Accueil

  • Série : Les annulations de dette au cours de l’histoire (partie 4)

    Démocratie et dette : A-t-on bris é le lien entre les deux ?

    L’année 2025 est considérée par les chrétiens comme une année jubilaire qui est mise sous le signe de l’annulation de dettes. A cette occasion, le CADTM republie une série d’articles sur les annulations de dette, les luttes dans cette perspective, la place de la dette dans les conflits politiques, sociaux et géostratégiques au cours de l’histoire.

    1. La longue tradition des annulations de dettes en Mésopotamie et en Egypte du 3e au 1er millénaire av. J-C
    2. La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant l’ère chrétienne
    3. Endettement privé et abolition des dettes dans la Rome antique
    4. Démocratie et dette : A-t-on brisé le lien entre les deux ?

      Sommaire  

    L’esclavage de la dette a détruit Rome et nous détruira si nous n’y mettons pas fin.

    Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.

    La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état.

    Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à soutenir les démocraties. Non pas par souci de liberté ou d’égalité mais bien plutôt pour sécuriser leurs prêts. Comme l’a expliqué James Steuart en 1767, les emprunts royaux restaient des affaires privées plutôt que des dettes publiques. Pour qu’une dette souveraine devienne la responsabilité d’une pays tout entier, il fallait que des représentants élus puissent faire passer des augmentations d’impôts pour payer les intérêts.

    En accordant aux contribuables une voix au gouvernement, les démocraties anglaise et hollandaise ont donné aux créanciers de bien meilleures garanties de remboursement que les rois et les princes dont les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes protestations contre la dette, de l’Islande à la Grèce en passant par l’Espagne, les créanciers retirent leur adhésion aux démocraties. Ils exigent l’austérité fiscale et même la privatisation des biens publics.

    La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau type de guerre. Son objectif est le même que la conquête militaire d’autrefois : s’approprier la terre et les ressources minières, ainsi que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction. En réponse, les démocraties exigent des référendums pour choisir de payer ou non les créanciers en vendant le domaine public et en augmentant les impôts, ce qui engendrera du chômage, des baisses de salaire et une récession économique. L’alternative étant de réduire le montant de la dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour contrôler le secteur financier.

     Des gouvernants du Proche-Orient ont effacé leurs ardoises pour maintenir l’équilibre économique

    Faire payer un intérêt sur l’argent ou les marchandises livrées en avance de règlement n’avait pas pour but au départ de cliver l’économie. Lorsqu’il a été institué pour la première fois au troisième millénaire avant JC par un accord contractuel entre les temples et les palais sumériens et les marchands et les entrepreneurs qui travaillaient dans la bureaucratie royale, l’intérêt était de 20% (le capital doublait en 5 ans) et représentait une honnête part des profits générés par le commerce de longue distance ou la location de terre ou d’autres biens publics comme des usines, des navires et des maisons à boire.

    Quand la pratique a été privatisée au profit des collecteurs royaux de redevances et de loyers, « la royauté divine » protégeait les créditeurs agricoles. Les lois de Hammourabi (vers 1750 avant JC) ont décrété la suppression de leurs dettes en cas d’inondation ou de tornade. Tous les dirigeants de la dynastie babylonienne, en montant sur le trône, annulaient les dettes des paysans afin de leur permettre de repartir à zéro. Le travail gratuit des débiteurs, les hypothèques sur la terre ou la récolte et autres obligations étaient annulés pour « réinstaurer l’ordre » dans une situation idéale d’équilibre « originel ». Cette coutume s’est poursuivie avec l’année du Jubilée de la Loi de Moïse comme elle est décrite dans le Lévitique 25.

    La logique était claire. Les sociétés anciennes avaient besoin de lever des armées pour défendre leur terre et pour cela il leur fallait libérer les citoyens de l’esclavage. Les lois de Hammourabi empêchaient les conducteurs de chars et autres combattants d’être réduits en esclavage à cause de leur dette et empêchaient les créanciers de prendre les récoltes des tenanciers des terres royales, publiques et communales qui étaient redevables au roi de service sur ses terres et dans son armée.

    En Egypte, le pharaon Bakenranef (vers 720-715 avant JC, “Bocchoris” en Grec) a proclamé une amnistie de la dette et aboli l’esclavage des endettés devant la menace d’une invasion militaire de l’Ethiopie. Selon Diodore de Sicile, (I, 79, écrit en 40-30 avant JC), il a établi que si un débiteur contestait sa dette, la dette était annulée si le créancier ne pouvait présenter un contrat écrit. (Il semble que les créanciers aient toujours eu tendance à exagérer le montant des dettes). Le pharaon pensait que « les corps des citoyens devaient appartenir à l’état afin que l’état puisse bénéficier des services que les citoyens lui devaient en temps de paix comme en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait absurde qu’un soldat… soit mis en prison par son créancier pour ne pas avoir remboursé un prêt et que l’avidité de personnes privées mette ainsi en danger la sécurité de tous. »

    Le fait que les principaux créanciers du Proche Orient étaient les rois, les temples et leurs collecteurs facilitait l’annulation des dettes. Il est toujours plus facile d’annuler les dettes qu’on vous doit à vous. Même les empereurs romains ont brûlé des livres d’arriérés d’impôts pour empêcher une crise. Mais il est devenu beaucoup plus difficile d’annuler des dettes dues à des créanciers privés quand la pratique de l’intérêt s’est répandue à l’ouest vers les royaumes de la Méditerranée à partir de 750 avant JC environ. Au lieu de permettre aux familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est devenue le principal facteur des expropriations et du clivage des sociétés en deux camps : l’oligarchie créditrice et les clients endettés. En Judée, le prophète Isaïe (5:8-9) condamne les créanciers qui saisissent les bien hypothéqués et « ajoutent maisons aux maisons et champs au champs au point qu’il ne reste plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les seuls habitants du pays ».

    Le pouvoir des créanciers et la croissance stable n’ont jamais fait bon ménage. La plupart des dettes personnelles de la période classique étaient constituées de petites sommes d’argent prêtées à des individus au seuil de la pauvreté qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La saisie de leur terre et de leurs biens —et de leur liberté personnelle— enchaînaient irréversiblement les débiteurs. Au 7e siècle avant JC, des « tyrans » (leaders populaires) se sont levés pour renverser les aristocraties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en obtenant le soutien populaire par l’annulation des dettes. D’une manière moins autoritaire, Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en interdisant l’esclavage de la dette.

    Mais les oligarchies se sont reformées et ont appelé Rome à la rescousse quand les rois de Sparte, Agis, Cléomène et leur successeur Nabis ont voulu effacer les dettes à la fin du 3e siècle avant JC. Ils ont été assassinés et leurs supporters chassés. Depuis l’antiquité, ça a été une constante politique de l’histoire que les créanciers s’opposent à la fois à la démocratie populaire et au pouvoir royal qui pouvaient tous les deux empêcher la conquête de la société par la finance —une conquête qui a pour objectif de transformer en dette productrice d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.

    Quand les frères Gracchus et leurs adeptes ont essayé de réformer les lois sur le crédit en 133 avant JC, la classe sénatoriale dominante a réagi avec violence et les a fait assassiner, inaugurant de la sorte un siècle de guerre sociale qui s’est terminée avec le sacre de l’empereur Auguste en 29 avant JC.

     L’oligarchie créancière romaine gagne la Guerre Sociale, réduit la population en esclavage et c’est le début des années noires

    Les choses étaient plus sanglantes à l’étranger. Aristote n’a pas mentionné la construction d’une empire dans son schéma politique, mais la conquête étrangère a toujours été un instrument capital dans la création de dettes et les guerres ont été la cause principale des dettes publiques des temps modernes. Rome a été le plus intraitable créancier de l’Antiquité ; ses collecteurs rançonnaient l’Asie Mineure, sa province la plus prospère. Le droit n’existait plus quand les « chevaliers » qui levaient le tribut arrivaient. Mithridate de Ponts a mené trois révoltes populaires et les populations d’Ephèse et d’autres cités se sont soulevées et ont tué 80 000 Romains en 88 avant JC selon les estimations. L’armée romaine a riposté et Sulla a imposé un tribut de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes pour les intérêts en retard avaient multiplié la somme par six.

    Tite Live, Plutarque et Diodore, entre autres historiens célèbres de Rome, ont rejeté la responsabilité de la chute de la République sur l’intransigeance des créanciers qui a provoqué une guerre sociétale de 100 ans (133 à 29 avant JC) marquée par les meurtres politiques. Des leaders populaires ont essayé d’obtenir le soutien populaire en demandant l’annulation de la dette (la conspiration de Catilina en 63-62 avant JC). Ils ont été assassinés. Au 2e siècle après JC, environ un quart de la population était réduite en esclavage. Au 5e siècle, l’économie de Rome s’est effondrée car il ne lui restait plus un sou. Pour survivre les gens retournèrent dans les campagnes.

     Les créanciers trouvent une raison légale pour soutenir la démocratie

    Quand les banquiers se sont remis en selle après le pillage de Byzance par les croisés et ont investi de l’or et de l’argent dans le commerce occidental européen, les chrétiens n’ont pas réussi à empêcher le paiement d’intérêts comme ils l’auraient souhaité à cause de l’entente entre des prêteurs prestigieux (les Templiers et les Hospitaliers ont prêté de l’argent pendant les croisades) et leurs principaux clients — les rois, d’abord pour payer l’Eglise et de plus en plus pour financer les guerres. Mais les dettes royales n’étaient pas honorées quand les rois mouraient. Les Bardi et les Peruzzi ont fait faillite en 1345 quand Edward III a refusé d’honorer ses dettes. Les familles de banquiers ont perdu beaucoup d’argent en prêtant aux Habsbourg et aux Bourbon qui régnaient sur l’Espagne, l’Autriche et la France.

    Les choses ont changé quand la démocratie hollandaise a voulu se libérer de l’Espagne des Habsbourg. Le fait que leur parlement pouvait faire des emprunts publics sur le long terme au nom de l’état a permis aux Pays Bas de lever des emprunts pour s’offrir des mercenaires à une époque où l’argent et le crédit étaient le nerf de la guerre. L’accès au crédit « a été l’arme la plus puissante dans leur lutte pour l’indépendance » a écrit Richard Ehrenberg dans Capital et finance à l’époque de la Renaissance (1928). « Celui qui faisait crédit à un prince savait que le remboursement de la dette dépendait de la capacité et du bon vouloir de son débiteur. Il n’en était pas de même avec les cités qui n’avaient pas seulement le pouvoir de décider mais étaient aussi des corporations et des groupes d’individus reliés par un destin commun. Selon la règle généralement acceptée chaque habitant de la cité répondait des dettes de la cité sur sa personne et sur ses biens ».

    L’avantage financier du gouvernement parlementaire était donc de pouvoir contracter des dettes qui n’étaient pas seulement les obligations personnelles de princes, mais étaient véritablement publiques et contraignantes quelque soit le roi en place. C’est pourquoi les deux premiers pays démocratiques, la Hollande et l’Angleterre après sa révolution de 1688, sont devenus les pa ys marchands les plus actifs pour ensuite devenir des puissances militaires de première importance. Ce qui est ironique, c’est que c’est le besoin de financement de la guerre qui a promu la démocratie en formant une trinité symbiotique, la guerre, le crédit et la démocratie parlementaire, qui s’est perpétuée jusqu »à nos jours.

    A l’époque « la situation légale du roi en tant qu’emprunteur n’était pas claire et on ne savait pas encore si ses créanciers pouvaient exercer un recours contre lui en cas de non-paiement. » (Charles Wilson, England’s Apprenticeship : 1603-1763 : 1965.) Plus l’Espagne, l’Autriche et la France devenaient despotiques, plus elles avaient du mal à financer leurs opérations militaires. A la fin du 18e siècle, l’Autriche était un pays « sans crédit et par conséquent sans grande dette », un pays à qui personne ne voulait prêter, qui avait la plus mauvaise armée d’Europe et qui était complètement dépendant des subsides et garanties de prêts anglais au moment des guerres napoléoniennes.

     La finance s’adapte à la démocratie, puis s’efforce d’y promouvoir une oligarchie

    Au 19e siècle, alors que les réformes démocratiques réduisaient le pouvoir de l’aristocratie terrienne au parlement, les banquiers ont adroitement développé des relations symbiotiques avec presque toutes les formes de gouvernement. En France, les adeptes de Saint-Simon réclamaient des banques mutualistes qui accordent du crédit en échange d’une répartition équitable des profits. L’état germanique a fait alliance avec la grande finance et l’industrie lourde. Marx a écrit avec optimisme que le socialisme rendrait la finance productive au lieu de parasitaire. Aux Etats-Unis, la régulation des services publics était assortie de profits garantis. En Chine, Sun-Yat-Sen a écrit en 1922 : « J’ai l’intention de regrouper toutes les industries nationales chinoises en un Grand Trust appartenant au peuple chinois qui sera financé par les capitaux internationaux pour un profit mutuel. »

    Pendant la première guerre mondiale les Etats-Unis ont remplacé l’Angleterre comme principal pays créancier et à la fin de la guerre ils avaient accaparé 80% de l’or monétaire mondial. Leurs diplomates ont modelé le FMI et la Banque Mondiale de façon à ce que leurs crédits engendrent la dépendance financière aux Etats-Unis principalement. Les prêts accordés pour financer le commerce et le règlement des déficits étaient soumis a des « conditions » qui mettaient la direction de l’économie entre les mains d’une oligarchie aux ordres et de dictateurs militaires. La réaction démocratique aux plans d’austérité nécessaires au service de la dette s’est réduite à des « soulèvements contre le FMI » jusqu’à ce que l’Argentine refuse d’honorer sa dette étrangère.

    Une austérité au service de la dette similaire est aujourd’hui imposée à l’Europe par la Banque Centrale Européenne (BCE) e la bureaucratie européenne. Des gouvernements d’obédience sociale démocrate ont été mis en demeure de sauver les banques au lieu de promouvoir la croissance économique et l’emploi. Les pertes dues aux prêts bancaires toxiques et à la spéculation sont imputés aux budgets des états grevant les dépenses publiques et obligeant même à vendre des infrastructures. En réponse les contribuables, écrasés par le poids de la dette, sont sortis dans les rues ; les manifestations ont commencé en Islande et en Lettonie en janvier 2009 et se sont amplifiées en Grèce et en Espagne à l’automne pour protester contre le refus de leurs gouvernement de faire des référendums au sujet de ces aides funestes en bonds étrangers.

     La planification passe des représentants du peuple aux banquiers

    Toutes les économies sont planifiées. Ce sont traditionnellement les gouvernements qui sont chargés de cette planification. Renoncer à cette prérogative au nom du « libre marché » revient à la céder aux banques. De plus la planification de la création et de la répartition du crédit est encore plus centralisée que lorsque les officiels élus en avaient la responsabilité. Et pour combler le tout, le cadre temporel financier est le court terme, une course en avant qui se termine quand nous n’avons plus rien. En recherchant leur seul profit, les banques tendent à détruire l’économie. Les surplus sont finalement absorbés par les intérêts et autres frais financiers, et ils ne reste rien pour de nouveaux investissements ou pour les dépenses sociales de première nécessité.

    C’est pourquoi donner le contrôle de la politique d’une pays à une classe de créanciers a rarement engendré la croissance économique et la hausse du niveau de vie. La tendance des dettes à grossir plus vite que la capacité des peuples à les rembourser est une constante de toute l’histoire connue. Les dettes croissent exponentiellement, absorbant les surplus et réduisant une grande partie de la population en esclavage de la dette pour ainsi dire. Le cri du peuple de l’Antiquité pour annuler la dette avait la même fonction que les ordonnances royales du Proche Orient de l’âge de bronze : annuler l’excès de dettes pour retrouver l’équilibre économique.

    A une époque plus récente, les démocraties incitaient un état fort à taxer les revenus et les biens des rentiers et à effacer une partie de la dette quand cela devenait nécessaire. Cela est plus facile à faire quand c’est l’état lui-même qui crée la monnaie et le crédit. Quand les banques ont la possibilité de faire leurs propres règles et peuvent mettre leur veto à ceux qui veulent leur imposer des limites, l’économie est pervertie et incite les créanciers à se livrer aux paris spéculatifs et aux fraudes cyniques qui ont marqué la dernière décennie. La chute de l’Empire Romain montre ce qui arrive quand les exigences des créanciers ne sont pas contrecarrées. En effet, la seule alternative à la planification et la régulation étatique du secteur financier est l’esclavage de la dette.

     La finance contre le gouvernement ; oligarchie contre démocratie

    La démocratie implique de subordonner la dynamique financière à l’équilibre économique et à la croissance — et de taxer les revenus des rentiers ou de garder les monopoles essentiels dans le domaine public. Détaxer ou privatiser les revenus de la propriété c’est les « libérer » pour les confier aux banques pour qu’ils soient capitalisés en prêts plus importants. Financée par l’augmentation de la dette, l’inflation des prix des biens augmente la richesse des rentiers tout en endettant l’économie globale. L’économie se contracte et la valeur des biens devient inférieure au montant des emprunts contractés.

    Le secteur financier a assez de pouvoir pour profiter de telles situations d’urgence pour convaincre les gouvernements que l’économie va s’effondrer s’ils ne « sauvent pas les banques ». En pratique cela leur permet de renforcer leur contrôle de la politique pour cliver encore plus l’économie. Le modèle typique est ce qui est arrivé dans la Rome ancienne en passant de la démocratie à l’oligarchie. En fait, en donnant la priorité aux banquiers et en permettant à l’Europe, à la BCE et au FMI prendre la direction des économies, on prend le risque de déposséder les pays de leur pouvoir de frapper ou d’imprimer de la monnaie et de lever les impôts.

    Le conflit qui en résulte est celui des intérêts financiers contre l’indépendance nationale. L’idée que la banque centrale indépendante est le « fleuron de la démocratie » est un euphémisme qui permet de confier la décision politique la plus importante —celle de créer la monnaie et le crédit— au secteur financier. Au lieu de laisser le choix politique à des référendums populaires, le sauvetage des banques organisé par l’UE et la BCE représente aujourd’hui la meilleure manière d’augmenter la dette nationale. Les dettes des banques privées ont été intégrés aux bilans des gouvernements irlandais et grecs et les contribuables en sont redevables. C’est la même chose pour les 13000 milliards de dollars qui ont été ajouté en Amérique aux bilans du gouvernement depuis septembre 2008 (dont 5300 milliards de dollars de mauvaises hypothèques de Fannie Mae et Freddie Mac portés au bilan de l’état et 2000 milliards de dollars de produits toxiques « recyclés » par la Réserve Fédérale).

    Tout cela est fait sur ordre des représentants de la finance qu’on appelle par euphémisme des technocrates. Ils sont mis en place par des lobbys de créanciers pour évaluer la quantité de chômage et de récession qu’il faut pour extraire le surplus d’argent nécessaire pour rembourser aux créanciers des dettes qui sont maintenant intégrées aux bilans des pays. Mais cela va à l’encontre du but recherché car la contraction de l’économie —la déflation due à la dette— rend la dette encore plus impossible à rembourser.

    Ni les banques, ni les autorités publiques (ni les universitaires de la pensée dominante d’ailleurs) n’ont évalué la capacité concrète de l’économie à rembourser —je veux dire à rembourser sans contracter l’économie. Grâce à leurs médias et à leurs think tanks, ils ont convaincu les populations que la manière de devenir riche rapidement est d’emprunter de l’argent pour acheter des maisons, des actions et des obligations qui montent —grâce à l’inflation due au crédit bancaire— et d’inverser le système d’imposition progressive de la richesse du siècle dernier.

    Pour le dire clairement, ce sont des pratiques économiques malsaines. Le but est de détruire les équilibres et les réglementations étatiques pour transférer le pouvoir de décision économique à la haute finance sous prétexte que c’est plus efficace que les réglementations publiques. On accuse la planification et la taxation gouvernementales de « mener à l’esclavage » comme si le « libre marché », contrôlé par des banquiers qui ont tout loisir de prendre des risques insensés, n’était pas au service des intérêts spécifiques de l’oligarchie et non de la démocratie. On ordonne aux gouvernements de rembourser des emprunts contractés non pas pour défendre des pays en temps de guerre comme au temps passé mais au profit des couches les plus riches de la population en faisant payer leurs pertes par les contribuables.

    Le refus de prendre les opinions publiques en considération laisse les dettes nationales sans solide garantie politique ni même légale. En face d’un forte opposition populaire, des dettes imposées par décret, par des gouvernements ou par des agences financières étrangères peuvent se révéler aussi fragiles que celles des Habsbourg et autres despotes des temps passés. N’ayant pas été validées par le peuple, elles peuvent devenir caduques en même temps que le régime que les a contractées. De nouveaux gouvernements peuvent agir de manière démocratique et obliger le secteur bancaire et financier à servir l’économie au lieu du contraire.

    Ils pourraient au moins essayer de les payer en réinstaurant une imposition progressive sur le patrimoine et les revenus, faisant ainsi passer le fardeau fiscal sur la richesse et les biens des rentiers. La re-réglementation bancaire et la remise en place de banques publiques de services et de crédit renouerait avec le programme social démocratique qui semblait avoir un bel avenir au siècle dernier.

    L’Islande et l’Argentine en sont les exemples les plus récents mais on peut aussi se rappeler le moratoire sur les dettes de guerre des Alliés et les réparations germaniques en 1931. Un principe mathématique et politique de base est à l’œuvre : Les dettes qui ne peuvent pas être payées ne le seront pas.

    Traduit par Dominique Muselet

  • Laure Lemaire- Les Caraibes, un espace stratégique convoité

    Laure Lemaire- Les Caraibes, un espace stratégique convoité

    Sources: cours de major prépa par Clément Richard

    La Guadeloupe se situe dans une zone pivot de l’archipel antillais et à cheval entre l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes. Ce promontoire permet à la France d’avoir une portée sur la façade orientale du continent américain. La zone économique exclusive formée par la Guadeloupe et la Martinique s’étend sur un peu plus de 126 146 km2. soit pour la France, d’importantes ressources halieutiques et une indépendance dans le développement d’une politique souveraine en matière de recherche et de protection sous-marines (protection des baleines à bosseréserve Cousteau, protection des récifs coralliens).

    Ainsi la Guadeloupe permet à la France de participer aux dialogues politiques et diplomatiques tant au niveau régional (Petites et Grandes Antilles) que continental (Amérique latine et Amérique du Nord) La signature de la Convention régionale pour l’internationalisation des entreprises (CRIE), l’adhésion à la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) ou l’adhésion à l’Association des États de la Caraïbe (AEC) sont autant de jalons posés permettant à la Guadeloupe de développer ses relations bilatérales ou multilatérales dans le cadre d’accords ou au sein d’institutions internationales. Le développement de partenariats économiques bilatéraux et multilatéraux avec d’autres États caribéens et américains passe par la modernisation du port autonome de Guadeloupe ou l’importance de l’aéroport international Guadeloupe-Pôle Caraïbes

    Cet espace, étalé sur près de 3 000 km,est caractérisé par l’insularité ou la péninsularité, en  milieu tropical. Il est sujet aux catastrophes naturelles (cyclones, tremblements de terre, éruptions volcaniques), avec 10 volcans encore actifs dans les Petites Antilles.Pour la période récente, voici la liste:

    1848 Le gouverneur Layrle promulgue l’abolition de l’esclavage le 27 mai en Guadeloupe. Le 21 août, un terrible ouragan dévaste la Désirade et l’Anse-Bertrand.

    1902 léruption volcanique de la montagne Pelée 

    1962  un avion Boeing 707 assurant le vol 117 Air France s’écrase sur le Dos d’Âne à Deshaies, faisant 113 morts.

    1964 le cyclone Cléo fait 14 morts

    1966: passage du violent ouragan Ines faisant beaucoup de dégâts.

    Ceci est aggravé par l’impact du chlordéconesur la qualité environnementale. Ce pesticide utilisé pour le traitement d’un parasite de la banane, a rendu impropre à la consommation une grande partie des productions agricoles locales, entraine l’interdiction de consommation de langoustes et de certaines espèces de poissons dans les zones polluées et continue aussi de polluer les cours d’eau

    Les pays des Caraïbes ont un passé similaire: conquêtes,  colonisation et esclavage du XVIIe au XIXe siècle. Mais les dynamiques ont bien changé au du XXe siècle pour prendre la forme d’une émigration de masse à la 2° Guerre mondiale. Aujourd’hui, + de 6 M de Caribéens vivent hors de leur pays d’origine. L’émigration se réalise à destination des États-Unis, du Canada et de l’Europe. À signaler, les 1° réfugiés climatiques à partir de 2017, suite aux cyclones ( Porto Rico)

    La région demeure très fragmentée :

    • Diversité des régimes politiques : 8 monarchies constitutionnelles, 14 Républiques, régions et départements français de l’outre-mer, état libre associé aux États-Unis (Porto Rico), etc.
    • Diversité des langues : 21 M de locuteurs espagnols, 6 M de francophones 6 M d’anglophones, 700 000 néerlandais, créole et langues autochtones.
    • Fragmentation démographique et géographique : Petites Antilles, Cuba, Haïti, République dominicaine. Mais aussi de grands États ( Colombie:49 M d’hab).
    • Inégalités socioéconomiques : la Floride, le Texas et la Louisiane représentent 50 % du PIB régional, et  7 %. pour les îles,  2/3 des pays sont classés en dessous de Cuba (83e) en termes d’IDH, dont Haïti en dernier
    • Faiblesse des réseaux : les vols entre les îles sont encore compliqués. Les États-Unis (notamment Miami) font donc office de hub pour diverses connexions.

    La proximité des Caraïbes avec les États-Unis a soulevé des envies d’influence et d’appropriation..La doctrine Monroe de 1823 en fait une « chasse gardée » américaine. Et en 1904, Roosevelt justifie donc son expansion vers l’Amérique latine. Dans les années 1900, une République bananière se met en place dans de nombreux pays sous le contrôle de multinationales agroalimentaires américaines comme la United Fruit Company. De 1914 à 1999, les États-Unis prennent le contrôle du canal de Panama. Face à cette volonté de contrôle, la crise de Cuba en 1962 est une péripétie majeure, conduisant à un boycott puissant de l’île. Cuba reste le principal rival des États-Unis dans la région, avec le Venezuela.

    Les États-Unis invoquent la Destinée manifeste (mission « divine » d’expansion de la civilisation) pour obtenir la mainmise sur la région en se proclamant bienfaiteurs et garants de la paix. Cela se traduit par un nombre impressionnant d’interventions militaires dans la zone caraïbe au cours du XXe siècle : 1894 (Nicaragua), 1898 (Cuba, Porto Rico), 1903 (Panama, République dominicaine), 1906-1909 (Cuba), 1909 (Honduras), 1910-1913 (Nicaragua), 1914-1934 (Haïti), 1954 (Guatemala)

    Afin de peser face à l’influence des États-Unis et faire entendre une voix à l’échelle mondiale, des tentatives de fédérations ont vu le jour dans le bassin caribéen depuis 1973. Toutefois, certaines d’ entre elles ont été incitées, voire construites par les Américains pour conserver une mainmise ou s’assurer l’accès aux marchés, pour l’exportation par exemple.Ces projets de fédération raniment des rivalités fortes et fragmentent la zone, entre pro et anti-américains. Voici les principales étapes :

    • 1973 Communauté des Caraïbes. Marché commun avec 15 pays et territoires associés.
    • 1983 Initiative du bassin des Caraïbes (IBC). Initiative américaine pour 24 pays des Caraïbes (excluant Cuba, Nicaragua, Porto Rico et Colombie) pour lutter contre l’influence communiste.
    • Années 2000 Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Projet américain d’une communauté économique à l’échelle du continent. Elle doit exclure Cuba, l’outre-mer française, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Elle rencontre l’opposition des pays membres du Mercosur, des partis politiques de gauche et des pays de l’ALBA (née en 2004).
    • 2004 Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Coopération (d’abord économique) réunissant 11 pays, dont le Venezuela et Cuba, en réaction aux projets de libre-échange poussés par les États-Unis.
    • 2009 Accord de libre-échange d’Amérique centrale (ALEAC) entre les États-Unis et 6 pays d’Amérique centrale.

    L’intégration économique est faible car les îles produisent les mêmes produits et sont fractionnées dans la mer. Les échanges intrarégionaux ne dépassent pas 10 %. Le trafic de stupéfiants est un réel enjeu, d’autant plus qu’on ne peut nier des retombées positives sur l’économie.

    Toutefois, à ces zones des Caraïbes en difficulté, on peut opposer « une autre Caraïbe » faisant preuve d’une capacité d’adaptation à la mondialisation sans pour autant s’insérer dans des réseaux illicites de flux matériels et immatériels.

    La difficulté globale s’explique par un manque de ressources naturelles  offshore ou halieutiques  (vivant-es aquatiques) en mer des Caraïbes. Ce sont sont le pétrole  au Venezuela (8° mondial), Trinité-et-Tobago, Colombie, Cuba et le gaz  au Venezuela ( 2 ° mondial) et Trinité-et-Tobago) qui peut donc davantage s’appuyer sur l’export et les investissements étrangers.

    Le poisson est rare en mer des Caraïbes, privant la pêche d’être un levier de croissance et la poussant vers le déclin. Face à ce manque, la pêche clandestine est d’autant plus néfaste. De plus, bien que le sol de cette mer soit riche en nodules polymétalliques, le coût de l’exploitation la rend impossible.

    Concernant les routes maritimes, la mer des Caraïbes est un nœud secondaire des grandes routes et bénéficie des axes maritimes américains (à destination de Houston, Miami, Corpus Christi), liés à l’acheminement du pétrole en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique de l’Ouest et du Venezuela. Les points stratégiques sont:  le canal de Panama, le canal du Yucatan, le détroit de Floride. La présence militaire américaine atteste de l’intérêt stratégique de ces zones. La piraterie reste un défi majeur.

    À partir de 1999, le canal passe sous le contrôle de l’État panaméen (en vertu d’un traité de 1977). En 2016, il est élargi et devient une zone neutre internationale à vocation économique. 14 000 navires l’empruntent chaque année, et il permet le transite de 69 % du commerce entre les côtes Ouest et Est des États-Unis. Il représente 10 % des revenus de l’État panaméen. La Chine est son 2° utilisateur.

    La Chine pourrait tenter de gêner les États-Unis sur leur propre terrain et de les pousser à mener des actions qui feraient du tort à leur statut et/ou image d’hégémonie régionale. Toutefois, elle reste limitée par sa présence militaire inexistante dans la région. Elle s’attache plutôt à coopérer avec les institutions régionales et à développer ses relations économiques.  En 2021, un 3° forum Chine-CELAC a lieu, pour intégrer les pays de la CELAC (Communauté d’États latino-américains et Caraïbes) qui comprend Cuba, le Nicaragua et le Vénézuela, dans le projet BRIC Sdes nouvelles routes de la soie. Nul doute que la Chine, par cette approche, parviendra à développer son influence dans les Caraïbes considérée comme stratégique.

    Ces zones sont censées être des refuges pour la biodiversité et permettre aux océans de se régénérer. Un enjeu majeur car nos océans régulent le climat : ils sont nos plus précieux alliés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, selon Greenpeace, elles n’en ont que le nom.: le chalutage de fond, une technique de pêche industrielle destructrice, y est autorisé. À quelques kilomètres de nos côtes, des chalutiers labourent et déciment les fonds marins, en toute légalité.Il faudrait:

    • Interdire le chalutage de fond et la senne danoise au sein de toutes les aires marines protégées qui existent actuellement.
    • Réserver la bande littorale de 5,5 km autour des côtes, à la pêche artisanale, et réserver la bande côtière des 22,2 km, aux navires de moins de 25 m, ce qui exclut les super chalutiers.
    • Bannir la pêche et toute activité d’extraction dans au moins 10 % du domaine maritime français selon les critères internationaux de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
    • Répartir cette protection de manière juste et équilibrée : chaque façade maritime et chaque bassin pour les territoires d’outre-mer doit disposer d’au moins 10 % d’aires marines strictement protégées.

  • Diagne Fodé Roland- DES NON ALIGNÉS AUX BRICS

    Diagne Fodé Roland- DES NON ALIGNÉS AUX BRICS

    LA LONGUE MARCHE DES PEUPLES CONTRE LE COLONIALISME,

    LE NÉOCOLONIALISME ET L’HÉGÉMONISME FASCISTE !

    Du 18 au 24 avril 1955, il y a 70 ans, 29 pays d’Asie et d’Afrique plus des mouvements de libération nationale se réunissaient en Indonésie pour exiger la fin du colonialisme et un ordre international de paix respectant les souverainetés nationales.

    Dans la première décennie du XXIème siècle, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud fondent les BRICS pour exiger le respect des souverainetés nationales et la fin de l’hégémonisme prédateur Otan/UE/G7/Israël piloté par l’impérialisme US.

    Les contradictions inhérentes à l’impérialisme stade suprême du capitalisme se manifestent de plus en plus ouvertement faisant prendre conscience au peuple de leur existence que l’hégémonie unilatérale des impérialistes US flanqués de l’UE/G7/Israël étouffait à leurs yeux.



    Bandung était un front uni contre le colonialisme et le néocolonialisme

    L’interprétation la plus répandue de Bandung est le « non alignement » sur les « deux blocs en guerre froide » qu’étaient les camps capitalistes et socialistes. Ce n’est là qu’une demi-vérité qui ne doit pas nous cacher qu’il s’agissait aussi d’un front uni des pays, nations ex-colonies contre le colonialisme et le néocolonialisme dont la majorité était bourgeoisie à l’exemple de l’Inde, de l’Indonésie et la minorité appartenant au camp socialiste comme la Chine.

    C’est ce que pointait fort justement le Manifeste du PAI : « A l’heure historique de Bandung et de la désintégration du système colonial de l’impérialisme, à l’heure où la confusion politique submerge l’Afrique Noire sous domination française, notre devoir d’Africains nous oblige à porter devant les masses de notre pays le problème de l’indépendance nationale et de la transformation socialiste de notre économie » (Manifeste du PAI, Thiès 15/09/57).

    Les 23 signataires du Manifeste du PAI énonçaient « une situation qui plaide pour le seul mot d’ordre juste : » L’INDÉPENDANCE NATIONALE « , laquelle situation était caractérisée par le fait qu’« après la deuxième guerre mondiale avec l’apparition du camp du socialisme sur un tiers du globe, une immense vague démocratique a déferlé sue le monde entraînant tous les peuples dans la lutte pour la socialisme, l’indépendance nationale et la paix. C’est ainsi que la Chine Populaire instaurait le socialisme pour 600 millions d’hommes, que le Vietnam, l’Inde, l’Indochine, la Syrie et le Liban secouaient pour toujours le joug des impérialistes étrangers… l’Afrique bouge… la chaîne des indépendances africaines a prouvé que notre pays n’était pas à l’écart des grands courants de pensées mondiaux ».

    Le « non alignement » était donc une tactique permettant d’allier les bourgeoisies, les petites bourgeoisies et les communistes à l’échelle étatique et des mouvements de libération nationale contre le colonialisme et le néocolonialisme.

    Il faut dire que les impérialistes ont réussi à contenir cette tactique frontiste indépendantiste pour imposer le néocolonialisme en Afrique en massacrant (Thiaroye, Madagascar, Cameroun), en assassinant les leaders radicalement indépendantistes (Abane Ramdane, Krim Belkacem, Ben Mhidi, Lumumba, Um Nyobé, Félix Moumié, Osende Afana, Ernest Ouandié, Ben Barka, Eduardo Mondlane, Thomas Sankara, etc.), en organisant des coups d’états contre Sylvanus Olympio, Kwame Nkrumah, Modibo Kéita ou en isolant par blocus Sékou Touré.

    La tenue de la Tricontinentale associant à l’Asie et l’Afrique l’Amérique du sud en 1966 montrait les limites à cette alliance frontiste en tant que réponse des révolutionnaires indépendantistes au délitement réformiste du « non alignement » différenciant puis opposant « voie capitaliste » et « voie non capitaliste » de sortie du sous développement colonial et néocolonial. Les révolutionnaires communistes représentaient les classes laborieuses ouvrières et paysannes alors que le national-réformisme représentait les classes bourgeoises et les petites bourgeoisies enclines aux compromissions.

    C’est le tournant révisionniste à la tête de l’URSS à la fin des années 50 et début 60 qui va engendrer à la fois la division du Mouvement Communiste International (MCI) et l’éloignement puis le renforcement de l’anti-communisme des bourgeoisies et de la petite-bourgeoisie dans les semi ou néo-colonies et dans les pays dépendants. Les révisionnistes ayant développé des tendances à soutenir les bourgeoisies nationales dont certaines n’hésitaient pas à naviguer sous un faux drapeau communiste.

    C’est ainsi qu’en Afrique, se sont installées des régimes néocoloniaux contre lesquels ont émergé les organisations révolutionnaires petites bourgeoises d’orientations marxistes-léninistes mais qui, malgré leur division, vont être les chevilles ouvrières de toutes les luttes sociales, syndicales et démocratiques qui vont permettre des conquêtes sociales et démocratiques.

    Ces révolutionnaires marxistes vont ensuite être happés par le système bourgeois et petit bourgeois néocolonial pour les intégrer à la gouvernance libérale consécutive à la défaite du camp socialiste d’Europe et de l’URSS. La « lutte des places » dans les gouvernements néocoloniaux va remplacer la « lutte des classes » pour la « rupture et la transformation systémique » contre la domination impérialiste. Un vide sidéral va s’installer dans l’espace politique qui fera progressivement réagir les résistants de la gauche communiste traumatisés par la défaite externe et interne du communisme. Comme nous l’écrivions en 2008 « La victoire temporaire de la contre-révolution bourgeoise a, dans un premier temps, accéléré les abandons, les reniements, les capitulations au sein des forces de la gauche révolutionnaire partout dans le monde. L’Afrique et le Sénégal n’ont pas échappé à cette débandade qui a conduit un libéral bourgeois apatride comme le président A. Wade à se moquer parlant de ses alliés du PIT, de la LD/MPT et de And Jëf : : « Pour moi, c’était des gens qui jouaient un jeu, l’histoire avait fait qu’ils avaient basculé dans un camp qui les soutenait. Ceux qui recevaient des subsides de Moscou, il fallait qu’ils jouent les communistes, comme ceux qui recevaient des armes aussi » (Chronique d’une Alternance – Malick Diagne – p.64-édition Xamal-juillet 2000) ».

    Entre temps, les illusions du totalitarisme de la pensée unique libérale vont peu à peu se volatiliser sous les effets d’une aggravation de la paupérisation des masses laborieuses alors que la gestion de l’appareil d’État néocolonial fabriquait des milliardaires et que les firmes monopolistes impérialistes s’emparaient des secteurs économiques stratégiques, d’une émigration forcée meurtrière et l’esclavage sans papiers pour les rescapés, etc.

    La nature ayant horreur du vide, l’espace politique abandonné par les renégats de la gauche historique va être rempli par la rébellion d’une jeunesse intellectuelle souverainiste civile et militaire dans nos différents pays d’Afrique, jeunesse qui cherche à accomplir sa mission de libérer l’Afrique.

    Les BRICS sont un front uni contre l’hégémonie impérialiste sur la mondialisation capitaliste

    Les guerres impérialistes contre l’Irak, l’Afghanistan, la Yougoslavie, la Libye, la Côte d’Ivoire et les effets socialement dévastateurs des plans d’ajustement structurel du FMI et de la BM sous prétexte de la dette ont été les principaux facteurs d’une prise de conscience de la nature intrinsèquement barbare de la domination impérialiste sur le monde. Comme nous l’écrivions en 2008 au « colloque commémoratif des 50 sur L’actualité du Manifeste du PAI : Quelle perspective de reconstruction d’une gauche ouvrière et anti-impérialiste au Sénégal ? » : « La crise générale de surproduction du système capitaliste fait découvrir à l’humanité ce que décrivait Karl Marx :

    « Le capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le capital devient hardi. A 20% il devient enthousiaste; à 50% il est téméraire; à 100% il foule au pied toutes les lois humaines et à 300% il ne recule devant aucun crime… » (Le Capital).

    Les peuples et les travailleurs expérimentent dans la douleur l’enseignement de Lénine selon lequel l’impérialisme stade suprême du capitalisme

    « a développé les forces productives au point que l’humanité n’a plus qu’à passer au socialisme ou bien à subir pendant des années et même des dizaines d’années, la lutte armée des grandes puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l’aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » (Le Socialisme et la Guerre) ».

    Les crises financières, notamment celle de 2008 ont accéléré le transfert à l’échelle de certains États de cette prise de conscience des peuples. C’est cela qui donne les BRICS et aujourd’hui les BRICS + avec de plus en plus de candidats à l’adhésion à cette alternative multilatérale à l’OTAN/UE/G7/Israël.

    Les BRICS sont donc un front défensif anti-hégémonique qui associe pays, nations bourgeoises comme l’Inde, le Brésil et pays, nation communiste comme ce rescapé du camp socialiste qu’est la Chine Populaire. Si l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud sont d’anciennes colonies comme le fut en partie la Chine, la Russie bourgeoise bénéficie, après avoir été temporairement vassalisée par les impérialistes vainqueurs, de toute l’édification scientifique, technologique, industrielle, culturelle de la défunte URSS.

    Ce front défensif fondé sur l’intérêt commun d’en finir avec l’hégémonisme impérialiste et la nécessité d’un monde multipolaire n’est certes pas éternel, mais contribue objectivement à l’obtention de la souveraineté nationale des pays et nations du monde.

    La domination économique, financier, commercial, scientifique, technologique, culturel et militaire de ce que d’aucuns appellent « Occident global » est remise en cause par les puissances alternatives économique, scientifique, technologique, culturelle et militaire constituant les BRICS +.

    A ceux-là, il faut ajouter la formidable résistance de la Corée du Nord puissance militaire nucléaire, Cuba puissance médicale et pharmaceutique qui explique le blocus injuste dont la petite île fait l’objet du géant US, le Vietnam puissance industrielle, tous des pays, nations communistes rescapés du camp socialiste. En fait, à y regarder de plus près, les bourgeoisies des BRICS opposent plus ou moins radicalement le « capitalisme d’état » au libéralisme débridé de la « mondialisation capitaliste » piloté par les USA/UE/G7 alors que les rescapés du camp socialiste Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cuba maintiennent le cap sur le « socialisme de marché » parce que le « marché » qui est antérieur au capitalisme obéit à des lois à prendre en compte dans toute société l’échange existe.

    L’évolution du rapport des forces entre hégémonisme et anti-hégémonisme contribue ainsi objectivement à l’exercice de leur souveraineté à nos pays et nations en construction de l’AES et du Sénégal et du coup fait apparaître plus nettement qu’avant la vassalisation néocoloniale de l’UEMOA/CEDEAO.

    Compter avant tout d’abord sur ses propres forces tout en prenant en compte l’existence des BRICS sont les deux mamelles des politiques de souveraineté nationale et panafricaine.

    Les bourgeoisies nationales tout comme les classes laborieuses africaines doivent forger des alliances stratégiques sur ce qui les unit, à savoir la souveraineté nationale, tout en appliquant la politique d’unité, critique, unité pour surmonter les contradictions secondaires et frapper ensemble l’ennemi principal l’impérialisme.

    Les formules de Mao Tsé Toung « unité, critique, unité » et « contradictions secondaires et contradictions principales » ou encore de « contradictions non antagoniques et contradictions antagoniques » sont une boussole indispensable pour maintenir l’unité du front jusqu’à la victoire contre l’ennemi principal. Appliquer cette tactique à portée stratégique, c’est démocratiser le mouvement souverainiste et permettre l’expression des courants représentant les classes sociales qui le composent, c’est favoriser que les bouches dans notre camp souverainiste et panafricain s’ouvrent dans le cadre du maintien de l’unité d’action commune pour régler la contradiction principale qui est celle de la contradiction antagonique du moment. Le débat démocratique d’idées est une force du camp souverainiste qui précède la mise en œuvre du centralisme dans l’action commune. C’est cela le vrai sens du centralisme démocratique.

    Une fois cet objectif du moment atteint, vont éclore les nouvelles contradictions et les tâches y afférentes que prépare d’ailleurs la nécessaire libre expression démocratique des tenants du front uni souverainiste.

    Nos expériences souverainistes en cours au Sénégal et dans l’AES doivent s’abreuver de connaissances scientifiques des expériences multiformes et protéiformes tant de la première phase de libération nationale dans les rapports de ses forces internes des classes sociales que dans les rapports qui furent tissés à l’échelle africaine et internationale qui ont été des jalons de la longue marche en cours de Bandung aux BRICS.

    18/04/25

  • Mars 2019-L’échec des ONG, RCD et LADDH à imposer M. Bouchachi chef du « Hirak » et les financements US de la LADDH et autres ONG (extraits d’arabesques de Bensaada)

    Mars 2019-L’échec des ONG, RCD et LADDH à imposer M. Bouchachi chef du « Hirak » et les financements US de la LADDH et autres ONG (extraits d’arabesques de Bensaada)

    La mobilisation populaire a gagné en force, ampleur et en intensité tout au long de mois de mars 2019. Dans la rue les slogans les plus repris, les plus populaires dénonçaient, chaque vendredi, avec plus de précision la nature du régime du président Bouteflika.

    « Khlitou lablad ya çarakin » (Vous avez dévasté le pays, Ô pillards) a été dès le deuxième vendredi, le principal slogan de ce mouvement populaire, le plus répété. Il étouffera tous les slogans emblématiques des ONG, des partis de la l’opposition « démocratique et moderniste », de « Barakat » (ça suffit!) Bezef (c’est trop!) qui avaient échoué toute les années précédentes mais particulièrement en 2017 et 2018 à rassembler plus qu’une centaine de personnes.

    Sur le terrain et tout au long du mois de mars l’écrasante majorité des manifestants dénonçait une nature de l’Etat, c’est à dire posait, avec son langage et à sa manière, la question du pouvoir d’Etat. Dans notre pays plongé dans une unicité saisissante des croyances néolibérales entre le pouvoir, la presse et la quasi totalité de l’opposition depuis les années du terrorisme, ce slogan et les slogans connexes montraient une puissante montée de la conscience nationale et sociale chez les jeunes et les masses populares.

    Le cadre de ce texte est trop étroit pour en discuter du point de la philosophie, c’est à dire sur le « comment vient la conscience » au sens de classe, de caste ou de groupes socio-professionnels aux hommes ? Et pourquoi toujours en temps de crise dans une coalescence des facteurs de crise morale de la société, des grèves et revendications apparemment sans lendemains des secteurs socio-professionnels, des protestations apparemment soudaines et souvent massives et spectaculaires jusqu’à l’interruption de la circulation sur les routes et autoroutes pour l’électrification, le goudronnage, l’état des écoles ou des cantines, la distribution de l’eau etc. ? Bien sûr, la réponse philosophique est qu’une conscience nouvelle ne devient absolument nécessaire que lorsque la conscience ancienne ne peut plus les intégrer le spectacle politique qui s’est constitué, en faits polméiques (au pluriel) seon la formule de Bachelard, avec l’image du président, celles des Ould Abbès, des Saidani et finalement les moqueries des télévisions françaises, etc.

    J’en parle dans mon deuxième entretien sur les élections. Ce serait trop long de les reprendre dans cette présentation.

    Voici le lien : https://ecolepopulairedephilosophie.com/2025/04/08/deuxieme-entretien-sur-les-elections-presidentielles-par-mohamed-bouhamidi-samedi-2-mars-2019-historique-hirak-semaine-par-semaine/

    Le plus important, à ce moment de l’histoire du » Hirak » a été la dualité criarde ou criante du mouvement et la suprématie sur le terrain des slogans à contenus social et politiques concrets sur les slogans « démocratiques » abstraits.

    Au troisième vendredi , face aux pancartes et groupes de musique, de théâtre, de ballet bien léchés, qui ne pouvait surgir par miracle, se multiplièrent les photos de nos dirigeants révolutionnaires notamment Mostefa BenBoulaïd. Partout furent exposées, un peu partout les photos des martyrs. Les photos de Ali la Pointe et Hassiba Ben Bouali étant les plus nombreuses.

    La phrase de Marx me revint immédiatement à l’esprit.

    « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c’est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu’ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu’ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté. » Karl MARX, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte.

    Tout marxiste correctement formé aurait perçu d’une part que les figures salafistes n’émergeait d’aucune façon malgré la présence à partir du deuxième mois (avril 2019) de groupes islamistes en dehors de celle de HMS (hems). le nombre fascinant des manifestants avait totalement étouffé le projet de transition dont je parle dans la premier entretien (et dans le second). Le projet des composantes du pouvoir et de leurs alliés de l’oppositions sur la ligne de toujours plus de néolibéralisme ni celui d’une restauration du salafisme ne « mordaient » sur les masses. Dans ce dualisme, la part hégémonique allait vers le projet du premier novembre 1954, malgré l’absence quasi absolue d’un mouvement politique populaire. Nous étions face à un retour d’e facteurs h ‘une mémoire historique mobilisée autour d’un possible dans ces conditions : les symboles de cette histoire séculaire de résistance et de sacrifices pour la libération. Les années sombres du terrorisme puis le contrôle quasi total des la vie et des partis politiques, tous plus ou moins redressés (1), en sus de la mobilisation dans précédent des Zaouïas, des associations créées pour animer les soirs des élections, de associations de supporters de certains grands clubs de football des ont empêché l’émergence de groupes politiques authentiques qui auraient aider ces masses à peser sur l’issue de ce mouvement.

    1-redressement : opération de changement de directions des partis politiques insuffisamment conformes aux programmes de la gouvernance Bouteflika

    Voici le lien vers ce premier entretien : https://ecolepopulairedephilosophie.com/2025/04/04/mohamed-bouhamidi-premier-entretien-sur-les-elections-presidentielles-mercredi-20-fevrier-2019-historique-hirak-semaine-par-semaine/

    Un contenu contre le néocolonialisme : « Makach al kahmaça yaouled frança » (Pas de cinquième mandat, progéniture de la France) a été aussi un moment significatif de l’évolution très rapide des slogans. Cette pancarte le dit mieux que mille prises de parole.
    Ce long rappel des premières journées donne le contexte de cette publication des extraits d’Arabesques américaines comme moments de lutte politique immédiate contre le projet de désignation de Mustapha Bouchachi comme chef du « Hirak » mais surtout, en fait, de cette fameuse transition, chefferie que lui disputaient les promoteurs d’une transition organisée entre responsables installés aux cœur du pouvoirs et leurs amis et alter égos actifs dans l’opposition.

    La manœuvre autour de Mustapha Bouchachi échoua. Une lettre de Ali Yahia Abdenour sur les rapports troubles de la LADD et de son président avec l’argent y contribuera également. (Et également publié sur mon blog personnel) une semaine après ces extraits. Vous trouverez dans cette publication un reflet de ces luttes intenses engagées autour de la désignation d’un « chef » du « Hirak » mais en réalité pour imposer un Conseil de Transition opposé à celui que préparaient certains cercles du pouvoir en alliance avec certains partis.  

    Cette publication, les précédentes et les suivantes ont été des moments de cette lutte au corps à corps avec les ONG, les révolutionnaires colorés tapis au sein et au sommet du pouvoir, contre les illusions de toujours plus de capitalisme et de néolibéralisme, toujours plus de conformité aux conseils de l’Union Européenne, car le « modèle, le vrai, de la prospérité mondialiste » a été mal appliqué.

    Mohamed bouhamidi le 20avril 2025

    j’ai tenu à me photographier avec cette pancarte visualise quelle alliance secrète relie certains cercles du l’Etat algérien avec Paris.

    La campagne lancée pour placer Bouchachi comme leader naturel du Hirak et futur président de l’Algérie, montre que des forces travaillent déjà à la récupération du Hirak. Nous n’avons pas encore fini de nous entendre sur le minimum de contenu de cette révolution en cours. Les slogans et mots d’ordre montrent bien ce que nous ne voulons plus : jamais plus de vol, de corruption, de répression, de clientélisme, de gestion de l’Etat par les frères, les cousins ou les copains et jamais plus d’ingérence étrangère, pas de privatisation des ressources minières et naturelles et principalement le pétrole. Nous savons aussi ce voulons tout de suite : retour de la souveraineté nationale, d’une politique indépendante sur nos ressources, droits démocratiques d’expression, de réunion, de manifestation et d’édition, retour d’une politique d’harmonie sociale avec des secteurs sociaux performants en médecine, éducation, culture, sport, usage domestique de l’eau et de l’énergie et donner à nos médecins, enseignants, cadres, ingénieurs et techniciens les salaires et la considération qu’ils méritent.
    Mais le reste ? Quels choix fondamentaux devons-nous imposer dans notre vie politique future ?
    Cette publication Facebook m'a convaincu de réagir. Voilà le lien pour la lire :
    Au-delà du choix de Bouchachi de signer avec les chefs spirituels du terrorisme et de rééditer la plate-forme de San Egidio, il y a un parcours et une vie politique à connaître pour toutes ces ONG qui se présentent comme nos directrices par droit divin de nos consciences.
    Avec l’accord de mon ami Ahmed Bensaada, je publie cet extrait de son livre « Arabesques$ américaines » pour éclairer une partie de cet encadrement de nos consciences et perceptions politiques par les américains et d’autres puissances étrangères de l’Union Européennes qui financent un nombre incroyable de militants  professionnels.
    Mohamed Bouhamidi.   le 25 Mars 2019 

    publié le 25 Mars 2019 ,

    En Algérie, la contestation du gouvernement en place a été organisée par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), regroupant divers partis politiques, ONG et syndicats. Parmi les signataires de la première mouture du CNCD (elle s’est divisée par la suite), on trouve la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), le parti « Rassemblement pour la culture et la démocratie » (RCD), Fodil Boumala et l’organisme « SOS Disparus »[1].

    La consultation des rapports annuels de la NED montre que la LADDH a reçu des subventions américaines en 2002[2], 2004[3], 2005[4], 2006[5] et 2010[6]. Des copies de ces cinq documents sont consultables à l’annexe 3.

    Les montants reçus par cette ligue sont détaillés dans le tableau suivant :

    Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH)

                            Année             Montant

                            2002                20 000 $

                            2004                —

                            2005                20 000 $

                            2006                40 000 $

                            2010                37 000 $

    Il est intéressant de noter que les montants relatifs à l’Algérie pour l’année 2012 n’ont pas été publiés par la NED. En fait, de tous les pays arabes, seules l’Algérie et l’Égypte ont disparu (depuis 2011) des rapports de la NED.

    Le SNAPAP, quant à lui, est en relation étroite avec le Solidarity Center (une des quatre composantes de la NED) comme cela est expliqué dans la page « Algérie » du site de cet organisme[7].


    [1]LADDH, « Pour une Coordination nationale pour le changement et la démocratie : Communiqué », 22 janvier 2011, http://www.la-laddh.org/ spip.php?article568

    [2]Sourcewatch, « Algerian League for the Defense of Human Rights », http://www.sourcewatch.org/index.php?title=Algerian_League_for_the_Defense_of_Human_Rights (Voirannexe 2)

    [3]Ibid.

    [4]NED, « Algeria », 2005 Annual Report,  http://www.ned.org/publications/annual-reports/2005-annual-report/middle-east-and-north-africa/description-of-2005-gra-1(voir annexe 2)

    [5]NED, « Algeria », 2006 Annual Report, http://www.ned.org/publications/annual-reports/2006-annual-report/middle-east-and-northern-africa/description-of-2006–1 (voirannexe 2)

    [6]NED, « Algeria », 2010 Annual Report,  http://www.ned.org/publications/annual-reports/2010-annual-report/middle-east-and-north-africa/algeria(voirannexe 2)

    [7]Solidarity Center, « Algeria », http://www.solidaritycenter.org/content.asp?pl=863&sl=407&contentid=861

    Les financements US de la Ligue des droits de l'homme (aile Bouchachi) et d'autres ONG. (Extraits du  livre Arabesque$)

    Cathy Feingold  envoya une seconde lettre au Le 4 mars 2011, en plein embryon de « printemps » algérien, la directrice du Département international du Solidarity Center, Cathy Feingold, a écrit une lettre au Président Abdelaziz Bouteflika. Elle lui a fait part de son inquiétude concernant la violence policière contre les « manifestants pacifiques » en Algérie en précisant que « nous [ leSolidarity Center] notons avec une vive préoccupation que, parmi les personnes blessées récemment, figurait le dirigeant syndical M. Rachid Malaoui président du secteur public de l’union syndicale nationale autonome du personnel d’administration publique (SNAPAP) »[1].

    Président Bouteflika en date du 14 octobre 2011. Le nom « du militant CNCD de premier plan », M. Malaoui, y est cité trois fois[2]. Et madame Feingold semble bien renseignée sur l’activisme politique algérien (probablement en temps réel comme dans le cas égyptien). Ainsi, dans la seconde lettre, on peut lire:

    « Nous [ Solidarity Center]  avons des rapports montrant que le 25 Septembre 2011, un policier du Service des renseignements généraux a donné des instructions au propriétaire du siège national du SNAPAP (Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration) de mettre fin au bail et d’expulser le syndicat. Selon des témoins oculaires, l’officier a menacé le propriétaire et M. Malaoui, en disant qu’il «pourrait arriver» que M. Malaoui soit assassiné et que la propriété serait alors scellée pendant cinq ans et le propriétaire traduit en justice. Ce rapport fait suite à une tentative de sabotage contre le véhicule de M. Malaoui, l’assassinat d’un activiste CNCD de premier plan, le caillassage d’une réunion qui s’est tenue à la Maison du Travail et le harcèlement continu et l’intimidation à l’encontre des syndicalistes et des militants des droits des travailleurs dans le pays ».

    « Le gouvernement algérien doit prendre des mesures immédiates pour garantir l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits humains et syndicaux ainsi que la sécurité des bureaux de l’administration centrale des syndicats et d’autres défenseurs des droits de l’homme. Cela inclut une enquête approfondie sur tous les cas de répression, le harcèlement, les agressions et les menaces contre les travailleurs qui exercent leur droit internationalement reconnu à la liberté d’association et d’expression ».

    De son côté, le RCD est un parti d’opposition dont le président était Saïd Sadi lorsque les manifestations antigouvernementales occupaient les rues algéroises (il a démissionné depuis). Le nom de ce politicien a été cité dans le câble WikiLeaks 07ALGIERS1806[3], daté du 19 décembre 2007. Ce document montre que Saïd Sadi a eu des discussions politiques assez « poussées » avec l’ambassadeur américain à Alger.

    « Le 3 Décembre [2007], Saïd Sadi, le leader du parti d’opposition « Rassemblement pour la Culture et la Démocratie » (RCD) a présenté un sombre aperçu


    [1]Cathy Feingold, « Letter from AFL-CIO International Director Cathy Feingold to Algerian President Abdelaziz Bouteflika, », 4 mars 2011, http://www.solidaritycenter.org/files/algeria_cflettertobouteflika030411.pdf (voirannexe 4)

    [2]Cathy Feingold, « Letter from AFL-CIO International Director Cathy Feingold to Algerian President Abdelaziz Bouteflika », 14 octobre 2011, http://www.solidaritycenter.org/files/algeria_cfletter101411.pdf(Voirannexe 4)

    [3]WikiLeaks, « Câble 07ALGIERS1806 », http://wikileaks.mediapart.fr/cable/2007/12/07ALGIERS1806.html (voir annexe 1)

    Les financements US de la Ligue des droits de l'homme (aile Bouchachi) et d'autres ONG. (Extraits du  livre Arabesque$)

    Cathy Feingold  envoya une seconde lettre au Le 4 mars 2011, en plein embryon de « printemps » algérien, la directrice du Département international du Solidarity Center, Cathy Feingold, a écrit une lettre au Président Abdelaziz Bouteflika. Elle lui a fait part de son inquiétude concernant la violence policière contre les « manifestants pacifiques » en Algérie en précisant que « nous [ leSolidarity Center] notons avec une vive préoccupation que, parmi les personnes blessées récemment, figurait le dirigeant syndical M. Rachid Malaoui président du secteur public de l’union syndicale nationale autonome du personnel d’administration publique (SNAPAP) »[1].

    Président Bouteflika en date du 14 octobre 2011. Le nom « du militant CNCD de premier plan », M. Malaoui, y est cité trois fois[2]. Et madame Feingold semble bien renseignée sur l’activisme politique algérien (probablement en temps réel comme dans le cas égyptien). Ainsi, dans la seconde lettre, on peut lire:

    « Nous [ Solidarity Center]  avons des rapports montrant que le 25 Septembre 2011, un policier du Service des renseignements généraux a donné des instructions au propriétaire du siège national du SNAPAP (Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration) de mettre fin au bail et d’expulser le syndicat. Selon des témoins oculaires, l’officier a menacé le propriétaire et M. Malaoui, en disant qu’il «pourrait arriver» que M. Malaoui soit assassiné et que la propriété serait alors scellée pendant cinq ans et le propriétaire traduit en justice. Ce rapport fait suite à une tentative de sabotage contre le véhicule de M. Malaoui, l’assassinat d’un activiste CNCD de premier plan, le caillassage d’une réunion qui s’est tenue à la Maison du Travail et le harcèlement continu et l’intimidation à l’encontre des syndicalistes et des militants des droits des travailleurs dans le pays ».

    Et de donner de fermes « instructions » :

    « Le gouvernement algérien doit prendre des mesures immédiates pour garantir l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits humains et syndicaux ainsi que la sécurité des bureaux de l’administration centrale des syndicats et d’autres défenseurs des droits de l’homme. Cela inclut une enquête approfondie sur tous les cas de répression, le harcèlement, les agressions et les menaces contre les travailleurs qui exercent leur droit internationalement reconnu à la liberté d’association et d’expression ».

    De son côté, le RCD est un parti d’opposition dont le président était Saïd Sadi lorsque les manifestations antigouvernementales occupaient les rues algéroises (il a démissionné depuis). Le nom de ce politicien a été cité dans le câble WikiLeaks 07ALGIERS1806[3], daté du 19 décembre 2007. Ce document montre que Saïd Sadi a eu des discussions politiques assez « poussées » avec l’ambassadeur américain à Alger.

    « Le 3 Décembre [2007], Saïd Sadi, le leader du parti d’opposition « Rassemblement pour la Culture et la Démocratie » (RCD) a présenté un sombre aperçu


    [1]Cathy Feingold, « Letter from AFL-CIO International Director Cathy Feingold to Algerian President Abdelaziz Bouteflika, », 4 mars 2011, http://www.solidaritycenter.org/files/algeria_cflettertobouteflika030411.pdf (voirannexe 4)

    [2]Cathy Feingold, « Letter from AFL-CIO International Director Cathy Feingold to Algerian President Abdelaziz Bouteflika », 14 octobre 2011, http://www.solidaritycenter.org/files/algeria_cfletter101411.pdf(Voirannexe 4)

    [3]WikiLeaks, « Câble 07ALGIERS1806 », http://wikileaks.mediapart.fr/cable/2007/12/07ALGIERS1806.html (voir annexe 1)

    Les financements US de la Ligue des droits de l'homme (aile Bouchachi) et d'autres ONG. (Extraits du  livre Arabesque$)

    du régime algérien, disant que celui-ci insiste sur le maintien du contrôle mais qu’il manquait de vision et de capacité. Sadi a averti que dans le contexte de la stagnation actuelle de la réforme économique et politique, les institutions de l’Algérie ont été rouillées de l’intérieur, perdant nombre de leurs meilleurs cadres parmi les travailleurs et les fonctionnaires ».

    Et, citant une personne dont le nom a été masqué (remplacé par des X), le rédacteur du câble nota que cette personne et Sadi comparaient le gouvernement du président Bouteflika à « une bande de Tikrit », allusion faite à Saddam Hussein et sa région d’origine en Irak :

    « X est d’accord avec l’analogie faite par Sadi, aussi bien pour nous que publiquement dans la presse, comparant le gouvernement Bouteflika à « une bande de Tikrit », dans lequel un nombre disproportionné de ministres et de généraux provient de la même région, de la province occidentale de Tlemcen, qui est celle du président Bouteflika. (En effet, plusieurs personnes du cercle intérieur proviennent de la petite ville de Nédroma). La fidélité de cette « bande », selon X et Sadi, est essentielle au maintien de la stabilité, tout comme cela a été le cas dans l’Irak de Saddam Hussein ».

    « Sadi a averti les États-Unis des dangers à long terme de garder le silence sur ce qu’il percevait comme la détérioration de la démocratie algérienne, comme en témoignent les élections locales. De l’avis de Sadi, un soutien extérieur est essentiel à la survie de la démocratie et l’engagement productif de la jeunesse algérienne – 70 pour cent de la population – dans la vie politique et économique ».

    Ces « confidences » et bien d’autres contenues dans le câble 07ALGIERS1806 firent dire à une journaliste algérienne : « Saïd Sadi, président du RCD, s’est montré particulièrement bavard lors de ses rencontres avec l’ambassadeur US »[1].

    Tout récemment, Fetta Sadat et Réda Boudraâ, respectivement secrétaires nationaux aux droits de l’Homme du RCD et à la formation ont pris part à une mission d’études qui a eu lieu au Canada (Ottawa et Montréal), du 10 au 16 décembre 2013.

    Le compte rendu de ce voyage publié sur le site du RCD précise que « la participation des secrétaires nationaux du RCD, en compagnie d’autres représentants de partis politiques, s’est déroulée suivant un programme étalé sur plusieurs séances de travail. Leurs travaux ont alterné entre rencontres-débats avec des spécialistes, des parlementaires et des représentants de partis canadiens, des discussions ouvertes et en panel où de nombreuses réflexions sur les réunions organisées ont été débattues, notamment l’expérience canadienne de manière générale et les possibilités d’appliquer les nouvelles techniques dans le contexte algérien, mais aussi, des consultations par partis et échange d’expériences avec divers partenaires. […] Durant leur séjour, les membres de la délégation du RCD ont eu des consultations avec de nombreux dirigeants des principales formations politiques activant sur le plan fédéral et quelques autres activant au niveau provincial »[2].


    [1]Sonia Lyes, « Les confidences de Saïd Sadi à l’ambassadeur américain en Algérie », TSA, 17 décembre 2010,  http://mobile.tsa-algerie.com/politique/lesconfidences-de-said-sadi-a-l-ambassadeur-americain-en-algerie_13358.html

    [2]RCD, « Le RCD participe à une mission d’études au Canada », 22 décembre 2013, http://rcd-algerie.org/details_article.php?Rid=167&Aid=1655&titre=Le+RCD+participe+%E0+une+mission+d%92%E9tudes+au+Canada

    Le hic ? L’organisation, le transport, l’hébergement, la nourriture et même l’argent de poche ont été fournis par le NDI. Qui dit mieux ?

    Mentionnons que le RCD n’était pas le seul parti participant à cette mission « tous frais payés ». La délégation était aussi composée de représentants des partis suivants : FLN, MSP, TAJ, JIL JADID, FRONT EL MOUSTAKBAL, FFS et MPA.

    Il est important de préciser que le RCD a participé en 2013 à d’autres rencontres conjointement avec des représentants des pays la région MENA : du 25 au 27 octobre à Rabat (Maroc)[1] et du 13 au 16 décembre au Caire (Égypte)[2]. Ces « formations » ont été financées par la fondation allemande Friedrich Naumann qui est liée au Parti libéral-démocrate d’Allemagne. Rappelons ici la forte collaboration entre les « fondations » allemandes et américaines pour l’ « exportation » de la démocratie (sujet discuté au chapitre 2).   

    D’autre part, la collaboration entre le gouvernement canadien et les organismes américains comme le NDI ou l’IRI n’est ni fortuite ni occasionnelle. Bien au contraire, leur coopération est bien rodée comme on peut le constater dans le dossier ukrainien[3].

    Sur son compte Twitter, Fodil Boumala, cofondateur de la CNCD, se présente comme « écrivain-journaliste, cyberactiviste, militant des droits de l’Homme, opposant politique indépendant, Fondateur de Res Publica II (ONG) sur Facebook &Youtube »[4].

    Ajoutons à cela que Boumala s’est fait connaître du public algérien en animant des émissions politiques à la télévision nationale algérienne.

    Le 20 janvier 2012, une conférence intitulée « Le printemps arabe, un an après: révolte, ingérence et islamisme » a été organisée à Montréal[5]. En plus de ma personne, Fodil Boumala et Mezri Haddad (à partir de Paris, via Skype) étaient les conférenciers invités.

    Le débat a été très animé et les échanges très vifs. C’est pendant un de ces échanges que Fodil Boumala déclara que, lors d’un de ses voyages aux États-Unis, il a été reçu par le président Obama en personne.

    Il est vrai que l’administration américaine a facilement ouvert les portes de ses plus prestigieux bureaux aux cyberactivistes arabes qui ont été reçus par des responsables de premier plan. Si l’aveu de Fodil Boumala s’avère véridique, il doit être un des rares à avoir obtenu une rencontre à ce niveau d’importance.

    Selon le site e-Joussour, « SOS Disparus », cet organisme dont le nom apparaît dans la liste des fondateurs du CNCD, est « une association algérienne de soutien et de conseil juridique et administratif aux milliers de familles de victimes de disparition forcée


    [1]RCD, « Des jeunes du RCD participent à une formation à Rabat », 30 octobre 2013, http://rcd-algerie.org/details_article.php?Rid=167&Aid=1645&titre=Des%20jeunes%20du%20RCD%20participent%20%E0%20une%20formation%20%E0%20Rabat

    [2]RCD, « Le RCD participe à un séminaire en Égypte », 20 décembre 2013, http://rcd-algerie.org/details_article.php?Rid=167&Aid=1654&titre=Le%20RCD%20participe%20%E0%20un%20s%E9minaire%20en%20Egypte

    [3]Ahmed Bensaada, « Ukraine : la filière canadienne », Reporters, 7 avril 2014, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content& view=article&id=263:ukraine-la-filiere-canadienne&catid=48:orientoccident&Itemid=120

    [4]Twitter, « Fodil Boumala », https://twitter.com/FodilBoumala1

    [5]Conférence « Le printemps arabe, un an après: révolte, ingérence et islamisme », Université du Québec à Montréal,  20 janvier 2012, http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=152:conference-q-le-printemps-arabe-un-an-apres-revolte-ingerence-et-islamismeq&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

    Les financements US de la Ligue des droits de l'homme (aile Bouchachi) et d'autres ONG. (Extraits du  livre Arabesque$)

    en Algérie […]. SOS disparus a vu le jour en 2001, suite à la création, en 1998, en France, du Collectif des familles de disparues en Algérie (CFDA) à l’initiative d’un petit groupe de familles de disparus. Notre association travaille en collaboration constante avec le CFDA qui est l’interface entre les familles algériennes et les instances internationales de protection des droits de l’Homme, telles que l’ONU ou la Commission africaine des droits de l’Homme »[1].

    Ainsi, « SOS disparus » travaillerait en étroite collaboration avec le CFDA qui est une association de droit français enregistrée à Paris (France). D’après les informations publiées sur le site de la fondation Anna Lindh, le CFDA « est une association de loi 1901 créé en 1998 à Paris pour soutenir la lutte des familles de disparu(e)s en Algérie et pour la reconnaissance internationale des disparitions forcées dans ce pays. En 2006, le CFDA a reçu la mention spéciale du prix des droits de l’Homme de la République française. En 2008, il a obtenu le statut d’observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP). Les objectifs principaux du CFDA sont l’établissement de la vérité sur le sort des disparus, l’amélioration de l’accès à la justice de leur famille et la lutte contre l’impunité »[2].

    D’autre part, sur le propre site du CFDA, on peut lire qu’« en septembre 2001, le CFDA a pu ouvrir son premier bureau en Algérie, sous le nom de SOS Disparu(e)s, structurer le mouvement des mères de disparu(e)s et offrir à toutes les victimes une assistance dans leurs démarches administratives et judiciaires ainsi qu’une assistance psychologique. Depuis, un autre bureau de SOS Disparu(e)s a été ouvert à Oran et plusieurs comités de familles ont été créés dans le reste du pays »[3].

    Force est donc de constater que « SOS disparus » n’est finalement qu’une « succursale » algérienne du CFDA, sa maison-mère française.

    Il faut se rendre à l’évidence que le CFDA n’est pas inconnu de la NED, bien au contraire. De tous les organismes figurant dans la liste « Algérie » de la NED, c’est celui qui a reçu le plus régulièrement des subventions américaines. Le tableau suivant les résume.

    Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA)

                            Année             Montant

                            2005[4]   40 000 $

                            2006[5]   43 500 $

                            2007[6]   46 200 $

                            2008[7]   —


    [1]e-Joussour, « SOS disparus », http://www.e-joussour.net/node/1104

    [2]Fondation Anna Lindh, « Collectif de Familles de Disparus en Algérie », http://www.euromedalex.org/fr/node/15841

    [3]Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA), « Historique et présentation », http://www.algerie-disparus.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=20&Itemid=131

    [4]NED, « Algeria », 2005 Annual Report, art. cit. (voirannexe 3)

    [5]NED, « Algeria », 2006 Annual Report, art. cit. (voirannexe 3)

    [6]NED, « Algeria », 2007 Annual Report, http://www.ned.org/publications/annual-reports/2007-annual-report/middle-east-and-northern-africa/description-of-2007–1 (voirannexe 3)

    [7]NED, « Algeria », 2008 Annual Report, http://www.ned.org/publications/annual-reports/2008-annual-report/middle-east-and-northern-africa/2008-grants/algeria (voirannexe 3)

    Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA)

                            2009[1]   38 200 $

                            2010[2]   40 000 $

                            2011[3]   40 000 $

    Pour finir, notons qu’une autre ONG s’intéressant aux familles de disparus (non membre du CNCD) a aussi été financée par la NED en 2009 pour un montant de 13 400$. Il s’agit de l’Association nationale des familles de disparus en Algérie (ANFD) qui, elle, a été créée le 6 novembre 1998, en Algérie[4].

    En 2009, la NED a octroyé une bourse à la présidente de l’ANFD, Lila Iril, dans le cadre du programme de bourses de la démocratie Reagan-Fascell qui lui permit de séjourner à Washington  de mars à juin 2009[5].

    Voici la description de cette bourse telle qu’expliquée par la NED : « Créé en 2001 par le Congrès américain en l’honneur de deux principaux fondateurs de la NED, l’ancien président Ronald Reagan et feu Dante Fascell ancien membre du Congrès, le Programme de bourses de la démocratie Reagan-Fascell vise à approfondir les connaissances, à élargir les perspectives, et à renforcer le moral de certains des praticiens démocratiques les plus dévoués du monde, des journalistes et des universitaires. Les boursiers sont en résidence à Washington, D.C., au Forum international pour les études démocratiques, le bras de la NED en matière de recherche et de publications, lieu qui offre un environnement collégial pour mener des recherches, échanger des idées avec leurs homologues, et de tisser des liens qui contribuent à un réseau mondial de défenseurs de la démocratie ».

    Et comme le monde des activistes est tout petit, Mme Iril s’est retrouvée avec un autre boursier arabe dont il a été question dans le chapitre précédent : Omar AfifiSuleiman, l’ex-policier égyptien réfugié aux États-Unis, celui-là même qui, financé par la NED, dirigeait les manifestations du Caire à partir de son appartement de Washington.

    Quelques mois plus tard, c’était au tour d’un autre dissident arabe de bénéficier de cette même bourse. Il s’agit de RadwanZiadeh, activiste syrien et membre du Conseil National Syrien (CNS), un des groupes les plus importants de l’opposition au gouvernement de Bachar el-Assad.

    Nous allons retrouver ce dissident ainsi que d’autres membres de l’opposition syrienne dans la section qui suit.


    [1]NED, « Algeria », 2009 Annual Report, http://www.ned.org/publications/annual-reports/2009-annual-report/middle-east-and-north-africa/description-of-2009-gra-1 (voirannexe 3)

    [2]NED, « Algeria », 2010 Annual Report, art. cit. (voirannexe 3)

    [3]NED, « Algeria », 2011 Annual Report, http://www.ned.org/publications/annual-reports/2011-annual-report/middle-east-and-north-africa/algeria (voirannexe 3)

    [4]Algeria-Watch, « Association Nationale des Familles de Disparus (ANFD) », http://www.algeria-watch.org/mrv/mrvdisp/anfd2.htm

    [5]NED, « Reagan-Fascell Democracy Fellows Newsletter 2008-2009 », http://www.ned.org/docs/20082009RFNewsletter.pdf

    Est-il nécessaire de rappeler que ces bourses de la « démocratie » ainsi que ces diverses subventions ont été offertes par la NED bien avant le déclanchement de ce « printemps » arabe ?

    Mustapha Bouchachi

    Mustapha Bouchachi a adhéré au Front des forces socialistes (FFS) en 197910.

    Dans les années 1990, il a intégré la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), qu’il a présidé de 2007 à 2012.

    Lors des Élections législatives algériennes de 2012, Mustapha Bouchachi a été élu comme député du FFS à l’Assemblée populaire nationale (APN) pour la wilaya d’Alger11,12.

    Il a démissionné de son mandat de députation en mars 2014 pour être remplacé par Mohamed Nebbou.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mustapha_Bouchachi

    Extrait de livre « Arabesque$ », Ahmed Bensaada, Ed. ANEP, Alger, 2016

    Source : https://bouhamidimohamed.over-blog.com/2019/03/les-financements-us-de-la-ligue-des-droits-de-l-homme-aile-bouchachi-et-par-d-autres-ong.extraits-du-livre-arabesque.html

    Source : https://bouhamidimohamed.over-blog.com/2019/03/les-financements-us-de-la-ligue-des-droits-de-l-homme-aile-bouchachi-et-par-d-autres-ong.extraits-du-livre-arabesque.html

  • Bachir Amokrane sur Omar Aktouf : Eclat et retentissement planétaires d’une approche anthropologique du management

    Bachir Amokrane sur Omar Aktouf : Eclat et retentissement planétaires d’une approche anthropologique du management
    Bachir Amokrane a écrit un livre essentiel sur l'œuvre du Pr. Omar Aktouf. Livre incontournable non seulement pour comprendre le renouvèlement qu'a apporté Aktouf à l'analyse du travail industriel mais incontournable pour une réelle compréhension de la théorie de l'organisation du travail industriel, quelque soit sa dénomination.  «Omar Aktouf, un homme libre inquiet du monde» est une introduction générale à l'épistémologie de la science, si on l'appeler ainsi, de l'organisation du travail industriel. C'est donc un livre nécessaire à tout enseignant des sciences sociales, toutes disciplines confondues et, dans une université idéale, à tout étudiant de ces mêmes filières. Bachir Amokrane a également publié "En attendant d'être" un livre remarquable sur le coaching une des plus grandes oeuvres illusionnistes de cette phase du néolibéralisme qui a transformé le rêve de future réussite du quidam ordinaire en marchandise à lui vendre. 
    Cet entretien est donc précieux pour avoir une idée de l'importance de l'apport du Pr. Omar Aktouf à l'Economie Politique en y instituant une "anthropologie de l'ouvrier", pour explorer au plus loin la condition ouvrière.
    J'ai modifié le titre général originel, de mon propre chef, car de nature médiatique factuelle, il ne rend toute l'importance de ce qu'apporte Bachir Amokrane.


    Maghreb Emergent : Le professeur Omar Aktouf vient de nous quitter. C’est un éminent expert économique que l’Algérie a perdu. Que ressentez-vous ?

    Bachir Amokrane : Beaucoup de tristesse pour avoir perdu un ami et d’immenses regrets. Une grande partie de ces regrets concerne le gâchis de ne pas avoir su (en tant que Nation) valoriser une pensée qui est sortie de nos entrailles, les entrailles du peuple algérien meurtri par la colonisation, avec les valeurs de l’Algérie d’antan que notre pays opposait au monde haut et fort ! Omar Aktouf nous donne l’occasion d’évaluer nos priorités à la lumière de son héritage.

    Car oui ! même s’il n’est plus là, nous pouvons évaluer l’œuvre sans concession et celle-ci peut nous évaluer. Évaluer notre attitude vis-à-vis des gens du savoir, plus particulièrement vis-à-vis d’un homme qui a proposé d’offrir ses services à son pays. Un homme qui a passé les six dernières années à donner des cours à ses compatriotes à titre gracieux. Un homme qui a rayonné aux quatre coins du monde. Un homme dont l’œuvre est conjuguée en six langues. Mais il a été si peu connu chez lui. Ne parlons pas de cette forme de célébrité dont souffrent les grands penseurs, car un penseur n’est pas une star, mais une réponse possible à nos questions.

    Les livres d’Omar Aktouf auraient dû être lus ! Ses idées auraient dû être discutées, son nom aurait dû être reconnu, de son vivant. Lui qui aimait par-dessus tout parler, écrire, questionner, crier… vient tout juste de céder la parole à son œuvre.

    Maghreb Emergent : Vous avez eu l’occasion de travailler avec feu Omar Actouf et vous lui avez même consacré un livre. Comment souhaitez-vous présenter l’homme ?

    Bachir Amokrane Omar Aktouf était un penseur indiscipliné au sens où il ne reconnaissait pas les frontières traditionnelles entre les disciplines scientifiques. Ce n’est pas seulement qu’il nourrissait une culture générale impressionnante; Il allait bien au-delà. En entrecroisant différentes méthodologies qu’il appliquait au seul objet d’étude qui l’intéressait vraiment : l’être humain. Loin d’être uniquement un économiste, Aktouf est un modèle de mise en pratique de la pensée complexe. Il espérait (au minimum pour le champ de l’économie-management) opérer une unification des savoirs à un niveau « méta » -c’est-à-dire supérieur- qui sera pourvoyeur de sens pour les savoirs éparpillés de la gestion.

    Il aimait souvent répéter cette définition de l’humain de son ami Albert Jacquard : « L’être humain est le seul être vivant capable d’aller contre sa propre nature.» Pour feu Aktouf, il fallait à la fois s’en réjouir et s’en méfier ! D’où la nécessité de la définition d’une finalité humaine pour unifier les connaissances.

    Omar Aktouf est aussi un homme qui a vécu selon un principe qu’il avait lui-même énoncé : les privilèges que l’on donne aux universitaires, aux journalistes, aux enseignants et aux écrivains, aussi minces soient-ils à leurs yeux, leur imposent un devoir de résistance face à toute basse politique qui se fait au nom de ce qu’ils enseignent et de ce qu’ils disent ou écrivent. Car ce sont les gardiens d’une certaine « haute idée de l’humain ». Ceci lui a valu bien des batailles et des ennemis : en premier lieu ces collègues universitaires, à qui il pouvait rappeler, du moins pour certains, qu’ils pouvaient être tout sauf des intellectuels au vrai sens du mot. Car aucun intellectuel ne peut avoir pour seule préoccupation la défense du droit de faire de l’argent à l’infini. Aucun intellectuel ne peut être fier de reproduire ce qui existe déjà, sans jamais remettre en cause l’injustice, les inégalités, la crétinisation généralisée…

    Maghreb Emergent : Omar Aktouf est connu mondialement pour son engagement contre la mondialisation et la gestion néolibérale, mais il est méconnu dans son pays. Pourquoi ?

    Bachir Amokrane Lorsqu’un penseur comme Omar Aktouf a touché en profondeur à une diversité de disciplines allant de la psychanalyse à l’ethnologie, de l’histoire à la philosophie, en passant par la quasi-totalité des sciences humaines et sociales. Lorsqu’un universitaire fait le lien entre la physique thermodynamique et l’économie. Lorsqu’un diplômé en littérature & philosophie a scruté la neurologie, la sociologie et la linguistique dans ce qu’elles ont à nous apprendre sur l’humain dans son travail… Il y a de quoi s’interroger sur la raison qui fait qu’en Algérie, on a souvent considéré Aktouf comme un « simple économiste », « fantasque », qui déborde du cadre.

    Je suis désolé de dire que si Omar Aktouf n’a pas été lu dans son propre pays, c’est d’abord en raison du présumé niveau de difficulté de son œuvre. Je vous laisse en tirer les conclusions. De plus, les sociologues, surtout les nouvelles générations, ne se sont pas sentis concernés par ses écrits ; les étudiants en physique n’ont pas beaucoup entendu parler de lui, les économistes le jugent farfelu ; les journalistes sont débordés. Les politiques préfèrent la voie néolibérale…Qui va lire Omar Aktouf en Algérie ?

    Maghreb Emergent : Y a-t-il une chance de bénéficier de ses œuvres même après sa disparition ?

    Bachir Amokrane : La majorité de ses ouvrages est disponible en édition algérienne. Il s’agit de :

    • L’Algérie entre l’exil et la curée ;
    • La stratégie de l’autruche ;
    • Halte au Gâchis ;
    • Le management entre tradition et renouvellement.


    Il a également laissé des centaines d’heures de vidéos sur YouTube. Je voudrais terminer sur une note d’espoir et d’engagement. Comme je le disais plus haut l’immense Omar Aktouf a cédé la place à son œuvre. Alors lisons !

    Entretien réalisé par : M. Iouanoughene

  • الطاهر المعز-سلسلة محاولات تبسيط بعض المفاهيم الإقتصادية – الجزء الثاني

    الطاهر المعز-سلسلة محاولات تبسيط بعض المفاهيم الإقتصادية – الجزء الثاني

    يمكن تعريفها بأنها ضرائب على السّلع المُستورَدَة والتي ترتفع أسعارها ( عند الإستهلاك ) بفعل إضافة هذه الضريبة إلى سعر البَيْع، بهدف حماية الإنتاج المحلِّي من منافسة الشركات الأجنبية، وبهدف تشجيع المواطنين على استهلاك منتجات الشركات المحلية، كما تستخدم الحكومات الرُّسوم الجمركية لزيادة إيراداتها…

    تتفق بعض الحكومات على إقامة اتحاد جمركي أو مناطق تجارة حرة لخَفْض أو إلغاء التعريفة الجمركية على إنتاج الدّول الأعضاء، مثل دول الإتحاد الأوروبي أو دول أمريكا الشمالية ( كندا والولايات المتحدة والمكسيك)   

    أسَّسَت الدول الصناعية الغربية الكبرى الاتفاقية العامة للتعرفة والتجارة (غات) التي أصبحت تسمى منظمة التجارة العالمية لاحقًا ( بعد انهيار الإتحاد السوفييتي ) بهدف زيادة حجم وقيمة التبادل التجاري فيما بينها بواسطة تخفيض الرّسوم الجمركية، وألغى الإتحاد الأوروبي معظم الرسوم الجمركية بين الدّول الأعضاء…

    تُقدّم بعض الحكومات مِنَحًا لتشجيع الشركات المُصدِّرة للإنتاج المَحَلِّي لتتمكّن تلك الشركات من مُنافسة نظيراتها الأجنبية وبَيْع إنتاجها بأسعار منخفضة ( بحكم الدّعم الحكومي) أو لتتمكّن من إغراق الأسواق أي بيع الإنتاج في الخارج بأسعار تقل عن سعرالتكلفة، بهدف دفْع الشركات المنافسة نحو الإفلاس وإغلاق محلاّتها، ولذلك فإن الرسوم الجمركية هي أداة لتنظيم التجارة بين الدّول، ومحاولة لتحقيق التوازن بين الإنتاج المحلِّي والإنتاج المُستورَد…

    تُعْتَبَرُ الرُّسُوم الجمركية الإضافية التي أقرّتها الولايات المتحدة ( خصوصًا في ظل رئاسة دونالد ترامب، منذ 2018 ) رُسومًا « انتقامية » وعَلَّلَت السلطات الأمريكية الضرائب الإضافية على الإنتاج الصيني ب »الممارسات التجارية غير العادلة للصّين »، وفي الواقع كانت الولايات المتحدة تستورد الإنتاج الصيني الرخيص منذ حوالي عقدَيْن، دون إثارة مشاكل، ولما بدأت الصين تصنع الألواح الشمسية والهواتف المحمولة والحواسيب والسيارات الكهربائية، والمنتجات التكنولوجية التي تُنافس إنتاج الشركات الأمريكية في السوق الدّاخلية الأمريكية، اتخذت الولايات المتحدة قرار رفع الرّسوم الجمركية على السلع الواردة من الصين ومن دول عديدة أخرى، بما فيها الدّول « الصّديقة » و « الحليفة »، مثل الدول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، وفي الواقع فإن الرئيس الأمريكي دونالد ترامب يرمي إلى تحقيق أهداف سياسية من زيادة التعريفات الجمركية وتمويل ارتفاع الإنفاق الحربي والضغط على الدّول الأخرى التي لا تريد خسارة السوق الأمريكية الضّخمة، لكن سياسة الرئيس الأمريكي قد تُؤَدِّي إلى الرُّكُود…

    تُمثّل الرُّسُوم الجمركية نقيضًا للنيوليبرالية التي تدّعي إزالة الحدود وفتح الأسواق، لكن الوقائع تثبت نفاق الرأسماليين، مثل دونالد ترامب، الذي يريد حماية الرأسماليين الأمريكيين من منافسة نظرائهم ( مصارف وشركات وأفراد ) من البلدان « الصديقة » ( كندا والإتحاد الأوروبي واليابان وأستراليا وغيرها ) ومن الخُصُوم ( الصين وروسيا )، في مخالفة واضحة لمبادئ منظمة التجارة العالمية ومختلف النوادي النيوليبرالية ( دافوس وليندربيرغ ومجموعة السّبع…) التي تُصمّم الخُطُوط العريضة للإقتصاد الرأسمالي العالمي بصفة دَوْرِيّة…

    انخفض متوسط الرُّسُوم الجمركية العالمية من 8% سنة 2002 إلى 4% سنة 2021، وشكّلت قرارات دونالد ترامب اتجاها مُعاكسًا لهذا الإتجاه نحو الإنخفاض، مما قد يُهدّد بانكماش حركة التجارة والإقتصاد الأمريكي والعالمي…

    عاشت الرأسمالية – في ظل النيوليبرالية وتكثيف العولمة – عددًا من الأزمات والتغييرات خلال الرّبع الأول من القرن الواحد والعشرين، ومن ضمنها انتشار الفكر اليميني المتطرف والفكر الإستعماري في أوروبا وأمريكا الشّمالية، وشكّل الدّعم السياسي والإعلامي والعسكري غير المحدود للعدوان الصهيوني الهمجي، منذ الثامن من تشرين الأول/اكتوبر 2023، مقياسًا لتوسيع نطاق الحرب الطّبقية والإمبريالية لتشمل الجامعات – قبل انتخاب دونالد ترامب – وتضيِيق هامش الحُرّيات الفردية والجماعية ( حرية التعبير والنّشر والتّظاهر ) واتّخذ دونالد ترامب فور انتخابه قرارات قَمْعِيّة ومن ضمنها إلغاء تمويل الدّولة الإتحادية لعشرات الجامعات ( أكثر من ستّين جامعة ومركز دراسات وبحوث )، خصوصًا تلك التي تظاهر طُلاّبها وطاقم التّدريس بها احتجاجًا على العدوان الصهيوني، ويمثّل إلغاء التمويل العمومي لمؤسسات البحث العلمي قتْلاً بطيئًا للمؤسسات الجامعية وإلْغَاءً لاستقلالها الفكري، وتشجيعًا للتعليم الخاص الذي لا يقدر على تحمل نفقاته سوى الأثرياء، حيث لا مكان للتّنوع والنقاش الفِكْرِي الدّيمقراطي والنّقْد…

    لما ظهرت الفاشية في أوروبا، وانتصرت انتخابيًّا، استهدفت الثقافة والفكر التّقدّمي وحقوق الإنسان والأقليات والتّنوّع الذي يُشكّل أساس الحياة الدّيمقراطية، وهو ما يحدث حاليا في الدّول الرأسمالية المتقدّمة حيث ارتفعت حصة اليمين المتطرف من الأصوات الإنتخابية ومن التغطية الإعلامية، واكتسحت الشرطة والرّقابة مؤسسات التعليم والبحث العلمي وتكفّل جهاز القضاء بتكميم الأفواه ورأس المال بتجفيف التّمويل بهدف مُضايَقَة ومحاصرة الفكر التقدّمي أو النّقدِي أو المُقاوِم للثقافة السائدة وفَرْضِ ثقافة القَطِيع بدل نشْر المعرفة، واستهداف الفئات الإجتماعية الأكثَرَ هشاشة من قِبَل الأجهزة القمعية للدّولة، وهو ما يحصل في الولايات المتحدة وفي أوروبا، قبل انتخاب دونالد ترامب وبعده، بذريعة مكافحة الإرهاب…

    اعترف الملياردير الأمريكي « وارن بَافّت » بالطّابع الطّبقي للمجتمع والدّولة وتداول الناس مقولته: « نعم، إنها حرب طبقية، لكن طبقة الأثرياء، طَبَقَتِي، تشن هذه الحرب وهي بصدد الإنتصار… » ( إنها حرب طبقية وليست مجرد صراع طبقي)، بينما تُرَوّج التيارات البرجوازية الكلاسيكية والديمقراطية الإجتماعية أوهام حياد الدّولة والعدالة والمساواة المزعومة بين المواطنين، وهي تيارات فتحت الباب – تاريخيا – للفاشية ( ألمانيا) وللتّعاون مع الإحتلال ( فرنسا)…     

    لما طَرَحَ بعض المُفَكِّرِين – خلال فترة رئاسة بوش الإبن للولايات المتحدة – فكرة إعادة النّظر في التّعريف الأوروبي للفاشية وأشاروا إلى عودة الفاشية إلى الولايات المتحدة منذ بداية القرن الواحد والعشرين، وربما منذ إعلان « نهاية التاريخ »، اعترضت المنظمات التقدمية والمؤسسات الفكرية والباحثون التقدّميون « الغربيون » على ذلك، بذريعة واهية تمثلت في استمرار عمل الأحزاب والنقابات وتنظيم الإنتخابات في أوانها، مما يدل على استمرار الدّيمقراطية، في رأيهم، مع إهمال تكَيُّف الفاشية مع التّطورات التاريخية والإجتماعية، فهي لا تظهر بنفس الشّكل في كل زمان ومكان، ومع إهمال جوهر الرأسمالية التي تُروّج أدواتها الإيديولوجية والإعلامية أفكارًا وشعارات وتمارس الفاشية بوسائل تُناسب الظّرف السياسي، لكنها تبقى مُوجَّهَة ضد المهاجرين والفئات الضعيفة من مجتمعات الدّول الإمبريالية كما يحصل في مجمل الدّول الرأسمالية الإمبريالية وخصوصًا في الولايات المتحدة، وممارسات الإختطاف والإقصاء من الحياة الفكرية والثقافية ودعم الصهيونية والعدوان على الشعوب وقَمع الشرطة للسود والمهاجرين ومن يتم تصنيفهم كعرب أو مسلمين في أمريكا الشمالية وأوروبا وإقصائهم من العمل والسكن والتعليم والترفيه ومن الفضاء العام، وتكثفت عمليات القمع والإقصاء بالتوازي مع تركيز رأس المال وشبكات الإعلام بين أيدي مجموعات صغيرة من الرأسماليين الذين يدعمون الحكومات القمعية في ألمانيا وبريطانيا وفرنسا والولايات المتحدة، زعيمة المنظومة الرأسمالية الإمبريالية العالمية، حيث تتجلّى قبضة الأوليغارشية التي تتحكّم بالسلطة السياسية والمالية والإعلامية في الولايات المتحدة والعالم…

    ليس من باب الصّدفة أن تُهيمن الولايات المتحدة على النظام الرأسمالي العالمي، فهي دولة يُهيمن عليها الرأسماليون بدون مواربة وبها فوارق طبقية قياسية، فقد فاقت قيمة ثروة ثلاثة مليارديرات أمريكيين، سنة 2022، ما يمتلكه 160 مليون أمريكي، يُمثّلون النصف الأفقر من المجتمع، واستحوذ 1% من أثرياء الولايات المتحدة ( سنة 2024) على 45% من إجمالي الدخل القومي ويُقدّر أجْر الرؤساء التنفيذيين للشركات الكبرى بنحو 350 ضعف ما يكسبه العُمّال بنفس الشّركات، ويتحكّم هؤلاء الأثرياء في اللّجان الإنتخابية التي تَجْمَعُ التّبرعات للحملات الإنتخابية، وبإمكانهم ( من خلال المال) « تعيين » الرئيس ونواب الكونغرس وحكام الولايات وغيرهم من الماسكين بزمام السّلطة، وإقصاء من يعتبرونهم « تقدّميين » أو « يساريين »، وقَدّرت مجلة « فوربس » – التي ترصد ثروات أغنى أغنياء العالم – سنة 2021، ثروة وزراء ومستشاري حكومة جوزيف بايدن ( الحزب الدّيمقراطي) بنحو 118 مليون دولار، فيما تَضُمُّ الدّائرة المُقَرّبة من دونالد ترامب ثلاثة عشر مليارديرًا، بثروة صافية إجمالية قدرها 460 مليار دولارا وفق موقع  ( Public Citizen ) وكان إلى جانبه – خلال حفل تنصيبه يوم 20 كانون الثاني/يناير 2025 – أغنى ثلاثة رجال في العالم، وعلى المستوى العقائدي تُشرف مؤسسة ( Heritage )  الرجعية على أجندة دونالد ترامب ( وفانس) التي يتم اختزالها في شعار « لنجعل أمريكا قوية مجدّدًا » ( Make America Great Again – MAGA )

    تم تمويل الحملة الإنتخابية لدونالد ترامب من قِبَل الطبقة الرأسمالية الاحتكارية ومليارديرات القطاع الخاص في مجالات التكنولوجيا ( المَدَنِيّة والعسكرية) ومن بينهم تيم ميلون (وَرِيث أُسْرة ميلون المصرفية) وإيك بيرلماتر، الرئيس السابق لشركة مارفل إنترتينمنت، والملياردير بيتر ثيل ذي العلاقات الوثيقة بوكالة الإستخبارات المركزية « سي آي إيه »، ومالك شركة بالانتير ومؤسس شركة باي بال، ومن بينهم كذلك مارك أندريسن وبن هورويتز (قطاع التمويل لشركات التكنولوجيا ) والمليارديرة الصهيونية ميريام أديلسون ( قطاع الكازينوهات) و ريتشارد أويهلين ( صناعة البيرة وقطاع الشّحن ) وإيلون ماسك ( مالك شركات تيسلا وإكس وسبيس إكس) وغيرهم من أثرى أثرياء الولايات المتحدة والعالم، ولذلك فإن حكومة دونالد ترامب تُمثّل مصالح أثرى أثرياء الولايات المتحدة الذين يشكّلون 0,0001% من المواطنين، في ظل تعدّد المؤشّرات على استمرار الرّكود وانسداد آفاق الإقتصاد الأمريكي ( مقارنة باقتصاد الصّين على سبيل الذِّكْر) مما أصبح يُهدّد هيمنة الولايات المتحدة وهيمنة الدولار ورأس المال المالي الاحتكاري الأمريكي، وفق مجلة « المراجعة الشهرية  » (Monthly Review)، بتاريخ 11 نيسان/ابريل 2025، ويُمثّل دونالد ترامب ( والمُحيطون به) امتدادًا للتيار اليميني المتطرف المُسمّى حزب الشاي ( Tea Party ) الذي تم الإعلان عنه خلال شهر شباط/فبراير 2009، إبّان أزمة الرهن العقاري وضخ المال العام لإنقاذ قروض الرهن العقاري، وتكفلت شبكة رجال الأعمال التلفزيونية ( CNBC ) وشركات النفط والمليارديرات بترويج أطروحات هذا التّيّار وقادت حملة سياسية – بزعامة تيار المسيحيين الإنجيليين ( اليمين المتطرف والعنصريين البيض وغُلاة الصّهاينة ) أفْضَت سنة 2010 إلى قرار المحكمة العليا الأمريكية الذي أَلْغَى معظم القيود التي كانت مفروضة على تمويل المرشحين السياسيين من طرف الأثرياء والشركات، فكانت بداية تدفق الأموال بلا حدود التي سمحت لدونالد ترامب بالفَوْز، وقبل ذلك تمكّن نواب اليمين المتطرف من حزب الشاي ( من داخل الحزب الجمهوري) بمجلس النواب من منع الحكومة الإتحادية من إقرار قانون مراقبة الميزانية، بداية من سنة 2011، الذي قَيَّدَ الإنفاق الحكومي لصالح السكان، والسماح بزيادة الإنفاق الأمني والعسكري، وتُمثل هذه الخَلْفِيّة السياسية نفس الظروف التي أدّت إلى إرساء الأنظمة الفاشية في أوروبا، خلال فترة ما بَيْن الحَرْبَيْن العالَمِيَّتَيْن، واستمدّ دونالد ترامب شعار  « لنجعل أمريكا عظيمة مرة أخرى  » – ماغا (MAGA – Make America Great Again) من تلك التشكيلات السياسية الفاشية التي مكّنت ترامب من الفَوْز سنة 2016 ثم 2024، من خلال التحالف بين قطاعات من الرأسمالية والفئات الوُسْطى التي تَدَهْوَرَ وضْعُها المادّي، وتعتمد الحركة المُساندة والدّاعمة لدونالد ترامب على شعارات ( وممارسات) عنصرية ومُعادية للنّساء وللأقليات ( السود و »اللاّتينيين » والسّكّان الأصْلِيِّين…) وللشّعوب الأخرى كالشعوب العربية وشعب الصين وشُعوب أمريكا الجنوبية وغيرها…

    تتجلّى مظاهر الفاشية في الولايات المتحدة من خلال زيادة الإنفاق العسكري وقمع أي حركة احتجاج وسيطرة الطبقة الرأسمالية الاحتكارية ( قطاع النفط والمُجمّع الصناعي العسكري والتكنولوجيا والمُؤَسّسات المالية والمصارف الكُبْرى… ) على الثروات المادّية وعلى أجهزة الدَّوْلَة ووسائل الإعلام والممارسات القمعية لأجهزة الأمن التي يُبرّرها جهاز القضاء، سواء ضدّ الفُقراء والمُعارضين للنظام ( أو لبعض مظاهر القمع) داخل الولايات المتحدة وأوروبا، أو ضدّ الشُّعُوب في العراق وأفغانستان وليبيا وسوريا وفلسطين واليمن وغيرها…  

    يُفسّر بعض المُحلّلين العدوانية الأمريكية العسكرية والإقتصادية والإيديولوجية بتراجع دَوْر الإمبريالية الأمريكية في العالم وبروز الصين كقوة اقتصادية منافسة تُهدّد المواقع القيادية للولايات المتحدة، في مناخ يتميز بتباطؤ النمو وبارتفاع الأسعار وانخفاض الطّلب العالمي وتفاقم الفجوة الطبقية ( محليا ودوليا) وارتفاع نِسَب البطالة والفقر، واختارت الولايات المتحدة إعلان الحرب الإقتصادية بدَلَ التّعاون مع القوى الرأسمالية المتطورة الأخرى لمواجهة الأزَمات، لأن حكومة الولايات المتحدة تُمثل أصحاب المليارات والمُجمّع الصناعي العسكري وشركات النفط والتكنولوجيا، ولا تهتم بالتفاوت الطبقي ولا برفاهة الشّعوب أو السلم في العالم، بل تُهدّد الولايات المتحدة باحتلال بنما وغرينلاند وضمّ كندا وتدعم الكيان الصهيوني وتايوان وتبتز أوروبا والدّول الأعضاء بحلف شمال الأطلسي…

    هناك بعض الوقائع التي تدعو إلى التفاؤل، ومن بينها وجود حركات مُقاومة في الولايات المتحدة، وحركات عُمالية خاضت العديد من النضالات والإضرابات خلال السنوات الماضية، فضلا عن حركات « المجتمع المدني » مثل  « حياة السود مهمة »، وحركات حقوق السكان الأصليين، ودَعْم طلبة الجامعات لحقوق الشعب الفلسطيني واتساع رُقعة التّنديد بالكيان الصهيوني، رغم القمع، غير إن هذه الحركات تفتقر إلى التنسيق فيما بينها لتأسيس حركة جماهيرية واسعة ومناضلة ضد رأس المال والفاشية والإمبريالية، ومن أجل الدّيمقراطية والمُساواة والعدالة…

    تُعاني الطبقة العاملة والفئات المُضْطَهَدَة وفُقراء العالم من الإستغلال والبطالة والفقر ومن نتائج الحُرُوب ( القتل والتهجير والدّمار…)، ومن سوء الظُّرُوف التي تُساعد على المقاومة، مما يُعسِّر الإنتقال من حالة الدّفاع إلى حالة الهُجُوم ومن حالة النضال الظّرفي المُتقطّع إلى حالة التّنظُّم والنّضال الجماعي المُنَظّم ضدّ الرأسمالية و الإمبريالية ووُكلائها المَحلِّيِّين ( البرجوازية الكمبرادورية) في البلدان الواقعة تحت الهيمنة، كما الحال في الوطن العربي…

    على المستوى الدّولي، تراجع دور بلدان الأطراف واندثرت مجموعة باندونغ ( مجموعة عدم الإنحياز) ومجموعة السبع والسبعين وغيرها من التّجمّعات الإقليمية والدّولية التي تهدف الدّفاع عن مصالح الدّول الواقعة تحت الهيمنة، رغم حُدُود هذه التّجمعات، ولا يمكن التعويل على « بريكس » التي لا تهدف مُقارعة الإمبريالية ولا الدّفاع عن مصالح الشُّعُوب والطبقات الكادحة والفُقراء، ولم تَبْرُز بوادر تحالفات جديدة قادرة على تعزيز التعاون الإقليمي والقَارّي والدّولي من أجل تحفيز التنمية والمبادلات التجارية وأمن الطاقة والغذاء والدّواء…

    الطاهر المعز  

  • الطاهر المعز-سلسلة محاولات تبسيط بعض المفاهيم الإقتصادية : الجزء الأول

    الطاهر المعز-سلسلة محاولات تبسيط بعض المفاهيم الإقتصادية : الجزء الأول

    لا يُعدّ الإقتصاد علمًا « صحيحًا » مثل الرياضيات أو الفيزياء، بل يندرج ضمن العلوم الإجتماعية التي تدرس موارد الدُّوَل ويتفرع عنها اقتصاد الشركات أو الأُسَر، وكل نشاط يهتم بإنتاج واستغلال الموارد المادية، ويتطلب ذلك تمويلات ( رؤوس أموال) وموارد بشرية ( قوى عاملة) لتكتمل عملية الإنتاج وتحويل المواد الخام إلى مُنتَج نهائي، قبل تسويقه واستهلاكه الخ، كما يدرس الإقتصاد – بصفته أحد العلوم الإجتماعية – السياسات العامّة للدول وطرق التعامل مع المشكلات والتحديات التي يواجهها المجتمع، ودراسة عناصر الإنتاج والموارد البشرية والمادّية ورؤوس الأموال، ويستوجب ذلك  الكشف عن ماهية وطبيعة الثروات المتوفرة لدى الشعوب والأمم، والبحث عن سُبُل الاستغلال الأمثل لتلك الموارد كالأرض والعمل ورأس المال، ضمن مشروع يهدف تلبية حاجيات المجتمع…  

    الاقتصاد الكلي أو الشُّمولي (Macroeconomics )  الذي يبحث الإطار العام لاقتصاد بلد في زمن مُحدّد، كالناتج المحلي الإجمالي والتضخم وكيفية تفاعل كافة الأسواق والمتغيرات التجميعية، واختيار السبيل الأمْثَل لتحقيق رفاهية المجتمع اقتصاديا والاجتماعيا. أما الاقتصاد الجزئي (Microeconomics )  فيدرس « جُزْئِيّات » الإقتصاد الشّمولي، مثل سَيْر الشركات لإنتاج السلع الإستهلاكية مع مراعاة المنافسة وسلوك المستهلك، كما يدرس قضايا الحد الأدنى للأجور والدّخْل والضّرائب وسياسة الأسعار والإحتكار ومشاكل التضخم والبطالة… وبشكل عام يعسر الفَصْل بين الإقتصاد الكُلِّي والإقتصاد الجزئي…  

    تقيس المؤسسات الدّولية اقتصاد الدُّوَل بحجم تراكم قيمة جميع ما يتم إنتاجه من سلع وخدمات ( الناتج المحلي الإجمالي) ومقارنة حجم الإقتصاد بصفة فَصْلِية ( كل ثلاثة أشهر ) أو كل سنة، وهو ما يُعَبَّرُ عنه بالنّمُو، وقياس مًعدّل حصة الفرد من الناتج المحلي الإجمالي الذي يشمل ناتج عمل كافة القطاعات وأفراد وفئات المجتمع، ويشمل الإقتصاد النّظامي وغير النّظامي، في الصناعة والفلاحة والصيد البحري والبناء وغيرها من القطاعات، وعمل النساء والأطفال والعاملين غير المُسجّلين رسميا وغير المشمولين بنظام الحماية الصحية والإجتماعية…  ولذا تتطلب دراسة الإقتصاد ( اقتصاد بلد واحد أو الإقتصاد العالمي) دراسة المجتمع ككل ومختلف السياسات والعلاقات بين مجموعات المواطنين والثقافة وما إلى ذلك، ولا يمكن اعتماد مُعدّل الدّخل الفردي أو نصيب الفرد من الناتج المحلي الإجمالي لقياس نجاح الإقتصاد في بَلَدٍ مَا بل اعتماد إمكانيات حُصُول المواطنين على الغذاء السليم والسّكن الصّحّي وخدمات الرعاية الصحية والتعليم والنقل والثقافة والترفيه وما إلى ذلك، ودرجة المساواة من خلال طريقة توزيع الثروات التي ينتجها المجتمع…

    يتطلب تطبيق العدالة والمُساواة وتوزيع الثروة وتوفير الحاجيات الأساسية تدخّل الدّولة والأُطُر التي تُمثل المواطنين على صعيد محلي أو وطني، وتعتبر العدالة والمساواة من أهم مقاييس التنمية متعدّدة الأبعاد، غير إن المؤسسات الدّولية والإيديولوجيا السائدة لا تهتم بهذه الجوانب من حياة البشر، وتقيس النّمو ( وليس التّنمية) بحجم تراكم الثروة في أسواق المال وفي المصارف ولدى الأثرياء، ولذلك لم يتمكّن خُبَراء المؤسسات المالية الدّولية وخُبراء السلطات في الدّول الإمبريالية توقُّع وتلافي الأزمات المالية خلال القرنَيْن العشرين والواحد والعشرين…

    أدّى تطبيق الرأسمالية إلى تعميق الفجوة بين مواطني البلد الواحد – بين الأثرياء والفُقراء – والفجوة بين البلدان الإستعمارية والبلدان والشعوب الواقعة تحت الهيمنة، وتُفيد بيانات المؤسسات الدّولية إلى ارتفاع الثروات الشخصية لأغنى عشرة أشخاص في العالم إلى 1,5 تريليون دولار، أي أكثر بست مرّات من ما يملكه أفقر 3,1 مليار شخص، بينما يُعاني 29% من سكان العالم أو حوالي 2,3 مليار شخص من فقدان الأمن الغذائي، من ضمنهم 828 مليون شخص جائعون، ولا يزال 733 مليون شخص بدون كهرباء، ونحو 100 مليون شخص مشرّدين، وتراكمت الديون العالمية لتفوق 300 تريليون دولار، أي 350% من مجمل الناتج العالمي، ويَفْرِض الدّائنون إجراءات تقشف تُؤثِّرُ سلبًا على حياة نحو 6,3 مليار شخص، أي أكثر من 80% من سكان العالم، يعيشون في 143 دولة تُطبّق  » الضبط المالي » لضمان القدرة على تسديد الديون وإنقاذ المصارف والأسواق المالية، وفق مجموعة من بيانات سنة 2024…  

    أدّى التراكم اللانهائي لرأس المال والمزاحمة في الأسواق إلى الإحتكار وتركيز رأس المال في يد أقلية، مما سبب أزمات دورية وطارئة للرأسمالية كنظام اجتماعي عنيف ضدّ الأفراد وضد الكيانات الأضْعَف والأشدّ هشاشةً وضدّ الشعوب…

    تحولت الرأسمالية من الليبرالية والمنافسة « الحُرّة » إلى الليبرالية الجديدة أو النيوليبرالية المُهيمنة منذ أكثر من أربعة عُقُود ( منذ ثمانينيات القرن العشرين) التي انقلبت على ما سُمِّيَ « دَولة الرّعاية والرّفاه » التي سادت خلال أربعة عقود، منذ نهاية الحرب العالمية الثانية، وتمكنت النيوليبرالية من إزاحة « الكينيزية » ( نسبة إلى جون مينارد كينز – بريطانيا 1883 – 1946) وتدخّل الدّولة كَمُعدّل للحياة الإقتصادية، ودعت النيوليبرالية إلى إلغاء القيود على الأسعار وخفض الضريبة على الثروة والمُضاربات وأرباح الشركات الكبرى والمصارف، وإلى تشجيع الأثرياء على مراكمة الثروة من خلال زيادة الحماية لحقوق الملكية الخاصّة ويقتصر دور الدولة على « إقامة الهيكليّات والوظائف العسكريّة والدفاعيّة والأمنيّة والقضائيّة الضرورية لحماية حقوق الملكيّة الفرديّة، واستخدام القوّة لضمان حماية الثروات الخاصة « ، وفَرَضت النيوليبرالية سياسات « الإصلاح الهيكلي » على جميع بلدان العالم، بغض النّظر عن درجة التطور والتنمية، مما عَمَّقَ الفوارق بين أقلية راكمت الثروة والسّلطة وأغلبية ازدادت فقرًا وتَبَعِيّةً، وتكفّلت أجهزة الإعلام بترويج كذبة « لا يوجد بديل » أو  » TINA  » (There is no alternative  ) وفق شعار رئيسة الحكومة البريطانية من 1979 إلى 1990، مارغريت تاتشر ( 1925 – 2013) التي دعمت الأغنياء، كما فعل زميلها الرئيس الأمريكي من 1981 إلى 1989 رونالد ريغن ( 1911 – 2004) ونكّلت بالنقابيين والعُمّال والشّعوب الواقعة تحت الإستعمار…

    ارتكزت الليبرالية الجديدة ( النيوليبرالية) على التّقشف وخفض الإنفاق العام وخصخصة البنية التحتية ( الطرقات والموانئ الجوية والبحرية ) ووسائل النقل العام وخصخصة المرافق وخدمات الصحة والتعليم، وعلى خفض الرواتب ومعاشات التقاعد وإلغاء أنظمة الحماية الإجتماعية، وخفض الضريبة على الثروة، وزيادة الضرائب غير المباشرة، ضمن عملية الخصخصة وإعادة توزيع الثروات العامة لتستفيد منها فئة الأثرياء.

    وضعت الرأسمالية المواطنين، في مجمل أنحاء العالم، أمام الأمر الواقع، بدون خيارات، فوجد معظم المواطنين في كل بلد أنفسهم عاجزين عن تلبية حاجاتهم الأساسية والضرورية، مما يُذكي الشعور العميق بالظلم والقهر وانعدام العدالة، بالإضافة إلى الإستغلال الطبقي والإضطهاد بمختلف أشكاله ومُستوياته، مما أدّى إلى حدوث عدّة انتفاضات شعبية ضدّ إجراءات وشُرُوط صندوق النّقد الدّولي والدّائنين الآخرين وضدّ ارتفاع الأسعار وانخفاض القيمة الحقيقية لدخل الفئات الفقيرة والمتوسطة، وفشلت هذه الانتفاضات لأنها انتفاضات تلقائية ( وليست ثَوْرات) تفتقر إلى قيادات مُجرّبة وبرامج وأهداف وبدائل للسياسات التي انتفض الناس ضدّها، ونجحت السّلطات الحاكمة المدعومة سياسيا وعقائديا وإعلاميا من المؤسسات المالية الدولية في تغيير بعض الوُجُوه أحيانًا، مع استمرار تطبيق نفس السياسات السابقة، وزيادة التّفاوت في الدّخل وإهمال قضايا العدالة والمُساواة، ويُشكّل جهاز الدّولة ( السلطة التشريعية والسلطة التنفيذية) عاملاً مُسَاعدًا على تعميق الفجوة بين الأثرياء والفُقراء بفعل قرارات خفض الضرائب على الثروات والمُضاربة وأرباح الشركات، وزيادة الضرائب غير المباشرة أو الضرائب على الأُجُور، أو خفض أسعار الفائدة وخفض الإنفاق الحكومي، كما قَرّر جهاز الدّولة – خلال فترات الأزمات – تحويل المال العام إلى المصارف والشركات والأفراد الأثرياء…

    الاقتصاد هو مجموعة أنشطة المجتمع البشري المتعلقة بإنتاج وتوزيع واستهلاك الثروة، ويمكن تعريفه أيضًا: هو مجموعة الأنشطة التي يقوم بها الناس لتلبية احتياجاتهم بالموارد المتاحة، ولئن وُجِدَ خبراء واختصاصيون في مجال البحوث الدّراسات الإقتصادية، فإن الإقتصاد ممارسة في كل لحظات حياة الناس في المجتمع الذي يحاول تعزيز الإيرادات ( إيرادات الفرد والأسرة والدّولة…) وتقليل النفقات أو تجنب النفقات غير الضرورية.

    الاقتصاد الكلي هو تفسير الظواهر الاقتصادية على أساس المجاميع مثل الناتج المحلي الإجمالي، والاستهلاك، والاستثمار، ومستويات العمالة، وما إلى ذلك، والعلاقات المتبادلة بينها (على عكس الاقتصاد الجزئي الذي يبدأ من السلوك الفردي). يهتم الاقتصاد الكلي بالإختلالات العالمية (البطالة، التضخم، وما إلى ذلك)، حيث لا يمكن حل التعديلات من خلال تحركات الأسعار وحدها. تشكل النماذج الاقتصادية الكلية (حتى وإن كانت تشمل بشكل متزايد أسس الاقتصاد الجزئي) الأداة الأساسية للسياسات الاقتصادية للدول، والتي من بين أهدافها تعزيز النمو والتشغيل الكامل.

    يشمل الاقتصاد السياسي دراسة كل ما يتعلق بإنتاج وتوزيع واستهلاك الثروة والنشاط الذي يمارسه الأشخاص الذين يعيشون في البلاد ( جميع أعضاء المجتمع ) لإنجاز هذه الأنشطة، ويُصنَّفُ الإقتصاد السياسي ضمن الدراسات والعلوم الإجتماعية، لكنه يستخدم قواعد الرياضيات والعلوم، وتَطَوَّرَ مع الزّمن ومع تطوّر التكنولوجيا والإبتكارات ودرجة تَطَوُّر المجتمعات، ويمكن تعريف الإقتصاد السياسي الكلاسيكي بأنه المناخ أو المنظومة التي تنظم حياة الشعوب أو الأمم، على مر العُصُور مهما كانت منظومة الإنتاج وعلى سبيل المثال كان الاقتصاد الإقطاعي اقتصادًا مغلقًا وتجارته محدودة وتداول المال محدودًا، فيما دعا مُنظِّرُو الإقتصاد الرأسمالي اللِّيبرالي إلى فتح الحدود أمام السلع ورأس المال لتصريف الإنتاج الزّائد عن حاجة شعوب الدّوَل الرّأسمالية المتطورة، ولنهْب الموارد من الشُّعوب والبُلدان الواقعة تحت الهيمنة…

    يقوم الاقتصاد السياسي الكلاسيكي بتحليل وتنظيم بعض النماذج الاقتصادية وبعض السلوكيات الجماعية المنتظمة فيما يتعلق بالإنتاج الأكثر كفاءة والتبادلات الأكثر فائدة، بهدف استنباط أفضل الوسائل لتحقيق الرخاء داخل إطار اجتماعي معين، يصعب فهم تنوعه، فيما يزعم ما يسمى بالاقتصاد الليبرالي أنه يسمح لـ »اليد الخفية » للسوق بتنظيم قضايا الإنتاج والعرض والطلب – دون تدخل الدولة – وللقضاء على الشركات المُتعثّرة وعلى المنتجات غير « المفيدة »، أي غير المُرْبحة والتي لا تستجيب لأهداف المستثمرين الرأسماليين

    .الطاهر المعز

  • Pr. Mustapha Maaoui-Adieu Omar ! Hommage à Omar Aktouf

    Pr. Mustapha Maaoui-Adieu Omar ! Hommage à Omar Aktouf

    Encore sous le choc de la nouvelle, je réalise à peine que mon ami Omar Aktouf nous a définitivement quitté sans crier gare. Ce mercredi 2 avril 2025, j’étais, comme beaucoup de gens dans le monde, totalement perplexe devant les décisions sans appel de Donald Trump concernant les droits de douane. Quand on a la chance comme moi de compter parmi ses amis un expert de la trempe de Omar, on le consulte.

    En contact régulier avec lui sur la toile et sur WhatSapp, je m’apprêtais à l’appeler pour qu’il éclaire ma lanterne lorsque un message d’un autre ami, le professeur Azmi Barama,, chirurgien au CHUM de Montréal tomba sur ma messagerie pour m’annoncer la triste nouvelle. Incrédule, je le restai un long moment. Finalement ce fut Mohamed Bouhamidi qui me confirma cette implacable réalité.

    J’ai connu Omar Aktouf (en même temps que Mohamed Bouhamidi au demeurant) aux premiers jours de l’indépendance de l’Algérie. Ce fut au lycée Bugeaud (sous régime français, il gardera ce nom jusqu’en 1966). Nous sortions fraichement des nuits de couvre-feu et de zones interdites qui limitaient nos horizons à ceux de nos quartiers et bourgades respectives et  nos amitiés à une poignée de condisciples et autant de coéquipiers de football du crû.  Je ne connaissais alors  que Batna et mon réseau social se limitait aux frontières de mon quartier ou celles de mon collège : Brahim Touchène, Ammar Makhloufi entre autres.

    Au lycée « Bugeaud », je découvrais le reste de l’Algérie et des Algériens. Parmi ces  compatriotes, un jeune, Omar Aktouf, qui pratiquait comme beaucoup d’autres à l’instar de Rachid Bouras, un sport qui m’était inconnu, le Hand ball avec une particularité dans le lancer qu’on appelait « le javelot ». Omar était également un remarquable batteur de jazz au sein du Quintet qui animait les soirées de fêtes et ses performances dans l’interprétation de « Take five »  de Dave Brubeck étaient mémorables. L’année suivante je me retrouve inscrit à la faculté de médecine et Omar se retrouve dans une filière de Psychologie à Alger, suivie de quelques postes à Sonatrach puis Paris et on se perd de vue pendant quelques années. Le contact est rétabli dans les années 80 et les retrouvailles avec quelques autres amis étaient très conviviales, marquées par des ambiances obligatoirement méditerranéennes, hautes en couleur. Omar commençait à se faire un nom dans le monde de l’économie et du management. Il était de plus en plus sollicité par de nombreuses institutions internationales et avait notamment vers la fin des années 90 apporté son expertise à un Think  tank dans l’équipe de Chevènement, alors ministre français de l’intérieur. Ses conférences ainsi que ses publications étaient de plus en plus nombreuses et il entrait lentement mais surement dans l’excellence du monde prestigieux et fermé de l’Économie et du Management.

    Durant la décennie noire, nous étions en communication régulière avec un réseau animé notamment par le regretté Chérif Hammouche, un autre transfuge de Bordj Bou Arreridj, professeur d’Architecture. Les années 2000 ont été pour Omar très fécondes en communications et publications où prédominaient les idées les plus révolutionnaires matinées d’un humanisme solidaire incomparable.

    La période de la COVID 19, et le développement des réseaux sociaux ont donné un coup de fouet aux contacts fréquents et féconds sur des sujets extrêmement diversifiés. Des Webinaires initiés et animés par Mohamed Bouhamidi nous ont permis d’apprécier l’immense expertise dans le domaine de l’économie partagée avec un sens de la pédagogie hors du commun. Durant cette époque, sa production scientifique a été riche et variée et il a eu l’intelligence de la rendre accessible aux profanes dont je faisais partie.

    « Halte au gâchis ! En finir avec l’économie management à l’américaine. »

    « Le management entre tradition et renouvellement, »

    « La stratégie de l’autruche. Post-mondialisation, management et rationalité économique,’’

    « Le travail industriel contre l’homme, » etc.

    Ces derniers mois, une malade très proche de Omar avait été prise en charge pour un problème chirurgical très sérieux au niveau d’un centre de référence parisien. Sollicité par Omar pour donner mon avis sur la stratégie adoptée ainsi que sur les résultats constatés par l’équipe soignante lors du follow-up, j’ai pu conclure avec grand plaisir à l’excellence des résultats qui validait ainsi le constat de ses médecins soignants. La malade  était ainsi soulagée par cette confirmation au point de demander à Omar de me remercier aussi vivement que si j’étais à l’origine des suites si favorables. Omar, taquin, me rappelait qu’il était d’origine maraboutique et qu’à ce titre il pouvait briguer …99 places au paradis. Il était donc prêt à m’en céder 5 ou 6 pour mon usage personnel et celui de mes proches !   Je suis persuadé à cet instant qu’il occupe une de ces 99 places au paradis, lui qui a tant donné aux autres.

    Repose en paix mon cher Omar.

    Professeur Maaoui (Didine)

    .

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Olivia, Paris