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Olivier Toscer- Guerre froide en Afrique, la CIA en Angola en 1975


Sans jamais intervenir directement militairement en Angola, les Etats-Unis, sous l’impulsion du « faucon » Henry Kissinger, ont mené à partir de 1975 une guerre souterraine aux Soviétiques et aux Cubains en nombre sur les champs de bataille angolais. Livraisons d’armes, financement de mercenaires, opérations de déstabilisation : l’engagement de la CIA explique la durée d’un conflit, plus de 15 ansLe 27 juin 1975, la Maison-Blanche réunit un conseil national de sécurité. Autour du président Gérald Ford et du Secrétaire d’Etat Henry Kissinger, siègent notamment le Secrétaire à la Défense James Schlesinger et le patron de la CIA, Bill Colby. Un seul sujet à l’ordre du jour : la situation en Angola. Elle est désastreuse du point de vue américain.
Depuis plus d’un an, après l’annonce du retrait du Portugal, l’ex-puissance coloniale, le pays est à feu et à sang. 3 mouvements rivaux se disputent le futur pouvoir, les armes à la main : d’un côté, les communistes du MPLA d’Agostinho Neto ; de l’autre, deux mouvements pro-occidentaux, le FNLA de Roberto Holden et l’UNITA de Jonas Savimbi.
Massivement soutenu par l’Union soviétique, ainsi que par des forces cubaines, encore peu nombreuses, le MPLA est aux portes de Luanda la capitale. Un situation qui inquiète Henry Kissinger au plus haut point : « L’histoire de l’Afrique a montré que le point essentiel est le contrôle de la capitale, professe-t-il ce jour-là. Par exemple dans la guerre civile au Congo, la raison pour laquelle nous avons pu sortir par le haut a été que nous n’avons jamais perdu le contrôle de la capitale Léopoldville. En Angola, si Neto (le leader de la rébellion pro-communiste) gagne Luanda, il aura une base de pouvoir et petit à petit gagnera les faveurs des Africains ».
Et le Secrétaire d’Etat, de peindre devant le Président Ford, le tableau angolais en noir : « Les cargaisons d’armes soviétiques ont renversé la situation. (…) Le Portugal vacille face à Neto et les Soviétiques ont confiés des équipements importants, comme des transports de troupe, entre les mains de Neto », s’alarme-t-il.
Plusieurs options sur la table.
La première est la neutralité, « laisser la nature suivre son cours », comme il dit. Et de lister les avantages d’une telle position attentiste : « Echapper à une implication militaire coûteuse, nous protéger contre les critiques de la communauté internationale et nous éviter d’être dans une confrontation plus dure avec le MPLA ». Mais Kissinger tient aussi à mettre le président Ford devant les inconvénients d’un tel détachement américain. « Le résultat probable sera que Neto sera en position de force, l’Angola prendra une direction progressiste. Et le cerveau de la politique étrangère américaine de pointer également le risque de s’aliéner son allié, voisin de l’Angola, Le Zaïre. Mobutu aura la tentation de s’allier avec Savimbi (le leader de l’UNITA, groupe de rebelles pro-occidentaux) et le Zaïre pourrait également conclure que nous nous désintéressons du sort de cette partie du monde et devenir devienne anti-américain ». Une hypothèse, en réalité peu réaliste, vu le soutien financier sans faille de la CIA dont Mobutu a bénéficié depuis le début de son règne il y a quinze ans…
Lors de cette réunion cruciale du Conseil de Sécurité, Kissinger écarte également d’un revers de main, la voie diplomatique. « Mon ministère y est favorable mais ne le suis personnellement pas. Si nous appelons les Soviétiques à la modération, cela sera vu comme un signe de faiblesse et on arrivera à rien », explique-t-il.
En réalité, deux mois seulement après la chute de Saigon et le retrait des troupes américaines du Vietnam, Henry Kissinger est chaud partisan de repartir sur le sentier de la guerre, du côté de Luanda. Il penche clairement pour la livraison d’armes
« Le comité ad-hoc pour l’Angola a d’abord envisagé d’envoyer des fonds puis a étudié l’envoi d’armement. Je recommande qu’un groupe de travail étudie cette dernière option en détail », annonce-t-il au président. « En tous les cas, ne rien faire est inacceptable », répond ce dernier.
Dans ce document partiellement déclassifié, la CIA liste ses opérations secrètes menées en Angola pendant l’année 1975

Engagement américain en Afrique Australe.
Les archives de la CIA récemment déclassifiées montrent en effet que le conflit angolais ne se résume pas à l’engagement historique de près de 20 000 soldats cubains sur le terrain et de l’implication massive des conseillers militaires soviétiques. L’action secrète des Américains, une gigantesque offensive basée sur les opérations clandestines, permet d’expliquer, la durée record du conflit angolais qui va durer 27 longues années.
Au départ, les Etats-Unis avaient étudié la faisabilité d’un opérations aéronavale sur Luanda pour anéantir les forces pro-communistes. Mais ils y avaient finalement renoncé pour éviter un conflit armé direct et incertain avec le bloc de l’Est. « Le rapport de force est favorable au mouvement pro-soviétique du MPLA grâce à un afflux massif d’armes soviétiques »[3] avaient rapidement constaté les experts
La croisade angolaise est donc confiée à la CIA. Il s’agit de fournir les deux autres mouvements de libération non-communistes en armes et en moyens financiers, mais sans que cela ne s’ébruite.
Dès le 29 juillet 1975 un avion de transport C141 arrive de Kinshasa avec un premier chargement d’armes pour la rébellion anti-communiste. D’autres suivront. Mais selon les règles de l’action clandestine, ces armes ne doivent pas pouvoir être attribuées aux Etats-Unis. Ce sont donc essentiellement des armes de la Seconde guerre mondiale qui sont acheminés, ainsi que des missiles anti-aériens SA7 fourni par Israël. La CIA a convaincu l’Etat hébreu d’effectuer cette livraison en échange d’équipements américains modernes livrés à Tel Aviv.
Le 13 septembre 1975, les Américains accentuent encore leur aide « pour distribuer plus d’armes américaines modernes en Angola, entraîner des miliciens angolais hors du territoire angolais et recruter des conseillers militaires non-américains ». Mais tout est fait pour garder cet engagement militaire américains le plus secret possible. Même son principal allié dans la région, le Zaïre, ne doit pas intervenir directement pour éviter d’alerter les Soviétiques. « Il faut éviter d’encourager Mobutu a envoyer ses propres troupes au Cabinda mais coopérer avec lui pour armer et entraîner des forces cabindaises », préconisent les experts de la CIA. Même si Bill Colby, le patron de l’Agence reconnaît que « si le renseignement montre que la situation en Angola se détériore, on ne pourra pas calmer Mobutu
Détour par l’Afrique du Sud
La CIA préfère jouer la carte de l’Afrique du Sud, un partenaire réputé plus fiable et moins soupçonnable d’agir sur ordre américain. Les troupes sud-africaines entrent ainsi en Angola le 14 octobre 1975 mais sans parvenir à empêcher la chute de la capitale Luanda aux mains des procommunistes. A partir de cette date, ce qui était une guerre civile africaine devient un conflit mondialisé, même en l’absence visible de l’US Army sur le terrain.
Pendant les 27 années que va durer le conflit angolais, l’armée américaine n’interviendra qu’une seule fois sous son pavillon, entre aout et octobre 1992, et de manière plutôt pacifique puisqu’il s’agissait de ramener par avion Hercules C-130 des rebelles pro-occidentaux chez eux, à la fin de la guerre. Mais pendant toutes la durée du conflit, des avions F27 affrétés par la CIA se chargeront de plusieurs opérations de transport. L’un d’eux sera même abattu par des MIG de l’armée de l’air cubaine en 1976.
La CIA n’est pas en reste non plus pour financer le recrutement de mercenaires à 300 dollars la semaine pour épauler les forces du FNLA de Roberto Holden. Budget total : 1,5 million de dollars. Plusieurs d’entre eux, tous arrivés via le Zaïre voisins, seront ainsi capturés par les hommes du MPLA et jugés publiquement. Certains seront condamnés à mort et exécutés.

Reagan élu, la CIA triomphe
En 1980, avec l’arrivée de Ronald Reagan à la Maison Blanche, les offensives clandestines de la CIA repartent de plus belle.
La CIA est chargé d’approvisionner la guérilla de Jonas Savimbi en armes et d’impliquer l’armée zaïroise, jusque là plutôt tenue à l’écart, dans le conflit. L’engagement américain devient de plus en plus massif. En 1987, Reagan donne même le feu vert pour livrer des missiles anti-aérien Stinger, le nec plus ultra de l’époque, à la guérilla anticommuniste. Il y en a pour 15 millions de dollars. Mais l’effort reste néanmoins dérisoire face aux milliards de dollars d’équipement fournis à ses alliés par l’Union Soviétique. L’équilibre des forces qui reste à l’avantage du bloc de l’Est, même si Washington ne cesse de mettre à contribution ses alliés dans le soutien à Savimbi. L’Arabie Saoudite par exemple paie la formation des rebelles de l’UNITA au Maroc pour 50 millions de dollars. Même le Brésil est sommé d’envoyer des conseillers militaires sur le terrain.
La CIA attendra 1991 et le début du processus de paix pour mettre un point final à son opération secrète en Angola. Le bilan est maigre. Le MPLA, même si son vernis marxiste a disparu, est toujours au pouvoir à Luanda.
Le bilan humain du conflit est, lui, évalué à 500 000 morts.
[1] Selon un mémorandum titré « L’implication des Cubains en Angola », rédigé par la CIA le 22 juin 1977, ils ne sont que quelques centaines sur le terrain avant un engagement militaire beaucoup plus massif à partir de septembre 1975
[2] Minutes du Conseil de Sécurité Nationale du 27 juin 1975
[3] Extrait du récapitulatif des plans d’actions secrètes en Angola de janvier à octobre 1975, rédigé par la CIA, le 22 octobre 1975

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Mohammed Hassan Sweidan-Vol d’eau : la guerre secrète d’Israël contre la Syrie, le Liban et la Jordanie

Vol d’eau : la guerre secrète d’Israël contre la Syrie, le Liban et la Jordanie par Mohammed Hassan Sweidan
Début janvier, moins d’un mois après que les forces rebelles se soient emparées de Damas et aient renversé le gouvernement syrien, les forces d’occupation israéliennes ont lancé une avancée incontestée s’étendant jusqu’aux environs du barrage d’Al-Mantara – une source d’eau essentielle pour Deraa et le plus grand barrage de la région, situé dans la campagne occidentale de Quneitra.
Des rapports indiquent que les chars et les troupes israéliennes ont établi des avant-postes militaires, érigé des monticules de terre et imposé des restrictions strictes aux déplacements locaux, n’autorisant l’accès qu’à des heures spécifiques et prédéterminées.
Géopolitique de l’eau
Les ressources naturelles ont toujours joué un rôle central dans la définition de la géopolitique, et parmi elles, les sources d’eau douce sont de plus en plus contestées. Alors que le pétrole et le gaz font la une des journaux internationaux, le rôle indispensable de l’eau dans l’agriculture, l’industrie et la vie quotidienne en fait un facteur tout aussi essentiel à la stabilité mondiale.
À mesure que les ressources en eau douce se raréfient, le risque de conflit autour de cette précieuse ressource s’intensifie, menaçant le développement économique et la stabilité sociale.
Historiquement, les nations se sont disputé le contrôle de territoires riches en eau pour sécuriser les routes commerciales, forger des alliances et favoriser les avancées technologiques. Les civilisations antiques du berceau de la civilisation, comme les Sumériens et les Babyloniens, ont prospéré en exploitant les fleuves Tigre et Euphrate. En revanche, les régions pauvres en ressources ont souvent été à la traîne en matière de développement, ce qui a limité leur progrès politique et technologique.
Aujourd’hui, la pénurie d’eau continue de façonner les stratégies politiques régionales. Le bassin du Nil en est un exemple notable : l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie sont engagés dans un conflit autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD).
Ce projet, la plus grande initiative hydroélectrique d’Afrique, a accru les tensions diplomatiques avec l’Égypte, qui dépend du Nil pour 90 % de son eau douce.
La région de l’Asie de l’Ouest et de l’Afrique du Nord (WANA) est confrontée à une pénurie d’eau sans précédent, avec 83 % de sa population soumise à un stress hydrique extrême. Selon le World Resources Institute , 12 des 17 pays les plus touchés par le stress hydrique au monde se trouvent dans cette région, le Qatar, Israël et le Liban se classant aux trois premiers rangs.
En outre, environ 40 % de la population mondiale dépend de cours d’eau qui traversent des frontières internationales, ce qui fait de la gestion transfrontalière des eaux un enjeu géopolitique crucial. La récente incursion israélienne au barrage d’Al-Mantara illustre parfaitement cette réalité.
La demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 25 % d’ici 2050 , ce qui exercera une pression considérable sur des régions comme la WANA. D’ici le milieu du siècle, 100 % de la population de la région pourrait être confrontée à un stress hydrique extrême, ce qui déstabiliserait encore davantage les relations politiques et accroîtrait le risque de conflits entre États pour le partage des ressources en eau.
De telles tensions sont déjà visibles en Israël et en Syrie, où le contrôle des sources d’eau vitales est devenu un point sensible.
Réalités et ambitions d’Israël en matière d’eau
Le climat aride de la Palestine et ses ressources naturelles limitées en eau ont longtemps influencé la gestion de l’eau par l’État palestinien, les déserts constituant plus de la moitié de son territoire. Les principales sources d’eau douce du pays sont la mer de Galilée, le Jourdain et les aquifères le long de la côte et des montagnes.
Toutefois, les progrès technologiques en matière de dessalement et de réutilisation des eaux usées ont aidé Israël à réduire sa dépendance aux sources d’eau naturelles. En 2018, Israël réutilisait 87 % de ses eaux usées traitées, principalement à des fins agricoles.
Ces innovations ont toutefois leurs limites. La désalinisation et le traitement des eaux usées sont coûteux et ne peuvent pas compenser entièrement les effets du changement climatique . La hausse des températures, la diminution des précipitations et la diminution des taux de recharge des nappes phréatiques aggravent la pénurie d’eau en Israël, tout comme la baisse du niveau des eaux et la salinité croissante du lac de Tibériade, ainsi que la désertification accrue dans le sud du pays.
Pour relever ces défis, Israël s’est efforcé de collecter et de traiter environ 94 % des eaux usées, dont 87 % sont réutilisées, principalement pour l’agriculture. Globalement, entre 2000 et 2018, la part de l’agriculture dans les prélèvements d’eau douce a diminué de 64 à 35 % du total des prélèvements d’eau.
Ces défis ont contraint Israël à se tourner vers des sources d’eau régionales, telles que le fleuve Yarmouk en Jordanie et le fleuve Litani au Liban, pour compléter ses besoins.
L’eau est une pierre angulaire de la stratégie d’Israël depuis les premiers jours du mouvement idéologique sioniste. Depuis la fondation de l’État à travers des guerres, des occupations et des négociations avec les États arabes voisins, l’accès à l’eau est une priorité stratégique pour Israël. Cette stratégie s’articule autour de la maximisation de l’utilisation de l’eau à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières, même au détriment de la sécurité hydrique des pays voisins.
Les premiers dirigeants sionistes, comme Chaim Weizmann , ont souligné l’importance de l’eau provenant de régions telles que le mont Hermon récemment occupé en Syrie et le fleuve Litani au Liban pour l’irrigation et le développement économique.
Le fondateur du sionisme moderne, Théodore Herzl, a souligné dès le début la nécessité pour l’État juif d’inclure le sud du Liban, en partie à cause de la présence de sources d’eau vitales dans ce pays. Le mouvement sioniste a exercé une pression énorme lors de la conférence de paix de 1919 à Paris, cherchant à annexer les sources du Jourdain, du Litani et de la plaine du Hauran en Syrie à la Palestine. Cependant, ces demandes ont été rejetées par la partie française, qui avait le mandat sur la Syrie et le Liban en vertu des accords Sykes-Picot de 1916.
En 1941, David Ben Gourion , qui deviendra plus tard le premier Premier ministre d’Israël, révélait clairement que le futur État israélien convoitait le fleuve Litani, en déclarant : « Nous devons nous rappeler que le fleuve Litani doit se trouver à l’intérieur des frontières de l’État juif pour assurer sa viabilité. »
Après 1948, Israël a nationalisé ses ressources en eau et lancé des projets ambitieux, comme le Transporteur national d’eau, pour transporter l’eau du nord vers le sud aride.
Des études sur l’eau menées dans les années 1930 et 1940 indiquent que le projet Johnston d’Israël de 1953 ignorait les frontières politiques des pays du bassin du Jourdain, considérant la mer de Galilée comme un réservoir naturel d’eau du fleuve. Tel-Aviv a prévu de détourner le cours des eaux du Jourdain à son avantage et a effectivement commencé à mettre en œuvre ces plans par l’intermédiaire de la société israélienne Mekorot depuis 1953.
Ces efforts ont consisté à détourner les eaux du Jourdain et de ses affluents vers la mer de Galilée, ce qui a entraîné une diminution du niveau des eaux de la mer Morte et un rétrécissement de ses superficies à mesure qu’elle s’asséchait en raison du détournement des cours d’eau affluents à des fins d’irrigation et d’expansion agricole.
En outre, le taux élevé d’évaporation résultant des températures élevées dans la région de la vallée du Jourdain a contribué à accélérer la baisse du niveau de l’eau. Au début des années 1990, le niveau de l’eau de la mer Morte avait atteint moins de 410 mètres sous le niveau de la mer , ce qui menace sérieusement son existence en tant que ressource naturelle unique.
La guerre de 1967 a marqué un tournant, car Israël a pris le contrôle de territoires riches en eau comme la Cisjordanie , Gaza et le plateau du Golan. Ces zones fournissent aujourd’hui une part importante de l’approvisionnement en eau d’Israël.
Ce contrôle se fait toutefois au détriment des États voisins et des Palestiniens, qui sont confrontés à de sévères restrictions en matière d’accès à l’eau. Par exemple, la consommation d’eau par habitant en Palestine n’est en moyenne que de 20 mètres cubes par an, contre 60 mètres cubes en Israël.
Le gouvernement israélien réglemente strictement l’utilisation de l’eau par les Palestiniens, en interdisant le forage de nouveaux puits et en imposant des amendes en cas de dépassement des quotas, alors que les colonies israéliennes ne sont soumises à aucune restriction de ce type. Il en résulte une terrible inégalité dans l’accès à l’eau, car l’agriculture palestinienne reste arriérée et inefficace, tandis que les colonies juives des territoires palestiniens bénéficient de systèmes d’irrigation modernes.

Carte des sources d’eau d’Israël et de l’expansion israélienne en Syrie. La réalité alarmante dans le sud de la Syrie
L’incursion israélienne dans le sud de la Syrie met en évidence les ambitions d’Israël en matière d’eau. Selon certaines informations, Tel-Aviv contrôle aujourd’hui 40 % des ressources en eau partagées entre la Syrie et la Jordanie. Après avoir pris le contrôle du barrage d’Al-Wehda dans le bassin de Yarmouk en décembre, les forces israéliennes ont ensuite avancé jusqu’au barrage d’Al-Mantara.
Le bassin du Yarmouk est une zone stratégiquement importante, qui fait partie de la frontière naturelle entre la Syrie et la Jordanie. La principale source d’eau du bassin, le fleuve Yarmouk, alimente les terres agricoles et fournit de l’eau potable aux communautés des régions syriennes de Deraa et de Suwayda, ainsi qu’au nord de la Jordanie.
Le fleuve s’étend sur 57 kilomètres, dont 47 kilomètres en territoire syrien, le reste faisant partie de la frontière syro-jordanienne. Sur ses rives, la Syrie a construit un certain nombre de barrages, notamment le barrage de Yarmouk, en plus du barrage d’Al-Wahda, plus important, qui a une capacité de stockage de 225 millions de mètres cubes.
Ces barrages servent à irriguer de vastes superficies de terres agricoles, estimées à environ 13 640 hectares, en plus d’alimenter les villages environnants en eau potable grâce à de grands réseaux de pompage comme la « ligne Thawra », qui s’étend du bassin jusqu’à la ville de Deraa et sa campagne, jusqu’à la campagne de Suwayda.
Cette voie navigable vitale est cependant devenue une victime de la stratégie plus vaste de Tel-Aviv visant à assurer la domination régionale sur l’eau.
Malgré ces difficultés, les récentes actions d’Israël dans le sud de la Syrie illustrent une stratégie cohérente visant à remédier à ses pénuries d’eau par l’expansion régionale . Les troubles politiques en Syrie ont fourni à l’État occupant une occasion historique de faire avancer ces ambitions.
Les événements qui se déroulent en Asie occidentale ne font que montrer que le principal moyen de dissuasion contre l’exploitation des ressources en eau du Liban par Israël a toujours été une résistance efficace. Jusqu’aux revers stratégiques majeurs subis par l’Axe de la Résistance, cette résistance a réussi à empêcher Israël de reproduire ses gains territoriaux en eau dans la région.
Aujourd’hui, en prenant le contrôle d’infrastructures hydrauliques essentielles, les ambitions d’Israël constituent une menace directe pour la Syrie, la Jordanie et le Liban. Pourtant, alors que la région est confrontée à des crises de plus en plus graves, la gravité de cette stratégie axée sur l’eau risque d’être éclipsée par des préoccupations géopolitiques plus vastes. Il est de plus en plus évident que la soif d’Israël pour les ressources en eau ne connaît pas de limites.
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الطاهر المعز-اختبار الدّيمقراطية الأوروبية من خلال فلسطين

اختبار الدّيمقراطية الأوروبية من خلال فلسطين : الطاهر المعز
تقديم
أثار استخدام ممثلة الأمم المتحدة « فرانشيسكا ألبانيز » مُصطلح « الإبادة الجماعية التي تُمارسها إسرائيل في غزة » احتجاجات مُمثّلي حكومات الدّول الإمبريالية، ولكن أحد تقارير الأمم المتحدة أَكّدَ من جديد: « إن أساليب الحرب الإسرائيلية تتوافق مع خصائص الإبادة الجماعية، وهي أعمال تُذَكِّرُ بأخْطَر الجرائم الدّولية » وفق لجنة الأمم المتحدة التي تحقق في ممارسات الحرب في غزة، وتسلط اللجنة الضوء على « الخسائر الكبيرة في صفوف المدنيين والظروف المفروضة على الفلسطينيين هناك والتي تُعَرِّضُ حياتهم للخطر عَمْدًا » عن تقرير اللجنة إلى الجمعية العامة للأمم المتحدة في نيويورك 13/11/2024
وردت شهادات عديدة، من بينها شهادات العدد القليل من الأطباء الأوروبيين الذين تمكّنوا من دخول غزة، بشأن الرُّعْب اليَوْمي والجُثث المُلْقاة في الشوارع والتي تنهشها الكلاب، وعن قصف مخيم المواصي في خان يونس جنوب القطاع وسوق مدينة غزة ( 11 تشرين الثاني/نوفمبر 2024)، وهي أمثلة عن استهداف المدنيين عمدًا لقتل أكبر عدد ممكن من الفلسطينيين، وخصوصًا الأطفال والنّساء، واستهداف من قد ينقل واقع المجازر، كالصحافيين والأطباء والعاملين بقطاع الرعاية الصحية والإنقاذ، وإجبار النّاجين من القَتْل على الرحيل، كما حدث خلال النكبة سنة 1948، ويُشكل سكان غزة نموذجا لآثار النكبة، حيث يُشكل اللاجئون أكثر من ثلاثة أرباع السّكّان…
أوروبا – اندماج الإمبريالية والصّهيونية
نموذج أحداث أمستردام ( 07 تشرين الثاني/نوفمبر 2024)
قَدّمت سلطات ووسائل إعلام أوروبا وأمريكا الشمالية ما حدث في أمستردام، عاصمة هولندا كأعمال مُعادية للسّامية ( أي لليهود) نفّذها هولنديون من أُصول عربية (مغاربة) ومُهاجرون عرب، ضد مشجعي فريق مكابي تل أبيب لكرة القدم، من الصهاينة والعنصريين والإرهابيين وجنود الإحتياط في الجيش الصهيوني وعملاء الإستخبارات (موسّاد) الذين اعتُبِرُوا ضحايا « معاداة السامية »، وتأتي هذه الحملة في مناخ سياسي رجعي مُتَعَفِّن تميّز بالقمع السّافر للحركة الإجتماعية وأي شكل من الإحتجاجات في مختلف بلدان أوروبا، فضلا عن الدّعم الكامل للإبادة الجماعية التي يُمارسها الكيان الصهيوني منذ أكثر من سنة، بمساندة مالية وعسكرية ودبلوماسية وإيديولوجية من قِبَل الحكومة ومجلس النّوّاب الأمريكِيَّيْن وحلفاء أمريكا في أوروبا وحلف شمال الأطلسي…
تتناول الفقرات الموالية نماذج أوروبية من الدّعم الحكومي الرّسمي والإعلامي للكيان الصهيوني، وتم استثناء ألمانيا لأنها تكاد تكون كاريكاتورية، حيث أصبحت راعيا رئيسيا للصهيونية، تُضاهي الإمبريالية الأمريكية، منذ تأسيس ألمانيا الغربية – من قِبَل الولايات المتحدة – سنة 1953، ويكتفي هذا المقال عينات من إيطاليا حيث يحاول اليمين المتطرف الحاكم صَرْف اهتمام المواطنين عن المشاكل الحقيقية وتحويل الغضب ضدّ المهاجرين، مما يطمس أحيانًا المواقف الحكومية الدّاعمة للكيان الصّهيوني، وتتناول فقرة قصيرة بعض ما ورد في وسائل الإعلام السائد… أما في هولندا، حيث العقيدة الصهيونية متغلغلة في الطّيْف السياسي من اليمين المتطرف إلى تيار الديمقراطية الإجتماعية، وكذا الأمر في فرنسا التي صَدَّرَت تجاربها القمعية ضدّ الشعوب ( تجفيف منابع الدّعم الشعبي لحركات مقاومة الإستعمار التي سُمٍّيت « العَدُوّ الدّاخلي ») إلى الكيان الصهيوني وأمريكا الجنوبية…
في إيطاليا، كانت مؤسسات الإعلام الحكومي مُتّزنة، رغم المواقف الرّجعية، لكن ومنذ عهد برلسكوني انتشرت البذاءة والإستخفاف، وتساوى بذلك الإعلام الخاص (الذي كان برلسكوني يُسيطر عيه) والقطاع العام، واستمر الأمر كذلك إلى اليوم، فقد تسابقت محطة التلفزيون الوطنية LA 7 وصحيفة لا ريبوبليكا وبقية محطات التلفزيون والصحف المكتوبة في نشر التَّفَاهَات والأكاذيب وترويج أفكار اليمين المتطرف الحاكم حاليا، ووصف برنامج تلفزيوني مباشر ما حدث في أمستردام ب »دفاع سكان أمستردام عن مدينتهم ضد الغوغاء – من العرب والمسلمين – التي تُمجّد هجمات السابع من أكتوبر ضد إسرائيل… وقد نواجه نفس الغوغاء في جميع أنحاء أوروبا إذا لم نواجهها بحزم » وقام المدير السابق لصحيفة ريبوبليكا بنشر الأكاذيب على التلفزيون الوطني حول الأسرى الصهاينة، كما تفاخر « بَاوْلُو ميلي » المدير السابق لصحيفة كورييري ديلا سيرا بمساندة العدوان الصهيوني، وما هذه سوى أمثلة قليلة لما يجري في إيطاليا من غسيل للأدمغة أدّى إلى تنصيب سلطة اليمين المتطرف، وتكفلت « السّلطة الرّابعة » بتَرْدِيد الرواية الصهيونية وتجاهُل حقوق الشعب الفلسطيني – وكذلك حقوق العاملين المهاجرين – وتجاهل الأخبار المُوثّقة عن الإبادة الجماعية، ويمكن العثور بسهولة على مثل هؤلاء الصحفيين في جميع أنحاء العالم « الغربي » وفي كل دولة عضو في حلف شمال الأطلسي وفي كل دولة أوروبية، ويبدو أن ولاءهم غير مشروط لدعم أساطير وأكاذيب المشروع الصهيوني و »حله النهائي » أي إبادة شعب فلسطين، ويعتبرون مجرد ذكر هذه الحقيقة ( الإبادة الجماعية) « معاداةً للسّامية »، وكرّر الصحافيون بقنوات التلفزيون الأوروبي دعاية شبكة سي إن إن، وإم إس إن بي سي، وفوكس نيوز، ونيويورك تايمز، وواشنطن بوست وأكاذيب نتنياهو والحكومة الأمريكية، منذ بداية هذه الإبادة الجماعية الأكثر وحشية في القرن الحادي والعشرين، المستمرة بدون هوادة، منذ أكثر من عام، والتي تدفع ثمنها وتُسَلِّحُها الولايات المتحدة، بتعاون كامل ومساعدة مُتعدِّدَة الأشكال من دول أوروبية مثل ألمانيا وفرنسا وبريطانيا وإيطاليا وغيرها.
هولندا
في هولندا والدّول ذات الأغلبية البروتستنْتِيّة ( كما ألمانيا وسويسرا) انتشرت الدّعوة – من لُوثر إلى كَلْفِين – لتجميع اليهود في مكان خاص بهم، للتّعجيل بعودة المسيح، وبدأت هذه الدّعوات، المُعادية لليهود في جوهرها، بالتزامن مع استعادة الطوائف المسيحية للأندلس وبداية التّوسّع الإستعماري الأوروبي ( إسبانيا والبرتغال وهولندا وبريطانيا وفرنسا لاحقًا…) في أمريكا وآسيا وإفريقيا، وتُشكل بعض الطوائف البروتِسْتَنْتِيّة، إلى اليوم، قُوّةَ دَعْمٍ عقائدي ومادّي للصهيونية وللكيان الصّهيوني وخصوصًا « المسيحيون الصّهاينة » الذين يدعمون دونالد ترامب في الولايات المتحدة ودعموا الرئيس السابق للبرازيل « جاير بولسونارو »، وكلاهما ينتمي إلى اليمين المتطرف…
قبل التّطرق إلى ما حدث في عاصمة هولندا (أمستردام) يوم السادس من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، نُشير إلى حادثة وقعت سنة 1992، كان ضحيتها مواطنون هولنديون فقراء ومُهاجرون، وتكتّمت الدّولة ووسائل الإعلام والبرلمان والأحزاب عن أسبابها، لأن الفاعل صهيوني:
وَرَدَ في تقرير المنظّمة الدّولية للطّيران المدني إن طائرة شحن من طراز بوينغ، تابعة لشركة العال الصهيونية ( الرحلة 1862)، قادمة من نيويورك، متجهة إلى تل أبيب، مُحمّلة بالبضائع سقطت، قرب مطار شيبهول ( أو سخيبول) في امستردام يوم الرابع من تشرين الأول/اكتوبر 1992 وانفجرت على عمارَتَيْن سكنيّتَيْن من تسعة طوابق لكل منهما، في منطقة سَكنية مكتظّة ( حي زويدوست بضواحي أمستردام، عاصمة هولندا) وأصابت ثمانين شقة اشتعلت فيها النيران بسرعة، وأعلنت الحكومة في إحصاء أوّلي 39 قتيلا (إضافة إلى طاقم الطائرة المُكون من أربعة أشخاص) وأإصابة 26، وتكتمت السلطات الهولندية على الحادث وعلى شحنة الطائرة، مادام الضحايا من فُقراء المستعمرات الهولندية ( معظمهم من سورينام ) وأعلن رئيس بلدية امستردام أن عدد المفقودين لا يقل عن 209 أشخاص تَبيّن بعد يَوْمَيْن إنهم قُتِلُوا، وقدّر سُكّان الحي عدد القتلى ب240 إلى 250 شخصًا…
اكتفت السلطات الرّسمية الهولندية بالقول إن الطائرة كانت مُحمّلة بالبضائع، وتَبَيّن فيما بعد، من خلال التسريبات ثم انتشرت الأخبار – في أوساط محدودة، مادام الأمر يتعلق بالكيان الصهيوني – عن نوعية « البضائع » وأعلنت سفارة العدو الصهيوني بأمستردام إن الطائرة كانت تحمل « شحنة تجارية معتادة »، وفق وكالة رويترز بتاريخ 04 تشرين الأول/اكتوبر 1992، وهي في حقيقة الأمر مواد كيماوية حارقة يستخدمها الجيش الأمريكي، ويستخدمها الجيش الصهيوني وكانت الطائرة تحمل ثمانين طنًّا من هذه المواد المتفجّرة التي حاولت السلطات تلطيفها فيما بعد بالقول إنها وقود، لأن الوقود في نيويورك أقل ثمنًا من تل أبيب، ونقلت وكالة الصحافة الفرنسية ( أ.ف.ب 05 تشرين الأول/اكتوبر 1992) عن المتحدث باسم شركة العال إن حمولة الطائرة كانت واردات تجارية (إلكترونيات ومواد نسيجية ) قادمة من الولايات المتحدة وأوروبا تم شحنها في نيويورك وأمستردام، فيما أعلنت الإذاعة الصهيونية الحكومية ( 05 تشرين الأول/اكتوبر 1992) « إن الطائرة كانت تحمل كمية كبيرة من العطور وهي مواد شديدة الاشتعال »…
بعد إثنتيْن وثلاثين سنة، جابت قُطْعان الهمج الصّهاينة شوارع أمستردام وهم يُردّدون شعارات وأناشيد عنصرية ويعتدون على سُكّان المدينة ويُدمّرون ممتلكاتهم في المركز التاريخي، ومزقوا الأعلام الفلسطينية التي كانت في الطّوابق العُلْيا من بعض المَبَانِي وهتفوا وغنوا « الموت لكل العرب » و »اللعنة على فلسطين » و »لا توجد مدارس في غزة لأن كل الأطفال ماتوا »، وما هؤلاء الرَّعاع سوى صُورة مُصَغَّرَة للجهاز العسكري الذي يمارس الإبادة الجماعية والإرهاب، في فلسطين ولبنان وكل البلاد العربية، فيما يتم تقديمهم من قِبَلِ وسائل الإعلام السّائد الأوروبي و »الغربي » عمومًا كجمهور كرة قدم يُساند فريقه بأشكال سلمية، ولذا فهم ضحايا عنصرية المهاجرين ( العرب) وأبنائهم، بل أعاد البرلمان الألماني تأكيد اعترافه بالتفسير الصهيوني الْمُشَوّه لـ « معاداة السامية »، لتبرير حَمْلَة القمع المستمرة لأي صوت يصف ما يجري في غزة بالإبادة الجماعية، وأعلنت الولايات المتحدة على لسان رئيسها ووزير خارجيتها « دَعْم الحُكُومَتَيْن الهولندية والإسرائيلية ضد الهجمات المعادية للسامية » وفق تعبير أنتوني بلينكن، وانتشرت المعلومات المضللة والمُخادعة والكاذبة بواسطة شبكة سي إن إن، وإم إس إن بي سي، وفوكس نيوز، ونيويورك تايمز، وواشنطن بوست التي نقلت حرفيًّا أكاذيب نتنياهو والحكومة الأمريكية وقدّمتها كحقيقة مُطلقة، وكذا فعلت الحكومات ووسائل الإعلام في ألمانيا وفرنسا وبريطانيا وإيطاليا وغيرها، ولم يتم نَشْر الوقائع التي حصلت وهذا مُلخّصُها:
طلبت مجموعة العمل الدولية « أسبوع من أجل فلسطين » من عمدة أمستردام فيمكي هالسيما يوم الرابع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، حظر المباراة المقبلة على أساس أن من بين مشجعي فريق مكابي تل أبيب جنود سابقون في الجيش الصهيوني « مدربون على العنف الشديد »، فضلا عن عناصر المخابرات (موساد) التي ترافقهم، ورفضت رئيسة بلدية أمستردام ( وهي زعيمة سابقة لحزب الخُضْر) مُتّهمةً أصحاب الطّلب بمعاداة السامية، وبعد يومين، رفض مُشجّعوا الفريق الصّهيوني الوقوف دقيقة صمت تضامنا مع ضحايا الفيضانات في إسبانيا، وبعد المباراة التي فاز بها أياكس أمستردام بنتيجة عريضة ( 5-0 ) بدأت الاضطرابات في وسط العاصمة الهولندية، وهتف أنصار مكابي، الذين يمكن التعرف عليهم من ألوان النادي الصفراء، على السلالم المتحركة في المترو: « جيش الدفاع الإسرائيلي سينتصر، اللعنة على العرب »، ومزقوا وأحرقوا الرايات الفلسطينية التي كانت مرفوعة فوق بعض المباني واعتدوا على سائقي سيارات الأجرة، لأن شكلهم يوحي بأنهم عَرب، واستمرت الاضطرابات في اليوم التالي حيث اشتبك أنصار مكابي مع مجموعات من السّكّان الذين تجمّع بعضهم بعد ظُهْر يوم السابع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، للإحتجاج على غض الشرطة الطّرف عن عُنْف أنصار مكابي ضدّ المَارِّين في شوارع أمستردام والعاملين في المتاجر وسائقي سيارات الأجرة، فيما كتب زعيم حزب الحرية خِيرْتْ فِيلْدِرْزْ ( اليمين المتطرف القوي منذ عُقُود في هولندا) على موقع X أن « مُسلمين يحملون أعلامًا فلسطينية يُطاردون اليهود ويرتكبون مذبحة في شوارع أمستردام « وطالب باستقالة عمدة أمستردام، كما أكد رئيس الوزراء الهولندي ديك شوف ( يميني متطرف ورئيس المخابرات السابق) » صَدَمَتْنِي الهجمات المعادية للسامية على المواطنين الإسرائيليين »، أما مايراف زونزين، المحللة في مجموعة الأزمات الدولية، وهي منظمة غير حكومية، فقد وَصَفت المقارنة بين العنف في أمستردام والمذابح الجماعية بأنها سخيفة.
اشتهر مُشجّعوا نادي مكابي تل أبيب بالإفراط في العنصرية في فلسطين المحتلة، بما في ذلك شتم اللاعبين الفلسطينيين والعرب في الفريق والضغط على الفريق لطردهم، ورفض أي لاعب غير يهودي، مهما كانت خبرته، كما يحتفلون بالطقوس العنيفة ومهاجمة مشجعي النوادي الأخرى المنافسة التي يعتبرونها عدوًّا – وليس منافسًا – وجبت محاربته.
لم يكن أنصار مكابي ضحايا أبرياء في أمستردام، كما تم وصفهم، بل تعمّدوا الإستفزاز ( عدم احترام ضحايا الفيضانات في إسبانيا) والعنف الذي استغله الزعيم السياسي اليميني المتطرف الهولندي خيرت فيلدرز الذي حَثَّ وزير القضاء على اتخاذ المزيد من الإجراءات القمعية: « سحب الجنسية من المسلمين وطرد هذا الحثالة خارج البلاد » لأن « الإسلام مَصْدَرٌ لمعاداة السامية ومطاردة اليهود في أمستردام »، ونُذَكِّر هذا العنصري إن الهولنديين المسيحيين البروتستنتيِّين ( وليس المسلمين) وَشَوْا خلال الحرب العالمية الثانية بجيرانهم من المواطنين اليهود إلى النازيين، حيث كان يعيش في أمستردام نحو 80 ألف يهودي سنة 1941، لم يتبقّ منهم سوى 15 ألف. أما أنصار فريق مكابي فليسوا جماعة مسالمة من مشجعي كرة القدم، بل مجموعات فاشية هاجمت الشباب « ذوي المظهر الشمال أفريقي » لأنهم يُشبهون الفلسطينيين، أصحاب أرض فلسطين.
إن ما حدث في أمستردام ليس مجرد صدام بسيط بين مشجعي كرة القدم، وهو أمر شائع في كل مكان، كما أنه ليس مجرد صدام بسيط بين الإسلاموفوبيا ومعاداة السامية، بل إنه نتيجة للتوترات السياسية والدعاية الكاذبة والتلاعب والحروب العدوانية التي تدعمها هولندا – عضو حلف شمال الأطلسي – فيما يصف الإعلام السائد من يطالبون بإنهاء الحرب وحماية المدنيين الفلسطينيين بأنهم معادون للسامية…
فرنسا – نموذج الإندماج الإيديولوجي الإمبريالي- الصهيوني
خلافًا لليونان – التي تحكمها كذلك حكومة وأغلبية نيابية يمينية – حيث رفع مشجعو فريق باناثينايكوس الأعلام الفلسطينية واللبنانية ولافتات ضخمة كتب عليها « أوقفوا الإبادة الجماعية » و »الحرية لفلسطين »، خلال مباراة الدوري الأوروبي لكرة السلة، يوم 12 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، في العاصمة اليونانية أثينا، ثارت زوبعة في فرنسا لمجرد وجود لافتة واحدة في ملعب باريس تعبر عن تضامن بعض مُشجّعي نادي باريس سانت جرمان مع الشعب الفلسطيني، بينما لا تُثير مجموعات اليمين المتطرف – ومنها مجموعات من مُشجّعي نادي باريس نفسه – التي ترفع لافتات وتهتف بشعارات عنصرية في ملاعب فرنسا وأوروبا نفس القَدْر من الإحتجاجات الرسمية والإعلامية…
اشتدّت حملة القمع في فرنسا ضد المُشاركين في أي شكل من أشكال الإحتجاج: الإضراب أو الإعتصامات لأسباب اقتصادية أو اجتماعية مَحلِّيّة، أو التضامن مع الشعوب والتنديد بالحروب العدوانية، وواجَهَ المشاركون في حركة السترات الصفراء، والمحتجون على إصلاح نظام التقاعد، والنقابيون، والمشاركون في الإحتجاجات ضد عُنْف الشرطة الذي يُؤدّي إلى قتل الشباب، حملات القمع والإصابات الخطيرة والمحاكمات الجائرة، وعلّقت الحكومة العمل بالقانون – وهو غير مُنْصف للعمال والفقراء – ليتم العمل بالقوانين الإستثنائية، وكأن البلاد في حالة حرب، كما تم اعتقال مناضلي أرخبيل المُستعمرة الفرنسية « كاليدونيا » الذين يناضلون من أجل حكم ذاتي وتم سجنهم في مناطق متفرقة في فرنسا على بعد آلاف الكيلومترات من بلادهم وذويهم…
حظرت الحكومة الفرنسية الاحتجاجات المُنَدّدة بالقصف وبالإغتيال والإعتقال وهدم المباني، أثناء العدوان الصهيوني على سكان غزة سنة 2008 و 2014 و 2021 و 2023/2024، وسُكّان القدس (حي الشيخ جراح ) سنة 2021، ومنذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، حاولت الحكومة الفرنسية فرض الرقابة على الخطاب والاحتجاجات المؤيدة لفلسطين وتجريمها باسم مكافحة معاداة السامية والإرهاب، ودعا وزير الداخلية الفرنسي السلطات المحلية إلى حظر المظاهرات المُندّدة بالمجازر الصهيونية والإبادة الجماعية، مُتَعَلِّلاً بتهديدات مزعومة للنظام العام، وكثّفت الحكومة القمع والإعتقالات والحملات الإعلامية والسياسية ضد الفلسطينيين والعرب والتقدميين وحركة المقاطعة وسحب الاستثمارات وفرض العقوبات ( BDS ) واستهداف منتقدي بعض تصرّفات الحكومة الصهيونية – ولا الكيان بِرُمّته – في محاولة لمَنْع أي شكل من أشكال التضامن مع الشعب الفلسطيني، وطالت الإعتقالات والتحقيقات في محلات الشرطة رجالا ونساء، شبابا وشيوخا، من سياسيين ونقابيين ومناضلين في جمعيات حقوقية، في عملية تشير إلى أن حربًا قانونيةً تُشن ضد المدافعين عن فلسطين من قبل منظمات مرتبطة بالكيان الصهيوني، يدعمها جهاز الدّولة الفرنسي.
كان من المتوقع أن يشارك ووزير مالية الحكومة الصهيونية بتسلئيل سموتريتش، الذي طلبت محكمة الجنايات اعتقاله، والذي يصف نفسه بالفاشي، كضيف شرف في حفل لجمع التبرعات للجيش والمستوطنين الصهاينة، في باريس يوم الأربعاء 13 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، ورفضت السلطات الدعوات لمنع زيارته، مع إسكات المظاهر العامة للتضامن مع فلسطين، إلى أن أعلن المتحدّث باسمه إلغاء الزيارة « لأسباب أمنية » وفق وكالة الصحافة الفرنسية التي أوضحت إن مؤسسة « إسرائيل للأبد » وشخصيات من اليمين المتطرف تُشرف على تنظيم هذه التّظاهرة، عشية مباراة كرة قدم بين منتخبي فرنسا والكيان الصهيوني في باريس التي لم يتابعها في الملعب سوى 12 ألف متفرج في ملعب يتسع لثمانين ألف شخص، تحت حراسة أربعة آلاف شرطي خارج الملعب و 1500 داخل الملعب، فضلا عن عناصر الشرطة السّرّية والإستخبارات الفرنسية والصهيونية…
رفع جزء من مشجعي باريس سان جيرمان لافتة ضخمة تغطي مدرجات الملعب تدين الحرب الصهيونية المستمرة في فلسطين ولبنان، خلال مباراة دوري أبطال أوروبا يوم الأربعاء 06 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، في باريس بين باريس سان جيرمان وأتلتيكو مدريد، ، وكُتبت عبارة « فلسطين حرة » بخط ضخم في وسط اللافتة ، مع كتابة « حرب على ملعب كرة القدم، سلام في العالم » أسفل اللافتة مباشرة، وأصبحت هذه اللافتة علامة أخرى على « معاداة السّاميّة » و « التّحريض على الإرهاب » وضرورة « معاقبة الأشخاص الذين يقفون وراء اللافتة »، وفق وسائل الإعلام الرئيسية، وتم استدعاء ممثلي كل من باريس سان جيرمان والاتحاد الفرنسي لكرة القدم إلى اجتماع في وزارة الرياضة حول « العنف المرتبط بكرة القدم »، وثارت ثائرة وسائل الإعلام والشرطة والحكومة، وأعلن قائد شرطة باريس حظر رفع العلم الفلسطيني خلال مباراة كرة القدم بين فرنسا والكيان الصهيوني التي أُقيمت في ظل إجراءات أمنية مشددة، حيث لم يُسمح بدخول الملعب سوى بالأعلام الفرنسية والصهيونية مع خضوع المتفرجين لفحوصات أمنية مزدوجة، ومن بينها التحقق من الهوية مرتين، بذريعة تفادي تكرار التوترات التي شهدتها أمستردام، وتجدر الإشارة إلى إطلاق مُشجعي النادي الصهيوني هتافات عنصرية ضد العرب، وقاموا – خارج الملعب – بتخريب الممتلكات الخاصة ومهاجمة سائقي سيارات الأجرة العرب قبل وبعد المباراة.
تستضيف فرنسا عدة تظاهرات سنوية لدعم الجيش والمستوطنين الصهاينة، ومن بين هذه التظاهرات حفل يوم الأربعاء 12 تشرين الثاني/نوفمبر 2024 الذي تنظمه مجموعة تسمى « إسرائيل إلى الأبد »، وهي منظمة غير حكومية غامضة أسّسها حزب الليكود سنة 2015، مكرسة لدعم الإستعمار الإستيطاني الصهيوني، بدعم من اليمين المتطرف الفرنسي، ويُعْلِنُ مُلصق التظاهرة ضرورة « حشد القوات الصهيونية الناطقة بالفرنسية » لاستعادة غزة وغزو لبنان ومنع المساعدات الإنسانية عن غزة لأنه « لا يوجد شعب فلسطيني ولا سكان مدنيون في غزة ولا ثقافة ولا حضارة باستثناء التاريخ اليهودي »، وفق زعيمة هذه المنظمة، وهي ابنة مُؤسسها، وطالبت رابطة حقوق الإنسان الفرنسية ومنظمات غير حكومية أخرى، منذ الأول من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، منع التظاهرة، ورفضت وزارة الدّاخلية الفرنسية الطّلب، بينما اعتقلت الشرطة الفرنسية خلال شهر تشرين الأول/اكتوبر 2023، بعد انطلاق العدوان على فلسطينيِّي غزة، المناضلة الغزاوية مريم أبودقة التي كانت في فرنسا قبل العدوان تلبية لدعوة بعض المنظمات المناصرة لشعبها، وإلقاء بعض المحاضرات في عدة مدن فرنسية، وتم وضعها تحت الإقامة الجبرية قبل طردها من الأراضي الفرنسية، في إطار حملة واسعة شملت منع نشاط بعض الجمعيات، لإسكات المنظمات المنادية بوقف إطلاق النار، ولحظْر التظاهرات ومحاكمة شخصيات من المجتمع المدني من صحفيين ونقابيين وحتى نواب بالبرلمان بتهمة « تبرير الإرهاب » بسبب تصريحات تدعم بعض حقوق الشعب الفلسطيني، كما سلّم مسؤولو الجامعات إلى الشرطة قائمات بأسماء الطلبة المُتّهمين ب »تبرير الإرهاب »، وبالمقابل تجاهلت السلطات الفرنسية والأوروبية قرار محكمة الجنايات الدّولية – منذ أيار/مايو 2024 – بشأن إصدار مذكرات اعتقال ضدّ كبار المسؤولين ويُفْتَرَضُ التزام جميع الدول الأعضاء السبع والعشرين في الاتحاد الأوروبي بدعم وإنفاذ المذكرات الصادرة عن المحكمة، ولكن ذلك لم يحصل، بل تستقبل الدّول الأوروبية والولايات المتحدة هؤلاء المجرمين بحفاوة…
هولندا معقل صهيوني تقليدي تاريخي
نَظّم مشجعو نادي مكابي تل أبيب مظاهرة مؤيدة للجيش الصهيوني قبل مباراة ناديهم المُفضَّل مع أياكس أمستردام، يوم السابع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، ورَدّد مشجعو نادي مكابي تل أبيب الذين شاركوا في أعمال شغب في أمستردام شعارات مثل « لا توجد مدارس في غزة، لأنه لم يتبق أطفال في غزة »، و »الموت للعرب » وشعارات أخرى تُظْهِر الوجه الحقيقي للصهيونية، كعقيدة استعمارية عنصرية…
اشتهر نادي ماكابي تل أبيب لكرة القدم بقاعدته الجماهيرية المكثفة، ومن ضمنها مجموعات من ممارسي العُنف الجماعي والسلوكيات العدوانية ضد مُشجّعي النوادي المنافسة، في مجتمع من المُستعمِرين المُستوطنين، ومارسوا هذا العُنف الجماعي والعدوانية في أمستردام، وكأنهم في تل أبيب، لكن وكالة أسوشيتد برس زعمت يوم الثامن من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، « إن المُشجّعين الإسرائيليين تعرّضُوا للإعتداء بعد مباراة كرة القدم في أمستردام من قِبَلِ جحافل من الشّباب الذين أثارتهم على ما يبدو دعوات على وسائل التّواصل الإجتماعي لاستهداف اليهود، حسبما ذكرت السّلطات الهولندية يوم الجمعة الثامن من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، وأدانت سلطات هولندا وإسرائل وفي جميع أنحاء أوروبا هذه الإعتداءات باعتبارها مُعادية للسّامية »، ولم تجد صحيفة هآرتس الصهيونية عبارات أحسن من هذه فنقلت برقية أسوشيتد برس برُمّتها ضمن عددها الصّادر يوم العاشر من تشرين الثاني/نوفمبر 2024.
قَدّمت التغطية الإعلامية « الغربية » صورةً مُضَلِّلَة لما حدث ووصفته صحيفة نيويورك تايمز بأنه « أعمال عنف معادية للسامية ضد مشجعي نادي ماكابي »، وأعلنت قناة سكاي نيوز « استهدف مُثيرو الشّغب المُعادون للسّامية مشجعي كرة القدم الإسرائيليين مع اندلاع الاضطرابات في أمستردام » وحذفت سكاي نيوز منشورًا على X جاء فيه أن « مشجعي مكابي تل أبيب مزقوا الأعلام الفلسطينية ورددوا شعارات عنصرية معادية للعرب ». أما هيئة الإذاعة البريطانية فقد واجهت انتقادات من قِبَل جُزْءٍ من جمهورها بسبب « التغطية المتحيزة للأحداث واللغة التي استخدمتها في تقاريرها الأولية »…
تعْكس وسائل الإعلام وجهات نظر الزعماء السياسيين الذين سارعوا إلى نشر الرواية المُضَلِّلَة وإلى التعبير عن تضامنهم مع المُستعمِرِين الصهاينة والإدّعاء بأنهم كانوا هدفًا لأعمال مُعادية للسّامية، وتَبارى رئيس الوزراء الكندي جاستن ترودو والرئيس الفرنسي إيمانويل ماكرون مع زعماء ألمانيا وهولندا والولايات المتحدة للتعبير عن الدّعم المُطْلَق للمُستوطنين الصهاينة وحكومتهم وجيشهم الذي اعتاد ارتكاب الجرائم مع الإفلات من العقاب، وعلى عكس وسائل الإعلام السّائد، أظْهَرت العديد من التسجيلات السمعية/البصَرية المنشورة على مواقع التواصل الإجتماعي استفزازات مشجعي فريق مكابي المدعوم من الحكومة الصهيونية والحكومة الهولندية، وأظْهَرت بوضوح تدنيس الرموز الفلسطينية والهتافات العنصرية، وكافأتهم الحكومة الهولندية بحَظْر التظاهرات المُندّدة بالكيان الصّهيوني واعتقال ما لا يقل عن مائة متظاهر سلمي…
حاولت صحيفة نيويورك تايمز تدارُك أو تصحيح ما رَوّجَتْهُ من أكاذيب قبل يَوْمَيْن، وكتَبَتْ يوم العاشر من تشرين الثاني،نوفمبر 2024 « إن اضطرابات الشوارع بدأت ليلة الأربعاء 06 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، قبل يوم كامل من المباراة، بعد أن بدأ مشجعو مكابي تل أبيب في الوصول إلى أمستردام، وقالت السلطات إن أنصار مكابي أزالوا العلم الفلسطيني من أحد المباني، وأظهر مقطع فيديو نُشر على وسائل التواصل الاجتماعي رجالاً يتسلقون مبنى لتمزيق العلم الفلسطيني بينما كان آخرون في الجوار يهتفون بهتافات معادية للعرب، وتصاعدت التوترات قبل يوم واحد عندما قام مشجعون إسرائيليون بتخريب سيارة أجرة وحرق العلم الفلسطيني في المدينة »، وأشارت العديد من المواقع إلى مُشاركة العديد من أنصار النادي الصهيوني في عمليات الإبادة ضمن الجيش الصّهيوني في غزة، ومع ذلك أَصَرَّ الرئيس الأمريكي وزملاؤه الأوروبيون ومعظم وسائل الإعلام على تصنيف المشجعين كَ »مُسالمين تصرفوا دفاعًا عن النفس »، ودعم الإتحاد الدّولي والإتحاد الأوروبي لكرة القدم مزاعم الصّهاينة ورفضا مطالب الاتحاد الفلسطيني لكرة القدم لمعاقبة المؤسسات الرياضية الصهيونية، بذريعة « ضرورة الفَصْل بين السياسة والرّياضة »، وفي المقابل تم تغريم ومعاقبة الفرق واللاعبين الذين يشاركون في إيماءات التضامن مع الفلسطينيين، أو رَفْع الرّايات الفلسطينية « ، مثل نادي « سلتيك غلاسغو » الذي يدعم القضية الفلسطينية، وتم تغريمه سنة 2014 بمبلغ 16 ألف جنيه إسترليني بعد أن رفع مشجعوة العَلَم الفلسطيني خلال مباراة لدوري أبطال أوروبا ضد نادي كي آر ريكيافيك الأيسلندي.، وتم تغريم نفس النادي ( سلتيك غلاسغو) سنة 2022 بمبلغ 8619 جنيهًا إسترلينيًا بعد أن رفع مشجعوه مئات الأعلام الفلسطينية خلال مباراة ضد نادي بئر السّبع الصّهيوني، وتمكّن مشجعو سلتيك من جَمْعِ ما يفوق مبلغ الغرامة وتوزيع المبلغ المتبقي على الجمعيات الخيرية الفلسطينية…
لم يحترم الإتحاد الدّولي والإتحاد الأوروبي لكرة القدم كِذْبَتَهُما بشأن « الفَصْل بين السياسة والرياضة » لأنهما جَمّدا الإتحاد الرُّوسي وكل أندية روسيا لكرة القدم، بعد أسبوع واحد من بداية حرب أوكرانيا يوم الرابع والعشرين من شباط/فبراير 2022، وتم تشجيع التضامن الصريح مع أوكرانيا والعرض البارز للعلم الأوكراني، على النقيض من قمع أي إشارة لدعم الشعب الفلسطيني، « وَرَفْضِ الإتّحادَيْن مُعاقبة الإتحاد الصهيوني لكرة القَدَم، بل ورفْض مناقشة مطلب الإتحاد الفلسطيني والإتحاد الآسيوي لكرة القدم وإجراء تحقيق ونشر نتائجه…
امتنعت شرطة أمستردام عن التدخل لوقف الاعتداءات على السّكّان المَحَلِّيِّين والهتافات العنصرية، بل أوقفت الشرطة أشخاصًا تعرضوا للإعتداء، كما اعتقلت خلال يوم المباراة والأيام التالية العشرات من سكان أمستردام من أصل عربي، فيما لم تعتقل أيًّا من المُشاغبين الصهاينة، وفق العديد من الوثائق التي تم تصويرها، ما يُكذّب الرواية الرّسمية للأحداث، ويُكذّب ادّعاءات زعيم اليمين المتطرف الهولندي « خيرت فيلدرز » ( من أصول إندونيسية) ، الذي عاش وعمل في شبابه فترةً في مستوطنة صهيونية (كيبوتس ) وأصبح صهيونيًّا متعصبًا ومن أشد المشجعين للإبادة الجماعية في فلسطين وفي البلدان العربية والإسلامية، وهو وريث الحزب الفاشي الهولندي الذي خدم الجيش النازي أثناء احتلال 1940-1945، وتم حظره بعد الحرب…
فاز اليمين المتطرف وحزب خيرت فيلدرز بالانتخابات البرلمانية الهولندية سنة 2023 لكنه لم يحصل على الأغلبية المُطلقة فاضطر إلى تشكيل ائتلاف حكومي مع العديد من الأحزاب الأخرى، برئاسة « ديك شوف »، رئيس المخابرات السابق المعروف بمواقفه اليمينية وتشجيعه المراقبة غير القانونية للمواطنين الهولنديين، وخاصة المسلمين الذي يدّعي (هو وفيلدرز) إنهم (المسلمون) جلبوا معهم معادة السامية، وفي الواقع فإنها ظاهرة أوروبية بحتة
خاتمة
كرة القدم هي الرياضة الجماعية الأكثر انتشارًا في العالم، وكانت ولا تزال مُحَفِّزًا لأعمال الشّغب والكراهية وازدراء المنافسين والعداء والشوفينية والتحيز، بتشجيع من وسائل الإعلام السّائد، كما حصل بعد أحداث أمستردام من ترهيب موجّه ضدّ العرب وتضليل الرأس العام بتقديم هذه الأحداث كعمليات عنف مُعادية للسامية، دون الإهتمام بحقيقة ما حَدَثَ بالفعل خلال وبعدَ أحداث ليلة الخميس السابع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، في أمستردام، وَتَجَاهَلَ العديد من الصحافيين المعلومات الأساسية حول تصرفات الصهاينة، فيما اتخذت شرطة أمستردام ( ممثلة السُّلْطة والدّولة والمدينة) إجراءات صارمة بشكل انتقائي، ضد الضحايا وليس ضدّ مشجعي مكابي تل أبيب العنصريين الذين أطْلَقُوا أعمال الشغب السياسي والعنصري، والعُنف ضدّ سُكّان المدينة والإعتداء على أرواحهم وممتلكاتهم، وبشكل عام اغتنم زعماء أوروبا وأمريكا الشمالية الفُرصة لزيادة الدّعم المُطْلق للكيان الصهيوني، وتصنيف ما حصل في أمستردام في خانة « العداء للسّامية والمذابح الجماعية ضد اليهود » بهدف تشويه أي معارضة للعدوان الصهيوني على سكان غزة ولبنان، وتعزيز المواقف العنصرية الصريحة تجاه الشعب الفلسطيني والشعوب العربية والإفريقية وشعوب البلدان الواقعة تحت الهيمنة الإمبريالية، وتعزيز الإعتقاد بأن الفلسطينيين والعرب هم أشخاص من درجة دُنيا، لذا فإن حياة الفلسطينيين أقل قيمة من حياة الغُزاة الصهاينة أو الأوروبيين والأمريكيين، وتعزيز ل »صدام الحضارات »…
لقد تم تصوير الفلسطينيين، وأنصارهم من عرب وعجم، على أنهم متوحشون بدائيون يتعين على الكيان الصهيوني إبادتهم دفاعاً عن الحضارة الغربية (الحضارة المسيحية – اليهودية بحسب بعض التسميات)، بدعم من المؤسسات الرسمية الأمريكية والأوروبية التي تُهيمن عليها الإتجاهات السياسية الرّجعية مثل الأحزاب الديمقراطية المسيحية أو الإجتماعية وما يُسمّى « الوَسَط » وحتى أحزاب الخُضر التي أصبحت تدعم حلف شمال الأطلسي والكيان الصهيوني ( في ألمانيا خصوصًا) واليمين المتطرف التي تدعم المذابح في فلسطين وتُعادي الكادحين والفُقراء داخل بلدانها وتُشوِّهُ سُمعة المُعارضين لفظائع الرأسمالية والإمبريالية وربيبتها الصهيونية بنَعْتِهِمْ بالمُعادين للسّامية أو ب »الطابور الخامس الخائن لقِيَم الحضارة الغربية »، لأن التّقَدُّمِيِّين يؤمنون بالعدالة وبالمُساواة بين البشر، وتم استخدام « مُعاداة السّامية » لتشويه سُمعة « جيريمي كوربين » في بريطانيا أو جان لوك ميلنشون في فرنسا ومعاقبة كل من يقف قليلاً أو كثيرًا إلى جانب حقوق – أو بعض حقوق – الشعب الفلسطيني…
إن الدعاية الإعلامية التي تبثها الحكومات الغربية ووسائل الإعلام والتي تصور مشجعي فريق مكابي تل أبيب لكرة القدم، من الصهاينة والعنصريين والإرهابيين (ومن بينهم العديد من جنود الجيش الصهيوني وجنود الاحتياط وعملاء الموساد)، على أنهم ضحايا لهجمات معادية للسامية، تتجاوز كل حدود التلاعب السياسي والإيديولوجي والإعلامي، وتدفع بالجماهير المُحِبّة للرياضة نحو الجَهْل والقِيَم الرّجعية، مع تكثيف القمع في الولايات المتحدة وأوروبا الغربية، في ظل الدعم الأمريكي والأوروبي المُطْلَق للإحتلال الصهيوني وممارساته مثل الإبادة الجماعية وتشريد الفلسطينيين، وقَمْعِ أي أصوات يُعارض الإبادة الجماعية المُوَثَّقَة.يدّعي الإتحاد الأوروبي رَبْط علاقات الشراكة مع الأطراف من خارج الإتحاد الأوروبي بعدة شروط، وفي مقدّمتها احترام حقوق الإنسان، لكن المُفَوّضية الأوروبية وأغلبية نواب البرلمان الأوروبي يرفضون مراجعة أو تعليق اتفاقية الشراكة الطويلة الأمد بين بروكسل وتل أبيب، أو حتى حَظْر استيراد منتجات المستوطنات الصّهيونية، إثر العدوان على الشعب الفلسطيني في قطاع غزة، بل على العكس من ذلك تمامًا تعزّزت العلاقات السياسية والتعاون الاقتصادي في مجالات مثل التّسلّح والصناعة والطاقة والنقل والسياحة، في حين فَرَضَ الإتحاد الأوروبي عقوبات على دول أخرى بسبب انتهاكات أقلّ خطورةً، ممّا يُؤَكِّدُ الإنحياز الكامل لدى بعض الدول الأوروبية التي سارعت إلى إعلان معارضتها لأي إجراء ضد الكيان الصهيوني، وخصوصا جمهورية التشيك وهنغاريا والنّمسا وألمانيا وهولندا وفرنسا وغيرها وفق وكالة رويترز يوم الخامس عشر من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، فيما دَعت دول أخرى، مثل إسبانيا وإيرلندا إلى مراجعة عاجلة لاتفاقية الشراكة بين الاتحاد الأوروبي والكيان الصّهيوني…
من الضّروري التّأكيد على العلاقة الوثيقة بين الدّعم المُطلق للكيان الصهيوني من قِبل سُلُطات وأحزاب الدّول الإمبريالية، والقَمْع المُسلّط على الكادحين والفقراء داخل هذه الدّول، باعتبارهم « عَدُوًّا داخليا » يُهدّد الإستقرار والهُدُوء الذي ينشده رأس المال لزيادة أرباحه، وذلك بهدف إنشاء جبهة عالمية تقدّمية مناهضة للإمبريالية وللصهيونية وللرّأسمالية…
الطاهر المعز
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Laure Lemaire- 6 L’Afrique australe aujourd’hui

Une très grande richesse des sols pour la misère noire des peuples

Ce travail a notamment été permis grâce à Solène Baffi, docteure en géographie- University of Stellenbosch, et Jeanne Vivet, maître de conférences en géographie- Université Bordeaux Montaigne
Avec la mondialisation néolibérale, l’entité géopolitique qu’est l’Afrique Australe, continue a être fortement influencée par l’Afrique du Sud. Mais les différences historiques, culturelles, démographiques, ainsi que la richesse du sous-sol et les écarts de développement mettent en avant d’importantes inégalités.
Ajourdhui, il est composé des pays suivants : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe dont les frontières ont évolué au gré des découpages arbitraires des Européens. Cette partie de l’ Afrique , riche en ressources minières et aurifères a été l’Afrique des régimes ségrégationnistes (l’apartheid jusqu’en 1991) et en a gardé de graves séquelles (inégalités socio-spatiales marquées). La pandémie d’un “sida africain” les affecte terriblement. L’indépendance des pays qui la composent est relativement récente et s’est suivie de longues années de guerres civiles: Mozambique:1975+ guerre civile de 1976 à 1992, Angola: 1975 + 27 ans de guerre, Zimbabwe: 1980, Namibie: 1990. Des circuits de populations autour des mines, africaines et européennes, ont contribué à en faire un ensemble inscrit de longue date dans des flux mondialisés.
Sur les 10 pays africains les plus endettés au 4° trimestre 2024, envers le Fonds monétaire international (FMI), 3 pays sont en Afrique Australe
Les dettes au FMI soulignent une dépendance importante au financement extérieur pour stabiliser les économies en développement ou en crise.
Les prêts du FMI, tout en offrant une amélioration budgétaire, sont assortis de conditions strictes qui influencent les politiques nationales. Des mesures telles que la suppression des subventions, les ajustements monétaires et les plans d’austérité accompagnent le financement, réduisant leur impact à long terme. Ces programmes d’ajustement structurel limitent les dépenses dans des secteurs critiques comme la santé, l’éducation et les infrastructures, ce qui suscite des inquiétudes quant à la “santé” économique du pays.
L’Angola occupe la 3° position, avec une dette de 2,99 milliards de dollars. Le pays compte sur le soutien du FMI pour faire face aux effets des fluctuations des prix du pétrole et diversifier son économie.
La dette de l’Afrique du Sud envers le FMI s’élève à 1,14 milliard de dollars. Cela fait partie des efforts plus vastes visant à se remettre des perturbations économiques et à parvenir à une croissance durable.
Pas tout fait en Afrique Australe, mais bien prèsente, celle de la RDC envers le FMI s’élève à 1,6 milliard de dollars. Ces fonds sont essentiels pour relever les défis économiques de l’un des pays les plus grands et les plus riches en ressources d’Afrique.
La plupart des pays souffrant de la pauvreté se trouvent en Afrique (et en Asie du Sud). En termes de nombre de personnes concernées, l’Afrique subsaharienne est de loin la région la plus touchée de la planète. 2/3 des personnes en situation d’extrême pauvreté y vivent.
Cet ensemble composite tient aussi à la diversité des paysages, des types de climat, à la densité des populations, et à leur héritage colonial. Sa diversité est également liée aux nombreux métissages et aux influences culturelles ancestrales qui façonnent ses sociétés.

« L’Afrique des mines » (Géographie Universelle, 1994)
Au sein de cet espace, larichesse minière exceoptinnelle permet de comprendre la précipitation vers la région,les logiques d’aménagement ainsi que ses dynamiques d’intégration à la mondialisation. Aujourd’hui, plus de 1/2 de la production mondiale de vanadium, de platine et de diamant provient d’Afrique australe, qui fournit aussi 1/3 de la production d’or et 1/5 de la production de cobalt. On y trouve aussi d’immenses réserves de charbon, cuivre, nickel, platine, graphite. L’Angola et le Mozambique disposent de gigantesques champs de pétrole et de gaz offshore. L’exploitation de ces ressources nécessite des investissements colossaux (plusieurs dizaines de milliards de dollars), réalisés par des multinationales étrangères.
Les ressources minières représentaient en 2015, 18 % du PIB sud-africain, 12 % du PIB de la Zambie, 11,5 % du PIB de la Namibie et 15 % du PIB zimbabwéen et 5 % du PIB du Mozambique.
Les mines a donné lieu à la construction rapide d’infrastructures de transport. Comme partout dans les colonies africaines, un réseau ferroviaire fait de lignes pénétrantes dans les terres, se développe pour joindre les zones d’extraction aux ports coloniaux, en particulier Le Cap, Durban et Maputo. Mais, les zones minières éparpillées, l’industrialisation rapide et les déplacements de la main d’oeuvre, différencient le réseau ferré d’Afrique australe des autres régions d’Afrique : il lie tous les pays entre eux.
Elles entrainent une urbanisation et une industrialisation sans précédent dès le XIXe siècle. Johannesburg fondée suite à la découverte d’or dans le Witwatersrand, rassemble 22 % de la population du pays en 1911. Aujourd’hui encore, l’Afrique australe se distingue des autres ensembles africains par son taux d’urbanisation. L’Angola ou le Botswana ont été plus tardifs et des taux de population rurale sont encore élevés au Lesotho, Malawi ou Swaziland.
Les « big five » : Anglo-American Corporation & De Beers, Rembrandt, Sanlam, Old Mutual, Liberty Life
La mainmise des colons européens sur les richesses minières permet d’accumuler rapidement du capital, réinvesti dans les activités industrielles locales. Le système financier établi à Johannesburg dès le début donne naissance à 5 conglomérats originaires d’Afrique du Sud qui dominent aujourd’hui des mines, industries et chaînes de distribution présentes dans les pays voisins: les 5 grands. Cette insertion précoce dans des réseaux de commerce et de finance internationaux se reflète dans la position de la bourse de Johannesburg, 1° place financière d’Afrique jusqu’en 2016.
La mise en place du système minier entraine d’abord des migrations temporaires et masculines, puis une importante main d’œuvre issue des campagnes vient s’y fixer Mais l’importance des découvertes minières nécessite d’élargir les bassins de recrutement : les migrants sont acheminés depuis le sud du Mozambique jusqu’au Malawi. Ce système migratoire n’atteint que peu le Zimbabwe, la Zambie ou l’Angola.
Les richesses de l’Afrique australe profitent à plusieurs parties prenantes, mais leur distribution est inégale :
- Gouvernements : Les États tirent des revenus importants des industries extractives par le biais des taxes et des redevances. Ces fonds pourraient théoriquement être réinvestis dans le développement national et les services publics.
- Compagnies minières et énergétiques : Les entreprises multinationales, réalisent des profits substantiels de l’exploitation des ressources naturelles. Cela inclut des géants comme De Beers (diamants) et Anglo American (mines diversifiées).
- Élite locale : Certains membres des élites politiques et économiques locales bénéficient également directement de l’exploitation des ressources, à travers des relations personnelles ou des intérêts financiers dans les entreprises.
- Communautés locales : Bien que souvent marginalisées, les communautés locales bénéficient d’emplois et de projets de développement financés par les entreprises minières et énergétiques. Cependant, ces bénéfices sont limités et les impacts négatifs comme la dégradation environnementale et le déplacement forcé de populations l’emportent sur les avantages. Elles ne voient pas les richesses générées par l’extraction des ressources dans leur région.
- Investisseurs étrangers : Les investisseurs internationaux, qu’il s’agisse de particuliers, de fonds d’investissement ou de gouvernements étrangers, peuvent aussi profiter des investissements dans les compagnies extractives opérant en Afrique australe.
Une urbanisation sans précédent, oui bien-sur mais laquelle?
Propre à l’apartheid (incluant la Namibie et le Zimbabwe), la ségrégation interurbaine, unique par sa violence et sa rigueur, implique le déplacement des populations non-blanches qui ne bénéficient pas d’un contrat de travail en ville, vers la campagne dans des réserves africaines (bantoustans). Ces populations déplacées à des 100aines de km et l’absence d’infrastructures dans ces territoires, a conduit à la destruction de la paysannerie africaine qui, incapable de générer une surproduction, ne pouvait être compétitive face à l’agriculture blanche (Wolpe, 1972), et a abouti à la création de véritables poches de sous-développement.
Les bantoustans, ou dans les villes, les townships, n’hébergent pas ou peu d’activités économiques et de services, et ne constituent pas des espaces attractifs pour des investisseurs : les gens y sont peu solvables et ces territoires excentrés hébergent une criminalité importante. Le commerce informel s’y développe pour répondre aux besoins 1° des habitants. Ainsi, à l’échelle de l’Afrique australe, ces « non-lieux » constituent toujours des enclaves.
Autour des mines, la séparation raciale dans l’espace se présente sous 2 formes: des compounds (baraquements séparés pour limiter le commerce de diamants de la main d’œuvre africaine), et des locations (quartiers isolés pour exclure les populations touchées par des épidémies). Les villes d’Afrique du Sud, de Namibie, du Zimbabwe et de Zambie sont encore très marquées par les stigmates de la séparation. Au Mozambique, en Angola, la population blanche peu nombreuse et les autorités n’ont pas contrôlé l’urbanisation.

L’agriculture et la sécheresse
Les petits pays (Lesotho et Swaziland) sont encore largement agricoles, les activités minières du Swaziland et les casinos implantés au Lesotho (héritage de l’apartheid) sont issus de capitaux sud-africains donc leur échappent. Les États du Malawi, du Zimbabwe, et du Mozambique sont agricoles et représentent une part importante du dans leurs économies, ce qui entraîne des situations d’insécurité alimentaire récurrentes, comme en 2005 où seule la surproduction agricole de l’ Afrique du Sud avait permis de dépasser temporairement la crise. En 2016, ce sont l’Angola, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland et le Zimbabwe qui ont été gravement touchés par les sécheresses.
Contre le sida: un remède africain
Un frein majeur au développement de Afrique australe reste le virus du sida. L’explosion des contaminées est liée aux importants déplacements de population qui ont lieu à la fin de l’apartheid. Si l’Afrique du Sud reste numériquement le pays le plus touché, des classes creuses se profilent aussi au Botswana, Lesotho et Swaziland (pour 2015, 19,2 % de la population en Afrique du Sud, 22,2 % au Botswana et 28,8% au Swaziland d’après la Banque mondiale). Une lutte de grande envergure contre la maladie se met en place sous la présidence de Thabo Mbeki à partir de 2008 avec un discours exemplaire de l’African Renaissance.
Il dénonce auprès de la communauté internationale, l’existence de 2 formes de sida dans le monde : une forme africaine, touchant les hétérosexuels avec un nombre de morts importants, et une forme issue des pays du Nord, touchant une minorité homosexuel, cause d’un nombre de mort minime. Fort de ce constat, le Président a dénoncé la production de médicaments antirétroviraux (ARV) à haut coûts par des laboratoires pharmaceutiques des pays occidentaux, comme une forme d’impérialisme scientifique, aux dépens de l’Afrique.
Au début des années 2010, l’Afrique du Sud met en place ses propres ARV (médicaments antirétroviraux) à faibles coût, ce qui n’est pas étranger à la remontée de l’espérance de vie; un recul de l’épidémie est observé.

Le géant africain: l’Afrique du Sud
Considéré aux côtés de l’Algérie et du Nigéria comme un « lion africain », qui fait suite aux dragons asiatiques et aux jaguars sud-américains dans le bestiaire du développement, ce pays émergent bénéficie d’une forte influence politique (liée à l’action de Nelson Mandela), économique (membre des BRICS depuis 2011) et géopolitique (un siège de membre non-permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU obtenu en 2011 et le pays brigue un siège permanent).
La puissance du pays se reflète dans son double statut de principal investisseur sur le continent africain mais également de pays privilégié par les IDE étrangers.
La domination régionale du géant demeure autant politique que financière et économique. La dépendance à ses infrastructures de transport persiste, pour les pays enclavés (Botswana, Lesotho, Malawi, Zimbabwe) et pour ceux dont elles sont en voie de reconstruction après des guerres civiles (Angola, Mozambique). Mais cette position de tête de pont implique la saturation, comme celle du port de Durban (principal port de fret pour l’Afrique subsaharienne), qui nécessiterait de rediriger une partie du trafic maritime indispensable au maintien de Johannesburg vers le port de Maputo. Le projet de consolidation du corridor Johannesburg-Maputo orienté vers la rénovation du corridor routier et ferroviaire répond à cet impératif.
Elle s’affirme aussi comme l’un des seuls pays d’Afrique dont l’économie est tertiarisée : que ce soit dans le domaine des activités financières et immobilières ou des services aux entreprises, le pays est bien intégré (Vacchiani-Marcuzzo, 2008).
Malgré le long isolement diplomatique et économique dû à l’apartheid, son hégémonie sur la région tient à l’insertion qui préexistait dans les flux économiques internationaux (+liens politiques et culturels avec l’Europe), qu’à la realpolitik menée par le gouvernement de l’ANC au pouvoir depuis 1994. D’un point de vue social, les politiques de discrimination positive (Black Economic Empowerment) favorisent le développement d’une classe moyenne africaine, les Black Diamonds qui s’approprient les codes sociaux et économiques d’une société de consommation issue des pays occidentaux.
Mais pour le gouvernement, il est difficile de mener à bien les objectifs de redistribution initialement promis, en raison de l’ampleur des investissements à réaliser: plus d’un million de logements ont été construits en 20 ans, avec la garantie de l’accès aux services de base (eau, électricité, hygiène) et à l’éducation, sans pour autant satisfaire une demande croissante. L’autre difficulté est de capter des financements privés pour la réalisation de mesures sociales, donc les logiques d’exclusion se perpétuent. Si la discrimination n’est plus fondée sur le critère racial, l’exclusion socio-économique d’une part importante de la population persiste (ces 2 critères tendant souvent à se confondre).
En 1998, l’adoption du programme « Growth Employment and Reconstruction » montre l’ orthodoxie néolibérale du gouvernement ANC. Il a pour objectif d’allier croissance économique et politiques redistributives afin d’inscrire davantage l’économie sud-africaine dans les logiques de la mondialisation. Il s’appuie sur la mise en place de politiques macro-économiques attractives pour les investisseurs, la redistribution étant appréhendée comme une conséquence de la croissance économique davantage ciblées spatialement, et tend à privilégier les espaces connaissant déjà une forte croissance
Les villes et les ports
L’espace austral est couvert par les villes qui tiennent à son histoire lointaine ou plus récente: anciens comptoirs coloniaux (Luanda, Le Cap, Durban, Maputo), pôles industriels du XIX° siècle (Johannesburg, Harare, Lusaka, Blantyre), capitales administratives (Pretoria, Lilongwe). Mais leur trait commun réside dans l’héritage de la ségrégation. La séparation physique se perpétuer à cause de l’inexistance d’ interdépendances économiques et sociales.
La montée en puissance des acteurs privés en leur sein participe de ce processus, avec la multiplication d’un modèle urbain résidentiel développé par les promoteurs étranger, de l’Afrique du Sud aux pays voisins (Maputo au Mozambique) En Afrique du Sud, la prise en main des politiques d’aménagement urbain à l’échelon local par des gouvernements municipaux dotés de moyens financiers et juridiques forts répond à la volonté de réparer cet état de fait, mais également à contrôler l’urbanisation spontanée.
Si l’influence des pouvoirs publics dans la (re)construction varie entre les différentes métropoles, l’affirmation de dynamiques d’émergence économique occidentale est commune à toutes. La multiplication des centres commerciaux (de consommation) apparaissent comme des enclaves de richesses et témoignent du rôle grandissant des acteurs privés. Ils sont symboliques de l’adoption de normes occidentales. Les investissements chinois sont aussi très importants et visibles dans ces espaces urbains comme en témoigne le cas de Maputo où les nouvelles constructions se multiplient (hôtels, casino, résidences sécurisées, construction de routes et de ponts).
Les villes d’Afrique australe s’affirment en même temps comme des creusets du cosmopolitisme, toujours en vertu de leur histoire et réactivées par l’économie néolibérale. Certaines villes accueillent les migrants peu qualifiés (mozambicains, zimbabwéens, congolais, et rwandais suite aux conflits). L’Afrique du Sud, la Namibie ou le Botswana font figure de pays « tremplins » au sein de parcours migratoires plus complexes ; étapes pour constituer une épargne nécessaire à la poursuite du parcours. Johannesburg serait une ville située en Afrique du Sud sans lui appartenir, Peuplée comme Durban et Lusaka, de populations indienne, mozambicaine et zimbabwéenne, elle voit la multiplication des conflits et émeutes xénophobes.

Un renouveau africain porté par l’Afrique du Sud
Depuis les années 1990, l’Afrique australe s’affirme, dans le sillage de l’Afrique du Sud, comme un ensemble attractif en raison de sa double identité: un héritage européen, et la solidarité entre pays qui la compose. Pourtant, sa diversité agit comme un frein à la montée en puissance d’une aire régionale unie et cohérente.
Au sortir de l’apartheid et de ses sanctions, la réaffirmation du leadership sud-africain se manifeste par la réouverture de cet espace, aux flux mondialisés. Mais le positionnement sud-africain, et de l’Afrique australe dans son sillage, tient à la volonté de concilier attractivité économique et revendication d’un discours sur l’africanité, l’ « African Renaissance ». Son leadership ne se cantonne pas à sa position privilégiée dans l’économie internationale mais repose sur un discours destiné à favoriser les relations avec d’autres pays africains, et plus généralement les “pays du Sud”. Le discours de la Renaissance Africaine porté par le Président Thabo Mbeki (1999-2008) a concerné la politique étrangère et économique du pays, mais aussi les questions sociales. Sa position concernant le sida est perçue comme une remise en cause du pouvoir des laboratoires pharmaceutiques d’Europe et d’Amérique du Nord, ce qui a justifié la tenue de la 21e conférence internationale sur le sida en 2016 à Durban.
En dénonçant l’impérialisme des pays du Nord, il s’agissait de déplacer le débat concernant la prolifération du VIH en Afrique. Jusqu’alors, les discussions étaient axées sur des questions raciales, culturelles et morales. Le principal effort de Thabo Mbeki a été de repositionner le débat autour de la question économique ; il ne s’agit plus de regarder l’épidémie du sida comme la conséquence dramatique d’un « mode de vie », mais comme un indicateur du déclin économique de l’Afrique et d’un niveau de développement insuffisant.
Il se positionne comme un leader capable de réorienter le discours depuis le Sud. La visibilité du pays sur la scène internationale a été augmentée suite à l’organisation de la Coupe du monde de football en 2010, 1° événement de ce type sur le continent africain.
L’intégration du pays au sein des BRIC en 2011 apparaît donc comme une suite logique à la montée en puissance de ce héraut africain, même si son poids démographique, économique et politique est difficilement comparable avec celui des autres pays du groupe.
Position de l’Afrique du Sud au sein des BRICS en 2015
L’incorporation de l’Afrique du Sud serait dû à son appartenance au continent africain et en raison de sa position économique et de son influence politique, liée à l’héritage de Nelson Mandela. Par ailleurs, la cohésion diplomatique des BRICS repose sur des prises de position visant à rejeter la domination occidentale et à défendre la souveraineté et la non-ingérence. En outre, Inde, Chine et Brésil ont des intérêts en Afrique qui peuvent concurrencer ceux de l’Afrique du Sud. L’obtention du statut de membre du G20 a été perçue comme une validation du statut « d’émergent » bien que sa capacité d’intervention et de décision y reste limitée. Enfin, l’accès à un siège de membre permanent au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU demeure constamment repoussé. Là encore, c’est bien son appartenance continentale qui fait de l’Afrique du Sud un candidat privilégié si le Conseil venait un jour à s’élargir. Si l’African Renaissance a permis au pays de s’affirmer sur la scène internationale en construisant un discours original après la présidence de N. Mandela, l’enjeu reste d’affirmer son leadership.

La Southern African Development Community (SADEC)
À l’échelle régionale, plusieurs ensembles économiques se recoupent, symboles des juxtapositions et des influences multiple. Le 1° « cercle » de l’Afrique australe, correspond au périmètre d’influence directe de l’Afrique du Sud. La SACU (South African Customs Union) regroupe le Lesotho, le Swaziland, le Botswana et la Namibie dont l’économie reste annexée au Rand sud-africain. Se détache également un autre ensemble, la Southern African Development Community (SADEC) fondée en 1980 en opposition au gouvernement d’apartheid, par 9 États: l’Angola, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe, auquel s’adjoignent la Namibie (1990), l’Afrique du Sud (1994), l’île Maurice (1995), la RDC (1997), Madagascar (2005).
À bien des égards, l’ensemble régional formé par la SADEC est attractif. Plus de la moitié des États-membres s’affirment comme des économies potentiellement « larges », à savoir l’Angola, la République Démocratique du Congo, le Mozambique, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. À partir de ces économies dynamiques, l’articulation avec l’Afrique du Sud constitue un enjeu majeur pour voir émerger un marché régional dynamique. Par ailleurs, les infrastructures présentes en Afrique australe, en particulier les réseaux routier et ferroviaire, sont bien mieux développées que dans les autres ensembles régionaux africains. Le potentiel portuaire est fort, alors que Johannesburg constitue déjà le principal hub aérien à l’échelle du continent. Ces différents éléments font de la SADEC un ensemble régional particulièrement compétitif
Pour autant, si les pays d’Afrique d’australe ont connu une croissance économique souvent plus rapide que la moyenne mondiale, leurs échanges sont restés stationnaires. Durant la décennie 1998-2008, la part des exportations intra-régionales dans la SADC est restée à près de 10 % du total des exportations alors que ses pays affichaient des taux de croissance supérieure à la moyenne mondiale. De même, les échanges des pays de la SADC entre eux ont à peine triplé en valeur de 2000 à 2008, ce qui demeure largement inférieur à l’augmentation des échanges d’autres organisations régionales (U-E, Asean, Mercosur).
Cela tient d’abord à la nature des biens échangés : seules l’Afrique du Sud et l’Île Maurice exportent des produits manufacturés, les exportations de matières 1° et agricoles dominant dans les autres pays. Par ailleurs, malgré les accords tarifaires, la persistance d’obstacles (coûts de transport, contrôles frontaliers longs, normes non-harmonisées) entretient l’épaisseur des frontières. De plus les petits pays, dont l’économie demeure fortement dépendante, peinent à s’intégrer au sein de cet ensemble alors que d’autres, comme la RDC, s’affichent également « à la traîne » en raison des investissements nécessaires pour s’aligner sur les standards de la région. En outre, si la SADC n’est pas parvenue à mettre en place une zone de libre circulation (sur le modèle de Schengen), c’est là encore en raison des fortes disparités sociales et économiques entre les pays. Suite à la proposition en 1996 d’un protocole concernant la libre circulation des personnes, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie se sont fermement opposés à sa mise en place arguant des risques de flux migratoires incontrôlés, de xénophobie et du développement de réseaux criminels.
Si l’intégration régionale sous l’égide de la SADC demeure un enjeu encore d’actualité et l’une des clefs pour voir émerger une Afrique australe attractive et puissante, d’autres initiatives de coopération régionale méritent d’être signalées. Parmi elles, la mise en place de politiques transfrontalières autour des parcs nationaux représente une innovation territoriale. En effet, après 1994, le choix a été fait de placer certaines zones tampons et no man’s land qui se situaient à l’échelle nationale, au cœur d’un projet transfrontalier à l’échelle de l’Afrique australe .

La dynamique des métropoles
Pour que l’Afrique australe s’affirme comme un ensemble intégré et cohérent, ses métropoles constituent les territoires les plus visibles. Pour les mesurer, les chercheurs comptabilisent les liens existants entre les plus grandes entreprises du secteur tertiaire dans les villes du monde. Les villes d’Afrique australe les mieux connectées appartiennent à la catégorie alpha : c’est le cas de Johannesburg (alpha -), vient ensuite Cape Town (beta +) puis Durban (gamma +), Gaborone et Lusaka (High sufficiency) et enfin Pretoria, Windhoek, Luanda, Harare et Maputo (sufficiency) en 2012. La position de ces villes au sein du classement est en constant progrès, traduisant leur insertion de mieux en mieux maîtrisée dans les réseaux d’échanges internationaux.
Si les métropoles sud-africaines arrivent en tête, cela tient aussi bien à la diversification de leur économie qu’à leur poids politique renforcé suite à la création de gouvernements métropolitains en 2000, dont sont dotées Johannesburg, Cape Town et Durban, qui mettent en place des politiques d’aménagement de grande envergure destinées à faire correspondre ces villes aux standards des métropoles internationales. Les slogans des villes résonnent comme l’agenda de leur marketing urbain : Johannesburg se veut « World Class African City », tandis que Durban prétend être « the most liveable and sustainable city in Africa in 2030 ». Dans le cas du Cap, l’objectif est plus généraliste : « Making progress possible. Together ». Ces villes gagnent également en visibilité par l’accueil de grands événements internationaux : outre la Coupe du monde de football en 2011, le sommet de la Terre a lieu en 2002 à Johannesburg, la Conférence mondiale sur le sida se tient en 2003 et 2016 à Durban, de même que celle sur le changement climatique (2011), tandis qu’en 2014 Le Cap était élue World Design Capital (Vacchiani-Marcuzzo)
Toutefois, la multiplication de « vitrines » dans les métropoles d’Afrique australe se solde aussi par la multiplication « d’arrière-boutiques » où sont reléguées les populations qui ne s’intègrent pas aux normes de métropolisation et de la mondialisation. Ainsi le nombre d’évictions dans les centres-villes augmente à mesure que se diffuse le modèle des City Improvement Districts et des Business Improvement Districts dans l’hémisphère sud (Les CID et BID correspondent à des périmètres ou des associations de résidents dans un cas, ou de commerçants dans l’autre mettent en place un système de taxe pour assurer des services supplémentaires, comme par exemple la sécurité ou l’entretien).
Les liens entre les métropoles d’Afrique australe, permettent la circulation de modèles urbains. Dans un article récent, É. Peyroux (2016) rappelle la position de Johannesburg comme membre actif de réseaux de villes internationaux. C’est par son action dans différents réseaux et alliances de villes (Cities Alliances, UCLG ou Salga) que la métropole a été sollicitée pour guider l’élaboration de la stratégie de développement de la ville de Lilongwe. Le succès de ce partenariat a été récompensé par un prix, et ce programme d’accompagnement a par la suite été étendu à d’autres villes sud-africaines, au Malawi, au Mozambique et à la Namibie. Cet exemple traduit tout autant l’affirmation du leadership de Johannesburg à l’échelle de l’Afrique australe (mais également à l’échelle continentale, puisque Bamako a aussi demandé assistance dans le domaine de la gestion des déchets, de l’eau et de l’électricité) que l’existence de solidarités, d’enjeux communs et de circuits de connaissance entre les métropoles d’Afrique australe.

Les pays de cet ensemble présentent un fort potentiel économique, une importante population jeune et une classe moyenne croissante. Le principal enjeu réside donc désormais dans la capacité des différents États à mettre en place des processus de développement afin de résorber les disparités socio-économiques à l’échelon national, mais également dans la mise au point de politiques à l’échelon régional afin de participer à des dynamiques d’émergence communes. La mise en place de mesures communes sur d’autres questions serait l’éradication de la grande misère.
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Taher Elmouez-Du national à l’international : sur les désaccords entre les progressistes du « centre » et de la « périphérie »

Du national à l’international : sur les désaccords entre les progressistes du « centre » et de la « périphérie » par Taher Elmouez
Ce texte est un complément à d’autres textes déjà publiés sur le même sujet, notamment un texte intitulé « La domination de l’idéologie impérialiste dans l’Occident colonial » (début novembre 2024) et un texte intitulé « Palestine – Critique de quelques thèses de marxistes des États impérialistes » (mi-juin 2024). Ce texte tente de mettre en évidence quelques exemples des divergences entre les forces progressistes arabes et les forces progressistes « occidentales » concernant l’interprétation des événements qui se déroulent dans les pays arabes et dans le monde, depuis un quart de siècle.
Introduction
Après treize années de siège, de famine et d’occupation, la Syrie est gouvernée par Hay’at Tahrir al-Sham. Parmi les premières mesures de cette nouvelle autorité figurent : la privatisation du système bancaire – y compris la banque centrale – au profit d’une société de change et de transfert créée par Hay’at Tahrir al-Sham à Idlib. En matière d’éducation, elle a supprimé les chapitres qui font référence au « Big Bang » pour expliquer les développements historiques et les étapes les plus importantes du développement. Hay’at Tahrir al-Sham a annulé tous les chapitres liés à l’histoire de la Syrie avant l’Islam, ainsi que toute critique de la période de l’occupation ottomane des pays arabes. De nouveaux chapitres font la promotion de la haine contre « les Juifs, les Chrétiens et les peuples déviants ».
Le site Internet du journal progressiste australien « Red Flag » ( la bannière rouge ) a publié, le 05 janvier 2025, un article-reportage sur « les meurtres, les exécutions extrajudiciaires, les perquisitions, les milliers d’arrestations (…) et le harcèlement des femmes ne portant pas le hijab dans plusieurs villes de Syrie». Les médias « grand public » dans les pays impérialistes et les médias financés par les États du Golfe, n’ont pas soulevé ces questions parce que Hay’at Tahrir al-Sham représente l’une des faces du capitalisme rentier (non productif) et tente de contourner les questions économiques, sociales et politiques de la société syrienne, en provoquant des clivages entre différentes catégories sur des bases religieuses ou de genre (hommes/femmes) et faciliter ainsi la domination et l’exploitation.
Une partie de la gauche « occidentale » a salué l’effondrement de nombreux régimes, le dernier en date étant celui de la Syrie, et a soutenu les milices kurdes – dans le nord-est de la Syrie – qui ne survivent que par le soutien de l’impérialisme américain et « occidental ». Il est légitime de poser la question : Est-ce l’impérialisme peut soutenir une révolution ou un mouvement de libération nationale ?
L’impact du néolibéralisme
La différence de vision entre les socialistes ou progressistes des pays impérialistes et leurs camarades des pays de la « périphérie » est due à la différence d’appréciation de la phase impérialiste du capitalisme, depuis plus d’un siècle, la divergence d’appréciation du « néolibéralisme » depuis le dernier quart du XXe siècle. Ces divergences se sont accentuées à propos de la signification, l’importance et les conséquences de ce qu’on a appelé le « consensus de Washington » (mi-1989). ) qui a préparé le terrain pour l’après-effondrement de l’Union soviétique. Les points de vue divergeaient quant aux résultats et aux dimensions de cet effondrement (indépendamment de la nature du régime de l’Union soviétique au cours des dernières décennies). Les divergences concernent aussi l’évaluation des effets de cet effondrement et la fin de « la bipolarité » qui a laissé place à ce qu’on appelle un monde « unipolaire » dominé par l’impérialisme américain…
La plupart des mouvements de « gauche » des pays périphériques considèrent que l’effondrement de l’Union soviétique (quelle que soit l’évaluation ou la position concernant l’Union soviétique) a conduit au déclin des forces révolutionnaires et des mouvements de libération dans la « périphérie », au déclin du mouvement syndical, à l’affaiblissement du mouvement progressiste et au déclin des formes de solidarité internationale (ou de solidarité avec les peuples) dans les pays du « centre » (les pays riches et impérialistes). Ce déclin a été incarnée dans la plupart des pays du monde par le rythme croissant de la privatisation du secteur public, des équipements collectifs, des secteurs de la santé, l’éducation, les transports, l’énergie ou l’eau, dans le cadre de l’application des programmes néolibéraux des institutions financières de Bretton Woods (le Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou l’Organisation mondiale du commerce…) qui ont un impact négatif sur la vie économique dans la plupart des pays du monde, même si les méthodes d’intervention et de domination diffèrent. Ces programmes imposent des « plans d’ajustement structurel » qui impactent la vie quotidienne des citoyens à travers la généralisation de la précarité, du travail à temps partiel et de bas salaires. Cette précarisation se traduit par la perte des acquis arrachés par la lutte de plusieurs générations de la classe ouvrière et des peuples. Elle se traduit aussi par l’augmentation du taux de pauvreté, du chômage et de la précarité, parallèlement à la propagation de la pensée réactionnaire d’extrême droite, parfois avec un vernis « laïc » dans les pays impérialistes et sous forme d’idées obscurantistes, comme « l’Islam politique » dans les pays à majorité musulmane…
Les racines de ces divergences ne sont pas « géographiques » (Nord et Sud ou Est et Ouest) ni « culturelles » (conflit ou choc des civilisations). Il s’agit plutôt de divergences politiques concernant l’interprétation et l’évaluation des événements actuels et la préconisation des moyens d’y faire face. Ces divergences concernent aussi bien la situation économique, politique et sociale, au niveau local ou international, ce qui entraine des divergences sur les objectifs et les moyens de les atteindre …
Ces divergences sont apparues à plusieurs reprises, depuis plusieurs décennies, notamment lors de l’agression américaine contre le régime de l’île de Grenade et le renversement du président socialiste Maurice Bishop en 1983, lors de l’agression américaine contre le Panama et du remplacement par la force de son président en 1989 parce qu’il voulait contrôler le canal de Panama, à propos de la signification et les conséquences de la chute du mur de Berlin ( 09 novembre 1989), un signe avant-coureur de l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, qui a laissé le champ libre à l’impérialisme américain. Il y a eu de divergences sur l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie, l’Irak, la Somalie, sur le démantèlement de ces pays dont la population souffrait de l’embargo, des « sanctions », depuis la dernière décennie du XXe siècle, en plus des guerres par procuration (contre la Russie en Tchétchénie ou la division du Soudan ou l’incitation aux troubles au Venezuela, au Nicaragua et ailleurs). Les socialistes et les progressistes de la périphérie se sont opposés à l’intervention impérialiste, tandis que la plupart de leurs homologues des pays du « centre » ont fait écho à la rhétorique des pouvoirs et des médias grand public sur la « nécessité d’éliminer les régimes autoritaires qui violent les droits de l’homme et les droits des minorités… » Les mêmes divergences sont apparues depuis le début du XXIe siècle, concernant l’agression sioniste ( encouragées par l’impérialisme américain et européen) contre le Liban en 2006 qui fait suite à plusieurs agressions contre l’Afghanistan, l’Iraq, la Somalie, et qui précède l’agression contre la Libye, le Yémen, la Syrie et d’autres pays, à partir de février 2011, parallèlement au déclin de la pensée révolutionnaire ou progressiste et au déclin des organisations socialistes du monde entier, ce qui a laissé le champ libre à l’extrême droite et aux organisation réactionnaires de « l’Islam politique ».
La relation entre la question nationale et la lutte pour la démocratie
La plupart des courants patriotiques, progressistes et socialistes des pays dominés considère la question nationale (dans le sens patriotique et non « national-chauvin) comme indissociable de la question démocratique, car la majorité des régimes au pouvoir en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud sont des agents de l’impérialisme et la question des libertés politiques et de la démocratie est au cœur des préoccupations de ces courants. Les partis progressistes, les organisations socialistes et les syndicats « occidentaux » ont dissocié la question des libertés individuelles et des libertés politiques de la question nationale, car elle n’est pas posée dans le mêmes termes dans leurs pays, ayant déjà réalisé des révolutions bourgeoises, même si l’église occupe encore un espace important en Amérique du Nord, dans certains pays européens, au Chili, au Brésil et ailleurs …
Le lien entre la libération nationale (de la domination impérialiste) et la lutte pour la démocratie est omniprésent dans les programmes des forces progressistes arabes, africaines et autres, et se reflète dans les slogans des syndicats et des soulèvements populaires spontanés qui ont eu lieu dans les pays arabes et ailleurs. , comme le slogan « Pain (ou travail), liberté et dignité nationale», en Tunisie et en Egypte ou des slogans similaires au Maroc ou en Jordanie. Ce lien se reflète dans la conscience collective des peuples et exprimé par les citoyens des pays arabes lorsqu’ils dénoncent la convergence des intérêts et des objectifs de l’impérialisme américain et du sionisme, concernant la Palestine ou l’Irak et le Liban, malgré la la propagande des médias américains et européens (notamment arabophones comme la BBC, France 24 et Deutsche Welle), des chaines arabes comme Al Jazeera ou Al Arabiya qui prétendent défendre la démocratie en Syrie, en Libye ou en Iran, comme si le au Qatar, les Émirats ou L’Arabie saoudite étaient des oasis de la démocratie et des droits de l’homme.
Les médias sont des outils de propagande idéologique contre les régimes qui tentent de contrôler leurs richesses et de défendre leur indépendance. Les médias ne sont qu’un outil complémentaire au service de la puissance politique et militaire de l’impérialisme, contre les régimes patriotiques ou progressistes en Amérique du Sud (Chili 1973, Nicaragua 1979, Grenade 1983, en plus de Cuba et du Venezuela), en Asie (Indonésie et Malaisie en 1965, en plus de l’agression armée contre le Vietnam, le Laos et le Cambodge), contre tous les peuples du monde, en particulier contre le peuple palestinien et les peuples arabes…
La plupart des forces socialistes et progressistes « occidentales » (dans les États impérialistes) ne prennent pas en compte cette prise de conscience populaire contre l’impérialisme dans la « périphérie » et ne font que répéter des slogans affirmant qu’il n’y a que la lutte de classe qui compte, en négligeant… (intentionnellement ou non) la lutte au niveau international contre l’impérialisme, qui n’est qu’une extension de la lutte de classe ou complémentaire, car la lutte contre l’impérialisme est une lutte contre le capital mondialisé, qui a atteint un degré de concentration qui lui permet de chercher des ressources et des matières premières dans toutes les régions du monde, conquérir de nouveaux marché et écraser les concurrents, à l’intérieur des frontières de l’État-nation et à l’extérieur. Actuellement, ce sont les Etats-Unis qui dominent et essaient d’éliminer les autres puissances qui peuvent lui faire concurrence, comme la Chine…
Les conflits historiques
L’impérialisme utilise d’énormes moyens militaires, politiques, médiatiques et idéologiques sans précédent pour domestiquer les travailleurs et les peuples. L’ennemi principal reste donc le capitalisme, tant au niveau national qu’international. C’est le capitalisme qui impose des relations d’exploitation et de domination à l’échelle mondiale, mais il y a d’énormes divergences entre les forces progressistes du « Nord » (États impérialistes) et du « Sud » (États dominés par l’impérialisme). Ces divergences incluent la position sur les « révolutions de couleur », les questions de « libération nationale » et les luttes anti-impérialistes des peuples du « Sud », ainsi que l’évaluation des causes et des conséquences de l’effondrement de l’Union soviétique (en tant que force concurrente de l’impérialisme américain). Les divergences concernent aussi le rôle des facteurs politiques et idéologiques (abandon du socialisme), le rôle des Etats impérialistes dans l’armement d’une armée « jihadiste islamique » en Afghanistan, financés par les monarchies du Golfe, surtout l’Arabie Saoudite qui a inondé les marchés pétroliers ( à partir de 1985 ) pour faire baisser le prix et priver l’Union Soviétique des revenus d’exportation du pétrole en devises étrangères, ce qui a provoqué une crise économique en pleine guerre en Afghanistan.
De nombreuses divergences subsistent concernant l’analyse du rôle impérialiste dans la perpétuation du « retard » ou « le sous-développement » des pays dominés ont été exprimées depuis des décennies et explicitement par les pionniers de « l’école de la dépendance » qui insiste sur le rôle de l’échange inégal entre le « centre » (les États impérialistes) ) et la « périphérie » (pays dominés), comme conséquence du colonialisme et de la domination impérialiste et comme une nouvelle forme de colonialisme. Samir Amin (et d’autres) ont souligné la nécessité de la rupture avec le capitalisme pour réaliser le développement dans les pays dominés. Il n’est donc pas nécessaire de passer par les mêmes étapes que l’Europe, car la situation est différente et l’Europe n’est pas le centre du monde. Son histoire et son évolution diffèrent de celles de l’Asie, de l’Afrique et l’Amérique du Sud…
L’impérialisme utilise également diverses méthodes de déstabilisation : agression armée, « révolutions de couleur », ONG qui défendent la « démocratie », les « droits de l’homme » ou les droits des minorités etc. Les droits de l’homme, qui ne sont pas respectés dans les pays impérialistes, sont devenus un prétexte pour mener des agressions impérialistes pour renverser des régimes politiques qui ne sont pas nécessairement révolutionnaires ou même progressistes, mais qui rejettent la tutelle impérialiste. Ces guerres ont exacerbé les divergences entre les progressistes au « Nord » et du « Sud », lors de la destruction de nombreux régimes, le démantèlement de nombreux pays (Yougoslavie, Soudan, Libye, Iraq, Syrie…), ce qui a créé une fracture dans les rangs des organisations anti-impérialistes et de profondes divergences concernant le slogan « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous », auquel la Troisième Internationale a ajouté le concept de « solidarité internationale entre les peuples du monde » afin que l’union contre le capitalisme et l’impérialisme s’incarnerait dans le slogan « Travailleurs et peuples opprimés du monde entier, unissez-vous ». Peu à peu le fossé s’est creusé entre les militants socialistes des pays impérialistes et leurs camarades des pays opprimés et colonisés. Ceci rappelle le débat au sein de la deuxième Internationale Socialiste et les positions des partis sociaux-démocrates qui ont soutenu leur bourgeoisie locale pendant la Première Guerre mondiale et qui a abouti à la rupture et à la création de la troisième Internationale (sujet évoqué dans un article précédent). Ces débats sont revenus sur la scène depuis la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle, à l’occasion de ce que certains ont appelé la « victoire historique » de l’impérialisme américain et l’avènement du « choc des civilisations » avec l’effondrement de l’Union soviétique, que Francisco Fukuyama considérait comme « la fin de l’histoire » et la victoire de la « démocratie » (telle que la conçoit l’impérialisme américain ). Ceci nous renvoie aussi au débat initié par les philosophes réactionnaires des années 1940 et 1950 sur « les idéologies et les systèmes totalitaires ». Ce discours assimile le système socialiste de l’Union soviétique au régime nazi en Allemagne ou le régime fasciste en Italie. Le « totalitarisme » constitue encore une référence pour de nombreuses organisations qui se considèrent comme « révolutionnaires » (comme les organisations trotskistes) dans les pays impérialistes, même si le terme de « totalitarisme » est vague, non précis et non défini. Ces courants considèrent toujours les États-Unis comme un État démocratique, malgré la répression interne et les lois d’exception qui limitent la liberté d’expression et malgré la militarisation des relations extérieures, de la diplomatie fondée sur les menaces, le chantage, l’occupation, les bombardements et les « sanctions ».
Malgré les difficultés résultant des agressions militaires impérialistes (directes ou par procuration), Cuba reste un symbole de résistance. Le peuple palestinien continue de résister à l’impérialisme, le sionisme et les régime réactionnaires arabes. Les peuples et les classes ouvrières de tous les pays du monde continuent de se lutter et à résister. Nous devons résister fermement à la vague fasciste propagée par les partis d’extrême droite en Europe, en Amérique du Nord ou en Corée. Dans les pays du Sud et dans d’autres pays, la résistance est la seule issue face à l’exploitation de classe qui s’est répandue depuis la victoire du mouvement néolibéral en Grande-Bretagne (Margaret Thatcher) et aux États-Unis. (Donald Reagan) et à la guerre d’usure contre les organisations syndicales et les mouvements socialistes. C’est une résistance contre le rétrécissement de la marge de la démocratie et des libertés. La résistance des peuples arabes en Palestine, au Liban et au Yémen s’inscrit dans la lutte mondiale contre l’impérialisme qui n’est que le « stade suprême du capitalisme », selon Vladimir Lénine, et contre le projet impérialiste américano-sioniste appelé le « Projet du Grand Moyen-Orient » qui cible les peuples vivant entre l’Afghanistan et la Mauritanie.
Conclusion
Marx et Engels ont commencé leur lutte en Allemagne puis en Europe, en critiquant la philosophie allemande ou Hegel. Lénine a commencé sa lutte en Russie. Mao Tsé Toung a commencé sa lutte en Chine contre l’occupation japonaise et le système féodal, Fidel Castro a lutté pour libérer son pays Cuba… Ce n’est que par la suite que ces dirigeants socialistes ont élargi le champ ( ou la portée ) de la lutte au-delà des frontières de leurs pays. Par contre, certains de nos camarades et amis des pays impérialistes négligent ces faits historiques et nient la dimension ou la lutte pour la libération nationale. On ne peut être internationaliste sans participer à la lutte « nationale », que cette lutte soit une lutte de classe contre l’exploitation de la classe ouvrière ou une lutte contre l’impérialisme (français, britannique, américain, etc.). La lutte contre la domination impérialiste est une extension de la lutte contre l’exploitation des travailleurs au niveau local. L’impérialisme est une expansion de l’exploitation capitaliste vers des zones d’exploitation et d’oppression au-delà des frontières nationales, en utilisant la violence militaire, l’hégémonie idéologique et culturelle, pour piller les ressources matérielles, conquérir de nouveaux marchés et dénaturer le patrimoine historique et culturel…
Dans le monde arabe, l’unité arabe (unité des peuples et non des régimes ou des gouvernements, dans laquelle tous les citoyens ont les mêmes droits et devoirs, sans exception et sans distinction de genre ou ethnique ou religieuse) constitue un pas vers l’internationalisme et une force qui permet aux peuples d’exploiter leurs richesses, sans l’intervention directe de l’impérialisme ou par l’intermédiaire de ses agents. L’expression de leur solidarité populaire avec le peuple palestinien constitue une expression des aspirations populaire à cette unité ( par le bas et non par le haut), de l’appartenance nationale et de l’ambition de près de quatre cents millions de personnes de citoyens enracinés dans cette zone géographique située entre l’océan Atlantique (Maroc, Mauritanie et Sahara occidental) et le golfe Arabique jusqu’en Iraq…
Contrairement à ce que promeuvent certaines tendances de gauches des pays du « centre » impérialiste, les peuples des pays de la « périphérie » (pays sous domination de l’impérialisme) et de tous les pays du monde ont la capacité d’analyser, de comprendre et d’affronter les difficultés, de s’adapter aux réalités du monde. Les peuples des pays opprimés et colonisés ont la capacité de servir leurs patries, leurs peuples et leurs sociétés, et au lieu de s’allier et de soutenir les forces progressistes des pays périphériques, de nombreuses forces de gauche des pays impérialistes reprennent à leur compte la propagande de la CIA concernant la « nécessité d’une intervention militaire pour mettre fin aux violations des droits de l’homme » à Cuba, au Venezuela, en Iran, en Chine, en Russie et en Libye (sous le règne de Mouammar Kadhafi), en Syrie (sous le règne de Hafez et de Bachar al-Assad) et en Iraq (Pendant le règne de Saddam Hussein) et d’autres. Cette gauche soutient également les forces réactionnaires et obscurantistes dans ces pays et dans d’autres, et les considère comme des forces de libération, voire des « forces révolutionnaires », comme les Frères musulmans en Égypte, Hay’at Tahrir al-Sham, ou les milices kurdes en Iraq et en Syrie. Ces mêmes forces réactionnaires sont parfois créées, armées et financées par les États membres de l’OTAN, principalement les États-Unis. Les États-Unis interfèrent dans les affaires intérieures des pays et des peuples, après avoir occupé des pays voisins comme le Mexique et ont annexé plus de la moitié des terres mexicaines, au milieu du XIXe siècle. C’était la continuité de la logique coloniale européenne qui a exterminé les populations autochtones pour coloniser les Amériques. Les Etats-Unis continuent de se comporter en colon qui veut occuper la terre entière et qui menace tout système politique qui manifeste son désaccord. Selon la logique impérialiste, tout concurrent ou adversaire est un ennemi. La chute de l’Union soviétique, l’orientation capitaliste des économies de la Russie ou de la Chine auraient pu mettre fin à la guerre froide, vu l’absence de sa justification, mais l’impérialisme américain et l’Union européenne ont élargi l’OTAN et ont eu recours au prétexte de la « violation des droits de l’homme et le non-respect des principes de la démocratie » pour harceler des dizaines de régimes et de peuples …
Nous, progressistes et socialistes du monde, visons la construction d’une société juste dans laquelle tous les citoyens servent leur pays selon leurs capacités et sont récompensés en fonction de leur travail, tout en bénéficiant des ressources matérielles ou culturelles nécessaires à leur développement physique et moral … Tels sont les objectifs des progressistes ou des socialistes du monde. Ce qui les place à l’opposé de l’impérialisme américain ou toute force réactionnaire qui adhère aux règles du système capitaliste. Le gouvernement et les services de renseignement américains ne soutiennent que nos ennemis. Nous n’avons pas à nous allier ou à soutenir les forces réactionnaires ( religieuses ou ethniques ou tribales) qui bénéficient du soutien de l’impérialisme.
Taher Elmouez
Taher
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الطّاهر المُعز-نماذج من الخلاف بين تَقَدُّمِيِّي « المركز » و « المُحيط »-من الوطني إلى الأممي

نماذج من الخلاف بين تَقَدُّمِيِّي « المركز » و « المُحيط »-من الوطني إلى الأممي : الطّاهر المُعز
مُقدّمة
يُعْتَبَرُ هذا النّصّ مُكَمِّلاً لنُصُوص أخرى سابقة منشورة بشأن نفس الموضوع، ومن بينها نص بعنوان » هيمنة الإيديولوجية الإمبريالية في الغرب الإستعماري » ( أوائل تشرين الثاني 2024) و نص بعنوان « فلسطين – نقد بعض أطروحات مارْكسِيِّي الدّول الإمبريالية » ( منتصف حزيران/يونيو 2024 )، ويحاول هذا النّص التّأكيد على نماذج من اختلافات القوى التقدمية العربية مع القوى التقدّمية « الغربية » بشأن قراءة الإحداث الجارية في الوطن العربي والعالم، منذ رُبع قرن.
بعد ثلاثة عشر سنة من الحصار والتّفكيك والتّجويع والإحتلال، أصبحت هيئة تحرير الشام تُمثّل السّلطة الجديدة، ومن الإجراءات التي بدأت تطبيقها: خصخصة المنظومة المصرفية – بما فيها المصرف المركزي – لصالح شركة للتحويلات المالية أنشأتها هيئة تحرير الشام في إدلب، وإجراء آخر بشأن التّعليم، ويتمثل في حَذْف الدّروس التي تُشير إلى « الإنفجار الكبير » لتفسير التّطورات التّاريخية وأهم مراحل التّطوّر، وأقرّت هيئة تحرير الشام إلغاء الدّروس المتعلقة بتاريخ سوريا قبل الإسلام، وإلغاء كل الإشارات السلبية إلى فترة الإحتلال العثماني للبلدان العربية، مُقابل تعزيز الكراهية ضدّ « اليهود والنّصَارى والأقْوام الضّالّة »، ونشر مَوْقع الصحيفة التّقدّمية الأسترالية « ريد فلاغ » ( الرّاية الحَمْراء » أو Red Flag )يوم الخامس من كانون الثاني/يناير 2025، مقالاً عن « الإعدامات المَيْدانية والقَتْل العشوائي وعمليات التّفتيش التي عقبتها اعتقالات عديدة » في سوريا، و »مُضايقة النّساء غير المُحجّبات، ولم تُثِر وسائل الإعلام السائد في الدّول الإمبريالية، ولا في دويلات الخليج هذه القضايا لأن هيئة تحرير الشام تُمثل أحد وجوه الرأسمالية الرّثّة والتّابعة للإمبريالية، والتي تحاول الإلتفاف على الإنقسامات الإقتصادية والإجتماعية والسياسية في المجتمع السّوري، مثله مثل المجتمعات الأخرى التي هيمن عليها رأس المال الخاص ( المَحَلِّي أو الأجنبي ).
صَفّق بعض اليسار « الغربي » لانهيار أنظمة عديدة، آخرها نظام سوريا، ودعم مليشيات الأكراد – في شمال شرق سوريا – التي تدعمها الإمبريالية الأمريكية و »الغربية، فكيف يمكن للإمبريالية أن تدعم حركة ثورية أو حركة تحرّر.
تأثير النيوليبرالية
يعود اختلاف الرُّؤية بين الإشتراكيين أو التّقدّميين في البلدان الإمبريالية ورفاقهم في بلدان « المُحيط » أو « الأطراف » إلى اختلاف تقييم المرحلة الإمبريالية من الرّأسمالية، وذلك منذ أكثر من قَرْن، وإلى اختلاف وجهات النّظر بشأن « الليبرالية الجديدة » (النيوليبرالية) التي بدأت خلال الرّبع الأخير من القرن العشرين ثم سادت خلال القرن الواحد والعشرين، كما اختلفت وجهات النّظر بشأن أهمية ما سُمِّي « وفاق واشنطن » ( منتصف سنة 1989) الذي هَيّأ الأرضية لما بعد انهيار الإتحاد السوفييتي، واختلفت وجهات النظر بشأن نتائج وأَبْعاد هذا الإنهيار ( بغض النّظر عن طبيعة الحكم خلال العُقُود الأخيرة من عُمر الإتحاد السوفييتي ) واختلاف تقييم تأثيرات هيمنة ما أصبح يُسمّى « القُطْب الواحد » بقيادة الإمبريالية الأمريكية…
تعتبر معظم تيارات « اليسار » في بلدان الأطراف إن انهيار الإتحاد السوفييتي ( بغض النّظَر عن التقييم أو الموقف من الإتحاد السوفييتي ) أدّى إلى تقهقر القوى الثورية وحركات التّحرّر في بلدان « المُحيط » ( أو الأَطْراف) وإلى تراجع العمل النقابي والفكر التّقدّمي وتراجع مظاهر التّضامن الدّولي ( أو التّضامن مع الشّعوب ) في بلدان « المركز » أي البلدان الغنية والإمبريالية، وتجسّد هذا التراجع في معظم بلدان العالم في زيادة وتيرة خصخصة القطاع العام والمرافق والخدمات العمومية كالرّعاية الصّحّيّة والتعليم والنّقل والطّاقة والمياه وغيرها وفي هيمنة البرامج النيوليبرالية لمؤسسات « بريتن وودز » ( صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي ومنظمة التجارة العالمية…) على الخطط والبرامج الإقتصادية في معظم بلدان العالم، وإن اختلفت أساليب التّدخّل والهيمنة، وتجسّدت في الحياة اليومية للمواطنين من خلال انتشار عقود العَمَل الهش ( غير الثابت) وبدوام جُزْئِي وبرواتب منخفضة، وفي خسارة المكتسبات التي تمكنت أجيال من الطبقة العاملة والشعوب من الحصول عليها بنضالاتها، وتميزت هذه المرحلة بانتشار واسع للفقر والبطالة وللفكر الرجعي اليميني المتطرف، بغشاء « علماني » في الدّول الرأسمالية الإمبريالية، وانتشار الفكر الظّلامي للدّين السياسي في البلدان ذات الأغلبية المُسلمة…
لم تكن هذه الخلافات ذات بُعْد « جغرافي » ( شمال وجنوب أو شرق وغرب) ولا « ثقافي » ( صراع أو صدام الحضارات ) بل هي خلافات سياسية بشأن فهم وتقييم الأحداث الجارية وطُرُق مواجهة الوضع السائد محليا ودوليا، اقتصاديًّا وسياسيا واجتماعيا، وخلافات بشأن الأهداف التي تطمح القوى التّقدّمية إلى تحقيقها…
ظَهرت هذه الخلافات في وضح النهار في مناسبات عديدة، من بينها العدوان الأمريكي على غرينادا والإطاحة بالرئيس الإشتراكي موريس بيشوب سنة 1983 والعدوان الأمريكي على بنما وتغيير رئيسها بالقوة سنة 1989 لأنه أراد السيطرة على قناة بنما، والموقف من تبعات انهيار جدار برلين ( التّاسع من تشرين الثاني/نوفمبر سنة 1989 ) وانهيار الإتحاد السوفييتي سنة 1991، والموقف من العدوان الأطلسي على يوغسلافيا والعراق والصّومال وتفكيك هذه البلدان وإرهاقها بالحصار و »العقوبات » خلال العقد الأخير من القرن العشرين، فضلا عن الحروب بالوكالة ( ضد روسيا في الشيشان أو تقسيم السودان أو إثارة القلاقل في فنزويلا ونيكاراغوا وغيرها ) حيث كان اشتراكيُّو وتقدّمِيُّو بلدان المحيط يُعارضون التّدخّل الإمبريالي فيما كان مُعظم نُظرائهم في دول « المركز » يُرَدِّدُون خطاب الحُكّام والمنظمات ووسائل الإعلام السائد بشأن « ضرورة القضاء على النظم الإستبدادية التي تنتهك حقوق الإنسان أو الأقليات… » ثم ظهرت نفس الخلافات منذ بداية القرن الواحد والعشرين، بشأن العدوان الصهيوني/ »الغربي على لبنان سنة 2006 وقبله العدوان على أفغانستان والعراق ثم العدوان على ليبيا لاحقًا وعلى اليمن وسوريا وغيرها، بداية من شباط/فبراير 2011، بالتوازي مع تقهقر الفكر الثوري والمنظمات التقدّمية والإشتراكية في جميع أنحاء العالم، وتعاظم قُوّة اليمين المتطرف وقوى الدّين السياسي…
العلاقة بين المسألة الوطنية والنضال من أجل الدّيمقراطية
ترى معظم القوى الوطنية والتّقدّمية والإشتراكية في البلدان الواقعة تحت الهيمنة إن المسألة الوطنية لا تنفصل عن المسألة الدّيمقراطية، لأن أغلبية الأنظمة الحاكمة في إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية عميلة للإمبريالية وترتبط قضية الحُرّيات السياسية والدّيمقراطية بالنّضال ضد هذه الأنظمة ومن يقف وراءها من القوى الإمبريالية، فيما تفصل معظم الأحزاب التّقدمية والمنظمات الإشتراكية والنّقابات « الغربية » مسألة الحريات الفردية والحريات السياسية عن المسألة الوطنية، لأنها غير مطروحة في بلدانهم التي أنجزت ثورات برجوازية، رغم الحيّز الهام الذي لا تزال تحتلُّهُ الكنيسة والفكر اللاّهوتي – غير العَقْلاني – في أمريكا الشمالية وبعض بلدان أوروبا وتشيلي والبرازيل وغيرها…
ينعكس الرّبط بين التّحرّر الوطني ( من الهيمنة الإمبريالية ) والنضال من أجل الدّيمقراطية في برامج القوى التقدمية العربية والإفريقية وغيرها، كما ينعكس في شعارات القوى النقابية والإنتفاضات الشّعبية التّلقائية التي حدثت سواء في البلدان العربية أو غيرها، مثل شعار « خبز ( أو شُغل) وحرّية وكرامة وطنية » في تونس ومصر وشعارات مُشابهة في المغرب أو الأردن، كما ينعكس هذا الرّبط في الوعْي الحِسِّي الذي يُعبّر عنه المواطنون في الأقطار العربية للتنديد باندماج المصالح والأهداف بين الإمبريالية الأمريكية والصّهيونية، بشأن فلسطين أو العراق ولبنان، رغم التّضْليل الإعلامي لوسائل الإعلام الأمريكية والأوروبية ( خصوصًا الناطقة بالعربية مثل بي بي سي و فرانس 24 و دوتشه فيللّه ) وشبكات النفط العربي مثل « الجزيرة » أو « العربية » التي تدّعي الدّفاع عن الدّيمقراطية في سوريا أو ليبيا أو إيران، وتتجاهلها في قَطَر أو الإمارات أو السّعودية، لأنها ناطقة باسم آل سعود أو آل ثاني أو آل صهيون والأنظمة المُطبّعة التي تدعمها الإمبريالية…
تُمثّل وسائل الإعلام جزءًا من الدّعاية الإيديولوجية ضدّ الأنظمة التي تُحاول السّيْطَرة على ثَرَواتها وتُدافع عن استقلالية قرارها، وما الإعلام سوى أداة مُكَمِلَة للوسائل السياسية والعسكرية التي استخدمتها الإمبريالية ضدّ الأنظمة الوطنية أو التّقدّمية في أمريكا الجنوبية ومنطقة بحر الكاريبي ( تشيلي 1973 ونيكارغوا سنة 1979 وغرينادا 1983، فضلا عن كوبا وفنزويلا ) وفي آسيا ( إندونيسيا وماليزيا سنة 1965 فضلا عن العدوان المُسَلّح على فيتنام ولاوس وكمبوديا ) وضد شُعوب العالم وخصوصًا ضدّ شعب فلسطين، حيث تدعم كافةُ الدّول الإمبريالية الكيانَ الصّهْيُونيَّ ضدّ الشّعب الفلسطيني والشُّعُوب العربية…
لا تُراعي معظم القوى الإشتراكية والتّقدّمية « الغربية » ( في ال{ذول الإمبريالية) هذا الوَعْي الشّعبي ضد الإمبريالية في دول « المُحيط » أو « الأطراف »، وتقتصر على ترديد شعارات تُفيد إن الصّراع الطّبقي – المَحَلِّي – ضدّ الرأسمالية يُجسّد جَوْهر النضال، مع إهمال ( بقصد أو بدون قصد ) الصّراع على الصعيد الدّولي، أي الصراع ضدّ الإمبريالية الذي لا يقل أهمّيّةً عن الصراع الطبقي الدّاخلي، بل هو جزء منه ومُكمّل له، لأن النضال ضد الإمبريالية هو نضال ضدّ الرأسمال المُعَوْلَم الذي بلغ درجة من التّركيز والإحتكار مَكّنته من استنزاف الموارد المحلية واحتكار الأسواق الدّاخلية لينتقل إلى البحث عن الموارد والمواد الأولية في جميع مناطق العالم واكتساح الأسواق الخارجية وسَحْق المُنافسين، داخل حدود الدّولة القومية وخارجها، وهو ما يحدث حاليا بين الولايات المتحدة والقوى التي قد تنافسها، مثل الصّين…
خلافات تاريخية
تستخدم الإمبريالية وسائل عسكرية وسياسية وإعلامية وأيديولوجية هائلة وغير مسبوقة لتدجين العمال والشعوب، ولذا يظل العدو الرئيسي هو الرأسمالية، سواء على المستوى المحلي أو الدولي (الإمبريالية)، التي تفرض علاقات الاستغلال والهيمنة على نطاق عالمي، ولكن لا تزال هناك اختلافات هائلة بين القوى التقدمية في « الشمال » (الدول الإمبريالية) و »الجنوب » (الدول التي تهيمن عليها الإمبريالية)، وتشمل هذه الخلافات الموقف من « الثورات المُلَوَّنَة »، و قضايا « التحرر الوطني » و النِّضَالات المناهضة للإمبريالية لشعوب « الجنوب »، كما تشمل تقييم أسباب انهيار الإتحاد السوفييتي ( كقوة موازية للإمبريالية الأمريكية ) ودور العوامل السياسية والإيديولوجية ( الإبتعاد عن الإشتراكية) وتشكيل جيش « جهادي إسلامي » بتمويل سعودي وتسليح أمريكي، والعوامل الإقتصادية التي تمثلت في زيادة إنتاج النفط السعودي ( بداية من 1985) وإغراق الأسواق الدّولية وحرمان الإتحاد السوفييتي من إيرادات صادرات النفط بالعملات الأجنبية…
تم التعبير عن العديد من الاختلافات بشأن تحليل الدّور الإمبريالي في استدامة « تَخلُّف » البلدان المُهَيْمَن عليا، منذ عُقود وبشكل صريح، من قِبَل رُوّاد « مدرسة التَّبَعِيّة » التي تصر على اعتبار التبادل غير المتكافئ بين « المركز » (الدول الإمبريالية) و »المحيط » (الدول الخاضعة للهيمنة)، كنتيجة للاستعمار والهيمنة الإمبريالية وكاستمرار للإستعمار في شكل جديد، كما أكّدت مدرسة التّبعية على ضرورة القَطْع مع الرأسمالية لإنجاز التنمية في البلدان الخاضعة للإستعمار الجديد، أي إنه ليس من الضّروري المُرور بنفس المراحل التي مرّت بها أوروبا، لأن الوضع يختلف، ولأن أوروبا ليست مركز العالم، ويختلف تاريخها وظروفها عن آسيا وإفريقيا وأمريكا الجنوبية…
تستخدم الإمبريالية كذلك أساليب مختلفة لزعزعة الاستقرار: العدوان المسلح و « الثورات الملونة » و المنظمات غير الحكومية التي تدافع عن « الديمقراطية » أو « حقوق الإنسان » أو حقوق الأقليات، وما إلى ذلك، وأصبحت حقوق الإنسان – التي لا تُحْتَرَمُ في البلدان الإمبريالية- ذريعةً لشن حروب عدوانية إمبريالية من أجل الإطاحة بالأنظمة السياسية التي ليست بالضرورة ثورية أو حتى تقدمية، ولكنها ترفض الوصاية الإمبريالية، وأدّى الخلاف المتعلق بـ »حقوق الإنسان » إلى تفاقم الخلافات بين القوى التقدمية في « الشمال » و »الجنوب »، فيما يتصل بتدمير العديد من الأنظمة، وتفكيك العديد من البلدان (يوغوسلافيا، السودان، ليبيا، العراق، سوريا…)، مما خلق شَرْخًا في صفوف المنظمات المناهضة للإمبريالية واختلافات عميقة بشأن شعار « ياعمّال العالم اتّحدوا » والتي أضافت لها الأممية الثالثة مفهوم « التضامن الأُمَمِي بين شعوب العالم » لكي يتجسّد الإتحاد ضدّ الرأسمالية والإمبريالية في شعار « ياعُمّال العالم وشعوبه المُضْطَهَدَة اتّحِدُوا »، وشيئًا فشيْئًا اتّسَعت الفجوة بين المناضلين الإشتراكيين في الدّول الإمبريالية ورفاقهم في البلدان المُضْطَهَدة والمُسْتَعْمَرَة، وعاد إلى السّطح ذلك النّقاش بخصوص مواقف الأحزاب الدّيمقراطية الإشتراكية التي ساندت برجوازيتها المَحلِّية خلال الحرب العالمية الأولى، وأدّى الخلاف إلى تأسيس الأممية الثالثة ( سَبَقَ لي أن تناولتُ هذا الموضوع بإسهاب في مقال سابق ) وعادت هذه النقاشات إلى السّاحة منذ أواخر القرن العشرين وبداية القرن الواحد والعشرين، بمناسبة ما سمّاه بعضهم ب »الإنتصار التّاريخي » للإمبريالية الأمريكية وانتقال العالم والبشرية إلى « صدام الحضارات » بانهيار الإتحاد السوفييتي الذي اعتبره فرنسيسكو فوكوياما « نهاية التّاريخ » وانتصار « الدّيمقراطية » ( كما تراها الإمبريالية الأمريكية ) على ما اعتبرها الفلاسفة والمُفكّرون الرجعيون منذ أربعينيات وخمسينيات القرن العشرين « الإيديولوجيات » و » الأنظمة الشّمولية »، وهي نظرِيّات تُساوي بين النظام الإشتراكي في الإتحاد السُّوفييتي والنظام النّازي في ألمانيا أو الفاشي في إيطاليا، ولا تزال « الشّمولية » مرجعيةً ( غامضة وغير مُحدّدة التّعريف والملامح والحدود ) تعتمدها العديد من المنظّمات التي تعتبر نفسها « ثَوْرِيّة » ( كالمنظمات التروتسكية) في الدّول الإمبريالية، ولا تزال هذه التيارات تعتبر الولايات المتحدة دولة ديمقراطية، رغم القمع الدّاخلي والقوانين الإستثنائية التي تَحُدّ من حرية التعبير والإحتجاج، ورغم عَسْكَرَة العلاقات الخارجية والدّبلوماسية بالإعتماد على التهديد والإبتزاز والإحتلال والقَصْف والحِصار…
رغم الصّعوبات النّاجمة عن العدوانات العسكرية الإمبريالية ( مُباشرةً أو بالوكالة ) لا تزال كوبا صامدة ولا يزال الشعب الفلسطيني يُقاوم ثالوث الإمبريالية والصّهيونية والرّجعية العربية، ولا تزال الشُّعوب والطّبقات الكادحة في جميع بلدان العالم تَصْمد وتُقاوم المَدّ الفاشي (أحزاب اليمين المتطرف ) في أوروبا وأمريكا الشمالية وكوريا الجنوبية وغيرها، وتُقاوم الإستغلال الطّبقي الذي استفحل منذ انتصار تيار الليبرالية الجديدة في بريطانيا (مارغريت تاتشر ) والولايات المتحدة ( دونالد ريغن ) وإنهاك المنظمات النقابية والتيارات الإشتراكية، وتُقاوم تراجع حَيِّز الديمقراطية والحُرّيات، وتندرج مُقاومة الشُّعوب العربية في فلسطين ولبنان واليمن ضمن النّضال العالمي ضدّ الإمبريالية، وما الإمبريالية سوى « أعلى مراحل الرأسمالية » وفق فلاديمير لينين، وضدّ المُخطّط الإمبريالي الأمريكي/الصّهيوني المُسمّى « مشروع الشّرق الأوسط الكبير » والذي يستهدف شُعوبَ كل البلدان الواقعة بين أفغانستان وموريتانيا.
خاتمة
لقد بدأ ماركس أو إنغلس نضالهما في ألمانيا ثم في أوروبا، بنقد الفلسفة الألمانية ونقد هيغل، وبدأ لينين نضاله في روسيا، قبل أن يُوَسِّعَ هؤلاء القادة الإشتراكيون مجال النّضال إلى خارج حدود بلدانهم، فيما يُهْمل بعض رفاقنا وأصدقائنا في الدّول الإمبريالية هذه الحقيقة التّاريخية، فلا يمكن لإنسان أن يكون أُمَمِيًّا، دون المُشاركة في النّضال « الوطني »، سواء كان هذا النضال طَبَقِيًّا ضد استغلال الطّبقة العاملة أو كان النّضال ضدّ الإمبريالية ( الفرنسية أو البريطانية أو الأمريكية وغيرها ) التي تُعتَبَرُ امتدادًا لاستغلال الكادحين مَحَلِّيًّا وتوسيعًا لمجالات الإستغلال والإضطهاد إلى خارج الحُدُود القومية، باستخدام العُنف العسكري والهيمنة الإيديولوجية والثقافية ومحاولة نهب الموارد المادية وتشويه المَوْرُوث التّاريخي والثقافي…
في الوطن العربي، تُشكل الوحدة العربية ( التي يتساوى فيها جميع المواطنين في الحقوق والواجبات، بدون استثناء) خطوة نحو الأُمَمِيّة، وقُوّةً تُمكّن الشعوب من استغلال ثرواتها، دون تدخّل الإمبريالية مُباشرةً أو عبر وكلائها، ويُشكل تعبير المواطنين ( بمختلف دياناتهم ومذاهبهم وأثنياتهم وجنسهم…) عن تضامنهم المُطْلَق مع الشعب الفلسطيني مَظْهرًا من مظاهر التّعبير عن التّطلُّعات والإنتماء القومي والطّموح المُشْتَرَك لقرابة أربعمائة مليون مواطن امتدّت جذورهم في أعماق هذه الرُّقْعَة الجغرافية الواقعة بين المُحيط الأطلسي ( المغرب وموريتانيا والصّحراء الغربية) والخليج العربي والعراق…
خلافًا لما تُرَوِّجُ بعض أطراف اليسار في بلدان « المَرْكز » الإمبريالي، يمتلك الناس في بلدان « الأطْراف »( البلدان الواقعة تحت هيمنة الإمبريالية ) وفي كل بلد في العالم القُدْرَة على فهم وضعهم وظروفهم المادّيّة والمَعْنَوِيّة، وعلى إدْراك مَصْلَحتهم وتمتلك شُعوب البلدان المُضْطَهَدَة والمُسْتَعْمَرَة القُدْرَة على خدمة أوْطانها وشُعُوبها ومجتمعاتها، وبدل التحالف مع القوى التّقدّمية في بُلدان الأطراف ودعمها، تُردّد العديد من قوى اليسار في الدّول الإمبريالية ( دول المَرْكَز) دعاية وكالة الاستخبارات المركزية الأمريكية بشأن « ضرورة التّدخّل العسكري لوضع حدّ لانتهاكات حقوق الإنسان » في كوبا وفنزويلا وإيران والصين وروسيا وليبيا ( خلال فترة حُكْم معمر القذافي) وسوريا (خلال فترة حكم حافظ وبشار الأسد) والعراق (خلال فترة حُكْم صدّام حسين ) وغيرها، وهي تدعم كذلك القوى الرجعية والظّلامية في هذه البلدان وغيرها، وتعتبرها قوى تحرّر أو حتى « قوى ثورية »، مثل الإخوان المسلمين في مصر وهيئة تحرير الشام أو مليشيات الأكراد في العراق وفي سوريا، والمدعومة من قِبَلِ الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، وفي مقدّمتها الولايات المتحدة التي تتَدَخّل في الشُّؤُون الدّاخلية للبلدان والشعوب، واحتلت البلدان المجاورة مثل المكسيك، واستحوذت على أكثر من نصف أراضيها، منتصف القرن التّاسع عشر واستحوذت عليها وضَمَّتْها نهائيًّا إلى أراضيها التي أباد المُستعمِرُون المستوطنون الأوروبيون أصحابها من السّكّان الأصْلِيِّين، ولا تزال الولايات المتحدة تُهَدّد أي نظام سياسي تعتبره خَصْمًا أو منافسًا أوعَدُوًّا، رغم انهيار الإتحاد السوفييتي وانتفاء مُبَرّرات « الحرب الباردة »، ورَغْمَ تَخَلّى النظام الرّوسي أو الصيني أو غيرهما عن تَبَنِّي الإشتراكية ( شكلا أو مضمونًا)، وتبنِّي هذه الأنظمة النّهج الرّأسمالي، لجأت الإمبريالية الأمريكية والإتحاد الأوروبي إلى استخدام ذريعة « انتهاك حقوق الإنسان وعدم احترام مبادئ الدّيمقراطية » لمضايقة مثل هذه الأنظمة…
إننا كتقدّمِيِّين واشتراكيين عَرَب أو عَجَم نهدف بناء مجتمع عادل يتساوى فيه جميع المواطنين الذين يخدمون وطنهم بما استطاعوا وتتم مكافأتهم حسب عَمَلِهم، مع توفير الضّروريات المادية والثقافية والمعنوية التي يحتاجها كل مواطن…
هذه أهداف التّقدّميين الإشتراكيين في أي مكان من العالم، وهي نقيض الإصطفاف وراء الإمبريالية الأمريكية أو أي قوة رجعية تلتزم بقواعد النّظام الرّأسمالي، بدعم من الحكومة الأميركية ووكالاتها الإستخباراتية التي لا تتردّد في التّحالف مع قُوى الدّين السياسي أو اليمين المتطرف إذا كان ذلك يخدم مصالحها…
الطّاهر المُعز
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Laure Lemaire- Robert Mugabe


En Afrique, la « décolonisation » britannique avait été programmée dès 1948 par les travaillistes, qui estimaient que 30 ans seraient nécessaires. Macmillan donna un discours au Cap en Afrique du Sud en février 1960 dans lequel il déclara que « le vent du changement soufflait sur ce continent ». Il souhaitait éviter le type de guerre coloniale que menait la France en Algérie et sous son mandat, la « décolonisation » se fit rapidement. Aux 3 colonies qui avaient obtenu leur indépendance dans les années 1950, le Soudan, la Côte-de-l’Or (Ghana) et la Malaisie furent ajoutés 30 nouveaux États dans les années 1960 soit tous les territoires à l’exception de la Rhodésie.
Robert Gabriel Mugabe, né en 1924, fils d’un immigré du Nyassaland (devenu Malawi), grandit à la mission catholique jésuite au nord-est de la capitale Salisbury. Son père abandonnant le foyer familial alors qu’il n’a que 10 ans, il est élevé par sa mère, de l’ethnie majoritaire des Shonas. Il manifeste un goût prononcé pour la lecture et les études. Tout au long de sa vie, il est catholique pratiquant.
Diplômé en enseignement à 17 ans, il rejoint l’université de Fort Hare, en ,Afrique du Sud pour y étudier l’anglais et l’histoire. Il y côtoie Julius Nyerere, Herbert Chitepo, Robert Sobukwe et Kenneth Kaunda. Il est diplômé en 1951, puis poursuit ses études à Driefontein à Salisbury et au Tanganyika. Il obtient par correspondance une licence en enseignement à l’université d’Afrique du Sud et une licence d’économie à l’université de Londres. En 1960, Robert Mugabe revient en Rhodésie du Sud, se déclarant « marxiste-léniniste-maoïste ». Il se joint au Ndébélé Joshua Nkomo et au Parti national démocratique (NDP), qui devient l’ Union du peuple africain du Zimbabwe(ZAPU). Le parti est interdit par le gouvernement blanc d’Ian Smith. Il enseigne pendant 3 ans à Lusaka, capitale de l’ex-Rhodésie du Nord, puis à Accra au Ghana, 1° colonie d’Afrique ayant accédé à l’indépendance, où il épouse en 1961 une collègue, Sally Hayfron avec qui il a un fils, Michael Mugabe dont il apprend la mort brutale en 1966. Il est alors emprisonné par le régime de Ian Smith .
La ZANU et la ZAPU seront longtemps séparés par cette frontière ethnique entre Shonas et Ndébélés.(Voir les articles précédents)
Chef de guérilla
En 1963, Robert Mugabe, Shona, est le secrétaire général du parti qu’il a fondé, la ZANU, avec le révérend Ndabaningi Sithole et l’avocat Herbert Chitepo. En 1964, il est arrêté avec d’autres chefs nationalistes et emprisonné pendant 10 ans au camp de restriction, à la frontière entre la Rhodésie du Sud et le Mozambique. Il y étudie le droit et consolide son influence sur le mouvement nationaliste. En 1974, Mugabe est désigné comme chef de la ZANU aux dépens de Sitholé lors d’une élection interne en prison (Sitholé ne l’a jamais reconnu).
Relâché fin 1974 sous les pressions de John Vorster, 1° ministre d’Afrique du Sud qui cherche à trouver des interlocuteurs modérés au gouvernement blanc d’Ian Smith, Mugabe quitte le pays pour le Mozambique, où il prend la direction de la branche militaire de la ZANU, l’armée de libération (ZANLA), pour mener la guérilla contre le gouvernement d’Ian Smith avec le soutien des communistes du Front de libération du Mozambique.(FROLINO)
En 1975, 2 événements vont permettre à Mugabe de prendre totalement le contrôle de la ZANU, et de poursuivre la lutte armée, avec Joshua Nkomo de la ZAPU. Il profite du retour en prison de Sitholé, accusé par le gouvernement rhodésien de complot contre les autres leaders nationalistes noirs. L’évêque méthodiste Abel Muzorewa, leader du Conseil national africain, parti politique, suspend les pourparlers engagés avec le gouvernement sur un règlement constitutionnel, tant que Sitholé n’est pas libéré. Le gouvernement rhodésien s’attire les foudres de son allié, l’Afrique du Sud qui le soupçonnait d’opposition à Sitholé, lui préférant Joshua Nkomode la ZAPU, .
John Vorster convoque Ian Smith en urgence au Cap Après sa visite éclair en Rhodésie, Sitholé est relâché afin qu’il puisse assister à la conférence des ministres de l’OUA à Dar-Es-Salaam. Sithole renonce au combat armé et crée un parti politique modéré, l’Union nationale africaine du Zimbabwe –. Ndonga. Mugabe bénéficie aussi de l’assassinat de Herbert Chitepo en 1975 en Zambie dans un attentat à la voiture piégée. Il participe donc à la rencontre officielle aux chutes Victoria entre Ian Smith et les principaux leaders noirs de Rhodésie du Sud sous les auspices de Kenneth Kaunda et de John Vorster.
En 1976, Mugabe et Nkomo, en tant que chefs des Fronts Patriotiques, participent à la conférence de Genève organisée par l’ambassadeur britannique aux Nations unies; les autres délégations furent celle du gouvernement de Ian Smith, celle de l’UANC. Quant à Sitholé, invité de dernière minute, il exigea d’être désigné chef de la délégation de la ZANU ; il fut initialement exclu des projets britanniques de conférence constitutionnelle sur l’avenir de la Rhodésie, parce qu’il manquait de soutien militaire et politique. Après 6 semaines de négociations, cette conférence de Genève fut un échec.
2 épisodes sanglants vont marquer la rupture définitive entre Sithole et Mugabe, D’abord en 1976, des combats féroces opposent les 2 factions rivales de la ZANU dans la province de Tete au Mozambique qui feront 33 morts et 14 blessés. Puis en 1977, Sitholé annonce que des centaines de membres de la guérilla ont étés tués au Mozambique aux cours de combats fratricides et accuse Mugabe d’avoir divisé l’organisation et déclenché les combats.
En1978, les accords de Salisbury, signés par Ian Smith avec des dirigeants noirs modérés ( Abel Muzorewa et Ndabaningi Sithole), aboutissent au principe d’élections multiraciales et à la fin de la domination blanche. La guerre a fait entre 20 et 30 000 morts. Les élections de 1979 sont remportées par l’UANC d’Abel Muzorewa, seul parti noir ayant renoncé à la violence. Abel Muzorewa devient le nouveau 1° ministre de la Zimbabwe-Rhodésie en juin 1979. Cependant, le nouveau régime n’obtient pas de reconnaissance internationale du fait des restrictions imposées aux autres partis politiques noirs n’ayant pu participer aux élections. Le pays redevient donc la colonie britannique de Rhodésie du Sud en décembre 1979 et les accords de Lancaster House aboutissent à l’octroi de garanties économiques et politiques pour la minorité blanche et des élections multiraciales en 1980. Ils reconnaissent des privilèges à la population blanche, lui attribuant 1/5 des sièges de l’Assemblée et empêchant le futur gouvernement de réformer la structure agraire durant 10 ans, alors que les propriétaires blancs détiennent la majorité des terres les plus fertiles.
Après une campagne électorale marquée par des intimidations de toutes parts, l’intrusion des forces de sécurité et des fraudes, les Shonas votent massivement pour leur parti communautaire, la ZANU de Robert Mugabe. En mars 1980, elle emporte 57 des 80 sièges réservés aux Noirs alors que les 20 sièges du collège électoral blanc sont tous remportés par le Front rhodésien d’Ian Smith. Robert Mugabe devient 1° ministre du nouvel État du Zimbabwe, tandis que Canaan Banana en devient le président. Il rassure la population blanche avec un discours d’apaisement et de réconciliation. Il reconduit les chefs des services de renseignements de l’ancien régime, et nomme 2 ministres blancs.
Les années 1980 constituent une période faste dans l’histoire du Zimbabwe

Zambie
En 1951, le 1° parti politique africain de Rhodésie du Nord, le « Congrès national africain » (ANC) de Rhodésie du Nord est créé, dirigé par Harry Nkumbula,.
En 1953, est créée la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, dans le but de limiter les visées indépendantistes noires. Les colons et les compagnies minières soutiennent ce regroupement afin de préparer une indépendance sous domination « blanche », sur le modèle sud-africain. En 1955, Roy Welensky, un député blanc de Rhodésie du Nord, en devient 1° ministre. En 1958, le Parti national uni pour l’indépendance » (UNIP), est fondé à partir d’une dissidence de l’ANC. En 1962, l’ANC de Nkumbula remporte les élections en Rhodésie du Nord et s’allie à l’UNIP de Kenneth Kaunda. En 1963, la fédération est dissoute, ne pouvant surmonter l’antagonisme racial et nationaliste entre blancs et noirs. Le pays devient indépendant le 24 octobre 1964. .
Les 1° élections portent Kenneth Kaunda et son parti l’UNIP au pouvoir (qu’il va garder jusqu’en 1991) avec 50 députés reléguant les 10 élus de Nkumbula dans l’opposition avec les 10 députés blancs. La Rhodésie du Nord devient la Zambie. « Indépendante », la Zambie intègre l’organisation internationale du Commonwealth dès 1964.
Dans les années 1970, elle est une base arrière des mouvements de libération et de guérilla de Rhodésie du Sud, de Namibie et d’Afrique du Sud.
En 1971, la constitution est amendée avec l’adoption du principe d’une démocratie participative à parti unique. Kaunda rejette le tribalisme et tente d’unifier plus de 72 tribus sous la devise « Une Zambie, une nation ». Il est perçu comme un chef d’État modéré, défenseur multiracial, d’ une société pacifique d’ Africains blancs et les Noirs.
Le colonisateur britanique a laissé les caisses de l’État zambien vides et le système éducatif inexistant. Les mines et le chemin de fer sont nationalisés. La nationalisation des mines de cuivre, qui représentaient 90 % des recettes en devises du pays, a coïncidé avec une crise énergétique mondiale et une chute des prix du cuivre qui sont à l’origine d’une spirale de la dette dont le pays ne parviendra jamais à sortir. Des projets d’industrialisation sont menés en coopération avec la Chine, dont l’emblématique « Tanzam », la ligne ferroviaire reliant le pays au port de Dar es Salam en Tanzanie, et le barrage de Kafue Gorge pour ne plus dépendre du charbon rhodésien.
Botwana
En 1964, le R-U accepte les propositions de création d’un gouvernement autonome élu démocratiquement au Botswana. En 1965, son siège est transféré depuis Mafikeng en Afrique du Sud, vers Gaborone nouvellement créée. La constitution de 1965 mène aux 1° élections générales et à l’indépendance, en 1966. Seretse Khama un chef de file du mouvement pour l’indépendance, est élu 1° Président de la république du Botswana. Avant, le protectorat britannique était appelé Bechuanaland. Désormais il adopte son nom après son indépendance à l’intérieur du Commonwealth en 1966. Réélu à 2 reprises, Seretse Khama meurt en fonction en 1980.
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د.حمدي سيد محمد محمود-ما بعد الكولونيالية: قراءة نقدية لإرث الاستعمار في العقول والمجتمعات

ما بعد الكولونيالية: قراءة نقدية لإرث الاستعمار في العقول والمجتمعات : د.حمدي سيد محمد محمود
لقد شكَّل الاستعمار أحد أعظم التحولات التي شهدها تاريخ البشرية، إذ ترك أثرًا عميقًا في كل من المجتمعات المستعمَرة والمستعمِرة على حد سواء. ورغم مرور عقود على زوال الأنظمة الاستعمارية في معظم البلدان، فإن تأثيراتها ما زالت تمتد عبر الزمان والمكان، تتناثر في كل جوانب الحياة السياسية والاجتماعية والثقافية. في هذا السياق، تبرز ما بعد الكولونيالية ليس فقط كفترة زمنية أعقبت الاستقلال، بل كإطار فكري نقدي يسعى لفهم وتجسيد التفاعلات التي نشأت بين المستعمر والمستعمَر بعد انتهاء الحكم الاستعماري.
من خلال هذا الفكر، نلمس محاولات جماعية لطرح تساؤلات عميقة حول الهوية، الذاكرة، الثقافة، والسلطة. فعلى الرغم من أن العديد من الدول قد نالت استقلالها السياسي، فإن الاستعمار خلف وراءه أثارًا عميقة على الذات الفردية والجماعية، مما جعل العديد من المفكرين في مجالات الأدب والفلسفة والاجتماع والسياسة يعكفون على تفكيك هذا الإرث الثقافي والبحث عن طرق جديدة للوجود والإبداع بعيدًا عن الموروثات الاستعمارية.
ومن هذا المنطلق، يعتبر مصطلح « ما بعد الكولونيالية » أكثر من مجرد مرحلة تاريخية تلت فترة الاستعمار، بل هو دعوة لتمحيص تلك العلاقة المعقدة بين المستعمِر والمستعمَر، ودراسة التحديات التي يواجهها الأفراد والمجتمعات في سعيهم نحو استعادة الذات والبحث عن سرديات بديلة تُعيد تشكيل الفهم التاريخي والثقافي للعالم. هذه العلاقة لا تتعلق فقط بما وقع خلال فترة الهيمنة الاستعمارية، بل تشمل الاستمرار في إنتاج الهويات المُتَحوّلة، والنضال المستمر ضد الهيمنة الثقافية التي تحاول فرض نفسها بشكل مستمر، حتى بعد زوال القوى الاستعمارية.
وإذا كان الاستعمار قد سعى إلى فرض نماذج غربية على الشعوب المستعمَرة، فإن ما بعد الكولونيالية تعمل على تفكيك هذه النماذج، لتفتح المجال أمام الحركات الثقافية والفكرية الجديدة التي تدعو إلى إعادة الاعتبار للهويات الأصلية. كما تحاول معالجة القضايا المعقدة التي تخلقها هذه الهويات المزدوجة، والتي تنتج عن تداخل ثقافات وعصور، فضلاً عن إيجاد السبل نحو التحرر الثقافي والسياسي. ما بعد الكولونيالية إذن هي ليست مجرد مرحلة غابرة، بل هي مشروع مستمر في إعادة التفاوض مع الماضي واستخلاص دروسه في المستقبل.
في هذا السرد، سنغوص في أعماق هذا المفهوم الذي لا يزال يثير جدلًا واسعًا في الأوساط الفكرية والعلمية، مستعرضين تحليلاته وتأثيراته على الأدب، الاقتصاد، الهوية، والنقد الثقافي. سنسلط الضوء على كيفية إعادة تشكيل التاريخ بعد انتهاء الاستعمار، والتحديات التي تواجه المجتمعات في التفاعل مع إرثهم الاستعماري، وكيف أن مفكري ما بعد الكولونيالية قد أسهموا في تقديم بدائل جديدة لفهم علاقات القوة بين الشرق والغرب.
مصطلح ما بعد الكولونيالية
مصطلح ما بعد الكولونيالية هو مفهوم فكري ونقدي ظهَرَ في سياقات أكاديمية وأدبية واجتماعية، ويعني ببساطة فترة ما بعد الاستعمار، ولكنها تتجاوز مجرد مرور الوقت أو انتهاء السيطرة الاستعمارية. بل يتعامل مع التفاعلات والتأثيرات المستمرة التي تُخلفها الاستعمارية في المجالات السياسية والاجتماعية والثقافية، وكيفية مواجهتها ومعالجتها.
1.عريف ما بعد الكولونيالية:
ما بعد الكولونيالية يشير إلى تلك الفترة التي تلت إنهاء الهيمنة الاستعمارية، لكنه لا يقتصر على مجرد انتهاء السيطرة الاستعمارية المباشرة. بل هو أيضا يمثل حركة نقدية تقيم آثار الاستعمار على المجتمعات المستعمَرة وكيفية تعاملها مع هذه الآثار على المستويات المختلفة: الفكرية، السياسية، الاجتماعية، والثقافية. تنطوي ما بعد الكولونيالية على فهم عمليات التغيير والهويات التي تُشكل ما بعد مرحلة الاستعمار، مع التركيز على تحليل كيفية إعادة بناء الذات بعد تجارب الهيمنة والاحتلال.
2. الجذور التاريخية لفكر ما بعد الكولونيالية:
نشأت ما بعد الكولونيالية في سياق حركات التحرر الوطني التي انطلقت في منتصف القرن العشرين، عندما كانت العديد من المستعمرات تستعيد استقلالها. وظهر هذا الفكر بشكل قوي بعد انهيار الإمبراطوريات الاستعمارية الأوروبية. وبدأ المفكرون في العالم النامي يعيدون التفكير في آثار الاستعمار وكيفية تعامل المجتمعات التي كانت مستعمَرة مع هذا الماضي. تميز هذا الفكر بنقده للثقافة الغربية المهيمنة وتقديم بدائل ترفض الهيمنة الثقافية والاستعمارية.
من المفكرين الرئيسيين في هذا السياق يمكن الإشارة إلى:
– إدوارد سعيد: الذي يعتبر من الأبرز في هذا المجال، خاصة من خلال عمله المعروف « الاستشراق » (1978)، الذي يتناول كيف أن الغرب (أوروبا وأمريكا) بنى تصورات مشوهة عن الشرق، مما ساعد في تعزيز الاستعمار الثقافي والفكري.
– فرانتز فانون: الذي قدم تحليلاً عميقًا في كتابه « معذبو الأرض » حول كيفية تأثير الاستعمار على الهوية النفسية للمستعمَرين.
غاي أندرسون وهوشينغ شو وأميرة هاسي وغيرهم.
3. المحاور الرئيسة لفكر ما بعد الكولونيالية:
أ. نقد الثقافة واللغة:
من أكثر المواضيع التي اهتم بها مفكرو ما بعد الكولونيالية هو نقد اللغة باعتبارها أداة للهيمنة. اللغة التي فرضتها القوى الاستعمارية على الشعوب المستعمَرة كانت سلاحًا مهيمنًا لتشكيل الهويات الثقافية والسياسية. وبالتالي، يعبر مفكرو ما بعد الكولونيالية عن رفض استخدام اللغة الاستعمارية كأداة لفرض الهويات الغربية على الشعوب المستعمَرة.
ب. البحث في الهوية والتاريخ:
يتناول فكر ما بعد الكولونيالية أيضًا البحث في الهوية، وهي الهوية التي غالبًا ما تكون مشوهة أو مغيبة بسبب الاستعمار. بعد الاستقلال، غالبًا ما تظل المجتمعات المستعمَرة في حالة صراع مع هوياتها الأصلية بسبب أثر الاستعمار الذي قام بتقليص أو تشويه هذه الهوية. ما بعد الكولونيالية تهتم بإعادة بناء هذه الهويات وتقديم سرديات بديلة.
ج. التحليل السياسي والاقتصادي:
تحليل ما بعد الكولونيالية لا يقتصر على الجوانب الثقافية، بل يمتد إلى الجوانب السياسية والاقتصادية. يمكن أن تتجسد هذه الجوانب في استمرار هيمنة القوى الكبرى على المستعمرات السابقة من خلال السيطرة على الاقتصاد، الموارد، والأنظمة السياسية. هذا التحليل يشير إلى أن الاستعمار لم ينتهِ حقًا مع الاستقلال الرسمي، بل أن آثاره تتواصل في شكل علاقات تبعية.
د. النقد الاجتماعي والمقاومة:
النقد الاجتماعي في ما بعد الكولونيالية يشمل دراسة كيف تم تشكيل الفئات الاجتماعية والطبقات على أساس الاستعمار. وفي هذا السياق، نجد أن فكر ما بعد الكولونيالية يُركّز على كيفية مقاومة الشعوب المستعمَرة للاستعمار واستمرار هذه المقاومة حتى ما بعد نهاية الاستعمار. المقاومة هنا لا تقتصر على النضال العسكري، بل تشمل المقاومة الثقافية، مثل الحفاظ على الفنون والتراث الشعبي، واللغة الأصلية، والأيديولوجيات البديلة.
4. الأفكار الرئيسية في ما بعد الكولونيالية:
أ. الاستشراق:
كما أشار إدوارد سعيد في كتابه « الاستشراق »، فإن الاستشراق كان جزءًا من عملية الاستعمار الثقافي الذي قام به الغرب ضد الشرق. اعتبر الغرب أن الشرق هو « الآخر » الذي يجب أن يُفهم من خلال منظور غربي، مما أتاح له السيطرة الفكرية والثقافية على الشعوب المستعمَرة.
ب. التأثيرات النفسية للاستعمار:
كما أكد فرانتز فانون في كتابه « معذبو الأرض »، فإن الاستعمار له تأثيرات نفسية مدمرة على المستعمرين، حيث يعانون من عقدة الدونية ويشعرون بأنهم أقل قيمة من المستعمرين. هذا يخلق جيلًا متناقضًا نفسيًا، يعاني من صراع داخلي بين هويته الأصلية والهويات المستعارة.
ج. ما بعد الاستعمار والحداثة:
ما بعد الكولونيالية تشكك أيضًا في مشروع الحداثة الغربي. فبالنسبة لمفكري ما بعد الكولونيالية، فإن الحداثة التي جلبها الاستعمار لم تكن تقدمًا حقيقيًا للشعوب المستعمَرة، بل كانت بمثابة قناع يخفي الهيمنة والاضطهاد.
5. تطور ما بعد الكولونيالية في الأدب والفنون:
الأدب والفن كانا من أهم ميادين فكر ما بعد الكولونيالية. في الأدب، أصبح السرد من منظور المستعمرين موضوعًا رئيسيًا. تبرز أعمال مثل روايات نجيب محفوظ في مصر أو شيفاليكا ناير في الهند، التي تروي قصصًا تعكس تجارب الشعوب المستعمَرة وتحاول أن تعيد تعريف الهويات الثقافية المفقودة.
6. ما بعد الكولونيالية في العالم العربي:
في السياق العربي، تُمثل الاستعمارات الفرنسية والبريطانية تجربة مريرة أثرت بشكل عميق على الهوية والثقافة العربية. في هذا السياق، تنشأ الظواهر الثقافية والاجتماعية التي تعكس آثار الاستعمار، مثل التبعية الثقافية، واللغوية، والسياسية.
فكر ما بعد الكولونيالية في العالم العربي ينشغل بشكل كبير بالتحليل الثقافي، حيث يسعى الباحثون إلى استعادة العناصر الثقافية والحضارية التي فقدت أو تم تشويهها خلال فترة الاستعمار، بالإضافة إلى تأثير الاستعمار على الذاكرة الجماعية للشعوب العربية.
في المجمل، فإن ما بعد الكولونيالية ليست مجرد فترة تاريخية، بل هي إطار فكري ونقدي يطرح تساؤلات أساسية عن الاستعمار وآثاره المستمرة. وهي أيضًا دعوة لفهم كيف يمكن للمجتمعات المستعمَرة أن تتعامل مع إرث الاستعمار بشكل نقدي، وأن تعيد بناء هويتها وثقافتها بعيدًا عن التأثيرات الاستعمارية.
إن فكر ما بعد الكولونيالية ليس مجرد رد فعل تاريخي على مرحلة الاستعمار، بل هو تيار فكري ثقافي عميق يطرح الأسئلة الكبرى حول الهوية، السلطة، والذاكرة في ظل إرث الاستعمار الذي لا يزال يؤثر في العالم حتى بعد رحيل القوى الاستعمارية. فإذا كان الاستعمار قد حاول تدمير أو إعادة تشكيل الثقافات والهويات الأصلية، فإن ما بعد الكولونيالية تسعى إلى استعادة تلك الهويات، بل والنضال من أجل إعادة بناء السرديات التي كانت قد سُلبت. لقد أصبحت التحولات الثقافية والفكرية التي رافقت الاستقلال أكثر تعقيدًا في ظل تحديات الهيمنة الثقافية المستمرة، وأصبح التعامل مع الذاكرة الجماعية أحد المحاور الأساسية لفهم كيف يمكن للمجتمعات المستعمَرة أن تتعافى وتعيد تشكيل ذاتها في مواجهة ماضٍ معقد.
لا يقتصر تأثير ما بعد الكولونيالية على تقديم تفسيرات تاريخية، بل يتجاوز ذلك إلى تقديم أدوات نقدية لتحليل الحاضر ومواجهته. من خلال هذا الفكر، يمكننا فحص الأنماط الاجتماعية والسياسية التي لا تزال مستمرة في عالمنا المعاصر، التي تنبع من الاستعمار بشكل أو بآخر. ما بعد الكولونيالية تسائل كل تلك الأنظمة التي لا تزال قائمة على مفاهيم الهيمنة والاستعمار الثقافي والاقتصادي، وتفتح المجال أمام التحولات الاجتماعية التي تهدف إلى تفكيك البنى التقليدية الموروثة.
إنها دعوة جادة لإعادة النظر في تاريخ العالم المعاصر بعيدًا عن السرديات الأحادية التي تروج لها القوى الكبرى. كما أنها دعوة للمجتمعات المستعمَرة سابقًا لاستعادة إرثها الثقافي، والانطلاق نحو بناء هويات حرة ومستقلة، قادرة على مواجهة المستقبل بحيوية وثقة. فما بعد الكولونيالية هي، إذن، ميدان النضال الفكري الذي يسعى لإعادة تأصيل الوجود الثقافي وإنهاء التبعية الفكرية، وهي بمثابة الطريق نحو التحرير الحقيقي الذي يتجاوز تحرر الأرض إلى تحرر العقل وال روح.
وفي الختام، فإن ما بعد الكولونيالية تظل قوة محركة في فهم علاقة الماضي بالحاضر والمستقبل. إنها أكثر من مجرد دراسة تاريخية، بل هي دعوة مستمرة للبحث عن العدالة الثقافية والسياسية، واستكشاف سُبل الانتصار على الإرث الاستعماري في جميع أشكاله.
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– Olivia, Paris