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Algamica*-La connaissance de l’histoire, de l’Occident et du libre arbitre (sur le Marxisme et l’Occident)

La connaissance de l’histoire, de l’Occident et du libre arbitre par Algamica*
Convaincus avec Marx que la conscience des hommes est le résultat du processus déterminé et impersonnel de la relation des hommes avec les moyens de production et avec la nature. En même temps, nous pensons que c’est le cas pour le développement de toutes les sciences, parmi lesquelles il y a l’historiographie, et le rôle de l’historien qui en découle. Nous contestons donc toutes les conceptions qui soutiennent que le moteur de l’histoire est le résultat de la volonté des hommes et de la capacité de faire usage de la raison. Ce serait donc la libre volonté des hommes de guider l’histoire. Sauf que même la conception du libre arbitre n’est rien de plus qu’une construction matérielle et le résultat de processus historiques précis. Il est clair qu’à la suite de la force historique de cette conception – qui s’est imposée depuis la Renaissance et qui atteint sa pleine maturité au siècle des Lumières et dans la formulation de la « sapere aude », tout ce qui s’ensuit est justifié. Il n’y a pas d’arguments face à la harangue finale de l’ancien « communiste » Rampini : « […] et c’est très bien, nous, les Occidentaux, avons ensanglanté l’Afrique, mais maintenant la durée de vie moyenne en Afrique est plus élevée que par le passé grâce à nous. Grâce à nous, presque tout le monde en Afrique possède un téléphone portable et se connecte au monde.
On nous reproche, qu’on le veuille ou non, que l’Occident, même en pillant le monde et en passant de génocide en génocide, a pourtant permis le développement ou le progrès universel.
Paraphrasant Emmanuel Kant, les libéraux comme Rampini ou Ernesto Galli della Loggia soutiennent que les hommes européens et occidentaux ont su surmonter l’ignorance et le statut minoritaire en ce qui concerne les relations avec le monde extérieur. C’est-à-dire qu’ils savaient faire prévaloir l’idée et la faire précéder sur l’instinct, en donnant une impulsion à l’action rationnelle, qui à son tour est entreprise.
L’historien du libéralisme ne peut que souligner le fait que l’homme européen et occidental, même à travers ses atrocités, est celui qui a mis le monde en communication.
Suivant cette manière d’enquêter sur les faits, il ajoute que cette vertu de concevoir une idée en soi et a priori s’est « épanouie » en Occident, et que, par conséquent, toutes les idées de progrès social sont également nées ici en Occident, y compris, comme le dit Ernesto Galli della Loggia, cette conception particulière et « prophétique » de la « révolution sociale d’où est née l’idéologie révolutionnaire la plus variée ».
Évidemment, le professeur fait allusion à la conception marxiste de l’histoire, qui est l’histoire de la lutte entre les classes où l’on doit faire usage de son propre libre arbitre, en se dotant d’une conscience révolutionnaire, pour transformer le monde.
Une idée ne naît pas dans le vide, encore moins la conscience sociale, elle correspond toujours à certains besoins matériels déjà posés par les rapports d’un mode de production. Lorsque les facteurs matériels qui les ont engendrés sont épuisés, il est impossible d’anticiper les exigences et les nouveaux besoins qui se présenteront. Les modalités d’une crise diffèrent toujours et l’histoire ne peut jamais se répéter de la même manière.
Il faut donc rappeler que considérer que le libre arbitre, des hommes, d’une classe sociale particulière, ou pire encore d’un personnage, peut être le moteur de l’histoire est une erreur. En tant que construction historique qu’elle a correspondu à une fonction intentionnelle, elle peut être là.
Mais le système ptolémaïque a également rempli sa fonction utilement pour les navigateurs et les marchands jusqu’à ce qu’ils aient à s’essayer aux routes océaniques.
L’acquisition et la formation de la connaissance ne sont pas données à priori, mais sont déterminées dans le développement plus général du mouvement historique des rapports des hommes avec les moyens de production et d’échange.
La connaissance de l’histoire est donc aussi un produit des activités humaines qui devient à un certain point une activité nécessaire qui est transférée aux nouvelles générations par les relations sociales.
Comme toutes les marchandises, les idées sont aussi une marchandise et circulent à travers le réseau dense du marché. De même que les marchandises prédominent sur le marché selon la mesure de la valeur du travail social qu’elles incorporent, les idéologies ne sont rien d’autre qu’une désambiguïsation de l’histoire moderne produite par ces mêmes lois impersonnelles. Y compris ceux qui se représentent mutuellement par opposition ? Oui.
Un mode de production se répand, en cercles concentriques, avec ses propres lois impersonnelles et les idées qui lui correspondent. Dominant ainsi tout le spectre des peuples et des nations. Pour l’historien ou le philosophe, les choses deviennent donc évidentes à la suite du succès de la marchandise la plus productive qui s’est imposée à elle-même. Du coup, il leur apparaît que c’est l’Occident qui a tout innové et tout inventé, jusqu’à inventer un nouveau modèle social, à savoir le mode de production capitaliste.
Ainsi, le reste du monde, forcé de chasser l’Occident à travers les lois impersonnelles de ces mêmes relations, n’a pu rien faire d’autre à travers l’histoire que de se doter des mêmes « idées » fabriquées en Europe.
Traduisons cela en disant que la conception de l’histoire avancée par les historiens libéraux se réfère aux Lumières, c’est-à-dire au fait que la civilisation occidentale s’est donnée par ses propres vertus particulières, très spécifiques. Et que ce qui l’entourait était dans l’ensemble important mais pas décisif parce que c’était à l’envers. La particularité serait le terreau historique des idées du monde hellénique et romain, du monde chrétien et enfin de celles de l’Humanisme et de la Renaissance, qui, en sortant l’homme de l’état de minorité devant Dieu et la nature, ont donné une impulsion à l’histoire. Une histoire crue pendant une grande partie du XXe siècle depuis un millénaire et plus immobile au Moyen Âge. C’est précisément en raison de cette capacité des Occidentaux à se dépasser par le « sapere aude » (« ose savoir ») de mémoire kantienne, que l’histoire les a récompensés en les plaçant en avance pendant plusieurs siècles sur le reste du monde.
Tandis que le reste du monde, qui n’aurait pas su se « laïciser » et se « séculariser », restait cloué à son propre destin et en état de minorité.
Une impression bien notée par les premiers historiens de la révolution noire des Afro-Américains qui se sont battus en Amérique du Nord contre le régime de lois et le racisme systémique de Jim Crowe. W.E.B. Du Bois était clair : aux yeux des anciens esclaves et des peuples africains encore sous le poids de siècles de violence coloniale et d’esclavage, les armées des nations chrétiennes étaient considérées comme des « forces de la nature » invincibles. Mais en 1905, pour la première fois, il s’est passé quelque chose qui n’avait jamais été imaginé auparavant, qu’une armée d’une nation chrétienne, la Russie tsariste, a été lourdement vaincue par le Japon, dans une guerre contre une nation non blanche, non européenne et non chrétienne. Et si cela a été un choc psychologique dans l’imaginaire collectif des États-Unis d’Amérique face au Pacifique en tant que puissance impérialiste en pleine ascension tumultueuse, c’était un tonique pour les Afro-Américains qui se sont retrouvés dans la nécessité de lutter contre le colonialisme en Afrique et le racisme aux États-Unis. Les forces des nations européennes, blanches et chrétiennes n’étaient pas « naturelles » mais déterminées par des facteurs historiques précis. Les Afro-Américains et les courants du mouvement de reconstruction noire commencent à regarder avec sympathie le réveil du continent asiatique et en particulier envers le Japon. Les nations d’Afrique, après tout, n’avaient jamais souffert du colonialisme de la part des Japonais ou de toute autre nation d’Asie, il était donc naturel et compréhensible qu’elles sympathisent avec la « nation du soleil levant ». Une sympathie que les Afro-Américains ont payée amèrement, devenant pendant des décennies également la cible de la campagne chauvine anti-japonaise croissante qui couvait aux États-Unis d’Amérique.
Une vague révolutionnaire dans les colonies d’Asie et d’Afrique, ainsi qu’en Amérique latine, a produit comme résultat nécessaire du mouvement anticolonial lui-même celui de remettre en question la conception de l’histoire produite par l’Occident, y compris les caractéristiques eurocentriques du marxisme européen. C’était aussi le résultat d’une nécessité révolutionnaire dans les relations du marché mondial combiné et inégal entre la métropole impérialiste et la campagne qui produit les matières premières nécessaires à la production et à la consommation de la métropole. Un mouvement général qui posait la question d’une nouvelle connaissance de l’histoire qui remettait en question l’« idée » que l’Occident avait développée en vertu de ses propres vertus, en les héritant sans interruption du monde antique. Edward Saïd a été parmi ceux qui ont introduit que l’idée de l’histoire que les Occidentaux avaient et comment ils représentaient la « civilisation occidentale » était en fin de compte une construction sociale inventée. Certes, une construction extrêmement puissante avec des conséquences d’une portée considérable dans le monde réel, mais fabriquée dans un passé récent précisément par les nations européennes comme un produit intellectuel qui justifiait historiquement l’ordre impérialiste, l’esclavage et le racisme.
Cette première graine de conscience, produite par les révolutions anticoloniales, était de toute façon encore donnée dans un cycle expansif du mode de production capitaliste. En vertu du nouveau cadre d’adaptation à une forme encore plus interconnectée de relations impérialistes, la même conception historique d’Edward Saïd –un Palestinien dont la famille a été forcée par la Nakba de déménager aux États-Unis d’Amérique – a été diversement mâchée par nécessité par la production intellectuelle des grandes puissances démocratiques habituelles. Qui ont certainement commencé à admettre les défauts du colonialisme, mais seulement pour reconfirmer que la « civilisation occidentale » posséderait des particularités intrinsèques et indépendantes.
Aujourd’hui, de nouvelles études historiques et de nouvelles preuves archéologiques abondent et montrent que la civilisation dite occidentale ne s’est pas donnée dans le vide, mais qu’elle a utilisé tout un réseau dense d’échanges avec le Levant et l’Orient, la traite négrière dans les Amériques et le génocide des peuples autochtones. Témoignage historique continu qui cloue au pilori le mythe d’une formation ininterrompue au fil des siècles et en continuité à partir du monde hellénique puis romain de l’identité européenne et occidentale. Les Grecs, comme les Romains, ne concevaient pas les relations avec le monde comme des « Européens » ou des « Occidentaux ». La conception selon laquelle le monde gréco-romain représente une seule entité et la base de l’Antiquité classique n’a fait son chemin dans l’Italie de la Renaissance qu’à partir du XIVe siècle. Cependant, même à cette époque, l’Europe n’était pas une entité unique et ne se présentait pas nécessairement comme l’unique héritière de l’héritage gréco-romain. Le passé gréco-romain n’était pas non plus considéré comme la seule source de la culture européenne à la fin du Moyen Âge. Les populations qui vivaient en Italie le savaient bien. Tout comme ils savaient bien que le christianisme des populations au-delà du Rhin et du Danube en Europe s’est exporté à travers une croisade de colonisation et une conversion forcée de ces populations nomades et agricoles, slaves et baltes. La vie, et celle de leurs ancêtres « européens », avait été profondément façonnée par l’évolution de la Méditerranée et par les échanges mercantiles sur les trois continents ou le long des grands fleuves qui atteignaient la Transcaucasie depuis l’Europe du Nord et de l’Est. La culture islamique a eu une influence particulière dans toute l’Europe.
La même connaissance de l’Afrique et de son histoire, comme histoire des nations africaines, a été introduite à la fin du Moyen Âge et à l’époque de la Renaissance italienne par les historiens du monde arabo-musulman de cette époque. En particulier, nous citons l’un d’entre eux, un historien, homme politique et économiste musulman du Maghreb, Ibn Khaldun. Ses études et ses travaux dans les domaines de l’histoire, de la géographie, de la politique et de l’économie se sont déroulés à une époque historique précise caractérisée par la crise et le lent déclin du califat de Cordoue et du sultanat de Grenade.
Quatre siècles avant Adam Smith et Malthus, le maghrébin explique la relation entre la division du travail et la productivité, entre la croissance démographique et l’accroissement de la richesse avec une augmentation de la demande de production de biens. Il décrit les raisons pour lesquelles la libéralisation du commerce serait meilleure, alors qu’il est opposé à la restriction du commerce extérieur par l’application de droits de douane. Ibn Khaldoun pourrait apparemment être considéré comme l’un des fondateurs de la pensée économique libérale et de l’économie politique classique. Ses concepts peuvent être trouvés transférés à Machiavel, Hobbes, Vico jusqu’à Ricardo et Marx lui-même. Dans son œuvre principale, « Muqaddimah : une introduction à l’histoire », sont articulés des concepts historiques et théoriques qui seraient évidents aujourd’hui, mais surprenants lorsque l’on se rend compte qu’ils avaient été observés dans la société arabe d’Afrique du Nord et du sud de la péninsule ibérique dans les années 1300 : Le travail est la véritable base du profit. Lorsque le travail n’est pas apprécié et qu’il est fait pour rien, l’espoir de profit s’évanouit et aucun travail (productif) n’est fait. La population sédentaire se disperse et la civilisation se décompose » (page 199). Et encore que «… Le travail humain est nécessaire à tout profit et à l’accumulation du capital. Lorsque la source du profit est le travail fourni, comme (l’exercice d’un) métier, c’est évident. Lorsque la source de revenus est constituée d’animaux, de plantes ou de minéraux (ce n’est pas si évident, mais). Le travail humain est toujours nécessaire, comme vous pouvez le constater. Sans (le travail humain), aucun gain ne sera obtenu et il n’y aura pas de (résultat) utile […] (Ibid., page 480).
Les nombreux Lucio Colletti de nos jours qui tentent d’invalider la loi de la valeur, non pas celle de Marx, mais de Ibn Khaldoun des années 1300, véritable œuvre d’art, auraient quelque chose à apprendre !
De nouvelles recherches historiques et archéologiques montrent que Copernic, Galileo Galilei et plus tard Kepler ont été touchés par les travaux et les études antérieurs des astronomes persans. Sauf que les Européens, plus que le monde « arabe » et « musulman », se sont retrouvés dans l’état de nécessité absolue de devoir prendre la route maritime pour commercer. Une voie moins coûteuse, qui nécessitait moins de ressources à investir, qui promettait moins de temps et qui se heurtait inévitablement aux incohérences du système ptolémaïque. D’autres recherches et investigations fourniront ensuite à Shlomo Sand les éléments qualificatifs pour lesquels le peuple juif actuel d’Israël, fondé par des colons européens, n’avait aucun lien historique, culturel, ethnique et même génétique avec les anciens peuples du Levant et avec la terre du Levant, en substance qu’il s’agit d’un peuple inventé dans l’histoire encore plus récente comme une forme particulière du colonialisme des Européens au Moyen-Orient.
Lorsque le mouvement historique d’un mode de production défini dans le temps épuise son développement, l’ensemble des théories historiques et scientifiques acquises est inefficace pour expliquer le nouveau cadre qui a été déterminé. L’abondance de nouvelles découvertes historiques et archéologiques qui remettent en question le « mythe de la civilisation occidentale » s’inscrit sous la pression de cette crise. Ils apparaissent de plus en plus comme des facteurs causaux de l’histoire qui, par le biais d’échanges, ont uniment interconnecté le monde, fabriqué et favorisé l’Occident dans un ordre combiné et inégal.
Aujourd’hui, ces mêmes facteurs déterminent l’impossibilité de son développement continu et illimité et aussi la narration du progrès donnée par la grâce de la « lumière » de la raison et des Lumières. Le mouvement de la crise produit un chaos général et l’ancien récit de l’histoire ne correspond plus aux nouveaux besoins de l’humanité par rapport à l’espace fini de la nature et de nouveaux horizons s’ouvrent. De sorte que la conception même de l’histoire selon le prisme du libre arbitre, en tant qu’acte complet des Lumières, finit à la poubelle, parce qu’elle n’est plus convaincante.
Ce qui est donc évident, c’est que le processus de la connaissance est le résultat de nécessités qui émergent de l’échange. Bien sûr : pour ceux qui essaient de comprendre !
Ernesto Galli della Loggia, comme d’autres intellectuels et historiens anglo-saxons et nord-américains, est contraint de se mettre à l’abri face au mythe de la civilisation occidentale en chute libre. Ils s’en prennent à ce qu’ils appellent la «cancel culture » (culture de l’effacement) visant à culpabiliser artificiellement la société occidentale « pour son passé » ( ?) colonial. Sans comprendre, cependant, que derrière l’étiquette de « cancel culture » se cache le revers de la médaille. C’est-à-dire que l’ensemble des relations sociales que la civilisation occidentale a qualifiées de progrès historique, correspondent aujourd’hui de moins en moins au développement des besoins humains fondamentaux en harmonie avec la nature et qui vont vers la catastrophe.
C’est une perception qui est très présente dans une grande partie des nouvelles générations dans les pays du Nord les plus développés où l’effet des relations sociales avec les générations de peuples exploités et colonisés est le plus concentré. Au sein de cette relation, une hybridation se forme avec le point de vue des « non-blancs » racialisés par l’histoire. Une hybridation qui devient soudain nécessaire en même temps que les nouvelles révoltes des « colorés », comme ces derniers mois pour les Palestiniens.
Aux yeux de ces nouvelles générations, le récit de l’histoire hérité selon la vision des Lumières apparaît comme une marchandise de plus en plus fanée, insipide sinon toxique. Les historiens libéraux, dont Galli della Loggia, tentent de redonner de la fraîcheur à une conception de l’histoire qui grince en s’accrochant aux miroirs. Aie pitié d’eux, aurait dit le Christ.
Conscients des limites de nos connaissances, incomparables avec l’attirail de la pensée libérale accumulé au cours de siècles de violence, nous ne pouvons pas ne pas constater comment les faits continuent de démontrer que l’historien libéral ne peut rien faire d’autre que de continuer à lire l’histoire à travers les lentilles déformées du libre arbitre, en s’enlisant dans l’incertitude et l’ignorance.
Néanmoins, nous sommes appelés à dénoncer de manière radicale et révolutionnaire le rôle que joue l’historien. Un rôle, dans ce cas, qui conduit, par exemple, Ernesto Galli della Loggia à considérer irrationnel le lien que les Palestiniens continuent d’avoir avec la terre de Gaza où ils résident, malgré les conditions invivables causées par le génocide perpétré par l’État sioniste d’Israël et l’Occident. Pour eux, ce serait une anomalie face à la lumière de la raison, une explication qui prépare en fait la justification historique du énième génocide que les Occidentaux sont en train de mener à ce point pour leur survie. L’intarissable férocité dont dispose encore l’Occident ne suffira pas à le convaincre précisément en raison de l’épuisement des facteurs de développement d’un mode de production qui approche de son crépuscule.
* Alessio Galluppi, Michele Castaldo (ALGAMICA)
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الطاهر المعز-مُتابعات – العدد 119 بتاريخ 12 من نيسان/ابريل 2025

مُتابعات – العدد 119 بتاريخ 12 من نيسان/ابريل 2025 : الطاهر المعز
يتضمن العدد التاسع عشر بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية فقرة بعنوان في جبهة الأعداء بشأن مناورات عسكرية جوية بين الجيشَيْن الأمريكي والصّهيوني، بالتزامن مع استئناف القصف الصّهيوني المُكثف في غزة واليمن ولبنان وفقرة بعنوان عرب النفط عن تمويل الإمارات للإقتصاد الأمريكي، وفقرة عن بعض ملامح الوضع الإقتصادي في تونس خلال سنة 2025، وفقرة عن عسكرة الإقتصاد في ألمانيا للخروج من اللأزمة الإقتصادية، وفقرة عن ديون الدّول الغنية وفقرة عن "جائزة نوبل للإقتصاد" لسنة 2024 ( وهي تسمية خاطئة لأنه لا وجود لهذه الجائزة) ونقد لجوهر أطروحة الكتاب الذي نال الجائزة
في جبهة الأعداء – مناورات جوية أمريكية صهيونية
أجرى سلاح الجو الصّهيوني مناورة مشتركة مع سلاح الجو الأميركي خلال الأسبوع الأول من شهر آذار/مارس 2025، حيث تدرب الطيارون على « التنسيق العملياتي بين الجَيْشَيْن لتحسين قدراتهما على التعامل مع مختلف التهديدات الإقليمية »، كما تهدف المناورات إلى » الحفاظ على التعاون طويل الأمد وتعزيزه بين الجَسْشَيْن مع توسيع الاتصال وتطوير القدرات المتكاملة لمجموعة من السيناريوهات »، وتزامنت هذه المناورات مع استئناف القصف الصهيوني المُكثّف في غزة ولبنان والقصف الأمريكي في اليَمَن، ومع تصعيد لهجة التّهديد ضدّ إيران، وشاركت في المناورة الطائرات المقاتلة من طراز F-15I وF-35I ( الجيش الصّهيوني) والقاذفة الأميركية من طراز B-52 التي استخدمها الجيش الأمريكي بشكل مُكثّف – إلى طانب طائرات فانتوم – في العُدوان على شعب فيتنام…
أشارت بعض المواقع الإعلامية الصهيونية إن هذه المناورات تهدف إلى إعداد الجيش الصّهيوني لعدوان مشترك محتمل مع الولايات المتحدة ضد إيران ( وتجدر الإشارة إن الرقابة العسكرية تحكم قبضتها على الإعلام وتَمْنَع نَشْرَ أي خبر لا يُريد الجيش والإستخبارات تسريبه)، وسبق أن نفّذ الجيش الصّهيوني – بعد الحصول على الموافقة الأمريكية – غارات جَوِّيّة ضد إيران دون مُشاركة الجيش الأمريكي، لكن يحتاج الكيان الصهيوني إلى قرار سياسي أمريكي ومُشاركة الجيش الأمريكي وطائرات مثل ب 52 لِقَصْف المواقع النووية الإيرانية المحصنة تحت الأرض بشكل فعال، وفق موقع الصحيفة الصّهيونية » تايمز أوف إسرائيل »، يوم السادس من آذار/مارس 2025…
تشير تقارير إعلامية أخرى إلى تَلَقِّي الحرس الثوري الإيراني أوامر بوضع كافة القوات الصاروخية في حالة تأهب قصوى، كما لفتت الحكومة الإيرانية انتباه مجلس الأمن التابع للأمم المتحدة إلى هذه التطورات المزعجة، ولكن وسائل الإعلام الأمريكية والأوروبية تجاهلت الاستفزازات والتهديدات الأميركية الإسرائيلية.
في جبهة الأعداء – الإتحاد الأوروبي
اجتمع المجلس الأوروبي الذي يضُمّ رؤساء حكومات كافة الدول الأعضاء في الاتحاد الأوروبي، يوم الخميس 20 آذار/مارس 2025، وأصدر بيانًا مُنحازًا تمامًا وبدون قناع إلى الكيان الصهيوني، وورد في البيان: « يستنكر رفض حماس تسليم الرهائن المتبقين، ويدعو المجلس الأوروبي إلى العودة الفورية إلى التنفيذ الكامل لاتفاق وقف إطلاق النار وإطلاق سراح الرهائن »، واعتبرت منظمة العفو الدولية إن هذا البيان الأوروبي « محاولة مخزية أخرى لتبرير الإبادة الجماعية وجرائم الحرب التي ترتكبها إسرائيل ضد الفلسطينيين المدنيين أثناء فترة السّحور في رمضان »، ولم يُشِر الإتحاد الأوروبي إلى رفض حكومة العدو الصهيوني الإنتقال إلى المرحلة الثانية من اتفاق وقف إطلاق النار وحملة القتل الجماعي، ومحاولة تغيير شروط الإتفاق الذي وقّعته نفس الحكومة خلال شهر كانون الثاني/يناير 2025، كما يرفض الإتحاد الأوروبي تطبيق قرارات محكمة العدل الدّولية والمحكمة الجنائية الدّولية ومذكرات التوقيف، بل سمحت اليونان وإيطاليا وفرنسا لطائرة رئيس حكومة العدو بالمرور فوق أجوائها في طريقها إلى الولايات المتحدة، بل تمنع العديد من الدّول الأعضاء في الإتحاد الأوروبي أي تعبير عن التّضامن مع الشعب الفلسطيني وإدانة المجازر، ويُعتَبَر موقف وممارسات ألمانيا نموذجًا، وفيما يلي مثال واحد من آلاف الأمثلة على انتقال حكومات ألمانيا المتعاقبة من ملاحقة اليهود إلى ملاحقة العرب، ويتمثل الخبر في الحملة الإعلامية والتشهير والإقصاء من العمل الذي تعرّضت له الموظفة الحكومية ميلاني شفايتزر بسبب تضامنها مع الشعب الفلسطيني، في حين يُرفرف العلم الصهيوني بين علم الاتحاد الأوروبي وعلم ألمانيا خارج مبنى الرايخستاغ ( البرلمان) في برلين، وكانت ميلاني شفايتزر – حتى الثامن والعشرين من شباط/فبراير 2025 – مستشارةً سياسيةً أولى لشؤون الأعمال وحقوق الإنسان في وزارة العمل والشؤون الاجتماعية الألمانية الاتحادية، وشنت ضدّها صحيفة « بيلد » اليمينية ( بدعم من العديد من الأحزاب ومن أعضاء الحكومة ونواب البرلمان ) حملة تشهير بسبب وصفها دولة الكيان الصهيوني بأنها « دولة عنصرية تُمارس الإبادة الجماعية » وهي نفس التهمة التي أقرّتها محكمة العدل الدّولية، وتعلّلت الوزارة بهذه الحملة لتتهمها ب »معاداة السامية »، وبرّرت فصلها من العمل في رسالة من عشرين صفحةً…
تدعم حكومة ألمانيا الحالية (والحكومة التي سبقتها والتي سوف تلحقها) إبادة الشعب الفلسطيني من خلال الإعلام والمواقف والبيانات السياسية ومن خلال الدّعم العسكري وتزويد العدو الصهيوني بالأسلحة المتطورة والدّعم المالي، وشنت الشرطة الألمانية حملة قمع واعتقالات تنتهك حرية التعبير والتظاهر وحملات مداهمة وتفتيش محلات السّكن…
عرب النفط، عرب أمريكا
يبتز الرئيس الأمريكي الأنظمة العميلة مثل السعودية والإمارات وقَطَر، ويأمرهم بالتّطبيع مع الكيان الصهيوني وبتمويل الإقتصاد الأمريكي وتخريب البلدان التي تستهدفها الولايات المتحدة ( مثل سوريا) وبالإضافة إلى بيع النفط بالدّولار ( أو ما يُسمّى البترودولار) الذي يستفيد منه الإقتصاد الأمريكي، ونقلت وكالة رويترز عن مسؤول في البيت الأبيض، يوم الجمعة 21 آذار/مارس 2025، بَعْد بضعة أيام من لقاء مسؤولين إماراتيين بالرئيس الأمريكي دونالد ترامب في واشنطن ( يوم الثلاثاء 18 آذار/مارس 2025) « إن الإمارات التزمت باستثمار 1,4 تريليون دولارا، في الولايات المتحدة، خلال عشر سنوات، في قطاعات البنية التحتية للذكاء الاصطناعي وأشباه الموصلات والطاقة والتصنيع.
تدعم الإمبريالية الأمريكية الكيان الصهيوني، حليفها الرئيس في الوطن العربي، سياسيا وعسكريا واقتصاديا بفضل البترودولار ( حوالي 250 مليار دولارا بين 1959 و 2022) ودعم عسكري ضخم واستثنائي، منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وبذلك يكون البترودولار (والمحروقات الخليجية ) قد عزّزَ نفوذ الولايات المتحدة والتفوق العسكري الصهيوني
لم يقتصر دونالد ترامب- خلال فترة رئاسته الثانية – على ابتزاز « عرب أمريكا » من صهاينة النّفط الخليجي، بل امتد التهديد إلى الشّركاء والحُلفاء من كندا والمكسيك إلى اليابان وكوريا الجنوبية، مرورًا بأوروبا
تونس
تراجعت احتياطيات البلاد من النقد الأجنبي من 26,701 مليار دينار يوم 29 كانون الثاني 2025 23,325 مليار دينار ( 7,3 مليارات دولارا ) بعد 24 ساعة، أو ما يغطي 104 أيام من الواردات بعد أن سددت الدّولة 1,1 مليار دولار من الديون الخارجية، وفق بيانات المصرف المركزي التونسي يوم 30 كانون الثاني/يناير 2025 ولجأت الحكومة للمرة الثانية خلال أقل من سنة واحدة إلى اقتراض 2,2 مليار دولار من المصرف المركزي لتمويل ميزانية سنة 2025 ولسداد الديون العاجلة ( تسع مليارات دينار خلال الربع الأول من سنة 2025 منها ديون خارجية بقيمة 5,1 مليارات دينار) ، وقد تُؤَدِّي عمليات الإقتراض بالعملات الأجنبية إلى انخفاض قيمة الدّينار التونسي وإلى ارتفاع مستوى التّضخّم، في حين يُعاني المواطنون من تداعيات الأزمة المالية التي أدّت إلى انخفاض مستوى الأُجُور ومعاشات التقاعد وارتفاع الأسعار ونسبة التّضخّم وإلى نقص بعض المواد الأساسية والأدوية وتدهور خدمات المرافق العمومية خصوصا بقطاع الصحة…
أشارت وثيقة قانون موازنة 2025 إلى مُضاعفة حجم الإقتراض الدّاخلي من 3,57 مليارات دولارا سنة 2024 إلى 7,08 مليارات دولار سنة 2025، وتراجع حجم الإقتراض الخارجي من 5,32 مليارات دولارا سنة 2024 إلى حوالي مليارَيْ دولارا سنة 2025…
تُعاني البلاد من شحّ العُملات الأجنبية ومن ضُعْف نسبة النمو الاقتصادي وضعف الاستثمارات وتفاقم عجز الموازنة، وتعتمد الدّولة على الإقتراض وعلى تصدير بعض المواد الخام ( الفوسفات والإنتاج الفلاحي) وتحويلات العُمال المهاجرين وإيرادات السياحة، للحصول على العملات الأجنبية…
ارتفع عدد السائحين لكن الإيرادات ضعيفة جدًّا، وتقل بمعدّل 35% للَّيْلة الواحدة لكل سائح أو سائحة، مقارنة بالبلدان العربية الأخرى مثل المغرب ومصر والأردن، فضلا عن التّأثيرات السّلبية لهذا النّوع من السياحة الكثيفة والرّخيصة على البيئة وعلى استنزاف الموارد كالمياه. أما العمّال التونسيون المهاجرون فيُقدّر عدد المُقيمين النّظاميين (الحاصلين على بطاقات إقامة قانونية ) بنحو 1,8 مليون سنة 2024 أو حوالي 15% من الشعب التونسي وفق بيانات وزارة الشؤون الإجتماعية، وتُشير بيانات المصرف المركزي إلى ارتفاع تحويلات المغتربين التونسيين التي بلغت ثماني مليارات دينار أو ما يعادل 2,3 مليار دولارا سنة 2024 بزيادة 6% مقارنة بسنة 2023 وفاقت هذه التحويلات نسبة 7% من الناتج المحلي الخام، وهي تفوق عائدات السياحة والاستثمارات الأجنبية المباشرة، وتُساهم في دعم احتياطي العملات الأجنبية بالمصرف المركزي وتُساهم في استقرار قيمة الدّينار التونسي وفي تسديد الدُّيُون الخارجية وتوريد السّلع والخدمات، ويَعود ارتفاع قيمة التحويلات إلى تزايد هجرة الكفاءات التونسية إلى أوروبا والخليج خلال العقد الماضي، وفي مقدمتهم الأطباء والمهندسون والممرضون والمُدرّسون، غير إن تحويلات المُهاجرين التونسيين ضعيفة مقارنة بحجم تحويلات مُهاجري بعض الدول العربية والأفريقية، وذلك بسبب ارتفاع العمولات المصرفية إلى 8% من قيمة المبلغ، مما يُجبر ما لا يقل عن 60% من المهاجرين التونسيين إلى اللُّجوء إلى الشبكات غير الرّسمية ( السوق الموازية) لتحويل الأموال إلى ذَويهم بتونس لمساعدتهم على تحمّل ارتفاع الأسعار وتدَنِّي الدّخْل، كما انخفضت استثمارات التونسيين بالخارج في وطنهم بسبب العراقيل البيروقراطية والفساد…
ازداد تَدَهْوُر الإقتصاد التّونسي خلال عشرية ( عِقْد) حُكم الإخوان المسلمين، لكنه لم يتحسّن بعد إزاحتهم، بل هبط إلى الحضيض فضلا عن استمرار عدم الإستقرار السياسي، خصوصًا بعدما جَمع الرّئيس قيس سعيد السّلطات بين يديه، فشهدت تونس تعيين ثلاث رؤساء حكومات منذ 25 تموز/يوليو 2021 ولم تُؤَدِّ هذه التغييرات إلى تحسين الوضع الاقتصادي بسبب افتقاد السّلطة إلى برنامج أو خطط لمعالجة المشاكل المُزمنة والهيكلية لاقتصاد ومالية الدّولة، ورغم كثرة الحديث عن السيادة والإستقلال، تُطبّق الحكومات المتعاقبة مخططات صندوق النقد الدّولي، من خفض الإنفاق الحكومي وخفض عدد موظفي الدّولة والقطاع العام إلى خصخصة المُؤسسات والخدمات العمومية، والبحث عن الإستثمارات الأجنبية، ومع انخفاض الإستثمارات الأوروبية، لجأت السّلطات – منذ سنوات – إلى الصّين التي استثمرات في بناء مستشفى في مدينة صفاقس سنة 2020 ومشاريع أخرى، مثل الأكاديمية الدبلوماسية سنة 2024، ومن المُقرّر أن تتولى شركة صينية إعادة بناء ملعب المنزه بالعاصمة، فازت شركة صينية أخرى بعقد لتزويد تونس بحافلات للنقل العام، وتجري مفاوضات بشأن مشروع للقطار السريع يربط بين شمال البلاد وجنوبها، وفق تصريح للرئيس قيس سعيد، وأعلن سفير الصين في تونس إن شركة صينية كبرى تعتزم شراء مصنع أسمنت في تونس مقابل مائة مليون دولار، وفق موقع وكالة تونس إفريقيا للأنباء ( وات 23 آذار/مارس 2025)
ألمانيا – عَسْكَرَة الإقتصاد:
أعلنت أورسولا فون دير لاين، رئيسة المُفوّضية الأوروبية، أوائل شهر آذار/مارس 2025 برنامجًا أوروبيًّا للتّسلح بقيمة 800 مليار يورو، بالتوازي مع المشاورات الجارية في العديد من الدّول الأعضاء في الإتحاد، وخصوصًا ألمانيا وفرنسا…
في ألمانيا، يُتوقّع أن يرتفع الإنفاق الحكومي إلى حوالي تريليون دولارا لتنشيط الإقتصاد، ويُشكل الإنفاق الحربي والبُنية التحتية والمناخ القسم الأكبر من الإنفاق، وحصل المشروع على أغلبية الثلثين اللازمة في البرلمان الاتحادي (بوندستاغ) يوم الثلاثاء 18 آذار/مارس 2025، كما حصل على موافقة المجلس الإتحادي الألماني ((الهيئة التشريعية التي تمثل الولايات الفيدرالية في ألمانيا) – بوندسرات)، بعد اتّفاق أهم الأحزاب على تخفيف القيود الدستورية الصارمة في ألمانيا المفروضة على الاقتراض الحكومي، والمعروفة باسم « كبح الديون »، و »اقتراض غير محدود لتمويل نفقات الدفاع والحماية المدنية وأجهزة الاستخبارارت والأمن السيبراني.
من جهة أخرى تبدو الحكومة الألمانية شديدة الحماس لدعم نظام أوكرانيا عسكريا، فيما ظهرت علامات التّراجع على سلطات فرنسا وإيطاليا، ووافقت لجنة الميزانية في البرلمان الألماني (البوندستاغ) على تخصيص مساعدات عسكرية إضافية لأوكرانيا بقيمة ثلاث مليارات يورو ضمن ميزانية 2025، بالإضافة إلى أربع مليارات يورو التي تمت الموافقة عليها سابقًا وتخصيص مبلغ إضافي قدره 8,3 مليار يورو للفترة 2026-2029، وفق وكالة الصّحافة الفرنسية – أ.ف.ب. بتاريخ 21 آذار/مارس 2025
دُيُون
على مدى عشرين عاما، اقترضت الدول والشركات مبالغ ضخمة دون إعداد النمو الذي سيسمح لها بالسداد، وتوقعت صحيفة فاينانشال تايمز ( 04 آذار/مارس 2025) ارتفاع حجم الدين العام إلى مستوى قياسي يبلغ 12,3 تريليون دولار سنة 2025، بفعل ارتفاع النفقات العسكرية وارتفاع أسعار الفائدة، وقَدَّرت وكالة « ستاندرد آند بورز » زيادة إصدارات السندات الحكومية بنسبة 3% في 138 دولة من شأنها أن ترفع الديون القائمة التي زادت منذ الأزمة المالية ( 2008/2009) وجائحة كوفيد-19 ( 2020/2021) وزيادة الإنفاق الحربي الأوروبي، إلى مستوى قياسي يبلغ 77 تريليون دولار، وتُعدّ الولايات المتحدة أكبر دولة مُقترضة – لأن الدّولار عُملة مرجعية وملاذ للمستثمرين – وقد يتجاوز عجز ميزانيتها 6% من الناتج المحلي الإجمالي سنة 2026.
أصدرت منظمة التعاون الاقتصادي والتنمية يوم الخميس 20 آذار/مارس 2025 تقريرًا عن « الدُّيُون العالمية »، التي بلغت 73,8% من الناتج المحلي الإجمالي العالمي سنة 2020، في ذروة الوباء، وانخفضت سنة 2024 إلى 70,2% من الناتج المحلي الإجمالي العالمي، وتجاوزت العتبة التاريخية البالغة مائة تريليون دولار منذ بداية 2024، مع استمرار تكاليف الاقتراض في الارتفاع، مما قد يُهَدّد استقرار الإقتصاد والأسواق، في ظل زيادة الطّلب على الدّيُون – خصوصًا عبْرَ إصدار السّندات – من قِبَل الشركات والدّول للإستثمار في مجالات البنية التحتية والطّاقة، ويتوقع تقرير منظمة التعاون الإقتصادي والتنمية أن يرتفع حجم الديون السيادية الصادرة عن الدول الأعضاء في المنظمة ( 38 دولة غنية) من 14 تريليون دولارا سنة 2023 و 16 تريليون دولارا سنة 2024 إلى 17 تريليون دولار سنة 2025، وتُشكل دُيُون الولايات المتحدة واليابان وفرنسا وإيطاليا وبريطانيا نحو 85% منها بحسب موقع صحيفة وول ستريت جورنال.
مهزلة جائزة نوبل للإقتصاد لسنة 2024
لا وُجُودَ في واقع الأمر لجائزة نوبل في الإقتصاد، وإنما هي جائزة يُسندها المصرف المركزي السويدي لمن يُقدّم بُحوثًا تُحسّن أداء النظام الرّأسمالي، وتم إسناد جائزة 2024 إلى الثلاثي دارون أسيموغلو وجيمس روبنسون وسايمون جونسون « لعملهم على العوامل الاقتصادية والسياسية التي تحدد سبب تحقيق بعض الدول للثروة والاستقرار بينما تقع دول أخرى في الفقر والفوضى »، بعد إثنتي عشر سنة على نَشْرِ أسيموغلو وروبنسون عملهما سنة 2012 في كتاب بعنوان « لماذا تفشل الأمم: أصول القوة والازدهار والفقر » ( The origins of power, prosperity and poverty – Why nations fail )، وتتمثل الأطروحة الرئيسية في فَرَضِيّة مفادها: » إن الدول التي تتمتع بمؤسسات اقتصادية وسياسية شاملة، وتعتمد على سيادة القانون، والمشاركة الديمقراطية، والتعددية السياسية، سوف تنجح، أما الدول التي تعتمد على النظام الإستخراجي وتُديرها نخبة حاكمة أنانية، فسوف تفشل » واعتبرت اللجنة التي أسندت الجائزة « إن هذه الدّراسة تُمثّل حجر الزاوية في الأدبيات الاقتصادية، وتُقدم تحليلًا مقنعًا لدوافع النجاح والفشل الاقتصادي… « ، أي إن المُؤسسات السياسية وسُلوك السّلطة الحاكمة تُحدّد النجاح أو الفشل، بغض النّظر عن عوامل الجغرافيا والتاريخ والثقافة والموارد الطبيعية، بل اعتبَر المُؤلِّفان « إن النظام الاقتصادي الأمريكي ازدهر بفضل المُؤسسات والتدمير الخلاق وتشجيع الإبتكار والمنافسة الشاملة والنّخبة السياسية والإقتصادية التي تعمل على تعزيز مصالح الشعب… «
تتماشى الأطروحة الرئيسية مع « وِفاق واشنطن » ( مؤتمر أشرفت عليه الخزانة الأمريكية والإحتياطي الفيدرالي وصندوق النقد وعشر وزراء للمالية في الدّول الغنية، منتصف حزيران/يونيو 1989، قبل خمسة أشهر على انهيار جدار برلين – يوم 09 تشرين الثاني/نوفمبر 1989 – ويهدف المؤتمر إعداد خطة للهيمنة على الإقتصاد العالمي بعد انهيار الإتحاد السوفييتي )، ولذلك أشاد به أقْطاب الرّجعية، ومن بينهم فرانسيس فوكوياما ونيال فيرغسون، وهما باحثان في الشؤون الإمبريالية الأمريكية والبريطانية، كما أشادت به وسائل الإعلام السّائد، ومن بينها صحيفة نيويورك تايمز و واشنطن بوست و وول ستريت جورنال، و بي بي سي وغيرها من وسائل الإعلام التي رشّحته لجائزة أفضل كتاب أعمال للعام 2012 التي تقدمها المؤسسة الإعلامية الإقتصادية فاينانشال تايمز والمؤسسة المالية غولدمان ساكس.
يحتوي الكتاب على تحليل مُطوّل عن الصين، وهو مجرد إعادة تدوير الصورة النمطية « الغربية » عن الصين، مقابل مَدْح الولايات المتحدة، واعتبر المُؤَلِّفان « إن الصين محكوم عليها بالفشل نظرًا لنظامها الإقتصادي الإستخراجي الذي تديره نخبة فاسدة أنانية، وفي المقابل سوف تنتصر الولايات المتحدة لاعتمادها نظاما ديمقراطيا شاملا، قائما على سيادة القانون والتوازنات الديمقراطية والمشاركة الواسعة للمواطنين في صنع القرار… ( مُقابل ) النظام الصيني المُنْغَلِق على المنافسة، وغير القادر على الابتكار، والذي يديره قادة استبداديون فاسدون ( …) إن الأداء الاقتصادي للصين غير مستدام ومُهدد بالتعثر والفشل… »
نُشِرَ الكتاب سنة 2012، أي بعد أربع سنوات من الأزمة المالية التي اندلعت سنة 2008، عندما تسببت النخبة « الاستغلالية » في وول ستريت في إحداث أزمة الرهن العقاري الثانوي في العالم، وأنقذت السلطات السياسية الأمريكية ( ورئيسها باراك أوباما ) رأس المال على حساب المواطنين، وأثبتت البيانات والحقائق خطأ تحليل دارون أسيموغلو وجيمس روبنسون، بل أقرّ نيوليبراليون، مثل جيك سوليفان، علنًا – في كلمة ألقاها سنة 2023 في معهد بروكينغز – « إن اقتصاد إجماع واشنطن المُتهالك كان السبب الجذري لتراجع الصناعة وإضعاف الولايات المتحدة »، ويتميز الإقتصاد الأمريكي ( سنة مَنْح الجائزة – 2024 ) بركود الأجور والدّخل لدى 99% من السكان، وتركيز الثروة في أيدي 1% من السكان، وارتفاع معدلات التضخم والمديونية، وانهيار الرعاية الصحية والبنية الأساسية، والنظام السياسي الذي تهيمن عليه المصالح الخاصة لأثْرى الأثرياء، وتَضُمُّ إدارة الرئيس دونالد ترامب، سنة 2025 ما لا يقل عن 13 ملياردير، فيما لا يزال النظام الرأسمالي الصيني « كِينزِيًّا » ( نسبة إلى نظريات جون مينارد كينز ) حيث يُعادل دخل الأُسَر نحو يُ 65% من الناتج المحلي الإجمالي، مقابل أقل من 50% في الولايات المتحدة، وتتمتع الطبقة العاملة الصينية بارتفاع الأجور، وانخفاض التضخم، وتحسين الرعاية الصحية والتعليم، وبنية تحتية ذات مستوى رفيع، ووضعت الحكومة حداً أقصى لمكافآت المصرفيين، وخفضت رواتب موظفي الحكومة، فيما يشتري الأثرياء الأمريكيون مناصب النُّوّاب والرُّؤَساء، من خلال تمويل الحملات الإنتخابية، مما يَنْسِفُ مبدأ المُشاركة الدّيمقراطية في الحياة السياسية الأمريكية، فضلا عن الفوارق المُجحفة وعدم المساواة في الدخل، والاستيلاء على السياسة من قبل الأوليغارشية المالية والتجارية وأَباطِرَة التّكنولوجيا..
الطاهر المعز
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Med. Bouhamidi-2014/2016 : les trois années de la mutation définitive de l’Etat algérien en Etat oligarchique de classe et de caste.

Six ans après la survenue du phénomène qui a été appelé « Hirak », dénomination que j’ai vite rejetée, des amis m’ont demandé de republier mes analyses, maintenant que le monde bascule. Il me semble nécessaire de les republier dans l’ordre de leur parution. Elles furent des analyses à chaud, sans recul mais avec toujours un souci d’historicité pour saisir les faits dans leurs rapports les plus lointains, les plus cachés ou oubliées avec des faits précédents.
Le plus grand de mes soucis dans ces analyses était de trouver les racines sociales et économiques de cette extraordinaire mobilisation populaire, la nature de classe ou plutôt de caste qui se manifestait dans un Etat toujours algérien mais qui n’était plus un République Démocratique et Populaire et absolument pas un Etat-Nation dans le sens connu que ce type d’Etat contribue à créer les conditions d’unité économique, politique et culturelle.
Parmi ces conditions, produire une idéologie « nationale bourgeoise » à défaut d’une dynamique d’économie solidaire, parente du socialisme comme l’a fait le grand leader Houari Boumediene, est une nécessité de base. Or, en Algérie, plus que dans tout autre pays au monde, toute l’action de démantèlement de notre économie, de notre politique, de notre culture n’a fait qu’emprunter les idées et les supposés « modèles » de réussite du monde capitaliste développé, c’est à dire de l’impérialisme. Sans une idéologie politique propre aucune affirmation de soi nationale, base incontournable du développement, n’est possible.
Dans cette analyse les facteurs culturels et idéologiques, les déterminations anthropologues y compris dans leurs manifestations cultuelles ont été intégrés, car la conscience, vraie ou fausse et les aliénations jouent un rôle premier dans la perception des faits, des détermination et des buts possibles de toute transformation politique.Chroniques de deux années décisives de l’alliance de la caste des oligarques et du néocolonialisme.
Vous trouverez dans cette republication les moments clés dans tous les domaines ( diplomatie, hydrocarbures, culture, gestion du parti FLN, montée des Zaouias, etc.) de ce que j'ai observé comme mutation de notre Etat.
Bonne lecture

Je vous propose de parcourir ces chroniques écrites entre la fin de 2014 et la moitié 2016, premières années du 4ème mandat et donc celles du virage despotique de l’oligarchie impatiente de mettre la main sur encore plus d’argent en attendant la privatisation du pétrole certainement programmée pour ces élections 2019 au vu de la nouvelle loi sur les hydrocarbures annoncée par notre ministre de l’énergie (1). Elles sont toutes liées à la phase cruciale de l’entrée de notre État dans sa crise de basculement dans les mains des oligarques et la transformation autour du président Bouteflika en caste. Le fil des chroniques peut aider les jeunes à connaître une partie de cette évolution. Mieux vaut en avoir une idée qui peut les aider à fouiller plus loin. Aux plus âgés ce fil peut servir d’aide mémoire.
Son intérêt peut résider aussi dans le marquage des tournants imperceptibles à l’époque mais probablement plus parlants aujourd’hui.
Le présent est une forme développée du passé. Puissiez-vous trouver dans ces contributions collées à l’actualité ancienne quelques informations utiles sur la mise de notre pays sous tutelle néocoloniale. Je peux avoir commis des erreurs de classement chronologique de ces chroniques, je m’en excuse, les yeux me font mal d’être resté des heures et des heures face à l’écran.
Algérie : le dangereux refus de « la paix sociale »
28 12 2014
Pour les algériens qui ont de la mémoire, la chute du prix du pétrole réveille le souvenir du processus qui a mené à la grande fracture d’octobre 1988 puis à la lutte sanglante qui en a résulté et qui devait démembrer l’Algérie. Nous retrouvons des similitudes frappantes avec la conduite générale de l’Etat et des acteurs politiques d’aujourd’hui. Les années 80 ont vu une partie importante des revenus pétroliers détournée de leurs destinations d’investissement productif (1) vers l’importation de produits de consommation éphémère. Les nouvelles forces qui avaient investi le sommet de l’Etat, à la mort de Boumediene, cherchaient à convaincre le peuple du bien-fondé du retour à une économie de marché et à son consumérisme à la place de l’austère politique de développement. Elles brandirent le slogan : «Pour une vie meilleure ».
En moins d’une décennie elles démembrèrent des entreprises publiques parvenues au seuil de concentration et d’optimisation des ressources humaines nécessaires à leurs missions de développement. La corruption socialement marginale à l’époque commença à gangréner l’Etat avec la naissance du clientélisme. La forte présence dans l’Etat de partisans d’une politique indépendante de développement économique appuyé sur de grandes entreprises d’Etat, avait contrarié cette conquête de la totalité de l’Etat par les partisans de l’économie de marché et de l’abandon du pacte de novembre qui appelait clairement à un « Etat social ».
La chute du baril de 27,01 à 13,53 $ et la division par deux des rentrées pétrolières en 1986 a modifié profondément les conditions de confrontation entre les deux camps. Le pouvoir neuf des libéraux risquait de sombrer avec la fin peu glorieuse de l’importation de fruits exotiques alors que nous avions un besoin pressant d’usines et d’universités. Pour défendre leur pouvoir et ce modèle, ses partisans ont déclenché une campagne de presse d’une grande violence reportant sur les partisans d’une voie nationale pour le développement, les raisons de leur échec. Ils allèrent droit au but derrière l’affirmation péremptoire que « L’Etat n’est pas la vache à traire » en remplacement de leur promesse « pour une vie meilleure ».
C’était un retournement contre le peuple accusé de nourrir des prétentions ruineuses en espérant l’Etat social et l’équité promises par la proclamation du 1er novembre 1954 et le peuple l’a ressenti comme une trahison et un holdup. C’est par cette rupture que s’est engouffré la violence des années 90 au cours de laquelle furent expulsés de l’Etat tous les représentants notoire du socialisme.
Aujourd’hui, les réformes ont produit les oligarques algériens aux puissants réseaux à l’intérieur de l’Etat et à l’influence sans partage sur les médias. Les partisans d’une politique de développement se battent dans des conditions difficiles et défavorables. Les dirigeants honnêtes ont touché du doigt à quel point l’accord d’association avec l’Europe nous a rendu impuissants. La ligne de confrontation s’est déplacée du choix de la voie économique à la simple survie de l’Etat algérien dont on sait qu’il ne pourra tenir sans l’attachement à la guerre de libération et à la mémoire des Didouche (1 et sans équité dont les algériens, anthropologiquement, n’accepteront jamais le déni.
Dans cette configuration hautement dangereuse dans les circonstances des menaces terroristes, des tensions dans le sud du pays, des poussées des idées autonomistes, les oligarques et leurs représentants à l’intérieur de l’Etat, du pouvoir, de l’opposition et des médias impatients de faire main basse définitive sur l’Algérie ont déclenché une violente campagne contre les mesures d‘urgence palliatives aux effets de la dégringolade du prix du baril et accuse le pouvoir, qui est essentiellement entre leurs mains de vouloir, « acheter la paix sociale » et se débarrasser par ce subterfuge des derniers obstacles à leur soif d’hégémonie. Comme à l’époque des « L’Etat n’est une vache à traire » les adeptes de la transition sont prêts à en découdre avec le peuple pour régler la question de la propriété du pays. De la mort de Boumediene à 1990, cette politique aventurière nous amené à la décennie infernale. Aujourd’hui cet appel à la guerre sociale entrainera la dislocation de l’Algérie pour laquelle, 45 ans d’illusions libérales ont réunies suffisamment de conditions pour la fin de son Etat national.
Mohamed Bouhamidi.
1-« Si nous venions à mourir, défendez nos mémoires » : recommandation de Didouche Mourad, l’un des dirigeants du comité qui a préparé l’insurrection du1er novembre 1954.
M.B
http://www.impact24.info/?p=3069
Le réseautage du secteur de la culture et la politique de l’aubaine.
Février 2015
La lettre de démission de Mme F. Souici, (1) chef du département communication et porte-parole officielle de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», a donné sa dernière chance au débat nécessaire mais occulté et toujours refoulé par le ministère sur le contenu et les buts désirables de cet événement. La lettre met les mots sur la nécessité la plus immédiate de la politique culturelle : le contrôle de l’affectation et de l’usage de l’argent avec le refus d’installer un « « comité de veille et de surveillance des dépenses des deniers publics». Il s’agit pourtant de la seule proposition apte à donner vie aux assertions sans suite de la ministre de vouloir d’impulser une démarche d’inclusion avec les artistes et des créateurs. Ses affirmations que le ministère n’a pas à formuler d’orientations mais à soutenir les initiatives (entendez du secteur privé) et ouvrir la gestion à la « société civile », c’est-à-dire aux ONG, montraient clairement que sa politique inclusive concernait le secteur privé dont elle se mettait à la traîne et dans lequel règne, sans partage, la loi du profit et celle des plus puissants, du rapport des forces et des réseaux, qui instrumentalisent l’Etat. Ces assertions profilent, finalement et par le vide, des nouvelles orientations au service exclusif du secteur privé et des ONG câblées aux puissances étrangères au lieu et place du service de la nation et de l’Etat.
Cette lettre avançait des orientations en faveur de la ville et des populations de Constantine : « Je voulais faire de l’événement une plus-value en termes d’apport économique, de création d’emplois dans le secteur de la culture. Elle poursuit : « …les spots et autres supports médiatiques, générateurs de beaucoup d’argent sont la chasse gardée de petits nababs venus d’Alger» et dénonce l’impudence de la prédation le cas d’une « certaine «Madame Dalila» venue à la recherche d’un contrat de 5 millions de dinars pour célébrer le 8 Mars ».
L’article consacré à cette lettre nous précise que « Faouzia Souici s’interroge sur «l’utilité» d’un tel événement s’il n’offre pas l’occasion à la population de Constantine «de mettre en avant son savoir-faire, son savoir-vivre, ses valeurs ancestrales, ses créateurs à travers ses artistes, ses peintres, ses sculpteurs, ses cinéastes, ses boîtes de production, ses artisans…». Bref une culture au service, même imparfait, des populations au lieu et place des boîtes de com, de cinéma et d’édition.
Cette manifestation exprime au plus haut point le désarmement culturel en cours de notre pays comme le montre en profondeur cet extrait d’un message privé d’une une haute figure culturelle de cette ville :
« Auteur de la toute première synthèse sur la culture constantinoise des premières décennies de l’indépendance, je ne suis pas partie prenante dans la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 », qui figure une scène d’infinie prédation. Derrière le paravent d’une politique culturelle libérale, la bureaucratie du ministère de la culture définit dans le cas cette manifestation des options qui ne laissent aucune place aux compétitions de légitimité des acteurs du champ culturel. Plusieurs associations et acteurs locaux du champ culturel, odieusement marginalisés, n’ont pu faire entendre leur cri désespéré à l’approche de la manifestation dont les programmes restent encore inaboutis dans une ville en chantier qui ne voit pas encore le bout d’inconséquents rapiéçages de ses monuments.
À Constantine, le pari pour la ministre de la culture et le gouvernement qu’elle représente aurait été de donner réellement corps à une valorisation du patrimoine local et de la région et d’en faire l’exemple d’une projection – pédagogique – dans la culture arabe. Cela suppose une action réfléchie de désenclavement du champ historique arabo-musulman de la cité, caractérisé sur une période de huit siècles, du VIIIe au XVe siècle par des trous, dont nous n’avons objectivement pas, aujourd’hui, les outils théoriques. Comme, nous n’avons pas les moyens du sérieux et de la rigueur dans cette année arabe, on va tout mettre en chansons et en danses dans une frénésie légère.
Mais depuis quand la folklorisation de la culture et son pendant politique populiste tiennent-ils lieux de programme ? C’est le Français André Gide qui a dit qu’on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments. Cela devrait se vérifier tout le temps, bien sûr de Sophocle à Alloula. À Constantine, où le théâtre collectif du TRC a servi d’amorce à une critique politique de la société et du pouvoir (…), ce serait une insurmontable régression de lui prêter l’objectif de « propager l’amour entre les gens », pieuse entreprise qui n’était dans les attentes ni de Shakespeare ni de Ben Johnson. ».
C’est dans ce vide d’orientations que se délite la résistance sociale à la reconquête coloniale. Derrière les bons sentiments qu’il nous sert à profusion, ce ministère de la culture aura fait beaucoup pour évider l’Etat et affaiblir la nation.
M.B
Source : http://www.impact24.info/?p=5006
Alger dans son désordre constitutionnel.
Par Mohamed Bouhamidi le19 04 2015
Les présidents du Sénat et du Parlement, le chef du FLN, parti officiellement au pouvoir, le Président du conseil constitutionnel, ni aucune autre personnalité marquante qui se sont exprimés sur la réforme constitutionnelle ne semblent en mesure de déterminer où se trouve le projet ni la réalité des changements projetés. Fuites, déclarations, scoops, se trouvent régulièrement démentis par leurs auteurs. Cela fait désordre au sommet et la rétention de l’information sur les changements retenus contredit l’engagement de mettre en œuvre une large association de l’opinion publique.
Bien sûr des partis politiques ont déposé leurs propositions et des personnalités nationales ont été consultées. Cela ne fait pas un échange national croisé sur le destin et la gouvernance désirables pour notre pays entre les acteurs de notre vie politique. Et le dialogue du pouvoir avec chacun des acteurs de la vie nationale séparément ne construit pas une interaction pour penser les règles de vie commune et les voies vertueuses pour vider les conflits et les tensions prévisibles.
Dans ce désordre n’apparaît avec certitude que la seule démarche en acte : celle de faire adopter la nouvelle constitution par les deux chambres réunies. Seule, cette voie permettra au pouvoir de faire passer la réforme sans subir les désagréments d’un référendum qui l’aurait obligé à mener campagne auprès des citoyens et donner du temps d’antenne et de la visibilité méritée ou imméritée à l’opposition.
Cette démarche indécise du pouvoir, consulter l’opposition et des personnalités nationales mais en vase clos et faire adopter la réforme par sa propre majorité, est pourtant l’indice le plus précieux d’une recherche de consensus entre les acteurs politiques mais pas un consensus entre les composantes de notre peuple. D’où la concentration des fuites sur deux seuls aspects fantasmatiques : la création d’une vice-présidence qui réglerait les problèmes de succession immédiate sans les urnes et la limitation de l’exercice présidentiel à deux mandats, limitation que l’opposition s’est acharnée à considérer comme synonyme d’alternance et de garantie démocratique et que le pouvoir lui concède à travers rumeurs et indiscrétions la désarmant ainsi devant l’opinion publique.
Le débat évacué faute d’objet consistant et faute d’objet tout court, cette conduite apparemment indécise du pouvoir se charge de tous les sens de la phase historique que nous traversons. Les réformes en faveur du marché engagées à la mort de Boumediene visaient explicitement à restaurer la gestion du pays par les lois du marché au lieu et place de la gestion du pays par les nécessités sociales d’éducation, de santé, de développement volontariste, socialisé et autocentré. Cette « transition » s’éternise dans les conditions actuelles de domination absolue de l’impérialisme aucun capitalisme périphérique n’est possible, sauf s’il se développe en opposition à cet impérialisme une volonté nationale et une socialisation minimum des profits. Sans cela, les réformes, en détruisant la volonté nationale solidaire que nous avons connue sous Boumediene, ont livré le pays aux forces sociales existantes, celle des structures tribales, qui fabriquent le fond de la culture politique spontané de nos élites. Les oligarques qui se sont emparé d’une bonne partie du pouvoir ont cloné leurs réseaux sur cette culture clanique.
Le niveau démocratique réel de notre Etat est celui de cette culture politique réelle. Sous le vernis d’une transition vers le capitalisme, sans bourgeoisie nationale si même une bourgeoisie nationale peut encore exister, le retour du tabou politique du patriarcat restera la clé de voute de notre vie politique. On ne discute pas l’autorité absolue du chef sous peine d’ouvrir les portes de la discorde de détruire l’équilibre entre les différentes forces, fractions, clans, groupes, qui exigent la totalité de ce qu’ils peuvent accaparer des biens nationaux en attendant que l’une de ces composantes s’empare du tout et écarte les autres forcément avec une aide étrangère, au vu de le balance générale des forces.
Dans cette démarche, même les plus hautes fonctions de l’Etat, présidence du Sénat, du Parlement, du Conseil Constitutionnel, du parti au pouvoir ne savent ce qui se prépare ou se décide. Devant « la ligne rouge » du chef de l’Etat, ils attendent les décisions stratégiques mais derrière l’apparence du désordre l’ordre réel et occulté, des forces en possession de l’Etat réel travaillent leurs bras de fer.
M.B.
Source : http://www.impact24.info/?p=7436
Lien facebook : https://www.facebook.com/chroniques.bouhamidi?fref=nf
L’amitié algéro-française dans la dynamique des « bureaux arabes ».
Par Mohamed Bouhamidi
17.05.2015
Avec Chirac, Sarkozy ou Hollande les manifestations d’amitié algéro-françaises ne se démentent pas. Au-delà de l’identité politique de locataire de l’Elysée, chaque élection présidentielle a invariablement débouché sur un voyage à Alger, quelques mots rapides sur les excès condamnables du colonialisme et, pour des entreprises françaises, des contrats substantiels et salvateurs pour leurs carnets de commande. L‘engagement algérien dans cette amitié a atteint le point culminant de la mystification avec la présentation comme modèles de transferts de technologie de simples ateliers de montage pour la voiture Renault-symbol ou pour les rames de tramway dans lesquels rien n’est algérien hormis le personnel d’exécution, les crédits, les facilités, et les garanties administratives de profits élevés. Sur le plan culturel, l’engagement algérien « à tourner la page » coloniale, transforméeen épisode accidentel, se manifeste de façon particulièrement scandaleuse pour le cinéma et le livre, fronts les plus actifs d’un révisionnisme qui invente le roman d’un colonialisme de rêve bienfaiteur de l’Algérie et l’image horrifique d’un mouvement national né dans la délinquance avant le 1er novembre 1954 et accompli dans les pratiques exclusivement maffieuses post indépendances (1). On ne peut faire plus mieux pour donner raison à la thèse du complexe du colonisé de notre théoricien Fanon ni pour réaliser sa prophétie que les élites bourgeoises retourneront dans le giron de l’ancienne puissance coloniale pour faire face aux aspirations de justice et de de vie solidaire de nos peuples et leur subtiliser les fruits de leurs luttes.
Avec les rames de tramway et la Renault –symbol les dirigeants français par une action purement politique nous font acheter leurs produits en pièces détachés plus chers que s’ils arrivaient finis.
Ils s’installent dans des positions dominantes par la force de l’intrusion politique et non par la seule régulation de « la main invisible du marché ».
Ils reprochaient au socialisme de Boumediene les deux choses : l’action directe de l’Etat dans le développement économique et des produits locaux plus chers qu’à l’importation en plus de faire du social par la création volontariste d’emplois.Grâce à ces conseils et à ceux du FMI,nous faisons encore plus de socialen engloutissant, dans les aides aux chômeurs et aux pauvres, des sommes colossales qui nous construisaient nos usines et leur garantissaient l’emploi et la dignité.
Les dirigeants français et leurs élites académiques et médiatiques aux ordres nous ramènent sous leur guidance et pour leur seul profit à l’économie administrée.
Nous sommes repassés aux fondamentaux de la situation coloniale d’un marché des matières premières et d’un débouché des produits industriels.
Seul ombre au tableau la Chine et la mémoire de novembre qui tient debout.
Qui tient quelques-uns d’entre nous debout.
Les paroles mielleuses de Fabius à Annaba sur la coopération exemplaire et le montage maquillé en transfert des technologies ne peuvent rien cacher de leur fiel colonial ni endormir toutes les consciences.
Seul bonheur dans le tableau: celui de candidats indigènes qui rêvent de faire, au plus tôt, du gouvernement algérien un « bureau arabe »(2).
Le rapport des forces semble entièrement en leur faveur.
Pour l’instant.
M. B
- Ce sont les thèses défendues par « Les hors la loi » et «El Wahrani » films réalisés par des français nés de parents algériens et très généreusement financés par l’Algérie au titre d’un accord néocolonial de coopération cinématographique.
- structures administratives créées par la colonisation en 1844 tenir en main les indigènes, prévenir leurs révoltes, les gérer par la ruse et des politiques très élaborées de divisions et de dissensions constantes. Les supplétifs algériens gagnaient évidemment des miettes conséquentes pour services rendus.
Source : http://www.impact24.info/lamitie-algero-francaise-dans-la-dynamique-des-bureaux-arabes/
Le général, le chef de parti et l’Algérie post-novembre 1954.
Mohamed Bouhamidi 14.06.2015
Saïdani chef du FLN a relancé la polémique autour la lettre du ministre de la défense et chef d’état-major des armées. Le militaire a encensé l’homme politique pour ses qualités de chef et de dirigeant. L’homme politique nous apprendra de son côté que le militaire a avorté un coup d’Etat en s’opposant à l’application d’un article de la constitution sur l’empêchement du président pour incapacité physique. Ce point précis jette une autre lumière sur la lettre du militaire et sur l’existence d’un épisode crucial de la vie du régime lors de l’évacuation de notre président pour des soins à l’hôpital militaire français du Val de Grâce.
Vraie ou fausse, cette affirmation de Saïdani indique qu’une panique a saisi les arcanes du régime à cette période. Les prérogatives d’engagement du processus d’empêchement sont entièrement détenues par des structures du pouvoir et l’opposition est impuissante sur ce plan.
Saïdani nous parle donc d’un épisode au sein du pouvoir et d’une lutte entre partisans et adversaires du maintien du président malade. S’il fabule, il projette quand même une grande peur d’un événement redouté. S’il dit la vérité il met en lumière le rôle du chef de l’armée et nous éclaire sur le poids du chef de l’état-major dans le processus du contrôle du président sur l’armée et par conséquent sur le pouvoir. Dans les deux cas il réaménage un peu la vérité mais la lettre du général -flatteuse pour l’homme qui restera dans la petite histoire pour avoir attaqué violemment le patron des services secrets – vient plutôt confirmer que les groupes politiques au pouvoir sont passés très près d’une rupture.
Elle confirme surtout que dans cette phase, Saïdani a joué un rôle. On comprend maintenant qu’il devait mener la marche pour écarter la vieille garde du FLN comme on a écarté de l’ANP la vieille garde de l’ALN sauf quelques cactus, soulagés de leurs épines. La lettre du général lui a reconnu les mérites de la mission accomplie.
Désormais le parti FLN est intégré à un groupe qui a fait main basse sur le pouvoir. Nous ne sommes plus dans une configuration constitutionnelle. Saïdani nous le dit avec son abrupte agressivité : Gaïd Salah a mis le poids de l’armée dans une affaire, constitutionnellement civile, de juger de la pertinence de l’empêchement du président pour raisons médicales.
Nous avons au moins une image politique relativement nette. Saïdani est le représentant de ce groupe à la tête du FLN et Gaïdsalah est sa projection à la tête de l’armée.
La situation est inédite au plan formel. Au plan de la réalité depuis l’arrivée de notre président, le pouvoir affiche un mépris souverain de toute norme constitutionnelle. L’opposition s’était résignée à ce mode de fonctionnement, n’ayant aucun moyen de le contester.
La lettre l’a cependant sidérée avant que la déclaration de Saïdani sur les mérites du général ne l’achève totalement. Elle se réveille dans une configuration totalement nouvelle.
Une seule donnée était claire le reste. Le FLN nouveau, celui de l’argent sale, comme le dit la vieille garde du FLN, est conforme et cohérent, en parfaite correspondance avec le pouvoir des oligarques, par définition pouvoir de l’argent sale.
Les oligarques ne pouvaient aller plus loin dans leur conquête totale du pouvoir avec les formes et le langage qui correspondent à une phase historique de construction nationale révolue sous les coups des réformateurs et des terroristes.
Les congratulations partagées entre le général et le chef de parti expriment la satisfaction de l’un pour l’autre de la tâche qu’ils ont accomplie en virtuoses de nous transporter dans une Algérie post-novembre1954.
M.B
http://www.impact24.info/le-general-le-chef-de-parti-et-lalgerie-post-novembre-1954/
L’embarrassante célébration de l’indépendance nationale.
Mohamed Bouhamidi.05.07.2015
En politique le sens est dans la forme.
Nous avons, jadis, célébré des anniversaires de l’indépendance, et du 1er novembre 1954, au plus près des citoyens. Seul souci d’antan : ancrer la mémoire et le sens, oucher le plus grand nombre, associer toutes les catégories d’âge, balayer tout le spectre des activités humaines ; tournois du sport de masse ou au travail ; soirées artistiques ; colloques, meetings, rassemblements populaires, recueillements sur sites dans tous les recoins du pays.
Les drogués de la transition vers l’économie de marché nous diront que cela fait atrocement « démocratie populaire » et « embrigadement des masses ».
Les célébrations populaires du 4 juillet aux USA ne relèvent pas d’un Politburo.
Les bals du 14 juillet, dans chaque recoin de France, ne sont pas l’application d’une directive de Staline.
Ils restituent le mythe que la révolution bourgeoise a libéré toute la société.
Sans ce mythe la bourgeoisie ne peut encore faire passer ses intérêts pour l’intérêt général et ne pourrait contenir dans l’Un de sa République ou dans n’importe laquelle de ses formes d’Etat le multiple des composantes, de ses contradictions ou de la mémoire des massacres de la Commune de Paris.
Le service minimum de la célébration de nos dates fondatrices de novembre et juillet, leur air d’obligation protocolaire, la dissociation du peuple et de la société dans la fabrication du sens signifie au contraire pour notre pays que l’oligarchie qui a conquis le pouvoir est contrariée par la résilience de l’Un, symbole de la solidarité dans la société car symbole de l’unité dans la lutte.
Le multiple populaire des paysans, des montagnards, des familles patriciennes, des artisans, des ouvriers, des jeunes de toutes catégories, fusionné dans l’Un de la lutte de libération nationale ne l’arrange pas.
Cette oligarchie s’est construite autourdes éléments qui étaient dans les franges lumpenprolétariat de ce multiple et leur développement exige la destruction de l’Un qui les a nourris pour assouvir tous leurs appétits de richesses.
La destruction du sens de novembre et de juillet passe par le détricotage des liens sociaux, populaires, artistiques, culturels qui sont le corps concret, matériel, de la mémoire d’une Algérie libéré par TOUT son peuple et non par la ruse ou le courage d‘un messie inspiré.
Cette forme privatisée, par l’oligarchie, de la célébration est une forme nécessaire et accompagnatrice de la privatisation du pays.
Ces forces en possession du pouvoir n’ont pas besoin d’illusionner le peuple. Elles n’ont pas à gérer les composantes et les contradictions du multiple de notre société pour les maintenir dans la vassalité par la tête. Elles ont plutôt besoin de l’assentiment étranger pour passer à la dictature personnalisée qui leur permettrait d’en finir, enfin, avec l’idée du droit de notre peuple sur le pays qu’il a libéré.
De derrière cette espèce de folklore officiel, et dans les moyens limités offerts par Internet, montent des alertes, de quelques dernières sentinelles. En voilà une qui chercheson chemin, lancée parle fils d’un martyr qui a contribué à construire les premiers groupes de choc de l’ALN à Alger. Lisez :
« …Comme dénoncer celles et ceux qui foulent aux pieds les idéaux de Novembre et leur objectifs premiers: recouvrement de la personnalité nationale et édification d’un Etat souverain au sens plein du terme, sous la forme d’une république démocratique et sociale mobilisant tous les segments du peuple algérien pour le développement multiforme du pays, tout en leur redistribuant harmonieusement les fruits du labeur collectif de la nation.
Vous vous rendez compte qu’il devient pratiquement honteux de célébrer les martyrs de la révolution tout en respectant les moudjahidine survivants, à l’exclusion bien sûr des faussaires qu’il s’agit de débusquer en tous lieux et en tous temps. C’est disent presque innocemment nos jeunes « has been », d’une époque révolue dans l’intérêt de l’Algérie arrimée à la mondialisation. La plus grande escroquerie imposée aux peuples de tous les coins de la terre.
L’Algérie rassemblée, mobilisée autour de ses intérêts bien compris et pour sa sauvegarde en tant qu’Etat et nation, ne doit plus avoir cours aux yeux de ceux qui veulent remonter à rebours l’histoire, et en empêcher le cours naturel.
Il y a d’abord l’hernie intérieure que constitue notre mode de gouvernement, mais aussi ses appuis de l’étranger, néo-colonialistes et impérialistes d’hier et d’aujourd’hui.
Bonne fête,
Gloire à nos martyrs
Respect et sollicitude envers nos combattants, soldats hier du peuple algérien en lutte pour son émancipation nationale, fers de lances aujourd’hui pour la défense de la république démocratique et sociale à asseoir durablement. »
Mohamed Bouhamidi
Source : http://www.impact24.info/lembarrassante-celebration-de-lindependance-nationale/
Le retour de la France mandataire en Algérie.
Par Mohamed Bouhamidi 23.08.2015
Les choses sérieuses se traitent en aparté.
Nous ne saurons jamais ce que disent nos dirigeants à leurs partenaires étrangers, sauf fuites intéressées ou déclarations intentionnellement dégradantes de Juppé ou de Fabius. Le premier a fait part de l’accord de notre président pour une célébration « retenue » du cinquantenaire de notre indépendance quand tous les cercles liés à l’Etat français travaillaient la propagande des bienfaits du colonialisme depuis 2003 et préparaient l’apothéose du colloque de Marseille, véritable embuscade tendue à la vérité historique pour faire des actions de l’ALN, des opérations terroristes. Avec à la clé, la décision du pouvoir de faire avorter une tentative de loi criminalisant la colonisation.
C’est beaucoup de cadeaux aux chansonniers des bienfaits de la colonisation.
Juppé va récidiver en pleine crise libyenne en rapportant publiquement les plates dénégations, du ministre des A.E algérien Medelci, d’une aide en armement au gouvernement libyen légal et légitime de M. Kadhafi et ses assurances sur les limites de l’accueil de la fille Kadhafi.
Les deux « révélations » de Juppé donnaient l’image d’un ascendant indiscutable de la présidence Sarkozy sur la gouvernance algérienne.
Fabius révèlera à un journal français en décembre 2012 (1) l’accord algérien pour l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste avant que l’américain Ernest Moniz (2) ne le coiffe sur le poteau en juin 2014.
Le résultat de la « communication » et de la fuite de Fabius est le même : la présidence Hollande a de l’ascendant sur la gouvernance algérienne. Voire même plus d’ascendant au vu des privilèges néocoloniaux concédés par l’Algérie aux entreprises françaises particulièrement Renault et Alsthom, vraie star du soutien à la colonisation israélienne.
Comment comprendre le manque de réaction des dirigeants algériens qui se laissent ainsi discréditer et ne réagissent pas à la divulgation d’ententes secrètes dégradantes pour leur image ?
Leur besoin d’un soutien français pour leurs projets secrets ou publics doit être si profond qu’ils ne peuvent que se taire devant l’humiliation.
Arracher notre Etat à son peuple, transférer à la mode Eltsine des centaines de milliards de dollars du patrimoine national industriel et agricole public entre les mains de quelques oligarques, accélérer la mise en place d’une forme monarchique du pouvoir plus adaptée aux nouvelles classes d’affairistes placées au-dessus de la loi et du droit, tout à fait comme les castes féodales à l’ancienne, et, enfin privatiser le pétrole ne peuvent se faire sans un appui externe.
La conduite apparemment indigne des Juppé et Fabius de vendre la mèche des ententes secrètes est, bien au contraire, la démarche logique de mise en place de la relation de nouveau dominant à nouveau dominé, de la relation néocoloniale ratée en 1962. Le néo colonisé doit montrer toute l’étendue de son aliénation et toutes ses capacités d’abandon national et son aptitude à revêtir les costumes des hommes de paille pour que l’aide demandée lui soit assurée.
La « feuille de route » de l’Algérie, selon la belle formulation de OmarBenbekhti, est désormais écrite à quatre mains.
Il reste le décorum culturel du retour d’une France mandataire après les accords ou les silences démissionnaires de notre Etat qui laissent sous son influence hégémonique les secteurs de l’information et de la culture.
C’est par cette influence que le film « El Waharani » allait servir à casser le boycott culturel d’Israël. C’est par cette influence qu’un nouveau financement est en préparation pour son réalisateur.
Le grand décorum pour le retour de la France mandataire sera le Salon International du Livre d’Alger dont elle sera l’invité d’honneur, vers la période d’automne.
Quand on sera en plein baroud.
Héraclite et la lettre au président Bouteflika.
Octobre 2015
La réalité des grands tournants politiques se manifeste souvent dans des détails.
L’un d’eux nous vient du Salon du Livre.
Transformé en manifestation envahissante de pub pour sa politique de son invité d’honneur, la France, ancienne puissance coloniale.
Du jamais vu, même avec les USA, en 2014.
On a interdit l’entrée, de vingt exemplaires d’un livre sur la vie de Mahmoud Latrèche, algérien né au moyen orient, militant des partis communistes de Palestine, et du Liban une grande figure du mouvement de libération arabe et de la libération sociale.
Les français n’y sont pour rien.
C’est le fait de ceux qui ont offert, depuis de si nombreuses années, au FMI, aux experts étranger, à l’Union Européenne et singulièrement la France, le « droit de préemption »sur les choix culturels, économiques, voire politique de l’administration algérienne.
Une si haute figure anticoloniale et du socialisme n’avait pas de droit de cité dans ces noces du remariage.
C’est cette répression totalement passée sous silence qui confère pour moi, une allure d’incohérence à la lettre des dix-neuf personnalités algériennes une allure d’incohérence. Déplorer l’abandon du « droit de préemption » de l’Etat sans relever qu’il cet abandon est le fils naturel du « droit de préemption » sur nos têtes, nos pensées, nos choix, modèles offert aux gourous et aux institutions du capitalisme financier international.
Dans la tête de ceux qui ont décidé de nous mettre dans la voie de l’insertion dans l’ordre mondial du capitalisme, la seule issue aux problèmes créés par cette orientation, c’est encore plus d’insertion et donc plus de mondialisation et moins de « national ». Plus d’espoirs illusoires d’IDE et encore moins d’Etat dans l’économie, le social, le culturel et donc dans le politique.
L’abandon du droit de préemption, en fait du principe et du devoir de préemption de l’Etat, n’est pas un revirement ou une trahison des actuels responsables. Il est l’aboutissement logique du choix fondamental une insertion sans réserves dans l’économie de marché, accomplie par l’accord d’association avec l’Union Européenne. Il suffisait juste que les circonstances et la crise agissent pour provoquer la poussée de cette logique, comme les circonstances de la pluie ou de la sécheresse agissent sur le grain de blé.
Mais cette insertion et ces accords ne pouvaient se réaliser sans entraîner des changements au sein de la structure de l’économie, du commerce, de la prééminence de la loi du profit personnel et donc de la contradiction entre le caractère social de source d’enrichissement qu’est le pétrole et le caractère de plus en plus privé de son accaparement.
Faut-il des signes pour el comprendre ? Avec l’argent de tous les citoyens, le gouvernement subventionne, le mazout importé pour permettre aux concessionnaires de vendre leurs voitures. Avec le même argent, il leur construit des autoroutes et des réseaux superflus avec moins de voitures et plus de transports publics modernes et confortables. Il dépense plus d’argent en bitumes.
Notre ministre du commerce vient d’annoncer que 30% des valeurs d’importation sont transférés illégalement (1), soit près de deux milliards de dollars par an, faites le calcul sur les 10, 15 dernières années.
Le colonialisme a implanté des enclaves capitalistes, et d’un capitalisme réel, agricoles et industrielles plantées au cœur d’un pays non marchand, tribal et patriarcal.
Les réformes ont amené un capitalisme illusoire, car sans la base nécessaire d’un bourgeoise qui soit passée du la réalité d’une classe en soi au statut d’une classe en soi. Elle n’existe même pas en tant que classe pour soi.
Dans leur avidité, les groupes d’intérêts actuellement au pouvoir sont incapables de s’élever à l’idée de leurs intérêt commun, donc de leur destin de classe unique, car ils ne sont pas une classe unique, pas même une vraie caste.
Le personnel politique et culturel qui a réalisé ce parcours de mondialisation a cependant l’instinct de leur intérêt à préserver la situation de néo-colonie de notre pays.
Le parcours de Latrèche comme modèle de lutte pour la libération nationale et sociale n’avait pas sa place dans les noces organisées pour la France de Hollande.
Non Bouteflika n’est pas un démiurge qui peut changer par magie le cours des fleuves, déterminé par des facteurs objectifs, des rapports de forces, des inconséquences de groupes politiques unies par leur seule avidité du prestige, de l’argent ou de la seule avidité.
Non, « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » (Héraclite.)
M.B
Les vieilles idées et l’Algérie nouvelle.
Le 06 12 2015
Par Mohamed Bouhamidi.
Quels facteurs et quelles raisons, ou encore quel projet, ont uni, hier, Tewfik et Bouteflika ?
Qu’est-ce qui les sépare aujourd’hui et qui est si grave que cela prend cet aspect de guerre publique ?
Malgré un besoin manifeste d’explications neuves sur le fait, nous retrouvons exprimées les vieilles explications qui enferment toute la vie politique de notre pays, dans l’image d’un pouvoir soudé comme peut l’être un clan – on l’appelle alors système – ou totalement divisé en …plusieurs clans.
A travers l’acharnement politique qui tente de maintenir en vie ces vieilles explications, essayent de se maintenir en vie les groupes, sectes ou partis qui ont abusé de ce simplisme de luttes de clans alternatives à une omnipotence du «système ».
Quand elles ne disent pas la vérité du terrain social et économique, les paroles des hommes n’avouent que la vérité de leurs locuteurs.
La survie de ces vieilles explications tient désormais à leur nouveau rôle de bouée de sauvetage de leurs inventeurs et de leurs usagers.
Elles leur rendent en retour d’éminents services comme le prestige social porte de beaucoup d’avantages et de privilèges, la possibilité de combinaisons d’affaires et d’ascension sociale, la porte ouverte d’élections à une assemblée quelconque toujours profitable socialement.
La remise ne cause de ces analyses par les « clans », le « système » et une remise en cause, une contestation, et un déclassement de ceux qui les portent. Et donc ceux qui les portent ont intérêt à défendre leurs anciennes positions théoriques pour maintenir leurs anciennes positions dans le monde matériel.
La compréhension de la séquence politique majeure qui est en train de se dérouler sous nos yeux se heurte et se heurtera d’abord
Les idées neuves capables de porter la lumière sur les extraordinaires transformations qui ont amené notre pays là où il est, ne gagneront pas avant le déclin des fausses.
Il faudra hâter leur mort d’abord, par le recours à un nouvel effort théorique pensant la politique à travers les actions de forces économiques, d’intérêts de classes et de groupes, d’influence impérieuse la loi du profit indifférente à toute morale, d’interaction internationale dans le cadre d’un système mondial plus soumis que jamais à la domination de ex-puissances coloniales, plus que jamais hostile à toute naissance d’un capitalisme périphérique et plus que jamais poussé par ses crises à élargir un monde du chaos qui tape désormais à nos portes dans la pleine inconscience.
Cela ne suffira pas. Car comme les idées fausses, les idées justes ont besoin d’un substrat social pour exister, de « porteurs de paroles », de réseaux, d’affichages médiatiques, de redistribution des forces sociales non selon, les idées et les clivages culturels absurdes qui divisent actuellement notre société et notre peuple mais selon leurs intérêts fondamentaux réels face à un ordre mondial et ses relais locaux qui sont en train de vider de tout contenu notre indépendance nationale.
Le départ de Tewfik n’est pas un nouvel épisode dans l’ancienne séquence historique, une phase supplémentaire dans cette baliverne de « luttes de clans », mais la fin d’une époque historique, l’épuisement de toutes les possibilités offertes et ouvertes par le 1er novembre, d’une unité interclasses possible du peuple algérien pour son indépendance.
Et dont la seule question politiquement viable sera celle de savoir comment poursuivre, dans les nouvelles conditions, la tâche de libération nationale, forcément heurtée et forcément soumise à des reculs et des avancées.
M. B.
http://www.impact24.info/les-vieilles-idees-et-lalgerie-nouvelle/
Constitutions à l’algérienne
Le 17 01 2O16
par Mohamed Bouhamidi
Derrière la méthode, se profilent toujours les questions de fond. Et tout d’abord, celle de savoir qui est en droit de parler et de s’exprimer sur le problème posé, de la validation des intervenants.
Sur ce projet de constitution, la méthode indique que les citoyens n’ont rien à dire sur ses propositions et son contenu. Mais vraiment rien à dire puisqu’ils n’ont pas à l’approuver par un vote, ce qui aurait supposé un débat public au moins entre partis politiques ou acteurs de la vie syndicale, des campagnes pour le oui ou le non, un décryptage ouvert et finalement un respect du rapport des forces dans la société.
La nouvelle-ancienne constitution sera approuvée par le parlement le sénat.
Donc sur un rapport de force électoral qui concernait d’autres aspects de la vie politique qui pouvait séparer les électeurs sur des détails, alors qu’ils pouvaient s’unir sur certains principes généraux.
Donc sur les résultats d’élections largement boycottées, à bon droit décriées et qui ont vu connu une inégalée de ce qu’on appelle l’argent sale. En clair l’achat par les oligarques locaux de l’investiture en vue d’obtenir un siège d’élu qui renforcerait « la force de captage des marchés et des appels d’offres. Des Khodorkovski miniatures quand le ou les grands Khodorkovski accédaient directement au sommet du pouvoir et aux immenses pactoles grâce à leurs liens privés avec ce même sommet et en dehors même des relations tribales traditionnelles.
Nous sommes vraiment en phase d’agrégation des groupes de plus en plus déterminés par leurs liens à l’argent. Alors même que le pouvoir sous le président Bouteflika apparaissait comme le pouvoir le plus régionaliste de notre histoire postindépendance, il portait en lui et dans ses pratiques la mise en place de la suprématie du lien par l’argent sur le lien social tribal même si pour cela il fallait raviver une base makhzen « modernisée » par une mise à jour marchande.
Nous avons donc une première indication, par le mode d’adoption que la réforme constitutionnelle ne concerne que ce néo-makhzen – quel autre terme pour désigner ce genre de gouvernance dans ses formes courtisanes comme dans l’émergence de ces groupes au-dessus des lois et des tribunaux dans la pure tradition des privilèges féodaux avec ses oligarque et ses Khellil visibles et invisibles ?.
N’empêche que néo-makhzen est né d’une décision du pouvoir de confier au président Bouteflika la réussite des réformes « capitalistes » qu’avait échouées le président Chadli. Sa survie en tant que caste dépend entièrement du maintien de la politique dans son cours et dans ses formes actuelles. Mais elle est dans l’incapacité de construire un arbitrage par les lois entre, non les intérêts, mais les appétits des différents groupes et coteries qui la composent.
D’autant que dans le pays, de très nombreuses entreprises familiales sont passés au stade d’entreprises capitalistes dans la mentalité de leurs propriétaires devenus actionnaire et dans leur mode de gestion et de management. Cette classe de capitalistes en formation ne regardera pas passivement les privilèges de cette caste corrompent la vie économique.
Le fossé se creusera inéluctablement entre l’avidité, les pratiques de pouvoir, les mœurs politiquesde ce néo-makhzen et les attentes des centaines de milliers d’étudiants, des centaines de milliers de cadres, des centaines de milliers de travailleurs et des milliers d’entreprises PLME/PMI ou des centaines de grands entreprises qui ont besoin d’un nouveau consensus national pour sauver le pays et l’Etat Algérie et se créer l’espoir d’une nouvelle dignité.
M. B
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Le serment politique sous l’égide des zaouïas
par Mohamed Bouhamidi
In Impact24 le 03.04.2016 16:30
Les zaouïas ont la peau dure. Les institutions culturelles et religieuses incarnant la Nation algérienne nouvelle en voie d’accouchement depuis novembre 1954, et toujours embryonnaires, n’ont pas tenu la route face à ces antiques lieux de négociations, de médiations et de consensus sociaux.
Les zaouïas ne sont, en soi, ni bonnes ni mauvaises. Elles sont justes des institutions utiles socialement et politiquement, des sociétés contraintes à de fortes solidarités pour produire et échanger les biens nécessaires à leur survie.
Kateb Yacine le dit d’une façon inégalée en puissance dans un texte publié en 1961 dans Le Monde Diplomatique.
Restons-en simplement à cette idée que les zaouïas sont des structures des époques d’avant la révolution industrielle, d’avant les grands conglomérats industriels, d’avant le capitalisme qui nous posa le défi de la domination coloniale.
Dans le langage classique, nous aurions dit qu’il s’agit de structures culturelles, religieuses et éducatives des sociétés sous-développées. Je n’aime pas ce mot car il suppose que l’écart aux sociétés développées est un écart vers le meilleur, ce qui introduit un contenu moral subreptice.
En jouant ce rôle politique de blanchir Chakib Khelil, ou adouber tout autre ancien ou futur candidat à la présidence, les Zaouïas abolissent les avancées politiques réalisées par la révolution algérienne : la naissance de partis politiques nationaux, transcendant régionalisme et identités ethno-religieuses.
Car c’est bien cela la plus grande avancée culturelle de la révolution nationale : la naissance et la consolidation de la conscience nationale.C’est mieux dit par Fanon : « Le plus haut degré de la culture nationale, c’est la conscience nationale ».
Nous retournons à la conscience patriarcale, tribale et ses symboles dans leurs fonctions d’égide religieuse du pouvoir politique.C’est une démarche de suprématie d’un groupe, d’un clan, d’une faction à l’intérieur d’une même société, la nôtre. C’est une démarche égoïste de classe, au détriment de la nation et de la collectivité nationale. C’est une démarche de fragmentation sociale et non de cohésion en vue de régler précisément ce qui nous a empêché de lutter à armes égales avec le colonisateur : le sous-développement.
Nous ne sommes plus dans la configuration d’un rassemblement national pour combattre le sous-développement mais dans celle de la lutte des classes.
Sauf que le terme de classe ne rend pas compte d’une lumpen-bourgeoisie en incapacité absolue de se transformer en classe positive car le capitalisme périphérique dans les ex-colonies est lui-même impossible. En tous cas, sans l’affrontement continu avec le rapport colonial qui fait de nos pays un marché des matières premières et un débouché pour les industries occidentales.
Sans le développement économique solidaire qu’on a appelé socialisme par défaut, par absence d’un concept qui rende compte de l’alliance de la justice et la mobilisation des moyens nationaux.
C’est cela le contenu essentiel de l’image de Khellil ou d’autres responsables avant lui, instrumentalisant les zaouïas rétrogrades pour recréer un Makhzen détruit à la racine par la résistance nationale puis par la révolution algérienne.Zaouïas rétrogrades, car des confréries de résistances et de combat, il y en a eu derrière Abdelkader, Bouamama, Boumezrag, El Haddad etc. ou encore, derrière, l’ALN.
Tout comme des zaouïas se sont faites auxiliaires de la conquête française ou de la guerre faite à notre peuple de 1830 à 1962.
M. B.
Valls, et les Grecs du monde
In Impact24, le 10.04.2016
En quelques heures, le ton de M. Valls à l’endroit de l’Algérie a changé.
L’homme venait dire ses regrets du refus de visas à des journalistes français. Comprenez, faire la leçon à un gouvernement local qui a tant donné à la France et ses entreprises asphyxiées, tous présidents confondus depuis la dernière réélection de Chirac.
Il arrivait chez nous, conforté par cette presse française déchaînée, dans un remake de V. Hugo sermonnant Bugeaud : « « Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde… ».
Cette presse française qui n’a imputé à Laurent Fabius aucune responsabilité pour les escroqueries de son fils.
Pour Poutine ou Bouteflika, si.
La responsabilité strictement individuelle au regard du droit, c’est pour les civilisés. Pour les barbares, seule la responsabilité collective peut être efficiente, depuis le massacre des tribus entières pendant la conquête et l’extermination de nos villages et de toute vie agraire dans nos montagnes entre 1958 et 1962.
Derrière l’attitude « morale » et indignée de la presse française, se profile la même vieille idéologie raciste d’une suprématie occidentale sur nos peuples attardés et vivant dans les ténèbres.
Cette « vertu » les poussera-t-elle à exiger du journal Le Monde le remboursement à l’Algérie, de l’argent de la dictature forcément sale, encaissé, en 2012 pour un publi-reportage élogieux maquillé en dossier ?
Valls a vite corrigé sur le sol algérien: l’amitié algéro-française « dépasse les petits problèmes ».
Entre temps, le ministre Bouchouareb, a finalement débloqué le dossier de l’usine Volkswagen prévue à Relizane. D’autres puissances économiques apparaissent-elles en Algérie en réclamant une gestion de l’économie selon les règles de la compétitivité entre puissances industrielles étrangères et non selon les amitiés politiques et leur suite d’arrangements souterrains ?
L’opinion s’interroge depuis longtemps sur les avantages uniques dont bénéficient les entreprises françaises et cette histoire du Monde ravive la plaie.
Avec le malaise supplémentaire d’apprendre que dans notre gouvernement, le ministre Bouchouareb était chargé de faire prévaloir les intérêts de la France au nom de cette amitié.
Le déblocage du projet Volkswagen a-t-il changé la donne en quelques heures ?
Les pouvoirs algériens ont-ils mesuré le désastre pour leur maintien d’une amitié algéro-française qui consiste à pomper nos ressources, notre argent, pour soutenir à côté les positions systématiquement hostiles à l’Algérie dans toutes les questions internationales ?
Une telle alliance ne pouvait tenir sans que de puissants intérêts locaux, dans notre pays, trouvent leur bénéfice dans cette relation sadomasochiste.
La scène de ménage laissera place à une amitié plus ardente encore.
Valls partira avec de nouveaux contrats, de nouveaux avantages soutirés à un pouvoir algérien coincé par la crise des prix du pétrole.
Lui-même, coincé par la crise du capitalisme qui frappe tout le monde occidental, est obligé de faire des courbettes en attendant un traitement à la syrienne pour s’emparer directement des ressources et créer les gouvernement locaux rêvés par de Gaulle dans son discours du 4 novembre 1960.
Il a dû affirmer qu’il n’était pas sur la ligne du journal Le Monde qui survit dans une vocation imméritée de sermonneur démocratique.
Mais tout le « monde démocratique » français, du Monde au Figaro en passant pas les philosophes-clones de V. Hugo, lui rappelle la tâche historique essentielle : faire marcher la civilisation sur la barbarie. La cinquième colonne est en place !
« Ce n’est pas encore mûr, ce n’est pas encore mûr ! », semblent répondre es politiques, les militaires et les services spéciaux…
M. B
source : http://www.impact24.info/valls-grecs-monde/
Publié dans Algérie politique, reconquêtes néocoloniales, algérie france culture neocolonialisme, algérie france
Valls, Bouteflika, indignations et politique
Publié le 17 avril 2016 par bouhamidi mohamed
Par Mohamed Bouhamidi
In Impact24 le 17 04 2016
Tels de grands marins, les maîtres invisibles de Valls peuvent aller contre notre indignation avec la force de notre indignation.
Comme émotion, l’indignation dit beaucoup sur les êtres qui réagissent et rien sur l’objet concerné : la nature du rapport françalgérie qui s’est instauré depuis la mort de Boumediene mais qui approche d’une proportion d’exclusivité depuis dix-sept ans. Avec une remarquable constance dans la fidélité des gouvernants algériens à l’idée d’une relation exceptionnelle, stratégique, hors-normes etc. Du Jacques Brel sur partition politique.
Un rapport régulièrement ponctué par des gestes d’abaissement du gouvernement algérien, dont le point culminant fut l’annonce par A. Juppé d’un accord algérien de célébrer avec retenue le cinquantenaire de notre indépendance.
Même pour le plan symbolique, qui nous assure la base de notre Être national, nous n’étions plus les maitres exclusifs de notre pays mis en cogestion.
Avec la France, avec l’U.E, avec d’autres institutions.
Est-ce la gouvernance mondiale, avancée comme modèle désirable et modèle unique ? Peut-être mais c’est aussi annoncer que notre voie a déjà été pensée pour nous.
C’est une forme de l’acceptation d’une gouvernance internationale. Tout à fait dans la perspective de la globalisation qui consiste à passer de la mondialisation concrète du commerce à la mondialisation de sa « gouvernance».
La politique française à l’endroit de l’Algérie a consisté à nous sortir pas à pas, de façon insensible et indolore de la politique de sortie du sous-développement vers une intégration à la communauté internationale.
La lutte contre le sous-développement est le seul contenu possible d’une idée d’indépendance.
Bref, l’idée fondamentale sur laquelle avance le système capitaliste qui gouverne le monde et ses politiciens de service, est passé : les peuples ne sont pas maîtres de leurs territoires.
Et il n’est pas question d’opposer un intérêt national à la volonté de la « communauté internationale », pseudo de guerre de l’impérialisme.
C’est à l’intérieur de ce carré que nos dirigeants peuvent s’agiter ou se soumettre, pas en dehors, comme la grenouille affaiblie par le confort de l’eau tiède qui bientôt l’ébouillantera.
Dans la tête des Valls, Hollande, Sarkozy, Juppé, partout dans le monde, les pays n’appartiennent plus à leurs peuples depuis longtemps.
Le geste de Valls, aussi vil qu’il soit, ne relève pas de la morale. Il est un épisode supplémentaire dans la chaîne d’efforts français pour amener le pays Algérie vers le désarmement industriel, agricole, politique, culturel, et le remettre dans la situation de base de la relation coloniale : un marché de matières premières et un débouché pour ses marchandises.
Les équipes qui ont servi les buts de la France néocoloniale en croyant la dribbler ont achevé le travail dont elles étaient capables. Le temps est venu de renouveler les têtes, les apparences, les discours pour réaliser les mêmes buts fondamentaux : avoir un Etat vassal en Algérie.
Il vient de frapper, à l’intérieur du pouvoir, le groupe dont les sources d’enrichissement restent les contrats et les marchés concédés par l’Etat.
Ceux-là même qui ont tant donné à la France néocoloniale, croyant à un deal gagnant-gagnant, quand on ne leur laissait que le choix de fondés de pouvoir.
Il vient d’apporter sa contribution à la transition pour amener au pouvoir le candidat de la fin de l’Etat national parmi les forces dont l’argent est devenu multinational et déterritorialisé.
La seul bonne question est de savoir quoi et comment faire en tant que peuple pour défendre l’idée d’indépendance de notre pays et son Etat national et si le groupe dirigeant a encore la capacité de participer un tant soit peu à cette tâche ?
Et l’indignation sans intelligence n’est pas la meilleure alliée.
M. BSource : http://www.impact24.info/valls-bouteflika-indignations-politique/
Publié dans algérie france, reconquêtes néocoloniales
L’idée de modèle du gouvernement algérien.
Publié le 24 avril 2016 par bouhamidi mohamed
In Impact24 le 24 04 2016
Par Mohamed Bouhamidi
Avec le retour de l’Iran sur le marché des hydrocarbures, une sortie algérienne de la crise financière devient impossible à court terme.
Pour affronter toute crise, il faut avoir une liberté minimale d’action sur les secteurs affectés par la crise.
Non pas sur les facteurs fondamentaux tels que les décisions politiques d’utiliser la surproduction pour casser des ensembles politiques et des Etats comme la Russie ou l’Iran.
Ces facteurs ont même l’intérêt pédagogique de montrer que « l’économie de marché » est le leurre par lequel on nous vend un rapport de suprématie entre forces inégales de production de nos pays et des pays capitalistes développés.
Et à l’intérieur de ce rapport de suprématie, construit par l’histoire des conquêtes coloniales et entretenu par toutes ces nouvelles guerres, de tant de générations et de tant de combinaisons hybrides.
La parade du gouvernement de convoquer une assemblée d’experts pour imaginer un « nouveau modèle de croissance » est pathétique.
Un modèle, c’est soit une construction théorique qui pourrait servir à comprendre des phénomènes difficiles à appréhender comme la météo. Mais le modèle ne fait pas le vent, ni la pluie ni le ciel ensoleillé. Il sert juste à repérer les difficultés théoriques ; et c’est déjà beaucoup, mais pour la science et, plus tard, pour prévoir chapeau ou parapluie.
Ou un modèle peut être un but à atteindre et, pour faire court, dans ce cas, le modèle est par définition impossible à atteindre puisque nous sommes à son extérieur.
L’Europe capitaliste peut être le modèle du pouvoir et de ses opposants mais il ne peut pas être leur réalité.
C’est leur fantasme. Généré par leur complexe de colonisé, par leurs désirs pathologique de mondialisation. Par mimétisme culturel. Le plus souvent par intérêt matériel des individus, des familles, des groupes et des classes. En un mot, par aliénations culturelles, politiques, économiques et sociales.
Le gouvernement et sa commission d’experts ne mobiliseront pas plus que des fantasmes de croissance, assorties d’un appel supplémentaire à la discipline dans l’austérité et à serrer encore plus les budgets sociaux.
Le gouvernement continuera à subventionner les importations en maintenant la parité administrative du dinar. Calculez ce que gagnent en subventions les productions étrangères, les importateurs et les circuits informels qui récupèrent les marchandises, quand il faut payer cent dinars l’euro dans les banques, et cent quatre-vingt dans le marché informel.
Ils doivent rire les cambistes informels quand on leur propose d’ouvrir des guichets officiels et perdre un taux de quatre-vingt pour cent de profit parce que la transformation de la valeur des marchandises importées et, donc, les banques d’Etat restent leur principale source d’approvisionnement.
Bref, d’une certaine façon, le gouvernement n’a plus d’emprise sur l’économie réelle du pays.
Son administration est bridée par les accords extérieurs et le gouvernement rêve d’ajouter aux verrous qui le paralysent un accord avec l’OMC.
La commission sortira de ses travaux avec cette grande idée que l’économie de marché est la bonne solution que nous n’avons pas su appliquer.
Et le modèle restera modèle.
C’est bien dans sa nature.
M.B
Jusqu’au bout de l’aliénation
Publié le 5 juin 2016 par bouhamidi mohamed
In Impact24 le 05.06.2016 19:00
Par Mohamed Bouhamidi.
De quels leviers économiques dispose le gouvernement algérien pour changer les orientations fondamentales qui l’ont obligé à chercher un nouveau modèle de croissance ?
Notez bien qu’il s’agit de croissance, c’est-à-dire d’augmentation de la richesse produite, ou PIB. Avec de savants calculs pour savoir combien d’emplois peuvent créer un point ou un demi-point ou encore trois de PIB.
C’est vrai pour les économies développées, productrices, déployées sur tous les secteurs d’activités avec les échanges inter-secteurs et entre tous les niveaux.
Difficile de faire des projections sensées, avec prévisions, pour des économies dépendantes des importations des produits finis pour la consommation des populations et de produits bruts ou semi-finis pour les activités productrices.
Ce sont des économies vassales, pour emprunter un mot de lexique politique et des rapports féodaux. Pour bien indiquer qu’aux raisons objectives d’inégalités de développement s’ajoutent une soumission voulue.
Jamais, ces rapports ne se sont accompagnées d’autant de verbiages sur les « valeurs », la « démocratie », la « bonne gouvernance », autant de productions idéologiques chargées de justifier la « bienveillante » surveillance du G7 sur nos pays
Chargées de réécrire, pour notre époque, un nouvel épisode agréable du Prospero mondialisé et de nos Caliban convertis aux « sciences du FMI ».
Dans notre cas cette richesse peut augmenter ou se contracter sans que nous ayons le moyen d’agir, selon les prix du pétrole de 2013 ou ceux de 2016.
Le pays sera riche ou pauvre, selon que les économies réelles et développées auront besoin de plus ou de moins de pétrole. Ou de cacao, ou de bois précieux, ou de café.
mais sur tous les continents, nous consommons, leurs légumes, leurs fruits, leurs poissons congelés, , leurs céréales, leurs habits et tennis, leurs voitures, avions, téléphones, leurs engrais, leurs insecticides, leurs cosmétiques, leur langage, leurs pseudo-idéaux, leurs pseudo-valeurs…
Quand nous restons des producteurs de produits locaux et exotiques, le Prospero mondialisé génère les produits d’un marché unique et uniformisé de Bamako à Caracas en passant par Shanghai.
Et génère avec les produits les représentations et les illusions de valorisation de soi de les posséder. Notre propre estime de nous-même est dans l’exhibition du génie des autres.
Cette aliénation totale finit à ce niveau mais commence ailleurs. Très précisément dans l’emprunt du langage construit pour dire les logiques perceptibles et sensibles de la vie des autres sociétés et des autres économies sans dire d’ailleurs leurs vérités et leurs réalités.
Le modèle de croissance c’est utile pour les pays du G7 maîtres des grandes et des vraies variables de l’économie et la première d’entre elles, l’adossement et la valeur du dollar et ensuite de l’Euro.
Notre problème n’est pas un modèle de croissance dont nous ne maîtrisons aucun facteur. Pire, je le redis, les pouvoirs publics, financent les importateurs en maintenant un change administré de cent dinars pour un Euro quand la valeur réelle est autour de cent quatre-vingt dinars pour un euro. Un surprofit de quatre-vingt pour cent pour les importateurs et pour les économies étrangères.
Cette idée de modèle de croissance, c’est du vent. Même avec un pétrole à $150 nous n’avons pas créé d’emplois, à l’intérieur de cette perception.
Nous avons besoin de développement, c’est-à-dire mettre notre argent dans nos usines et dans nos champs, pas dans les produits des usines et des champs d’économies étrangères.
Et la retraite à 65 ans annoncée par Haddad, Patron des patron, devenu porte-parole du gouvernement et caïd du pouvoir, n’est qu’un autre mode du mimétisme des débats européens et de l’emprunt idéologique.
L’aliénation. Jusqu’au bout.
source :
http://www.impact24.info/jusquau-bout-de-lalienation/
Publié dans Algérie politique
L’unicité ultralibérale algérienne
In Impact24 le 12.06.2016 17:00
Par Mohamed Bouhamidi.
Au milieu du chemin, la plupart des gens auront oublié le point de départ.
Les uns parce qu’ils sont nés après, juste après ou longtemps après.
Les autres auront oublié, le début du processus qu’est une marche. C’est une marque de nos temps. Une extraordinaire avalanche quotidienne d’informations nous fait oublier ce que nous avons appris la veille. Tous les jours, on nous sélectionne, l’information-clé, l’information sensationnelle, l’information qui explique tout et annule l’explication qui nous expliquait tout la veille.
Dans cette sorte d’annulation de la hiérarchie dans l’importance et de la portée des événements, nous perdons deux possibilités.
Premièrement, celle de la perception des faits, selon la tradition et les intérêts de notre groupe, de notre classe sociale ou de notre peuple. Nous adoptons la perception de ceux qui fabriquent l’information. Qui se souvient que les titres de presse reflétaient, jadis, des opinions publiques diverses et que leur lutte politique, sociale, culturelle, engendrait pour les groupes, les journaux nécessaires à leur cohésion et leur action dans les partis, les syndicats, les associations etc.
La chute du Mur de Berlin, a consacré, dans le monde entier, la défaite du camp socialiste et a laissé le champ libre à l’hégémonie de la pensée correcte et unique et au règne d’une presse consacrée à la défense « des valeurs » et de « l’axe du bien ».
Deuxièmement, celle de nous construire un récit de nous-mêmes, de notre groupe social, notre classe ou notre peuple, de nous construire une mémoire et des repères, qui nous permettraient une perception cohérente des phénomènes politiques et sociaux et de nous orienter. C’est la mémoire des autres, alors qui nous façonne dans nos opinions et nous fabrique notre récit.
Le Mur de Berlin, n’est pas tombé juste en Allemagne. Il est tombé dans chacun des pays de notre univers. La victoire du camp occidental, a d’abord donné au mot « démocratie », le contenu exclusif « d’économie de marché ». Et s’agissant bien d’une victoire des démocraties occidentales, la victoire de l’ordre démocratique » devait se traduire par la victoire l’économie de marché sur tous les terrains.
D’ailleurs quel pays aurait pu trouver pour ses projets de développement, une aide semblable à celle de l’ex URSS ?
Au monde unipolaire ne pouvait que correspondre le triomphe de la pensée unipolaire.
Chez nous aussi.
Qui se souvient que de grandes luttes sociales, totalement fusionnées, dans la lutte pour la décolonisation et la libération de notre patrie ont permis de vivre et de s’exprimer à une opinion socialiste et à des opinions favorables à l’industrialisation autonome et indépendante du pays ?
Comment raconter à ceux nés en cours de chemin que le virage pro-libéral des années 1980, a organisé la mort des organisations de lutte sociales porteuses de cette vision non capitaliste du monde ? Comment dire que le terrorisme a mis les travailleurs devant le choix de la mort immédiate de ses couteaux ou de la mort lente sous les réformes du pouvoir ?
Et que de là vient aussi, cette absolue liberté du pouvoir et de ses experts d’imposer leurs fausses « solutions » que dans les termes des croyances ultra libérales.
Mais où sont les autres opinions ? Elles viendront avec les luttes sociales.
Quand pour la grande masse de notre peuple il faudra choisir entre un « modèle » taillé pour le profit de quelques-uns ou une voie ouverte au bien de tous.
M.B
L’école algérienne entre Bac et Beylik
In Impact24 le 19.06.2016 21:00
par Mohamed Bouhamidi
Suspendre l’accès aux réseaux sociaux est une mesure de temps de guerre. Ou un acte de prévention d’une menace élevée sur l’ordre public. Ou la réaction à un risque d’effondrement de l’Etat par un coup d’Etat, une attaque terroriste majeure, etc.
En tout cas, on n’interdit pas pour les ordinateurs « ordinaires » pour le laisser disponible sous certaines applications, notamment pour téléphones portables.
Même en Syrie, l’Internet fonctionne. Il a été volontairement interrompu, une seule fois pour contrer une attaque sur Damas par des opérations préventives. Aucune personne capable de multiplier deux par deux, n’ira comparer la complexité de cette guerre universelle faite à la Syrie, avec des combattants issus de quatre-vingt pays, à la mise sous scellés de quelques documents sélectionnés par un groupe d’enseignants.
Quelqu’un avait suggéré d’appliquer aux enseignants chargés de choisir les sujets du bac, les mesures de protection des jurés des tribunaux criminels : les isoler le temps que les épreuves se déroulent. Serait-il si insurmontable pour l’Etat de trouver alors une centaine de fonctionnaires de police et de gendarmerie suffisamment honnêtes pour faire parvenir les sujets aux centres d’examens ?
Car le problème est là : le gouvernement algérien vient d’avouer qu’il ne peut se garantir, à lui-même, un degré minimal d’honnêteté de ses fonctionnaires.
Les rituelles fuites du bac font partie de son cérémonial d’inquiétude de passage en même temps vers l’âge des responsabilités sociales accordées aux élites et vers cette élite qualifiée par le savoir qui tient son statut par ses mérites. Non par la naissance, ni par la fortune. Cette cérémonie de passage est aussi solennelle que tous les rites de passage et d’intronisation aux fonctions dirigeantes dans les sociétés au cours de toute l’histoire de l’humanité.
Le bac est autant un examen qu’un mythe social. Les fuites sont la part du destin dans la réussite ou dans l’échec, la part de « pas de chance » qui permet de survivre à l’échec. Elles n’existeraient pas, que les candidats et la rumeur publique les inventeraient.
Nous ne sommes absolument pas dans cette tradition de la solennité instituant l’idée d’élite par le mérite nécessaire à la bonne marche de l’ordre social.
Mais dans le spectacle burlesque de nos gouvernants découvrant que leurs pratiques de la triche généralisée avec les élections, les lois, les interdits et, surtout, avec la morale de gouvernement incompatible avec l’enrichissement par l’usage des fonctions de l’Etat. Nous sommes passés depuis longtemps de l’ordre de l’Etat à la culture du Beylik.
C’est un aveu terrible sur l’étendue de la gangrène qui a saisi ses organes ou l’ampleur des métastases qui les ont atteints. Chacun choisira le diagnostic. Je me souviens que les analystes ont utilisé les deux images effrayantes du cancer et de la gangrène pour caractériser le phénomène de la corruption.
On nous a servi qu’il s’agit d’un complot des islamistes, décidés à liquider la ministre de l’Education. Ce serait bien la preuve que des fonctionnaires occupent des postes non au service de l’Etat mais de leurs factions. Que ces factions soient politiques ou claniques, familiales ou maffieuses.
La règle est devenue que le choix porté sur un individu pour occuper une fonction administrative ou élective devient automatiquement le droit pour sa famille de l’exercer pleinement avec lui.
Les diplômes, le mérite, la sacralisation du bien collectif, pouvaient avoir encore du sens avant que l’Etat ne devienne le théâtre d’une farce dansante autour du butin.
Les fuites du bac, à ce niveau, montrent simplement que l’Etat est devenu incapable de se présenter comme le garant des sacralités sociales, sous l’effet de la prédation et du dérèglement des gouvernants.
M.B
Source : http://www.impact24.info/lecole-algerienne-entre-bac-beylik/
Publié dans résistances culturelles
Publications en rapport avec l’histoire du « Hirak »
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الطاهر المعز-الحرب التجارية : حلقة من المعارك الأمريكية للسيطرة على العالم

الحرب التجارية – حلقة من المعارك الأمريكية للسيطرة على العالم : الطاهر المعز
خطاب ليبرالي وممارسات حِمائية
عندما تَوَلَّى دونالد ترامب منصبه كان الإقتصاد الأمريكي يُوفِّرُ وظائف – رغم الهشاشة والطابع المُؤقّت لتلك الوظائف – وكان الإقتصاد ينمو ( وليس في حالة ركود ) والتضخم يقترب من مُستوياته المُعتادة، ولكن سرعان ما أعلن دونالد ترامب فَرْضَ الرّسوم الجمركية أو ضرائب الاستيراد على جميع الشركاء التجاريين، بذريعة تقليص العجز التجاري – وبالمناسبة ضَخَّم ترامب قيمة العجز مع العديد من البلدان وأعلن إن الفائض التجاري لكندا مع الولايات المتحدة 200 مليار دولارا، وهو لا يتجاوز في الواقع ستين مليار دولارا سنويا – وتجاهل دونالد ترامب إن المُستهلكين الأمريكيين سوف يُسدّدون هذه الزيادات، وهي الأكبر في تاريخ الولايات المتحدة، وقد يتجاوز حجمها تريليون دولار سنويًا، أو ما يعادل سبعة آلاف دولارا للأسْرَة الواحدة سنويا، وتُؤَثِّرُ هذه الزيادة خصوصًا على الأُسَر الفقيرة ومتوسّطة الدّخل، وكان دونالد ترامب قد أعلن (خطاب حديقة الورود) « الولايات المتحدة شهدت أعظم فترات ازدهارها خلال العقد الأخير من القرن التاسع عشر » أي لمّا كان العُمّال يعملون بدون راحة أسبوعية (سبعة أيام في الأسبوع)، وكان عمل الأطفال – بسبب الفَقْر – مُنتشرًا، وكانت النقابات محظورة إلى حد كبير، وكان متوسط العمر المتوقع يَقِل عن خمسين عاما، كما ادّعى دونالد ترامب إن ضريبة الدّخل كانت سبب « الكساد الكبير » الذي تلا الأزمة المالية الكبرى سنة 1929، وتجاهل دونالد ترامب فترات الإزدهار الرأسمالي الأمريكي لفترة ما بعد الحرب العالمية الثانية ( من 1945 إلى 1973) وتدخّل الدّولة لإعادة توزيع الثروة ضمن السياسات الليبرالية الكينزية…
من جهة أخرى كان الإقتصاد الأمريكي، طيلة تاريخه خلال الحقبة الرأسمالية، من أكثر اقتصادات العالم حمايةً، وسببت الرسوم الجمركية نموًا أعلى من خلال تعزيز معدل الادخار الوطني، طوال القرن التاسع عشر وحتى القرن العشرين.
يتجاهل دونالد ترامب التّقسيم الدّولي للعمل، في إطار العلاقات غير المتكافئة بين دول المركز الرأسمالي ( الدّول الإمبريالية) وبلدان المُحيط الواقعة تحت الهيمنة، وأدى هذا التقسيم إلى تصدير الصناعات المُلَوِّثة والتي تتطلب عمالة كثيفة وقليلة التّأهيل نحو البلدان الفقيرة وخصوصًا إلى آسيا، وأدى تطبيق الرّأسمالية في الصين إلى انضمامها إلى منظمة التجارة العالمية واستقبال الإستثمارات الأجنبية وأصبحت الصين مصنع العالم وجَنّة الشركات الصناعية الأمريكية ( وغير الأمريكية) التي تصنع في الصين وتُرسل إنتاجها إلى الولايات المتحدة وأوروبا وغيرها، وأدّى التوسع السريع في التجارة الأمريكية مع الصين وغيرها من دول الأطْراف بنهاية القرن العشرين وبداية القرن الواحد والعشرين إلى انتقال العديد من قطاعات التصنيع إلى آسيا – والصّين بشكل خاص – وفقدان الوظائف في قطاعات المنسوجات والملابس والأحذية والكيمياء وصيانة السفن والسيارات وتدمير نقابات قطاع التصنيع في الولايات المتحدة وأوروبا…
أدّى الإعلان عن خطة دونالد ترامب وبداية تطبيق التعريفات الجمركية في التجارة الدولية إلى تخلّص أثرياء وحكومات وشركات شرق آسيا من الأسهم والسندات الأمريكية، مما أدّى – بين من الرابع والسابع من نيسان/ابريل 2025 – إلى انخفاض مؤشر ستاندرد آند بورز 500 بأكثر من 17% وهناك علاقة سَبَبِيّة بين الحَدَثَيْن، ولا يمكن تَجَاهُل الترابط المُعقد للاقتصاد العالمي ولآليات التجارة الدولية، حيث تستورد الولايات المتحدة سلعًا بقيمة 3,3 تريليون دولارا سنويا، وتستورد الصناعات الأمريكية العديد من المكونات لتجميع المنتجات النهائية التي يُعاد تصدير جزء منها، ويعمل عشرات أو مئات الآلاف من العُمال الأمريكيين في الصناعات والزراعة التي تعتمد على التصدير، وقد تتعرض هذه الصناعات والقوى العاملة بها إلى الإضطراب والرّكود، في حال فرضت الحكومات الأجنبية – من الحُلفاء كالإتحاد الأوروبي وكوريا الجنوبية وكندا واليابان وأستراليا… أو من الخُصُوم كروسيا والصين… – رسومًا جمركية مُضادة على الصادرات الأمريكية من المنتجات الزراعية والسلع الفاخرة والسيارات والتكنولوجيا والطيران وما إلى ذلك، وسوف يتأثر المستهلكون الأمريكيون بتداعيات هذه الرسوم الجمركية على جميع القطاعات من خلال ارتفاع أسعار الإلكترونيات والملابس والسيارات والمنتجات الغذائية وغيرها، وقد تضطرّ قطاعات الصناعة وتجارة التّجزئة والزراعة – التي تعتمد على التصدير مثل فول الصويا والذّرّة – إلى خفض وارداتها وهي خطوة قد تؤدِي إلى فقدان الوظائف، وأظهرت التجارب إن سياسات التجارة الحمائية تُسفِرُ عن عواقب غير مقصودة، مثلما حصل مع قانون سموت – هاولي للرسوم الجمركية للعام 1930 ( خلال فترة الكساد الكبير) وأدى إلى انكماش حاد في التجارة العالمية وتفاقم الأزمة الاقتصادية، أما اليوم فإن الاقتصاد العالمي أكْثَر ترابطًا، ومن المُستبْعَد أن تقتصر عواقب الحماية على بلد واحد وأن يتأثر جانب واحد بالتداعيات الاقتصادية والجيوسياسية، وقد تُنفِّرُ الولايات المتّحدة – بفعل عدم احترام الإتفاقيات والمواثيق الدّوْلِية – بعض حُلفائها، مما قد يؤسّس لتحالفات بديلة قد تُؤَدِّي إلى تغْيِير ميزان القوى العالمي…
مكانة الدّولار في منظومة الهيمنة الأمريكية
فرضت الولايات المتحدة الدّولار وجعلت منه العملة الإحتياطية الدّولية، وهدّد دونالد ترامب الدّول الأعضاء في مجموعة بريكس إن هي تَخَلّت عن الدّولار في معاملاتها التجارية وتحويلاتها المالية، غير إن هيمنة الدّولار ( على التجارة والتحويلات المالية واحتياطي المصارف المركزية…) تقتضي أن تُزَوِّدَ الولايات المتحدة جميع دول العالم بالدّولارات من خلال توريد منتجات تلك الدّول وسداد ثمنها بالدّولار، وتؤدّي هذه العملية ( تزويد الدّول بالدولارات مقابل شراء سلعها) إلى ارتفاع واردات الولايات المتحدة ( باستخدام عملتها المحلية التي تُشكل الإحتياطي النّقدي العالمي) وانخفاض صادراتها ويُؤدّي ذلك إلى مكاسب جيوسياسية هامة، وكذلك إلى انخفاض نشاط الصناعات الأمريكية وإلى ارتفاع العجز التجاري الأمريكي، وقد تعمد الولايات المتحدة إلى تخفيض قيمة عملتها ( الدّولار) لدعم صادراتها وإعادة تنشيط القطاع الصناعي الأمريكي، غير إن الحفاظ على وضع الدولار كاحتياطي عالمي يتطلّب إغراق العالم بالدّولارات من خلال إدارة عجز تجاري هائل عبْر تدفق الدولار الأمريكي إلى الخارج مقابل سلع يحتاجها السّوق في الولايات المتحدة…
قد تكون التعريفات الجمركية أداةً للتفاوض مع الشركاء التجاريين وطريقة لاجتذاب الإستثمارات إلى الولايات المتحدة التي انهارت بنيتها التحتية الصناعية على مدى العقود الماضية، فقد فَقَدَ قطاع الصناعة نحو خمسة ملايين وظيفة خلال العقدَيْن الأولَيْن من القرن الواحد والعشرين، بينما زاد عدد سكان الولايات المتحدة بنحو ستين مليون نسمة، وأنتجت الولايات المتحدة سنة 1973 نحو 111,4 مليون طنًّا من الصلب، وكان القطاع يُوظف 650 ألف عامل ومهندس وفَنِّي وانخفض الإنتاج إلى أقل من ثمانين طن وانخفض عدد العاملين بالقطاع إلى 142 ألف عامل بعد خمسة عُقُود.
الفجوة بين الإيرادات والإنفاق
تحتاج الحكومة الإتحادية إلى عائدات ضريبية ضخمة لتمويل الإنفاق الحكومي الضّخم، ووجب تعويض انخفاض إيرادات الضرائب – بسبب التخفيضات والحوافز الضريبية التي تمنحها الحكومة للشركات الكُبرى والأثرياء – بإيرادات أخرى، ومن ضمنها التعريفات الجمركية، لتمويل النفقات المرتفعة للحكومة الإتحادية التي قَلّصت ميزانيات الخدمات العمومية والوكالات الحكومية وخفضت عدد الموظفين، لكنها رفعت حجم النفقات الحربية، إذ تبلغ ميزانية وزارة الحرب قرابة تريليون دولارا، وتعمل الولايات المتحدة على تمويل صناعتها الحربية من قِبَل الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، ومعظمها دول أوروبية لم يَسْتَثْنِ دونالد ترامب صادراتها إلى الولايات المتحدة من الرّسُوم الجمركية الإضافية…
تأثير الحرب التجارية على أسواق الأسهم
انخفضت قيمة الأسواق العالمية وانخفض سعر الذهب وتراجَعَ سعر الدولار، غداة تطبيق الرسوم الجمركية، بنهاية الأسبوع الأول من شهر نيسان/ابريل 2025، وتراجعت أسعار النفط من 75 إلى 66 دولارا لبرميل خام برنت وكذلك النحاس، وتراجعت أسهم المصارف في العديد من البلدان، كما ارتفع مؤشر التقلبات (فيكس)، ورفع محللو المصارف تقديراتهم لاحتمال حدوث ركود عالمي هذا العام ( 2025)، وفق موقع صحيفة إيكونوميست ( 07 نيسان/ابريل 2025) التي أعلنت إن الحرب التجارية التي أطلقها الرئيس الأميركي دونالد ترامب جعلت المستثمرين يتوقعون تباطؤا اقتصاديا حادا، وانخفض مؤشر راسل 3000، أحد أوسع مؤشرات سوق الأسهم الأميركية، بنسبة 5% بعد يوم من قرار ترامب ثم انخفض بنسبة 6% عندما أعلنت الصين أنها سترد بفرض رسوم جمركية بنسبة 34% على جميع السلع الأميركية، وانخفضت أسهم شركات السلع الاستهلاكية الأساسية والمرافق و شركات الطيران وشركات صناعة السيارات وغيرها سواء في أمريكا الشمالية أو في أوروبا واليابان أو ما سُمِّيت « الأسواق الناشئة ».
تداعيات مُدمّرة
أثار ردّ الصين على الرّسوم الجمركية الأمريكية وانهيار أسواق الأسهم العالمية، خصوصًا في آسيا وأوروبا، يوم الإثنين 07 نيسان/ابريل 2025، حيث انهارت البورصات الآسيوية ( بفعل توقيت افتتاحها قبل غيرها ) وتراجعت الأسهم وسندات الشركات الصينية، وانخفض العائد على سندات الخزانة إلى أقل مستوياته على الإطلاق، وتراجع مؤشر « شنغهاي المجمع 300 » للأسهم الصينية بنسبة 7,6% وهو أكبر تراجع يومي منذ 5 سنوات، في حين سجل مؤشر هانغ سينغ الرئيسي في بورصة هونغ كونغ ومؤشر الأسهم الصينية المسجلة في البورصة أكبر تراجع لهما منذ الأزمة المالية العالمية التي تفجرت خريف 2008، وفي اليابان، تراجع مؤشر نيكي الياباني إلى أدنى مستوى له خلال حوالي 18 شهرًا، بنحو 8,8% ثم 7,8% عند الإغلاق، وانخفض مؤشر المصارف بنسبة فاقت 17% خلال الجلسة…
هل يُعيد التاريخ نفسه؟
في أوروبا، فتحت البورصات الأوروبية يوم الاثنين 07 نيسان/ابريل 2025، على انهيار على غرار البورصات الآسيوية، وسجلت بورصة فرانكفورت تراجعا بنسبة 7,86% بعدما تراجعت بأكثر من 10% لوقت وجيز، في حين خسرت بورصة باريس 6,19%، وبورصة لندن 5,83%، وبورصة ميلانو 2,32%، والبورصة السويسرية 6,82%، والبلجيكية 5% وعبر بعض المُستثمرين والمُضاربين عن تخوفاتهم من حدوث أزمة مالية جديدة مثل التي حصلت خلال القرن العشرين أو الواحد والعشرين، وفق وكالة الصحافة الفرنسية و وكالة رويترز بتاريخ 07 نيسان/ابريل 2025، وهذه أهم الأزمات
انهيار بورصة « وول ستريت » بنيويورك 1929
اشتهرت الأزمة ب »الخميس الأسْوَد » الموافق ليوم الرابع والعشرين من تشرين الأول/اكتوبر 1929، بعد الإنهيار المفاجئ لهذه السوق الصّاعدة، وأدّى الإنهيار إلى خسارة مؤشر داو جونز أكثر من 22% من قيمته بين افتتاح وإغلاق حصة البورصة، واستمرت الخسائر لتُسجل يومَيْ 28 و 29 تشرين الأول/اكتوبر 1929 خسائر فادحة في أزمة مثّلت بداية « الكساد الكبير » في الولايات المتحدة وأزمة اقتصادية عالمية استمرّت عدّة سنوات، وأفضت إلى تدخّل الحكومة الأمريكية وإلى تطبيق مقترحات جون مينارد كينز بريادة الإنفاق الحكومي للخروج من الأزمة، وفي ألمانيا اغتنم اليمين المتطرف الأزمة والظّروف الدّاخلية لألمانيا المهزومة خلال الحرب العالمية الأولى، ليفوز النّازيّون بالإنتخابات سنة 1933…
أزمة 1987 أو الاثنين الأسود
انهارت بورصة وول ستريت يوم 19 تشرين الأول/اكتوبر 1987 على خلفية عجز كبير في الميزان التجاري الأميركي وفي الميزانية، بالإضافة إلى ارتفاع أسعار الفائدة، وخسر مؤشر داو جونز 22,6% مما أثار حالة من الذعر في الأسواق العالمية.
أزمة سنة 2000 أو انفجار فقاعة التكنولوجيا
ضخّ المُضاربون الجَشِعُون ( المُغامرون ) مبالغ كبيرة في شركات لا تزال في بداياتها، في بداية القرن الواحد والعشرين، مما أدّى إلى حدوث ما يُسمّى « فُقّاعة » ( أي صحّة ظاهرية وعِلَل كثيرة مَخْفِيّة) وإلى انكماش ما سُمِّيَ « فقاعة التكنولوجيا » سنة 2000 ، حيث انخفض مؤشر ناسداك الأميركي لشركات التكنولوجيا بنسبة 39,3% بين بداية العام 2000 و يوم العاشر من آذار/مارس 2000، مما أدّى إلى إفلاس العديد من شركات الإنترنت الناشئة.
أزمة « الرُّهُون العقارية » سنة 2008
تساهلت المصارف الأمريكية في منْح قُرُوض عقارية وُصِفَتْ « مُرتفعة المخاطر » نظرًا لهشاشة وعدم استقرار الوضع المالي للأشخاص الذين حصلوا على هذه القُروض، وتم بَيْعها كاستثمارات، مما تسبب سنة 2008، في حدوث « طَفْرَة عقارية » وانهيار أسعار العقارات، لما عجز المقترضون عن سداد قروضهم العقارية وخسر الملايين منازلهم وانهارت البورصات وتجسّدَ انهيار المنظومة المصرفية بإفلاس مصرف ليمان براذرز الاستثماري، وأدّى ذلك إلى انخفاض أسواق الأسهم الرئيسية الدّولية بنسبة تراواحت بين 30% و 50% بين كانون الثاني/يناير و تشرين الأول/اكتوبر 2008، وعالجت الحكومة الأمريكية ( وتبعتها حكومات الدّول الغنية الأخرى) بضخ مبالغ ضخمة من المال العام في خزائن المصارف والشركات الكبرى بدون فائدة، لإنقاذ الإقتصاد الرأسمالي، أو لإنقاذ الثروات الخاصة بواسطة المال العام.
الأزمة النابعة من وباء كورونا سنة 2020
بدأ فيروس كورونا ينتشر بنهاية سنة 2019، و سنة 2020 قررت مجمل حكومات دول العالم إغلاق الحدود وحظر التجوال وتوقف النشاط الإقتصادي والتجاري، خلال شهر آذار/مارس 2020، بعد تصنيف منظمة الصحة العالمية فيروس « كوفيد 19 » كجائحة ( يوم 11 آذار/مارس 2020)، فخلَت شوارع معظم بلدان العالم من المارة والمؤسسات من العاملين، باستثناء بعض القطاعات « الحَيَوِيّة » كالصحة والغذاء، وأدّى هذا الإغلاق إلى انهيار أسواق الأسهم العالمية يوم 12 آذار/مارس 2020، غداة الإعلان، وانخفضت بورصة باريس بنسبة 12% وبورصة مدريد بنسبة 14% وميلانو بنسبة 17%، كما انخفضت بورصة لندن بنسبة 11%، ونيويورك بنسبة 10%، في أسْوإ تراجع منذ سنة 1987، ولم يتوقف التراجع بل استمرّ خلال الأيام التالية، وهوت مؤشرات الأسهم الأميركية بأكثر من 12% ، وضخّت حكومات العالم المال العام في خزائن الشركات الخاصة، كما فعلت سنة 2008، فيما خسر ملايين العاملين في العالم وظائفهم وأفلست الشركات الصغيرة وصغار الفلاحين والحرفيين الذين لم يَشْمَلْهُم « الإنعاش » الحكومي…
أي بديل لسياسة التّصادم المُستمرّ؟
إن الحرب الاقتصادية الأمريكية هي استراتيجية عالمية للمواجهة، تحت غطاء الدفاع عن مصالح الشعب الأمريكي، وهي تمثل استجابة إمبريالية (أي احتكارية) للصراعات المتعلقة بإعادة تقاسم العالم وإعادة تنظيم الاقتصاد العالمي لصالح رأس المال الاحتكاري الأميركي حصرياً، والذي يواجه صعوبة في ضمان الربحية العالية لاستثماراته، فيما تعمل الدولة الفيدرالية الأميركية على حشد أجهزتها الإعلامية والسياسية والدبلوماسية والعسكرية والقضائية للدفاع عن مصالح الشركات الأميركية المتعددة الجنسيات التي فقدت قدرتها التنافسية.
إن زيادات التعريفات الجمركية لن تفيد العمال أو الطبقات الدنيا في الولايات المتحدة كما يدّعي الرئيس الأمريكي، لأن هذه الزيادات تؤدي إلى ارتفاع الأسعار وزيادة انعدام الأمن الوظيفي، وبالتالي فإن هذه الإجراءات لا تخدم سوى رأس المال الإحتكاري الأمريكي…
على المستوى الخارجي، نبعت رُدُود الفعل من منطق رأسمالي، وبالتالي فإن المقاومة الأوروبية أو الصينية لا تشكل بديلاً عن الرأسمالية التي هي أصل هذه الصراعات والأزمات، لأن هذه القوى الرأسمالية تدافع عن مصالحها، وتبقى الشعوب والطبقة العاملة والبلدان الخاضعة للهيمنة والتابعة (دول « الأطراف ») هي الخاسر الأكبر، في ظل غياب بدائل تُحفّز التنمية المستقلة، وتكسر نموذج التنمية الرأسمالي، وتطبّق نموذج تنمية مستقل يُثمّن الموارد المحلية التي تُنهب حاليًا من قِبل الدول الغنية وشركاتها، عبر الاستخراج المكثف للمعادن، والقروض بشروط مجحفة، وأجور العمال المتدنية جدًا، والتهرب الضريبي من قِبل الشركات الكبرى وتهريب الثروات إلى الخارج، وانخفاض قيمة العملات، وما إلى ذلك، وهو ما تُسمّيه « مدرسة التبعية » التنمية غير المتكافئة عبر التبادلات غير المتكافئة…
يمكن أن يتمثل البديل في بعض النقاط مثل التركيز على تلبية احتياجات السكان المحليين بدلاً من اللجوء إلى الصادرات في ظل ظروف غير مواتية، والاستثمار الإقليمي المشترك في البنية التحتية بين المناطق (طرق التجارة، وإنتاج الطاقة، وما إلى ذلك)، وتأسيس المصارف الإقليمية ( مصارف التنمية بين البلدان)، وتنظيم المدفوعات بالعملات المحلية، وما إلى ذلك.
إن الحرب الاقتصادية التي أعلنها دونالد ترامب هي تعبير عن الأزمة الهيكلية للرأسمالية الإمبريالية التي فشلت في الوفاء بوعودها بالازدهار، وجعلت من التقشف والقمع أدوات مفضلة للهيمنة والحكم السياسي والاقتصادي، ولا يمكن مجابهتها بشكل منفرد بل بشكل جماعي من قبل البلدان الفقيرة سوى بإنشاء بدائل إقليمية مُشتركة في كل من إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية…
الطاهر المعز
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Said Saad- Amar Ezzahi Une légende du renouveau de la chanson « châabi » : quelques bonnes feuilles

Said Saad- Amar Ezzahi Une légende du renouveau de la chanson « châabi » : quelques bonnes feuilles
Said Saad est un écrivain confirmé avec trois roman. Le premier « La gloire des vaincus », « Les tranchée de l’imposture » et « Les rescapés de Pula ». Tous ses romans sont prenants, captivants et inscrit dans la chair et les souffrances d’hier et d’aujourd’hui de notre peuple.
Ce livre sur Amar Zahi « Amar Ezzahi, une légende de renouveau de la chanson chaâbie », « (Editions El Qobia) s’inscrit dans cette même lignée. Said Saad nous a aimablement autorisé à en publier de bonnes feuilles.
Préface
Le titre, d’une éloquence expressive, de l’ouvrage de Said SAAD constitue la structure d’une trame illustrant un fabuleux parcours d’une fulgurante ascension artistique modale et musicale de la chanson « châabi » exceptionnellement novatrice d’Amar Ezzahi.
A dessein de défricher une traversée de légende, l’auteur a privilégié la narration méthodique d’un récit subjuguant qui retrace par l’écoute et la collecte de témoignages le prodigieux cheminement d’un véritable ressourcement patrimonial de la mémoire collective au souvenir et à l’évocation d’un mythe de génie que fut l’immense Amar Ezzahi.
Une approche didactique et révélatrice de la matrice originelle d’un art inné pour devenir un univers mélodique le « Zahien » dans sa sublimité créative de rayonnement national de renouveau temporel et générationnel de juvénilité de la chanson algérienne dite « châabi ».
La lecture attrayante et captivante de l’exaltant itinéraire artistique d’Amar Ezzahi dans cet excellent recueil biographique documenté par une compilation de témoignages, nous emmène à la découverte de ce créateur phénoménal d’un avènement éclatant, renouveau d’interprétation du patrimoine musical populaire des Sidi Lakhadar Ben Khelouf, Ibna-Messaieb, El Maghraoui, Mustapha Ben Brahim, Mohamed Benguitoun pour ne citer que ceux-là.
Et de rappeler en l’opportunité de ce contexte culturellement édifiant que la poésie et la chanson demeurent à cet égard la matrice vitale de ce patrimoine mélodique d’universalité de par sa place sociétale dans la sphère culturelle planétaire.
Une évidence universellement et annuellement célébrée à Stockholm en 2016 par la prestigieuse Académie suédoise où la chanson a été hissée au rang de Prix Nobel de Littérature attribué dans un faste inaugural d’apogée au monumental auteur, compositeur et interprète de renommée mondiale Bob Dylan.
Cet événement d’apothéose à l’international fut contextuellement suivi au cours de l’année 2018 par la commémoration officielle de la chanson populaire à Alger à travers l’édification vivifiante d’une stèle à l’effigie d’Amar Ezzahi au jardin de Marengo actuellement Prague à la Rampe Valée, Louni Arezki présentement, avoisinant son domicile familial au numéro 19 de cette rue.
Cette expressive stèle de la mémoire et du souvenir est implanté à une proximité attenante à son banc de détente habituellement préféré lors de ses constantes haltes de méditation et de ressourcement en ce lieu, havre écologique luxuriant, témoin par ailleurs de sa prime enfance, de sa jeunesse et enfin plus tard, de ses inspirations poétiques et musicales d’un univers édénique et fécond qui fut le sien.
Une sculpture esthétique, figurative, mémorielle porteuse de la perpétuation de son souvenir ancrée par l’apport de son œuvre créative d’un mode d’interprétation musical de juvénilité par le rayonnement transgénérationnel du patrimoine de la chanson « châabi ».
A la faveur de sa perception visuelle dès l’entrée principale du jardin au centre où elle est érigée, cette stèle a reconverti ce lieu en un repère attractif de visites et de recueillement quotidiennement animés par des jeunes filles et garçons, des enfants accompagnés de leurs parents en de véritables processions évocatrices de témoignages et d’admiration immortalisés par de multitudes prises de vues photographiques, d’adulation à l’endroit d’un symbole mythique de popularité incarné par Amar Ezzahi.
Ceci en l’inventivité d’un véritable substrat mélodique qui a su catalyser les profondes aspirations qui par sensibilité, éprise d’évolution, de rythme, d’interprétation de la chanson, constitue un relai générationnel fondamental par la pérennisation du patrimoine ancestrale de la chanson « châabi ».
Ainsi, ces fragments de la vie et du parcours d’Amar Ezzahi ont été perspicacement revisités dans ce « livre-mémoire » qui lui a été passionnément consacré par l’auteur SAAD Said.
Une succession d’empreintes vivaces, de souvenirs et de révélations transcrites dans un style d’émouvantes évocations quant à la particularité mythique d’un personnage que fut Amar Ezzahi, un artisan créatif de valorisation perpétuelle de la culture populaire patrimoniale.
Celle-ci pour la préservation du précieux legs d’héritage de l’étincelante constellation d’astralité des monumentaux bardes d’érudition poétique de la verve et de la rime incarnée dans la lumineuse symbolique du med’h et des louangeuses « qacidates ».
Toute une genèse existentielle temporellement développée par un atypique parcours resplendissant à explorer en cet ouvrage de Said SAAD dont la laborieuse rétrospective de délectation est synonyme d’Amar Ezzahi en livre pour l’historicité de son art, pour l’avidité culturelle de ses fans, de ses admirateurs et la mémoire collective. »
Lounis Ait Aoudia
Auteur contributeur médiatique en patrimoine culturel – historique et mémoriel -Président de l’Association des amis de la Rampe Louni Arezki – Casbah

Quelques bonnes feuilles
Avant-propos
Lorsque, pour la première fois, des amis me proposèrent d’écrire la biographie de Amar Ezzahi – c’était dans un café de Bab-El-Oued – je fus étonné par l’idée et je m’empressais d’exprimer mes hésitations. Ce n’était pas un refus, mais le défi était tout de même de taille : je ne connaissais la personne ni de près ni de loin. Ezzahi ? Je l’apercevais parfois au bas de l’immeuble où il habitait, lorsque je remontais la Rampe Louni Arezki, mais j’avoue que jamais l’idée de l’approcher et de lui parler n’effleura mon esprit. Qu’aurait pu dire un journaliste du service économique à un maitre de la chanson. C’était deux mondes différents. Ce qui m’a encouragé pourtant à écrire ce livre, c’était la grandeur de l’homme et les encouragements de mes amis, tous des fans de l’artiste.
Pour la biographie, j’éprouvai le besoin de revoir tous ses anciens amis et de rechercher à travers leurs confidences le vrai visage d’Ezzahi. Je fus introduit, au fur et à mesure que le livre prenait forme, auprès ses compagnons, des personnes qui l’ont approché, qui ont vécu avec lui à des époques différentes de sa vie, qui ont fait partie de sa troupe. Il convient de préciser ici, que les témoignages n’engagent que leurs auteurs. Plusieurs de ses amis, malheureusement, ne font plus partie de ce monde et le dernier à nous avoir quitté est Boualem Bellemou, Allah yarahmou.
Chacun donnait son récit avec détails, ses appréciations de l’artiste, ses anecdotes qui furent les premières pierres de l’édifice. Certains témoignages étaient si riches, si précis, si réalistes, que parfois je me sentais physiquement proche de l’artiste.
J’ai couru les rues de la rampe Valée, questionné les habitants des immeubles, des maisons, épluché des documents, des photos et des coupures de presse pour capter les sons et les odeurs des jours que ne sont plus.
La construction de l’édifice commençait alors, lentement, régulièrement, elle s’accélérait par moment pour s’arrêter un peu plus loin, au gré des rencontres. Incontestablement, je prenais beaucoup de notes. Mais je craignais toujours, malgré les mille renseignements que je glanais, de laisser un coin de la vie de l’artiste, inexploré. Il n’a pu laisser d’écrit qui pût témoigner de son génie. Il est passé comme un météore.
L’écriture de cette biographie était pour moi, comme un cerf-volant que l’on lance un jour de vent. Au début, il flotte dans l’air, retombe à terre, remonte quelque peu, hésitant, au niveau des toits, marque des hauts et des bas. Il a tout l’air de nous décourager. Puis soudain il s’élance dans le ciel sous l’effet d’une bourrasque. Il monte, il monte. En gagnant de l’altitude, il devient incontrôlable ; la ficelle qui me relie à lui vibre dans ma main sous la force des vents …et des idées.
Les témoignages se suivaient et s’entremêlaient. Il fallait sans cesse éviter les répétitions, car les gens ne tarissaient pas d’éloges sur les qualités morales et humaines d’Ezzahi.
Je me rappelle Lors de mon séjour en Grande Bretagne où j’étais correspondant de presse, de la parution à cette époque, d’une biographie sur la princesse Diana.
Les Anglais se ruaient sur les librairies pour acquérir ce livre car, bien des années après sa mort, la princesse restait vivante dans le cœur des millions de britanniques. Leur amour pour Lady Diana, l’une des figures favorites du Royaume-Uni – elle a été classée troisième dans un sondage sur les personnalités les plus aimées de tous les temps dans ce pays, derrière Churchill et la Reine Elizabeth – était tout à fait comparable à celui des Algériens pour Ezzahi.
Par-dessus tout, je voulais apporter une modeste contribution à la culture en faisant connaitre l’un des maitres de la chanson « châabi ». C’est l’artiste le moins médiatisé sur la scène nationale, non pas qu’il fût oublié, ou sous-estimé, mais en raison de sa volonté farouche de demeurer loin des caméras et des feux de la rampe. Car « Amimar » pour les intimes, détestait la célébrité, il la fuyait. « Je ne suis qu’un petit chanteur », disait-il. Au fur et à mesure que j’écrivais sa biographie, j’ai appris à connaitre Amar Ezzahi, à cerner sa personnalité, son fond et je fus tout simplement ahuri par ce personnage. S’il l’eût voulu, il aurait pu devenir un chanteur populaire mondialement connu – ses atouts le lui permettaient – mais il est resté au niveau de son quartier, de son jardin Marengo et de ses amis de toujours, fidèle en amitié qu’il était. Bien des informations rapportées sur sa famille ont été sciemment occultées dans ce livre, par respect à la mémoire du défunt qui n’aimait pas qu’on parlât d’elle. En parler eut été comme une profanation de sa tombe. Je me suis donc limité à ne reproduire que les éléments essentiels de sa personne, de son histoire, de son évolution dans la vie – enfance, adolescence, âge adulte – et son entrée dans le monde de la chanson.
Dans un souci de retracer fidèlement la vie de l’artiste, j’écrivais parfois sous le contrôle de ses amis les plus intimes qui sont encore en vie, beaucoup malheureusement ne sont plus de ce monde. Ce que je peux affirmer à ce sujet, est que c’est un trésor que nous avons actuellement dans la mémoire de ces octogénaires, affables, souriants, gais, émus aux larmes lorsqu’ils évoquent leur ancien compagnon. Oui, un trésor que nous devons déterrer, essuyer, mettre en valeur peu à peu avant sa disparition à jamais. Chaque propos de ces personnes encore en vie, chaque phrase, chaque remémoration, est une lumière jetée sur le passé, une lumière qui brille de ces dernières lueurs et appelée à s’éteindre demain. Nul n’est eternel ! Et demain ? Lorsque tous ces octogénaires nous quitteront à leur tour, qui nous parlera de nos ainés avec autant d’assurance et d’authenticité de Ezzahi, de Hadj M’hamed El Anka, de M’rizek ou de cheikh El Hachemi Guerouabi ? La question qui se pose est de savoir si on aura des sources crédibles pour écrire sur nos artistes ? Même si on voudra le faire, ce sera trop tard…ne dit-on pas « battre le fer tant qu’il est chaud » ?
SAAD Said

Des funérailles grandioses
Un cortège de plus d’une lieue passait par Bab J’did en ce jour du 1er décembre 2016. Des milliers de personnes suivaient, le pas lent, le cercueil recouvert du drapeau national. Des you-you stridents se faisaient entendre des balcons. Au fur et à mesure que le cortège remontait l’avenue, la foule devenait plus compacte et les trottoirs noirs de monde. Une vue aérienne d’Alger – si elle avait été prise cet après-midi là – aurait montré une immense tache noire du côté nord de la ville. La rampe Louni Arezki était submergée de monde. Au grand tournant du C.E.M1 Tidjani, deux vieux personnages, assis, tenant une canne à la main, regardaient, étonnés, ce flot humain remonter la grande artère.
– Qui est-ce ? demanda le premier à son compagnon.
– Je ne sais pas, mais ça doit être quelqu’un d’important, regarde ! dit l’autre.
– Non, il n’y a pas de voitures officielles, les gens qui le suivent sont pauvres, ils sont trop sincères pour faire semblant d’être tristes.
Ils demandèrent à un jeune homme « qui est mort ? ». Il leur apprit la nouvelle.
Les Algérois étaient tous là pour pleurer le maitre du « châabi » ; les femmes se lamentaient aux balcons. La foule saluait l’homme au cœur d’or dont Alger était fière. L’un de ses meilleurs fils venait d’être rappelé à Dieu. Tout le monde dans ce pays, aimait Amar Ezzahi. Certains abandonnèrent leur travail, d’autres fermèrent boutiques pour assister aux funérailles du Cheikh et voir passer le cortège. Ils sont venus des quatre coins du pays. Tous les « zawalis »2 tenaient à accompagner à sa dernière demeure le « cheikh » et à lui exprimer leur respect. Les riches, les pauvres, les vieux, les jeunes ; tous accouraient vers le cercueil. Et le long des rues, les gens se pressaient en foule pour voir passer une dernière fois, leur idole. Les femmes pleuraient, chacune selon sa nature. L’une d’elle pleurait en silence, essuyant ses yeux de temps à autre avec un mouchoir. L’autre continuait à pleurer à sa façon, muette. Des citoyens vivant à l’étranger sont venus assister à l’événement. « Nous sommes venus, mon frère et moi d’Espagne, assister aux funérailles du pilier du « châabi » en Algérie. Nous sommes tristes comme ces millions d’Algériens qui suivaient le maitre partout où il se produisait. C’est la fin d’une époque, après la disparition de Guerouabi, d’El Hadj M’hamed. C’est vraiment triste ». C’est dire la place qu’occupait Ezzahi dans leur cœur. A Bab Ejdid et au cimetière d’El-Kettar c’était du jamais vu de mémoire d’homme. Des scènes indescriptibles, hallucinantes s’offraient à la vue, comparables aux funérailles de Hadj M’hamed El Anka en 1978. Des policiers en faction avaient les larmes aux yeux.
Quelques années plus tard, au jardin de Prague, par une journée ensoleillée de printemps, des enfants sont filmés par leur grand-père, au pied de la statue d’Ezzahi. Ces chérubins de cinq à six ans ignoraient que leur « papy » avait accompagné cet immense artiste du temps de sa splendeur.
Une statue a été érigée à sa mémoire dans le jardin de Prague où il avait l’habitude de s’assoir et de méditer ; le conservatoire d’Alger porte désormais son nom et un espace Amar Ezzahi a également été créé à la rue Bencheneb à deux pas de chez lui. Il s’agit de l’ancien palais El Menzeh situé à l’entrée principale de la Casbah mitoyen avec le mausolée Sidi Abderahmane Ethaalibi.
les lieux dédiés à Ezzahi ne désemplissaient pas de jeunes le jour de leur inauguration. Cela fait dire qu’il y a de l’espoir dans le domaine de la culture en Algérie.
Trois points, trois faits qui élèvent Ezzahi au statut de mythe. Oui, Ezzahi était un mythe. Il fait partie de la légende. Un mythe qui dépasse le cadre restreint de la chanson…Ses obsèques, ce premier décembre 2016, en sont la meilleure illustration.
Aucune ville d’Algérie n’avait jamais connu un tel enterrement. Ce jour-là, c’était le mythe qui s’élevait dans le ciel. Ce fut comme si son nom avait transpercé le firmament. Ezzahi est inoubliable non pas pour ses chansons mais par sa personnalité marquante. Il vit toujours et aujourd’hui, la simple évocation de son nom fait palpiter les cœurs des Algériens. Le temps qui passe ne semble pas altérer la mémoire de ceux qui l’ont aimé et adulé. Tout le monde a vu à la télévision, la retransmission des images de ses obsèques. Et le monde entier s’est interrogé « qui est-il ? ». Que représente celui qui a drainé autant de jeunes de Ouargla, d’Oran, de Mostaganem et de Guelma ?
Pour des raisons de sécurité, les voies d’accès vers Alger ont été bloquées pour éviter un mouvement de foule incontrôlable. S’il était encore en vie, il serait lui-même étonné de sa popularité post-mortem ; une popularité dont il ne voulait pas pourtant. « Je ne suis qu’un petit chanteur », disait-il à ceux qui lui parlaient de gloire et de célébrité.
Bien avant l’indépendance du pays, au bas d’un immeuble de la rampe Valée, l’enfant balbutia : « je veux chanter ; dans le chant, je me retrouve, je vis ». Il jouait de l’harmonica…
Un jeune « harrachi » a affirmé que si des milliers de personnes étaient présentes le jour de son décès, c’était en raison de sa générosité et non pas pour son répertoire, ni pour sa voix. On avait l’impression que le peuple avait perdu en Ezzahi une partie de son cœur ou de son foie (…) Je pense que s’il avait été enterré deux ou trois jours après son décès, il y aurait eu un pont aérien entre Alger et les capitales où réside notre communauté à l’étranger. Celle-ci a été prise de court.
Pourtant Ezzahi ne s’est jamais produit à l’étranger.
Avec le temps, un chanteur s’oublie quel que soit son talent, son succès et sa popularité. Un mythe, comme un diamant, est éternel. Ce qui fait le charme de ce mythe, c’est ce côté inconnu et obscur de l’artiste. Ce qu’on ignore de lui rend encore plus attrayante et plus captivante la lumière de sa légende. Les nombreuses questions que d’aucuns se posent sur Ezzahi telles que : « pourquoi ne s’est-il jamais marié ? », ou bien « comment vivait-il ? », ou encore « a-t-il aimé une femme dans sa vie ? » ne trouveront jamais de réponses. Il a emporté ses secrets avec lui dans la discrétion.
Un vieux compagnon d’Amar, habitant à la rue Suffren à Bab el Oued a affirmé que « s’il existait un Panthéon mondial qui regrouperait les personnalités les plus marquantes de l’humanité, Ezzahi, l’enfant de la Rampe Valée serait parmi elles, aux côtés de Nelson Mandela, de Che Guevara, ou de Mohamed Ali. Des hommes qui ont apporté la plus grande contribution au bonheur des peuples, symbolisant la liberté, l’amour, l’espoir, la lutte contre le racisme, et le respect de l’Homme. L’Humanité leur sera toujours reconnaissante.
Mais quel était le secret d’Ezzahi pour être adulé de la sorte, par toute une population, au point de faire pâlir de jalousie les Chefs d’état et les souverains ? Était-ce simplement parce qu’il chantait juste ? Ou bien touchait-il l’assistance par ses mélodies ? Non.
Alors pourquoi avait-il tant de popularité auprès des jeunes et des moins jeunes ? Pourquoi ?
Parce que, tout simplement, il était le grand frère de la famille, l’ami du peuple. Un peuple qu’il a aimé de toute son âme. Il était de ceux qui étaient capables de donner jusqu’à sa chemise à un pauvre démuni. Quand on écoute ses proches parler de son humanisme, alors la plume du reporter court sur le papier …

Zahi et les démunis
Un jour, une femme se présente à Ezzahi et lui dit : « Je voudrais faire le baptême de mon fils unique. Je n’ai pas beaucoup d’argent, je fais très attention aux dépenses. Combien me prendrez-vous pour une soirée ?
– Et son père ? demanda l’artiste
– Son père est mort il y a de cela des années, me laissant un garçon que j’éduque au prix de mille sacrifices. Mon rêve est de l’élever dignement et de terminer ma mission de mère, répondit la femme qui attendait le montant de la prestation.
Selon les proches du défunt, l’artiste aurait offert le jour de la circoncision, une prestation gratuite, il aurait même payé de sa poche le prix de la salle et offert un mouton pour aider cette mère sans ressources et la combler de bonheur… Oui, oui…Ah ! c’est bien lui !..Quel être exceptionnel ! Quel être insaisissable !
—
On dit que le peuple ne se trompe jamais, c’est pourquoi les Algérois étaient si nombreux à suivre son cercueil. Pour dire merci à un grand Monsieur.
Zahi et la musique andalouse
Ezzahi était également un adepte de la musique andalouse et de la musique classique. Il accédait à l’art universel en se trempant dans les symphonies de Mozart et de Beethoven. La chanson française et la musique classique furent les premiers sons qui pénétrèrent les sens d’Ezzahi, enfant ; ses inspirations plus tard, provoquèrent le déclic.
Le jeune Amar qui n’était pas encore connu, raffolait de la musique hindoue. Son ami inséparable Ait Aoudia affirme qu’ils allaient souvent voir des films hindou au cinéma l’Odéon au début des années soixante. Le film « The Indian mother » l’a bouleversé particulièrement. La musique était incroyablement belle et l’histoire d’une tristesse qui vous glace le cœur durant des semaines.
C’est en écoutant Boudjemaa El Ankis qu’il vint au chaâbi.
Un jour, à la sortie du cinéma, Ezzahi dit à son ami : « tu sais, la musique n’a pas de nationalité, elle est universelle. C’est bien une communication entre l’humanité entière. Tu verras par exemple une musique allemande écoutée avec émotion et appréciée au cœur de l’Afrique ; pourtant les Africains ne comprennent pas un mot de l’allemand. La musique les transporte, les envoûte. C’est ce que nous devons faire avec le « châabi ». C’est cela le lien de l’humanité ».
Et le « châabi » ? « Le « châabi » non. Au départ, il était loin d’être attiré par le « châabi », il faut le reconnaitre. Il était dans un autre univers », dira Aoudia, son compagnon de route.
Un jour, son ami Ait Aoudia lui en parle. Amar répondit que le « châabi » n’avait pas évolué depuis des siècles. « C’est toujours le même air, les mêmes paroles ; il n’y a pas d’évolution malgré le passage de plusieurs générations tandis que les autres genres évoluent…». Pour lui, c’était un genre multiséculaire qui restait sur un même rythme et là résidait la faiblesse de ce genre musical, selon lui.
« Le lendemain il m’a appelé alors que j’étais pressé, raconte Aoudia. Il a insisté pour me parler une minute !
À propos du « châabi » dont on parlait hier, je viens d’entendre quelqu’un qui chante vraiment bien, qui apporte quelque chose avec sa musique, celui-là, il me plait ». Il parlait de Boudjemaa El Ankiss qui allait devenir quelque temps après, son idole. C’est le cheikh Boudjemaa El Ankiss qui a inspiré Ezzahi dans le genre « châabi », qui l’a attiré en lui servant de modèle.
Zahi et l’écoute populaire
« Si aujourd’hui, sur quasiment tous les smartphones, on trouve des photos d’Ezzahi, c’est parce qu’il avait une méthode spéciale. Il parlait l’algérien et transmettait le message en algérien. Comme le président Boudiaf, Ezzahi utilisait le dialecte apprécié par les masses populaires. Tout le monde écoutait et comprenait Ezzahi; les puristes et les profanes hommes, femmes, jeunes et moins jeunes. Il était tout simplement parmi les meilleurs car tu comprenais tout ce qu’il disait. Autant les intellectuels, les savants, les analphabètes et les autres » a indiqué à ce propos Yazid, commerçant à la rue Bouzrina à Alger.
Son ouverture d’esprit, sa bonté faisaient de lui un être d’exception, de même que sa préoccupation du sort des pauvres. Il avait ce mépris de tout ce qui pouvait être monnayable, exploitable. C’était une âme pure. Comment s’est forgée cette forte personnalité chez cet homme, orphelin dès son jeune âge et assailli par l’adversité ?
Amar Ezzahi, une légende de renouveau de la chanson chaâbie, Alger-2025, Editions El Qobia, prix public : 1100 DA
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الطاهر المُعِز-مُوجَز نظرية القيمة في كتاب رأس المال – كارل ماركس

مُوجَز نظرية القيمة في كتاب رأس المال – كارل ماركس : الطاهر المُعِز
نُشِرَ كتاب « رأس المال » لكارل ماركس ( 1818 – 1883) قبل أكثر من قرْن ونصف، ومع ذلك لا يزال التحليل الاقتصادي العميق والدقيق للرأسمالية الذي صَقَلَهُ من أهمّ مراجع الإقتصاد السياسي سواء للّيبراليين أو للإشتراكيّين، ومن الكُتُب والأفكار التي تُثِير نقاشًا واسعًا، إلى جانب أُطْرُوحات أقطاب الإقتصاد الرأسمالي آدم سميث ( بريطانيا 1723 – 1790 ) أو دفيد ريكاردو ( بريطانيا 1772 – 1823) أو جون مينارد كينز ( 1883 – 1946 )…
يتميّز كتاب رأس المال والتّحليل الإقتصادي الماركسي بدراسة الرأسمالية كشكل من تنظيم الإنتاج، في سياقها التاريخي، ويعتبر الرأسمالية ثورية مُقارنة بالإقطاع، فقد مكّن تنظيم عملية الإنتاج الرأسمالي من زيادة إنتاجية العمل، لكن هذه الزيادة كانت بفضل تنظيم وترشيد الإستغلال، ولم تُؤَدّ إلى تحسين وضع الطّبقة العاملة بل إلى زيادة أرباح الرأسماليين وتكديس الثروات ولم تهدف أبدًا إلى تلبية الاحتياجات الاجتماعية، ويؤدّي هذا التناقض بين الإنتاج الإجتماعي ( لقوة العمل) واحتكار الأرباح ( من قبل الرأسماليين) والنّزعة إلى توليد المزيد من المال وتحويل قوة العمل إلى سلعة، إلى أزمات دَوْرِيّة، أو هيكلية…
نقد كارل ماركس نظرية اليد الخفية للسوق لدى آدم سميث و نظرية القيمة لدى دفيد ريكاردو كما نقَد تحويل قوة العمل إلى سلعة وتوليد المزيد من المال من خلال استثمار المال، وهو ما سمّاه « القيمة تُولّد قيمةً أخرى » وهو جوهر منطق رأس المال الذي يعتمد على عُنْصُرَيْن: رأس المال و العَمل…
من جهة أخرى يتسم الإقتصاد الرأسمالي بحدّة المنافسة وباعتماد الرأسماليين على المصارف التي تُقرضهم ( ظاهرة الإئتمان) أموالا للإستثمار…
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كانت السوق تُمثل تبادل السّلع بين المنتجين، حيث يُبادِلُ المنتجون إنتاجهم بسلع أخرى يحتاجونها، وهي من إنتاج غيرهم، شرط تقارب قيمة السّلع المُتبادَلَة، وتعتمد هذه القيمة على مقدار العمل المبذول في إنتاج السلع، وتتمثل إضافة كارل ماركس في إدراج « مفهوم العمل الضروري اجتماعيًا »، ومراعاة تكنولوجيا الإنتاج و كمية العمل اللازمة للإنتاج، وهذا مرتبط بالسياق الإجتماعي والتكنولوجيا المتاحة وكثافة العمل، وخصّص كارل ماركس جزء هامّا من المجلّد الثالث لكتاب رأس المال لنشوء وأهمية فائض القيمة في عملية تراكم رأس المال، ضمن سياق تاريخي ( المادّية التّاريخيّة، أو المفهوم المادي للتّاريخ ) حيث نَشأت الرأسمالية ونَمت كنظام اجتماعي يسمح باستيلاء طبقة على جهد عمل طبقة أخرى، أي أن الإستغلال يُشكّل ركيزة أساسية للنظام الرّأسمالي، وإن كان الإستغلال في حدّ ذاته أَقْدَم من الرأسمالية، غير إن الرأسمالية غَلّفت الإستغلال ب »حُرّيّة التّعاقد » أي إن العامل ليس مُجْبَرًا ( من الناحية النّظرية البَحْتَة) على العمل لدى الرأسمالي، فهو « حُرّ قُبول أو رفض الأجْر وشروط العمل »، وفي الواقع فإن الطبقة العاملة مُضطرّة لبَيْع قُوّة عَمَلِها للرأسماليّين مقابل أجر، ويستخدم الرأسمالي جُهْد العامل لإنتاج سلعة يبيعها الرأسمالي في السوق بقيمة تفوق بكثير تكلفة إنتاجها ( المواد الأولية وأجْر العامل وتآكل الآلة…) وهو بذلك يستحوذ على القيمة الزائدة أو التي أضافها العامل للمواد الخام لتصبح سلعة قابلة للإستهلاك والتّسويق، ويُسمِّي ماركس ذلك « فائض القيمة » الذي يُميّز نظام التبادل القائم على السوق، حيث تستولي طبقة الرأسماليين على فائض القيمة الناتج عن استغلال الطبقة العاملة، ويتمثل الإستغلال في اانتزاع الرأسمالية جزءًا من القيمة التي خلقتها الطبقة العاملة، دون مقابل، ويُؤكّد ماركس إن الرأسمالية قائمة على توليد فائض القيمة وتحقيق الأرباح، ومصدر الربح هو فائض القيمة، وترتبط أزمات النظام الرأسمالي بتوليد فائض القيمة أو بتحقيقه من خلال بَيْع الإنتاج ( السّلع)
التّراكُم:
يُوَفِّرُ الرأسمالي مبلغًا ماليا يستثمره في شراء قوة العمل وجميع المدخلات الأخرى المستخدمة في الإنتاج كَعُنْصُرَيْن أساسيّيْن في عملية إنتاج السّلع التي تُصبح ملكًا للرأسمالي الذي يتحوّل إلى بائع للسلع الجاهزة، بهدف الحصول على مال يفوق بكثير المبلغ الذي استثمره، بفضل جُهْد العامل الذي أضاف قيمة للمواد الخام، ويُسمّى « فائض القيمة » لأنه يُمثّل جزءًا من وقت العمل غير مدفوع الأجر للعمال الذين ينتجون السلع، ويُعاد استثمار معظم فائض القيمة المُحقق في عملية الإنتاج لتوليد المزيد منه، وهي العملية التي يُسمّيها كارل ماركس « تراكم رأس المال »، ولكي لا تُؤَدِّي هذه العملية إلى زيادة الطّلب على القوى العاملة وارتفاع الأُجُور – مما قد يُقلّص هامش الرّبح – ابتكرت الرأسمالية آلية « جيش العمالة الاحتياطي » أو « الفائض النسبي للسكان »، ويُعرف ماركسي جيش العمالة الاحتياطي « هو شريحة من الطبقة العاملة غير موظفة في الشركات الرأسمالية، ولكنها متاحة للتوظيف عند الحاجة… هناك جزء من هذا الجيش الإحتياطي لم يتم استغلاله بَعْدُ من قِبَل الرأسمالية (الواقفدون الجدد على سوق العمل) وجزء آخر من الطبقة العاملة يتنقل بين العمل والبطالة، وجزء ثالث يُمثل العمال الذين فقدوا مهاراتهم أو توقفوا عن البحث عن عمل، لأسباب مختلفة، وتُشكل هذه الشرائح الثلاث « جيش العمالة الاحتياطي » الذي يُمكّن الرأسمالية من السيطرة على القيمة الحقيقية للأُجُور، وتضمن عدم ارتفاعها، أي إن البطالة ظاهرة مُستمرة وجزء من آليات النظام الرأسمالي، وليست ظاهرة عَرَضِيّة…
من جهة أخرى، يستخدم العُمال أُجُورَهم في شراء السّلع التي تُلبِّي احتياجاتهم الاستهلاكية، أي إن جزءًا هامًّا من الأجور تعود إلى الرأسماليين في شكل إيجارات المسكن أو استهلاك السّلع، وبذلك يُساهم العُمّل في توليد فائض القيمة وتحقيقه مرة أولى عند استغلالهم في عملية الإنتاج ومرة ثانية عند شراء ما أنتجته الطبقة العاملة من سِلَع، مع الإشارة إلى إن النظام الرأسمالي يُخطّط لتحديد حجم السلع المُنتَجة ( وكمية العمل الضرورية للإنتاج) و ضمان شرائها بالأسعار اللازمة لتحقيق كامل قيمتها لتوليد فائض القيمة وتحقيقه، ولكي يُعيد النظام الرأسمالي إنتاج نفسه، دون مواجهة مشكلة زيادة الطلب أو نقصه، يجب عليه التخطيط لتَناسُبِ إنتاج السلع الإستهلاكية والسلع الإنتاجية ( الآلات والتجهيزات الثقيلة الضرورية للإنتاج) لكي يتحقَّقَ النُّمُوّ – عبر عملية إعادة الإستثمار واستخراج فائض القيمة وتحقيقه بسرعة – بفعل ازدياد القيمة، بمرور الوقت
تحدث الأزمات عند تَوَقُّف إنتاج فائض القيمة وتداوله وتحقيقه أي عند إنتاج قدر كبير من القيمة الفائضة وعدم بيع الإنتاج بَعْدَ إضافة قيمة له من قِبَل الطبقة العاملة، مما يؤدّي إلى انخفاض الإستثمار الرّأسمالي وفقدان الوظائف وتراجع الطلب على السلع والخدمات المُنتجة، كما يمكن أن تحدث الأزمات عندما لا يكون النظام الرأسمالي قادرًا على توليد ما يكفي من القيمة الفائضة، أو ما يُعبّر عنه بانخفاض في معدل الربح الذي يتحقق من الاستثمار…
يُقسّم ماركس الرأسماليين إلى « عاملين يشاركون مباشرةً في إنتاج السلع » أو رأس المال الصناعي الذي ينظم عمليات إنتاج السلع، ورأسماليين يضمنون بَيْع الإنتاج، أو رأس المال التجاري الذي يتسلّم السلع من رأس المال الصناعي لبيعها للمستهلكين، ويُصِرّ كارل ماركس على التّأكيد » إن فائض القيمة لا يتولد إلا في الإنتاج، لكنه يُصبح مصدر دخل لشرائح مختلفة من الطبقة غير العاملة » أي للرأسماليين، من خلال توزيع فاض القيمة بين رأس المال الصناعي ورأس المال التجاري ورأس المال المالي أو النَّقْدِي ( المصارف) لأن الشركات لا تملك كل الأموال اللازمة لتوسيع إنتاجها، أو إدخال آلة جديدة، أو توسيع شبكة متاجرها، ولذلك تحتاج إلى اقتراض المال لتمويل استثماراتها، بفائدة يتم تحقيقها من خلال القيمة الزائدة التي يخلقها العاملون، ضمن العمل غير مدفوع الأجر، ويلخص ماركس ( رأس المال – المُجلّد الثالث ) عملية توزيع الفائض كالتالي: يحصل الرأسمالي الصناعي على النصيب الأول من الربح، والرأسمالي التجاري على النصيب الثاني في شكل ربح، والرأسمالي النقدي على النصيب الثالث في شكل فائدة على القروض، ويحصل مالكو الموارد الطبيعية على النصيب الثالث قي شكل ريع، وتعتمد جميع الفئات (العمال في سوق العمل و الرأسماليين الذين يجمعون الأرباح ) على الأسواق من أجل البقاء في ظل الرأسمالية، غير إن العلاقة متناقضة بين رأس المال والعمل، وكذلك بين الرأسماليين ضمن عملية تنافس داخل نفس الطّبقية من أجل خفض تكلفة الإنتاج وبالتالي تحقيق فائض قيمة أكبر وأرباح أكبر من المنافسين وإعادة استثمار فائض القيمة أو الربح في عملية الإنتاج، لزيادة حجم رأس المال وتحسين تقنيات الإنتاج المُوَفِّرَة للعمالة، بهدف التقليل من كمية العمل المستخدمة وزيادة المُدخلات غير العمالية بدلاً منه…
تعتمد نظرية القيمة لماركس على تحليل وقراءة نقدية لآدم سميث فقد اعتبر ماركس تأثير علاقات الإنتاج الاجتماعية على النتائج الاجتماعية مسألة محورية، كما يعتبر إن عقد العمل المأجور هو مبادلة قوّة العمل بأجر نقدي أي شراء الرأسمالي لقدرة العمال على إضافة قيمة إلى وسائل الإنتاج من خلال إنتاج سلع وخدمات مفيدة، ويستحوذ الرأسماليون على « جهد العمل غير مدفوع الأجر »، وهذا جزء من عملية الانتقال من قانون السلعة إلى قانون التبادل الرأسمالي وتقسيم العمل ( لإنتاج السّلع) ضمن العلاقات الإجتماعية للإنتاج
من إضافات الباحثين الإقتصاديين المهتمين بدراسة « رأس المال » لكارل ماركس:
صاغ عدد من الباحثين من البلدان الإمبريالية وكذلك من بلدان « الأطراف » بعض الإستنتاجات خلال عقدَيْ سبعينيات وثمانينيات القرن العشرين، ومن أهمها:
إن استغلال العمل الإنتاجي هو مصدر فائض القيمة النقدية في اقتصاد رأسمالي منتج للسلع
إن القيمة النقدية للناتج الصافي (المكافئة للقيمة المضافة) هي بمثابة المكافئ النقدي لإجمالي جهد العمل الإنتاجي، وفاتورة الأجور هي المكافئ النقدي الذي يتلقاه العمال مقابل الجزء المدفوع من جهد عملهم، والفرق بين القيمة النقدية للناتج الصافي وفاتورة الأجور هو فائض القيمة النقدية الذي يتحقق في المنافسة بين الرأسماليين وغيرهم من المطالبين، مثل ملاك الأراضي وأصحاب الملكية الفكرية بأشكال مختلفة مثل الربح والفائدة والإيجار والإتاوات وما شابه ذلك.
إن قانون التبادل الرأسمالي يحتفظ ببعض السمات الرئيسية لنسخة قانون تبادل السلع، ويتم الترابط بينهما كالتالي: يستمر التعبير النقدي عن وقت العمل في الانتقال بين جهد العمل والقيمة النقدية لصافي الناتج على مستوى النظام ككل، وفائض القيمة الإجمالي هو المعادل النقدي لجهد العمل الإنتاجي غير المدفوع، وإن الجزء من المجمع الكلي لقيمة الفائض الذي تستولي عليه شركة رأسمالية معينة كربح لا يتناسب بالضرورة مع جهد العمل غير مدفوع الأجر المستخرج في سياق عمل تلك الشركة.
إن المنافسة هي الآلية التي تُفرض من خلالها ضرورات النظام الرأسمالي على الرأسماليين الأفراد، ومن المصلحة التنافسية لكل شركة رأسمالية استغلال عملها قدر الإمكان عن طريق زيادة كثافة جهد العمل وخفض تعويضات الأجور النقدية، وخفض إيجارات الأراضي ودخل الملكية الفكرية، مما يُخفّض تكاليف وسعر السلعة المُنتَجة.
يرى ماركس أن معادلة معدل الاستغلال تُعد نزعةً أساسيةً في النظام الرأسمالي المُنتج للسلع، حتى وإن كانت تُعيقها عقبات قانونية وعملية تُعيق حرية تنقل العمالة الكاملة، مثل عرقلة حركة الهجرة خلال القرنَيْن العشرين والواحد والعشرين، والاختلافات في معدلات الإستغلال بين الإقتصادات الإقليمية والأسواق الموازية للاتجار بالبشر الخ
تعريف الاستغلال
عملية استيلاء غير متكافئ وغير عادل على شيء يملكه شخص ما لشخص آخر، حيث يستغل الرأسماليون، كطبقة، العمال بهذا المعنى من خلال الاستيلاء على وقت عمل غير مدفوع الأجر على شكل فائض قيمة نقدية، بما في ذلك الربح والإيجارات والفوائد، كما تستغل الرأسمالية الموارد الطبيعية بشكل يُعرّض الإنسان والطبيعة ( المُحيط) للضّرَر، وفي كل الحالات يُؤدّي الإستغلال إلى تدهور ظروف الحياة ويتفاقم هذا التّدهور عندما لا توتفع الأُجُور بنفس مُعدّل ارتفاع إنتاجية العمل، وهو ما يحصل منذ ثمانينيات القرن العشرين أو « الفترة النيوليبرالية »
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كان كارل ماركس مُفكِّرًا ومناضلا، فقد كان يعتقد إن مشاكل المجتمع الطبقي لا يمكن حلها إلا بتغيير شامل على مستوى النظام، و كان يدعو إلى تغيير شامل لعلاقات الإنتاج الاجتماعية من خلال العمل الثوري الذي تقوده الأحزاب البروليتارية، وساهم في تأسيس الجمعية الدّولية للعمال ( الأُمَمِية الإشتراكية) التي طرحت مسألة الثورة وبدائل الرأسمالية.
الطاهر المُعِز
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Olivier Berruyer-Les produits dérivés, c’est quoi ?

Les produits dérivés, c’est quoi ? par Olivier Berruyer-Les produits dérivés, c’est quoi ?
Les produits dérivés
Les produits dérivés, c’est quoi ? Un produit dérivé ou contrat dérivé ou encore « derivative product » est un instrument financier : dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un produit appelé sous-jacent ; qui ne requiert aucun placement net initial ou peu significatif ; dont le règlement s’effectue à […]
Par Olivier Berruyer
sa valeur dans une autre devise.
À l’origine, il s’agissait de pouvoir modifier les caractéristiques d’actifs financiers, par exemple de taux fixe en taux variable, sans les sortir du bilan et sans encourir les conséquences fiscales ou comptables d’une telle sortie. On superposait ainsi un produit hors bilan, le swap, à un actif existant.
Les dérivés de crédit
Inspirés par les techniques des swaps, les dérivés de crédit ont fait leur apparition dans les années 1990. L’instrument principal est le credit default swap dit CDS. Il s’agit d’un contrat entre un vendeur de protection et un acheteur de protection sur une entité (entreprise, collectivité locale, pays, etc.) de référence pour une durée fixée par lequel
l’acheteur s’engage à payer un montant périodique et régulier pendant la durée du swap ;
en échange du paiement par le vendeur d’une certaine somme dans le cas où se produirait, pendant la durée du CDS, un certain type d’événement, prévu par le contrat, affectant le crédit de l’entité de référence (le défaut de paiement d’intérêts, principalement).
Les options
Une option est un produit dérivé asymétrique qui donne le droit, et non l’obligation,
soit d’acheter (option d’achat, appelée aussi « call »),
soit de vendre (option de vente, appelée aussi « put »),
une quantité donnée d’un actif financier (action, obligation, indice boursier, devise, matière première, un autre produit dérivé, etc.), appelé actif sous-jacent, :
à un prix précisé à l’avance (prix d’exercice),
et à une échéance convenue.
Les volumes
Les volumes des produits dérivés sont désormais pharaoniques :

Ainsi, 70 % des produits dérivés proposent une couverture sur les fluctuations des taux d’intérêt.
On note que la valeur de ce marché est égale au tiers de toute l’économie réelle – après en avoir atteint la moitié en 2008. Cela montre bien à quel point tout le système à été perverti.
Car si, à l’origine, un contrat à terme était un bel outil de sécurité, diminuant les risques, il a été perverti du jour où des spéculateurs non exposés au risque sont rentrés en masse (un peu est toujours utile…) sur ce marché – toujours pour apporter de la soi-disant « liquidité », excuse désormais récurrente pour justifier tout et n’importe quoi.
Car à partir du moment où il se trouve 100 spéculateurs pour 1 personne exposée au risque, il y a un sérieux problème…
Et ce problème, c’est d’avoir transformé un mécanisme finalement assurantiel en un système de paris continuels. Et comme le disaient fort justement Keynes et Allais :
« Lorsque dans un pays, le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, celui-ci risque de s’accomplir dans des conditions défectueuses. » [John Maynard Keynes, 1936]
« Qu’il s’agisse de la spéculation sur les monnaies ou de la spéculation sur les actions, ou de la spéculation sur les produits dérivés, le monde est devenu un vaste casino où les tables de jeu sont réparties sur toutes les longitudes et toutes les latitudes. Le jeu et les enchères, auxquelles participent des millions de joueurs, ne s’arrêtent jamais. […] Que les bourses soient devenues de véritables casinos, où se jouent de gigantesques parties de poker, ne présenterait guère d’importance après tout, les uns gagnant ce que les autres perdent, si les fluctuations générales des cours n’engendraient pas, par leurs implications, de profondes vagues d’optimisme ou de pessimisme qui influent considérablement sur l’économie réelle. […] Le système actuel est fondamentalement anti-économique et défavorable à un fonctionnement correct des économies. Il ne peut être avantageux que pour de très petites minorités. » [Maurice Allais, La Crise mondiale d’aujourd’hui. 1998]
Dernière illustration. Le montant du sous-jacent du produit dérivé est appelé montant notionnel. C’est le montant servant de base au pari. Par exemple, si on a un contrat sur un baril de pétrole (de valeur actuelle 120 $) permettant de l’acheter 110 $, la valeur du contrat est donc d’environ 10 $, et la valeur notionnelle de 110 $. En effet, on spécule bien ici sur la valeur du baril, comme si on le possédait. Il faut être prudent dans l’interprétation de la somme agrégée des montants notionnels (on ajoute des choux et des carottes), mais son ordre de grandeur et son évolution peuvent donner de précieux indices sur ce qui se passe actuellement…
Ainsi, sur le seul marché des produits dérivés de gré-à-gré, les intervenants spéculent sur environ 10 fois l’économie réelle…
Ceci étant, ce phénomène n’est pas si récent. En effet, la première Bourse de contrats à terme a été la Bourse du riz de Dojima, quartier d’Osaka, lancée vers 1730. On y négociait des « coupons de riz » standardisés.
« Le riz, au Japon, est l’ancêtre du papier-monnaie ; et l’on peut voir les puissants marchands de riz d’Osaka comme les premiers banquiers de l’histoire japonaise. Comme le daimyô (seigneur) percevait l’impôt en grains, les marchands géraient pour lui les entrepôts de stockage. Ils enregistraient les dépôts, consentaient des prêts, se mirent bientôt à traiter des coupons de « riz vide » — pas encore en stock, ou bien pas encore récolté : bref, des contrats à terme sur les récoltes à venir.
Notez que le trading battait son plein dès cette époque lointaine. On sait que pour l’année 1749, 110 000 balles de riz ont été négociées à la Dojima… quand il n’en existait physiquement, dans tout le Japon, que 30 000 ! A titre de comparaison, on estime qu’il se traite aujourd’hui, sur les marchés pétroliers, environ dix fois le volume de la consommation mondiale. Vous voyez que les spéculateurs de l’époque d’Edo n’auraient pas à rougir devant les nôtres.
Ca ne se passait pas toujours bien : l’histoire de la Dojima compte plusieurs bulles catastrophiques sur les cours du riz, avec famines et émeutes à la clé. Ces épisodes se terminaient invariablement par une révolte générale contre les spéculateurs qu’on accusait de tous les maux… Et par une intervention musclée du shogun pour reprendre en main les affaires, en régulant les prix. » [Sylvain Mathon]
On se demande donc ce qu’attend le shogun pour agir…
Pour les passionnés, je vous renvoie à l’ancien billet sur les futures sur les taux d’intérêt… -
Pr.Andrea Zho-« Parce que, tôt ou tard, le capitalisme a besoin de la guerre »

Le professeur Zhok expose sa thèse : pour survivre, le marché libre doit se développer. Et, lorsqu’il s’arrête, le dernier recours est le conflit.
par Andrea Zhok4 avril 2025
Le professeur de philosophie morale de l’Université de Milan entre dans le débat sur la guerre et le réarmement avec une lecture très critique du capitalisme. Selon l’analyse d’Andrea Zhok, le marché libre, pour survivre, a besoin d’une croissance continue. Lorsque la croissance s’arrête, le système entre en crise. Et les solutions traditionnelles – innovation technologique, exploitation de la main-d’œuvre, expansion des marchés – ne suffisent plus. Dans cette perspective, la guerre devient le dernier recours, offrant au système économique un mécanisme de destruction, de reconstruction et de contrôle social.

« Charge de lancions », une œuvre d’Umberto Boccioni peinte en 1915 pour célébrer une action de la Première Guerre mondiale. Photo du domaine public.
« Parce que, tôt ou tard, le capitalisme a besoin de la guerre » par Andrea Zhok
1. L’essence du capitalisme
Le lien entre le capitalisme et la guerre n’est pas accidentel, mais structurel, strict. Bien que la littérature libérale auto-promotrice ait toujours essayé d’expliquer que le capitalisme, traduit par « commerce sucré », était une voie préférentielle vers la pacification internationale, en réalité, cela a toujours été un mensonge flagrant. Et ce n’est pas parce que le commerce ne peut pas être un viatique de la paix – il peut l’être – mais parce que l’essence du capitalisme n’est PAS le commerce, qui n’est qu’un de ses aspects possibles.
L’essence du capitalisme consiste en un seul et unique point. C’est un système social idéalement sans tête, c’est-à-dire idéalement dépourvu de direction politique, mais guidé par un seul impératif catégorique : l’augmentation du capital à chaque cycle de production. Le cœur idéal du capitalisme est la nécessité pour le capital d’assurer une rente, c’est-à-dire d’augmenter le capital lui-même. La direction de ce processus n’est pas confiée à la politique – encore moins à la politique démocratique – mais aux propriétaires du capital, aux sujets qui incarnent les besoins de la finance.
Il est important de comprendre que le point crucial pour le système n’est pas qu’« il y a de plus en plus de capital » au sens objectif, c’est-à-dire que la quantité d’argent augmente de plus en plus ; momentanément, il peut aussi se contracter. Le fait est qu’il doit toujours y avoir une perspective générale d’augmentation du capital disponible. En l’absence de cette perspective – par exemple dans une condition persistante de « l’état stationnaire » de l’économie – le capitalisme cesse d’exister en tant que système social, parce que le « pilote automatique » représenté par la recherche de débouchés d’investissement disparaît.
Le point doit être compris de manière exquise en termes de PUISSANCE. Dans le capitalisme, une classe donnée détient le pouvoir et le détient en tant que dépositaire de la gestion du capital pour la croissance. Si la perspective de croissance est perdue, l’issue est techniquement RÉVOLUTIONNAIRE, dans le sens spécifique où la classe qui détient le pouvoir doit la céder à d’autres – par exemple, à un guide politique mu par des principes ou des idées directrices, comme cela a été plus ou moins toujours le cas dans l’histoire (perspectives religieuses, perspectives nationales, visions historiques). Le capitalisme est le premier et le seul mode de vie de l’histoire humaine qui ne cherche à incarner aucun idéal et qui n’a pas tendance à aller dans une direction spécifique. Cela ouvrirait une discussion intéressante sur le lien entre le capitalisme et le nihilisme, mais nous voulons nous concentrer sur un autre point.

L’inscription « Capitalisme = guerre » sur un mur de Bergen, en Norvège. Photo par Jill. Licence CC BY-NC 2.0.
2. La « baisse tendancielle du taux de profit »
Implicite dans la nature du système se trouve une tendance examinée pour la première fois par Karl Marx sous le nom de « tendance à la baisse du taux de profit ». Il s’agit d’un processus intuitif. D’une part, comme nous l’avons vu, le système nous oblige à rechercher constamment la croissance, en transformant le capital en investissement qui génère plus de capital. D’autre part, la concurrence à l’intérieur du système tend à saturer toutes les options d’augmentation du capital, en les réalisant. Plus la concurrence est efficace, plus la saturation des lieux où faire des marges est rapide. Cela signifie qu’avec le passage du temps, le système capitaliste génère structurellement un problème de survie pour le système lui-même.
Le capital disponible ne cesse d’augmenter et recherche des usages « productifs », c’est-à-dire des emplois susceptibles de générer des intérêts. La croissance du capital est liée à la croissance des perspectives futures de croissance du capital, dans un mécanisme qui s’auto-entretient. C’est sur la base de ce mécanisme que nous nous retrouvons dans des situations comme celle d’avant la crise des subprimes, lorsque la capitalisation sur les marchés financiers mondiaux était 14 fois supérieure au PIB mondial. Ce mécanisme produit la tendance constante aux « bulles spéculatives ». Et ce même mécanisme produit la tendance à ce que l’on appelle les « crises de surproduction », expression courante mais impropre, car elle donne l’impression qu’il y a un excès de produit disponible, alors que le problème est qu’il y a trop de produit uniquement par rapport à la capacité moyenne de l’acheter.
Constamment, fatalement, le système capitaliste est confronté à des crises générées par cette tendance : des masses croissantes de capitaux pressent d’être utilisées à bon escient, dans un processus exponentiel, alors que la capacité de croissance est toujours limitée. Pour qu’une crise se fasse sentir, il n’est pas nécessaire que la croissance s’arrête, tant qu’elle n’est pas à la hauteur de la demande croissante de marges. Lorsque cela se produit, le capital – c’est-à-dire les détenteurs du capital ou leurs dirigeants – commence à devenir de plus en plus agité, car sa survie même en tant que détenteur du pouvoir est menacée.
3. La recherche effrénée de solutions
Lorsque la compression des marges approche, la recherche effrénée de solutions commence. Dans la version auto-promotionnelle du capitalisme, la principale solution serait la « révolution technologique », c’est-à-dire la création d’une nouvelle perspective prometteuse de génération de profit par l’innovation technologique. La technologie est vraiment un facteur qui augmente la production et la productivité. La question de savoir si cela augmente également les marges bénéficiaires est une question plus complexe, car il ne suffit pas qu’il y ait plus de produit pour que le capital augmente, mais il doit y avoir plus de produits ACHETÉS.
Cela signifie que les marges ne peuvent réellement croître en présence d’une révolution technologique que si l’augmentation de la productivité se traduit également par une augmentation générale du pouvoir d’achat (salaires), ce qui n’est pas si évident. Mais même lorsque cela se produit, les « révolutions technologiques » capables d’augmenter la productivité et les marges ne sont pas si courantes. Souvent, ce qui se présente comme une « révolution technologique » est largement surestimé dans sa capacité à produire de la richesse et finit par n’être qu’une réorientation des investissements qui génère une bulle spéculative.
En attendant des révolutions technologiques qui rouvriraient la sphère des marges, la deuxième direction dans laquelle une solution est recherchée pour regagner des marges bénéficiaires est la pression sur la main-d’œuvre. Cette pression peut se manifester par une compression des salaires et de bien d’autres manières qui augmentent le domaine de l’exploitation du travail. L’abaissement direct des salaires nominaux n’est pris que dans des cas exceptionnels ; Plus fréquents et plus faciles à gérer sont l’absence de récupération de l’inflation, la « flexibilisation » du travail afin de réduire les « temps d’arrêt », « rigoriser » les conditions de travail, le désinvestissement des effectifs, etc.

« Le mécanicien et la pompe à vapeur », photographie de Lewis Hine. Photo du domaine public.
Cet horizon de pression pose deux problèmes. D’une part, cela propage le mécontentement, avec la possibilité que cela conduise à des manifestations, des émeutes, etc. D’autre part, la pression sur la main-d’œuvre, en particulier dans la dimension salariale, réduit le pouvoir d’achat moyen, et risque donc d’enclencher une spirale récessionniste (baisse des ventes, baisse des bénéfices, pression accrue sur la masse salariale pour récupérer les marges, réduction conséquente des ventes de produits, etc.).
Une forme collatérale de conquête des marges s’opère avec les « rationalisations » du système de production, qui se situe conceptuellement à mi-chemin entre l’innovation technologique et l’exploitation de la main-d’œuvre. Les « rationalisations » sont des réorganisations qui, pour ainsi dire, atténuent les « inefficacités » relatives du système. Cette dimension réorganisatrice a en effet presque toujours des répercussions sur une détérioration des conditions de travail, qui deviennent de plus en plus dépendantes des besoins impersonnels des mécanismes de capital.
Un dernier horizon de solutions se présente lorsque le domaine du commerce extérieur entre dans l’équation. Bien qu’en principe les points précédents épuisent les endroits où les marges bénéficiaires peuvent augmenter, en fait, compte tenu de la sphère étrangère, les mêmes opportunités de profit se multiplient en raison des différences entre les pays. Au lieu de l’augmentation technologique nationale, on peut avoir accès à l’augmentation technologique étrangère par le biais du commerce. Au lieu de presser la main-d’œuvre nationale, vous pouvez avoir accès à de la main-d’œuvre étrangère bon marché, etc.
4. La baisse des bénéfices
La phase actuelle de la courte et sanglante histoire du capitalisme que nous vivons est caractérisée par la disparition progressive de toutes les perspectives de profits importants. Il y aura toujours de la place pour les « révolutions technologiques », mais pas à une fréquence qui puisse suivre les masses infiniment croissantes du capital qui poussent au profit. Il y aura toujours de la place pour une nouvelle compression de la main-d’œuvre, mais le risque de créer des conditions de révolte ou de réduire le pouvoir d’achat généralisé pose des limites évidentes. Quant au processus de mondialisation, il a atteint ses limites et a entamé un processus de recul relatif ; La possibilité de trouver des opportunités à l’étranger différentes et meilleures que les opportunités nationales a été drastiquement réduite (il faut garder à l’esprit que plus les chaînes de production sont étendues, plus elles sont fragiles et plus les coûts de transaction supplémentaires peuvent apparaître).
La crise des subprimes (2007-2008) a marqué un premier tournant, amenant l’ensemble du système financier mondial au bord de l’effondrement. Pour sortir de cette crise, deux leviers ont été utilisés. D’une part, il y a une forte pression sur le secteur du travail, avec une perte de pouvoir d’achat et une détérioration des conditions de travail dans le monde entier. D’autre part, il y a une augmentation des dettes publiques – qui sont à leur tour une contrainte indirecte imposée aux citoyens et aux travailleurs, et sont présentées comme un fardeau à compenser.

La manifestation d’Occupy Wall Street le 8 octobre 2011 à Washington Square Park, à New York. Photo de David Shankbone. Licence CC BY 3.0.
La crise du Covid (2020-2021) a marqué un deuxième tournant, avec des caractéristiques qui ne sont pas sans rappeler la crise des subprimes. Là aussi, la crise a eu pour conséquence une perte moyenne de pouvoir économique des classes populaires et une augmentation des dettes publiques.
Tant dans la crise des subprimes que dans la crise du Covid, le système a accepté une réduction générale momentanée des capitalisations globales, afin de rouvrir de nouvelles zones de profit. Dans l’ensemble, le système financier est sorti des deux crises dans une position comparativement plus forte par rapport à la population qui vit de son emploi. L’augmentation des dettes publiques est en fait un transfert d’argent de la disponibilité du citoyen moyen vers les coupons des détenteurs de capital.
Il convient de noter que, afin de désamorcer les espaces de contestation et d’opposition entre le travail et le capital, le capitalisme contemporain a poussé de toutes ses forces à créer un co-intérêt dans certaines couches de la population, riches mais loin de compter pour quoi que ce soit au niveau du pouvoir capitaliste. En forçant les gens à acquérir des retraites privées, des polices d’assurance portant intérêt, en les poussant à utiliser leurs économies dans une forme d’obligation d’État, une tentative est faite (et réussie) de créer une couche de la population qui se sent « partie prenante de la cause » du destin du grand capital. Ces couches de la population agissent comme des « zones tampons », réduisant la volonté moyenne de se révolter contre les mécanismes capitalistes.
La situation actuelle, en particulier dans le monde occidental, est donc la présente. Les grands capitaux ont besoin, pour survivre, d’accéder à d’autres zones continues de profit. Les populations des pays occidentaux ont vu leurs conditions de vie s’éroder, tant en termes de pouvoir d’achat qu’en termes de capacité d’autodétermination, se retrouvant de plus en plus liées à une multiplicité de contraintes financières, professionnelles et législatives, toutes motivées par la nécessité de « rationaliser » le système.
Les chances de trouver de nouveaux domaines de profit à l’étranger ont été considérablement réduites, le processus de mondialisation atteignant ses limites. C’est la situation à laquelle sont confrontés les grands détenteurs de capitaux aujourd’hui. Selon eux, il est urgent de trouver une solution. Mais laquelle ?
5. « Un mot effrayant et fascinant : la guerre ! »
Lorsque, dans le canon occidental, les guerres mondiales sont présentées, c’est-à-dire les deux plus grands événements de destruction de guerre dans l’histoire de l’humanité, elles se présentent généralement sous la bannière de quelques coupables bien définis : le « nationalisme » (en particulier allemand) pour la Première Guerre mondiale, les « dictatures » pour la Seconde Guerre mondiale. Il est rare que l’on réfléchisse sur le fait que ces événements ont pour épicentre le point de développement le plus avancé du capitalisme mondial et que la Première Guerre mondiale se déroule à l’apogée du premier processus de « mondialisation capitaliste » de l’histoire.
Sans entrer ici dans une exégèse des origines de la Première Guerre mondiale, il est néanmoins utile de rappeler comment la phase qui la précède et la prépare peut s’inscrire parfaitement dans un cadre que l’on sait reconnaître. À partir de 1872 environ, une phase de stagnation de l’économie européenne a commencé. Cette phase donne un coup de fouet décisif à la recherche de ressources et de main-d’œuvre à l’étranger, principalement sous les formes de l’impérialisme et du colonialisme.
Tous les grands moments de crise internationale qui ont préparé la Première Guerre mondiale, comme l’incident de Fashoda (1898), ont été des tensions dans l’affrontement international pour l’accaparement des zones d’exploitation. La première grande poussée de réarmement dans l’Allemagne wilhelmienne fut de créer une flotte capable de contester la domination de l’Angleterre sur les mers (qui était le domaine commercial).

« Rue de Prague », peinture d’Otto Dix de 1920 qui décrit les soldats mutilés pendant la Première Guerre mondiale. Photo de Fred Romero. Licence CC BY 2.0.
Mais pourquoi la guerre devrait-elle représenter un horizon pour la solution des crises générées par le capital ? La réponse est, à ce stade, assez simple. La guerre représente une solution idéale aux crises de « baisse du taux de profit » à quatre égards principaux.
Tout d’abord, la guerre se présente comme une poussée non négociable pour des investissements massifs, qui peuvent relancer une industrie sans effusion de sang. Les grands contrats publics au nom du « devoir sacré de défense » peuvent réussir à extraire les dernières ressources publiquement disponibles pour les verser dans des contrats privés.
Deuxièmement, la guerre représente une grande destruction des ressources matérielles, des infrastructures, des êtres humains. Tout cela, qui du point de vue de l’intellect humain commun est une honte, du point de vue de l’horizon d’investissement, est une perspective magnifique. En fait, il s’agit d’un événement qui « remonte l’horloge de l’histoire économique », éliminant cette saturation des perspectives d’investissement qui menace l’existence même du capitalisme. Après de grandes destructions, les prairies rouvrent pour des investissements faciles, qui n’ont besoin d’aucune innovation technologique : routes, chemins de fer, aqueducs, maisons et tous les services associés. Ce n’est pas une coïncidence si, depuis un certain temps, alors qu’une guerre est en cours, de l’Irak à l’Ukraine, nous assistons à une course préliminaire pour obtenir des commandes pour la reconstruction future. La plus grande destruction de ressources de tous les temps – la Seconde Guerre mondiale – a été suivie du plus grand boom économique depuis la révolution industrielle.
Troisièmement, les grands détenteurs de capital, c’est-à-dire le capital financier, consolident comparativement leur pouvoir sur le reste de la société. L’argent, ayant une nature virtuelle, reste épargné par toute grande destruction matérielle (tant qu’il ne s’agit pas d’une annihilation planétaire).
Quatrièmement et finalement, la guerre gèle et arrête tous les processus de révolte potentielle, toutes les manifestations de mécontentement d’en bas. La guerre est le mécanisme définitif, le plus puissant de tous, pour « discipliner les masses », en les plaçant dans une condition de subordination dont elles ne peuvent sortir, sous peine d’être identifiées comme complices de « l’ennemi ».
Pour toutes ces raisons, l’horizon de la guerre, bien qu’à l’heure actuelle loin des humeurs prédominantes des populations européennes, est une perspective à prendre extrêmement au sérieux. Alors qu’aujourd’hui certains disent – à juste titre – qu’il n’y a pas de prémisses culturelles et anthropologiques pour que la société européenne se prépare sérieusement à la guerre, j’aime à me rappeler quand – flairant l’humeur des masses – Benito Mussolini est passé en quelques années du pacifisme socialiste à la célèbre conclusion de son article dans le Popolo d’Italia, le 15 novembre 1914 : « Le cri est un mot que je n’aurais jamais prononcé en temps normal et que j’élève bruyamment, d’une voix forte, sans prétention, avec une foi sûre, aujourd’hui : un mot effrayant et fascinant : la guerre ! »
Licence internationale Creative Commons CC BY-NC-ND Ver. 4.0
Auteur
Andrea Zhok s’est formée en étudiant et en travaillant dans les universités de Trieste, Milan, Vienne et Essex. Il est actuellement professeur de philosophie morale au Département de philosophie de l’Université de Milan. Il collabore avec de nombreux journaux et magazines. Parmi ses publications monographiques, citons : « L’esprit de l’argent et la liquidation du monde » (2006), « La réalité et ses sens » (2013), « Liberté et nature » (2017), « L’identité de la personne et le sens de l’existence » (2018), « Critique de la raison libérale » (2020), « Le sens des valeurs » (2024).
« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »
– Keiko, Londres
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– Sarah, New York
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– Olivia, Paris