتومبي)، سنة 2022، كتابًا ضخما ( 1308 صفحة) عن ما يُسمّى ( Françafrique ) بعنوان « تاريخ فرنسا أفريقيا – الإمبراطورية التي لا تريد أن تموت » ، طبعة الجيب، ويثير الكتاب جوانب غير معروفة للعموم من تاريخ العلاقات الفرنسية الأفريقية، ويُثير الكتاب العديد من التساؤلات حول المنافسة التي تجابهها الإمبريالية الفرنسية في إفريقيا الغربية، من قِبَل روسيا والولايات المتحدة والصين، وعلّقت الصحيفة اليَمِينِيّة « لوفيغارو » (ملك أُسْرة « دَاسُّو » مُصنّعة الطائرة العسكرية « رافال ») بتاريخ السادس من شباط/فبراير 2023، على تقهقر دور فرنسا، خصوصًا بعد مطالبة الأنظمة العسكرية في مالي والنيجر وبوركينا فاسو بإغلاق القواعد الفرنسية ورحيل الجيش الفرنسي الذي دعم الحُكّام الدّكتاتوريين لأنهم مدافعون عن مصالح فرنسا مثل بول بيا (الكامرون) الذي يرأس البلاد منذ أربعة عقود، ومحمد إدريس دبي ( تشاد) الذي ساعده الجيش الفرنسي على الإنقلاب على أبيه، ودنيس ساسو نغيسو (الكونغو) الذي يدعم استغلال الشركات الفرنسية ثروات بلاده، ومنها النفط، وكذلك « علي بونغو » ( ابن الرئيس السابق للغابون، عمر بونغو) الذي يدعم نهب الشركات الفرنسية ثروات ونفط وسواحل البلاد…    

    يُدَوّن هذا الكتاب الضّخْم تاريخ العلاقات الفرنسية الإفريقية على مدى عُقُود وتفنيد الرواية الرسمية لهذه العلاقات باستخدام الوثائق بشكل منهجي ويُبيّن بالحجج والبراهين إن الدّول الإفريقية التي استعمرتها فرنسا سابقًا لا تتمتع بالسيادة الكاملة، حيث تحتفظ فرنسا بقواعد ومنشآت عسكرية على أراضيها، ولا تمتلك هذه الدّول عملة خاصة بها، بل بقي الفرنك الأفريقي  – المرتبط بالمصرف المركزي الفرنسي – العملة الرسمية لأربعة عشر دولة أفريقية، وما الإحتجاجات الشعبية المناهضة لفرنسا في عدة بلدان إفريقية، سوى رغبة في إنهاء الاستعمار الفرنسي، فيما تُروّج الدّعاية الفرنسية إن روسيا والصّين تقف وراء هذه الإحتجاجات وتأجيج ما يُسميه الإعلام الفرنسي « المشاعر المعادية لفرنسا »، وما ذلك في الواقع سوى تعبيرًا عن مُعاداة الإمبريالية والإستعمار الفرنسي الجديد…

    تُمثّل الفرنكفونية غطاءً للهيمنة الفرنسية مُتعدّدة الأشكال، حيث تحقق الشركات الفرنسية أرباحًا ضخمة، في حين يُعاني مواطنو إفريقيا – بما فيها البلدان الغنية بالموارد – من الفقر والبطالة ومن صدّ أبواب العمل والدّراسة في فرنسا، بل يُعانون الإذلال اليومي في قنصليات فرنسا التي تفرض رسومًا مرتفعة على طالبي التّأشيرة قبل رفض أكثر من 90% من الطّلبات والإحتفاظ بمبلغ الرّسُوم، بل تعاقدت فرنسا والإتحاد الأوروبي مع بلدان شمال إفريقيا لمراقبة فُقراء إفريقيا الذين يحاولون المخاطرة بحياتهم وعُبور البحر الأبيض المتوسط هربًا من الفقر، وبحثًا عن عمل في أوروبا، وفي فرنسا بالذّات لأبناء المستعمرات الفرنسية السابقة، بحكم وجود أقارب لهم في هذا البلد الذي يعرفون لُغته…

    رغم النفوذ المتزايد لروسيا والصين والهند وتركيا والولايات المتحدة، تحتفظ فرنسا بترسانة مؤسسية واقتصادية ونقدية وعسكرية ودبلوماسية وثقافية مهمة في إفريقيا، وتهيمن الشركات الفرنسية على العديد من القطاعات كالنفط والغاز والمرافئ والاتصالات السلكية واللاسلكية أو الصناعات الزراعية، في العديد من البلدان الإفريقية، بما فيها غير الناطقة بالفرنسية ( نيجيريا وغانا وكينيا ورواندا وغيرها

    انطلقت القمة الفرنكفونية الـ19 يوم الجمعة 04 تشرين الأول/اكتوبر 2024 في فيليرز-كوتيريه تحت شعار “الابتكار والإبداع وريادة الأعمال باللغة الفرنسية”، ويندرج هذا الشعار ضمن الإستراتيجية الجديدة للمنظمة الدولية للفرانكفونية التي أضافت قضايا الإقتصاد إلى المسائل الثقافية، لتتمكن فرنسا من بيع سياراتها وسلعها وأسلحتها وترويج الإيديولوجيا المعادية للثقافات الشعبية المحلية، وانتهت القمة بوعود لن تتحقق مثل مضاعفة جهود تدريب وتشغيل الشباب… لم يستفد مواطنو الدّول الأعضاء من الزّج ببلادهم في منظومة ثقافية استعمارية تُهيمن عليها فرنسا التي انحدرت بين طلابها وباحثيها وجامعاتها مكانة اللغة الفرنسية، غير إن اللوبي الفرنكوفوني – المستفيد من العلاقات غير المتكافئة بين الإمبريالية الفرنسية ومستعمراتها – لا يزال قويا في مجمل المستعمرات الفرنسية السابقة وخصوصًا في إفريقيا، من الجزائر إلى مدغشقر، مرورًا بإفريقيا الغربية والوُسطى والبلدان المحيطة بالصحراء الكبرى، رغم إغلاق حدود فرنسا (والإتحاد الأوروبي) في وجه العمال والطلبة والسائحين وأقارب المقيمين في فرنسا، فضلا عن العداء السّافر للغة العربية والحضارة والتاريخ والمواطنين العرب…   

    ساهمت فرنسا بنشاط في إزاحة أو قَتْل الزّعماء الإفريقيين الذين ناضلوا من أجل الوحدة الإفريقية منذ عقد الستينات من القرن العشرين واستمر هذا النّهج الإستعماري إلى اليوم، مرورًا بقتل معمر القذافي الذي عمل على تأسيس اتحاد إفريقي وعملة إفريقية وصندوق إفريقي للموارد الخ، لكن مكانة فرنسا تتقهقر، لصالح قوى امبريالية أخرى أو قوى « ناشئة »، ولن تُصبح البلدان الإفريقية مستقلة بالفعل، قبل السيطرة على مواردها وتكثيف التجارة البَيْنية والتعاون بين بلدانها…

    الطاهر المعز 

  • Mohamed Bouhamidi-Kamel Daoud ou les métamorphoses du même au même

    Mohamed Bouhamidi-Kamel Daoud ou les métamorphoses du même au même

    Par Mohamed Bouhamidi.

    In Al Akhbar du 03 mars 2018 (média libanais proche de la résistance)

    L’appel de Kamel Daoud  à constituer des milices (1) restera  le seul fait politiquement et moralement significatif de l’épisode de la tentative de destruction de la statue de AÏn el Fouara à Sétif. 

    L’auteur était un ancien militaire, malade mental.  Il fallait un imaginaire foisonnant pour détecter derrière le marteau du fou un complot à la fois immense, multiforme  et ramifié et aussitôt en appeler à sauver le pays.

      Il a fallu juste quelques heures pour que « La dépêche de Kabylie » et le quotidien « L’Expression »   confirment que le forcené est effectivement un malade mental, ancien militaire, sous traitement psychiatrique et totalement irresponsable.

      Kamel Daoud a réagi comme si l’événement était un stimulus, un signal à la Pavlov et non comme un fait.

    Je préfère la formule de notre Baaziz national : «Où tu jettes l’appât, il plonge ».

    Il a fait, illico, le procès de tout ce qui peut bouger ou murmurer en dehors de son propre camp et il le désigne nommément :

    « Nous n’aurons ni l’armée pour défendre ce pays contre sa talibanisation, ni la police mobilisée pour frapper sur le vivant algérien, les Kabyles et les démocrates, et qui supplie avec douceur et presque à genoux un destructeur au burin de nos richesses. »

    Son camp c’est le vivant algérien et  seulement les Kabyles et les démocrates.

    Cela fait beaucoup de monde, en face, à éradiquer de toute urgence à la lecture de leurs qualificatifs dont celui, répugnant, de rats. BHL, l’ami de Kamel Daoud, pourrait disserter sur le sens des bestiaires convoqués pour parler des humains.

      Karim Kia  s’en étonne dans sa chronique : « De Cologne à Sétif, les approximations dangereuses d’une plume impatiente ». Chronique sagace qui s’interroge plus sur la pertinence de la lecture du fan-club de Kamel Daoud que sur la problématique lucidité du chroniqueur-écrivain.

      Pourtant, Cologne aurait dû inciter Kamel Daoud à mesurer ses réactions et  attendre le minimum d’enquête et de vérification avant de se lancer dans des  condamnations sans recours de cultures, d’ethnies, de sociétés et de l’Islam, pour tout fait dissonant d’avec les bonnes règles du politiquement correct français.  La justice allemande a, depuis cette fameuse nuit, infirmé la réalité des viols tels que présentés et innocenté ces migrants maghrébins ou généralement arabes ou musulmans accusés d’être par nature des violeurs.

      C’est la deuxième envolée où Daoud en appelle, cette fois-ci pour l’acte d’un malade mental psychiatrisé, à la création de milices, synonymes de guerre civile, de sang, de massacres, de viol, de zones de non droit, de destructions de tous genres, de douleurs indicibles. 

    Le mot milice est surtout synonyme d’effondrement du sur-moi individuel et collectif sous l’injonction d’un idéal supérieur, qui devrait nous élever à hauteur d’indigènes aimables aux yeux de l’Occident.

    La contradiction n’est que de façade  avec l’idéal d’un Etat théocratique qu’il  devait nous imposer quand il était chef d’un groupe salafiste.  La métamorphose du salafiste en démocrate n’est que celle du même qui voulait détruire notre Etat national au nom des pères de  la pureté islamique  au même qui veut détruire notre Etat national  au nom de la loi des pères occidentaux qu’il se cherche.

      Le  Dr. Farid Chaoui a réagi  à cet appel si lourd de périls, appelant à la raison de Kamel Daoud en soulignant la conséquence la plus  catastrophique de ses injonctions, comme on le fait avec un enfant pas trop conscient de ses actes :

    « Nous serions donc trois races d’algériens : Les « rats barbus », les « idéologues de la soumission » et « les autres, les bons » qui ne s’entendraient que sur une seule vérité : la guerre, l’extermination totale, la purification? » (2)

      La purification, on en connaît le sens d’Hitler à Daesh.  C’est bien ce à quoi appelle Daoud et que vous pouvez lire en suivant ce lien  (3).

      Sur Cologne, il nous avait avertis (4).  Dans une émission où on l’interroge sur les réactions à son papier concernant Cologne, il balaye les critiques émises à son essentialisme en confirmant que son texte n’est pas à lire sur le factuel mais comme message. Il signalait que l’Europe dans sa générosité, à offrir des camps et de la soupe, aux  migrants de la zone arabe ou musulmane  ne ferait pas d’eux des gens fréquentables ou des voisins civilisés.

    Elle importait sur ses territoires des êtres imprégnés d’une culture de la violence, de l’enfermement des femmes, du viol, de l’absence de contrôle de soi etc. Il planait au-dessus du factuel pour inciter l’Europe à voir plus loin que son nez.

    C’est pour cela que Cologne ne pouvait l’instruire sur la façon de réagir à Sétif.

      Daoud plane dans les grands scénarios historiques, pas dans la misérable besogne de la vérification des faits et de leurs connexions grâce à ce que nous apprennent les sciences sociales, à savoir que nos faits et nos productions mentales sont malgré toutes leurs apparences de spontanéité reliées à des causes proches ou lointaines.

      Le prophète parle au nom de la vérité qu’il porte et non au nom de la réalité.

      Aucun argument ressortissant de cet examen du réel ne peut répondre à un fantasme. L’ordre de la réponse c’est le fantasme.

      Pourquoi diriez-vous au fan club de Kamel Daoud que les arabes peuvent  être chrétiens et pas musulmans, ou musulmans mais druzes croyant à la métempsychose, ou musulmans et alaouites aux mœurs très libres, ou zyadites et rigoristes, ou donc qu’être arabe ne signifie en rien être musulman ?

      Pourquoi signaler que des musulmans peuvent être de pays, de cultures, de civilisations et de mœurs complétement dissemblables et que la musulmane de Damas ou Alep a si peu à voir avec celle d’Afghanistan et que même au Pakistan tellement musulman, une dame a été premier ministre ? L’impossibilité du débat avec cette littérature de la bonne vieille agit-prop (agitation-propagande)  de Kamel Daoud est que nous sommes face à des représentations qui nous renvoient à   un réel non pas social et politique mais celui de ses fantasmes.

      A quoi bon rétorquer à son fan-club que contrairement à ce qu’il dit les femmes algériennes ne sont pas enfermées dans un espace clos. Elles forment la majorité des enseignants tous paliers confondus et ce n’est pas rien d’être prof de fac de lettres ou de médecine ; qu’elles forment la majorité du corps médical, la majorité du corps des magistrats ; que si deux voitures passent dans nos villes, la troisième est conduite par une femme. Elles prennent place dans les terrasses de café au centre-ville d’Alger, ailleurs je ne sais pas, et elles entrent dans tous les cafés, fast-foods, restaurants d’Alger et sont accueillies normalement. Ces spectacles de femmes occupant l’espace public et professionnel s’offrent à nous tous les jours.

    Force nous est faite de constater que son obsession ne renvoie à aucune réalité indiscutable d’une Algérie vide de ses femmes. Ni même à la réalité concrète des femmes encore soumises à la règle patriarcale du gynécée. Elle reste comme obsession juste le symptôme d’un problème individuel  et en rien un indicateur social. Cette idée de bousculer l’image du père, voire de le changer, en tous cas d’en signaler la pesante présence,  suggère fortement un recours à Freud mais ce n’est pas l’affaire de ce propos.

     Sur la question des migrants et de leur culture supposée unique et misogyne comme sur celle des femmes, Kamel Daoud confirme qu’il ne s‘adresse pas aux européens concernant les motivations économiques et politiques des dirigeants, mais sur l’effet de leurs décisions quant à l’avenir de la civilisation européenne. Il n’est vraiment pas le premier à délivrer ce genre d’alerte à la menace de la barbarie que représentent sûrement les dizaines de milliers de médecins, de cadres, d’enseignants, de techniciens, d’entrepreneurs et de commerçants invisibles qui constituent le gros de notre émigration aujourd’hui. C’est le pain quotidien de Zemmour, Finkielkraut, Houellebecq, Fourest ou le F.N. Boualem Sansal a également alerté sur cette erreur civilisationnelle de l’Europe. Kamel Daoud dit quelque chose de plus : ces migrants viennent avec la loi de leurs pères. Et c’est précisément là le lieu de l’impossibilité de l’intégration, un père doit disparaître pour que la loi devienne unique. Les migrants ne peuvent devenir européens qu’en renonçant aux lois de leurs pères. Les migrants en sont donc réduits à être en besoin de tuteur et d’adoption. La dualité, ici, transparente, est que le migrant ne peut renoncer au père originel qu’en devenant le fils du nouveau père, la personne en accord avec la nouvelle loi.  Et il ne s’agit pas des lois générales de l’Etat ou de la logique ou de la pensée, mais de la loi du père, de nos père puisque Kamel Daoud la mesure obsessionnellement à la condition de la femme, enfermée, cachée, prisonnière et à laquelle on ne peut accéder qu’en en passant par  l’allégorie freudienne du Totem. 

      Les discours de Sansal et de Daoud sur l’erreur de la « bonté » européenne ne sont similaires qu’en surface.

    Alors que Sansal assume tranquillement son passage à l’autre rive, par son voyage en Israël, ainsi que le port de la kippa, Daoud en reste à une agressivité sans retenue vers son semblable haï, l’arabe et le musulman. Il tape comme un sourd sur tout ce qui peut rappeler une origine.

    Sa critique du soutien « tribal, ethnique ou religieux » aux Palestiniens en est l’expression la plus pathétique et la marque la plus indiscutable du caractère fantasmatique de ses écrits.

    Les soutiens aux Palestiniens viennent du monde entier, des pays les plus divers, des cultures les plus dissemblables, de l’ensemble des couleurs de peaux humaines, des écrivains, des artistes et des cinéastes les plus affirmés, des universités occidentales les plus prestigieuses.

    Bref le soutien à la Palestine est le moins religieux, le moins ethnique et le moins politiquement monolithique depuis le boycott de l’apartheid. L’empathie pour les souffrances de ce peuple est devenue le vecteur de la résistance à l’impérialisme, voire du retour de l’idée que les peuples sont semblablement humains par leurs parts diverses de langue, de culture, de croyances. Il s’oppose à la solidarité avec le peuple palestinien pour les raisons qu’il dit abhorrer, parce qu’il est perçu musulman et arabe, pour des raisons ethniques et religieuses.

    Il lui est tellement insupportable de voir que ses origines sont un fait d’histoire et non un affect coincé ?

    Il est vrai que se placer dans une histoire nous oblige à voir les connexions de notre vécu  avec l’environnement historique lui-même et admettre que nous sommes, comme humains, au moins en partie,  un produit de notre histoire. Toute l’adresse aux européens sur leur naïve bonté tomberait  à l’eau.

      Tout algérien, socialement impliqué, qui aurait la mémoire de la présence coloniale ou celle des années d’après l’indépendance, pourrait nous rappeler que cette haine des origines ne relève pas du seul affect individuel. C

    ette violence symbolique assénée à notre peuple était aussi celle des castes féodales supplétives du colonialisme français après avoir été supplétives des Ottomans. Double discours de disqualification, d’une part, des tribus turbulentes et anarchiques ou des classes serves à tenir en main, et d’autre part offre de service à l’occupant.

    « Les arabes ne comprennent que la trique et ne sont pas amendables » que nous avons entendu de nos congénères indique bien que le complexe du colonisé n’est pas seulement  une pathologie de l’indigène aliéné mais loge aussi dans les intérêts de castes intéressées à une domination étrangère.

    Agonir les arabes et les musulmans  en général, et les soutiens arabes et musulmans des palestiniens au passage, se  prolonge aussi dans un destin social, dans la recherche d’un statut social. Ici, la validation se fait par l’Autre, par le colon comme culture, par sa reconnaissance que le candidat supplétif est apte à relayer la parole, la vision et les ambitions de l’Autre. Et pour l’instant, aucun candidat ne le surpasse dans l’art du sophisme. 

      Le texte remarquable de Djawad Rostom Touati décrypte la démarche fantasmatique du retour du héros qu’espère incarner Kamel Daoud, revanche de celui qui devient, lui, le père, la source des nouvelles lois. L’appel à la formation des milices n’est pas un texte surgi d’un néant psychique.  Il est présent depuis très longtemps, dans la violence symbolique dont il nous agonit depuis sa première chronique. Il a toujours écrit non pour comprendre mais pour combattre.

      En 2005, paraît son roman qu’il appellera récit pour le rendre plus « vrai » : «  Ô Pharaon » (5). Il parle d’une ville de l’ouest algérien, Relizane, qu’il ne nomme pas, lieu des méfaits des patriotes et Groupe de Légitime Défense qui ont mené la lutte anti-terroriste et qu’il désigne sous le vocable de milices. Il en fait les responsables d’un inventaire hallucinant de crimes, de vols, de viols, de concussions, d’assassinats, au milieu d’un assentiment passif de la population, qu’il décrit née de la prostitution diffuse, de mœurs dépravées et perverses. Une engeance qui ne méritait nul salut, pitié ou considération. Toute la haine de ces populations écrasées par l’histoire coloniale dit une haine de classe des castes féodales qui n’ont pas pardonné à ces gueux d’avoir occupé les terres et les biens coloniaux vacants, d’avoir remis en cause la suprématie naturelle des maîtres.  C’est le tableau d’une population de bâtards dominée par une organisation criminelle commandée par un homosexuel. Dans la métonymie et le métalangage présents dans ce roman, le terme homosexuel ne renvoie pas  à l’orientation sexuelle mais à la vieille perception dégradante de pédéraste, être dominé par la force ou par un vice. Il suggère le vice bien sûr, il ne fallait pas moins que le vice pour gouverner une ville de bâtards. Le lecteur en concevrait même de la sympathie pour les bandes du GIA que l’auteur ne désigne jamais comme terroristes.

      Comment peut-on chanter les standards des pères européens et être homophobe à ce niveau d’eaux usées ? Parce que dans ce livre, Kamel Daoud ne s’interdit aucune arme, même pas celle-là. Pour s’attaquer aux patriotes, la fin justifie les moyens, l’éthique est un inutile embarras. Il était chargé de mission.

      2005, c’est l’année de plus grande controverse sur la Concorde Civile et sur la réconciliation, et il y avait besoin urgent de produire des textes renvoyant dos à dos patriotes et terroristes.

      Ce livre est une charge sans règle contre les patriotes, une véritable écriture milicienne, celle de la guerre idéologique totale contre un courant politique et social qui a sauvé notre pays. Un appel au feu et au meurtre. C’est une écriture au service d’une thèse, non d’une quête de la compréhension d’une Algérie qui change, qui bouge, comme dans les œuvres de Mouloud Mammeri ou de Mohamed Dib, d’une Algérie qui cherche ses pères et sa femme magique.

     Au service d’une thèse, elle est en sus une écriture mercenaire, une écriture à la commande, comme ce Meursault, le premier livre dans l’histoire de la littérature à avoir une version pour indigène et une version pour la métropole. (6)

    Toute la difficulté de penser l’écriture de Daoud tient dans la difficulté à déchiffrer les fantasmes et leurs liens avec l’inconscient individuel. Ceux de Daoud, scénarios individuels,  se logent dans les scénarios des projections du changement des régimes, du changement des lois, et du meurtre de nos pères. C’est cette location qui a fait la notoriété de Daoud pour les services qu’ils pouvaient rendre aux nouvelles ambitions coloniales. Quel intellectuel français, même raciste, peut se permettre de   tenir de tels propos sur les musulmans sans en payer le prix lourd de rémanence  raciste ?

    La France médiatique s’est soulevée contre les treize  chercheurs en sciences sociales  qui ont alerté que les propos de Daoud sur Cologne  sont ceux d’un vieux discours raciste et essentialiste et en rien une nouveauté. Cette France des médias a paniqué qu’il existe encore une prétention à l’exercice public  des sciences sociales qui finiraient peut-être par dévoiler leurs propres jeux  L’alliance des médias et de Daoud est l’alliance la plus réactionnaire jamais vue en ce 21 ème siècle, celle qui devra effacer deux siècles d’avancées  en sciences sociales pour rendre impossible l’intelligence des liens entre  les productions mentales et les enjeux en cours dans notre réalité sociale. . Les découvertes de Freud, de Marx, de Bourdieu, de Lacan, des ethnologues et d’autres disciplines liées à la sociologie la psychologie ou l’économie doivent mourir pour que se déploient sans risque les narratives de l’impérialisme.

    Non, son appel à  la création de milices dont il sait si bien quelles sont les métaphores des pires souffrances ne sont pas un accident ou une précipitation mais bien le désir de passage à l’acte de sa constante violence symbolique qu’il nous assène du haut de ses fantasmes puérils qui ont trouvé si bien à se loger dans le complexe du colonisé et dans la haine de soi  si vivaces par les carences de nos politiques culturelles d’une part et dans le théâtre d’ombre des ambitions néocoloniales d’autres part.

                                      Mohamed Bouhamidi. – Alger – le 26 décembre 2017.

    1. http://www.chouf-chouf.com/chroniques/kamel-daoud-la-destruction-de-la-statue-de-ain-el-fouara/
    2. http://librealgerie.info/2017/12/25/reponse-dun-inquiet-a-un-desespere/
    1.  L’Expression http://www.lexpressiondz.com/article/0/0-0-0/282252.html

           La Dépêche de Kabylie    http://www.depechedekabylie.com/evenement/184146-un-fou-sest-attaque-a-la-statue-dain-el-fouara.html

    4-  https://video-streaming.orange.fr/tv/kamel-daoud-revient-sur-sa-chronique-sur-cologne-VID0000002jkNx.html

    5- https://ecolepopulairedephilosophie.wordpress.com/2023/05/06/o-pharaon-de-kamel-daoud-le-livre-proces-des-patriotes-et-gld/

    6- http://bouhamidimohamed.over-blog.com/2017/02/kamel-daoud-revient.la-litterature-le-charognard-et-les-pavanes-de-beuglant.html

    Ma note de lecture sur son livre procès des a,ti-djihadistes.

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris