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Rene Naba-Gaza, un an après : Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage 3 /3

Gaza, un an après : Vers la fin de l’âge d’or de la supériorité absolue militaire israélienne sur son voisinage par Rene Naba 3 /3
15 octobre 2024
Le dossier “Gaza, un an après”, en cinq volets est co-publié en partenariat avec l’Ecole Populaire de Philosophie et des Sciences sociales (Alger)
Mes plus vifs remerciements à Rene Naba pour ce partenariat offert à l’école populaire et qui confirme, en plus de son amitié, une perspective au delà de notre pays. Mohamed Bouhamidi
- 53 pour cent des vetos américains ont bloqué une résolution concernant Israël.
- L’Afrique du sud, puissance d’influence, boussole morale du nouveau monde en devenir
- La Cour Pénale Internationale, substitut à un Conseil de sécurité de l’ONU, dysfonctionnel.
Déluge Al Aqsa : un électrochoc salutaire sur la léthargie occidentale en propulsant la nécessité de la création d’un état palestinien indépendant et souverain.
La rapporteure spéciale Francesca Albanese avait ouvert une polémique avec Emmanuel Macron à la suite de la commémoration par le président français des victimes du 7 octobre qu’il avait présenté comme le « plus grand massacre antisémite de notre siècle ». Elle lui avait alors rappelé qu’elles n’étaient pas mortes « à cause de leur judaïsme, mais en réaction à l’oppression d’Israël ». Le ministère français des Affaires étrangères avait condamné la remarque de la rapporteure spéciale. Celle-ci avait alors posé qu’affirmer que la mort des victimes était le résultat de l’antisémitisme « obscurcit leur véritable cause ».
“Ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d´Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.” – Aimé Césaire.
« Je suis à la fois ahuri et indigné par le fait que ceux qui représentent les descendants d’un peuple qui a été persécuté pendant des siècles, pour des raisons religieuses ou raciales, que les descendants de ce peuple qui sont aujourd’hui les décideurs de l’État d’Israël, que ceux-là puissent non seulement coloniser tout un peuple, le chasser en partie de sa terre et vouloir le chasser pour de bon, mais qui en plus, après le massacre du 7 octobre, se sont livrés à un véritable carnage, massif sur les populations de Gaza, et continuent sans arrêt, frappant civils femmes et enfants.» Edgar Morin, Philosophe et sociologue, invité d’honneur de la deuxième édition du Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) du 8 au 11 février 2024.
Un taux de mortalité quotidien supérieur celui de tout autre conflit majeur du XXIe siècle
Un historien palestinien de renom, Walid Al Khalidy, fondateur de l’Institut d’Études Palestiniennes, a estimé qu’Israël a tué en six semaines de Guerre contre le Hamas à Gaza, près de 20.000 palestiniens, la plupart des civils, soit plus qu’en 106 ans de présence juive en Palestine, amorcée avec la Promesse Balfour portant création d’un «Foyer National Juif en Palestine», en 1917. De son côté, M. Haytham Manna, président de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), et doyen des opposants politiques syriens, a précisé que la guerre de destruction de Gaza a compté en 55 jours, le double des pertes civiles enregistrées en deux ans de guerre en Ukraine (2022-2023).
En contre champs, Israël a détruit la quasi-totalité des universités de Gaza, tué des milliers d’étudiants et près de cent professeurs. Près de 50 journalistes ont été tués en 45 jours à Gaza, dont 11 dans le cadre de leurs fonctions, faisant de ce bilan, l’un des plus meurtriers de ce siècle. Tant les Etats Unis qu’Israël sont coutumiers du fait où les deux pays ont conjugué leurs efforts pour anéantir toute forme de vie chez leurs ennemis. Et dans le cas de l’Irak, détruire le potentiel scientifique irakien. Cent trente-cinq (135) universitaires toutes disciplines confondues assassinés entre 2003 et 2006 à la faveur de l’invasion américaine de l’Irak.
Cf ce lien https://www.madaniya.info/2018/09/21/le-martyrologe-scientifique-irakien/
L’armée israélienne procède à une « démolition contrôlée» de l’enclave de Gaza, selon l’expression du New York Times, faisant exploser des écoles, des mosquées, des quartiers résidentiels, dans le cadre d’une démolition systématique des bâtiments et des infrastructures.
L’objectif de la guerre est de rendre Gaza inhabitable, rendant inévitable la « relocalisation », c’est-à-dire la déportation, de la population palestinienne, avec pour conséquence l’anéantissement du territoire palestinien de Gaza et, en même temps, celui de la Cisjordanie, sabordant définitivement la possibilité pour les Palestiniens d’avoir leur propre État souverain, comme l’ont décidé les Nations unies il y a 77 ans.
Israël est désormais l’un des pays du monde qui compte le plus grand nombre de journalistes emprisonnés, selon une étude publiée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York. Au 1er décembre 2023, ce nombre s’élevait à 320, soit le deuxième le plus élevé depuis que ce classement a été créé en 1992. D’un certain point de vue, la dynamique est encourageante : le record en la matière – 367 – avait été enregistré en 2022.
Lire la suite sur: http://libnanews.com/linquietante-progression-disrael-dans-le-classement-des-pays-par-nombre-de-journalistes-emprisonnes/
Au vu de ce bilan humain, l’ancien ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, en a déduit, en référence au Conflit Nord Irlandais que «La radicalisation suit l’oppression, et une réponse disproportionnée de l’État peut être le meilleur agent recruteur d’une organisation terroriste».
Israël, état génocidaire ? Un «seuil moral infranchissable», selon le Quai d’Orsay
En mission à Beyrouth, fin décembre 2023, avant d’être relevé de ses fonctions, Bernard Emié, alors directeur de la DGSE, a fait valoir à ses interlocuteurs libanais, que 1.200 israéliens tués lors de l’attaque du Hamas équivalait, proportionnellement à sa population, à 16.000 français tués, un taux inadmissible, qui explique la violence de la riposte massive israélienne, comme pour justifier les représailles sans discernement opérées par l’armée israélienne, au point d’être perçues comme un massacre à huis clos.
En vertu de ce raisonnement biscornu, 40.000 Palestiniens tués équivaudrait à plus d’1,5 millions de Français tués.
Mais malgré cette mortalité élevée chez les Palestiniens, c’est le Hamas qui est qualifié de «terroriste», et Israël épargné de l’accusation de génocide, «un seuil moral» que l’Occident ne saurait franchir. Drôle de seuil pour une drôle de morale.
Le seuil moral que la France ne saurait franchir est la collaboration vichyste avec le nazisme qui tétanise tout débat public dans la «Patrie des droits de l’Homme» et obstrue toute vision claire des problèmes contemporains.
-Songer à la visite en catimini du président Emmanuel Macron, en pleine nuit, à Ramallah pour rencontrer le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas…Comme si serrer la main d’un palestinien devenait un geste honteux.
Pour aller plus loin sur ce thème :
https://www.renenaba.com/macron-en-israel-les-palestiniens-en-catimini-la-honte-de-la-france/
-Songer à la sérénade de François Hollande, un socialiste, entonnant dans la cuisine de Benyamin Netanyahu, un ultra faucon xénophobe et populiste, un hymne à la gloire d’Israël.
– Songer enfin à l’adoption d’une loi française IRHA assimilant la critique du sionisme à de l’antisémitisme, de même la criminalisation des campagnes du BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions), comme si Israël devait bénéficier d’une impunité totale et absolue. Au point que les dîners annuels du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) sont devenus un exercice de prosternation périodique du pouvoir français devant le judaïsme institutionnel.
Ainsi en 2019, année des élections européennes, l’Assemblée nationale française a adopté une proposition de résolution controversée contre l’antisémitisme, préconisant l’adoption de la définition de l’antisémitisme telle que formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), assimilant toute critique du sionisme comme une forme d’antisémitisme.
Cf ces liens :
- https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-2/
- https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-3/
Dans les pays occidentaux, énorme est le fossé entre l’unanimité philo-sioniste de la caste politico médiatique et une meilleure compréhension de la situation palestinienne de la part du grand public.
Pour mémoire, à l’attention des linguistes français, l’extermination d’une population en raison de ses origines s’appelle en français «génocide». Il en est ainsi du génocide arménien en Turquie, comme du génocide des Tutsis au Rwanda. Lui préférer l’expression hébraïque du terme biblique de «Shoah» (holocauste) signe son appartenance au camp pro-israélien
Israël n’a jamais reconnu le caractère de «génocide» aux massacres des Arméniens en Turquie au début du XX me siècle, sans doute pour marquer le caractère unique des persécutions dont les Juifs ont été victimes en Europe. D’abord en Russie, les «pogroms» de la fin du XIX me siècle, puis en Allemagne et en France durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).
Il en est aussi des termes antisémitisme et antiracisme. Arabes et Juifs sont des sémites, mais l’antisémitisme ne concerne que les Juifs, pour se distinguer des autres, alors que l’antiracisme englobe Arabes, Noirs, Musulmans, Asiatiques etc. Le Président Jacques Chirac, lui-même, en fustigeant «l’antisémitisme et le racisme» dans son discours d’adieu, le 27 mars 2006, a consacré dans l’ordre subliminal un racisme institutionnel.
Disposant du monopôle du récit médiatique, les Occidentaux, particulièrement les États-Unis-, auront constamment cherché à rendre inaudibles leurs ennemis, au besoin en les discréditant avec des puissants relais locaux ou internationaux, tout en amplifiant leur offensive médiatique, noyant les auditeurs sous un flot d’informations, pratiquant la désinformation par une perte de repères due à la surinformation en vue de faire des auditeurs lecteurs de parfaits «analphabètes secondaires», pour reprendre l’expression de l’allemand Hans Magnus Einsenberger.
CF à ce propos «Analphabètes secondaires» Hans Magnus Eisenberger, auteur de «Médiocrité et Folie» Éditions Gallimard 1991
La Justice Internationale : une boussole morale en raison du rôle dysfonctionnel du Conseil de Sécurité
Puissance d’influence, l’Afrique du sud est apparue comme une boussole morale du nouvel ordre international en gestation, en poursuivant Israël du crime de génocide auprès de la Cour Pénale Internationale.
Ce faisant, la juridiction pénale internationale est apparue comme un substitut à un Conseil de Sécurité dysfonctionnel en raison du fait que cinquante-trois pour cent (53 %) des vetos américains ont bloqué une résolution concernant Israël.
La motivation sud-africaine est consubstantielle à sa victoire sur le régime d’Apartheid et la profession de foi de Nelson Mandela, l’artisan de la réconciliation nationale et de la «Nation arc en ciel’’ : Les Sud-Africains ne seraient jamais complétement libres tant que les Palestiniens vivraient sous l’apartheid israélien.
«En deux mois, les attaques militaires israéliennes ont «causé plus de destructions que les combats d’Alep en Syrie entre 2012 et 2016, ceux de Marioupol en Ukraine, ou proportionnellement, les bombardements alliés sur l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale».
Mme Blinne Ni Ghralaigh, au nom de l’Afrique du Sud, a fait un redoutable exposé clinique, jeudi 11 janvier 2024 à La Haye, aux Pays-Bas, lorsqu’elle a qualifié de « premier génocide diffusé en direct » à propos des Palestiniens de Gaza.
La plainte déposée par le pays vainqueur de la politique d’Apartheid a été vécue par de larges fractions de l’opinion mondiale comme la plainte du Sud global contre les critères occidentaux de la supériorité morale en même temps que la remise en cause d’un ordre international installé par le plus puissant allié de l’accusé, les États-Unis;
La contestation d’une mémoire dominée par la Shoah, à laquelle s’oppose ouvertement celle de la colonisation.
Sur Nelson Mandela, vainqueur de l’Apartheid sud-africain, cf, ce lien https://www.renenaba.com/hommage-a-madiba-the-invictus-1918-2013/
Pour mémoire, La Cour Pénale Internationale avait déjà condamné Israël pour sa construction d’un «mur d’Apartheid», mais cette condamnation est demeurée inopérante du fait de l’absence d’un dispositif contraignant de la juridiction pénale internationale, à laquelle n‘ont souscrit ni les Etats Unis, ni Israël.
Anomalie majeure, les décisions de la Cour Pénale Internationale sont contraignantes, mais sans les moyens de contrainte. Seuls les Etats Unis disposent du pouvoir de contrainte du fait de la «déterritorialisation du Droit», qui autorise abusivement les Etats Unis à infliger des sanctions à un citoyen français dès lors qu’il traite avec des Américains ou des intérêts américains.
Le bilan psychologique et moral pour Israël : La dissuasion militaire en lambeaux. Les mythes fondateurs de l’État Hébreu, en miettes.
La coalition suprématiste au pouvoir en Israël et la boucherie de Gaza ont sapé un des grands mythes fondateurs de l’État Hébreu : la puissance d’Israël, fondée sur le mythe de l’incompatibilité des juifs avec le fascisme.
L’attaque du Hamas contre Israël, le 7 Octobre 2023, a en outre pointé du doigt l‘écrasante responsabilité des pays occidentaux dans leur complaisance à l’égard de l’Etat Hébreu du fait de leur complicité tacite à l’égard de l’annexion rampante du territoire dédié au futur état palestinien ; discrédité durablement Mahmoud Abbas, le chef nominal de l’Autorité palestinienne et signé la mort politique du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, artisan, pour sa survie politique, de l’alliance avec les forces les plus xénophobes et suprématistes israéliennes.
Les représailles massives ordonnées sans discernement par l’armée israélienne, aussi bien contre les civils que contre les hôpitaux, de même que le blocus économique décrété contre la population civile et le nombre élevé de journalistes tués dans l’accomplissement de leur mission, enfin la destruction systématique de toute surface bâtie, ont sapé durablement un autre mythe fondateur de l’Etat Hébreu sur lesquels il a prospéré depuis sa création: À savoir la «pointe avancée du Monde libre» face à la barbarie arabo musulmane.
Au terme de cette campagne, le patrimoine religieux et culturel de Gaza a été effacé par la guerre d’Israël et la destruction généralisée des sites historiques de Gaza prive les Palestiniens de représentations physiques de leur histoire et de leur mémoire.
Subsidiairement les représailles cataclysmiques israéliennes tant contre Gaza que contre la Cisjordanie ont favorisé la jonction des deux champs de bataille pour en faire une lutte globale pour la libération de la Palestine.
Les divergences israélo-américaines
Bien que n’étant pas membre de l’OTAN Israël est le pays qui, chaque année, bénéficie le plus de l’assistance militaire des États-Unis. Israël est non seulement un acheteur majeur d’armes américaines mais il développe également de nombreux programmes de recherche-développement militaire en coopération avec les États-Unis.
Selon le Times of Israël, Les Etats Unis ont livré à Israël, en 4 mois, de d’octobre 2023 à fin janvier 2024, 250 avions-cargos et une vingtaine de navires représentant une dizaine de milliers de tonnes d’armement et d’équipements militaires. Le New York Times a enquêté spécifiquement sur les bombes MK-84, modèle non guidé de près d’une tonne, dont l’emploi dans la bande de Gaza suscite de vives critiques, avançait fin décembre le chiffre de 5 000 exemplaires fournis.
Les armes fournies par les Etats-Unis depuis le début de cette guerre comprennent au moins 23 000 armes à guidage de précision, dont des missiles air-sol Hellfire, des drones et des kits JDAM (Joint Direct Attack Munition) qui transforment des bombes « ordinaires » en bombes guidées.
Signe de la vulnérabilité israélienne, Les Etats Unis ont même livré à l’État Hébreu des armes dont l’usage est prohibé internationalement; Au total, Les Etats Unis ont ainsi livré 14.000 bombes de 2.000 Kg, 6.500 bombes de 500 kg, 2.200 bombes de 250 kg, ainsi que 1.000 buster Bunker, des bombes anti-bunker.
Sur ce sujet, pour le locuteur arabophone, cf ce lien.
En 1987, les États-Unis ont accordé à Israël le statut d’allié majeur de l’OTAN, donnant droit à Israël d’acheter de l’armement américain au même titre qu’un pays membre de l’OTAN. Israël devient alors le pays le plus fourni au monde en armement américain.
La coopération entre Israël et les États-Unis est très étroite dans beaucoup de domaines d’activité militaire.
Les États-Unis supervisent la recherche-développement en armes d’Israël, contribuant au financement d’importants projets de défense israélien comme le char d’assaut Merkava et le chasseur IAI Lavy. Israël participe activement au développement de l’avion de combat Lockheed Martin F-35 Lightning II
En contrepartie, la Sixième flotte américaine stationne à Haïfa et Israël assure la logistique et la maintenance pour les forces américaines déployées dans la région. Les deux pays mettent également partiellement en commun leurs services de renseignements.
Israël reçoit une assistance militaire de la part des États-Unis plus que n’importe quel autre pays au monde. Depuis 1987, Israël reçoit en moyenne chaque année 1,8 milliard de dollars en termes de vente ou de financement. Cette aide fut portée à 2,4 milliards sous l’administration Clinton.
En 2007, les États-Unis ont accru de 25 % leur enveloppe pour Israël portant leur subvention à 3 milliards de dollars chaque année pour la décennie à venir. De 2019 à 2028 l’aide militaire s’est élevée à près de 4 milliards de dollars par an.
Israël a obtenu, depuis sa création en 1948 jusqu’au début de l’année 2023, plus de 158 milliards de dollars d’aide américaine, dont plus de 124 milliards pour le volet militaire, ce qui en fait le principal récipiendaire de financement américain cumulé depuis la seconde guerre mondiale.
La guerre d’Octobre 1973, qui a mis aux prises Israël face à l’Egypte et la Syrie, constitue la dernière confrontation entre l’Etat Hébreu et des Etats arabes. Depuis lors, toutes les confrontations ont opposé Israël à des forces paramilitaires non étatiques menant contre l’Etat Hébreu une guerre hybride, asymétrique. Elles se sont soldées par des revers pour Israël compte tenu de ses objectifs de guerre déclarés.
La première expression d’une divergence manifeste entre les Etats Unis et Israël sur les options géostratégiques d’un conflit majeur, dans une zone d’influence privilégiée des Etats Unis, sur un sujet fondamental –la conduite de la guerre à Gaza et son objectif final, la création d’un état palestinien indépendant- a considérablement desservi l’Amérique en ce que le soutien absolu et inconditionnel à l’Etat Hébreu a accrédité l’idée de la première puissance planétaire captive d’un lobby politique, au point que dans un éditorial publié par la revue Foreign Policy, Stephen Walt, professeur de Relations Internationales à la prestigieuse Université d’Harvard (Boston Ma) préconise «de mettre un terme à la relation spéciale entre les États-Unis et Israël».
Sans ambages, l’universitaire américain estime que les États-Unis ont surévalué «la valeur stratégique» d’Israël et que le «soutien inconditionnel» à l’Etat hébreu crée parfois davantage de problèmes à Washington que l’avantage stratégique que ce pays est supposé procurer.
«Le coût de cette relation stratégique va en augmentant et ce coût n’est pas uniquement politique mais également économique», conclut Stephen Walt, co-auteur avec son collègue universitaire américain, John Mearsheimer d’un remarquable ouvrage sur «Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine» – Éditions La Découverte.
Jamais dans l’histoire de l’humanité, une superpuissance de 310 millions d’habitants n’est apparue aussi complètement inféodée à un petit pays de sept millions d’individus. Jamais dans l’histoire, un pays au PIB annuel de l’ordre de 200 milliards de dollars, n’a autant imposé sa volonté à une superpuissance pesant 14. 510 milliards de PIB annuel. En vain.
Subsidiairement, l’opposition frontale du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu au président américain Joe Biden à la création d’un «Etat Palestinien Indépendant» a mis un terme à une mystification israélienne d’un demi-siècle, accréditant l’image d’Israël expansionniste, annexionniste et négationniste des droits nationaux palestiniens.
En fait, l’échec [face à la Russie en Ukraine] et l’impératif géographique de maintenir le contrôle de certaines routes maritimes pour assurer la domination des États-Unis ont presque rendu inévitable l’ouverture d’un nouveau front au Moyen-Orient, et ce sont les populations sacrifiables, en l’occurrence les Palestiniens, qui sont contraintes d’en payer le prix
L’incapacité de Washington à garantir une paix durable dans la région est en grande partie liée à son refus de privilégier la création d’un État palestinien à la sécurité d’Israël. Tant qu’il en sera ainsi, le conflit perdurera.
Dans ce contexte, Joe Biden pourrait être «le dernier président pro-israélien issu du Parti démocrate», prédit Nathan Brown, spécialiste du Proche-Orient, professeur de sciences politiques et de relations internationales à l’université George-Washington, à Washington et expert non résident auprès de la Fondation Carnegie pour la paix internationale.
Le très respecté journaliste britannique, David Hearst, en a déduit qu’«En réalité, aucun pays ne fait plus pour dé-légitimer Israël que l’État israélien lui-même».
Sur ce thème, cf ce lien https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/guerre-gaza-justice-internationale-afrique-du-sud-genocide-israel
L’Occident chrétien a pensé purger son passif avec le judaïsme et lui témoigner sa solidarité expiatoire en créant l’État d’Israël en vue de normaliser la condition juive diasporique dans des composantes nationales claires (Abraham B. Yehoshua). Mais il a dans le même temps transmuté son contentieux bimillénaire avec une religion longtemps considérée comme «déicide» en un conflit israélo-arabe et un conflit islamo-judaïque, en négation avec la symbiose andalouse. Ce faisant, l’Occident a transféré en terre arabe les problèmes lancinants de l’antisémitisme récurrent des sociétés occidentales.
L’histoire du Monde arabe contemporain demeurera incompréhensible à quiconque ne prendra en considération la blessure originelle représentée par l’implantation de l’État d’Israël en Palestine tant il est vrai que de toutes les grandes dates qui jalonnent l’Histoire des Arabes, la date du 15 Mai 1948, est sans doute la plus traumatique.
Au-delà des considérations bibliques, la création d’une entité occidentale au cœur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la «Route des Indes», la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.
Un choc à tous égards traumatisant. Il sera vécu à juste titre comme tel, comme une amputation du patrimoine national, une spoliation de l’identité arabe.
Il conditionnera durablement la relation du Monde arabe et de l’Occident à l’époque contemporaine et explique une large part de sa nature conflictuelle, de ses dérives successives, de ses déflagrations répétitives, et, enfin dernière et non la moindre des conséquences, l’aversion révulsive et la méfiance instinctive que continue de nourrir le camp arabe face à toute initiative occidentale.
Il en résulte que le monde occidental est aux prises avec un «effondrement moral» significatif face à la redistribution globale du pouvoir, lequel échappe désormais aux mains de la sphère euro-américaine. Qu’il est dur d’être après avoir été.
Depuis 1917 ans, soit depuis près de 107 ans, la Promesse Balfour a gangréné la relation entre l’Europe et le Monde arabe, puis, par cercles concentriques, la relation entre le Monde arabe et l’Occident, en dépit de la normalisation des relations entre l’Etat Hébreu et six pays arabes, dont trois monarchies périphériques du champ de bataille (Maroc, Bahreïn, Emirats Arabes Unis), pour finir par vicier la relation entre l’Islam et l’Occident, en dépit de l’instrumentalisation de l’Islam comme arme de combat contre l’Union soviétique au plus fort de la guerre soviéto-américaine (Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie).
Se pose la question de savoir, face à l’indifférence des pays occidentaux à l’égard du drame palestinien et leur soutien continu à Israël du fait du génocide hitlérien, si les Palestiniens ne sont pas effectivement «les ultimes victimes du nazisme».
Pour le locuteur arabophone, ci joint l’intégralité de la chronique Mayssa’a Abou Zeydane. (Chroniqueuse du site en ligne «Ar Rai al Yom»).
Le contre-amiral Ami Ayalon, ancien chef du Shin Beth (1996-2000), le service de renseignement intérieur israélien, s’interroge, pour sa part, sur la notion d’ennemi dans le conflit israélo-palestinien, ainsi que sur les errances de la vision sécuritaire israélienne qui menace, selon lui, de déboucher sur une «guerre sans fin». Âgé de 78 ans, il est l’auteur de Friendly Fire : How Israel Became Its Own Worst Enemy («Tir ami : comment Israël est devenu son propre ennemi».
Se pose également la question de savoir si le soutien absolu et inconditionnel des Etats Unis ne constitue-il pas une «assistance au suicide», pour reprendre l’expression du pacifiste israélien Uri Avnery, fondateur d’une ONG pacifiste cataloguée à l’extrême gauche, Gush Shalom (Bloc de la paix).
La Chine et la Russie sont restées remarquablement silencieuses, observant attentivement l’évolution des plaques tectoniques mondiales en réponse aux «deux guerres» (l’Ukraine et la “multi-guerre” d’Israël). Ce n’est pas vraiment surprenant. Les deux États peuvent se contenter de regarder Joe Biden persister dans ses erreurs stratégiques sur ces deux fronts, convaincues que l’entrelacement des deux guerres façonnera, bien entendu, la nouvelle ère ;
Bis Repetita Placent : Près de cent ans après la déclaration Balfour portant création d’un «foyer national juif en Palestine», le sablier de l’Histoire s’est retourné. Sur fond de génocide hitlérien et de sociocide palestinien, le compte à rebours a commencé. L’Union sacrée de l’Otan autour de son pupille en témoigne : Plus qu’en Ukraine, une part du destin de l’Occident se joue, depuis cet automne 2023, sur la terre de Palestine.
En brisant le goulot d’étranglement dans lequel voulaient les enserrer les Etats Unis, Israël et les «normalisateurs arabes » via les «accords d’Abraham», «Déluge Al Aqsa» a fait l’effet d’un électrochoc salutaire de forte intensité secouant la léthargie occidentale en posant l’impérieuse nécessité de la création d’un état palestinien indépendant et souverain.
Le leadership occidental paraît confus et désorienté
Le professeur Barry Buzan, co-auteur de The Making of Global International Relations, soutient que le soi-disant ordre mondial fondé sur des règles, et jusqu’à présent dirigé par les États-Unis, subit une transition évolutive :
«La Chine, l’Inde et le monde islamique se réapproprient leur statut culturel… pas seulement leur richesse et leur pouvoir… mais aussi l’autonomie culturelle qu’ils avaient perdue.
La dialectique entre l’Occident et le reste du monde mondialisé sera l’un des principaux moteurs géopolitiques des années à venir, avec pour pierre angulaire la concurrence entre les États-Unis et la Chine. Les perspectives sont désormais différentes. Les dirigeants et les décideurs semblent confus et désorientés, sans parler des gouvernés. C’est un état d’esprit décrit comme une zétéophobie : une paralysie face à des choix qui pourraient changer le cours de la vie, à une période où les Etats Unis ont cessé d’être «les gendarmes du Monde»
Une évidence occultée du débat public occidental depuis les accords d’Oslo, en 1993, soit depuis 31 ans et qui s’impose désormais inéluctablement, en ce que l’incursion militaire palestinienne au cœur d’Israël a été vécue par l’immense majorité de la population du quart monde comme la version palestinienne de la bataille des Thermopyles du fait que plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ont sacrifié leur vie en cet automne 2023 et en cet hiver 2024, sans désavouer le leadership palestinien de Gaza, pour pérenniser la question nationale palestinienne.
Et Israël est devenu non pas le foyer d’un peuple assailli et persécuté dans le monde entier depuis des millénaires, mais le Fort Knox du suprématisme juif, l’héritier naturel des suprématistes blancs.
((NDLR ! La bataille des Thermopyles, l’un des plus célèbres faits d’armes de l’histoire antique a opposé une alliance des cités grecques à l’Empire achéménide en 480 av. J.-C. À la suite d’une manœuvre de contournement par les Perses, la plupart des Grecs abandonnent le champ de bataille à cause de la trahison d’un des leurs et seuls les 300 soldats spartiates commandés par le roi Léonidas 1er décident de combattre jusqu’au sacrifice, malgré une infériorité numérique prononcée, pour laisser aux Grecs le temps d’organiser leur défense.
Cette bataille devient l’un des symboles de la résistance grecque à l’envahisseur car, grâce à elle et malgré la prise d’Athènes par les Perses, les Grecs conservent leur indépendance après leurs triomphes à Salamine en septembre 480 av. J.-C. ))
Pour aller plus loin :
La sanctuarisation d’Israël, objectif constant de l’Otan
https://www.renenaba.com/israel-etats-unis-2-4-la-sanctuarisation-disrael-objectif-constant-de-lotan/ https://www.madaniya.info/2014/11/27/la-conference-d-annapolis-la-palestine-en-contrechamps/
Le rapport de l’ONG américaine «Human Right Watch» sur «Israël commet le crime d’apartheid», cf ce lien :
Pour une plus grande documentation sur la question
- «Le Sionisme contre Israël» par Nathan Weinstock – Éditions François Maspero 1968, épuisé.
- «Le Proche-Orient éclaté» (1956-2012) Georges Corm Folio/ Histoire tome 1 et tome 2
- Norman Finkelstein : «L’Industrie de l’Holocauste», Réflexions sur la souffrance des Juifs
- Postface de Rony Brauman -Sortie : 1 février 2001 – ISBN : 9782913372108
René Naba
Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.
Source : https://www.madaniya.info/2024/10/15/gaza-un-an-apres-3-3/
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الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 93، بتاريخ 12 من تشرين الأول/اكتوبر 2024

متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 93، بتاريخ 12 من تشرين الأول/اكتوبر 2024 : الطاهر المعز
يتضمن العدد الثالث والتّسْعون من نشرة "متابعات" الأسبوعية فقرة عن مرور عام على المجازر المستمرة في غزة ثم في لبنان، وفقرة عن قُدْرة حكومة "طالبان" الأفغانية على المناورة والمُرُونة في السياسة الخارجية، رغم التّشدّد والتّزمت والتّضْيِيقات داخليا، وفقرات عن الحرب التجارية والإقتصادية والتكنولوجية المستمرة بين الولايات المتحدة وملاحقها من جهة والصين من جهة أخرى وفقرة عن التفاوت بين دخل العمل ودَخْل رأس المال، على مستوى عالمي
عام من تصعيد العدوان ومن المُقاومة
نفذت خمس منظمات فلسطينية (حماس والجبهة الشعبية لتحرير فلسطين والجبهة الديمقراطية لتحرير فلسطين والجهاد الإسلامي ) يوم السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 إحدى أكثر العمليات الفدائية جرأةً ضدّ الكيان الصهيوني في المناطق التي كان يعتبرها مُحصّنة بفعل احتلالها منذ 75 سنة وبفعل تفريط قيادة منظمة التحرير في هذا الجزء من الوطن للإحتلال، ولم يكن هذا الشكل من المقاومة النّوعية واردًا في احتمالات العَدُوّ وداعميه من القوى الإمبريالية وتوابعها من الحكّام العرب الذين اعتقدوا إنهم دَفَنُوا فلسطين، منذ زمن…
أظهرت هذه العملية إن أبناء وأحفاد اللاّجئين ( نحو ثُلُثَيْ سُكّان غزّة) لم ينسوا (كما كان يعتقد ديفيد بن غوريون) بل حرصوا على استمرار اشتعال فتيل المقاومة طيلة ثلاثة أرباع القرن، رغم الحصار المُطبق والتّجويع والإذلال، وكان ردّ فعل العدوّ الثّلاثي ( الإمبريالية والصهيونية والأنظمة العربية) مُدَمِّرًا، لكنه لم يتمكّن من القضاء على المقاومة، رغم الإبادة والدّمار والخراب، لاستكمال المُخطّط الذي لم يتمكّن العدو من إنجاز كافة مراحله أثناء النّكبة، وقتل أكبر عدد ممكن من الفلسطينيين وتهجير من أفْلَتَ من القَتْل، ويهدف التّدمير المنهجي للطرقات والمباني والبُنية التحتية والمدارس والمستشفيات وحتى مباني الأمم المتحدة ودور العبادة، واغتيال مُمثليها واغتيال الصحافيين والعاملين بمجال الإنقاذ والرعاية الصحية إلى جعل غزة (وكذلك جنوب لبنان) مكانًا غير مُعَدٍّ للحياة…
رغم الدّعم الإمبريالي العلني العسكري والدّبلوماسي والإعلامي للعدو، وترويج الدّعاية الإستعمارية الصهيونية، تَمَرّد الآلاف من مواطني أمريكا الشمالية وأوروبا وأستراليا على الرواية الرسمية للأحداث، ولئن لم يناصروا كلهم حق الشعب الفلسطيني في المقاومة وفي اختيار شكلها ومضمونها، فإنهم عارضوا تسليح الكيان الصهيوني وتبرير المجازر وترويج رواية العدو من قِبَل الحكومات ووسائل الإعلام « الغربية »التي روجت أسطورة « دفاع إسرائيل عن النفس » وإنكار حق الشعب الفلسطيني أو اللّبناني في الدفاع عن النفس وعن الأرض والوطن…
إن استمرار هذا العدوان طيلة أكثر من سنة كاملة، رغم الأسلحة الفتّاكة وتطويع التكنولوجيا لخدمة العدوان، دليل على تغيير في موازين القوى بشكل جعل الكيان الصهيوني وحلفاءه يعجزون عن القضاء على المقاومة سواء في غزة أو في لبنان أو في اليمن، وبشكل جعل المناهضين للإستعمار في الدّول الإمبريالية يُشكّكون علنًا في الرواية الرّسمية لمجرى الأحداث، منذ سنة 1948، وتمثّل ردّ حكومات الدّول « الدّيمقراطية » الغربية في تكثيف القمع ولَجْم حرية التعبير وإلصاق تهمة « مُعاداة السامية » ( وهي ظاهرة أوروبية مَحْضَة » بكل من يُعلن تضامنه مع الشعب الفلسطين أو من يُطالب بوقف إطلاق النار، بما في ذلك اليهود الذين يُطالبون بوقف العدوان، ليس من باب التضامن مع الشعب الفلسطيني، بل حرصًا على مستقبل كيان الإحتلال، وتزامن هذا القمع البوليسي والقضائي والإعلامي، مع انتشار التعليقات المؤيدة للإبادة الجماعية ولاستخدام كافة أنواع الأسلحة ضد شعب مُحاصر منذ 18 سنة…
أظْهَر هذا العدوان اصطفاف عدد من قادة منظمة التحرير الفلسطينية وحركة فتح إلى جانب العدو، ولا غرابة في ذلك فقد كانت مفاهمات (وليست اتفاقيات) أوسلو تتويجًا لسنوات من الخيانات في الكواليس، وأفضت هذه المفاهمات إلى تسليح وتدريب قوات أمن فلسطينية من قِبَل الإستخبارات الأمريكية (لذلك سُمّيت قوات دايتون على إسم الجنرال الأمريكي الذي أَشْرَفَ على التّدريب) تُساعد قوات العدو على إفشال محاولات المقاومة، وممارسة الإعتقال والقتل الإستباقي ( الوقائي) وأظْرت الأحداث إن ما يسمى بـ”حل الدولتين” هو غشاء وفُرصة لمواصلة الاستعمار الإستيطاني وضم أراضي جديدة ونَفْي حق العودة للاجئين…
أظْهرت هذه الأحداث عدم وجود قُطب منافس للإمبريالية الأمريكية وحلفائها، كما كان الوضع قبل انهيار الإتحاد السوفييتي، وأظهرت إن مجموعة « بريكس » هي تَكتّل رأسمالي لا يرقى إلى مجموعة عدم الإنحياز أو إلى ما طرحته مجموعة السبع والسبعين من ضرورة إرساء « نظام اقتصادي عالمي جديد » كما عبر عنه خطاب الرئيس الجزائري هواري بومدين في الأمم المتحدة – بالعربية لأول مرة في تاريخ الأمم المتحدة – ( نيسان/ابريل 1974) ولم تتجاوز مجموعة « بريكس » المنطق الرأسمالي بل تستهدف توسيعه… أما الجامعة العربية فلم تعد تجتمع أو تُصدر بيانات إلا نادرًا، منذ أصبحت السعودية وحلفاؤها يمسكون بدواليبها، بعد التّطبيع المصري واتفاقيات كامب ديفيد ووادي عربة وما لحقهما من تطبيع شبه جماعي عربي…
أُصيبت الشعوب العربية بالإرهاق من الجَرْي وراء القوت اليومي، فبقيت مظاهر التّأييد للشعب الفلسطيني وللشعب اللّبناني محتشمة ومتواضعة جدًّا، ولذا وجب على التقدّميين والثوريين مضاعفة النضال من أجل التنديد بالمجازر والإبادة، ودعم المطالب الأساسية للشعب الفلسطيني والمتمثلة في تحرير وطنه كاملا وعودة اللاجئين وإقامة دولة على كل أراضي فلسطين وليس على جزء منها…
أفغانستان
تُشير المشاريع الإقتصادية والإستثمارات (منها الإستثمارات الصينية في المناجم والبنية التحتية والطاقة) إلى تكثيف المبادلات الإقتصادية والتجارية واندماج أفغانستان مع دول آسيا الوسطى والجنوبية:
زار رئيس وزراء أوزبكستان العاصمة الأفغانية كابول، يوم 18 آب/أغسطس 2024، في إطار تقارب دول آسيا الوسطى مع نظام « طالبان » لأسباب اقتصادية وأمنية، ووقّعت حكومتا أفغانستان وأوزبكستان اتفاقيات تجارية واستثمارية بقيمة 2,5 مليار دولار مع احتمال زيادة حجم التبادل التجاري إلى ثلاث مليارات دولار، وتتضمن الإتفاقيات استيراد أفغانستان الوقود والمنتجات الزراعية ومواد البناء والكهرباء من بلدان آسيا الوسطى، وخصوصًا من أوزبكستان، رغم الخلافات بين البلدين بشأن مياه نهر « أمو داريا » حيث أتمّت أفغانستان بناء قناة قوش تيبه خلال الربع الثاني من سنة 2023 شمال أفغانستان، وتحويل حوالي 20% من مياه النّهر، ما أدّى إلى انخفاض منسوب المياه وحصة أوزبكستان وتركمانستان، مما يؤثر على ريّ الأراضي الزراعية في كلا البلدين…
تُعَدّ كازاخستان أكبر دول آسيا الوسطى، وتبذل أيضًا جهودًا حثيثة للتقرب من طالبان التي شطبتها، بنهاية سنة 2023، من قائمة المنظمات الإرهابية، وكذا فعلت قرغيزستان يوم الخامس من أيلول/سبتمبر 2024، إثْرَ توقيع عقود بقيمة 200 مليون دولار (سنة 2023) لتوريد الحبوب والدقيق إلى أفغانستان.
تشترك أفغانستان مع طاجيكستان بحدود طويلة غير إن حكومة طاجيكستان تحظر أي حركة إسلامية على أراضيها، ولذا بقيت العلاقات بين الحكومتَيْن محدودة، خلافًا لتركمانستان – التي يصفها حكام « الغرب » بالإنغلاق – التي اتفقت مع حكومة أفغانستان على إطلاق مشروع سكك حديدية يربط البلدَيْن، مرورًا بأوزبكستان، فضلا عن مشروع « تابي » لنقل حوالي 33 مليار متر مُكعّب من الغاز من تركمانستان إلى باكستان والهند عبر أفغانستان التي تعير حكومتها أهمية كبيرة لهذا المشروع الإقليمي الذي يَمُدّها بنحو 500 مليون متر مكعب من الغاز بسعر تفضيلي فضلا عن رسوم العبور التي تُقدّر بنحو 450 مليون دولارا سنويا، ويُساهم في فكّ عزلتها التي تفرضها الولايات المتحدة وأوروبا، ويبلغ طول خط أنابيب غاز « تابي » 1814 كيلومترا، منها 816 كيلومترا داخل الأراضي الأفغانية 816 كيلومترا، قبل عبور باكستان نحو الهند، وتبلغ التكلفة الإجمالية لهذا المشروع 22,5 مليار دولارا.
تعود فكرة مشروع خط أنابيب نقل الغاز إلى حوالي ثلاثة عُقُود، خلال تسعينيات القرن العشرين في ظل فترة حكومة طالبان السابقة، لكن عدم استقرار الوضع في أفغانستان التي احتلتها الولايات المتحدة وحلفاؤها، فضلا عرقل إنجاز المشروع، فضلا عن اعتراض الولايات المتحدة على تطوير علاقة أفغانستان مع جيرانها ورفض أي مشروع يُساهم في تحسين العلاقات السياسية والاقتصادية مع دول المنطقة، رغم استمرار المفاوضات بين تركمانستان والدول الأخرى، ورغم دعم مصرف التنمية الآسيوي للمشروع ( منذ سنة 2003) ورغم توقيع اتفاقية سنة 2016 بين أفغانستان وباكستان وتركمانستان والهند، ويُساهم خط الأنابيب في إحياء وتنفيذ العديد من المشاريع الأخرى، ومنها مشروع نقل الكهرباء بقدرة 500 كليوواط بين تركمانستان وباكستان عبر أفغانستان التي تحصل على حوالي 110 ملايين دولار من حقوق العبور من نقل الكهرباء، ومنها كذلك بناء ثلاث محطات فرعية للكهرباء في ولايات هرات وفراه وقندهار الأفغانية، وكذلك مد كابلات الألياف الضوئية لربط الدول المجاورة، فضلا عن خط السكة الحديدية الذي يربط باكستان وتركمانستان عبر أفغانستان، وتأمل حكومة تركمانستان أن تُساهم هذه المشاريع والمصالح الإقتصادية المُشْتَرَكَة في خَفْض التوتر وإرساء الإستقرار في آسيا الوسطى وآسيا الجنوبية، وخصوصًا في أفغانستان وباكستان والهند…
الجزائر والصين والحرب الإقتصادية
تستحدم الحكومة الصينية كافة الوسائل للإلتفاف على الحصار الإقتصادي الذي أقَرّتْهُ الولايات المتحدة ويُنَفِّذُهُ حلفاؤها، وتُشجّع شركاتها على الإستثمار في المغرب وفي الجزائر، والبلدان التي لها اتفاقيات إعفاء بعض السّلع من الرّسوم الجمركية، وأقَرّت الحكومة والشركات الصينية استراتيجية تتمثل في الإنتاج في الجزائر بالتعاون مع الشركات المحلية للتصدير إلى أوروبا وإفريقيا وحتى أمريكا، تحت شعار « الرخاء المشترك » الذي أكدت عليه الحكومة الصينية خلال القمة الصينية الأفريقية التي انعقدت في بكين، وتتجسد الشراكة مع الجزائر من خلال الاستثمارات في المشاريع الصناعية والبنية التحتية، بهدف تخفيض تكاليف شحن البضائع، بحكم المسافة القريبة بين الجزائر وأوروبا، وكذلك باعتبار الإنتاج المشترك ( بين شركات الجزائر والصين) يُعتَبَرُ جزائريًّا ويمكن أن يتمتع بالإعفاء من الرسوم الجمركية التي يفرضها الغرب على المنتجات الصينية، كجزء من الحرب التجارية التي أطلقتها الولايات المتحدة وأوروبا، وهي نفس الاستراتيجية التي تطبقها الشركات الصينية في المكسيك للوصول إلى السوق الأمريكية، لأن المكسيك ترتبط باتفاقية تجارة حرة مع كندا والولايات المتحدة، كما ترتبط الجزائر باتفاقية تجارة حرة مع الإتحاد الأوروبي، غير إن شركات الإتحاد الأوروبي قليلة الإستثمار في الجزائر، باستثناء قطاع المحروقات أو بعض القطاعات الأخرى القليلة مثل قطاع تركيب السيارات، حيث استثمرت شركة سيارات « فيات » الإيطالية في مصنع تجميع المركبات في مدينة وهران، ولهذه الأسباب لجأت الجزائر إلى الصّين لتنفيذ مشاريع السكك الحديدية والطرقات وصناعة السيارات واستغلال منجم فوسفات تبسة ورواسب خام الحديد ببشّار (ولاية تندوف ) باستثمار مليار دولار لاستغلال هذا المنجم الذي يحتوي على حوالي ثلاث مليارات طن وتُعد من أكبر الإحتياطيات العالمية، ما يمكّن الصين من تقليل اعتمادها على خام الحديد والصلب من أستراليا، المنتج الرائد في العالم والحليف الوَفِي للولايات المتحدة…
ترفض الصين بَيْعَ المعرفة التقنية ( التكنولوجيا) التي لا تمتلكها الجزائر، وتتمثل استراتيجيتها في الإنتاج محليا بالتعاون مع المجموعات الجزائرية، وفي تركيب السكك الحديدية في البيئات الصحراوية، لمد خطوط السكة الحديدية عبر الصحراء، نحو الحدود الجزائرية مع مالي والنيجر، كما يتوقع أن تبدأ شركة صناعة السيارات الصينية العملاقة BYD إنتاج السيارات الكهربائية في الجزائر في إطار شراكة مع شركة « كوندور » وهي شركة خاصة جزائرية تُجري كذلك مفاوضات مع الشركات الصينية لإنتاج الأجهزة المنزلية وبعض أنواع الهواتف المحمولة وإنتاج بطاريات الليثيوم للسيارات الكهربائية الخ، في إطار ما تُدْرِجُه الحكومة الجزائرية في باب « تنويع الإقتصاد »، وفي إطار وُعود تعزيز قطاع الفلاحة والصناعة والسياحة واقتصاد المعرفة، فيما تتمثل الاستراتيجية الصينية في إنشاء وحدات إنتاج في البلدان التي تتمتع بمزايا نسبية، لمواصلة الإنتاج والشّحن بتكاليف أقل ( تطبيقًا لأبسط فواعد الرأسمالية)، وفي الوقت نفسه التحايل على العراقيل والرّسُوم الجمركية المرتفعة التي تُقرّها أوروبا وأمريكا الشمالية أمام البضائع الصينية، كما يمكن أن تُوَفِّرَ الجزائر والمغرب بوابة مباشرة لأسواق شمال أفريقيا وبعض الدول العربية وأفريقيا جنوب الصحراء الكبرى…
الحرب الاقتصادية مستمرة
توسّعت رُقْعَةُ الحرب الاقتصادية سنة 2018 مع حظْر تقنية « الجيل الخامس » ( G5 ) لشركة الإتصالات الصينية « هواوي »، وزيادة الرُّسُوم الجُمْركية على تقنيات الطّاقة المُتجدّدة (الألواح الشّمسية والتوربينات) وما يتّصِل بالتقنيات المتطورة، وفرض الاتحاد الأوروبي مؤخراً تعريفات جمركية على السيارات الكهربائية الصينية، بذريعة « المنافسة غير النّزيهة »، وردّت الصين بالمثل لكنها لم تُبادِر إلى إعلان الحرب الإقتصادية والتّجارية، بل رفعت الأمر إلى منظمة التجارة العالمية (حارس اللِّيبرالية)، بالتّوازي مع تشديد سيطرتها على المواد الخام الاستراتيجية و »المعادن النّادرة »، وأعلنت الصين سنة 2023، ضوابط على صادرات الغرافيت والغاليوم والغرمانيوم، والعديد من المواد الأساسية لصناعات أشباه الموصلات والطاقة المتجددة، كما أعلنت وزارة التجارة الصينية، منتصف شهر آب/أغسطس 2024، تَقْيِيد صادراتها من معدن الأنتيمون، وخضوع تصديره من الصّين لترخيص حكومي مسبق، بداية من الخامس عشر من أيلول/سبتمبر 2024، والأنتيمون معدن نادر ذو خصائص فريدة، مطلوب بشدة في العديد من القطاعات الصناعية المتطورة، مثل إنتاج المواد المقاومة للحريق والبطاريات والألواح الشمسية، كما يُسْتَخْدَم في صناعة الأسلحة، وتنتج الصين حوالي نصف الإنتاج اللعالمي للأنتيمون، مما مكّنها من تطوير صناعاتها الدّقيقة، وامتلاك احتياطيات هامّة لتنمية صناعاتها المستقبلية، ولتتمكّن من مجابهة الحرب الإقتصادية والتجارية التي تشُنُّها وتقودُها الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي، بهدف عرقلة نمو قطاع التكنولوجيا الدّقيقة في الصين، مثل الإلكترونيات وصناعة السيارات الكهربائية والفضاء، واعتمدت الصين منذ نهاية القرن العشرين السيطرة على المعادن النادرة والمواد الخام الإستراتيجية وتنويع مصادر العَرْض وتطوير تقنيات إعادة التّدوير، والإستثمار في البحث العلمي وتشجيع الإبتكار…
الحرب الإقتصادية
أقَرّ الإتحاد الأوروبي رُسُومًا جمركية، لمدة خمس سنوات، قد تَصِلُ إلى 36% من سعر السيارات الكهربائية للعلامات التجارية الصينية، وجميع المركبات المنتجة في الصين من قبل شركات أجنبية، مثل شركة تيسلا الأمريكية، التي لديها مصنع كبير في مدينة شنغهاي، ويندرج هذا القرار ضمن الحرب الإقتصادية التي أطلقتها الولايات المتحدة منذ أكثر من عشر سنوات وتم تشديدها منذ سنة 2017 خلال فترة رئاسة دونالد ترامب، وانضمت أوروبا – كعادتها – إلى الولايات المتحدة، في محاولة لِرَدْع الشركات الأمريكية والأوروبية التي تُنقل بعض نشاطها إلى الصين، بحثًا عن أسواق جديدة وعن تعظيم أرباحها، مثلما فعلت شركة فولكس فاغن الألمانية، وردّت الصين بإعلان « فتح تحقيق لمكافحة الإغراق لمنتجات الألبان الأوروبية التي تتلقى إعانات في إطار السياسة الزراعية الأوروبية المشتركة (CAP) للاتحاد الأوروبي، مما قد يُشكّل تهديدًا لمجموعة واسعة من السلع الفلاحية التي تُصدِّرُها الشركات الأوروبية، من إسبانيا وفرنسا وهولندا والدنمارك وغيرها، إلى الصين…
قد يُؤدّي قرار الإتحاد الأوروبي بشأن السيارات الكهربائية إلى إلحاق أضرار بقطاع صناعة السيارات الكهربائية الأوروبية، إِذْ أعلنت شركة أودي الألمانية ( فَرْع من فولكس فاغن التي تضم عشر علامات تجارية) إغلاق مصنعها للسيارات الكهربائية في بروكسل. وتسريح أكثر من 1400 عامل قبل شهر تشرين الأول/أكتوبر 2024، و 1100 آخرين سنة 2025، من ضمن ثلاثة آلاف عامل، وعلّلت الشركة قرار التسريح بانخفاض الطّلب بسبب ارتفاع أسعار الطّرازات الفاخرة التي تصنعها الشركة…
أما الصين فإنها تعمل على غزو أسواق جديدة في إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية، من خلال إنجاز مشاريع في هذه البلدان، من ذلك بناء محطات للشحن السريع لبطاريات السيارات الكهربائية الصينية المُعفاة من الضرائب، وذلك ضمن مشروع كهربة الريف في بعض البلدان – منها كينيا – وتأهيل البُنية التحتية للطرقات وتغيير مظهرها، وإعادة تشكيل المشهد العالمي لصناعة السيارات.
الحرب التكنولوجية
دعم حكومي أمريكي مُباشر لشركات التكنولوجيا
تلاقي شركة إنتل صعوبات بسبب كثافة استثماراتها في فلسطين المتحلة (ثاني أكبر موقع لها بعد الولايات المتحدة) وبسبب علاقاتها المتطورة جدّا مع الجيش الصهيوني، وتحاول الحكومة الأمريكية إنقاذها، بعدما أعلنت إلغاء مشاريع ضخمة، من بينها إنشاء أكبر مصنع لها في فلسطين المحتلة بقيمة 25 مليار دولارا، وعن تسريح العديد من العاملين، وسبق أن حصلت شركة إنتل يوم العشرين من آذار/مارس 2024 على تمويل حكومي أمريكي بقيمة 20,5 مليار دولارا في شكل هبات ( 8,5 مليار دولار) وقروض ( 11 مليار دولار) ومنح (مليار دولارا) لدعم إنتاج الرقائق الإلكترونية، في أكبر مساهمة من إدارة الرئيس جوزيف بايدن، ضمن خطط مواجهة هيمنة الصين على قطاع صناعة الرّقائق الإلكترونية، وسَبَق أن أَقَرَّ الكونغرس الأمريكي قانون « العلوم وتوفير حوافز بقيمة 52,7 مليار دولارا، لمساعدة الشركات الأمريكية على إنتاج أشباه الموصلات » سنة 2022، وفق موقع وزارة التجارة الأميركية…
أعلنت وكالة « بلومبرغ » يوم 14 أيلول/سبتمبر حصول شركة “إنتل” على منح حكومية أمريكية بقيمة 3,5 مليار دولار لإنتاج أشباه الموصلات للجيش الأمريكي، ضمن خطة لرَفْع حصة الولايات المتحدة لإنتاج الرقائق من 0% حاليا إلى إنتاج 20% من الرقائق المتطورة بحلول العام 2030، لأن الولايات المتحدة « نعتمد على عدد ضئيل من المصانع في آسيا للحصول على كل الرقائق الأكثر تطورا »، وفق موقع وزارة التجارة الأمريكية، ويندرج هذا الدّعم المالي الإضافي الحكومي ضمن برنامج – Secure Enclave – السري الذي يهدف إلى تنظيم إنتاج الرقائق المتقدمة للأغراض الاستخباراتية والعسكرية ويشمل أراضي عدة ولايات أمريكية بينها أريزونا حيث يقع مصنع لشركة « إنتل » التي قد تتخلى عن معظم مشاريعها خارج الولايات المتحدة، دون التخلي عن مصانعها ومختبراتها في فلسطين المحتلة التي تعتبرها الولايات المتحدة قاعدة متقدّمة أو مَحْمِيّة أمريكية…
تفاوت بين مردود العمل والمضاربة:
تستمر مبالغ الأرباح المدفوعة للمساهمين في الارتفاع، بينما يواصل دخل العمل الانخفاض، على المستوى العالمي، منذ أكثر من عشرين عامًا، وفقًا لتقرير منظمة العمل الدولية، الصادر في أيلول/سبتمبر 2024 تحت عنوان: “الآفاق الاجتماعية وآفاق التوظيف في العالم » الذي يشير إلى تفاقم عدم المساواة.
تقيس حصة دخل العمل نسبة إجمالي الدخل الذي يكسبه الأشخاص من العمل، وانخفضت هذه النسبة من 52.9% سنة 2020 إلى 52.3% سنة 2022، ويُضاف هذا الدخل إلى الدخل الرأسمالي ( الذي لا يحصل عليه الأشخاص من عملهم) لتكوين إجمالي دخل الاقتصاد، حسبما تذكر منظمة العمل الدولية.
انخفضت حصة العمال منذ سنة 2004، بمقدار 1,6 نقطة، وبالنسبة للعام 2024 وحده، يمثل ذلك خسارة قدرها 2,4 تريليون دولار للعمال على مستوى العالم. أما السبب الرئيسي لهذا التراجع على مدى العقدين الماضيين فهو التغير التكنولوجي، ولا سيما الأتمتة التي عززت الإنتاجية والنمو الاقتصادي، لكن العمال لم يستفدوا من المكاسب الناتجة، وفق منظمة العمل الدّولية، لكن يمكن إضافة تراجع النضالات وتراجع دَوْر النقابات والمنظمات الإجتماعية التي كانت تفرض على أرباب العمل الزيادات في الأجور والحوافز…
لا تقتصر عدم المساواة على التوزيع غير العادل للدخل بين رأس المال والعمل، إذْ يتجلّى التوزيع غير المتكافئ في الإختلال بين المناطق الجغرافية (على مستوى كل بلد وعلى مستوى عالمي) وكذلك حسب الجنس حيث تحث النساء على حصة أقل من الرجال، مقابل نفس العمل…
في أوروبا، على سبيل المثال، ارتفع متوسّط الرواتب والحوافز بنسبة لا تصل إلى 2% فيما ارتفعت حصة الأرباح (الدخل الرأسمالي) بنسبة 7,7%، بنهاية النصف الأول من سنة 2024.
الطاهر المعز
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Laure Lemaire- Luttes Noires et pression internationale


Les USA sont un pays colonial qui a fait sa puissance territoriale en richesses naturelles grâce à l’extermination des peuples qui habitaient le territoire qu’ils occupent actuellement, les quelques survivants ayant été mis en « réserves » sur des terres ingrates. Ils les appellent les « Peaux Rouges ». Pour éviter les tentatives de soulèvement, l’alcool fort a été distribuée à gogo sur cette population piègée car sa consommation ne faisait pas partie de la culture. Les colons blancs qui ne forment pas un peuple, sont armés et peu soucieux de la loi, étant souvent dans leurs pays d’origine, d’anciens prisonniers dont les Occidentaux se sont débarrassés. La puissance matérielle des USA repose sur le travail des esclaves noirs africains en grand nombre, dans les plantations de coton notamment, pendant que dans les villes les mafias italienne et irlandaise fabriquent des richesses grâce à toute sorte de commerces illicites. Elles assurent aussi l’élection des gouvernants. La révolution industrielle dont ils s’emparent, transforme son économie en capitalisme avec d’abord le textile puis, avec l’extraction du pétrole, l’automobile. Les révoltes noires sont soigneusement étouffées par l’organisation secrète qui tue, le Ku Ku Klan. Mais ils sont nombreux et pour leur rappeler leur passé d’esclaves, les USA pratiquent une ségrégation quotidienne, qu’on appelle « l’apartheid ». Ils vivent dans des « ghettos » près de leur lieu de travail, comme à Harlem à New York. Quant aux révoltes des ouvriers blancs encadrés par des syndicats patronaux, elles sont impossibles car le Parti Communiste et tout ce qui lui ressemble, est interdit par Mac Carthy. Ces colonisateurs extraordinaires, après la 2° guerre mondiale, s’installent grâce à leur organisation militaire l’OTAN et leur organisation secrète la CIA, dans tous les pays occidentaux dont ils profitent par l’élargissement de leurs activités douteuses.
Mais voilà, on ne peut pas faire taire indéfiniment le peuple.

En 1955 à Montgomery en Alabama, Rosa Parks une Afro-Américaine de la NAACP, monte dans le bus municipal pour rejoindre son domicile. Elle occupe un siège vide, mais réservé aux Blancs et refuse de se lever. Elle est arrêtée. Le jour de son procès , pendant boycott des bus largement suivi des Afro-Américains, elle plaide non coupable et est condamnée à une amende de 14 $ dont elle ne s’acquittera jamais. Parallèlement, les Afro-Américains de Montgomery créent la Montgomery Improvement Association (MIA) et nomment à sa tête un jeune pasteur de 26 ans de Montgomery Martin Luther King.
En 1961 John F. Kennedy promulgue un Executive Order qui demande aux responsables des services publics fédéraux et établissements bénéficiant de subventions fédérales « de ne faire aucune discrimination à l’encontre d’un employé ou d’un candidat à un emploi en raison de sa race, de ses croyances, de sa couleur ou de son origine nationale ». Il prend conscience d’un mouvement irréversible.
Le 28 août 1963, la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté rassemble entre 250 000 manifestants blancs et noirs. Elle débute au Washington Monument se termine devant le Lincoln Memorial où Martin Luther King tient son discours historique I have a dream, rêve qui serait l’accomplissement de l’œuvre émancipatrice d’Abraham Lincoln. Cette manifestation par son ampleur et la diversité des organisations représentées ouvre la voie au Civil Rights Act 1964

A la même époque en Afrique du Sud, la Fédération des femmes sud-africaines (FSAW), liée à l’ANC, assure la coordination des campagnes contre les laissez-passer et fait rédiger des pétitions. Organisée sur une base interraciale, elle comprend des syndicalistes, des enseignantes et des infirmières. À Sharpeville, la manifestation pacifique dérape en massacre. La police tue 69 personnes et en blesse 186. En juin 1955, 3 000 délégués de l’ANC et le congrès indien, la FSAW, se réunissent à Kliptown, un township de Johannesbourg, en un congrès du peuple. Ils adoptent la Charte de la liberté, appelant à l’égalité des droits, quelle que soit la race.1 M de personnes signent le texte. En 1956, 20 000 femmes de couleurs différentes, défilent au nom de la FSAW, devant les Union Buildings à Pretoria, contre les laissez-passer. Puis en 1956, à cause de la charte de la liberté, 156 membres de l’ANC sont arrêtés pour haute trahison. L’affaire est très médiatisée.Harry Belafonte naît en 1927 à New York, à Harlem, au sein d’une famille afro-jamaïcaine. Harry suit sa mère lorsqu’elle retourne en Jamaïque de 1935 à 1940 ; il baigne dans le folklore antillais, véritable mélange culturel, où il puisera l’inspiration exotique originale caractérisant sa carrière artistique. Harry choisit la marine américaine en 1944 pour ses obligations militaires puis retourne à New York où il débute une carrière artistique internationale avec sa chanson emblématique « Banana song »
Parallèlement à sa carrière artistique, Harry Belafonte se consacre à la lutte pour l’égalité des droits civiques aux États-Unis.. Au début des années 1950, il fait la connaissance du jeune pasteur Martin Luther King, lors de son passage historique à New York. Dès ce jour, jusqu’à l’assassinat du leader noir, Harry et Martin ont entretenu une fidèle et profonde amitié. Un album de Miriam Makeba et Harry Belafonte An Evening with Belafonte/Makeba sort en 1965. Il s’agit d’un album studio de chants traditionnels d’Afrique, chantés en langues d’origine, xhosa ou zoulou. Ils avaient déjà chanté en duo en 1960.

Miriam Makeba, naît en 1932, dans un township de Johannesbourg en Afrique du Sud. Son père est instituteur, de souche xhosa, et sa mère domestique, de souche swazi . A 20 ans, elle commence à chanter professionnellement avec le groupe Cuban Brothers, puis devient choriste du groupe Manhattan Brothers en 1952. Elle devient rapidement une vedette, et se sert de son nouveau métier pour dénoncer le régime de l’apartheid et les conditions de vie misérables du prolétariat noir. En 1956, elle écrit son plus grand succès, Pata Pata, avec laquelle elle fait le tour du mondeMais elle est contrainte à l’ exil pendant 30 ans, en raison de son apparition dans le film anti-apartheid Come Back, Africa du cinéaste américain Lionel Rogosin. Ses disques sont également retirés de la vente en Afrique du Sud. Elle devient la “voix” contre l’apartheid et pour la fierté du continent africain.
Elle vit aux États-Unis où elle s’engage avec le mouvement des droits civiques contre la ségrégation raciale. Son mariage en 1969 avec Stokely Carmichael, le chef des Black Panthers, lui cause des ennuis. Elle s’exile à nouveau et s’installe en Guinée Conakry où elle est naturalisée.par Ahmed Sékou Touré En Tanzanie, le président Julius Nyerere lui remet un passeport car elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana, en swahili, en portugais et ses mélodies prônent la tolérance et la paix. En septembre 1974, elle joue au festival Zaïre 74, organisé à l’occasion du combat de Mohamed Ali à Kinshasa. En 1977, elle participe au festival des cultures et arts noirs et africains qui se tient à Lagos, au Nigeria, et réunit 60 pays. Naturalisée algérienne en 1972, .lors des Jeux panafricains d’Alger, en 1978, elle interprète en arabe la chanson Ifriqyia.et Ana hourra fi aljazaier ( je suis libre en Algérie).

1976 : les émeutes de Soweto
John Vorster est le 1° chef de gouvernement nationaliste à affirmer qu’il n’y a pas de races supérieures. Il préfère la lutte contre le communisme. Il assouplit donc les lois de l’apartheid en autorisant la présence maoris lors de la tournée de l’équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV en Afrique du Sud , ce qui provoque un schisme au sein du PN.
Vorster est très soucieux de l’image de son pays à l’international avec l’ambition de faire de l’Afrique du Sud une superpuissance régionale. Il entreprend une politique de détente avec les pays africains (Madagascar) et noue des relations suivies avec des chefs d’état africains: l’Ivoirien, Félix Houphouët-Boigny ou le Zambien, Kenneth Kaunda. Les diplomates du Malawi sont exemptés de l’application des lois d’apartheid et le 1° ministre du Lesotho est reçu au Cap à déjeuner. C’est dans ce cadre musical et sportif que les choses se précipitent en Afrique du sud
En 1976, le vice-ministre de l’administration et de l’éducation bantoue, Andries Treurnicht, impose l’enseignement obligatoire en Afrikaans pour les écoliers noirs ce qui provoque leur soulèvement dans les Townships. Une marche de protestation est organisée dans le district noir de Soweto près de Johannesbourg le 16 juin 1976. 20 000 étudiants sont là devant les forces de sécurité et la police de Kruger fait 1 500 victimes. La plupart des autres pays, à l’exception du R-U et des USA, condamnent la répression et imposent des sanctions commerciales. Les images et les témoignages sur le massacre de Soweto font le tour du monde alors que l’Umkhonto we Sizwe (en zoulou« fer de lance de la nation »)ou MK, la branche militaire de l’ANC reçoit l’apport de nouvelles recrues en provenance des townships ;
À partir de 1977, MK commet des attentats ciblés, parfois meurtriers visant les postes de police des townships et les Noirs accusés de collaborer avec le régime blanc. Le PAC qui s’était doté d’une branche militaire, l’Armée de libération du peuple azanien participe aux émeutes qui ensanglantent les townships et initie le Mouvement de la conscience noire, sous la direction de Steve Biko, chef très populaire. Il est enlevé et assassiné par les forces de sécurité. Le journaliste et éditeur sud-africain Donald Woods alerte l’opinion publique mondiale sur les conditions de sa disparition. Un embargo sur les ventes d’armes à l’Afrique du Sud est voté au conseil de sécurité des Nations unies alors que le pays est toujours engagé militairement en Angola contre son peuple. Cet échec diplomatique pour Vorster s’accompagne d’un scandale financier impliquant son ministre de l’Intérieur. Pourtant, lors des élections de 1977, son parti obtient le meilleur score de son histoire.
Débarrassée du soutien quotidien au Vietnam en guerre, grâce à la victoire en 1973, de son peuple héroïque contre le géant US, la pression internationale des peuples de tous les pays contre l’apartheid en Afrique du Sud, s’accroît.
1978-1989 : résurrection politique de l’ANC
Après les élections en 1978, le gouvernement de Pieter Botha abandonne une loi d’apartheid qui réservait aux blancs, les emplois dans les mines et y autorise les syndicats noirs. La réforme constitutionnelle octroie une représentation séparée pour les métis et les Indiens en instaurant un parlement tricaméral. Mais rien n’est prévu pour les Noirs, pourtant majoritaires.
En 1983, du fait que les 4 universités publiques réservées aux Noirs, Métis et Indiens ne peuvent plus absorber la demande croissante, les universités blanches obtiennent le droit d’inscrire des étudiants noirs (1/3 en 5 ans, l’université du Witwatersrand)
Depuis 1980, l’ANC connait une nouvelle popularité dans la jeunesse des townships. Une campagne de presse non concertée du Post de Soweto et du Sunday Express de Johannesbourg, démarre, l’un en faveur de la libération de Nelson Mandela et l’autre pour faire connaitre sa notoriété parmi les sud-africains. Elle passe inaperçue parmi les Blancs mais des comités (Free Mandela Comittee) sont créés dans tout le pays. La chanson de Johnny Clegg pour sa libération « Assibonanga » fait le tour du monde
L’ANC se réimpose comme la 1° force anti-apartheid disposant d’une organisation militaire. Après le succès d’opérations symboliques comme l’attentat contre la centrale nucléaire de Koeberg, MK commet, en 1983, l’attentat à la bombe de Pretoria (19 tués, 217 blessés). Le gouvernement dénonce le terrorisme ou l’assaut communiste, mais la population noire lui apporte de plus en plus son soutien ; l’ANC veut réduire le sentiment de sécurité de la population blanche.
En 1983, les mouvements opposés à l’apartheid s’allient au sein du front démocratique uni (UDF) pour coordonner la résistance. Sa création confirme l’influence grandissante du courant non racial face au panafricanisme. Son programme politique est celui de la charte de la liberté de 1955, ce qui lui donne l’allure de branche interne de l’ANC. La 1° réunion de l’UDF rassemble 12 000 personnes à Mitchells Plain, soit le plus grand rassemblement contre l’apartheid depuis les années 1950. Il est multiracial avec la présence de Allan Boesak, un pasteur métis hollandais, président de l’alliance mondiale des églises réformées et ancien adepte de la théologie noire de la libération, rallié au courant non racial. La croissance de l’UDF est très rapide et touche toutes les communautés sud-africaines, y compris les Blancs, une grande première!
À partir du mois de septembre 1984, une vague de violence éclate dans les townships, que l’ANC appelle à rendre ingouvernables pour les autorités et à transformer en zones libérées. Les1° cibles de ces violences sont ceux considérés comme collaborateurs, les maires et conseillers municipaux des townships, les policiers noirs souvent « indics ». L’armée sud-africaine est envoyée dans les townships alors que s’organise une campagne de boycott du paiement des loyers. La répression alimente la révolte au lieu de la freiner et soude les communautés, les jeunes des townships étant convaincus d’être dans la phase finale de leur lutte. Face à cette répression, les alliés naturels de l’Afrique du Sud, comme les États-Unis, s’en désolidarisent sous la pression de l’opinion publique et des mouvements noirs américains.
En 1985, la police tue 21 personnes lors d’une manifestation commémorative du massacre de Sharpeville. 35 000 soldats sont déployés pour rétablir l’ordre dans les townships. Près de 25 000 personnes sont arrêtées, dont 2 000 de -16 ans, et 879 personnes sont tuées dont 2/3 par la police. Les principaux syndicats noirs s’unissent dans la COSATU, tandis que MK lance une campagne de terreur en zones rurales du Transvaal contre les fermiers blancs. Une mine anti personnelle déposée par MK tue la famille d’un touriste afrikaner au nord du pays, puis une bombe explose dans un centre commercial d’Amanzimtoti (5 morts, 40 blessés) à Durban.
P.W. Botha se considère comme le leader absolu d’une minorité blanche déterminé à se battre jusqu’au bout pour sa survie. Son discours déclenche un exode massif de capitaux et l’intensification des sanctions économiques internationales puis d’un embargo économique et financier. Les 1° sanctions peu contraignantes avaient été posées en 1962 par l’ONU. Avant 1984, un embargo sur les ventes de pétrole par les membres de l’OPEP et un autre sur les ventes d’armes par les Nations-Unies, avaient eu un petit effet. À partir de 1984, seuls la Suède, le Danemark et la Norvège appliquent un embargo total sur le commerce mais ils ne sont pas suivis

Pourquoi si peu de sanctions économiques ?
En 1985, le pays est connu pour être extrêmement riche en ressources, avec des minerais abondants et variés, et des exploitations agricoles modernes. Les activités du secteur industriel représentent 22 % du PNB et dépassent les valeurs minières (15 %). L’extraction des minerais est le monopole de puissants conglomérats internationaux ou sud-africains ( la De Beers pour le diamant). La présence de minerais rares, 65 % des réserves mondiales de chrome, 25 % du marché mondial de manganèse, recherchés pour les industries de défense, scientifiques et pour la production énergétique, font qu’elle est indispensable aux pays occidentaux. Le pays est le 1° pays extracteur d’or, de platine et en tête pour l’argent.
Il possède de larges gisements de vanadium, de fluorine, de fer, d’uranium, de zinc, d’antimoine, de cuivre, de charbon, et de tungstèn. Le secteur des industries de transformations est le plus solide du continent africain, atteignant souvent le niveau des pays européens. Dépourvue d’hydrocarbures, l’Afrique du Sud a perfectionné le procédé de liquéfaction de la houille (procédé Sasol) et a opté pour l’électricité nucléaire (centrale nucléaire de Koeberg). Enfin, avec 11,2 % de surface cultivables, on retrouve le contraste entre les exploitations modernes des blancs sur les meilleures terres et des exploitations sous-développées des agriculteurs noirs, situées dans des bantoustans surpeuplés.
Son expansion économique a été permise par l’exploitation des ressources naturelles avec une main-d’œuvre disponible à très bas coûts. L’apartheid en matière économique entretient de fortes tensions sociales et réduit le marché intérieur, la ½ de la population majoritaire noire, subvient ainsi à ses besoins via l’économie parallèle. L’économie sud-africaine est surtout très dépendante de la technologie et des capitaux étrangers. Si, durant les années 1960, l’économie sud-africaine est très performante, du point de vue des taux de profit, elle subit des crises périodiques, comme après les émeutes de Soweto de 1976. Cette dégradation économique a un impact sur les pays d’Afrique australe, très dépendants de l’Afrique du Sud (10 % de ses exportations). À partir de 1975, le pays enregistre une croissance économique plus faible (2 %), alors que la croissance démographique globale dépasse 2,5 % /an (3 % pour les Noirs; 0,8 % pour les Blancs). En termes de revenu par habitant, celui d’un Noir représente 1/4 de celui d’un Blanc et 1/3 de celui d’un asiatique. Si le gouvernement réussit pendant longtemps à maintenir des échanges internationaux l’application de sanctions économiques internationales, à partir de 1986, entrainent une diminution des investissements étrangers, un exode des capitaux, et une augmentation du chômage.
Par son discours, du 2 février 1990 au parlement sud-africain, F.W. de Klerk provoque la stupeur du monde entier. Justifiant sa décision par la situation politique nouvelle en Europe de l’Est, en Union soviétique et en Chine, et par les graves problèmes économiques de l’Afrique, il prononce la levée de l’interdiction de l’ANC, du congrès panafricain d’Azanie (PAC) et du parti communiste (SACP), la levée de la censure, la suspension de la peine capitale et la libération prochaine des derniers prisonniers politiques dont Nelson Mandela. Ces mesures doivent permettre de “ passer de la violence à la négociation”. Nelson Mandela impose que les négociations portent sur la constitution d’une Afrique du Sud unifiée, répondant aux aspirations de la majorité noire. Son rôle est majeur grâce à sa popularité et à son charisme. En mars, sous l’égide de l’ONU, la Namibie accède à l’indépendance, l’Afrique du Sud abandonnant sa tutelle

Après la libération de Nelson Mandela, en février 1990 avec l’espoir d’ une transition pacifique des pouvoirs à la majorité noire, les négociations officielles débutent entre le gouvernement et une délégation de l’ANC avec une équipe multi-raciale, constituée de militants très expérimentés, dont certains étaient depuis +1/4 de siècle en exil, d’autres emprisonnés.
Le référendum a lieu le 17 mars 1992. Avec un taux de participation supérieur à 80 %, les Blancs votent à 68,7 % pour le « oui » aux réformes. La défaite des partisans de l’apartheid est sans appel. De Klerk déclare qu’en ce jour les Sud-Africains ont décidé par eux-mêmes de refermer définitivement le livre de l’apartheid. Sans condamner le régime passé, les Blancs ne renoncent pas au système parce qu’il est moralement condamnable, mais parce que l’apartheid n’a pas pu leur assurer ni la sécurité économique ni la sécurité physique.
Mandela est convaincu que le président sud-africain Frederik de Klerk n’est pas un partenaire loyal et le croit complice actif ou passif d’une 3° force, dirigée par les services de renseignements, qui attaque l’ANC. Des scandales éclaboussent le gouvernement lui donnant raison. Mis en cause dans la fourniture d’armes au parti zoulou Inkhata pour contrer les militants de l’ANC, Magnus Malan est contraint d’abandonner son poste de ministre de la défense. Le ministre de la loi et de l’ordre, Adriaan Vlok, est lui aussi impliqué dans ce scandale et cède son siège. La mise à l’écart de ces 2 piliers conservateurs compromis, oblige de Klerk à accélérer les négociations en vue de l’élection d’une assemblée constituante en 1994.
L’Afrique du Sud, exclue depuis 1964, est réintégrée aux Jeux olympiques de Barcelone sous les couleurs olympiques. Pour la 1° fois depuis 10 ans, une équipe de rugby étrangère y vient dans le pays avec l’approbation de l’ANC, mais avec des conditions imposées aux officiels sud-africains. Cela n’empêche pas des débordements, donc la vigilance de l’ANC.
Nelson Mandela parvient à recevoir l’affection des Blancs lors de la finale de la Coupe du Monde de Rugby à Johannesbourg, en 1995. Ainsi, après avoir obtenu que l’équipe nationale de rugby conserve son maillot vert et or avec l’emblème de springbok, devenu le symbole de l’apartheid, Nelson Mandela se montre vêtu de ce célèbre maillot devant une foule de 70 000 spectateurs blancs, qui l’ovationnent.
En avril 1994, après une campagne électorale sous tension, où les attentats de gauche et de droite se succèdent, le pays procède à ses 1° élections multiraciales au suffrage universel d’Afrique du Sud concernent 23 M d’électeurs qui doivent désigner les membres du parlement et des 9 conseils provinciaux (les anciens bantoustans ont été réintégrés). L’ANC remporte 62,5 % des voix contre 20,5 % au NP (dont 59 % des coloured, ont voté dans la province du Cap-Occidental)
Le 9 mai 1994, les 400 nouveaux députés élisent Nelson Mandela à la présidence de la République d’Afrique du Sud. Conformément aux accords négociés, il forme un gouvernement d’union nationale, réunissant des représentants des formations politiques ayant obtenu plus de 5 % des voix (ANC, NP et IFP). Thabo Mbeki et Frederik de Klerk sont nommés 1° et 2° vice-présidents.
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Grover Furr- Allocution sur la conspiration de Trotski à l’ICSS d’Oakland

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Laure Lemaire- CUBA ET L’AFRIQUE DU SUD

ou l’Internationalisme Prolétarien

LA SITUATION EN AFRIQUE AUSTRALE EN 1975
Grâce à la Révolution des Oeuillets au Portugal (25 avril 1974) et la chute du colonisateur fasciste Salazar, l’indépendance du Mozambique et de l’Angola sont acquises. En 1975, soutenu par le gouvernement américain de Gerald Ford, les troupes sud-africaines envahissent l’Angola avec l’objectif d’installer un gouvernement pro-occidental à la place du gouvernement marxiste du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA),et de contrer l’influence des soviétiques. Mais le congrès américain lui retire son soutien. Furieux et humiliés, les sud-africains maintiennent un appui aux rebelles de l’UNITA afin de protéger la frontière Nord de leur colonie ASO (Namibie) des infiltrations de son parti la SWAPO.
En Rhodésie du Sud, dirigée par une minorité blanche anglophone, l’Afrique du Sud engage ses forces militaires. Vorster se fait médiateur entre le gouvernement de Ian Smith et les mouvements noirs de libération nationale car “’État tampon” devenu un fardeau politique et économique, bloquant sa frontière avec la Zambie, menaçait le transport de matériel d’exploitations des mines donc un pont aérien devait être mis en place. En 1976, Henry Kissinger, le secrétaire d’État américain, partisan de la détente avec les régimes blancs d’Afrique, apporte son soutien à une médiation sud-africaine. Ian Smith intègre le principe de l’accession de la majorité noire au pouvoir mais les obstacles à sa concrétisation s’amoncèlent. 2 ans plus tard, les accords de Lancaster House permettent l’indépendance du Zimbabwe (ex-Rhodésie), gouverné par le chef marxiste .Robert Mugabe,
La Tanzanie actuelle est née de l’union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964, peu de temps après leur indépendance respective vis-à-vis du R-U. Elle est entourée à l’ouest par le Rwanda, le Burundi et la république démocratique du Congo, au sud-ouest par la Zambie et le Malawi et au sud par le Mozambique. En politique extérieure, la Tanzanie donne son appui à la guérilla lumumbiste au Congo et l’OUA établit son siège à Dar es Salaam et plusieurs mouvements révolutionnaires ont une représentation dans le pays (l’ANC, la ZANU, la SWAPO, le MPLA et le FRELIMO). Parallèlement, ses relations se détériorent avec les pays occidentaux ; en 1965 la Tanzanie rompt avec le R-U, expulse les troupes britanniques en réaction de leur soutien au régime ségrégationniste en Rhodésie, tandis que l’ambassade d’Allemagne de l’Ouest quitte la Tanzanie à la suite de son ouverture à la diplomatie de RDA. Les aides économiques qui lui étaient accordées par des pays occidentaux sont coupées. D’autre part, les forces coloniales portugaises bombardent le Sud du pays pour couper les voies d’approvisionnement du FRELIMO mozambicain, soutenu par le gouvernement de Julius Nyerere. Pendant ces années, la Tanzanie reçoit l’aide de la Chine, bien qu’étant elle-même en voie de développement. C’est avec un soutien chinois que la ligne de chemin de fer TAZARA de Dar-es-Salaam à la Zambie est construite en 1975

Les relations entre l’Afrique du Sud et Cuba, marquées par le soutien historique du gouvernement de Cuba au Congrès national africain de Nelson Mandela, se sont construites dans les années 1960 et 70 au titre de la lutte contre l’apartheid.
En 1975, Cuba, qui conseillait depuis 10 ans le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), lui envoie des conseillers militaires après sa prise du pouvoir car il se trouve confronté à une guerre civile, face à l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi, soutenue par l’armée sud-africaine. Jusqu’à 300 000 soldat cubains seront déployés en Angola, permettant, avec le soutien de l’URSS, le maintien du MPLA au pouvoir en repoussant les troupes de l’UNITA et des forces sud-africaines, au sud de l’Angola.
La bataille de Cuito Cuanavale, en janvier 1988, est le point culminant de 13 années de guerre au sein de l’ancienne colonie portugaise. Par son importance, sa durée, le nombre de soldats et d’armement impliqués (5 000 soldats d’élites cubains et des avions de chasse soviétiques MIG-23), cette bataille est la plus grande opération militaire sur le continent depuis la 2° Guerre mondiale . Au prix de + de 4 000 morts, les Cubains et les Angolais mettent un coup d’arrêt à l’offensive de l’Unita et de l’armée sud-africaine vers Luanda, la capitale. Nelson Mandela considère cette bataille comme « le tournant dans la libération du continent du fléau de l’apartheid ».grâce à l’échec du gouvernement sud-africain Les noms des soldats cubains morts en Angola seront inscrits avec ceux des Sud-africains ayant combattu la domination coloniale puis ceux ayant combattu contre l’apartheid, sur le mur de Sikhumbhutodu au Freedom Park, à Pretoria.
En juillet 1988, l’Afrique du Sud avec le soutien des États-Unis à la solution « linkage » (indépendance de la Namibie contre retrait cubain d’Angola), accepte un accord sous l’égide del’ONU. L’accord prévoie des élections en Namibie (sous contrôle) en contrepartie du repli cubain, soit le règlement des 2 conflits. L’ANC dont les bases militaires s’était replié en Angola à cause des accords de Nkomati entre l’Afrique du Sud et le Mozambique (1984), se retire en janvier 1989.
En 1991, Cuba est l’un des 1° pays où se rend Nelson Mandela, après sa libération de prison, afin de remercier Fidel Castro pour son soutien militaire. Il y déclare que « l’intervention de Cuba en Angola et la défaite de l’armée sud-africaine ont contribué à détruire le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc et inspiré les masses dans la lutte pour la liberté.». Lors de la prestation de serment de Nelson Mandela à la présidence sud-africaine en mai 1994, Fidel Castro figure parmi les invités au 1° rang.

Esteban Lazo Hernandez – Pour les peuples d’Afrique, notre profonde affection
Au nom des députés cubains, le président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Esteban Lazo Hernandez, a adressé un message de félicitations aux peuples africains, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée ce 25 mai (2024)
ll annonce que « cette date est aussi importante pour ce continent que pour Cuba, en raison des liens profonds qui nous unissent » et reconnaît que « l’héritage africain est une partie fondamentale de notre culture, de nos croyances et de nos coutumes ».
Le 25 mai est le jour de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine. Donc elle est considérée comme la Journée de l’Afrique, et est célébrée au niveau international par tous les pays africains.
Esteban Lazo souligne des faits historiques importants qui ont cimenté l’amitié entre les 2 peuples. Il signale : « Cuba se sent fière et honorée d’avoir contribué aux luttes contre le colonialisme et le racisme en Afrique. En terre africaine, le sang cubain et africain se sont mêlés, un lien qui nous unit à jamais. »
Dans son message, il rappelle l’exemple internationaliste du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, lorsqu’il a annoncé l’envoi de la 1° mission médicale sur le continent africain pour venir en aide au peuple frère d’Algérie, une coopération qui s’est renforcée au fil des ans dans la région. Dans le même temps, Esteban Lazo se félicite que la coopération bilatérale ait permis la formation de jeunes Africains à Cuba,
Il exprime ses remerciements pour les expressions de solidarité de l’Afrique envers Cuba : le vote uni du continent aux Nations unies, les résolutions adoptées chaque année par l’Union africaine et les déclarations des acteurs en faveur de la levée du blocus imposé par les États-Unis.

MESSAGE DU GROUPE DES AMBASSADEURS AFRICAINS À CUBA POUR CÉLÉBRER LA JOURNÉE DE L’AFRIQUE 2020
« CUBA A ÉTÉ UN VÉRITABLE AMI DU CONTINENT AFRICAIN. »
« Depuis la Révolution historique de 1959 qui a porté au pouvoir le gouvernement socialiste de la République de Cuba, sous l’habile direction du commandant en chef Fidel Castro Ruz, Cuba est un véritable ami du continent africain », souligne le message du Groupe des ambassadeurs africains à Cuba.
Le texte se félicite de la contribution apportée par l’Île à cette région dans presque tous les aspects du développement du genre humain. Les diplomates africains soulignent le travail des brigades du Contingent Henry Reeve, notamment lorsque Cuba a envoyé plus de 200 professionnels de la santé en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée au plus fort de l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, « la plus grande opération médicale sur le terrain dans ces 3 pays, pour lutter contre l’épidémie ». Ils reconnaissent également l’actuelle solidarité cubaine face à la COVID-19 dans plusieurs pays, dont l’Angola, le Togo, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud.
« La solidarité de Cuba avec l’Afrique est incontestable (…) nous continuerons à honorer et à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays à Cuba », affirme le message.
Cuba a aidé le continent à lutter contre les vestiges des administrations coloniales en Afrique, un combat que l’Afrique n’oubliera jamais. Cuba a toujours été aux côtés de toutes les personnes opprimées dans le monde, dans leur quête pour se libérer de toutes les formes de marginalisation et d’oppression. Son aide a porté sur presque tous les aspects du développement du genre humain, ce qui a inclus l’éducation, l’agriculture et la santé.
Nous célébrons la Journée de l’Afrique en cette année 2020, dans des circonstances très particulières, au cours desquelles le monde est aux prises avec une pandémie catastrophique provoquée par la COVID-19. Elle a causé d’immenses souffrances, entraînant des milliers de morts et de graves perturbations dans les économies modernes du monde. Nous rendons un hommage particulier à nos amis, le peuple cubain, le remercions pour leur immense contribution en l’Afrique et dans les autres pays du monde, dans le domaine de la santé.
La 1° mission de diplomatie médicale cubaine de longue durée en Afrique a débuté en Algérie en 1963. Depuis lors, les professionnels de la santé cubains sont plus de 5 000 personnes en Afrique du Sud, Algérie, Angola, Botswana, Burkina Faso, Cap-Vert, Congo, Djibouti, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Liberia, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, RASD, Sao Tomé-et-Principe, Seychelles, Tanzanie, Tchad et Zimbabwe.
Le commandant en chef Fidel Castro a créé les brigades médicales Henry Reeve en 2005. Cette brigade est internationalement reconnue pour son travail consacré à sauver des vies lors des catastrophes naturelles et des épidémies les plus graves. Cette brigade compte plus de 7 400 professionnels volontaires, qui ont soigné des millions de personnes.
Ce sont ces mêmes brigades Henry Reeve que Cuba a envoyées en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée au plus fort de l’épidémie d’Ebola de 2014-2016. 250 médecins : spécialistes, infirmières et autres travailleurs de la santé ont réalisé la plus grande opération médicale sur le terrain. Aujourd’hui, avec la pandémie de COVID-19, les brigades Henry Reeve ont été à nouveau dépêchées dans plusieurs pays du monde, y compris des pays africains ( Angola, Togo, Cap-Vert et Afrique du Sud).
Au nom des ambassadeurs africains représentant leur gouvernement et l’ensemble de la communauté africaine à Cuba, nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude au gouvernement de la République de Cuba et au peuple cubain pour leur contribution, non seulement à la lutte pour l’indépendance des pays africains, mais aussi pour toute l’assistance que Cuba leur a fournie toutes ces années. Nous réaffirmons que nous continuerons à honorer et à renforcer les liens d’amitié qui unissent nos pays à Cuba.
Nous saisissons également cette occasion pour féliciter Cuba pour l’exemple qu’elle continue de donner en matière de solidarité internationale. Cuba a montré au monde que, quelle que soit la sévérité des sanctions politiques, économiques et commerciales imposées depuis des décennies, elle reste parmi les 1° pays du monde en matière de soins et d’assistance médicale.
VIVA CUBA ! VIVA L’AFRIQUE !

Auteur: Enrique Moreno Gimeranez | internet@granma.cu
EN CONTEXTE ET EN CHIFFRES : LES RELATIONS ENTRE CUBA ET L’AFRIQUE
• Plus de 1,2 M d’Africains ont apporté une contribution extraordinaire à la formation de la nationalité cubaine.
• Dans les luttes pour l’indépendance de Cuba contre le colonialisme espagnol, les Cubains d’origine africaine représentaient environ 75 % de l’Armée de libération.
• Plus de 300 000 combattants internationalistes cubains ont lutté contre l’injustice et la domination sur le continent, dont plus de 2 000 ont perdu la vie.
• Environ 6 000 coopérants cubains prêtent leurs services en Afrique dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la construction, du sport, des ressources hydrauliques et de l’agriculture, dans 32 pays du continent.
• À ce jour, plus de 30 000 étudiants africains ont obtenu leur diplôme à Cuba dans diverses disciplines.
• Environ 9 000 étudiants africains poursuivent actuellement des études supérieures à Cuba.
• Plus de 200 professionnels de la santé cubains ont combattu le virus de l’Ébola en Afrique de l’Ouest, en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée.
• Cuba a envoyé des brigades médicales à la demande de pays africains pour faire face à la pandémie de la COVID-19 : Angola, Togo, Cap Vert et Afrique du Sud.
• 28 ambassades africaines sont présentes à La Havane.
• 34 ambassades cubaines sont ouvertes sur le continent africain.

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Laure Lemaire- Le colonialisme met en place l’apartheid


Les populations sont organisés dans des partis politiques à dominante ethno-linguistique :
* Parti Sud Africain (PSA) deBotha pour les Afrikaners du Transvaal, de la colonie de l’ Orange et du Cap,
* Unionistes pour les anglophones,
*Le Parti National (PN) des Afrikaners radicaux, opte pour le nationalisme afrikaner en 1914, sous la conduite d’ un ancien de la guerre des Boers, Hertzog,
APO (African people organisation ) crée en 1902 pour les gens de couleur au Cap.
Coloured (métis), présidé par Abdullah Abdurahman (1872–1942), un petit-fils d’esclave.
Congrès Indien du Natal (1894) fondé par un jeune avocat Gandhi. Xuma et Ysuf Dadoo
Les élites bantoues, formées dans les missions anglicanes, se réunissent en 1909, pour une convention indigène, 1° manifestation nationale d’une résistance politique noire au pouvoir blanc. Ils forment le Congrès National des Natifs Sud-Africains (SANNC), en 1912, qui deviendra l’ANC.
Pendant plusieurs décennies, l’Afrique du Sud est considérée par les « intellectuels » occidentaux comme un État européen situé dans une région non occidentale.
L’Afrique du Sud entièrement britannique, met en place la ségrégation à grande échelle. Elle pose comme principe la supériorité intellectuelle des Blancs avec l’établissement de réserves indigènes. Le gouvernement britannique décide d’unifier politiquement les 4 colonies (Cap, Transval, Natal, Orange) pour créer un dominion, sur le modèle canadien et australien, avec un régime parlementaire, sur le modèle de Westminster (mai 1910). Sa politique raciale s’inscrit dans la continuité des lois coloniales britanniques. La capitale administrative est Pretoria, où l »anglais et le Néerlandais sont les langues officielles. La constitution permet aux Afrikaners (pourtant vaincus militairement, dominés économiquement par la minorité anglo sud-africaine) de reprendre le pouvoir politique.
La révolution industrielle, la prolétarisation d’Afrikaners, « petits Blancs », déclassés et racistes, et le surpeuplement noir, résument la situation. En 1904, l’Afrique du Sud compte 4 M ½ d’hab avec 1 M d’Européens, dont + 2/3 sont afrikaners ; en 1911, elle dénombre 4 M de Noirs, 1,3 million de Blancs, 525 000 Métis et 150 000 Indiens.
En 1911, contre le chômage blanc, les lois leur réservent les emplois du secteur minier. En 1913, la loi sur la propriété foncière indigène (natif) la limite à 7,8 % du territoire, les obligeant à louer leurs forces de travail aux fermiers blancs ou à aller dans les villes, contribuant à fabriquer un prolétariat rural et urbain. Pour protester, des représentants du SANNC (futur ANC) se rendent en 1914 au R-U. C’est un échec

Les ouvriers rouges, noirs et blancs
L’ASO, colonie allemande revient aux Britaniques en 1915. Mais les Afrikaners sont pro-allemands. Une société secrète calviniste devient le moteur de la politique du pouvoir blanc et de tous les dirigeants politiques dont la vision est partagée par l’Église réformée hollandaise, composante importante de l’identité afrikaner. La guerre stimule l’économie nationale. Les Noirs, dont les élites ont soutenu l’effort de guerre, ne gagnent que le renforcement de la ségrégation.
En 1919, Jan Smuts, 1° ministre, entreprend une politique économique très libérale vis-à-vis des conglomérats miniers qui souhaitent avoir des coûts de production les plus bas possibles et donc une main-d’œuvre à bon marché. La chambre des mines remplace les ouvriers blancs qualifiés par des noirs, payés 4 fois moins.
Cette politique entraine la création du Parti communiste d’Afrique du Sud (SAPC) en 1921, issu de la Fédération sociale-démocrate du Cap, de la Société juive et socialiste du Cap et celle de Johannesbourg, le club marxiste de Durba (Natal). Il proclame sa foi dans l’avènement d’une Afrique du Sud des travailleurs, blancs et noirs, au sein d’un pays débarrassé du système capitaliste et de la distinction entre classes sociales. William H. Andrews, un syndicaliste et ancien parlementaire travailliste qui s’était opposé à l’entrée en guerre au côté du R-Uni, est élu 1° secrétaire général du parti.
Le Witwatersrand,communément appelé le Rand, est situé dans la région historique du Transvaal, et part de Pretoria. De ce massif, on extrait en 1913 40 % de l’or mondial. L’agglomération de Johannesbourg s’étend sur toute la longueur de la zone d’extraction d’or. Elle inclut les zones urbaines de l’East Rand, du West Rand et de Soweto. L’université du Witwatersrand se situe à Johannesbourg.
En 1922, une grève générale des mineurs afrikaners du Rand est déclenchée pour exiger le maintien de leurs emplois. Hostiles à la libéralisation raciale du marché de l’emploi par les grands conglomérats miniers, ils avaient reçu le soutien du parti communiste avec le slogan « Travailleurs de tout pays, unissez-vous pour une Afrique du Sud blanche ». Bien qu’opposé à la ségrégation raciale, les communistes étaient majoritairement des Blancs Plus tard, le SACP condamna ce slogan comme irréaliste et divisant la classe ouvrière. 20 000 mineurs blancs et la majorité des ingénieurs des mines cessaient le travail. Bien qu’ayant proclamé son impartialité, Smuts prit parti pour le patronat minier en demandant la reprise du travail au nom du maintien de l’ordre public. Le 6 mars 1922, la grève générale était décrétée par l’union syndicale. Smuts , arma la police avec l’autorisation de tirer et proclama la loi martiale le 10 mars alors que l’ensemble du Reef (la zone minière du Rand) est sous le contrôle des insurgés, bien armés et bien organisés. Il ordonna à l’aviation de bombarder les centres de résistance. Les derniers résistants furent ensevelis sous les bombes. La révolution du Rand avait échoué avec 200 personnes tuées, ( mineurs et des policiers), 1000 autres blessées. Le SAPC est décapité.

Lors de son congrès annuel de 1924, sous les recommandations du Komintern, il adopte le principe d’africanisation du parti ; de nombreux blancs quittent le parti mais sous l’impulsion de jeunes (Eddie Roux et Willie Kalk), les camarades militent auprès des jeunes noirs des townships. Dès 1925, la majorité des militants communistes étaient issus de la communauté noire.
En 1923, l’ICU (Industrial and Commercial worker’s Union) est fondé par Clements Kadalie, le 1° syndicat noir dont l’origine est le syndicat des dockers de couleur du Cap. Il gagne en notoriété et agit tant dans les zones rurales que dans les villes pour protester contre les politiques antisociales. L’ICU est dirigé par des hommes proches des églises africaines indépendantes et trouvent le SANNC trop modéré. Il périclite à partir de 1927.
Le Congrès national indigène sud-africain (SANNC)avait été fondé en 1912 pour protester contre la loi foncière sur les terres autochtones et demander l’égalité. Ses fondateurs représentent alors l’intelligentsia noire d’Afrique du Sud qui porte le révérend John Dube à sa tête, un instituteur qui a étudié aux États-Unis très influencé par Washington. L’ANC (le nouveau nom du SANNC depuis 1923), organisé sous la forme d’un parti politique britannique, est tiraillé par des discordes internes, les conservateurs du Natal derrière John Dube, s’opposant aux progressistes de Josiah Gumede qui se rapproche du SAPC (après leur expulsion de l’ICU) en 1924. L’ANC est partagée entre une aile conservatrice loyale à l’Empire britannique, et l’autre panafricaine pour le suffrage universel, la restitution des terres, l’abrogation des laissez-passer. En 1930, le parti est moribond
Hertzog (1924) et Smuts face à la crise économique (1933-1939)
L’alliance du PN et du Parti Travailliste en ajoutant les anciens communistes qui se retrouvent dans les thèmes nationalistes et anticapitalistes du PN, propulse Hertzog au parlement. Il met en priorité d’arracher les 160 000 Blancs à leur misère en étendant les emplois réservés dans l’industrie et le commerce. L’ Afrikaan devient langue officielle au côté de l’Anglais. L’ hymne officiel et le drapeau national sud-africain sont adoptés en 1927. Des années de prospérité Afrikaner commencent pour les petits blancs.
Mais avec la crise de 29, le commerce du diamant s’effondre, les prix agricoles aussi, et les exportations se raréfient. La rentabilité des mines est menacée, le chômage augmente. En 1932, l’Afrique du Sud abandonne l’étalon-or, permettant le retour des capitaux et la baisse des taux d’intérêt. La dette publique s’efface et les budgets deviennent excédentaires. Pour arriver à un tel résultat, nationalistes afrikaners et libéraux anglais(les 2 nations blanches) s’accordent pour former, en 1933, un gouvernement d’union nationale, présidé par Hertzog, qui développe un programme d’industrialisation, centré autour de l’État. Des prix garantis sont négociés avec le R.U pour l’exportation de la laine sud-africaine sur les marchés mondiaux ; des programmes de grands travaux d’équipements (logements, routes) ou à caractère scientifique (création d’un conseil national pour stimuler et coordonner la recherche industrielle et scientifique) sont mis en place. Le gouvernement PSA avait crée la banque afrikaner volkbank) .

Une convention panafricaine est ouverte en 1935, à Bloemfontein, par le maire blanc de la ville. Elle réunit 500 délégués représentant les zones rurales et urbaines d’Afrique du Sud, le Transkei, le Zoulouland, les protectorats du Bechuanaland, du Basutoland et du Swaziland mais aussi des indiens et métis. Son but est de manifester contre les projets de lois concernant leurs droits politiques et sociaux. Reçue par Hertzog, elle échoue. La « loi sur le fonds d’investissement foncier et la terre indigènes », agrandit la superficie des réserves indigènes existantes à 13 % de la surface du pays, mais ôte aux résidents noirs du Cap, le droit d’acheter de la terre en dehors des réserves.
L’entrée en guerre au côté du RU
La coalition gouvernementale vole en éclats à ce propos : Hertzog est pour la neutralité, Smuts se retrouve seul au pouvoir car l’entrée en guerre est votée. Smuts fait partie du cabinet de guerre de Winston Churchill. L’aviation sud-africaine libère l’Éthiopie des Italiens, le contingent élimine les forces vichystes à Madagascar. Les fantassins sud-africains, sous le commandement de Montgommery, repoussent les troupes allemandes hors de l’Afrique. En tout, 334 000 volontaires Sud-Africains combattent et 12 080 perdirent la vie à la guerre. Seuls les Blancs sont autorisés à porter les armes et à servir dans les unités combattantes, mais 5 000 Noirs et de Métis servant dans les troupes auxiliaires sont tués dans les combats d’Afrique du Nord et d’Italie
Sur le plan intérieur, des groupuscules armés afrikaners et pronazis, mènent des actions de sabotages. Parmi leurs militants, figure le futur 1° ministre John Vorster. Par hostilité envers le capitalisme, l’impérialisme britannique et le colonialisme, des dirigeants noirs et indiens expriment leur désapprobation à l’entrée dans le conflit mondial. Yusuf Dadoo, un influent dirigeant du congrès indien du Transvaal et membre du PC sud-africain,prononce de virulents discours, ce qui lui vaut la prison. La répression Smuts est impitoyable : les discours anti-guerre, les grèves des travailleurs noirs sont déclarées illégales au titre de l’effort de guerre.
L’ANC se transforme, d’organisation intellectuelle en véritable parti de masse. En 1943, elle ouvre l’adhésion aux gens de toute race, élimine de l’organigramme la chambre des chefs tribaux et accorde aux femmes des droits égaux. En 1944, à l’université de Fort Hare, des jeunes de l’ANC avec Nelson Mandela, créent une ligue pour renouveler les idées et former des cadres au parti vieillissant. Elle est partisane de manifestations de masse pour faire aboutir les revendications d’égalités raciale et politique de la majorité noire, pour l’ émancipation morale vis-à-vis du paternalisme blanc et pour l’affirmation d’un nationalisme sud-africain noir, débarrassé de ses oripeaux ethniques. Au sortir de la 2° Guerre mondiale, la totalité de la population urbaine noire dépasse, pour la 1° fois celle de la population blanche, atteignant 1,5 M de personnes. En 1947, Xuma formalise son alliance avec le Congrès indien du Natal et celui du Transvaal, du docteur Yusuf Dadoo, pour dépasser les clivages raciaux, face à la classe politique blanche.
Auréolé de la victoire des alliés, de sa participation à la création des Nations unies, d’un taux de croissance économique en hausse (5 % / an pendant 30 ans), Smuts est à l’aise. Les Nationalistes proposent aux Afrikaners et aux Anglophones, leur nouveau projet de société fondé sur l’apartheid.

L’apartheid (1948-1958)
Origine et définition– L’alliance du PN de Malan et de l’Afrikaner Party remporte la majorité des sièges aux élections de 1948. Les électeurs du Natal, du Cap et de Johannesbourg votent pour Smuts, et les circonscriptions rurales et ouvrières surreprésentées du Transvaal -Orange, permettent à Malan, 74 ans, de former le gouvernement. Cette victoire du PN consacre aussi celle du Broederbond, une société secrète fondée en 1918, et consacrée à la promotion des Afrikaners dans la société civile.
Le thème récurrent des nationalistes n’est plus la défense de l’identité afrikaans face à la domination anglophone, mais celle du « peuple » blanc d’Afrique du Sud qui est composé des anglophones, des afrikaners, des lusophones soit 2,5 M en 1950, 21 % de la population, menacé par la démographie africaine, 8 M et67 % de la population totale ; c’est le « le péril noir », un soulèvement de millions de Noirs, qui balaieraient les Afrikaner et leurs 2 tendances au PN, la suprématie blanche garantissant la sécurité des Blancs, la défense de la culture afrikaner« d’un peuple élu »

Avant 1948, la politique indigène est présentée comme provisoire en attendant que, devenues « civilisées, les masses indigènes » accèdent à la citoyenneté. Après 1948, l’apartheid, (la division du pays en 2, avec d’un côté les Blancs et d’un côté les Noirs, (en continuant à être les réservoirs de main-d’œuvre), vient rompre avec la discrimination coloniale. Malan considère que régler le problème des Blancs pauvres devrait aussi permettre de gérer la question autochtone.
L’apartheid n’est pas clairement défini, ni cohérente, ni uniforme, mais un « instrument de justice et d’égalité qui doit permettre à chacun des peuples d’accomplir son destin et de s’épanouir en tant que nation distincte ».

Hendrik Verwoerd, ministre des affaires indigènes en 1950, est considéré comme l’ architecte de l’apartheid, d’après la théorie de la prédestination de l’église réformée hollandaise, et de l’école afrikaans d’anthropologie avec l’ethnologie Werner Max Eiselen. justifiant la ségrégation raciale pour maintenir les identités ethniques et linguistiques des peuples bantous ; il appuie, dès les années 1930, l’idée d’un séparatisme géographique, politique et économique entre les différentes ethnies. Cette politique remonte au XVIIe siècle dans les territoires boers, appelée la « domination du patron ».
Les 1° lois renforcent celles existantes en 1949: l’interdiction des mariages interraciaux. . Celles organisant l’apartheid sont la loi d’habitation séparée, la loi d’immoralité, loi de classification de la population, la loi de suppression du communisme sont votées en 1950.
Les individus sont classés en 4 groupes (blancs, noirs, coloured (Métis) et indiens). Les Noirs sont expulsés de quartiers (Sophiatown), et obligés de vivre dans des townships, à la périphérie lointaine des villes, avec la distances jusqu’au lieu de travail. Les politiques antérieures étaient l’impératif de l’unité de la nation et du territoire, l’apartheid vise à sacrifier l’intégrité territoriale du pays. Aux élections de 1953, le PN reste gagnant. Malan est remplacé par Johannes Strijdom, ultraconservateur du Transvaal, qui accentue la ségrégation. Au parlement, les Métis du Cap sont représentés par 4 députés blancs pour 5 ans. Le PN met en place des gouvernements autonomes dans les bantoustans (territoires tribaux administrés par les autochtones). Les Ndébélés du Transvaal-Sud furent cantonnés dans un bantoustan autonome, appelé KwaNdebele alors que ceux du Nord furent rassemblés avec les Sothos dans celui du Lebowa.
A l’étranger, les colonies britaniques non soumises à l’apartheid
Pour nombre de chefs d’États étrangers, où sévit déjà une séparation plus subtile voire coutumière entre les classes, les ethnies ou les religions, la ségrégation affichée et revendiquée de l’apartheid leur permet d’utiliser la politique de l’Afrique du Sud en en faisant un bouc émissaire providentiel. Les militants iront souvent s’y réfugier
La Tanzanie actuelle est née de l’union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964, après leur indépendance respective vis-à-vis du R-U. Elle est membre du Commonwealth et des Nations unies
La Rhodésie du Sud (Zimbabwe) est entouré par l’Afrique du Sud et le Botswana à l’ouest, la Zambie au nord et le Mozambique à l’est. La « colonie » de Ian Smith a déclaré son indépendance du R-U pour y maintenir la domination blanche.
Le Bechuanaland (Botswana) est un protectorat britannique établi en 1885 qui change de nom en 1966.
En 1891, le R.U colonise comme le protectorat d’Afrique centrale renommé le Nyassaland en 1907 et en 1962, lui accorde l’autodétermination. La fédération de Rhodésie du nord et du Nyasaland est dissoute et en 1964, l’indépendance du Malawi est proclamée. Les colons et les compagnies minières soutiennent ce regroupement afin de préparer une indépendance sous domination blanche, sur le modèle sud-africain (royaume du Commonwealth).
L’opposition
L’ANC, la principale organisation anti-apartheid extra-parlementaire, en lutte pour l’égalité est de tendance socialiste et alliée au Parti communiste, ce qui en fait un adversaire des Blancs et lui donne une mauvaise image aux yeux du gouvernement des États-Unis. En 1952, elle organise avec d’autres organisations anti-apartheid, une campagne nationale de résistance passive, marquée par l’arrestation de 8 400 personnes Elle prend fin quand de nouvelles lois interdisent les rassemblements et les manifestations politiques ; elle permet à l’ANC de gagner en crédibilité, passant de 7 000 à 100 000 adhérents. Son option non-raciale lui permet de s’ouvrir aux indiens et aux communistes blancs, mais les métis restent plus circonspects.
Le Congrès panafricain d’Azanie (PAC) est un parti politique d’Afrique du Sud. Ancien mouvement de libération, il naît en 1959 d’une scission de l’aile la plus africaniste de l’ANC, hostile à l’intégration de Blancs dans les instances dirigeantes et à l’influence du Parti communiste sud-africain (SACP).Son projet politique révolutionnaire prévoit de rebaptiser l’Afrique du Sud en Azanie (Azania).Robert Sobukwe est son fondateur et son 1° président en 1959 à Johannesbourg. Il en fait un rival immédiat de l’ANC pour conquérir les masses. Ainsi, son 1° coup d’éclat est de devancer l’ANC dans l’organisation des campagnes de défiance au gouvernement. Alors que l’ANC avait lancé sa campagne au 31 mars 1960, le PAC décide d’organiser la sienne 10 jours plus tôt . Sobukwe appelle les Noirs à laisser leurs « passeports intérieurs » (carte d’identité + laissez-passer) chez eux, défiant les lois d’apartheid, et à manifester pacifiquement devant les commissariats de police.
À Sharpeville, la manifestation pacifique dérape en massacre. La police tue 69 personnes et en blesse 186. Suite au massacre le gouvernement décrète l’état d’urgence et prononce l’interdiction du PAC et de l’ANC. Sobukwe est arrêté et emprisonné et de nombreux militants quittent le pays.

Liée à l’ANC, la Fédération des femmes sud-africaines (FSAW) assure la coordination des campagnes contre les laissez-passer et faisant rédiger des pétitions. Organisée sur une base inter-raciale, elle comprend des syndicalistes, des enseignantes et des infirmières. En juin1955, 3 000 délégués de l’ANC et le congrès indien, le Congrès des Démocrates ou la FSAW, se réunissent à Kliptown, un township de Johannesbourg, en un congrès du peuple. Ils adoptent la Charte de la liberté, appelant à l’égalité des droits, quelle que soit la race.1 M de personnes signent le texte. En 1956, 20 000 femmes de couleurs différentes, défilent au nom de la FSAW, devant les Union Buildings à Pretoria. contre les laissez-passer. Puis en 1956, à cause de la charte de la liberté, 156 membres de l’ANC sont arrêtés pour haute trahison. L’affaire est très médiatisée. L’instruction judiciaire dure 4 ans. Finalement, les 30 derniers accusés sont acquittés car l’ANC ne pouvait être coupable d’avoir défendu sa politique par la violence. Durant les années 1950, l’opposition blanche à l’apartheid est morcelée en 2 grandes familles, radicaux et libéraux. Elle ignore les appels de l’ANC.
Aux élections de 1958, le PN l’emporte avec Verwoerdà la tête du gouvernement. La politique sud-africaine est contestée au niveau international et aux Nations unies. Mais, les mouvements noirs de libération se divisent aussi ; de nombreux radicaux de l’ANC la quittent pour protester contre son ouverture aux autres races et forment une organisation nationaliste concurrente, le Congrès panafricain d’Azanie dirigé par Robert Sobukwe.
En Namibie
En 1949, le statut de l’ ASO occupée par l’Afrique du Sud depuis 1915, est révisée par Malan au pouvoir. En 1959, la politique d’apartheid s’y applique ; le massacre du quartier Noir de Windhoek, fait 57 tués lors d’une manifestation de protestation contre la mise en place de l’apartheid. En 1960, en marge de travaux à l’ONU, se constitue SWAPO (South West Africa People’s Organization) qui s’impose comme le chef de file de la résistance à l’occupation sud-africaine, pour l’accès à l’indépendance et débute la guerilla en 1967..En 1968, elle est rebaptisé Namibie par l’ONU.
Les autorités déclarent insalubre le quartier de Old Location et déplacent les populations indigènes qui y résident vers un nouveau quartier, situé à 5 km au Nord, le futur township de Katutura « là où on ne veut pas rester ». La campagne de protestation organisée par la SWANU dérape et se solde par la mort de 13 manifestants et 54 blessés. Ses dirigeants dont Sam Nujoma, sont contraints à s’exiler au Bechuanaland, en Rhodésie du Sud (Zimbabwe), puis en Tanzanie.
La République d’Afrique du Sud (RSA) en 1961
En 1960, le massacre de 69 protestataires pacifiques tués par la police, met l’Afrique du Sud à la Une de l’actualité internationale. Le gouvernement fait interdire l’ANC et le Congrès panafricain d’Azanie qui entrent dans la clandestinité. Nelson Mandela fonde l’aile militaire de l’ANC, appelé la « Lance de la Nation », pour des actions de sabotage des infrastructures industrielles, civiles et militaires. Le chef de l’ANC, Albert Lutuli, obtient le Prix Nobel de la paix.

A la suite de ces évènements, le 1° ministre britannique, Macmillan, dans un discours mémorable au parlement au Cap, critique l’immobilisme et le passéisme des dirigeants d’Afrique du Sud. Exaspérés, les nationalistes organisent un référendum pour instituer la république approuvé en 1960. Les Blancs se divisent dans le calme entre républicains Afrikaners et loyalistes anglophones. La « proclamation de la République d’Afrique du Sud » (RSA), est la rupture des derniers liens avec le R-U (retrait du Commonwealth) et la création effective du 1° bantoustan noir, le Transkei, marquant l’apogée de l’apartheid. La porte est ouverte aux USA
Helen Suzman, seule élue du Parti Progressiste, est pour une franchise électorale qui permet à tout citoyen adulte, instruit et économiquement autonome, de pouvoir voter aux élections, au suffrage universel. En dépit du soutien médiatique, le vote pour ce parti se cantonne pendant 13 ans aux quartiers aisés et anglophones de Johannesburg et du Cap. Elle laisse l’afrikaans, la langue de l’apartheid pour l’anglais, qui permet de sortir du ghetto blanc et d’obtenir une audience internationale. .
Plusieurs chefs de l’ANC interdite, dont Nelson Mandela et Walter Sisulu, sont arrêtés et inculpés de haute trahison et de complots envers l’État. En 1964, ils sont condamnés à la prison à vie. L’ANC s’installe à l’étranger. .L’Afrique du Sud est exclue des jeux olympiques d’été de Tokyo. Et en 1965, elle refuse la présence de Maoris à l’occasion de la tournée du Rugby à 15 des All Blacks néo-zélandais en .Afrique du Sud .
Aux élections de 1966, le PN remporte 58 % des suffrages. Un fou assassine Verwoerd (ministre, architecte de l’Apartheid) en plein cœur du parlement Le magazine Time le considère comme « l’un des plus habiles chefs blancs » que l’Afrique ait connu et le Financial Mail glorifie la réussite économique que connait le pays entre 1961 et 1967. Le soutien indéfectible dont Verwoerd a bénéficié de la part de la communauté blanche, repose sur la transformation institutionnelle du pays en République, plus que sur l’apartheid, une politique que le secrétaire général de l’ONU en 1961, considérait comme une « alternative concurrentielle à l’intégration » suffisamment convaincante pour être poussée plus avant.
Entre 1960 et 1980, + 3 M 1/2 de paysans noirs sont dépossédés de leurs terres au profit de Blancs. Un système de contrat oblige les salariés noirs de l’industrie à vivre dans des townships, loin de leurs familles demeurées en zone rurale, pour devenir un réservoir de main-d’œuvre bon marché et qui ne sont plus des concurrents pour les fermiers blancs. La population carcérale atteint 100 000 personnes, taux le plus élevé au monde.
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الطاهر المعز-الفرنكفونية : استعمار ثقافي وسياسي

الفرنكفونية – استعمار ثقافي وسياسي : الطاهر المعز
ربطت فرنسا الإستقلال الشّكلي لدول إفريقيا الغربية، في بداية عقد الستينيات من القرن العشرين، باستمرار الهيمنة الإقتصادية والمالية (عبر الفرنك الإفريقي المرتبط بالفرنك الفرنسي) والثقافية من خلال اللغة الفرنسية (واللغة جزء من الثقافة والحضارة والتعليم وسير الإدارة…)، وناقش مجلس الوزراء الفرنسي موضوع إنشاء إطار فرنكوفوني، منذ سنة 1963، وأنشا الجنرال/الرئيس شارل ديغول ورئيس وزرائه جورج بومبيدو، سنة 1966 « اللجنة العليا للدفاع عن اللغة الفرنسية وتوسيعها » بتواطؤ من بعض الزعماء الأفارقة مثل « ليوبولد سيدار سنغور » ( السينغال) و « هوفويت بوانْيي » (ساحل العاج) وبورقيبة (تونس) وغيرهم، وأعلن الجنرال ديغول: »الآن وبعد أن أنهينا الاستعمار، سوف يعتمد موقعنا في العالم على قوة تأثيرنا، ومن ضمنها قوتنا الثقافية « ، لتُمثِّلَ بذلك اللغة الفرنسية (والفرنكوفونية فيما بعد) مشروعًا سياسيًّا يخدم طموحات الإمبريالية الفرنسية التي تراجعت هيبتها بعد الحرب العالمية الثانية، وخصوصًا بعد هزيمَتَيْ فيتنام (ديان بيان فو – 1954) والجزائر (1962)، وأنشأت الدّولة الفرنسية سنة 1970 وكالة التعاون الثقافي والتقني (سَلَف المنظمة الدولية للفرنكوفونية) كأداة للإستعمار « اللّيِّن » المُخْتَفِي وراء الثقافة…
تنعقد القمة الفرانكفونية مرة كل سنتَيْن، وانعقدت القمة الثامنة عشر سنة 2022 بجزيرة جِرْبَة بتونس، وانعقدت القمة التاسعة عشر يومي 4 و5 تشرين الأول/أكتوبر 2024 في فيليرز-كوتيريه (Villers-Cotterêts ) بفرنسا تحت شعار “الابتكار والإبداع وريادة الأعمال باللغة الفرنسية”، ويندرج هذا الشعار ضمن الإستراتيجية الجديدة للمنظمة الدولية للفرانكفونية التي أضافت قضايا الإقتصاد إلى المسائل الثقافية، لتتمكن فرنسا من بيع سياراتها وسلعها وأسلحتها وترويج الإيديولوجيا المعادية للثقافات الشعبية المحلية، وانتهت القمة بوعود لن تتحقق مثل مضاعفة جهود تدريب وتشغيل الشباب…
لم يستفد مواطنو الدّول الأعضاء من الزّج ببلادهم في منظومة ثقافية استعمارية تُهيمن عليها فرنسا التي انحدرت مكانة لُغَتثها الفرنسية بين طلابها وباحثيها، غير إن اللوبي الفرنكوفوني – المستفيد من العلاقات غير المتكافئة بين الإمبريالية الفرنسية ومستعمراتها – لا يزال قويا في مجمل المستعمرات الفرنسية السابقة وخصوصًا في إفريقيا، من الجزائر إلى مدغشقر، مرورًا بإفريقيا الغربية والوُسطى والبلدان المحيطة بالصحراء الكبرى، ويعمل على سيادة اللغة الفرنسية في التعليم والبحث العلمي والإدارة، على حساب اللغات المحلية (العربية في المغرب العربي)، رغم إغلاق حدود فرنسا (والإتحاد الأوروبي) في وجه العمال والطلبة والسائحين وأقارب المقيمين العرب والأفارقة في فرنسا، فضلا عن العداء السّافر للغة العربية والحضارة والتاريخ والمواطنين العرب…
ظروف انقاد مؤتمر الفرنكفونية التاسع عشر
داخليا: تم تعيين ميشيل بارنييه رئيسًا للوزراء في فرنسا من قبل إيمانويل ماكرون، يوم الخامس من أيلول/سبتمبر 2024 ضمن عملية إعادة هيكلة الحياة السياسية وإنشاء التحالف الرسمي بين اليمين التقليدي واليمين المتطرف، حيث اشتهر ميشيل بارنييه بالتقارب مع أطراف اليمين المتطرف وبدا ذلك جليا خلال حملته الانتخابية سنة 2022، من خلال تحميل المهاجرين كل مشاكل فرنسا ومن خلال معارضته توزيع حبوب منع الحمل، ولذلك عبّرت قيادات حزب « التّجمع الوطني » (أهم وأقدم أحزاب اليمين المتطرف ) عن ارتياحها لتعيينه رئيسًا للوزراء، ويُستشف من تصريحات قيادات اليمين المتطرف إنها لن تُعرقله، ولو لم تُشارك في الحكومة التي لا تستطيع الإعتماد على أغلبية برلمانية لدعمها، دون تحالف أو « شراكة » بين اليمين التقليدي واليمين المتطرف الذي تمكّن من اسْتِمالة قسم واسع من « الفِئات الشعبية »، فضلاً عن دعم قيادات منظمات أرباب العمل ودعم وسائل الإعلام المملوكة لفنسانت بولوريه ولمجموعة « بويغ » وبعض الفئات الوُسْطى.
عمومًا، أظهرت انتخابات 2024 في فرنسا، وانحياز وسائل الإعلام (بما فيها محطات الإذاعة والتلفزيون للقطاع العام) لليمين المتطرف، انْزِياحًا لليمين التقليدي نحو اليمين المتطرف، في مجمل بلدان الإتحاد الأوروبي…
خارجيا: هل تحتل الصين مكانة فرنسا في إفريقيا؟
كانت فرنسا قوة استعمارية كبرى لفترة طويلة في أفريقيا، تهيمن شركاتها على العقود المُرْبحة للبنية التحتية وبناء الموانئ ومحطات الطاقة وشبكات الطرقات والإتصالات، وتتعرض الهيمنة الفرنسية حاليا للتهديد بسبب المنافسة مع الولايات المتحدة وإيطاليا وروسيا وغيرها، وخصوصًا الصّين التي تنمو علاقاتها مع أفريقيا منذ أكثر من عِقْدَيْن، ويمثل مشروع طريق نيروبي- مالابا السريع نموذجًا لهذا التغيير، حيث حصل كونسورتيوم فرنسي شكلته شركتا فينشي وميريديم سنة 2019 على عقد تنفيذ هذا المشروع العملاق، ثم أعلن الرئيس الكيني ويليام روتو خلال منتدى التعاون الصيني الأفريقي في بكين من 04 إلى 06 أيلول/سبتمبر 2024 إلغاء العقد ومنحه إلى مجموعة صينية، ما يُشكّل انتكاسة للمصالح الفرنسية في المنطقة، ويتمثل المشروع في بناء طريق سريع ذو مسارين لِرَبْطِ العاصمة الكينية بالحدود مع أوغندا، بقيمة تفوق مليار يورو، بهدف تسهيل نقل البضائع من كينيا إلى أوغندا ورواندا وجمهورية الكونغو الديمقراطية وجنوب السودان، وكان المشروع يعتمد على نظام رسوم يسمح للشركات الفرنسية بجعل استثماراتها مربحة لمدة ثلاثة عقود، غير إن مجموعة الشركات الصينية التزمت بتقديم تمويل ضخم وفترة قصيرة لإنجاز المشروع، وسبق أن اختبرت دولة كينيا جِدِّيّة ونجاعة الشركات الصينية من خلال بعض الإنجازات السابقة مثل طريق ثيكا السريع، وطريق نيروبي السريع، وخط السكة الحديد بين ميناء مدينة مومباسا والعاصمة نيروبي.
يُشير هذا المثال إلى تراجع نفوذ الإمبريالية الفرنسية في إفريقيا (وفي العالم) و إلى الصعوبات التي تواجهها الشركات الفرنسية في التكيف مع الواقع الجديد للسوق الأفريقية، وعدم قدرتها على الصمود أمام المنافسة الصينية، وبعض القوى الناشئة الأخرى مثل تركيا أو الهند، إذْ لم يَعُدْ بوسع فرنسا أن تتعامل مع أسواق معينة ( غربي إفريقيا مثلاً) كجزء من فضائها الحَيَوِي، وأدّى تزايد النفوذ الصيني في مجالات استخراج المواد الخام والبُنْيَة التحتية والإستثمار والتبادل التجاري والتعاون الثقافي إلى إعادة تشكيل الأسواق في قارة إفريقيا، خصوصًا منذ إنجاز طريق الحرير الجديد، منذ نحو عشر سنوات الذي مَكّن الصين من تعزيز نفوذها ونفوذ شركاتها في معظم مناطق إفريقيا، ومن بينها المغرب العربي الذي تعتبره المُخطّطات الصينية بوابة أوروبا – من خلال التّحايُل على تعريفات الإتحاد الأوروبي – وأفريقيا جنوب الصحراء الكبرى، وأصبح شمال إفريقيا يحتل مكانة مركزية في استراتيجية التوسع هذه، وأشارت وسائل إعلام المغرب مؤخّرًا إلى الإستثمارات الضخمة للشركات الصينية العملاقة ( مثل CNGR و Gotion) التي سوف تُحْدِث « تغييرًا جذريًّا في المشهد الصناعي في المنطقة » من خلال « ضخ عدة مليارات من الدولارات، في إنتاج البطاريات الكهربائية في المغرب »، بهدف تصديرها إلى أوروبا وربما إلى أمريكا الشمالية كإنتاج مغربي والإستفادة من الإتفاقيات التجارية والجمركية بين الاتحاد الأوروبي والمغرب، والإلتفاف على قرار زيادة الرسوم الجمركية الأوروبية على الواردات الصينية في قطاع السيارات الكهربائية والبطاريات، وتعد استراتيجية الصين جزءا من استراتيجية أوسع لإعادة تعريف سلاسل التوريد الدولية، حيث تسعى الصين إلى استغلال موارد المغرب المعدنية الأساسية لصناعة البطاريات، مثل الكوبالت والنحاس والفوسفات، بهدف الحفاظ على مكانتها المهيمنة في الصناعات المتطورة، وتوفر اتفاقيات التجارة الحرة بين المغرب والاتحاد الأوروبي والولايات المتحدة إمكانية وصول الصين إلى تلك الأسواق، ما يُحَوِّلُ المغرب إلى حلقة وصل حاسمة في استراتيجية الصين للتحايل على الحصار التجاري « الغربي »، كما يمتلك المغرب بنية تحتية لوجيستية أنشأتها الشركات الفرنسية، ليُصبح المغرب أكبر مُنتج للسيارات في أفريقيا، فيما يسمح ميناء طنجة، الذي يقع على بعد 30 كيلومترا من الساحل الإسباني، بإرسال الحاويات إلى أوروبا والولايات المتحدة بشكل فوري، ويأمل المغرب – من خلال التعاون مع الصين – تعزيز مكانته في سلسلة الإنتاج الدولية للسيارات الكهربائية. بالنسبة للمغرب، والتّحَوُّل إلى مركز صناعي وتكنولوجي دولي، وهو ما لم تُوَفِّرْه فرنسا…
تستعد مجموعة « شروق الشمس » ( Sunrise ) الصينية، إحدى أهم المجموعات في العالم، لاستثمار 4,1 مليار درهم في الاقتصاد المغربي، بدءًا بمشروع صناعة النسيج الذي يحظى بدعم من المَلِك المغربي نفسه، ووعدت الشركة الصّينية على عدم الإقتصار على مجرد نقل الإنتاج، بل « إنشاء نظام بيئي متكامل يغطي سلسلة قيمة المنسوجات بأكملها، بدءًا من زراعة القطن وحتى تصنيع الملابس »، وتتخوف النقابات من التّأثير السّلبي لمثل هذه المشاريع العملاقة من تدمير الصناعة والحرف المحلية، رغم الوعود « بخَلْق الآلاف من الوظائف ونقل التكنولوجيات والمعرفة وإحداث تحول دائم في المشهد الصناعي المغربي » وما إلى ذلك من الوُعُود…
على مستوى الثقافة والإتصالات والإعلام والتعليم، انحدرت مكانة اللغة الفرنسية في العالم، بما في ذلك في الجامعات ومراكز البحث الفرنسية فضلا عن الإعلام والقطاع المالي والتكنولوجي، ومع ذلك بقيت سائدة في المُستعمرات الفرنسية السابقة، بفعل هيمنة فرنسا على اقتصاد هذه البلدان، بتواطؤ من فئات أوسع بكثير من الطبقة أو الإئتلاف الحاكم، وتشمل المثقفين والمُدرّسين والوُسطاء والوكلاء التجاريين الذين يُروّجون السلع الفرنسية، على حساب الإنتاج المحلي.
قبل عشر سنوات من انعقاد القمة التاسعة عشر يومي 4 و5 تشرين الأول/أكتوبر 2024، طلب الرئيس فرنسوا هولاند من جاك أتالي ( الوزير والمُستشار المُقرب من فرنسوا ميتران) تقريرًا عن « الفرانكوفونية الاقتصادية » وأكّد التقرير على » الارتباط بين نسبة الناطقين بالفرنسية في بلد ما والحصة السوقية للشركات الفرنسية في ذلك البلد » ويقترح تعزيز مكانة فرنسا في العالم عبر إنشاء سوق مشتركة للبلدان الفرنكفونية تُديرها فرنسا، في شكل « اتحاد اقتصادي مُتكامل للبلدان الناطقة بالفرنسية، شبيه في هيكلته بالاتحاد الأوروبي »، مع الإعتماد على المنظمة الدولية للفرنكفونية كأداة غير مكلفة لإنجاز المشاريع التي تحتاجها فرنسا لزيادة نفوذها على الساحة الدولية…
تُعتَبَرُ الفرنكفونية واحدة من أَذْرع الأخطبوط الإستعماري الفرنسي، من خلال ترويج لغة الإستعمار، واللغة ليست مجرد وسيلة تخاطب وتعبير، بل هي وعاء ثقافي وحضاري، وتهدف المنظمة الدّولية للفرنكفونية إدامة الإستعمار عبر تشكيل الوعي والتعبير ورؤية العالم من خلال الإعلام ومنظومة ومناهج التعليم والثقافة في « المركز » الإستعماري الفرنسي، ويُشكل الفرنكفونيون في إفريقيا نخبة أي أقلية من المواطنين التي ورثت السّلطة – بمختلف درجاتها – من الإستعمار، لأن اللغة الفرنسية لا تُستخدَم في المحيط العائلي وفي الأحياء الشعبية وفي الأرياف، بل هي لغة الإدارة والتعليم والبحث العلمي، وأصبحت لغة المُستعمِر والإرتباط الثقافي بالمستعمر منصة للحصول على المنح الدراسية وعلى تمويل المنظمات « غير الحكومية » ولغة المصارف والمُحاسبة وبعض القطاعات المرتبطة بالإستعمار وإيديولوجيته، وتؤكّد العديد من التقارير البرلمانية الفرنسية على أهمية نشر اللغة والثقافة الفرنسية لتنمية العلاقات الفرنسية الأفريقية…
الإمبراطورية اللغوية- الثقافية – الإقتصادية الفرنسية
تم افتتاح أول مدرسة فرنسية في إفريقيا جنوب الصحراء الكبرى يوم السابع من آذار/مارس 1817، في السينغال (سانت لويس)، حيث تمّ فَرْضُ اللغة الفرنسية كلغة التدريس الوحيدة، « لتعليم وتدريب نخبة متعلمة على الطراز الأوروبي، وربط السكان الأصليين بفرنسا بواسطة اللغة الفرنسية التي يمكنهم بواسطتها من التعرف على بضائعنا وصناعاتنا، وخَلْق نخبة من أبناء القادة والأعيان لتقوم بنشر العناصر الحضارة الأوروبية والفرنسية بين سكان المناطق الداخلية، كعمل مُتَمّم للحملات العسكرية وبذلك تُسيطر فرنسا على الأجساد والأراضي والعقول »، وفق حاكم المُسْتعْمَرَة « جان غوبلان » في رسالة موجّهة إلى وزير البحرية الفرنسية (وهو وزير المُستعمرات) بتاريخ 23 آذار/مارس 1829…
يُعْتَبَرُ حاكم هذه المُستعْمَرة (السينغال حاليا) من مُبْتَكِري الادوات الثقافية الإستعمارية المُكَمِّلَة للعمل العسكري، فهو يعتبر « إن دَوْرَ المدرسة يتجاوز تعليم قواعد اللغة والحساب، فالمدرسة أداة لفهم نوايا الشعب المُسْتَعْمَر لجعله مُساعدًا لنا في غزو العُقُول… »، بعدما يتكفل الجيش بغزو الأراضي.
تم استخدام كلمة « الفرنكفونية » لأول مرة من قبل الجغرافي الفرنسي أونيسيم ريكلوس بنهاية القرن التاسع، ضمن حملة التّرويج لاستعمار إفريقيا، وهو ينتمي إلى مجموعة من أنصار الإستعمار والتّوَسُّع، تَضُمُّ السياسي ليون غامبيتا والخبير الاقتصادي بول ليروي بوليو، واعتقد أونيسيم ريكلوس إن أحسن دواء « للشفاء » من الهزيمة العسكرية الفرنسية أمام بروسيا (ألمانيا) سنة 1870، يكمن في استعمار إفريقيا وفَرْض اللغة والثقافة الفرنسية لإتمام « نهضة الإمبراطورية الفرنسية »، مستشهدًا بالإمبراطورية الرّومانية التي فَرَضت اللغة اللاّتينية على الشعوب المُنْهَزِمَة بقوة السلاح، وهو الذي ابتكر عبارة « الفرنكفونية » وهي بمثابة الهيمنة الإيديولوجية على « الأشخاص الناطقين بالفرنسية » ومُحيطهم الجغرافي والثقافي ، واستيعابهم – ضمن السياسة الإستعمارية – من خلال اللغة التي تصبح شرطًا أساسيًا لتوسيع الوجود الفرنسي خارج أوروبا، وفق أونيسيم ريكلوس، وهي نفس الأيديولوجية الاستعمارية لمشروع الهيمنة التي لا تزال قائمة، كخَلْفِيّة للفرنكوفونية الحديثة…
تُرَوِّجُ فرنسا إن إنشاء مؤسسة لتعزيز اللغة والحضارة الفرنسية، هي فكرة إفريقية، بذريعة نَشْر ليوبولد سيدار سنغور مقالة سنة 1962 بعنوان « الفرنسية لُغَةُ الثقافة »، لكن الوقائع تُفنّد هذه الأسْطُورة، فالفرنكفونية فكرة تخمّرت في ذهن القادة السياسيين الفرنسيين وخصوصًا شارل ديغول الذي أطلق المبادرة سنة 1966 ليتم تحويلها إلى إنجاز سنة 1970، تحت إسم « اللجنة العليا للدفاع عن اللغة الفرنسية وتوسيعها »، لما أصبح رئيس الوزراء « جورج بومبيدو » رئيسًا للجمهورية بعد استقالة الرئيس الجنرال شارل ديغول، وساعده الرئيس السينغالي ليوبولد سيدار سنغور والرئيس التونسي الحبيب بورقيبة ورئيس النيجر حماني ديوري، بدعم من نورودوم سيهانوك (كمبوديا)، لِخَلْقِ كُتلة من البلدان الناطقة باللغة الفرنسية تكون رافدًا للنفوذ الفرنسي في مناخ الحرب الباردة والصراع الأمريكي السوفييتي كترجمة للصراع بين الرأسمالية والإشتراكية، وحاولت فرنسا شق طريق لها، لكنها تعثرت ثم عاودت الإلتحاق بالولايات المتحدة…
توسّع الإستغلال الفرنسي للفرنكُفُونية ليشمل عدة مجالات فأنْشأت مؤسسات مثل الجمعية البرلمانية للفرانكفونية ( APF ) والرابطة الدولية لرؤساء البلديات الناطقين بالفرنسية ( AIMF ) ومعهد الفرانكوفونية للتعليم والتدريب ( IFEF ) فضلاً عن المؤسسات الإعلامية الفرنسية المُشاركة في استراتيجية التأثير الثقافي الفرنسي، وأهمها « فرانس ميديا موند » التي تضم فرانس 24 وإذاعة فرنسا الدولية ومونت كارلو الدولية (الإذاعة الناطقة باللغة العربية) بالإضافة إلى قناة فرنسا الدولية التابعة لها، وتعتبر هذه الأدوات الإعلامية ذراعًا لوزارة الخارجية الفرنسية « لمجابهة التحديات الأمنية والاقتصادية والاجتماعية والمؤسسية (…) وتعزيز تغلغل اللغة والثقافة الفرنسية في بلدان أفريقيا بهدف الحفاظ على المصالح التجارية والصناعية الفرنسية وتطويرها، وفق » إيفون بورجيه » وزير الدولة للشؤون الخارجية المكلف بالتعاون في خطاب ألقاه في الجمعية الوطنية (البرلمان) يوم 23 تشرين الأول/اكتوبر سنة 1967 وهو يعتبر إن اللغة مفتاح الأسواق، فمن يُفكّر باللغة الفرنسية يُحبّذ الإنتاج الفرنسي ( الإنتاج الثقافي أو الصناعي أو الغذائي…) ويؤدّي تعزيز الشبكة الاقتصادية الفرنسية في إفريقيا إلى تعزيز النفوذ الثقافي والسياسي الفرنسي، وفق « جاك أتالي » الذي أشار، سنة 2014، إلى تراجع نُفوذ اللغة الفرنسية في العالم، مما قد يؤدّي إلى تراجع حجم وقيمة الصادرات الفرنسية، وقدّم للرئيس فرنسوا هولاند عدة توصيات، من بينها « تعزيز تدريس اللغة الفرنسية بالخارج، وتسهيل تنقل الطلاب والباحثين ورجال الأعمال، وتنظيم شبكات الناطقين بالفرنسية، وتحويل « المنظمة الدولية للفرنكوفونية » إلى « اتحاد اقتصادي فرنكفوني »، ولكن تلك التوصيات وتوصيات العديد من البرلمانيين بقيت حبرًا على ورق، لأن فرنسا (مهما كان لون حكومتها) تريد نهب موارد إفريقيا وتجاهل أو إقصاء سُكّان إفريقيا، مما يؤكّد إن اللغة الفرنسية والفرنكوفونية، استمرار للسياسة الخارجية لفرنسا في مستعمراتها السابقة، وعمومً لا يمكن فَصْلُ الفرانكفونية عن السياسات الدّولية (السياسة الخارجية) الفرنسية، فالادعاءات بمنع الصراعات، وبعثات مراقبة الانتخابات والتدريب باللغة الفرنسية لقوات حفظ السلام، هي بَوّابة توسيع الهيمنة العسكرية (خصوصًا بعد تركيز البرنامج العسكري الأمريكي في إفريقيا: « أفريكوم ») والسياسية الفرنسية، حيث لا يمكن إنكار الصلة القوية بين استخدام جيش أجنبي للغة الفرنسية واستخدام المُعدّات العسكرية الفرنسية…
خاتمة
نَشَرَت مجموعة من الكتاب (« توماس بوريل » و « حمزة بوخاري يابارا » وبينوا كولومبات وتوماس ديلتومبي)، سنة 2022، كتابًا ضخما ( 1308 صفحة) عن ما يُسمّى ( Françafrique ) بعنوان « تاريخ فرنسا أفريقيا – الإمبراطورية التي لا تريد أن تموت » ، طبعة الجيب، ويثير الكتاب جوانب غير معروفة للعموم من تاريخ العلاقات الفرنسية الأفريقية، ويُثير الكتاب العديد من التساؤلات حول المنافسة التي تجابهها الإمبريالية الفرنسية في إفريقيا الغربية، من قِبَل روسيا والولايات المتحدة والصين، وعلّقت الصحيفة اليَمِينِيّة « لوفيغارو » (ملك أُسْرة « دَاسُّو » مُصنّعة الطائرة العسكرية « رافال ») بتاريخ السادس من شباط/فبراير 2023، على تقهقر دور فرنسا، خصوصًا بعد مطالبة الأنظمة العسكرية في مالي والنيجر وبوركينا فاسو بإغلاق القواعد الفرنسية ورحيل الجيش الفرنسي الذي دعم الحُكّام الدّكتاتوريين لأنهم مدافعون عن مصالح فرنسا مثل بول بيا (الكامرون) الذي يرأس البلاد منذ أربعة عقود، ومحمد إدريس دبي ( تشاد) الذي ساعده الجيش الفرنسي على الإنقلاب على أبيه، ودنيس ساسو نغيسو (الكونغو) الذي يدعم استغلال الشركات الفرنسية ثروات بلاده، ومنها النفط، وكذلك « علي بونغو » ( ابن الرئيس السابق للغابون، عمر بونغو) الذي يدعم نهب الشركات الفرنسية ثروات ونفط وسواحل البلاد…
يُدَوّن هذا الكتاب الضّخْم تاريخ العلاقات الفرنسية الإفريقية على مدى عُقُود وتفنيد الرواية الرسمية لهذه العلاقات باستخدام الوثائق بشكل منهجي ويُبيّن بالحجج والبراهين إن الدّول الإفريقية التي استعمرتها فرنسا سابقًا لا تتمتع بالسيادة الكاملة، حيث تحتفظ فرنسا بقواعد ومنشآت عسكرية على أراضيها، ولا تمتلك هذه الدّول عملة خاصة بها، بل بقي الفرنك الأفريقي – المرتبط بالمصرف المركزي الفرنسي – العملة الرسمية لأربعة عشر دولة أفريقية، وما الإحتجاجات الشعبية المناهضة لفرنسا في عدة بلدان إفريقية، سوى رغبة في إنهاء الاستعمار الفرنسي، فيما تُروّج الدّعاية الفرنسية إن روسيا والصّين تقف وراء هذه الإحتجاجات وتأجيج ما يُسميه الإعلام الفرنسي « المشاعر المعادية لفرنسا »، وما ذلك في الواقع سوى تعبيرًا عن مُعاداة الإمبريالية والإستعمار الفرنسي الجديد…
تُمثّل الفرنكفونية غطاءً للهيمنة الفرنسية مُتعدّدة الأشكال، حيث تحقق الشركات الفرنسية أرباحًا ضخمة، في حين يُعاني مواطنو إفريقيا – بما فيها البلدان الغنية بالموارد – من الفقر والبطالة ومن صدّ أبواب العمل والدّراسة في فرنسا، بل يُعانون الإذلال اليومي في قنصليات فرنسا التي تفرض رسومًا مرتفعة على طالبي التّأشيرة قبل رفض أكثر من 90% من الطّلبات والإحتفاظ بمبلغ الرّسُوم، بل تعاقدت فرنسا والإتحاد الأوروبي مع بلدان شمال إفريقيا لمراقبة فُقراء إفريقيا الذين يحاولون المخاطرة بحياتهم وعُبور البحر الأبيض المتوسط هربًا من الفقر، وبحثًا عن عمل في أوروبا، وفي فرنسا بالذّات لأبناء المستعمرات الفرنسية السابقة، بحكم وجود أقارب لهم في هذا البلد الذي يعرفون لُغته…
رغم النفوذ المتزايد لروسيا والصين والهند وتركيا والولايات المتحدة، تحتفظ فرنسا بترسانة مؤسسية واقتصادية ونقدية وعسكرية ودبلوماسية وثقافية مهمة في إفريقيا، وتهيمن الشركات الفرنسية على العديد من القطاعات كالنفط والغاز والمرافئ والاتصالات السلكية واللاسلكية أو الصناعات الزراعية، في العديد من البلدان الإفريقية، بما فيها غير الناطقة بالفرنسية ( نيجيريا وغانا وكينيا ورواندا وغيرها
انطلقت القمة الفرنكفونية الـ19 يوم الجمعة 04 تشرين الأول/اكتوبر 2024 في فيليرز-كوتيريه تحت شعار “الابتكار والإبداع وريادة الأعمال باللغة الفرنسية”، ويندرج هذا الشعار ضمن الإستراتيجية الجديدة للمنظمة الدولية للفرانكفونية التي أضافت قضايا الإقتصاد إلى المسائل الثقافية، لتتمكن فرنسا من بيع سياراتها وسلعها وأسلحتها وترويج الإيديولوجيا المعادية للثقافات الشعبية المحلية، وانتهت القمة بوعود لن تتحقق مثل مضاعفة جهود تدريب وتشغيل الشباب… لم يستفد مواطنو الدّول الأعضاء من الزّج ببلادهم في منظومة ثقافية استعمارية تُهيمن عليها فرنسا التي انحدرت بين طلابها وباحثيها وجامعاتها مكانة اللغة الفرنسية، غير إن اللوبي الفرنكوفوني – المستفيد من العلاقات غير المتكافئة بين الإمبريالية الفرنسية ومستعمراتها – لا يزال قويا في مجمل المستعمرات الفرنسية السابقة وخصوصًا في إفريقيا، من الجزائر إلى مدغشقر، مرورًا بإفريقيا الغربية والوُسطى والبلدان المحيطة بالصحراء الكبرى، رغم إغلاق حدود فرنسا (والإتحاد الأوروبي) في وجه العمال والطلبة والسائحين وأقارب المقيمين في فرنسا، فضلا عن العداء السّافر للغة العربية والحضارة والتاريخ والمواطنين العرب…
ساهمت فرنسا بنشاط في إزاحة أو قَتْل الزّعماء الإفريقيين الذين ناضلوا من أجل الوحدة الإفريقية منذ عقد الستينات من القرن العشرين واستمر هذا النّهج الإستعماري إلى اليوم، مرورًا بقتل معمر القذافي الذي عمل على تأسيس اتحاد إفريقي وعملة إفريقية وصندوق إفريقي للموارد الخ، لكن مكانة فرنسا تتقهقر، لصالح قوى امبريالية أخرى أو قوى « ناشئة »، ولن تُصبح البلدان الإفريقية مستقلة بالفعل، قبل السيطرة على مواردها وتكثيف التجارة البَيْنية والتعاون بين بلدانها…
الطاهر المعز
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Mohamed Bouhamidi-Kamel Daoud ou les métamorphoses du même au même

Kamel Daoud ou les métamorphoses du même au même par Mohamed Bouhamidi
Par Mohamed Bouhamidi.
In Al Akhbar du 03 mars 2018 (média libanais proche de la résistance)
L’appel de Kamel Daoud à constituer des milices (1) restera le seul fait politiquement et moralement significatif de l’épisode de la tentative de destruction de la statue de AÏn el Fouara à Sétif.
L’auteur était un ancien militaire, malade mental. Il fallait un imaginaire foisonnant pour détecter derrière le marteau du fou un complot à la fois immense, multiforme et ramifié et aussitôt en appeler à sauver le pays.
Il a fallu juste quelques heures pour que « La dépêche de Kabylie » et le quotidien « L’Expression » confirment que le forcené est effectivement un malade mental, ancien militaire, sous traitement psychiatrique et totalement irresponsable.
Kamel Daoud a réagi comme si l’événement était un stimulus, un signal à la Pavlov et non comme un fait.
Je préfère la formule de notre Baaziz national : «Où tu jettes l’appât, il plonge ».
Il a fait, illico, le procès de tout ce qui peut bouger ou murmurer en dehors de son propre camp et il le désigne nommément :
« Nous n’aurons ni l’armée pour défendre ce pays contre sa talibanisation, ni la police mobilisée pour frapper sur le vivant algérien, les Kabyles et les démocrates, et qui supplie avec douceur et presque à genoux un destructeur au burin de nos richesses. »
Son camp c’est le vivant algérien et seulement les Kabyles et les démocrates.
Cela fait beaucoup de monde, en face, à éradiquer de toute urgence à la lecture de leurs qualificatifs dont celui, répugnant, de rats. BHL, l’ami de Kamel Daoud, pourrait disserter sur le sens des bestiaires convoqués pour parler des humains.
Karim Kia s’en étonne dans sa chronique : « De Cologne à Sétif, les approximations dangereuses d’une plume impatiente ». Chronique sagace qui s’interroge plus sur la pertinence de la lecture du fan-club de Kamel Daoud que sur la problématique lucidité du chroniqueur-écrivain.
Pourtant, Cologne aurait dû inciter Kamel Daoud à mesurer ses réactions et attendre le minimum d’enquête et de vérification avant de se lancer dans des condamnations sans recours de cultures, d’ethnies, de sociétés et de l’Islam, pour tout fait dissonant d’avec les bonnes règles du politiquement correct français. La justice allemande a, depuis cette fameuse nuit, infirmé la réalité des viols tels que présentés et innocenté ces migrants maghrébins ou généralement arabes ou musulmans accusés d’être par nature des violeurs.
C’est la deuxième envolée où Daoud en appelle, cette fois-ci pour l’acte d’un malade mental psychiatrisé, à la création de milices, synonymes de guerre civile, de sang, de massacres, de viol, de zones de non droit, de destructions de tous genres, de douleurs indicibles.
Le mot milice est surtout synonyme d’effondrement du sur-moi individuel et collectif sous l’injonction d’un idéal supérieur, qui devrait nous élever à hauteur d’indigènes aimables aux yeux de l’Occident.
La contradiction n’est que de façade avec l’idéal d’un Etat théocratique qu’il devait nous imposer quand il était chef d’un groupe salafiste. La métamorphose du salafiste en démocrate n’est que celle du même qui voulait détruire notre Etat national au nom des pères de la pureté islamique au même qui veut détruire notre Etat national au nom de la loi des pères occidentaux qu’il se cherche.
Le Dr. Farid Chaoui a réagi à cet appel si lourd de périls, appelant à la raison de Kamel Daoud en soulignant la conséquence la plus catastrophique de ses injonctions, comme on le fait avec un enfant pas trop conscient de ses actes :
« Nous serions donc trois races d’algériens : Les « rats barbus », les « idéologues de la soumission » et « les autres, les bons » qui ne s’entendraient que sur une seule vérité : la guerre, l’extermination totale, la purification? » (2)
La purification, on en connaît le sens d’Hitler à Daesh. C’est bien ce à quoi appelle Daoud et que vous pouvez lire en suivant ce lien (3).
Sur Cologne, il nous avait avertis (4). Dans une émission où on l’interroge sur les réactions à son papier concernant Cologne, il balaye les critiques émises à son essentialisme en confirmant que son texte n’est pas à lire sur le factuel mais comme message. Il signalait que l’Europe dans sa générosité, à offrir des camps et de la soupe, aux migrants de la zone arabe ou musulmane ne ferait pas d’eux des gens fréquentables ou des voisins civilisés.
Elle importait sur ses territoires des êtres imprégnés d’une culture de la violence, de l’enfermement des femmes, du viol, de l’absence de contrôle de soi etc. Il planait au-dessus du factuel pour inciter l’Europe à voir plus loin que son nez.
C’est pour cela que Cologne ne pouvait l’instruire sur la façon de réagir à Sétif.
Daoud plane dans les grands scénarios historiques, pas dans la misérable besogne de la vérification des faits et de leurs connexions grâce à ce que nous apprennent les sciences sociales, à savoir que nos faits et nos productions mentales sont malgré toutes leurs apparences de spontanéité reliées à des causes proches ou lointaines.
Le prophète parle au nom de la vérité qu’il porte et non au nom de la réalité.
Aucun argument ressortissant de cet examen du réel ne peut répondre à un fantasme. L’ordre de la réponse c’est le fantasme.
Pourquoi diriez-vous au fan club de Kamel Daoud que les arabes peuvent être chrétiens et pas musulmans, ou musulmans mais druzes croyant à la métempsychose, ou musulmans et alaouites aux mœurs très libres, ou zyadites et rigoristes, ou donc qu’être arabe ne signifie en rien être musulman ?
Pourquoi signaler que des musulmans peuvent être de pays, de cultures, de civilisations et de mœurs complétement dissemblables et que la musulmane de Damas ou Alep a si peu à voir avec celle d’Afghanistan et que même au Pakistan tellement musulman, une dame a été premier ministre ? L’impossibilité du débat avec cette littérature de la bonne vieille agit-prop (agitation-propagande) de Kamel Daoud est que nous sommes face à des représentations qui nous renvoient à un réel non pas social et politique mais celui de ses fantasmes.
A quoi bon rétorquer à son fan-club que contrairement à ce qu’il dit les femmes algériennes ne sont pas enfermées dans un espace clos. Elles forment la majorité des enseignants tous paliers confondus et ce n’est pas rien d’être prof de fac de lettres ou de médecine ; qu’elles forment la majorité du corps médical, la majorité du corps des magistrats ; que si deux voitures passent dans nos villes, la troisième est conduite par une femme. Elles prennent place dans les terrasses de café au centre-ville d’Alger, ailleurs je ne sais pas, et elles entrent dans tous les cafés, fast-foods, restaurants d’Alger et sont accueillies normalement. Ces spectacles de femmes occupant l’espace public et professionnel s’offrent à nous tous les jours.
Force nous est faite de constater que son obsession ne renvoie à aucune réalité indiscutable d’une Algérie vide de ses femmes. Ni même à la réalité concrète des femmes encore soumises à la règle patriarcale du gynécée. Elle reste comme obsession juste le symptôme d’un problème individuel et en rien un indicateur social. Cette idée de bousculer l’image du père, voire de le changer, en tous cas d’en signaler la pesante présence, suggère fortement un recours à Freud mais ce n’est pas l’affaire de ce propos.
Sur la question des migrants et de leur culture supposée unique et misogyne comme sur celle des femmes, Kamel Daoud confirme qu’il ne s‘adresse pas aux européens concernant les motivations économiques et politiques des dirigeants, mais sur l’effet de leurs décisions quant à l’avenir de la civilisation européenne. Il n’est vraiment pas le premier à délivrer ce genre d’alerte à la menace de la barbarie que représentent sûrement les dizaines de milliers de médecins, de cadres, d’enseignants, de techniciens, d’entrepreneurs et de commerçants invisibles qui constituent le gros de notre émigration aujourd’hui. C’est le pain quotidien de Zemmour, Finkielkraut, Houellebecq, Fourest ou le F.N. Boualem Sansal a également alerté sur cette erreur civilisationnelle de l’Europe. Kamel Daoud dit quelque chose de plus : ces migrants viennent avec la loi de leurs pères. Et c’est précisément là le lieu de l’impossibilité de l’intégration, un père doit disparaître pour que la loi devienne unique. Les migrants ne peuvent devenir européens qu’en renonçant aux lois de leurs pères. Les migrants en sont donc réduits à être en besoin de tuteur et d’adoption. La dualité, ici, transparente, est que le migrant ne peut renoncer au père originel qu’en devenant le fils du nouveau père, la personne en accord avec la nouvelle loi. Et il ne s’agit pas des lois générales de l’Etat ou de la logique ou de la pensée, mais de la loi du père, de nos père puisque Kamel Daoud la mesure obsessionnellement à la condition de la femme, enfermée, cachée, prisonnière et à laquelle on ne peut accéder qu’en en passant par l’allégorie freudienne du Totem.
Les discours de Sansal et de Daoud sur l’erreur de la « bonté » européenne ne sont similaires qu’en surface.
Alors que Sansal assume tranquillement son passage à l’autre rive, par son voyage en Israël, ainsi que le port de la kippa, Daoud en reste à une agressivité sans retenue vers son semblable haï, l’arabe et le musulman. Il tape comme un sourd sur tout ce qui peut rappeler une origine.
Sa critique du soutien « tribal, ethnique ou religieux » aux Palestiniens en est l’expression la plus pathétique et la marque la plus indiscutable du caractère fantasmatique de ses écrits.
Les soutiens aux Palestiniens viennent du monde entier, des pays les plus divers, des cultures les plus dissemblables, de l’ensemble des couleurs de peaux humaines, des écrivains, des artistes et des cinéastes les plus affirmés, des universités occidentales les plus prestigieuses.
Bref le soutien à la Palestine est le moins religieux, le moins ethnique et le moins politiquement monolithique depuis le boycott de l’apartheid. L’empathie pour les souffrances de ce peuple est devenue le vecteur de la résistance à l’impérialisme, voire du retour de l’idée que les peuples sont semblablement humains par leurs parts diverses de langue, de culture, de croyances. Il s’oppose à la solidarité avec le peuple palestinien pour les raisons qu’il dit abhorrer, parce qu’il est perçu musulman et arabe, pour des raisons ethniques et religieuses.
Il lui est tellement insupportable de voir que ses origines sont un fait d’histoire et non un affect coincé ?
Il est vrai que se placer dans une histoire nous oblige à voir les connexions de notre vécu avec l’environnement historique lui-même et admettre que nous sommes, comme humains, au moins en partie, un produit de notre histoire. Toute l’adresse aux européens sur leur naïve bonté tomberait à l’eau.
Tout algérien, socialement impliqué, qui aurait la mémoire de la présence coloniale ou celle des années d’après l’indépendance, pourrait nous rappeler que cette haine des origines ne relève pas du seul affect individuel. C
ette violence symbolique assénée à notre peuple était aussi celle des castes féodales supplétives du colonialisme français après avoir été supplétives des Ottomans. Double discours de disqualification, d’une part, des tribus turbulentes et anarchiques ou des classes serves à tenir en main, et d’autre part offre de service à l’occupant.
« Les arabes ne comprennent que la trique et ne sont pas amendables » que nous avons entendu de nos congénères indique bien que le complexe du colonisé n’est pas seulement une pathologie de l’indigène aliéné mais loge aussi dans les intérêts de castes intéressées à une domination étrangère.
Agonir les arabes et les musulmans en général, et les soutiens arabes et musulmans des palestiniens au passage, se prolonge aussi dans un destin social, dans la recherche d’un statut social. Ici, la validation se fait par l’Autre, par le colon comme culture, par sa reconnaissance que le candidat supplétif est apte à relayer la parole, la vision et les ambitions de l’Autre. Et pour l’instant, aucun candidat ne le surpasse dans l’art du sophisme.
Le texte remarquable de Djawad Rostom Touati décrypte la démarche fantasmatique du retour du héros qu’espère incarner Kamel Daoud, revanche de celui qui devient, lui, le père, la source des nouvelles lois. L’appel à la formation des milices n’est pas un texte surgi d’un néant psychique. Il est présent depuis très longtemps, dans la violence symbolique dont il nous agonit depuis sa première chronique. Il a toujours écrit non pour comprendre mais pour combattre.
En 2005, paraît son roman qu’il appellera récit pour le rendre plus « vrai » : « Ô Pharaon » (5). Il parle d’une ville de l’ouest algérien, Relizane, qu’il ne nomme pas, lieu des méfaits des patriotes et Groupe de Légitime Défense qui ont mené la lutte anti-terroriste et qu’il désigne sous le vocable de milices. Il en fait les responsables d’un inventaire hallucinant de crimes, de vols, de viols, de concussions, d’assassinats, au milieu d’un assentiment passif de la population, qu’il décrit née de la prostitution diffuse, de mœurs dépravées et perverses. Une engeance qui ne méritait nul salut, pitié ou considération. Toute la haine de ces populations écrasées par l’histoire coloniale dit une haine de classe des castes féodales qui n’ont pas pardonné à ces gueux d’avoir occupé les terres et les biens coloniaux vacants, d’avoir remis en cause la suprématie naturelle des maîtres. C’est le tableau d’une population de bâtards dominée par une organisation criminelle commandée par un homosexuel. Dans la métonymie et le métalangage présents dans ce roman, le terme homosexuel ne renvoie pas à l’orientation sexuelle mais à la vieille perception dégradante de pédéraste, être dominé par la force ou par un vice. Il suggère le vice bien sûr, il ne fallait pas moins que le vice pour gouverner une ville de bâtards. Le lecteur en concevrait même de la sympathie pour les bandes du GIA que l’auteur ne désigne jamais comme terroristes.
Comment peut-on chanter les standards des pères européens et être homophobe à ce niveau d’eaux usées ? Parce que dans ce livre, Kamel Daoud ne s’interdit aucune arme, même pas celle-là. Pour s’attaquer aux patriotes, la fin justifie les moyens, l’éthique est un inutile embarras. Il était chargé de mission.
2005, c’est l’année de plus grande controverse sur la Concorde Civile et sur la réconciliation, et il y avait besoin urgent de produire des textes renvoyant dos à dos patriotes et terroristes.
Ce livre est une charge sans règle contre les patriotes, une véritable écriture milicienne, celle de la guerre idéologique totale contre un courant politique et social qui a sauvé notre pays. Un appel au feu et au meurtre. C’est une écriture au service d’une thèse, non d’une quête de la compréhension d’une Algérie qui change, qui bouge, comme dans les œuvres de Mouloud Mammeri ou de Mohamed Dib, d’une Algérie qui cherche ses pères et sa femme magique.
Au service d’une thèse, elle est en sus une écriture mercenaire, une écriture à la commande, comme ce Meursault, le premier livre dans l’histoire de la littérature à avoir une version pour indigène et une version pour la métropole. (6)
Toute la difficulté de penser l’écriture de Daoud tient dans la difficulté à déchiffrer les fantasmes et leurs liens avec l’inconscient individuel. Ceux de Daoud, scénarios individuels, se logent dans les scénarios des projections du changement des régimes, du changement des lois, et du meurtre de nos pères. C’est cette location qui a fait la notoriété de Daoud pour les services qu’ils pouvaient rendre aux nouvelles ambitions coloniales. Quel intellectuel français, même raciste, peut se permettre de tenir de tels propos sur les musulmans sans en payer le prix lourd de rémanence raciste ?
La France médiatique s’est soulevée contre les treize chercheurs en sciences sociales qui ont alerté que les propos de Daoud sur Cologne sont ceux d’un vieux discours raciste et essentialiste et en rien une nouveauté. Cette France des médias a paniqué qu’il existe encore une prétention à l’exercice public des sciences sociales qui finiraient peut-être par dévoiler leurs propres jeux L’alliance des médias et de Daoud est l’alliance la plus réactionnaire jamais vue en ce 21 ème siècle, celle qui devra effacer deux siècles d’avancées en sciences sociales pour rendre impossible l’intelligence des liens entre les productions mentales et les enjeux en cours dans notre réalité sociale. . Les découvertes de Freud, de Marx, de Bourdieu, de Lacan, des ethnologues et d’autres disciplines liées à la sociologie la psychologie ou l’économie doivent mourir pour que se déploient sans risque les narratives de l’impérialisme.
Non, son appel à la création de milices dont il sait si bien quelles sont les métaphores des pires souffrances ne sont pas un accident ou une précipitation mais bien le désir de passage à l’acte de sa constante violence symbolique qu’il nous assène du haut de ses fantasmes puérils qui ont trouvé si bien à se loger dans le complexe du colonisé et dans la haine de soi si vivaces par les carences de nos politiques culturelles d’une part et dans le théâtre d’ombre des ambitions néocoloniales d’autres part.
Mohamed Bouhamidi. – Alger – le 26 décembre 2017.
- http://www.chouf-chouf.com/chroniques/kamel-daoud-la-destruction-de-la-statue-de-ain-el-fouara/
- http://librealgerie.info/2017/12/25/reponse-dun-inquiet-a-un-desespere/
La Dépêche de Kabylie http://www.depechedekabylie.com/evenement/184146-un-fou-sest-attaque-a-la-statue-dain-el-fouara.html
Ma note de lecture sur son livre procès des a,ti-djihadistes.
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Sarah, New York
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– Olivia, Paris