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    Arrigo Cervetto-La question algérienne et l’opportunisme colonialiste de la gauche française (PCF compris)
    La publication de ce texte m'a pris deux jours de travail. Il a provoqué en moi un grand retentissement et ramené à ma mémoire des souvenirs pénibles de ma vie de jeune militant dans le PAGS. Toutes mes interrogations sur "les pouvoirs spéciaux", les positions jamais conséquentes du PCF ; interrogations toujours rejetées notamment  par Kader B, Mustapha B, et Slimane A.A. et contrées par le bilan des "campagnes contre la guerre". Le vote des pouvoirs spéciaux était comme le trou noir  d'un héritage ou d'une tache partagés qu'il fallait cacher sous le tapis. 
    Mais ce retentissement m'a ramené à la fin de la vie de Ahmed Akkache qui m'avait longuement confié ses souvenirs de militant et de dirigeant et sa longue quête dans la compréhension des  dissonances des orientations et positions des dirigeants du PCA et du PCF. Quête du jeune homme qu'il était, quête du dirigeant porté vers les masses et contenu par les étroitesses de la direction, quête du combattant conforté par ses camarades communistes qui ont voulu rejoindre les maquis sans attendre, quête du théoricien qui a écrit tant de livre sur les résistances paysannes de l'époque numide ou de l'époque de l'occupation française,  quête du sens de sa rupture avec la direction du PCA à l'époque de l'indépendance, quand il lui était clairement apparu que cette direction restait attachée à un "vision Thorez". Ahmed Akkache, à travers toutes  ses recherches et écrits avait donné une extraordinaire résonnance à la justesse de la théorie de résistance et de guerre populaire dans les processus de libération du colonialisme et de mobilisation populaire dans la phase de l'édification nationale   
    Ce texte m'a donné beaucoup de clés pour comprendre une "tendance" quasiment historique  à l'opportunisme de droite du PCF et des communistes algériens attachés à ce PCF.
    Mes dernières pensées à ce sujet vont à SidAmed Bellarbi, dit Boualem Moscou, l'envoyé du Komintern pour créer une organisation révolutionnaire pour entamer la lutte de libération et exclu du PCA. Il fut l'ami et le formateur de Mohamed Belouizdad, premier responsable de l'Organisation Spéciale qui préparera le 1er novembre 1954. Exclu du PCA, il va créer le Parti National Algérien qui se dissoudra et dont les militants rejoindront le Parti du Peuple Algérien. Sid Ahmed Bellarbi et son camarade inséparable Bechoubane également militant exclu du PCA, sont le deux indigènes réels, derrière les personnage du roman de Camus : L'étranger.
    En dehors de ces échos émotionnels du vieux militant, la richesse théorique de ce texte est phénoménale. Pour les plus jeunes, pour les amis qui ont pu avoir des difficultés avec des concepts difficiles à saisir, notamment la notion de " capitalisme enclavé" qu'est le colonialisme, j'ai mis en gras et en italiques les passages les plus éclairants et les plus pédagogiques de la théorie  léniniste de l'Impérialisme. J'ai rajouté en italique quelques remarques utiles à des associations d'idées ou de thèmes. Je demande à ceux qui se considèrent concernés par le travail militant de faire connaître ce texte, de le partager. Bonne Lecture 
    Mohamed Bouhamidi      

    Jamais dans l’histoire de l’impérialisme une crise coloniale n’a pris une ampleur et un drame égaux à la guerre d’Algérie d’aujourd’hui.

    C’est le fait le plus intéressant qui ressort d’une première analyse de la question coloniale dans la phase actuelle de l’impérialisme et c’est ce fait qui peut nous aider à comprendre le caractère profondément réactionnaire des relations colonialistes qui ont survécu.

    Tout le cours du colonialisme moderne est marqué par l’utilisation de la violence et de l’oppression par les grandes puissances impérialistes, et l’introduction de secteurs de l’économie capitaliste marchande dans les zones arriérées va de pair avec la destruction impitoyable des anciens liens indigènes, de sorte que les historiens marxistes eux-mêmes discutent de la signification historique de la conquête coloniale.

    De plus, à la lumière de la documentation la plus récente, souvent l’œuvre de nouveaux chercheurs des pays ex-coloniaux, se dresse un tableau gigantesque de la destruction opérée par les colonialistes : des civilisations féodales qui ont disparu sans avoir été supplantées par de nouvelles institutions culturelles et de nouvelles coutumes, des populations décimées par les marchands d’esclaves, l’opium, les maladies importées, l’augmentation de la pauvreté, le chômage créé par la dépopulation agricole et les monocultures mercantilisées dans le réseau du commerce international.

    Certes, dans la dénonciation de nombreux érudits africains et asiatiques, en plus du ressentiment anticolonialiste légitime, opère une surestimation des civilisations féodales indigènes.

    Il n’en reste pas moins que l’introduction, même partielle, des rapports de production capitalistes a représenté un prix économique et humain très important, non comparable au développement, si douloureux soit-il, du capitalisme dans les pays occidentaux et laisse le niveau économique des pays ex-coloniaux à un niveau très bas.

    Pour le marxisme, cela s’explique par deux raisons fondamentales :

    1. La « diffusion » du capitalisme dans les pays coloniaux n’a pas eu lieu sur la base d’une accumulation élargie du capital, mais sur l’introduction forcée de relations d’échange capitalistes, en particulier dans l’achat et l’exportation de matières premières et dans l’importation de biens de consommation et de biens d’équipement industriels. Dans le cadre du commerce international impérialiste, comme Kautsky l’a bien décrit, des rapports capitalistes ont été introduits dans l’agriculture indigène, avec pour résultat la création d’un surplus agricole de biens de consommation exportables et bon marché, et une pénurie de biens de consommation auparavant disponibles grâce à la production féodale. Le déséquilibre social causé par la rupture des rapports féodaux de production, avec une faible productivité mais une utilisation complète du travail paysan dans une production capillaire de consommation, et la formation conséquente d’une importante main-d’œuvre disponible (ex-paysans, ex-artisans), n’a presque jamais été compensé, et contrairement au développement historique du capitalisme occidental par l’essor de l’industrie manufacturière. Même lorsqu’un certain secteur de l’industrie légère s’est développé (exemple typique de l’Inde), il a eu quantitativement peu de poids dans l’économie générale du pays.
    2. L’accumulation du capital s’est donc épuisée dans le rapport impérialiste aux pays industriels, [à noter et à rapprocher des textes de Samir Amin-M.B] que l’écoulement ait eu lieu dans le commerce incomparable des matières premières et des produits industriels, ou dans l’exploitation directe des sources de matières premières, etc. La part des bénéfices qui restait dans les pays coloniaux était absorbée par les investissements locaux et les dépenses improductives ainsi que par la bourgeoisie commerciale.

    L’impérialisme, en créant le marché mondial sur la base des rapports d’échange capitalistes, a introduit par la force les économies des pays sous-développés dans le marché capitaliste, les a arrachés à leur isolement féodal, les a liés au commerce international dans des conditions d’interdépendance vitale, a promu l’accumulation de capital en eux, qu’il leur a enlevé avec le « surprofit ».

    La phase colonialiste de l’impérialisme a été caractérisée par ce vol direct, mais cette phase s’est désintégrée en une mer de contrastes et de conflits violents. La phase actuelle de l’impérialisme prend le relais, par laquelle le « surprofit », c’est-à-dire la part obtenue de l’accumulation du capital dans le pays arriéré, est formé avant tout par l’échange commercial, tandis que les rapports de dépendance politique modifiés permettent au pays arriéré d’utiliser davantage son accumulation capitaliste à des fins d’investissement industriel et de formation des bases matérielles du développement économique. Tout cela en théorie, car en pratique l’accumulation capitaliste du pays arriéré devient de plus en plus dépendante du commerce international, a un rythme très lent, rencontre d’énormes difficultés de toutes sortes et nécessite l’importation de capitaux impérialistes. La tendance, même si elle est entravée, même si elle est exploitée, même si elle est susceptible de s’arrêter, a changé parce que c’est la tendance à l’industrialisation.

    Si nous considérons ces lignes générales de développement impérialiste, nous comprenons aussi les composantes du nœud algérien et l’extrême violence avec laquelle il s’est manifesté. Le cas algérien se situe entre la première et la deuxième phase de l’impérialisme, entre l’exploitation colonialiste et l’exploitation néocolonialiste. En Algérie, sous domination française, il y avait :

    1. la rupture des rapports féodaux dans l’agriculture et l’établissement de rapports d’échange capitalistes, avec pour conséquence la formation de l’entreprise agricole capitaliste, du travail salarié, du chômage de masse, de l’appauvrissement rural et urbain ;
    2. la formation d’une industrie légère et d’une bourgeoisie commerciale (lire pour cela « La brèche et le rempart«  et la brèche«  de Bard’Eddine Mili. M.B ] entourée de couches commerciales, rurales et bureaucratiques intermédiaires ;
    3. le début d’une grande industrie ; [Plan de Constantine. M.B]
    4. l’unilatéralisme commercial qui canalisait les surprofits impérialistes vers la France.

    Mais en raison de l’immigration massive des colons français, l’écrasante majorité de la population algérienne est restée subordonnée à la nouvelle hiérarchie sociale, de sorte que la bourgeoisie agraire et commerciale, la moyenne et la petite bourgeoisie rurales et urbaines sont composées presque exclusivement de Français. C’est le premier aspect important de la situation sociale algérienne. Le deuxième aspect est constitué par le fait que la présence d’une grande bourgeoisie et d’une petite bourgeoisie françaises, parasitaire à bien des égards, a ralenti l’exode du profit vers la mère patrie et entravé, en même temps, la formation de la grande industrie là-bas. [d’où la contradiction entre projet Gaulliste d’industrialisation et les freins de la guerre. M.B et son projet néocolonial d’une « Algérie algérienne] A la différence d’une bourgeoisie nationale – qui est obligée de fonctionner sur les ressources de son propre pays – la bourgeoisie agraire française d’Algérie en général et particulièrement dans certaines contingences (conjoncture internationale de baisse des prix des matières premières et des produits agricoles) pèse négativement sur le capitalisme industriel de la patrie, à travers une politique protectionniste d’État sur laquelle elle a de nombreuses raisons politiques d’influencer. Si hier les aspects positifs et négatifs de l’exploitation coloniale étaient médiatisés par la politique de l’impérialisme français dans une balance favorable, aujourd’hui cette contradiction a aussi explosé violemment grâce à la révolte paysanne, nationaliste, aux passifs que représentent les dépenses de guerre, à la nécessité du capitalisme monopoliste français d’exporter les capitaux vers des investissements productifs (pétrole du Sahara et l’industrie sidérurgique tracée par le Plan de Constantin) et non plus en subventions et en soutien aux prix agricoles pour les nombreux colons français parasites.

    Le nœud de contradictions est très complexe et, compte tenu des facteurs en jeu, n’offre pas de solutions faciles. La question coloniale en Algérie revêt donc un aspect extrêmement chaotique qui ne se retrouve pas dans d’autres régions et en tire aussi sa virulence. Même les solutions théoriques possibles sont brisées par la réalité. La meilleure solution pour le capitalisme français serait de s’adapter à la politique coloniale de toutes les puissances impérialistes : indépendance politique de l’Algérie et forte dépendance économique causée par les investissements industriels et les liens commerciaux. Cette solution « marocaine » s’impose, entre autres, par la forte infiltration américaine dans cette direction, une infiltration dont le Maroc est, de fait, un exemple clair. Mais cette solution n’est pas tant entravée par le nationalisme algérien que par les colons français.

    L’autre solution est la victoire nationaliste. Indépendamment de la très forte résistance française, la victoire nationaliste est entravée par ses propres conditions intrinsèques. Nous avons déjà vu qu’il n’y a pas de bourgeoisie algérienne forte qui ait atteint une bonne quantité d’accumulation de capital ; Il n’existe pas non plus de petite et moyenne bourgeoisie algérienne forte, puisque les rôles sociaux joués par ces couches ont été remplis par du personnel français. La révolte algérienne prend un caractère particulier de révolution démocratique bourgeoise, susceptible d’évolutions sociales et idéologiques intéressantes, car elle a une base de masse de paysans et d’ouvriers et dans laquelle les cadres dirigeants ont été fournis par des intellectuels et des prolétaires algériens qui ont émigré en France. À bien des égards, la révolution algérienne a les caractéristiques de la révolution chinoise, tandis que les perspectives économiques de la première la différencient de la seconde, qui à sa conclusion a été en mesure de disposer de tout l’équipement et des ressources nationales (possibilités, cependant, hypothéquées dans l’avenir algérien). Les caractéristiques sociales de la Résistance algérienne ont donc accentué sa compacité et sa combativité au point d’en faire un grand exemple de lutte anti-impérialiste, sans quartier ni répit. À ces caractéristiques originales, il faut ajouter d’autres éléments : c’est-à-dire le fait que la Résistance algérienne est un épisode de la lutte et de la solidarité de toute la communauté arabe nord-africaine et que ce n’est qu’en tant que ligne de front de cette lutte qu’elle a pu se réaliser et se poursuivre.

    Malgré cela, malgré l’aspect de lutte rangée anti-française, même une victoire nationaliste à court terme n’est pas probable.

    Reste une troisième solution qui nous rappelle les grandes lignes de la conception léniniste des luttes coloniales : c’est-à-dire l’intervention anticolonialiste du prolétariat français.

    Cette solution – qui serait la plus révolutionnaire – est aussi la solution la plus improbable et la plus éloignée à l’heure actuelle. Et c’est là que se pose la question qui vient d’abord à l’esprit de ceux qui étudient la question algérienne : « Pourquoi le prolétariat français ne bouge-t-il pas, pourquoi le prolétariat français s’arrête-t-il au moment même où son capitalisme est violemment ébranlé par la plus grande révolte qu’il ait connue dans son histoire coloniale ? Pourquoi défend-il le capitalisme ?

    Si l’on y regarde de plus près l’histoire du mouvement ouvrier français, la question se traduit par une question inexplicable. Le prolétariat français a mis en œuvre la Commune de Paris alors qu’il était isolé et qu’il n’y avait aucune chance de succès, et maintenant qu’il a un allié redoutable dans la Résistance algérienne, qui se bat depuis cinq ans, non seulement il n’applique aucune Commune de Paris, mais il aide les « Versailles » à massacrer la Commune paysanne algérienne.

    Ce fait ne peut être compris qu’en analysant la nature contre-révolutionnaire des partis de la gauche française, car ce serait une grave erreur qui ne donnerait aucune explication d’analyser uniquement la nature des partis bourgeois traditionnels. La guerre d’Algérie a contribué – et c’est un autre grand mérite des guérillas algériennes – à nous faire comprendre que l’impérialisme français ne pourrait pas exister. Le proverbe « on voit les vrais amis dans les moments de besoin » s’applique aussi à l’impérialisme français : en fait, elle les a trouvés ponctuellement. Et c’est dans cette direction qu’il faut trouver la clé d’interprétation de la guerre d’Algérie. En fin de compte, il s’agit de tirer un grand et clair exemple historique du rôle contre-révolutionnaire du réformisme moderne.

    C’est là que réside un autre élément du drame de la question algérienne, et dans la mesure où il s’aggrave, quand l’action contre-révolutionnaire des partis de gauche pour attacher le prolétariat au char impérialiste et empêcher la classe ouvrière de réaliser l’unité révolutionnaire avec les paysans colonisés devient plus massive. [A rattacher à la 8ème condition léniniste des pricipes de la 3ème Internationale. M.B] Ces réformistes, toujours prêts à mener les plus sales politiques d’alliance, toujours prêts à s’allier avec n’importe qui, sont en même temps prêts à empêcher la véritable et unique grande alliance indiquée par Lénine au prolétariat : celle avec les peuples colonisés. Et quand ces peuples, malgré eux, se révoltent, ils découvrent leur vrai visage de réformistes, leur véritable rôle qui les rend les plus dangereux en pareille situation, et ils passent directement au service de la bourgeoisie menacée.

    Si nous nous habituons à faire de la critique du réformisme non pas une critique moralisatrice mais une analyse scientifique, nous découvrirons que le comportement des partis de gauche français ne pouvait pas être différent. Face à la grave crise du colonialisme français, il y a des problèmes d’action qui posent un enjeu trop important. Il n’est pas question de réformes ou de rotation des partis au pouvoir ; il s’agit de l’existence même du système. Si le prolétariat français avait pris une action décisive contre la guerre, s’il avait refusé d’envoyer ses fils se faire tuer en Algérie, s’il s’était allié aux partisans algériens et s’il avait coopéré avec eux pour saboter les centres d’approvisionnement de guerre, non seulement la guerre d’Algérie aurait cessé, mais le système politique et social français lui-même serait entré dans une phase de désintégration, provoquant un déséquilibre irréparable dans tous les pays européens. Et c’est précisément ce qu’aucune puissance impérialiste, y compris la Russie, ne veut aujourd’hui.


    La présence d’un conflit aussi tragique et ses causes, claires et obscures, ont dû nécessairement remuer les eaux de la culture officielle et pousser les éléments les plus sensibles à faire face à un premier dispositif de chronique. Ces dernières années, de nombreux ouvrages sont apparus sur le thème de la guerre d’Algérie et dans certains d’entre eux, il y a un certain effort d’objectivité et d’information. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est de noter dans plusieurs d’entre eux la recherche de responsabilités colonialistes dans la gauche française, comme pour documenter historiographiquement bon nombre des arguments de la polémique menés quotidiennement par les courants révolutionnaires. Récemment, un livre publié en Italie (Romain Rainero, Storia dell’Algeria, Sansoni, Florence 1959) a également abordé le problème de la responsabilité de la gauche française en des termes très intéressants.

    Le livre est une chronique assidue, souvent objective et favorable aux nationalistes algériens, de l’occupation française de l’Algérie, dont il retrace l’histoire de manière linéaire dans les premiers chapitres. À l’exception du chapitre VIII, où il traite de l’aspect social et économique (morcellement des terres, colons, chômage, etc.), l’analyse de la structure est très faible, puisque A, manquant d’une vision claire de l’impérialisme, s’arrête au phénomène colonialiste.

    Très intéressante, cependant, est l’introduction méthodologique et bibliographique dans laquelle il est soutenu qu’il est impossible de connaître l’histoire de l’Algérie étant donné les « lacunes » historiques, le manque de sources, la destruction française.

    De nombreux spécialistes de l’histoire algérienne semblent être liés à un schéma colonialiste qui fait que le pays ne leur apparaît que dans la projection transméditerranéenne de l’histoire de France… De ce point de vue, l’histoire est devenue insuffisante, voire déformante… [c’est-à-dire] une vision qui fait du colon français et de la France le centre autour duquel tout tourne. De cet univers ptolémaïque il est urgent de passer à une vision copernicienne au prix de devoir se résigner à ne voir les événements que l’aspect négatif, celui de la rupture d’un ordre antérieur et non l’aspect positif qui consiste à avoir pu réintroduire dans le cycle de l’histoire des forces anciennes et nouvelles qui étaient en sommeil.

    Rainera, en général, tente de s’inspirer de cette vision « copernicienne » de l’histoire coloniale, en se référant à la résolution sur l’histoire approuvée par le IIe Congrès mondial des écrivains et artistes noirs dans laquelle l’historiographie occidentale est condamnée comme une conception erronée de la participation des Africains à l’histoire de l’humanité.

    En particulier, A. est lié, également avec des citations directes,

    -aux historiens algériens Kateb Yacine, Sahli, Malek Bernabi, Mostefa Lacheraf qui : ont entamé une revue de l’histoire de l’Algérie à partir de l’étude d’Abd el Kader ou des situations controversées et obscures afin de réévaluer l’ensemble du phénomène de la Résistance algérienne…

    -et à l’historien Allal al Fassi dont l’ouvrage, « Les mouvements d’indépendance en Afrique du Nord arabe », constitue :une vision maghrébine intéressante de la théorie de la continuité de l’Afrique du Nord de Carthage à nos jours.

    Peut-être que la vision copernicienne des historiens arabes et la sienne ont aidé l’auteur de mettre le doigt au bon endroit plusieurs fois.

    Dans le sillage d’Allal al Fassi, l’auteur Il nous parle de la première réaction à la guerre impérialiste. À partir de septembre 1914, la France procède à la conscription obligatoire des Algériens. La réaction populaire fut très vive, avec des émeutes dans la région de Constantine et de Sétif que la propagande des agents des empires centraux et de la Turquie essaya d’utiliser à ses propres fins. La désertion fut massive avec un exode de 120 000 personnes vers les montagnes, mais la France – aidée par le climat de l’Union Sacrée – réussit à enrôler environ 200 000 Algériens et à réquisitionner, comme travailleurs, 121 000 autres.

    La première occasion d’une alliance anti-impérialiste s’était évanouie et c’est toujours dans les congrès du Komintern – comme le reconstruit Demetrio Boersner dans « Les bolcheviks et la question nationale et coloniale (1917-1928) » – que retentissait la critique au Parti communiste français lui-même pour son manque de soutien aux luttes coloniales. Aux critiques de M. N. Roy et d’autres délégués arabes et asiatiques, les Français répondirent par la thèse pseudo-révolutionnaire et opportuniste qu’il ne fallait pas aider les nationalistes algériens à mener à bien une révolution essentiellement bourgeoise et que tous les efforts devaient être concentrés sur la révolution prolétarienne en France.

    Comparée à la politique adoptée plus tard par les partis de gauche, cette thèse si obstinément combattue par Lénine est un péché timide de la jeunesse !

    Le premier exemple classique : le Front populaire. Rainero écrit :

    pag. 140

    Et encore :

    pag. 141

    Avec des précédents similaires, nous pouvons également comprendre la suite, à commencer par la politique colonialiste menée par les gouvernements de la Résistance dont le PCF faisait partie intégrante et responsable. En décembre 1942, l’amiral Darlan appela les musulmans à participer activement à la guerre contre l’Allemagne, mais quelques jours plus tard, Ferhat Abbas rejeta l’appel au nom du nationalisme algérien avec un message disant :

    Cette guerre n’est pas une guerre de libération des peuples sans distinction de race ou de religion. Malgré les promesses qui leur ont été faites et les sacrifices qu’ils ont consentis, les peuples autochtones d’Algérie sont privés de la liberté et des droits essentiels dont jouissent les autres.

    pag. 151

    Cette position décisive a été suivie, le 10 février 1943, par la constitution du Manifeste du peuple algérien, signé par Abbas et 56 représentants nationalistes, qui dénonçait la politique coloniale menée en Algérie par la France et énumérait les revendications nationalistes.

    pag. 152 [sur cet aspect, il faut se rappeler la promesse de Roosevelt et la croyance de Abbas en cette promesse, croyance qui lui permit cette fermeté. M.B]

    En réponse, le 3 juin 1943, le Comité français de libération nationale nomme le général Catroux gouverneur de l’Algérie.

    Partisan de la manière forte, le général Catroux était un assimilationniste convaincu dans la politique indigène et un défenseur de la « mission de la France » en Afrique du Nord. Quelques jours après sa nomination, Catroux prive les nationalistes de toute illusion sur la possibilité d’une révision pacifique du statut politique de l’Algérie.

    pag. 153

    Le 23 juin 1943, il déclara :

    La France ne permettra jamais l’indépendance de l’Algérie, qui en fait partie intégrante.

    pag. 153

    Et pour donner un exemple pratique d’une Résistance à sens unique qui se réfère aux idéaux de liberté et de patrie contre les nazis mais qui nie ces idéaux aux Algériens, accuse à la manière nazie Sayah Abd el Kader et Ferhat Abbas de « désobéissance en temps de guerre », les fait arrêter et interner. Le CFLN (Comité francais de liberation nationale) approuve à l’unanimité ; Du moins, c’est ce qu’il faut considérer, étant donné l’absence de protestations de la part des communistes ou d’autres « progressistes ». Lesquels communistes – sans parler des sociaux-démocrates ultra-chauvins – n’ont même pas eu la décence de quitter le gouvernement lorsque le 8 mai 1945, pour célébrer la victoire contre l’Allemagne nazie, et au nom du drapeau solennel, « mort au fascisme, liberté aux peuples », les troupes françaises ont commencé le massacre de Sétif, rasant 44 villages et tuant 45 000 Algériens.

    « L’étincelle de l’insurrection est née à Sétif », commente Rainero.

    À Sétif, ajoutons-nous, s’achève un chapitre honteux de l’opportunisme de la gauche française, consciemment coresponsable de la politique colonialiste de la CFLN et du premier gouvernement De Gaulle. Sétif n’a pas été une « bombe atomique » soudaine, même si pour le résultat, pour le crime et pour la contemporanéité, elle a un tragique « jumelage » avec Nagasaki et Hiroschima ; Le Los Alamos de Sétif revient au Front populaire et au CFLN ! Et après Sétif, s’ouvre le deuxième chapitre du soutien au colonialisme, un chapitre que nous parcourons encore aujourd’hui et que nous espérons conclure par la formidable critique des armes de l’insurrection algérienne.


    Établir les faits et les responsabilités ne signifie pas encore en avoir déterminé toutes les causes. Qu’est-ce qui a poussé le PCF à devenir coresponsable de Sétif, de la répression malgache et de la politique colonialiste ? Pourquoi le prolétariat français ne comprenait-il pas l’essence d’une politique chauvine qui allait bientôt se retourner contre elle-même ? Pourquoi n’a-t-il pas abandonné les partis opportunistes et repris la tradition révolutionnaire et internationaliste ?

    Ce sont des questions que nous nous sommes déjà posées et que, peut-être en des termes non analogues, se pose un journaliste et historien perspicace, Alexander Werth, dans son « Histoire de la IVe République » (éditions Einaudi, 1958).

    Cet auteur traite également de la politique coloniale de la Résistance française et cite la « Charte de la Résistance » où le paragraphe C du 5e point prévoyait seulement et de manière laconique une réforme coloniale générique, c’est-à-dire « l’extension des droits politiques, sociaux et économiques aux populations coloniales ». Rien d’autre, dans cette Charte, que  l’auteur définit:

    un programme minimum pour les communistes… une sorte de New Deal, ou ce que Bidault… l’avait appelé « la révolution par la loi ».

    pag. 321

    Le fait que, même dans une Charte constitutionnelle, traditionnellement pleine de belles promesses, une position aussi conservatrice sur la question coloniale ait été reflétée (des réformes génériques ont été envisagées mais pas l’indépendance), peut être compris avant tout à partir du climat politique français.

    Thorez, de retour de Moscou en novembre 1944, avait étonné le PCF lui-même en approuvant, lors du C.C. du 21 janvier 1945, la dissolution décrétée par De Gaulle des Gardes patriotiques et en déclarant :

    Les Comités de Libération ne doivent pas administrer, mais seulement aider ceux qui administrent. Par-dessus tout, ils doivent mobiliser, former et organiser les masses afin qu’elles puissent produire le maximum d’effort de guerre.

    pag. 350

    L’Auteur  commente ainsi  le geste de Thorez :

    un mouvement en faveur de l’effort de guerre maximal de la France (avec tout ce que cela impliquait dans le domaine international)… De son côté, De Gaulle, comme l’avait déjà montré son discours du 14 janvier à Nantes, était aussi trop heureux de se servir des communistes… Il est certain, cependant, que les ordres antirévolutionnaires de Thorez provoquèrent un grand malaise au sein du PCF.

    pag. 351

    Au fur et à mesure que la collaboration De Gaulle-PCF se rapproche, dans le jeu du partage impérialiste des zones d’influence entre la Russie et les Alliés, la politique du PCF devient encore plus colonialiste.

    Au Congrès de juin 1945, dans son rapport :

    Thorez proclame « La grandeur de la France est à refaire ». Avec autant de chagrin que s’il eût été De Gaulle, Thorez déplorait l’humiliation que la France avait subie à ce moment-là en Syrie, simplement parce qu’elle ne disposait pas d’une grande armée.

    pag. 382

    Dans le même rapport :

    Il soutient à nouveau l’opportunité d’utiliser des prisonniers de guerre allemands pour reconstruire des villages détruits par l’armée allemande ou dans des mines de charbon, malgré les nombreuses protestations « humanitaires » de l’étranger et de la France elle-même : il évoque la nécessité de l’aide américaine… il appelle au développement des échanges entre l’Ouest et l’Est et à la modernisation de l’agriculture, notamment en Algérie et dans les autres possessions françaises. « Nous devons produire », a-t-il proclamé… L’impression que Thorez essayait de donner était que le PC était un parti de gouvernement pleinement qualifié… qui… les communistes au gouvernement auraient pu être d’une aide énorme dans la construction d’une France vraiment moderne et efficace. Face à cet objectif, ils étaient prêts à demander à la classe ouvrière de travailler dur et de faire beaucoup de sacrifices.

    pag. 383

    En effet, après les élections politiques du 21 octobre 1945, lors de la formation du nouveau gouvernement De Gaulle :

    Si De Gaulle confie la quasi-totalité des ministères économiques aux communistes, ce n’est certainement pas par amour pour eux. Il aurait pu avoir une majorité même sans eux, mais les communistes, à cette époque, étaient encore utiles ; Ils servaient à encourager la production et à éviter des troubles dans le domaine du travail.

    pagina 390

    Le jugement est trop linéaire pour l’alourdir de commentaires, aussi parce qu’il est lié à toute une série de faits indiscutables que l’auteur  a le mérite de très bien traiter.

    Les communistes évitaient de parler de marxisme ou d’internationalisme, et semblaient vouloir se préparer à assumer le rôle du grand parti au pouvoir dans les années à venir.

    pag. 381

    Il est remarquable d’observer comment, sur un grand nombre de problèmes industriels […], Thorez a dit presque les mêmes choses, par exemple, qu’un Mendès France.

    pag. 384

    De cette manière concrète, un cadre politique se dessine dans lequel l’opportunisme colonialiste du PCF prend sens et n’apparaît plus comme une « erreur » ou comme une simple volonté opportuniste. Les formations politiques sont l’expression d’intérêts économiques, elles agissent sous la pression de ces intérêts, elles sont conditionnées par leur fonction organique. Ce serait du pur manichéisme que de les juger sur la base d’un bien ou d’un mal abstrait et moralisateur ; un manichéisme qui, en lui-même, cache toujours l’intention de vouloir réformer ou « racheter » ce qui est critiqué. C’est, pratiquement, le but opposé à celui de l’analyse scientifique marxiste qui identifie l’opportunisme dans les forces matérielles qui le forment et non dans la mauvaise volonté de certains de ses représentants.

    Dans le cas concret, la politique du PCF nous apparaît comme l’émanation des intérêts impérialistes du capitalisme d’État soviétique, intérêts qui ont conduit à la collaboration avec la bourgeoisie française et à une insertion dans son appareil d’État afin de lui permettre une continuation du pouvoir à l’intérieur vers les masses laborieuses et à l’extérieur envers les peuples coloniaux. La technique de cette collaboration est très élaborée et va de la démagogie à la corruption de couches de l’aristocratie ouvrière ; Elle peut varier à certains moments – la guerre froide – lorsque les alliances du capitalisme d’État soviétique se relâchent.

    Ainsi, d’une phase de soutien colonialiste, on peut passer à une démagogie de la critique formelle de certains effets du colonialisme (sans jamais s’attaquer aux aspects essentiels de l’impérialisme et aux formes néocolonialistes sous lesquelles il se présente, car cela reviendrait à démystifier la politique étrangère et commerciale soviétique) ; mais un PCF ne sera jamais en mesure de soutenir pleinement une révolution coloniale, car cela représenterait une autolimitation de ces bases matérielles et de la superstructure dans laquelle il doit agir dans la politique d’alliances ou de conquête – dans le cas extrême – du pouvoir lui-même. Soutenir une révolution coloniale signifie, du point de vue de ses intérêts économiques et politiques, non seulement provoquer une crise révolutionnaire, et donc incontrôlable et substantiellement anticapitaliste, dans le système même dans lequel elle ne peut opérer en tant que force bureaucratique que dans la mesure où il existe certaines conditions sociales qui lui permettent d’exister, mais aussi dans les solutions les plus modérées contribuant à la création d’un nouvel État politiquement autonome qui est déjà en lui-même adversaire ou concurrent potentiel.

    Faisons une considération qui est purement théorique parce qu’elle fait abstraction du fait que le PCF, même dans les moments de la guerre froide, a maintenu une ligne colonialiste et n’a même pas formellement soutenu les révolutions coloniales de l’empire français (voir la question algérienne et le soutien à la solution conservatrice Mendès-France pour l’Indochine lorsque les Français étaient sur le point d’être jetés par-dessus bord) ; cela a peut-être été influencé par des facteurs de chauvinisme au sein de l’organisation et la masse de sympathisants, ainsi que par la demande soviétique de négociations séparées avec la France.

    Par conséquent, cette considération doit avoir un sens général car, comme l’ont démontré la révolution chinoise et les relations soviéto-chinoises qui l’ont précédée et suivie, nous considérons comme infondée la thèse selon laquelle les révolutions coloniales sont exploitées par certaines puissances et certains partis occidentaux, en particulier l’URSS et les PC.

    Tout d’abord, il faut distinguer un PC colonial d’un PC occidental, car le rôle qu’ils jouent et les tendances de développement qu’ils contribuent à promouvoir sont différents. Deuxièmement, il ne faut pas confondre la signification historique réelle d’une révolution coloniale avec la propagande tirée d’une alliance momentanée établie avec elle. De ce point de vue, il se peut très bien qu’un jour le PCF au gouvernement établisse une alliance avec la République de Madagascar devenue indépendante : cela ne veut pas dire que le PCF a promu – pour quels « motifs mystérieux ? » – la lutte pour l’indépendance des Malgaches, et qu’il l’a vigoureusement soutenue, quitte à ce que le PCF s’apprête à tirer le plus grand avantage politique et commercial d’un événement qui s’est déroulé malgré sa volonté et avec lesquels un nouveau rapport de forces doit être établi.

    Les faits mêmes que nous examinons avec l’œuvre de Werth confirment notre interprétation en ce que nous examinons un modèle typique : l’un des deux partis communistes occidentaux les plus puissants qui, en même temps, est le parti communiste d’une grande puissance coloniale. La politique coloniale du PCF représente donc le seul exemple majeur de politique coloniale d’un parti communiste.

    La période de collaboration gouvernementale du PCF est importante. En 1946, selon Werth, De Gaulle avait réussi à maintenir l’empire après la première phase critique provoquée par la guerre :

    Sans doute, De Gaulle n’a jamais oublié l’empire, et en particulier l’Afrique ; et, de temps en temps, la clameur lointaine des divers nationalismes indigènes avait atteint la France, qui était devenue de plus en plus active, surtout à partir de 1942-43. Il y avait eu des morts et des massacres en Algérie en mai 1945… même la quasi-expulsion des Français de Syrie au cours de la même année avait porté un coup à l’orgueil français et à la « politique de grandeur » de De Gaulle. Dans l’ensemble, cependant, De Gaulle a été crédité d’avoir fait de son mieux, à la fois militairement et diplomatiquement, pour « maintenir l’empire uni » ; Au début de l’année 1946, il exprime sa satisfaction d’avoir atteint cet objectif, malgré l’immense danger de désintégration qui menace l’Empire depuis 1940 : la seule exception, dit-il, est l’Indochine, où le général Leclerc a cependant réussi à se réinstaller.

    pag. 449

    Ayant surmonté la première phase de « l’immense danger de désintégration » de l’empire – ce qui indique à quel point la fonction contre-révolutionnaire du PCF était organique – le parti de Thorez s’est trouvé confronté à de nouveaux problèmes de politique coloniale avec la question indochinoise, qui mérite d’être examinée après avoir fait une brève référence à la répression de Madagascar.

    Le 29 mars 1947, des émeutes et des massacres éclatent à Madagascar, où – selon le magazine « Esprit » – 80 mille indigènes sont tués. Comme pour les massacres de Sétif, cette fois encore, le PCF s’est rendu coresponsable de la politique colonialiste des gouvernements français, participant même au cabinet du social-démocrate Ramadier avec le ministère de la Défense. Werth vient commenter :

    Il semble absurde, aujourd’hui, en se souvenant de cette époque, que les communistes aient tant insisté pour être inclus dans le gouvernement.

    pag. 477

    Il dit aussi qu’en janvier 1947, ils n’avaient pas encore pleinement compris l’ampleur du problème indochinois. En fait, même après le massacre de Haïphong par les Français, le 20 novembre 1946, au cours duquel 6 000 Indochinois ont été massacrés par les bombardements navals, même après ce massacre qui a marqué le début de la guerre d’Indochine (le 19 décembre 1946, le Viet-Nam s’est soulevé à Hanoï), le PCF est entré de nouveau dans le gouvernement de coalition de gauche, lorsque la guerre avait commencé. Un pré-mollétisme qui durera jusqu’au 4 mai 1947, après l’échec de la conférence des ministres des Affaires étrangères à Moscou, lorsque Ramadier a évincé le PCF du gouvernement.

    Ce n’est qu’à ce moment-là, après que l’éclatement de l’alliance impérialiste ait provoqué l’éclatement de la coalition populaire-colonialiste en France, que le PCF a commencé à protester pour l’Indochine.

    Dans la période gestationnelle du conflit indochinois, nous avons déjà vu à quel point l’attitude du PCF était colonialiste.

    Dès août 1945, le Viet-Nam, dirigé par Ho Chi Min, développe la révolution nationale dans le nord de l’Indochine. Mais le mouvement est ralenti, d’autant plus que personne ne semblait particulièrement désireux de reconnaître un Viêt-Nam indépendant. La Russie restait indifférente ; La Chine pensait en termes de « grande Chine ».

    pag. 457

    Les États-Unis se méfient, la France s’est implantée en Cochinchine. Ho Chi Min choisit le moindre mal : les négociations avec la France. Mais les accords du 6 mars 1946 préparèrent la reconquête française et de fait le gouvernement de Paris et la « clique de Saigon » colonialiste formèrent et reconnurent le nouvel État de Cochinchine le 1er juin 1946. Suite aux premiers accords Thorez…

    il avait déclaré qu’il n’était pas du tout favorable à la « liquidation du drapeau français » en Indochine.

    pag. 461

    L’auteur a de multiples raisons  d’affirmer que Ho Chi Min a commis l’erreur de se faire des illusions sur les sociaux-communistes, au lieu de chercher l’appui de membres de droite, comme Sainteny et Leclerc, proches de ses thèses et favorables à l’indépendance. En effet, le 12 juin 1946, Ho Chi Min arrive en France soucieux de mener à bien ces négociations qui se solderont par l’échec de la conférence de Fontainebleau.

    Il semble que Ho Chi Min ait surestimé le poids de l’opinion de gauche en France et qu’il s’attendait à un puissant soutien de la part des socialistes et des communistes… Les socialistes étaient irrésolus… et les communistes, soucieux de sauver le « tripartisme » (le MRP était colonialiste jusqu’au bout) et pensant qu’il était certainement imprudent de se proclamer trop ouvertement les champions d’un Viêt-Nam indépendant, adoptèrent également une position moins résolue que prévu.

    pag. 462

    L’échec de Fontainebleau ouvre ainsi la voie à la provocation et à la guerre de Haiphong. Tout cela coïncide avec le début de la « guerre froide », au cours de laquelle le PCF exploite le mécontentement et la combativité des masses contre la « sale guerre » de l’Indochine sans jamais s’engager dans une lutte anticolonialiste générale même pour les territoires d’Afrique du Nord qui sont en mouvement. Il s’agit d’une tactique élastique classique, qui est tendue dans les périodes les plus aiguës du conflit occidentalo-soviétique et qui ralentit dans les périodes de « détente » (réunion de Genève de 1955, déstalinisation de 1956, etc.), sensible aux besoins de la politique étrangère soviétique et indépendante des besoins réels et du degré de développement de la lutte des peuples coloniaux.

    En janvier et février 1950, par exemple, les dockers de La Pollice, Marseille, Lorient, Brest, Dunkerque refusent de charger des navires pour l’Indochine, à Toulon ils attaquent les CRS, à Nice ils jettent à la mer des engins de guerre. C’est une bonne épreuve de la lutte ouvrière, qui montre aussi comment le PCF sait utiliser la lutte des masses quand elle est utile à sa politique et la freiner pour les mêmes raisons.

    Un exemple en est donné par l’ouverture de la crise nord-africaine, qui a commencé ouvertement au moment de la guerre d’Indochine avec la note française du 15 décembre 1951 dans laquelle la politique de force envers la Tunisie a prévalu. La droite, le MRP et la SFIO sont résolument colonialistes.

    « Quant aux communistes, conscients de l’impopularité qui entourerait toute campagne en France pour une « libération » totale du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, ils préféraient concentrer leurs efforts sur l’Indochine, d’autant plus qu’ils n’avaient guère de sympathie pour le « nationalisme bourgeois » de Neo-Destur en Tunisie ou de l’Istiqlal au Maroc, qui continuaient à réaffirmer leur anticommunisme. »

    pag. 626

    Alors que les communistes et les gaullistes protestent contre la concession de bases américaines au Maroc sans compensation, la Tunisie fait appel contre la France en avril 1952 devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Au Conseil, alors que l’URSS soutient la Tunisie, les États-Unis s’abstiennent. Il est intéressant de suivre l’auteur  également dans cet épisode, puisqu’il démontre comment le PCF a profité de ces occasions pour s’associer aux colonialistes dans des campagnes anti-américaines (de telles associations ne semblent pas étranges puisque déjà lors des élections du 17 juin 1951 les gaullistes ont hérité d’une partie des anciens votes communistes de la région parisienne, un précédent significatif pour comprendre le million et plus de votes communistes qui sont allés à De Gaulle en septembre 1958), plutôt que de poursuivre une politique directe de soutien aux indépendantistes. [A rapprocher avec le vote des pouvoirs spéciaux votés également par les communistes le 12 mars 1956 (1) M.B]

    Le gouvernement Truman mena une certaine action en faveur de l’indépendance de la Tunisie et du Maroc qui provoqua la colère des « colons » français qui :

    ils considéraient les États-Unis comme l’ennemi numéro un.

    pag. 682

    Si les États-Unis avaient soutenu un appel tunisien et marocain à l’ONU, le lobby colonialiste aurait lancé une campagne anti-américaine.

    pag. 683

    Ce n’est qu’en mai 1952, et pour une très brève parenthèse, que le PCF décida de combiner la campagne anti-américaine avec une action plus décisive contre le colonialisme, à l’occasion de l’arrivée de Ridgway. Mais cette première et unique parenthèse, toujours limitée à la dénonciation propagandiste, est due à des raisons de lutte interne au parti entre Duclos et Billoux. À son retour de Moscou, Billoux publia dans les Cahiers du Communisme un essai dans lequel il critiquait les alliances douteuses, exhortait à l’action directe contre les aventures guerrières, proclamait l’indépendance de la France contre l’impérialisme américain et insistait :

    sur la nécessité de soutenir les peuples coloniaux dans leur lutte pour l’indépendance.

    pag. 690

    Après l’arrestation de Duclos, le PCF modère cependant sa ligne avec un article d’Etienne Fajon. Le renfort de propagande n’a jamais été mis en pratique.

    Cela a conduit à la paix de l’Indochine et à l’indépendance de la Tunisie et du Maroc par Mendès-France. Même dans la période la plus grave de la crise maroco-tunisienne, on ne trouve pas d’action du PCF qui le détache de l’opportunisme colonialiste traditionnel.

    Et même dans ce cas, la thèse de Werth nous semble tout à fait valable, qui croit que l’indépendance des deux pays d’Afrique du Nord est due à leur lutte et à l’intérêt des États-Unis à résoudre la crise dans un secteur dans lequel ils avaient établi d’importantes bases militaires et économiques. L’indépendance est donc le résultat des contrastes de l’impérialisme, dont Mendès France devient le médiateur, et certainement pas de l’action inexistante du PCF. Il en va de même pour l’Indochine, si ce n’est pour y ajouter un double nœud de contrastes dont le centre est la Chine et ses relations avec l’URSS.


    Enfin, la question algérienne s’ouvre. L’Algérie était restée, dans la période 1945-54, beaucoup plus calme que la Tunisie et le Maroc, mais en novembre 1954 la CRUA commença l’insurrection. Avec l’avènement de Mollet. les masses ouvrières françaises espèrent que l’heure de la paix est venue en Algérie ; Mais une fois de plus, l’histoire montre que c’est précisément aux moments où les masses se déplacent vers la gauche que les partis auxquels elles ont accordé leur confiance se révèlent les plus contre-révolutionnaires. Et cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les peuples coloniaux.

    Le 6 février 1956, Mollet capitule à Alger. Lacoste, nommé gouverneur de l’Algérie, demanda des renforts de troupes, qui avec le rappel passèrent de 250 à 600-700 mille hommes, et les pleins pouvoirs au gouvernement. Il est très clair que la plénitude des pouvoirs signifie une répression gigantesque en Algérie où la force militaire a presque triplé.

    En mars, ces pouvoirs furent accordés au gouvernement par l’Assemblée nationale, avec le vote favorable des communistes eux-mêmes.

    pag. 869

    La politique colonialiste du PCF atteint sa conclusion logique avec cet acte. Le manque de soutien et l’action visant à freiner le mouvement de protestation, la désertion et la mutinerie qui ont eu lieu au printemps-été 1956 de la part des conscriptionnaires et dont même un rapide coup d’œil aux nouvelles de cette période peut nous donner une image, ne sont que les conséquences naturelles du soutien à Mollet.

    Ayant glissé dans la voie de l’opportunisme, le PCF, jour après jour, a montré sa véritable nature contre-révolutionnaire au point d’approuver, dernièrement, même la déclaration de De Gaulle sur l’autodétermination, qui selon Rainero en serait une :

    « manœuvre tentée par le général De Gaulle visant à embarrasser gravement les hommes du Front de libération nationale sur le plan international, en faisant comprendre au monde les bonnes intentions du gouvernement français d’accorder au peuple algérien la pleine liberté de choisir son propre destin. À ce stade, cependant, il ne faut pas négliger certains faits qui, s’ils ne préjugent pas entièrement de l’offre française, réduisent ses conséquences pratiques à très peu de chose. »

    Op. cit., pag. 223

    Les faits ont validé cette thèse et la réalité coloniale elle-même en mouvement va démolir la spirale de l’opportunisme français pseudo-communiste.

    Arrigo Cervetto

    Source : ProméthéeMars 1960
    Arrigo Cervetto (1927-1995) – Fondateur en Italie avec Lorenzo Parodi de la revue  « Lotta comunista »
  •  Ramzy Baroud-Les secrets de Nasser

     Ramzy Baroud-Les secrets de Nasser
    Les secrets de Nasser

    Les attentes des Palestiniens à l’égard du monde arabe ont changé. Ils n’attendent plus d’appel aux armes & d’embargo, juste l’arrêt de tout soutien à Israël contre deux millions de Gazaouis.

    Les attentes des Palestiniens à l’égard du monde arabe ont changé. Ils n’attendent plus d’appel aux armes ou d’embargo total, juste l’arrêt de toute action soutenant l’adversaire contre deux millions de personnes assiégées à Gaza.

    Le président égyptien Gamal Abdel Nasser, au Caire, le 29 mai 1967, dans son discours devant les membres de l’Assemblée nationale, a déclaré :

    “La question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle du golfe d’Aqaba, du détroit de Tiran ou du retrait de la FINU, mais celle des droits du peuple palestinien… Nous sommes désormais prêts à affronter Israël. … Nous sommes désormais prêts à traiter la question palestinienne dans son ensemble”.

    Pour la génération de mon père, Gamal Abdel Nasser n’était pas simplement un dirigeant arabe de plus : il a établi la norme à laquelle tous les autres ont été confrontés, et aucun ne l’a jamais tout à fait égalé.

    Pour les masses arabes, et les Palestiniens en particulier, Nasser était une icône. Son image héroïque, aux yeux des Palestiniens, s’est imposée à Al-Faluja, un bastion clé de la résistance contre la prise de contrôle sioniste de la Palestine historique en 1948

    Ce petit village du sud de la Palestine a été soumis à un blocus militaire israélien massif, piégeant Nasser, alors major dans l’armée égyptienne, ainsi que des milliers d’officiers égyptiens. Le blocus a duré plusieurs mois, jusqu’en février 1949, mais seulement après que les soldats égyptiens aient opposé une résistance remarquable

    Avec la signature de l’accord d’armistice israélo-égyptien, les soldats ont finalement été autorisés à se retirer par Gaza. Malgré leur chagrin d’avoir perdu leur patrie, les Palestiniens ont traité ces soldats qui battaient en retraite comme des héros. C’est durant cette période que la légende de Nasser s’est véritablement emparée de l’imaginaire collectif.

    Pour cette génération, il aurait été difficile d’associer Nasser à autre chose qu’à une grande bravoure, un sens aigu de l’honneur et un amour profond pour la Palestine. Même après la désastreuse guerre de 1967, la Naksa, ou “revers”, ils ont constamment cherche à justifier le désordre et la mauvaise planification qui ont conduit à la défaite historique de l’Égypte et du monde arabe face à Israël, soutenu par l’Occident

    Cette guerre fut particulièrement dévastatrice, permettant à Israël d’augmenter considérablement son territoire, englobant désormais la péninsule du Sinaï, Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et certaines parties des territoires syriens et jordaniens. L’issue de la guerre a considérablement réduit les espoirs de restituer la Palestine historique à ses occupants palestiniens.

    Le 9 juin 1967, Nasser s’est adressé à la nation pour annoncer sa démission, une décision rapidement annulée, apparemment en raison de fortes pressions populaires en Égypte, mais aussi en Palestine

    Les tentatives de dépeindre Nasser comme un dirigeant politique capable de commettre des erreurs, voire égoïste, ont été globalement rejetées par une génération d’historiens l’ayant pour la plupart idéalisé. La raison sous-jacente était peut-être le sentiment que sans Nasser, aucun autre dirigeant arabe ne pouvait véritablement représenter l’aspiration à un renouveau du panarabisme ou du nationalisme arabe

    Ce contexte explique pourquoi la récente diffusion par Nasser TV d’une prétendue conversation audio entre Nasser et l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a suscité de nombreuses réflexions et questions.

    Dans cet enregistrement présumé, réalisé peu avant sa mort, Nasser semble moins engagé dans le panarabisme. Ses propos trahissent une méfiance notable envers les dirigeants arabes, même ceux qui ont fortement plaidé en faveur du retour par la force des territoires palestiniens et arabes occupés

    “Si quelqu’un veut se battre, qu’il se batte. Si quelqu’un veut lutter, qu’il lutte”,

    a-t-il déclaré, critiquant ouvertement les “slogans creux” de pays comme l’Algérie, l’Irak, la Syrie et le Yémen du Sud.

    Nasser semblait peu enclin à la guerre, avertissant que les appels à “libérer la Palestine du fleuve à la mer” étaient contre-productifs et risquaient d’accélérer la perte de la Cisjordanie et de Gaza (zones déjà occupées).

    On pourrait penser que le cynisme de Nasser venait du grand sentiment de trahison des pays arabes, qui n’avaient pas mis leurs promesses en pratique. Mais les propos de Nasser dans cet enregistrement semblent même remonter à avant la Naksa, suggérant que la guerre de 1948 elle-même avait causé la perte de la Palestine historique

    Cette référence prête à confusion, car la guerre de 1948 a été imposée aux Palestiniens et aux États arabes, et les forces arabes, mal préparées et désorganisées, ne sont intervenues qu’après que les milices sionistes, bien entraînées et équipées par les Britanniques, aient déjà largement déterminé l’issue du conflit en Palestine.

    La conversation présumée entre Nasser et Kadhafi aurait eu lieu le 3 août 1970, à peu près au moment où le secrétaire d’État américain William Rogers proposait un cessez-le-feu entre l’Égypte et Israël, un plan qui, s’il avait abouti, aurait mis fin à la guerre d’usure qui faisait rage dans le Sinaï

    Ce cessez-le-feu, connu sous le nom de plan Rogers (ou plan Rogers II), avait pour objectif spécifique d’entamer des pourparlers politiques entre l’Égypte et Israël. Il était tout à fait clair que ces pourparlers porteraient sur l’avenir du Sinaï et des territoires palestiniens nouvellement occupés, à l’exclusion notable de la Palestine historique. L’accord de Nasser à ces pourparlers a été perçu par beaucoup comme une profonde désillusion

    Cette analyse n’a pas pour objet d’examiner l’impact durable de Nasser, qui reste un sujet très controversé parmi les Arabes précisément en raison des opinions contrastées qu’il suscite : fondateur du panarabisme moderne et figure importante de la lutte anticolonialiste pour certains, leader faible et égocentrique pour d’autres

    Une question plus urgente se pose toutefois quant au timing : qui a intérêt à semer le doute sur la position de Nasser sur la libération de la Palestine à l’heure où les populations palestiniennes et arabes exhortent leurs gouvernements à prendre des mesures unifiées et fermes pour défier Israël ?

    La tentative de discréditer le statut respecté de Nasser en le présentant comme une “pseudo-idole” sert probablement les intérêts des gouvernements arabes qui n’ont pas pris de mesures significatives pour demander des comptes à Israël quant à ses opérations en cours à Gaza. Compte tenu du secret qui entoure habituellement les instances officielles arabes, on ne peut s’empêcher de soupçonner une motivation cachée, et potentiellement plus inquiétante, derrière la publication de cet enregistrement.

    Néanmoins, pour les Palestiniens, cette révélation, indépendamment de son authenticité ou du moment où elle survient, n’aura probablement pas d’impact significatif Contrairement à la génération post-Nakba, les Palestiniens d’aujourd’hui ont largement dépassé les attentes irréalistes d’une libération par les Arabes. Ce rêve autrefois cher, peut-être un fantasme, a été érodé par des décennies de déceptions et d’attentes non satisfaites.

    On pourrait même affirmer que les événements majeurs du 7 octobre et la résistance actuelle à Gaza, deux initiatives palestiniennes, ont clairement montré que les Palestiniens ont largement surmonté la barrière psychologique consistant à attendre une aide réelle des Arabes

    Il ne s’agit pas là de simples spéculations. Le langage des Palestiniens de Gaza et de leurs chefs de la résistance, qui ne dépendent plus des appels officiels arabes aux armes, témoigne de ce changement. Leur position collective est compréhensible, les États arabes ayant largement échoué à aider concrètement les Palestiniens de Gaza, certains coopérant activement avec les États-Unis de manière à soutenir Israël et saper les aspirations palestiniennes

    En effet, les attentes des Palestiniens à l’égard du monde arabe ont changé. Ils n’attendent plus d’appel aux armes ou d’embargo total sur Israël, mais plutôt la cessation de toute action soutenant l’adversaire contre les deux millions de personnes assiégées à Gaza.

    Si Nasser était aujourd’hui à la tête de l’Égypte, il aurait peut-être évité un conflit militaire direct avec Israël et ses alliés. Il n’aurait tout au moins pas été un soutien clé des intérêts américains, israéliens et occidentaux dans la région, pas plus qu’il se serait aligné sur Washington et Tel-Aviv en sapant la détermination de la Résistance. Ces modestes attentes sont ce qui reste aujourd’hui, soulignant un changement significatif induit par une période de grande vulnérabilité du monde arabe, à la limite de la servilité.

    Traduit par Spirit of Free Speech

  • Des États-Unis à l’Europe, critiquer Israël devient un crime“Les attaques contre ceux qui dénoncent le génocide en Palestine ne relèvent que d’abus du droit au service du fascisme. Londres porte atteinte à leur droit légal & reconnu à la résistance”.

    Des États-Unis à l’Europe, critiquer Israël devient un crime“Les attaques contre ceux qui dénoncent le génocide en Palestine ne relèvent que d’abus du droit au service du fascisme. Londres porte atteinte à leur droit légal & reconnu à la résistance”.
    Une manifestante pro-palestinienne avec un policier de la PSU. Alisdare Hickson de Woolwich, Royaume-Uni, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons

    Des États-Unis à l’Europe, critiquer Israël devient un crime
    Par Kit Klarenberg pour MintPress News, le 30 avril 2025


    Aux États-Unis et dans une grande partie de l’Occident, critiquer Israël et manifester sa solidarité avec la Palestine est progressivement criminalisé, un projet défendu depuis longtemps par le gouvernement israélien et ses puissants réseaux de lobbying.

    En février 2020, le dirigeant israélien et criminel de guerre recherché internationalement Benjamin Netanyahu s’est fièrement vanté que Tel Aviv a “fait adopter des lois dans la plupart des États américains” pour punir ceux qui boycottent Israël, offrant ainsi un rare aperçu de l’influence étrangère qui érode la liberté d’expression au cœur même des États-Unis.

    Depuis, les lois anti-boycott se sont discrètement répandues dans des dizaines d’États, obligeant les institutions publiques, les entreprises et même les entrepreneurs individuels à prêter allégeance à Israël, sous peine de perdre leur emploi, leurs contrats et leurs financements. Ce qui n’était au départ qu’une initiative marginale visant à protéger Tel-Aviv des critiques populaires s’est rapidement transformé en une attaque généralisée contre la liberté d’expression dans l’ensemble du monde occidental.

    La grande majorité des États disposent désormais de lois interdisant aux entités locales, y compris les hôpitaux et les écoles, de travailler avec des personnes ou des entreprises qui boycottent Israël. Par exemple, en 2016, le Sénat de l’Indiana a unanimement adopté une loi exigeant le désinvestissement obligatoire des agences étatiques, des entreprises commerciales et des organisations à but non lucratif, y compris les universités, de toute entreprise impliquée dans “la promotion d’activités visant à boycotter, désinvestir ou sanctionner Israël”.

    La législation qualifie les boycotts contre Israël

    d’“antidémocratiques et profondément préjudiciables à la cause de la paix, de la justice, de l’égalité, de la démocratie et des droits humains pour tous les peuples du Moyen-Orient”.

    Plusieurs États ont adopté des lois comparables par le biais de décrets administratifs et exécutoires signés par leurs gouverneurs. Dans certains cas, les contractants de l’État, qu’il s’agisse d’individus ou d’organisations, sont légalement tenus de prouver leur opposition au BDS en signant des déclarations contractuelles de non-soutien au BDS, ce qui, selon les détracteurs, revient essentiellement à un serment d’allégeance à Israël.

    Des agents de l’État, notamment des enseignants, ont perdu leur emploi pour avoir refusé. En mai 2021, un juge fédéral a déclaré cette législation “inconstitutionnelle” en Géorgie, la qualifiant de “discours imposé”. Sans se laisser dissuader, le gouverneur de Géorgie, Brian Kemp, a réintroduit la mesure quelques mois plus tard, avec quelques modifications.

    L’influence extraordinaire et croissante d’Israël sur les lois américaines ces dernières années, ainsi que les conséquences dévastatrices pour la solidarité avec la Palestine aux États-Unis et à l’étranger, passent inaperçues dans les médias grand public, qui se gardent bien de les critiquer, et encore moins de les condamner.

    Depuis le 7 octobre, la campagne de criminalisation des sentiments pro-palestiniens aux États-Unis et l’omerta (code du silence) des médias sur cette croisade inquiétante se sont considérablement intensifiées. Cependant, ces développements inquiétants ne se limitent pas aux États-Unis, mais sont accueillis avec enthousiasme par un nombre croissant de pays impliqués dans le génocide de Gaza.

    “Une recrudescence impressionnante”
    Dans un témoignage grave sur la vitesse à laquelle les organisations pro-israéliennes basées aux États-Unis, y compris plusieurs groupes de défense juifs de premier plan, ont cherché à tirer parti du 7 octobre à leurs propres fins, deux semaines et demie après que les combattants palestiniens aient franchi les tristement célèbres murs d’apartheid de Gaza, le législateur républicain Mike Lawler a proposé le projet de loi H.R. 6090, également connu sous le nom de “Antisemitism Awareness Act” (loi sur la sensibilisation à l’antisémitisme).

    Lawler est un important bénéficiaire des fonds du lobby israélien, le groupe de pression influent AIPAC lui ayant versé 392 669 dollars rien qu’en 2023 et 2024, ce qui en fait de loin son plus gros donateur. Son projet de loi exigerait que le ministère de l’Éducation tienne compte de la définition opérationnelle très controversée de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) (qui, selon ses détracteurs, assimilent la critique d’Israël à de l’antisémitisme) pour déterminer si des cas de harcèlement sont motivés par l’antisémitisme, soulevant la crainte qu’il viole les dispositions du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964.

    Selon ses promoteurs, cette loi “interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur et l’origine nationale dans les programmes et activités bénéficiant d’une aide financière fédérale”, y compris dans les collèges et universités. La loi H.R. 6090 est ouvertement soutenue par presque toutes les organisations pro-israéliennes influentes, y compris l’ADL.

    La définition de l’IHRA a été condamnée par de nombreuses personnes, y compris l’avocat Kenneth Stern, qui a contribué à sa rédaction, pour avoir faussement amalgamé la critique légitime d’Israël et l’antisémitisme. L’ACLU avertit que le projet de loi H.R. 6090 comporte clairement le risque que les établissements d’enseignement américains

    “restreignent la liberté d’expression des étudiants et des professeurs critiques à l’égard du gouvernement israélien et de ses opérations militaires”, par crainte de “perdre leur financement fédéral”.

    Une loi américaine de longue date interdit déjà la discrimination et le harcèlement antisémites par les entités financées par le gouvernement fédéral, rendant la législation proposée totalement inutile.

    Malgré les menaces flagrantes et gravissimes que ce projet de loi fait peser sur les libertés fondamentales, et malgré les vives critiques formulées par d’importants groupes juifs (tels que J Street et Jewish Voice for Peace), il n’a pratiquement pas été relayé par les grands médias. Le Congrès l’a néanmoins soutenu à une écrasante majorité, par 320 voix contre 91.

    Les sénateurs n’ont toutefois pas examiné le projet de loi, ce qui a incité le membre du Congrès Josh Gottheimer, qui a reçu 797 189 dollars de l’AIPAC en 2023 et 2024, à le présenter à nouveau en février. Entre-temps, les législateurs américains ont de nouveau pris une mesure très inquiétante en faveur d’Israël.

    Le 28 novembre 2023, le membre du Congrès David Kustoff, autre bénéficiaire de l’AIPAC, a présenté une résolution à la Chambre “condamnant fermement et dénonçant la montée drastique de l’antisémitisme” aux États-Unis et “dans le monde entier” depuis le 7 octobre. Citant la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, cette résolution qualifiait de génocidaires les slogans populaires de solidarité avec la Palestine protégés par le Premier Amendement “Du fleuve à la mer”, “La Palestine sera libre” et “Gaza vaincra”, et affirmait qu’une veillée aux chandelles organisée ce mois-là au Comité national démocrate avait mis des vies en danger.

    En conclusion, elle appelait le Congrès à “déclarer clairement et fermement que l’antisionisme, c’est l’antisémitisme”, comme il l’a fait de manière excessive. Au total, 311 législateurs ont voté en faveur de la résolution, contre seulement 14 contre.

    Niko House, personnalité médiatique et militant spécialisé dans les droits civiques et les questions anti-impérialistes, estime que ces efforts sont des tentatives désespérées pour justifier des mesures légales qui menacent les libertés civiles et qui seraient impensables si un autre pays était dans le collimateur, y compris les États-Unis eux-mêmes.

    “Si elles sont adoptées, ces lois donneront aux autorités un pouvoir discrétionnaire pour persécuter toute personne attirant l’attention sur les niveaux sans précédent de discrimination dont sont victimes les Palestiniens aujourd’hui, et ce depuis plus de 75 ans”,

    a déclaré M. House à MintPress. Il exprime un mépris particulièrement vif pour la proposition de loi H.R. 6090 :

    “En tant qu’homme noir, je trouve profondément insultant que le Congrès exploite la loi sur les droits civiques pour réduire au silence, voire criminaliser, les opinions pro-palestiniennes. Qu’il s’agisse de ségrégation, de liberté de fréquenter l’établissement d’enseignement de son choix ou d’exercer la profession de son choix, ou encore d’accès égal et sans discrimination aux infrastructures et aux moyens de subsistance de base tels que la nourriture et l’eau, les Palestiniens souffrent depuis la création d’Israël des formes mêmes de discrimination que la loi visait à combattre. Et le génocide de Gaza n’a fait qu’empirer la situation”.

    “Cibler les détracteurs”
    Cette guerre juridique cynique en faveur d’Israël est une tradition de longue date dans la politique américaine moderne. En 1977, deux amendements à la loi sur l’administration des exportations et au code fiscal américain ont été adoptés. En théorie, ils interdisaient aux citoyens et aux entreprises américains s’aligner sur les boycotts étrangers contre tout pays considéré comme “allié” de Washington. En réalité, ils visaient spécifiquement à contrer l’embargo sur Israël imposé de longue date par la Ligue arabe. La plupart des alliés des États-Unis ont adopté cette interdiction, ce qui, dans certains cas, a eu pour effet de nuire ironiquement à leurs relations avec Israël.

    Puis, en 1987, Ronald Reagan a désigné l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – alors reconnue presque universellement comme la représentante légitime du peuple palestinien – comme une entité terroriste, mais a promulgué l’année suivante une dérogation autorisant les “contacts” entre les responsables de la Maison Blanche et le groupe.

    Ce compromis a contraint l’Organisation à fermer son bureau à Washington et à mettre fin à la plupart de ses initiatives diplomatiques et de collecte de fonds officielles, mais a permis aux autorités américaines de continuer à dialoguer avec ses dirigeants sans conséquences juridiques.

    Une autre initiative du Congrès américain après le 7 octobre fait également écho à cette sinistre période de l’histoire. Le 12 décembre 2023, Mariannette Miller-Meeks, une fervente parlementaire pro-israélienne qui a reçu des sommes considérables du lobby israélien tout en coparrainant et en votant en faveur de multiples mesures pro-israéliennes qui, selon ses détracteurs, suppriment les droits des Palestiniens et enfreignent le Premier Amendement, a proposé le projet de loi H.R. 6578. Elle prévoit la création d’une “Commission d’étude des actes antisémites” aux États-Unis.

    Les clauses de cette législation font exclusivement référence à l’“antisémitisme” dans le contexte de la critique des actions d’Israël à Gaza après le 7 octobre. Le communiqué de presse qui l’accompagne montre clairement que les militants solidaires de la Palestine sont les personnes visées, en particulier les étudiants des collèges et universités. Sous ses auspices, une enquête officielle du Congrès sur l’opposition à Israël parmi les citoyens et les organisations américains aurait été lancée, et tout témoin cité à comparaître pour témoigner aurait été empêché d’invoquer son droit constitutionnel de garder le silence pendant l’interrogatoire.

    Lara Friedman, présidente du Middle East Forum for Peace, a dénoncé cette proposition comme une tentative malveillante d’instaurer l’équivalent moderne de la tristement célèbre Commission sur les activités anti-américaines (qui a enquêté sur les soutiens présumés du communisme durant la guerre froide). Créée par le sénateur Joe McCarthy en 1938, cette commission a enquêté sur les opinions politiques de citoyens privés, de fonctionnaires et d’organisations publiques et gouvernementales. Ce processus a détruit d’innombrables carrières et vies. Friedman accuse la loi H. R. 6578 de vouloir faire de même, “mais cette fois en ciblant les détracteurs d’Israël”.

    “Politiques perturbatrices”
    Il serait erroné de considérer cette vague de lois répressives comme un phénomène unique ou isolé propre aux États-Unis, ou comme la seule conséquence du génocide de Gaza. Au lendemain du 7 octobre, les autorités allemandes, qui ont discrètement soutenu le programme illégal d’armement nucléaire d’Israël pendant des années, ont lancé une répression sans précédent contre les militants et les groupes solidaires de la Palestine. Cette répression s’est traduite par des agressions brutales contre des manifestants de tous âges et de tous sexes, par la condamnation de personnes pour avoir entonné des chants pro-palestiniens devant les tribunaux municipaux et régionaux, et par des restrictions sur l’usage des langues étrangères lors de manifestations publiques.

    Les autorités municipales et régionales allemandes ont interdit ou envisagent d’interdire l’affichage de triangles rouges (symbole adopté par certains combattants de la résistance palestinienne). Depuis juin 2024, les candidats à la nationalité allemande doivent passer un test sur leurs connaissances du judaïsme et de la vie juive. Ils doivent aussi déclarer leur soutien au droit d’Israël à exister pour prouver leur attachement aux “valeurs allemandes”. Des experts juridiques et des défenseurs des droits humains ont vivement contesté cette condition d’adhésion politique à un État étranger comme condition à l’obtention de la nationalité.

    Cette vague de répression juridique ne se limite pas à l’Allemagne. Outre-Manche, les autorités britanniques ont également intensifié leur répression contre la dissidence. En février 2024, trois personnes ont été condamnées pour terrorisme en Grande-Bretagne après avoir affiché des images de parapentes lors d’une manifestation de solidarité avec la Palestine, au motif controversé que cela revient à “glorifier les actions” du Hamas. Depuis, plusieurs militants et journalistes britanniques pro-palestiniens ont été arrêtés, perquisitionnés et poursuivis pour “soutien” au Hamas. En décembre 2024, l’ONU a tiré la sonnette d’alarme sur la législation antiterroriste “vague et trop étendue” de Londres.

    Ces lois ne définissent pas le terme “soutien”, ce qui, selon l’ONU, risque d’entraîner la mise en cause de personnes dissidentes qui ne peuvent être accusées de manière plausible d’approuver les “actes terroristes violents” de groupes interdits, y compris leurs courants politiques, et d’être prises dans les mailles du filet législatif. Sans se laisser décourager, les autorités n’ont fait qu’intensifier leur harcèlement des voix solidaires de la Palestine.

    Naila Kauser, une militante actuellement recherchée par la police antiterroriste de Londres pour des déclarations pro-palestiniennes qu’elle aurait faites sur les réseaux sociaux, déclare à MintPress News :

    “Les attaques contre les militants et les journalistes qui dénoncent le génocide en Palestine ne peuvent être qualifiées que d’abus du droit au service du fascisme. C’est l’État britannique qui viole plusieurs lois internationales, dont la Convention sur le génocide, en continuant à soutenir Israël par le partage de renseignements, le commerce des armes et la protection diplomatique des criminels de guerre israéliens, comme nous l’avons vu récemment avec la visite pas si secrète du ministre des Affaires étrangères israélien à Londres. En proscrivant ceux qui luttent contre l’occupation, la Grande-Bretagne porte également atteinte à leur droit légal internationalement reconnu à la résistance”.

    Asa Winstanley, rédacteur en chef d’Electronic Intifada, dont le domicile londonien a été perquisitionné et les appareils numériques saisis par la police antiterroriste à l’aube en octobre 2024, suggère à MintPress News que l’adoption par le gouvernement britannique, en décembre 2016, de la définition erronée de l’antisémitisme de l’IHRA a peut-être joué un rôle dans la vague de répression contre “la dissidence, la protestation et l’action politique légitimes” contre les crimes commis par l’État israélien. Il affirme que cette définition controversée, qui aurait été influencée par les services de renseignement israéliens,

    “ne protège en rien les Juifs ni personne d’autre – son objectif premier est de criminaliser les Palestiniens et leurs soutiens”.

    Winstanley cite l’exemple frappant d’un conseil municipal londonien qui, en 2019, a utilisé la définition de l’antisémitisme de l’IHRA pour interdire à une randonnée cycliste pro-palestinienne locale, qui cherchait à collecter des fonds pour acheter des équipements sportifs aux enfants de Gaza, de traverser ses parcs.

    “Il ne s’agissait pas d’une action directe, cela n’avait rien à voir avec le peuple juif, ce n’était pas de la discrimination, c’était de la pure solidarité, et même cela a été officiellement jugé contraire à la définition de l’IHRA”, a ajouté Winstanley.

    “Autorité morale”
    En juin 2023, le projet de loi au titre pompeux “Economic Activity of Public Bodies (Overseas Matters) Bill” [loi sur l’activité économique des organismes publics (affaires étrangères)] a été présenté au Parlement britannique. Son objectif est d’interdire à tout organisme public de réaliser des investissements et des marchés publics “de façon à traduire une désapprobation politique ou morale à l’égard d’un État étranger”.

    Un communiqué de presse accompagnant le projet de loi précisait clairement que l’objectif explicite de la législation était de protéger les “entreprises et organisations” affiliées à Israël. Michael Gove, le ministre qui a présenté le projet de loi, a déclaré à propos des actions menées par BDS :

    “Ces campagnes sapent non seulement la politique étrangère du Royaume-Uni, mais elles entraînent également une rhétorique antisémite et des abus effroyables. Voilà pourquoi nous avons pris cette mesure radicale afin de mettre un terme à ces politiques perturbatrices une fois pour toutes”.

    Le nombre d’organisations concernées est colossal, allant des conseils locaux aux universités, et les implications sont graves à tous les niveaux. Les institutions peuvent faire l’objet d’une enquête à la seule discrétion des responsables gouvernementaux et se voir infliger des amendes très lourdes en cas d’infraction. Durant les années 1980, lorsque le gouvernement britannique refusait de sanctionner ou de condamner l’Afrique du Sud, les mêmes entités visées par cette législation boycottaient l’État d’apartheid. Si la nouvelle loi avait été en vigueur à l’époque, ces activités auraient été totalement illégales.

    Pour aggraver encore les choses, la loi anti-BDS viole plusieurs résolutions de l’ONU et contredit les déclarations du gouvernement britannique lui-même. La position officielle de Londres depuis des décennies est que les colonies israéliennes

    “sont illégales au regard du droit international, constituent un obstacle à la paix et menacent la solution à deux États au conflit israélo-palestinien”.

    À ce titre, les autorités découragent activement le secteur privé britannique de faire des affaires dans ce pays. Pourtant, les organismes publics pourraient désormais être légalement empêchés de suivre ce précepte.

    Toutefois, il reste une voie juridique potentielle de résistance. Comme MintPress News l’a déjà rapporté, de nombreux précédents juridiques indiquent que les pays signataires de la Convention sur le génocide, comme la Grande-Bretagne, doivent “recourir à tous les moyens raisonnablement disponibles” pour empêcher le génocide. De plus, continuer à fournir une aide ou une assistance à un État qui commet un génocide constitue une violation de l’article I de la Convention. Cette disposition pourrait constituer une protection juridique contre la nouvelle loi anti-BDS de Londres. Comme le conclut la militante Naila Kauser, elle-même visée par les dernières mesures prises par Londres :

    “Les lois qui protègent le génocide n’ont aucune légitimité, et les États qui les appliquent et permettent le génocide n’ont aucune autorité morale. Ils veulent nous faire taire, mais nous devons continuer à résister à ces attaques, ainsi qu’au génocide en cours, par tous les moyens à notre disposition jusqu’à ce que la Palestine soit libérée”.

    Traduit par Spirit of Free Speech

  • الطاهر المعز-مُتابعات – العدد الثاني والعشرون بعد المائة بتاريخ الثالث من أيار/مايو 2025

    الطاهر المعز-مُتابعات – العدد الثاني والعشرون بعد المائة بتاريخ الثالث من أيار/مايو 2025

    الطاهر المعز

    يتضمن العدد الثاني والعشرون بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية بضع فقرات عن الأول من أيار ( الولايات المتحدة وفروع الأمم المتحدة بسويسرا وتركيا وتونس) وفقرة عن جبهة الأعداء التي تضم الكيان الصهيوني والقوى الإمبريالية وتركيا والرجعيات العربية المتواطئة والشركات العابرة للقارات، وفقرة تتضمن محاولة تبسيط بعض مفاهيم الإقتصاد السياسي

    الولايات المتحدة

    تعود أُصُول الأول من أيار إلى النضالات العُمّالية في الولايات المتحدة، منتصف القرن التاسع عشر، ولكن لا يُعْتَبَر حاليا الأول من أيار/مايو يوم عطلة في الولايات المتحدة، وانقطعت تقاليد تنظيم العروض النقابية أو الإحتجاجات بهذه المناسبة، ومع خرج آلاف المتظاهرين في مختلف مُدُن الولايات، ومن بينها نيويورك و واشنطن وفيلادلفيا ولوس أنجلس، يوم الخميس الأول من أيار 2025 بدعوة من منظمات اليسار و نقابات للمحامين وتحالف يضم أكثر من مائتي نقابة عمالية والمدافعين عن حقوق المهاجرين، احتجاجًا على سياسات الرئيس دونالد ترامب، ومن ضمنها القرارات الرئاسية التي أدّت إلى ارتفاع الأسعار وإلى تسريح آلاف الموظفين، واحتجاجا على القرارات المتعلقة بالهجرة واستهداف المحامين والموظفين الفدراليين والقضاة، واستنكروا دَوْرَ الأثرياء في السّلطة وفي اتخاذ القرارات، والإستياء من تكريس أجهزة الدّولة لتضخيم أرباح أثْرَى الأثرياء فيما تُعاني أُسَر العُمّال والكادحين والفُقراء من انخفاض تمويل الرعاية الصحية والتعليم والإسكان، ورفع المتظاهرون في فيلادلفيا – حيث نَظّمَ الفرع المحلي لإحدى النقابات الرئيسية في البلاد (AFL-CIO) مسيرة كبيرة – كان شعارها الرّئيسي « العمال أقْوَى من المليارديرات »، واعتقلت الشرطة بعض المتظاهرين، واقتادتهم إلى حافلات قريبة، كما اعتقلت شرطة لوس أنجلس متظاهرين رفعوا لافتات كُتب عليها « المهاجرون يصنعون أميركا عظيمة »، واعتقلت شرطة شيكاغو عمالا نقابيين، ومدافعين عن حقوق المهاجرين، ومناضلين مساندين للشعب الفلسطيني، وطلابا يطالبون بتمويل أفضل للمدارس العامة، وفي واشنطن، نصب العشرات خياما كبيرة للاعتصام عدة أيام من أجل دفع النواب إلى عزل ترامب الذي اتخذ إجراءات تزيد من حدّة استغلال العمال من قِبَل الشّركات وأقَرّ تقليص اللوظائف وفَصْلَ موظفين اتحاديين.

    سويسرا

    في جنيف تظاهر مئات من موظفي الأمم المتحدة احتجاجا على الخفض الكبير للتمويل، وخاصة من جانب الولايات المتحدة بصفتها الدّولة العُظمى والمُمَوّل الرئيسي، وأدّى انخفاض الموارد المالية إلى تسريح أعداد كبيرة من موظفي الأمم المتحدة وتهديد الخدمات المنقذة للحياة التي تقدمها المنظمة في أنحاء العالم، كالإغاثة والتّلقيح والخدمات الطّارئة وجمعت التظاهرة التي دعت إليها نقابات وجمعيات موظفي الأمم المتحدة، موظفي مجموعة واسعة من الوكالات التي تتخذ من جنيف مقرا، إلى جانب عائلاتهم ومؤيديهم وحملوا لافتات كتب عليها “موظفو الأمم المتحدة ليسوا سلعة” و”نقف مع الإنسانية” و”كفوا عن تسريح موظفي الأمم المتحدة ” و”أمّنوا الحماية لمقدمي الحماية”، في الساحة أمام المقر الأوروبي للأمم المتحدة، وتواجه العديد من منظمات الأمم المتحدة (منظمة الصّحّة العالمية ومنظمة العمل الدولية واليونسكو ويونيسيف والمنظمات الإنسانية وغيرها صعوبات منذ عودة الرئيس الأميركي دونالد ترامب إلى البيت الأبيض في كانون الثاني/يناير، و فَرْضِ إجراءات معادية للاجئين والمهاجرين وتجميده على الفور معظم تمويلات المساعدات الخارجية الأميركية مما أدّى إلى إغلاق منظمات مثل وكالة ثوغ وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين « أنروا » فيما تسعى منظمات أخرى إلى سد الفجوات المفاجئة والمتفاقمة في ميزانياتها، وأشارت عدة وكالات إلى العواقب الوخيمة المترتبة على تطبيق إجراءات تقشف في منظومة الأمم المتحدة، وأعلنت نقابات موظفي الأمم المتحدة، إن مفوضية الأمم المتحدة لشؤون اللاجئين تستعدّ لخفض عدد موظفيها حول العالم بنحو 30% وتستعد منظمة الهجرة الدّولية لتسريح حوالي ستة آلاف موظف، كما يستعد برنامج الأغذية العالمي لتسريح نحو 30% من موظفيها حول العالم، ويجري أيضا تجميد آلاف الوظائف في مكتب الأمم المتحدة لتنسيق الشؤون الإنسانية (اوتشا) ومنظمة الصحة العالمية وبرنامج الأمم المتحدة المشترك المعني بفيروس نقص المناعة البشرية/الإيدز، فيما وظائف أخرى كثيرة على المحك، وفق نقابات الموظفين التي أشارت إلى الإلغاء الفوري لنحو 10% من وظائف منظمة العمل الدولية ويعمل بعضهم في الأمم المتحدة منذ عشرين سنة، وبعد شهْرَيْن من إخْطارِهم بالطّرد وإنهاء مهامهم، لا يحصلون على إعانات بطالة في البلدان التي يعملون فيها، وتنتهي صلاحية تصاريح إقامتهم في غضون شهر من خسارة وظائفهم… 

    تركيا

    لم تعترف السلطات أبدًا – منذ نشأة دولة تركيا، سنة 1922 – بالأول من أيار كيوم عالمي للعمل والعُمّال، وتمنع « الإحتفال » به، وتصدّت شرطة « مكافحة الشَّغَب » لمتظاهرين خرجوا إلى شوارع إسطنبول بمناسبة عيد العمال، يوم الخميس الأول من أيار 2025، واحتجزت أكثر من أربعمائة متظاهر وجرت بعضهم بالقوة إلى حافلات كانت راسية قريبًا من مكان المظاهرة، واعتقلت الشرطة من كانوا يُحاولون كسر الحظر على التجمعات العامة والسير نحو ميدان « تقسيم »، ضمن الإحتجاجات والمَسِيرات التي دعت لها نقابات ومنظمات غير حكومية في أنحاء إسطنبول التي شهدت موجة تظاهرات خلال الأسابيع القليلة الماضية احتجاجا على القبض على رئيس بلدية المدينة أكرم إمام أوغلو، المنافس السياسي الأبرز للرئيس رجب طيب أردوغان، وأعلنت وزارة الدّاخلية مُشاركة   286584 متظاهر في 78 منطقة من البلاد واعتقال 409 أشخاص من ضمنهم 407 اعتُقِلُوا في إسطنبول.

    تونس

    في عيد العمال: تظاهر معارضو ومؤيدو الرئيس التونسي قيس سعيد بالعاصمة وسط انقسام سياسي حاد، بفعل حملات القمع والمحاكمات وتدهور الوضع الإقتصادي، ولذلك تشابكت المطالب السياسية والاجتماعية بمناسبة تظاهرات الأول من أيار/مايو 2025، ونظّم أنصار الرئيس قيس سعيد ( حزب مسار 25 جويلية ) تجمعا صغيرًا أمام المسرح البلدي بالعاصمة لمُساندة الرئيس وللتعبير عن « رفض التدخل الأجنبي في الشأن الداخلي »، وعلى ذكر « التّدخّل الأجنبي »، نشرت سفارة الولايات المتحدة بتونس يوم 25 نيسان/ابريل 2025 بيانا، بشأن المناورات العسكرية » السنوية التي يقودها الجيش الأمريكي في إفريقيا (أفريكوم) تحت إسم « الأسد الإفريقي » (“أفريكان ليون  – AL25)، وانطلقت هذا العام من تونس وجمعت أكثر من عشرة آلاف عسكري من أكثر من أربعين دولة، بينها سبع دول أعضاء في حلف شمال الأطلسي (ناتو)، وجيش الكيان الصهيوني، وتجري في أربع دول ( المغرب وتونس وغانا والسنغال)، بداية من 14 نيسان/ابريل 2025 بتونس وفق اللواء أندرو جيني، قائد فرقة المهام الجنوبية الأوروبية التابعة للجيش الأمريكي في إفريقيا الذي وصف هذه المناورة السنوية بأنها : « أكبر تمرين متعدد الجنسيات ومشترك للقيادة الأمريكية في إفريقيا، بهدف بناء الجاهزية الاستراتيجية والتوافق العملياتي مع شركائنا وحلفائنا في إفريقيا من أجل النشر والقتال والانتصار في بيئة متعددة المجالات ومعقدة، من خلال تدريبات واقعية تشمل مجالات البر والجو والبحر والفضاء والفضاء السيبراني… وتجرى التمارين  لمدة أسبوع في كل من المغرب وتونس و غانا والسنغال تحت إشراف قيادة القوات البرية الأمريكية لأوروبا الجنوبية وإفريقيا، ولئن جرت المناورة في أربع بلدان إفريقية فإنها تضم بالإضافة إلى جيوش تلك الدّول: الكاميرون والرأس الأخضر وجيبوتي و فرنسا وغامبيا وغانا وغينيا بيساو والمجر والجيش الصهيوني وهولندا ونيجيريا والبرتغال وبريطانيا ومصر وليبيا وإسبانيا واليونان وبنين وساحل العاج وليبيريا وتوغو وموريتانيا، بالإضافة إلى وُفُود مراقبة من بلجيكا والهند وقطر وجمهورية الكونغو و الكونغو الديمقراطية وغينيا الاستوائية… 

    بهذه المناسبة، رسَت السفينة الحربية، حاملة الطّائرات يو إس إس ماونت ويتني USS Mount Whitney في ميناء حلق الوادي، بحضور قائد الأسطول الأمريكي السادس، في ذكرى العدوان الأمريكي على بلدان المغرب العربي من سنة 1798 إلى 1815 (  طرابلس وتونس والجزائر )، بذريعة مُحاربة القَرْصنة البحرية التي تم استبدالها حاليا بمحاربة الإرهاب، وأشادت نائبة رئيس البعثة بسفارة الولايات المتحدة لدى تونس (إيميلي كاتكار ) يوم الثلاثين من نيسان/ابريل 2025 « بالتعاون العسكري وبالشراكة الراسخة بين الولايات المتحدة وتونس، دعمًا لمصالح الأمن القومي الأمريكي في أوروبا وأفريقيا « ، وكانت نفس السيدة « إيميلي كاتكار » قد تحدّثت بنفس اللغة والمحتوى بالقاعدة الجوية بالعوينة ( قريبًا من مقر السفارة الأمريكية) يوم 22 نيسان/ابريل 2025  بحضور أكثر من ألف عسكري ومدني أمريكي وتونسي ومن دول شريكة في تمرين الأسد الأفريقي لسنة 2025، وأعلنت « أودّ أن أتقدم بوافر الشكر لتونس، الحليف الرئيسي للولايات المتحدة من خارج حلف الناتو، على استضافتها تمرين الأسد الأفريقي للعام الثامن على التوالي… إن شراكتنا قائمة على الثقة والأهداف المشتركة، وأتطلع إلى رؤية جهودكم ونحن نعمل سويا على بناء التزام جماعي بالسلام… » وقد تكون رؤية السّلام الذي تتحدّث عنه هذه « الدّبلوماسية » ( العسكرية أو الإستخباراتية) الأمريكية نسخة لما يحدث في فلسطين أو سوريا أو اليمن.

    في فلسطين، استخدم الجيش الصّهيوني، منذ سنة 2021، نماذج من تطبيقات منظومات الذكاء الاصطناعي (« حبسورا » أو الإنجيل، و »لافندر »، و »أين أبي؟ »  ) وتوسّع هذا التعاون منذ العدوان على فلسطينيي غزة، بدعم من شركات التكنولوجيا العملاقة مثل غوغل ومايكروسوفت وأمازون و »بالانتير للتكنولوجيا » المُتواطئة في العدوان وعمليات الإبادة الجماعية، وفق معهد AI Now، ويستخدم الجيش الصّهيوني أنظمة الذكاء الاصطناعي للقيام بمراقبة جماعية في قطاع غزة، وجمع المعلومات الإستخباراتية وجَمْع الصُّوَر الفضائية واعتراض الإتصالات وتعقّب المجموعات والأفراد، وتحديد الأهداف وتنظيم الهجمات ضد عشرات الآلاف من المدنيين ولعبت هذه الأنظمة لعبت دوراً في الهجمات العشوائية التي أسفرت عن مقتل عشرات الآلاف من الأشخاص، ويؤكّد الباحثون والخُبراء إن شركات أمازون وغوغل ومايكروسوفت تعلم تمامًا مدى خطورة استخدام هذه النماذج، ومستوى دقتها المنخفضة، ومع ذلك لا تتوانى عن التعاون مع الجيش الصهيوني بشكل علني لارتكاب جرائم الحرب، مما يجعلها شريكة في الجريمة، بواسطة تطبيقات مثل « جيميناي » من غوغل، و »شات جي بي تي » من « اوبن اي اي » التي تُستخدم للوصول إلى أنظمة الاتصالات الفلسطينية وترجمة المحادثات، لكي يتم إدراج الأشخاص في قوائم الأهداف بناءً على كلمات مفتاحية، مما يزيد من احتمال الخطأ بنسبة لا تقل عن 25%، ويُستَخْدَم الذكاء الاصطناعي كغطاء لعمليات الإبادة بإلقاء التّهمة على الخوارزميات لأن الجيش الصهيوني لا يتحقق من صحة الأهداف التي يحددها الذكاء الاصطناعي، ولا يسعي لتقليل الخسائر البشرية وتُساعدة الدّول الإمبريالية ( خصوصًا الولايات المتحدة والإتحاد الأوروبي ) على التّنصّل من المسؤولية والإفلات من المُحاسبة، ومنحته القوى الإمبريالية الحصانة القانونية والدّعم الإعلامي والسياسي والمالي والعسكري لكي لا يحاسب الضباط والسياسيون الصهاينة على قتل وجرح أكثر من 165 ألف قتيل وجريح من الفلسطينيين فضلا عن أكثر من إحدى عشر ألف مفقود، بين السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023 و الثلاثين من آذار/مارس 2025،…  

    في سوريا

    نظم الجيش الصهيوني عدوانًا واسعا ( قصف وتدمير واحتلال مواقع ومساحات استراتيجية هامة) منذ استيلاء المليشيات الإرهابية ( هيئة تحرير الشام وحلفائها) على السلطة في سوريا بدعم تركي ( تركيا عضو في حلف شمال الأطلسي)  وإمبريالي وخليجي، يوم الثامن من كانون الأول/ديسمبر 2024، ولا يزال القصف الصهيوني مستمرا خلال الأسبوع الأول من شهر نيسان/ابريل 2025، مما جعل الشعب السوري يُعاني من احتلال أمريكي وتركي وصهيوني فضلا عن الإحتلال الدّاخلي من قِبَل المليشيات الإرهابية ومليشيات العشائر الكُرْدية المتحالفة مع الإمبريالية الأمريكية، وأعلنت تركيا عن إنشاء قاعدتين عسكريتين في سوريا، في قاعدة تياس الجوية (T4) قرب تدمر وسط سوريا، وفي مطار منغ العسكري على بعد 13 كيلومتراً من الحدود مع تركيا، حيث تتواجد القوات التركية التي أعلنت إنها  « تتجنب المواجهة مع إسرائيل في سوريا »، رغم القصف الصهيوني للأهداف العسكرية وإضْعاف قدرة حكومة الدّين السياسي السورية الجديدة (الموالية لتركيا)، وصرّح وزير الخارجية التركي في مقابلة مع رويترز (على هامش اجتماع وزراء خارجية حلف شمال الأطلسي في بروكسل) « إن تصرفات إسرائيل تساهم في زعزعة استقرار المنطقة »، لأن الضربات تنفذ ضد سوريا، التي تعد حكومتها بقيادة أحمد الشرع حليفاً وثيقاً لأنقرة، ولذلك قدمت تركيا، عضو حلف شمال الأطلسي (ناتو)، طلبا للانضمام إلى الإجراءات المتخذة ضد الكيان الصهيوني في المحكمة الجنائية الدولية، وأعلنت ( مرة أخرى ) أنها ستقطع العلاقات التجارية مع تل أبيب.

    من جهته، هدّد وزير الحرب الصهيوني القيادة السورية بعد الغارات الجوية، قائلا إنه « سيجعل القيادة السورية الجديدة تدفع ثمناً باهظاً إذا سمحت لقوات معادية بالعمل على أراضيها »، وفق بيان صادر عن وزارة الحرب الصهيونية أكّدَ « إن الغارات الجوية التي نُفذت في سوريا كانت تحذيرًا من أعمال مستقبلية محتملة… وسيواصل جيشنا مهاجمة سوريا، وما قصف القواعد الجوية العسكرية في حماة وحمص سوى مجرد تحذير للمستقبل… كما ليست لنا أي نية للانسحاب من مرتفعات الجولان »، وهي أرض سورية وفقًا للقانون الدولي، وكذلك المناطق المحتلة بعد الثامن من كانون الأول/ديسمبر 2024، وخاصة جبل الشيخ، بعد الإطاحة بالنظام.

    في سوريا تظاهر آلاف المواطنين في عدة مناطق بالبلاد، يوم الجمعة الرابع من نيسان/ابريل 2025، تنديدا بالاعتداءات الصهيونية المتكررة، وتضامنا مع قطاع غزة الذي يتعرض لإبادة جماعية منذ نحو عام ونصف، ونقلت وكالة الأنباء السورية الرسمية « سانا »، صورًا وأخبارًا لتجمعات في ساحة الكرامة في محافظات السويداء (جنوب) ودرعا (جنوب ) و ريف دمشق، و حماة وسط البلاد، وفي مدن الساحل ( طرطوس واللاذقية…) احتجاجا على عدوان يوم الإربعاء الثاني من نيسان/ابريل 2025، على حرش سد الجبيلية في ريف درعا، حيث قُتِلَ تسعة أشخاص مدنيين، وأعلنت وزارة الخارجية السورية إن الغارات الصهيونية ليوم الإربعاء ( 02 نيسان/ابريل 2025) على خمس مناطق بأنحاء البلاد خلال 30 دقيقة، أسفرت عن تدمير شبه كامل لمطار حماة العسكري.

    تشن القوات الصهيونية غارات عدوانية يومية على مواطني سوريا وعلى الثكنات ومنشآت البحث ومواقع الجيش ومخازن الأسلحة والتحصينات الدّفاعية، لتجريد سوريا من كافة أشكال القوة العسكرية، رغم مُهادنة نظام الدّين السياسي للكيان الصهيوني، ورغم أن الإدارة السورية الجديدة، وأدى العدوان المستمر لمقتل مدنيين، وتدمير مواقع عسكرية وآليات وذخائر للجيش السوري.

    في هذا السياق، أعلنت مجموعة العمل من أجل فلسطينيي سوريا (حقوقية)، إن « عشرات الفلسطينيين من أهالي مخيم اليرموك في دمشق ومخيم خان دنون بريف دمشق ومخيم انيرب بمدينة حلب شاركوا في مسيرة تضامنية مع غزة ودرعا، في ظل استمرار الانتهاكات الصّهيونية بحق الشعبين الفلسطيني والسوري… ( وأكّد المتظاهرون على ) وحدة النضال ضد الاحتلال، ورفض سياسة القمع والتهجير » وندّدوا بالدّعم الأمريكي المطلق لعمليات الإبادة الجماعية منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، واستنكروا الحصار المُطْبَق ومَنْع إغاثة الفلسطينيين رغم التدهور التام للوضع الإنساني والصحي… 

    في اليمن، هبّ الجيش الأمريكي والبريطاني لدعم الكيان الصهيوني، وقصف الجيشان الإمبرياليان الشعب اليمني وقوات المقاومة ( أنصار الله) التي قصفت بدورها المنشآت الحيوية بالأراضي المحتلة سنة 1948، دعمًا للشعب الفلسطيني، وأعلن الجيش الأميركي إنه يريد الضّغط على المقاومة اليمنية، بعد زيارة قائد القيادة المركزية الأميركية الجنرال مايكل كوريللا إلى زملائه الصهاينة، يوم الثاني من نيسان/ابريل 2025، « في إطار المشاورات العملياتية العاجلة بين الجيْشَيْن بشأن إيران واليمن » بحسب قناة « كان » التلفزيونية والإذاعية الصهيونية.

    ذكر موقع صحيفة نيويورك تايمز ( الجمعة 04 نيسان/ابريل 2025 ) نقلا عن مصادر متعددة أن الجيش الأميركي لم يلحق – خلال أُسبوعين من القصف – سوى أضرار معتدلة بالقدرة القتالية للمقاومة في اليمن،  وأقر مسؤولو وزارة الحرب الأمريكية في جلسات مغلقة مع بعض نواب الكونغرس ب »النجاح الجُزْئي في اليمن… وصعوبة القضاء على ترسانة الحوثيين الضخمة من الصواريخ والطائرات بدون طيار والقاذفات، والتي تقع إلى حد كبير تحت الأرض »، بحسب صحيفة نيويورك تايمز…  تجدر الإشارة إلى وجود حوالي إحدى عشر قاعدة عسكرية أمريكية في الخليج والمناطق المحيطة باليمن، وخصوصًا بالبحرَيْن وقَطَر والعراق، فضلا عن الترسانة العسكرية البحرية بين البحر الأبيض المتوسط وبحر العرب، مرورا بالبحر الأحمر…  

    يُعْتَبَرُ الاستخراج أو إنتاج المواد الخام أو تجميع المكونات البسيطة، الدّرجة الدُّنيا في سلاسل القيمة، ولذلك فإن الدّوَل التي اعتمد اقتصادها على الإستخراج وعلى المواد الخام، غير المُصنّعة تبقى متخلفة تكنولوجيا ولا تُضيف قيمة زائدة لإنتاجها، وهي الآن عُرْضَة للرسوم الجمركية المرتفعة على المدخلات اللازمة لتجميع المنتجات النهائية، فيما تتمتع دول مجموعة السبع والدّول الغنية بمكانة متميزة في المراحل الأكثر تقدما من سلسلة القيمة، ومع ذلك، فهي مُهدّدة بزيادة الرسوم الجمركية على صادراتها من السلع المتطورة ( مثل السيارات)، مما يحد من قدرتها على الوصول إلى أسواق جديدة، فإذا طبقت الولايات المتحدة تعريفة جمركية بنسبة 20% على السيارات المستوردة من ألمانيا، سوف ترتفع أسعارها في السوق الأمريكية، مما يحدّ من قُدرتها على منافسة السيارات الأمريكية، وهكذا، فكلما زادت صادرات الاقتصاد من السلع ذات القيمة المضافة العالية (المكونات الإلكترونية أو المركبات أو الآلات المتخصصة )، زاد تعرضه للحواجز الجمركية الأمريكية، وقد يؤدّي ذلك إلى تعطيل بعض حلقات سلسلة الإنتاج وزيادة التكاليف، مما يعوق القدرة التنافسية لتلك المنتجات في الأسواق العالمية، ويُقصِي الدّول الفقيرة ( المُسمّاة « نامية » ) من الأسواق ومن سلاسل القيمة المضافة العالية، ويزيد من التفاوت بين البلدان الفقيرة والبلدان الغنية.

    الطاهر المعز

  • Mohamed Bouhamidi-Du jour après la marche du 29 mars 2019 au jour d’après la réunion de l’État-major de l’ANP : l’art. 102, la démission et le peuple.

    Mohamed Bouhamidi-Du jour après la marche du 29 mars 2019 au jour d’après la réunion de l’État-major de l’ANP : l’art. 102, la démission et le peuple.

    J’ai regroupé ces deux textes très courts, interventions à chaud d’une situation changeante, quasiment d’heure en heure en cette fin du mois de mars. La campane pour placer Mustapha Bouchachi avait échoué pour l’essentiel mais ses promoteurs gardaient espoir. Le maintien de la candidature du président Bouteflika apparaissait clairement comme suicidaire pour son groupe. Elle devenait intenable pour l’ANP qui savait que toute sortie de la constitution serait une transition en dehors de toute règle, l’annulant de fait la Constitution et autorisant le conseil de transition et son président d’édicter les nouvelles règles, comme l’a fait le conseil de transition de Libye et le fait aujourd’hui El Joulani aujourd’hui en Syrie. L’ANP avait trouvé comme solution constitutionnel l’application de l’art 102 relatif à l’incapacité du président de gouverner. Le jour même Ouyahia qui était en embuscade appelle le président à démissionner, ce qui faisait de lui, compte tenu de sa position dominante dans les appareils d’Etat, le candidat « naturel » à la succession.

    En fait Ouyahia tentait un coup d’Etat. C’était sans compter sur les divisions, voir les dissensions, au sein même de l’alliance des Oligarques eux-mêmes et de l’alliance entre les oligarques le Club des Pins et les appareils d’Etat notamment chargées des financements et des soutiens aux « investissements »

    Ces deux textes d’intention tactique, sont étroitement liés par leur objet et publié à quelques heures d’intervalles. Alors ? démission ou article 102 ? Derrière l’affrontement des interprétations se déroulait une autre lutte : celle de la préservation déterminé de l’Etat, qui bien que muté en Etat de caste (le club des pins) et de classe (les oligarques) restait encore un Etat algérien assujetti à une condition néocoloniale mais aussi le dernier fruit de novembre et le dernier rempart contre l’atomisation programmée de notre pays. Le défendre, oui dans hésitation mais avec la lucidité des révolutionnaires qui perçoivent combien l’option du capitalisme sauvage sous le président Chadli puis celle du néolibéralisme sous le président Bouteflika avait fragilisé et qui veulent revenir aux principes de l’appel du 1er novembre.

    Vous trouverez dans cette publication un reflet des luttes intenses engagées autour de la désignation d’un « chef » du « Hirak » mais en réalité pour imposer un Conseil de Transition opposé à celui que préparaient certains cercles du pouvoir en alliance avec certains partis. 

    Six ans après la survenue du phénomène qui a été appelé « Hirak », dénomination que j’ai vite rejetée, des amis m’ont demandé de republier mes analyses, maintenant que le monde bascule. Il me semble nécessaire de les republier dans l’ordre de leur parution. Elles furent des analyses à chaud, sans recul mais avec toujours un souci d’historicité pour saisir les faits dans leurs rapports les plus lointains, les plus cachés ou oubliées avec des faits précédents.

    27 Mars 2019 ,

    Le lendemain de la demande du Chef de l’Etat-major d’application de l’art. 102, Ouyahia a réclamé à Bouteflika de démissionner. Dans quelques médias les articles qui en parlent n’arrivent pas à cacher une stupeur profonde sur l’ingratitude de l’homme et une indignation non déguisée. Il a défendu le président Bouteflika jusqu’au bout et même dans sa déclaration de politique générale à l’APN. Il a provoqué le peuple en le mettant au défi de manifester et le peuple avait compris que Ouyahia le poussait à la violence et aux excès qui aurait permis au pouvoir de décréter l’état d’urgence ou quelque loi exceptionnelle de ce goût-là. Non seulement le peuple a occupé la rue mais il l’a fait en surclassant Ouyahia sur tous les plans, comme vous l’avez vu.

    C’est bien-sûr la même position que celle de Said Sadi, de Louisa Hanoun, du RCD, de Abdallah Djaballah et de quelques autres. Quels points communs partagent ces personnalités qui affichent des positions idéologiques, politiques et culturelles si différentes, voire antagonistes ?

    La réponse est difficile. Alors il faut s’en tenir aux faits, aux significations immédiates et aux conséquences constitutionnellement logiques de la demande de démission.

    Premièrement la demande d’Ouyahia au président de démissionner signifie que malgré toutes les mobilisations populaires et son rejet total par le peuple, il se considère encore qualifié pour la vie politique et pour une poursuite de sa carrière politique. On comprend mieux que rapidement après la perte de son poste de premier ministre, il a repris en main le RND et obtenu le soutien des responsables de wilaya de ce parti. Et donc le premier fait est que Ouyahia n’a pas reculé d’un iota face aux manifestations, le deuxième est qu’il dispose d’un parti et des moyens pour agir et enfin que sa carrière politique est encore devant lui.

    L’intervention de Ouyahia arrive après les déclarations de Saâdani qui l’ont chargé de toutes les tares du règne quasi monarchique du président Bouteflika. Nous assistons donc à une bataille de ténors, champions respectifs de deux clans, ou deux forces, ou deux groupes pour qui le détail constitutionnel est un facteur décisif de victoire ou de défaite. Mais les déclarations des deux hommes ne laissent pas de doutes sur la réalité d’une confrontation. Celles de Saâdani ne laissent aucun doute qu’il s’agit d’une lutte en l’Etat profond qu’il associe à son ennemi intime le DRS et à Ouyahia. Si l’existence de clans ou de groupes opposés au sein du pourvoir pouvait être de la science-fiction, Saâdani vient de donner la preuve de totale réalité.

    Pourquoi la démission plutôt que l’application de l’art. 102 ? Et pourquoi cette position commune de Saïd Sadi, de Djaballah, du RCD etc. ?

    Parce que l’application de l’art. 102 signifie que l’appareil d’Etat, premier ministère, conseil constitutionnel, assemblée nationale et sénat, responsables en charge  de secteurs sensibles restent en place dans l’actuel rapport de forces qui a consacré la défaite du courant oligarque déjà ancien représenté par Ouyahia face au courant des oligarques qui se sont récemment enrichis représentés par Bedoui.

    Pour remettre le compteur à zéro, il faut donc écarter la solution de l’art. 102. La démission du président ouvre par contre des possibilités différentes et alors l’ancienneté des réseaux oligarchiques représentés par Ouyahia leur donne des avantages considérables contre le camp adverse.

    L’application de l’art. 102 a l’avantage de ne pas créer de vide, de coupure, dans la continuité de la direction de l’Etat. Mais il  al’inconvénient majeur de garder cette direction au pouvoir par les avantages de la maîtrise des appareils et des rouages.

    La démission donne des avantages aux réseaux constitués mais ajoute au paysage actuel, le risque d’une rupture dans les mailles du pouvoir, ruptures favorables à l’intervention étrangère. Le discours d’aujourd’hui deFederica Mogherini qui jure ne pas vouloir s’ingérer mais nous abreuve de conseils dont le contenu essentiel est de ne pas toucher aux contrats, est un signe avant-coureur.

    Que peut gagner le peuple dans cette querelle  juridique qui cache une lutte politique ? Rien, car dans les deux cas il n’a pas le temps de se structurer en comités ou en groupes politiques pour transformer sa force et sa protestation en action politique efficace.

    La structure juridique actuelle qui ne l’a pas servi dans le passé ne le servira pas non plus aujourd’hui car elle a été construite pour le faire taire et le disperser. S’il n’y a pas abrogation immédiate des lois de la censure et de la répression et s’il n’y a pas abrogation immédiate des procédures policières pour la constitution des partis et associations, il ne peut y avoir de traduction politique de la volonté du peuple.
    Quelle peut-être sa voie ? Celle de l’exigence immédiate de lois qui lui reconnaissent les libertés démocratiques d’expression, d’association, de réunions sous le simple mode déclaratif. Sans cette garantie à arracher dans la rue ou par la négociation nous resterons prisonniers des règles et des lois conçues pour nous dominer.
    M.B

    Le communiqué de l’État-major du 30 mars 2019 éclaire de façon nette certains aspects essentiels.
    Ce communiqué est celui de l’armée et une déclaration de son chef, le général Ahmed Gaïd Salah. De ce point de vue l’armée lève une confusion sur laquelle ont joué beaucoup d’intervenants actuels.
    Pourtant le déroulé des déclarations de Gaïd Salah montrait clairement un changement progressif mais radical. Les deux premières interventions de Gaïd Salah, notamment celle du mardi 26 février, soutenaient le déroulement des élections à la date prévue. Les deux premières déclarations ont été perçues à juste titre comme des mises en garde, voire des menaces, à l’endroit du Hirak. Les deux déclarations attestaient que pour lui l’élection allait se dérouler et qu’elle serait sécurisée.
    Ces deux déclarations ont été recadrées par la suite, recadrage qui tentait d’atténuer l’impression de soutien au président Bouteflika. La réflexion la moins clairvoyante pouvait deviner que ses collègues ne le suivaient pas sur ce terrain de l’alignement sur son ami le président et nous envoyaient les signaux que l’armée en tant que corps avait un autre avis.
    Le proverbe dit que c’est la première impression qui compte. Elle restera dans nos têtes comme une position immuable. Cela nous gênera pour saisir pleinement les messages à peine codés des déclarations suivantes. Ces déclarations glissent vers :
    1- la reconnaissance de la qualité patriotique des manifestations, c’est à dire de leur légitimité. C’est cela le contenu. Derrière le contenu manifeste de la qualité patriotique se faisait jour la reconnaissance de leur légitimité. Ce qui rendait, par jeu de miroir, illégitime la candidature du président Bouteflika.
    2 – vers la convergence de vues entre l’ANP et le peuple et la glorification de cette convergence.
    3 – vers la nécessite de trouver une solution parmi les solutions possibles. Cette déclaration a été le point de franchissement qui a porté l’ANP du côté du peuple. Il fallait un manque total de discernement pour ne pas le comprendre et comprendre que l’ANP préservait l’ordre du droit constitutionnel, ce même droit à opposer aux ingérences étrangères. Toute transgression du droit constitutionnel est une autorisation donnée à l’intervention étrangère. Cet appel ne sera pas entendu par le clan du président, spécialement Belaiz, nommé président du conseil constitutionnel en dépit du droit.
    4 – La résistance du clan présidentiel qui joue la montre contre le peuple pousse enfin l’armée à exiger l’application de l’art. 102.

    Le peuple comprend parfaitement l’enjeu, refuse de suivre le slogan anti-Gaïd Salah qui est en fait un slogan anti ANP, et invite l’armée à aller plus loin en détaillant les mesures d’accompagnement : départ de Belaiz, départ de Bensalah, nouveau gouvernement aux membres impeccables de compétence et d’intégrité morale, nouvelle commission de contrôle des élections, une instance présidentielle provisoire etc.

    « Préserver la pérennité de l’Etat et réaliser les aspirations de la mobilisation populaire », voilà lé défi qu’a compris notre peuple et l’équation telle que l’a résumée un ami. 


    Tous les partis et personnalités politiques qui réclamaient l’ingérence de l’armée depuis au moins deux ans, se retournent contre elle. Le point de cohérence de leurs positions est la volonté de détruire l’ordre constitutionnel, qui est mauvais et même pourri mais qui est l’ordre qui permet de préserver l’unité de l’État. Et si une personne ne comprend pas :cet ordre permet la continuité du fonctionnement des services de l’Etat.
    Le clan lui-même du président et celui des oligarques avaient un besoin urgent que l’armée glisse hors des règles constitutionnelles pour obtenir des puissances étrangères une reconnaissance à la « Juan Guaido » du Venezuela, une reconnaissance d’un pouvoir civil, celui qui prolonge le pouvoir des oligarques contre l’exigence du peuple d’un autre État conforme aux annonces de novembre et de la Soummam.

    Ce dernier communiqué publié après des images d’une réunion solennelle vient confirmer que Gaïd Salah parlait depuis le 28 février au nom de l’armée et non en son nom personnel. Il ajoute deux éléments clés du rapprochement de l’ANP et du peuple, les arts 7 et 8. C’est à dire qu’il oppose à la légalité de Belaiz et du Conseil Constitutionnel le principe philosophique et éthique que la souveraineté du peuple est supérieure à la légalité des institutions y compris celle de Belaiz et du Conseil Constitutionnel et donc aussi celle de Bensalah et du Sénat si le besoin venait à s’en faire sentir.
    Nous sommes arrivés à ce carrefour, où nous pouvons garantir le départ du président et de ses oligarques sans mettre en danger ni l’existence de notre État dont il faudra lui recouvrer sa souveraineté, ni notre pays.
    Ces trois articles avancés par l’ANP peuvent amplement servir de base pour une transition qui arrache notre pays aux griffes de la France, de l’Union Européenne, des USA, des multinationales.
    Seule l’unité avec l’armée sur ces principes et ces articles de la constitution peut nous faire avancer.
    Mais seule la mobilisation populaire et celle des vendredis en particulier peut garantir cette voie de succès et la construction :


    – d’une souveraineté intransigeante de l’État,
    -la propriété publique de nos ressources minières et naturelles et d’abord le pétrole,
    -l’interdiction de toute forme de privatisation de ces richesses sous le prétexte d’en appeler à l’expertise étrangère,
    – la garantie des libertés démocratiques d’expression, de création de partis et d’association, de réunion et de manifestation, d’édition.
    – la dissolution des polices politiques et une plus grande vigilance face aux dangers de subversions externes.
    – la réalisation du caractère social de l’État par la garantie d’un système de santé et d’éducation performants et gratuits, d’une préservation des secteurs de la culture et du sport de la sphère marchande, de la garantie de l’énergie et de l’eau à usage domestique pour tous et dans toutes les régions.
    – le développement économique autocentré et la défense de notre production nationale par des barrières douanières conséquentes.

    Il faut maintenant par notre mobilisation :


    -aider l’ANP se rapprocher encore plus de nous et
    -sceller avec elle la même alliance stratégique qui nous soudait à l’ALN par la force de nos slogans, de nos mots d’ordre et par notre volonté de les faire tous partir, ces éléments du système de Bouteflika et de son oligarchie,
    – commencer à créer nos partis, nos associations dans notre diversité nationale pour contribuer à la naissance du nouvel État indépendant, souverain et démocratique que nous rêvons.


       Il faut aussi maintenant faire face aux manipulateurs cachés que l’ampleur de notre mobilisation a désarmés, qu’ils soient les agents des oligarques, des appareils politiques, ceux d’Otpor ou les amis de BHL.

    M.B

  • الطّاهر المعز-الأول من أيار/ مايو 2025 : تكريمًا للعمال غير المستقرين

    الطّاهر المعز-الأول من أيار/ مايو 2025 : تكريمًا للعمال غير المستقرين

    كان الأول من أيار/مايو في الأصل يوم نضال من أجل حقوق العمال والعاملات، وتحول مع مرور الزمن إلى « احتفال » و « يوم عيد » و »عطلة رسمية » في العديد من البلدان، وتم إهمال نضال الإشتراكيين والإشتراكيات، منذ القرن التاسع عشر من أجل تخصيص يوم لتخليد تضحيات العمال والعاملات…

    لهذا السبب خَصّصتُ هذه الورقة للقطاع الموازي العربي والعاملين به من فاقدي الحقوق والمُهَمّشين، وخصصت القسم الثاني للعمالة الهشة في الدّول الرأسمالية الإمبريالية

     الإقتصاد المُوازي هو نشاط اقتصادي غير مُعْلَن عنه لدى أجهزة الدّولة، وبالتالي فهو يقع خارج إطار القانون الذي يفرض تطبيق قوانين العَمل وتسجيل أي نشاط اقتصادي لدى إدراة الضرائب، مما يُشَوِّهُ عملية التّراكم الرأسمالي ويُحوِّلُ عملية الإستغلال التي يتميز بها النظام الرأسمالي إلى عملية “تهميش”، وأدت السياسات الإقتصادية التي فرضها صندوق النقد الدولي (ذراع الإمبريالية) منذ حوالي أربعة عقود (منذ بداية سياسات “الإنفتاح الليبرالي”) إلى إضعاف قدرة الدولة على فرض إطار قانوني لمراقبة الإجور والأسعار وتعديلها، وتغييب مراقبة المَعايير بشكل عام، واقتصار دور الدّولة على القمع وحماية رأس المال، فَتَعَاظَمَ دور الإقتصاد غير الرّسمي في البلدان العربية وأصبح يُشكل ما بين 40% إلى 50% من إجمالي الناتج المحلي (بما في ذلك في البلدان النفطية)، مما أثّر في البُنْيَة الإقتصادية وفي علاقات العمل، ومما أضْعَفَ دور النّقابات ومنظمات حماية العمال والمُنْتِجِين والمُسْتهلكين، ويعود السبب الرئيسي لازدهار الإقتصاد الموازي إلى انهيار الإقتصاد الرّسمي، ويُساهم ازدهار الإقتصاد غير الرسمي في إعادة إنتاج الإنهيار، وكلما زادت حصته من الناتج المحلي كُلّما ازداد التشابك بين الإقتصاد المُوازي (المَبْنِي على الإنتاج غير المُعْلَن والتجارة غير الشرعية للمخدّرات والسّلاح وتهريب كافة أنواع السّلع غير الخاضعة لأي رقابة صحية وعلى المعاملات المالية الرّبوية خارج إطار المنظومة المصرفية…) والإقتصاد الرسمي في الحياة اليومية للسكان، ويُشكل الإقتصاد الموازي كارثة اقتصادية لأنه يستفيد من البنية التحتية ومن الخدمات التي لا يُساهم في تَمْوِيلِها، لأنه لا يُسَدِّدُ ضرائب إلى خزينة الدولة، كما يتضرر العاملون به لأنهم محرومون من الحماية الإجتماعية والرعاية الصحية والتقاعد ومن تطبيق الحد الأدنى للرواتب، مما يُحقِّقُ أرباحًا خيالية للمُشْرِفِين على الإقتصاد الموازي، وتُعتبر النساء أكبر ضحية لهذا القطاع حيث يرتفع معدّل العنف والتّحرّش، إضافة إلى الإستغلال الفاحش، كما أدى تعاظم دور الإقتصاد المُوازي إلى زيادة دور الشرطة والأجهزة الأمنية التي أوْكَلَتْ لها الدّولة إخضاع كافة المواطنين لمنطق المُساوَمة والتفاوض على مبلغ الرشوة، بدل خضوع الجميع لقواعد وقوانين واضحة، ليَشْمَلَ الإقتصاد الموازي كافة جوانب الحياة، سواء في الأرياف أو في المُدُن، في قطاعات الزراعة والعقارات والصناعة والخدمات وغيرها… يُمْكن ملاحظة انتشار بعض أنواع السِّلَع المُهرّبة بكميات كبيرة، ووجود نفس السلعة في كافة أرجاء البلاد (مصر أو المغرب أو الٍدن أو تونس…) مما يَدُلُّ على دخول هذه السّلع بحجم كبير، دون تسديد الرّسوم الجمركية، ويدل على وجود رأسمال قوي وأجهزة رسمية تَحْمِي عمليات تهريب وتسويق هذه السّلع… ارتبط ازدهار الإقتصاد الموازي بعدة ظواهر أخرى سَبَّبتْها ما تُسمى ب”الليبرالية المتوحشة”، ومنها سياسات الخصخصة وإهمال مناطق عديدة من البلاد، وإهمال القطاع الفلاحي، مما أدى إلى نزوح السكان من المناطق الريفية إلى المدن وانتشار انتشار المناطق العشوائية في ضواحي المُدُن الكُبْرى، تُشير التقديرات إن حجم الإقتصاد الموازي أو غير الرّسمي في مصر (أكبر دولة عربية بعدد السكان) يُشكل ما بين 50% و 60% من الناتج المحلي الإجمالي، وأصبحت أكثر من 60% من الوظائف الجديدة مُرْتَبِطَة بأنشطة الاقتصاد غير الرسمي الذي أصبح الأصْل في نشاط القطاع الخاص والنشاط الرسمي استثناءً، وتقَدّر غرفة (اتحاد) الصناعة والتجارة المصرية إن أصحاب العقارات المخصصة للتأجير لا يُسجّلون سوى ما يعادل 8% منها، وهناك عشرات الآلاف من المصانع غير القانونية والأسواق التي يعمل بها ملايين المواطنين الذين  لا تنطبق عليهم قوانين العمل، من رواتب وتأمين وتقاعد ورعاية صحية وغيرها، ويُسَبِّبُ هذا النشاط الإقتصادي (غير القانوني) نقصًا في إيرادات خزينة الدولة من الضّرائب، مما يُشكِّلُ عبئًا إضافيا على الأجراء الذين يتحملون أكثر من 80% من إجمالي قيمة الضرائب على الدّخل، ليس في الدول العربية فحسب وإنما في معظم دول العالم، ويُؤَدِّي غياب مراقبة الدولة (إضافة إلى الإستغلال الفاحش للعمال) إلى تلويث البيئة، وعدم احترام قواعد التهيئة والتنمية العُمرانية، والإستيلاء على أراضي الدولة في معظم البلدان العربية (وغيرها)، بمساعدة أجهزة الدّولة الفاسدة (من شرطة وقضاء وسلطات محلِّية…) والأعيان والوُجهاء الذين يستفيدون مباشرة من منظومة الفساد ومن شبكات التهريب والقنوات الموازية في مجالات التجارة والمضاربات العقارية وغيرها…

    يَسْتغل الإقتصاد المُوازي الثغرات التي خلقتها السياسات الليبرالية الجديدة والخصخصة وانسحاب الدولة من عدة قطاعات ليستحوذ الرأسماليون على قطاعات عديدة يستثمرون فيها، دون تسديد الضرائب ودون تأمين العُمال، ومن هذه الثغرات انهيار القطاع العام في مجلات النقل والسكن والتعليم والمرافق الأخرى، ويستغلون ضعف رواتب موظفي الحكومة لتشغيلهم (بعد الدوام الرسمي) في سياقة سيارات النقل ومؤسسات التعليم الخاص والمصحّات الخاصّة، وغيرها…

    تُشَكِّلُ النِّساء شريحة هامّة من العمال غير المُصرّح بهم (وأحيانًا غير المُعْتَرف بدورهم الإقتصادي والإجتماعي)، فبالإضافة إلى العمل في المنزل وتربية الأطفال (أي الشعب بكافة طبقاته)، تعمل النساء في قطاع الزراعة وتربية الحيوانات، والتجارة سواء في الأسواق أو في المحلاّت التّجارية، حيث تغيب الحقوق الأساسية، ومنها عقود العمل والأجر الأدنى ووالتأمين الاجتماعي والصحي، بالإضافة إلى الإهانات التي تتعرض لها المَرْأة والأطفال بشكل خاص، مثل العُنف الجسدي واللفظي والتّحرش والإبتزاز سواء في مكان العمل أو في الفضاء العام…

    تَعزّزت سلطة الأجهزة القَمْعِية للدولة مع تخلّي الدولة عن مهام مراقبة الإقتصاد وتعديله (أو تنظيمه) ومع هيمنة الإقتصاد الموازي على كافة القطاعات، بالتوازي مع زيادة دور البرجوازية الطفيلية (السّماسِرة والمُضاربون العقاريون والمستثمرون في التهريب والتجارة الموازية) وتعاظم دور وزارة الداخلية في المغرب والجزائر وتونس ومصر والأردن وغيرها من البلدان العربية (وغير العربية) ودور الأجهزة الأمنية في تنظيم العلاقات الاجتماعية وإدارة الحياة اليومية للمواطنين (ما يُشَكِّلُ نقيضًا للديمقراطية)، وخصوصًا منذ تدشين الولايات المتحدة حقبة “الحرب على الإرهاب”، وتدريب شرطة العرب (بما في ذلك شرطة سلطة أوسلو) على قمع الفُقَراء بذريعة “مكافحة الإرهاب”، وتَبْتَزّ أجهزة الشرطة الباعة الجائلين والعُمال غير الرسميين والمُهَمّشين فتستخدمهم كوشاة لاختراق ومراقبة المجتمع، ويستخدم ضُباط الشرطة نفوذهم لجمع الثروات من الرشوة والإبتزاز، ومن الاستيلاء على سِلَعِ البائعين الجائلين، وعلى الأراضي والعقارات غير المسجلة، واقترن انتشار الإقتصاد غير الرسمي مع تفشِّي الفساد وتعاظم دور أجهزة الشرطة…

    يُعرّف معجم المصطلحات العربية الإقتصاد الموازي أو اقتصاد الظّل أو الإقتصاد الخفي كالتالي:

    الاقتصاد الموازي أو اقتصاد الظّلّ، هو كلّ الأنشطة – في المدن وفي الأرياف – التي تسهم في خلق القيمة الاقتصادية الإجمالية، لكنّها تفتقد إلى التصريح الرّسمي ولذلك فهي غير محسوبة في الإحصائيات الاقتصادية الرسمية، بغضّ النظر عمّا إذا كانت هذه الأنشطة مشروعة أو غير مشروعة، خاضعة للضرائب أو غير خاضعة، في قطاعات الزراعة والعقارات والصناعة والخدمات وغيرها، وتشمل العمل الفردي كالأعمال المنزلية والأعمال التطوّعية والمساعدات غير المأجورة بين الأصدقاء والأقارب، ويشمل بالخصوص عمل الشركات والمصانع التي لا تراعي تعليمات التسجيل والتراخيص الرسمية لدى الإدارات المالية، وإدارات التأمينات الاجتماعية، تهرّبا من الضرائب والمستحقّات الاجتماعية الأخرى، مما يُمثل إثراءً غير شرعي، لكنه منظّم على حساب دافعي الضرائب والرسوم…

    يشمل الإقتصاد الموازي كذلك تجارة الظّل (السوق الموازية)، أو الأنشطة التي يعاقب عليه القانون، كتجارة المخدّرات، والاختلاس، والقمار، والاتّجار بالأعراض، وكل أنواع التجارة التي لها أسواق غير رسمية.

    يصعب كثيرا تحديد حجم الاقتصاد الموازي غير القانوني وتقدير أبعاد خلق القيمة فيه، لكنّ يمكن تقدير حجم أنشطة الاقتصاد الموازي بالاعتماد على الآثار المترتّبة على مثل هذا النوع من الاقتصاد، ويمكن التوصّل إلى حصّة الاقتصاد الموازي النسبية في الناتج المحلّي الإجمالي بإجراء بعض العمليات الحسابية كالتفاوت بين إحصاءات الدخل والإنفاق في الحسابات الوطنية، أو في البيانات الفردية ( يُعتبَر الفارق بين الدخل والإنفاق على المستوى الوطني مؤشّرًا على حجم الاقتصاد الموازي) أو بالإعتماد على إحصاءات القُوى العاملة الخ

    يُمثل الإقتصاد الموازي أو اقتصاد الظّل أو الإقتصاد « الخَفِي » حوالي 25 من الإقتصاد ( الناتج الإجمالي) العالمي وأكثر من 30% من اقتصاد – أي الناتج المحلي الإجمالي – البلدان الفقيرة والمتوسطة (المُسماة « نامية ») ونحو 70% من العاملين، ويمثل حوالي 50% من حجم الإقتصاد العربي ويشمل يقصد بها كافة الأنشطة الاقتصادية التي يمارسها الأفراد أو المنشآت ولكن لا يتم إحصاؤها بشكل رسمي ولا تعرف الحكومات قيمتها الفعلية ولا تدخل في حسابات الدخل القومي ولا تخضع للنظام الضريبي ولا للرسوم ولا للنظام الإداري والتنظيمي، وينقسم إلى نوعين:

    ليس الاقتصاد الموازي مجرد وسيلة وجدها الناس المفْقَرون في هذه البلدان لتأمين مستلزمات البقاء على قيد الحياة، وخصوصاً في ظل الانسحاب المتعاظِم للدولة من المسؤولية عن المجتمع، وتفشي الخصخصة بناء على « إصلاحات بنيوية » و »إعادة هيكلة » يفرضها النظام العالمي المهيمن عبر أدواته (البنك العالمي وصندوق النقد الدولي ) بل أصبح نمط النشاط الاقتصادي المهيمن في العديد من البلدان وفي العديد من القطاعات كالصناعة والزراعة والتجارة والخدمات، ووتُشغل هذه القطاعات من تركهم الإقتصاد الرسمي خارج دائرة الحركة الانتاجية الرسمية، وارتبط ازدهار الإقتصاد الموازي بعدة ظواهر أخرى سَبَّبتْها ما تُسمى ب”الليبرالية المتوحشة”، ومنها سياسات الخصخصة وإهمال مناطق عديدة من البلاد، وإهمال القطاع الفلاحي، مما أدى إلى نزوح السكان من المناطق الريفية إلى المدن وانتشار الأحياء والمدن العشوائية في ضواحي المُدُن الكُبْرى

    أشار تقرير البنك العالمي، بنهاية الرّبع الأول من سنة 2023 بعنوان “القطاع غير الرسمي والنمو الشامل في منطقة الشرق الأوسط وشمال أفريقيا” إلى اتساع خارطة الوظائف في الاقتصاد الموازي للعديد من البلدان العربية وزيادة حصته في الناتج المحلي الإجمالي، وقدّرَ أن اثنين من كل ثلاثة عمال يعملون في الأسواق الموازية، حيث لا توفر لهم تلك الوظائف مزايا الضمان الاجتماعي، كما أنها لا تترك لهم سوى إمكانيات محدودة لإدارة المخاطر التي تتعرض لها أسرهم، واهتم تقرير البنك العالمي بشكل خاص بأسواق العمل في كل من مصر والمغرب وتونس كنموذج للدراسة باعتبار النسبة العالية المسجلة فيها من حصة الإقتصاد الموازي والعاملين به، ويتصدّر المغرب أسواق المنطقة في العمالة غير المنظمة إلى القوى العاملة النشيطة بالبلاد بنسبة 77,3% ومصر بنسبة 62,5% تليها تونس بحوالي 43,9% وفق الإحصائيات التي تم تسجيلها، وكانت منظمة العمل الدولية قد أشارت إلى أن العمالة غير الرسمية في الاقتصادات النامية تبلغ نحو 63% بالنسبة إلى الذكور وحوالي 58,1% بالنسبة إلى الإناث، وتشير بيانات المنظمة إلى أن مستوى متوسط البطالة العالمي يبلغ نحو 5,8%، لكن الأرقام تختلف بين الاقتصادات الكبيرة كالولايات المتحدة والصين، وبين الاقتصادات الناشئة مثل تركيا والبرازيل، والاقتصادات النامية مثل معظم البلدان العربية والأفريقية، وتؤدّي زيادة معدلات الوظائف غير الرسمية إلى انعدام الحماية والتأمين الصّحّي والاجتماعي مما يحدّ من كفاءة أنظمة الحماية الاجتماعية، وقدرتها على تحقيق المساواة.

    نموذج « العامل المتعاقد المستقل » وعُمّال التّوصيل

    في المجتمع الرأسمالي، هناك رأسماليون وعمال، برجوازيون وبروليتاريون، أصحاب عمل وعاملون، ولا تتكون الطبقة العاملة من العمال اليدويين فقط، بل تشمل أيضًا العاملين في المكاتب والخدمات من المستوى المنخفض، ويجمع العُمّالَ قاسمٌ مُشتركٌ يتمثل في أنهم يقدمون جهدًا يسمح للرأسمالي باستخراج القيمة الزائدة، مقابل الراتب.

    إن تغيير مصطلح « العامل » إلى « المتعاقد المستقل » في رأسمالية المنصات (مثل أوبر أو دورداش أو ليفت) لا يغير وضع العامل الذي لا يزال يُستَغَلُّ من قِبَلِ صاحب العمل، فالأشخاص الذين يعملون لدى المنصات هم عمال غير مستقرين، بلا عمل منتظم وبلا دخل منتظم في سوق عمل مجزأة، مع التمييز بين صاحب العمل والعامل، وبين العمل ورأس المال.

    إن هدف أي مؤسسة رأسمالية، سواء كانت عملاً تقليدياً أو منصة ( تطبيق إلكتروني)، هو تعظيم أرباحها، ويُعدّ دفع أجور أقل من المستحقات للعاملين وسيلةً أساسيةً لتحقيق هذا الهدف، ولا تختفي عملية الإستغلال بمجرد تغليفها بأسماء أو أوصاف برّاقة وخادعة وكاذبة مثل « متعاقد مُستقل » أو « عامل بدون رئيس عمل »، لأن العامل « المستقل » غير المستقر، أو العامل المؤقت، لا يمتلك أي وسيلة إنتاج، ولا يتحكم في عمله وهو مسؤول أمام صاحب العمل، ولكن هؤلاء العمال متفرقون ولا يتشاركون نفس المساحة، مما يجعل التنظيم النقابي أكثر صعوبة.

    لقد انتشر العمل غير المستقر على نطاق واسع ويهدد بأن يصبح القاعدة للطبقة العاملة العالمية، وأصبح سائق أوبر أو أي عامل آخر في منصة أخرى يخضع بشكل مباشر لخوارزمية بدلاً من المشرف المباشر ( الإنسان)، ولكن هذه الخوارزمية لا تقدم أي مساءلة أو تفسير، والخوارزمية ليست كيانًا محايدًا سقط من السماء، فهي مرتبطة بشركة غير مَرْئيّة أو غير ظاهرة أو حتى مجهولة الهوية أحيانًا، تسعى إلى تعظيم ربحيتها، والرئيس – الرأسمالي – لا يزال موجودًا، ف »الخوارزمية » لا تحل محل رب العمل، بل تخدم مصالحه…

    شركة « أوبر » ( Uber )، مثل المنصات الأخرى، ليست كيانًا منفصلاً عن العالم بل هي كيان ملموس، وهي مؤسسة رأسمالية تستغل عمالها. إن وصف هؤلاء العمال بأنهم « متعاقدون مستقلون » لا يغير من وضعهم بأي حال من الأحوال، حيث تمتلك شركة أوبر التّطبيق  ( وهو وسيلة إنتاج ) وتتحكم به ولا يملك السائق أي سيطرة عليه، ويمكن لشركة أوبر شطب السائق من التطبيق في أي وقت وفقًا لتقديرها، لأن العامل يبيع ببساطة قوة عمله بمبلغ غير مؤكد ومتغير باستمرار وهو متغير لا يملك العامل أي سيطرة عليه، لأن الرأسمالي هو الذي يملك دائمًا وسيلة الإنتاج…

    إن مصطلح « اقتصاد المشاركة » هو التعبير المُلَطّف الذي يستخدم عادة لوصف ظاهرة حصول العمال على عمل من خلال التطبيقات، وتُصَنِّف شركات الاقتصاد التشاركي موظفيها باعتبارهم « عمال مستقلين »، مما يتركهم يفتقدون إلى حد أدنى للأجور وللحماية القانونية (قانون العمل)، أو التّأمين الصّحّي أو التقاعد وما إلى ذلك.

    يتم استغلال العامل غير المستقر من خلال استخراج القيمة الزائدة (مثل الموظف الذي يتقاضى راتبًا ثابتًا في وظيفة مستقرة)، لكن الرأسماليين لديهم مصلحة في تقسيم الطبقة العاملة، لأن الطبقة العاملة المتحدة من شأنها أن تطيح بالنظام. إن الرأسماليين ـ سواء كانوا مُستثمرين، مُضاربين أو تُجّار أو صناعيين ـ يعرفون هذا، ولهذا السبب يبذلون جهوداً كبيرة لتقسيم العمال وإدامة التّقْسيم.

    إن القاسم المشترك لجميع العمال هو إنهم أشخاص لا يملكون وسائل الإنتاج ويضطرون إلى بيع قوة عملهم، في ظل ظروف تخدم مصالح أصحاب العمل (البرجوازية التي تمتلك وسائل الإنتاج) وفي حالة المنصات، من يملك التطبيق هو من يستفيد منه، ولا يتلقى سائق شركة أوبر أو عامل التّوصيل سوى جزء صغير من الإيرادات المتولدة، ويحصل صاحب العمل على قيمة مضافة من العمل غير المستقر تفوق بكثير ما يحصل عليه من العمالة الثابتة، وينشأ الرّبح من الفارق الذي يدفعه الرأسمالي كأجر، والقيمة الحقيقية للعمل ويدفع الرأسمالي للعامل جزءًا صغيرًا فقط من قيمة ما ينتجه. وينشأ الربح من هذه القيمة الفائضة المستخرجة، فالرأسمالي الذي لا يستخرج فائض القيمة من جهد العامل لا يكون رأسماليًا.

    عدد العمال غير الرسميين يفوق عدد العاملين المنتظمين

    أدّت النيوليبرالية إلى تعميم الهشاشة وعدم استقرار العاملين، فأصبح معظم العمال في العالم عمالا ذوي وظائف غير مستقرة، وويشكل العاملون في وظائف منتظمة بدوام كامل أقلية من العمال في العالم، وفقا لتقرير صادر عن منظمة العمل الدولية سنة 2016، وقدر التقرير آنذاك أن ما يقرب من نصف عمال العالم، أو 1,5 مليار شخص، يعملون في وظائف غير آمنة ومؤقتة أو غير معترف بها رسميا ويشمل ذلك عمال الكفاف، والعمال غير الرسميين، والعاملين غير مدفوعي الأجر من أفراد الأسرة، وزاد العدد بشكل كبير خلال حوالي عشر سنوات، ففي ثلث بلدان العالم، يعاني ما لا يقل عن ثلثي إجمالي القوى العاملة من أوضاع محفوفة بالمخاطر، ومن المؤكد أن عدد العمال غير المستقرين أعلى من العدد الوارد في تقرير  منظمة العمل الدولية، ويقدر جون بيلمي فوستر وروبرت دبليو ماك تشيسني في كتابهما « الأزمة التي لا تنتهي » أن الحجم الحقيقي للعمال غير المستقرين أعلى بكثير من حجم العمال العاديين، وإذا جمعنا فئات العاطلين عن العمل والعمال غير المستقرين والأشخاص غير النشطين اقتصاديا وهم في سن العمل، فإن التقديرات تشير إلى أن جيش الاحتياطي العالمي قد يصل إلى 2,4 مليار شخص (بين 24 و54 عاما)، مقارنة بنحو 1,4 مليار شخص في وظائف منتظمة، وقدَّر نائب المدير العام لمنظمة العمل الدولية عدد العمال غير النظاميين بالعالم بمليارين في بداية سنة 2023.

    لقد أصبح العمل المستقر « امتيازًا »،  وأصبح العمال الذين « يتمتعون » بوظائف وأجور آمنة أقلية، وبذلك نجح الرأسماليون في تقسيم البروليتاريا على أساس الجنس أو الأثنية أو الأصل العرقي أو وضع الهجرة أو الدين، وكذلك تنوع تصنيفات العمال لكي لا يتحدوا ولكي لا يقاتلوا معًا ضد نفس المستغِل!

    ما الهشاشة؟

    الهشاشة أو عدم الإستقرار هو الوضع الاجتماعي للشخص الذي تتسم ظروفه المعيشية (الدخل، العمل، السكن، الوضع العائلي) بعدم اليقين بشكل كبير، وعندما يتعلق الأمر بالدخل، فإن عدم الاستقرار يؤثر على أولئك الذين لديهم دخل منخفض أو ليس لديهم دخل على الإطلاق. إذا كان الدخل غير مستقر، فذلك يرجع عمومًا إلى أن الوظيفة نفسها غير مستقرة: العمل المؤقت، أو العقود محددة المدة، أو التدريب، أو أي شكل من أشكال العمل يعتمد على علاقة أجر محدودة الوقت. من المؤكد أن العقد الدائم في حد ذاته يشكل في كثير من الأحيان ضمانة وهمية، بسبب احتمالية الفصل من العمل دائماً، ولكن عدم الاستقرار هو القاعدة وليس الاستثناء في العقود المؤقتة أو المحددة المدة. وبشكل عام، يؤدي انعدام الأمن في الدخل إلى غياب الخطط طويلة الأجل، وصعوبة إدارة الدخل غير المنتظم وغير المتوقع، وما إلى ذلك.

    يشير مصطلح « الوظيفة غير المستقرة » إلى الوظيفة التي تقدم ضمانات قليلة للغاية للحصول على دخل « مقبول » أو الحفاظ عليه في المستقبل القريب.

    الوظائف غير المستقرة هي وظائف ذات دخل غير ثابت ولا توجد ضمانات لمدتها التي يمكن أن تكون ( هذه المدة ) محدودة: عقود محددة المدة، أو تدريب، أو مُدّة غير مؤكدة: عمل مؤقت (لا نعرف بالضرورة على وجه التحديد متى سينتهي العقد)، كما يمكن اعتبار الوظائف التي لا توفر دخلاً كافياً للعيش « غير مستقرة »: مثل الوظائف بدوام جزئي التي لا يتم اختيارها، والتي لا توفر أجراً كافياً للعيش، فضلا عن العمل في القطاع الموازي حيث لا ضمانات ولا حماية

    يستخدم مصطلح « غير مستقر » بشكل عام للإشارة إلى نوع العمل الذي يُقابله أجر زهيد، وهو غير محمي وغير آمن، ويشير انعدام الأمن الوظيفي إلى العمل غير مثير للاهتمام، والأجر الضعيف، والتهميش داخل المُؤسّسة المُشَغِّلَةة، مما يخلق شعورًا قويًّا ومَشْرُوعًا بالظلم، كما إن معظم العمال الذين يعملون في وظائف غير مستقرة معرضون للخطر، وهم عادة عمال شُبّان أو محدودي التجربة أو متقدمين في السن ويتم توظيفهم للقيام بمهام خطيرة أو تتطلب جهدًا بدنيًا، مما يعرضهم – أكثر من غيرهم – لخطر أكبر للحوادث والإصابات والأمراض المهنية…  

    إن انعدام الأمن الوظيفي يعني عدم القدرة على التخطيط للمستقبل المهني، وعدم ضمان الحماية الاجتماعية على المدى الطويل، وعدم الاستفادة من استدامة علاقة العمل، وعدم استقرار مستوى الدخل، ويرتبط عدم الاستقرار الوظيفي بغياب الأمن المادي والنّفسي، مما قد يؤدي إلى الفقر المدقعويؤثر على عدة مجالات من الحياة، لأن الروابط بين عدم الاستقرار والفقر وثيقة للغاية دائماً، فالأشخاص الذين يعيشون في حالة عدم استقرار غالباً ما يكونون فقراء أو يصبحون كذلك بسبب ضعف دخلهم ووسائل معيشتهم، ويُؤَدِّي عدم الاستقرار الوظيفي إلى البطالة والتهميش. إن العمل المؤقت هو شكل من أشكال عدم اليقين ويؤدي إلى عدم استقرار ظروف العمل والحياة الأُسَرِية والسكن والعلاقات الإجتماعية وما إلى ذلك.

    الطّاهر المعز

  • Farida Bemba Nabourema-La fin du “soft power” et le retour de la force brute : l’Afrique doit se préparer aux attaques de l’impérialisme américain.

    Farida Bemba Nabourema-La fin du “soft power” et le retour de la force brute : l’Afrique doit se préparer aux attaques de l’impérialisme américain.

    Farida Bemba Nabourema 

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    Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en 2025 a été accueilli dans certains cercles africains par une forme de jubilation. Beaucoup ont salué, avec enthousiasme, ses premières annonces visant à démanteler les agences d’aide internationale et à réduire drastiquement l’influence américaine à l’étranger. Pour certains, cela signifiait enfin la fin d’une ère d’ingérence occidentale dans les affaires internes de l’Afrique. Ce soulagement, pourtant, repose sur un raisonnement à la fois simpliste et profondément naïf.

    Il est vrai que l’aide étrangère a souvent été utilisée comme un outil de domination. Derrière les promesses de développement, de démocratie et de droits humains, se sont souvent cachés des objectifs géostratégiques clairs : influencer les choix politiques, sécuriser des ressources, asseoir une hégémonie. La critique de cette instrumentalisation est légitime. Mais croire que l’effondrement volontaire de cette façade par le régime Trump annonce une ère de respect des souverainetés est une grave erreur d’analyse.

    Car ce que représente aujourd’hui l’administration Trump n’est pas un retrait de l’impérialisme américain, mais un changement de forme : plus direct, plus brutal, plus assumé. Le nouveau gouvernement américain n’a aucun intérêt à promouvoir un monde équilibré ou multipolaire. Il est dirigé par des idéologues qui ne croient ni à l’égalité entre les peuples, ni au droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Ce qu’ils revendiquent, c’est le retour à une domination sans masque, fondée sur la peur, la force et l’intimidation.

    Les institutions d’aide, aussi problématiques soient-elles, servaient jusqu’ici à donner une apparence de légitimité à l’interventionnisme occidental. Elles offraient, dans certains cas, des marges de négociation ou des espaces d’expression aux acteurs locaux. Leur disparition ne signifie pas que les États-Unis vont « laisser l’Afrique tranquille ». Elle signifie que les États-Unis ne se sentent plus obligés de faire semblant. Ce qui nous attend, ce n’est pas le silence, mais le choc.

    Dans un contexte de rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine, où les ressources africaines deviennent un enjeu central de la guerre économique et technologique, notre continent risque de redevenir un terrain d’affrontement privilégié. La Chine, en reprenant le contrôle de certaines matières premières critiques provoquera une réponse agressive de la part de Washington. Incapable de contraindre Pékin, l’Amérique cherchera à démontrer sa puissance en s’attaquant à des cibles plus faciles. L’Afrique, affaiblie, sous-équipée, sera utilisée comme vitrine de la violence impériale retrouvée.

    Les pays les plus vulnérables seront les premiers exposés. Des dirigeants accusés de ne pas « coopérer » seront ouvertements attaqués. Les pays perçus comme hostiles seront déstabilisés. Des opérations militaires seront lancées sous prétexte de lutter contre le terrorisme ou de protéger la stabilité régionale. En réalité, il s’agira de contrôler les ressources, de sécuriser des routes commerciales, et d’envoyer un message clair au reste du monde : l’Amérique est de retour, et elle ne négocie plus.

    Face à cette nouvelle réalité, l’Afrique ne peut pas rester passive. Il ne suffit plus de dénoncer l’impérialisme. Il faut s’en protéger activement. Nous devons renforcer nos alliances régionales, construire des stratégies de résilience collective, investir dans notre autonomie politique, économique et technologique. Il est impératif que les peuples africains reprennent le contrôle de leurs outils de défense, de leur diplomatie et de leurs institutions. La dépendance, même réduite, reste une faille stratégique.

    Le retour de Trump ne marque pas la fin de l’ingérence occidentale, mais sa radicalisation. Ce n’est pas une ouverture vers plus de souveraineté, mais un avertissement que la guerre nous attend. L’Afrique n’aura pas droit à la paix, sauf si elle est capable de l’imposer elle-même.

    Ceux qui se réjouissent aujourd’hui de voir les États-Unis fermer ou suspendre leurs programmes d’aide, ou annoncer des rapatriements massifs de migrants, ignorent que ces décisions ne visent pas à laisser l’Afrique et les pays du Sud libres de déterminer leur propre voie. Au contraire, elles cherchent à les isoler davantage, à les fragiliser et à préparer le terrain à une politique étrangère brutale fondée sur la force et les rapports de domination. Ce n’est pas un retrait, c’est une reconfiguration.

    Car en réalité, ce que représente le régime Trump, c’est l’adhésion assumée à une vision du monde fondée sur ce que les théoriciens des relations internationales appellent le réalisme. Contrairement au libéralisme, qui met l’accent sur la coopération internationale, les institutions multilatérales, le droit et les valeurs universelles comme la démocratie ou les droits humains, le réalisme part du principe que le monde est anarchique, que chaque État agit uniquement en fonction de ses intérêts, et que la force prime sur les principes.

    Dans cette logique, il n’y a pas de place pour la solidarité entre nations, ni pour la morale dans les choix diplomatiques. Ce qui compte, c’est la puissance. Ce qui justifie l’action, c’est le calcul stratégique. Et ce qui fonde les relations internationales, ce sont les rapports de force, non les traités ou les idéaux. Pour les réalistes, il n’y a pas de “communauté internationale”, seulement des États rivaux qui luttent pour leur survie et leur influence.

    Le trumpisme s’inscrit pleinement dans cette tradition. Il ne cherche pas à convaincre, mais à soumettre. Il ne veut pas construire des ponts, mais imposer des murs. Il ne parle pas d’égalité, mais de suprématie. Et dans cette configuration, les nations les plus faibles deviennent les premières cibles, non parce qu’elles représentent un danger, mais parce qu’elles sont faciles à écraser.

    L’Afrique, si elle ne s’organise pas dès maintenant, risque d’être le théâtre de cette nouvelle realpolitik américaine, où les discours sur les droits humains seront abandonnés non pour mieux respecter nos souverainetés, mais pour mieux imposer les leurs. Nous ne serons plus les partenaires fragiles d’un ordre hypocrite, mais les victimes désignées d’un ordre cynique.

    La seule réponse possible est l’organisation. Une organisation lucide, stratégique, sans complaisance. C’est à nous, Africains, de décider si nous voulons continuer à être les spectateurs impuissants de notre propre mise en danger ou les architectes d’un continent libre, uni et souverain.

    Farida Bemba Nabourema

    Citoyenne Africaine Désabusée!

    Source : TOGO INFO PLUS https://www.facebook.com/groups/332132147278400/?multi_permalinks=2071226190035645&hoisted_section_header_type=recently_seen&__cft__[0]=AZXnV3Ude6h7FaZIxo7UaXaJWmRhEkToQayVVyU9Om5xCycXp_sVWm8idSLBqx52RAMiv8JfrNi-BjeqxC6Q2O572ix_-LbFPB_4q6C2FJ7qbqGO0ya80wEDrOnl06L6VuTZTcSDclhnhxbveQXKbX2cda-ql3jPc1LpVkqqReiOO8MtTsIGwVXh09UWld8mtY8&__tn__=%2CO%2CP-R

  • الطاهر المعز-مُتابعات – العدد العشرون بعد المائة بتاريخ التّاسع عشر من نيسان/ابريل 2025

    الطاهر المعز-مُتابعات – العدد العشرون بعد المائة بتاريخ التّاسع عشر من نيسان/ابريل 2025

    يتضمن العدد العشرون بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية فقرة عن تجمع تضامني نظمه الصحافيون العاملون في فرنسا، تضامنًا مع زملائهم الفلسطينيين، تليها فقرة عن عُملاء عرب، وعن السباق بين السعودية والإمارات في مجال العمالة للولايات المتحدة وفي مجال تخريب البلدان العربية، وفقرة عن بعض أسباب الحرب الإقتصادية التي أعلنتها الولايات المتحدة على الصّين وفقرة عن إعادة تسليح أوروبا وفقرة عن التناقض بين توجهات الحكومة ( إعادة التّسلح وإنعاش الصناعات الحربية) واحتياجات المواطنين، مثل الحاجة للسّكن وفقرة عن ارتفاع ثروة مُستثمِري وادي السيليكون (كاليفورنيا) وعميق فجوة الدّخل والثروة بين الأثرياء وسُكّان المنطقة وفقرة عن مشاريع الهيمنة الأمريكية طويلة الأجل ( أجل غير محدود ) على ثروات أوكرانيا

    نظّم بعض الصحافيين العاملين بوسائل الإعلام الفرنسية تجمُّعَيْن تضامُنِيَّيْن مع زملائهم في غزة، يوم السادس عشر من نيسان/ابريل 2025، قبل يوم واحد من يوم الأسير الفليطيني، أحدهما في مدينة باريس والثاني في  مدينة مرسيليا، وأصدروا بيانًا هذا مُلَخّصُه:

    أدت الغارات على قطاع غزة إلى مقتل أكثر من مائتَيْ صحفي وإعلامي فلسطيني خلال ثمانية عشر شهراً، وفقًا للمنظمات الدولية المدافعة عن الصحفيين، مثل مراسلون بلا حدود، ولجنة حماية الصحفيين، والاتحاد الدولي للصحفيين، بالتعاون مع نقابة الصحفيين الفلسطينيين، مما يُشكّل مذبحة لا مثيل لها في تاريخ مهنتنا، وفي تاريخ كل الصراعات، وفق دراسة حديثة أجرتها جامعة براون الأميركية

     […]كان جميع هؤلاء الزملاء المُستهدَفِين يرتدون الخوذات والسترات الواقية من الرصاص، والتي تحمل عبارة  »   « صحافة »، مما يشير بوضوح إلى أنهم محترفون في مجال الإعلام وتم اغتيالهم لمنعهم نهائيا من نقل وقائع ما يجري في غزة، وقد تلقى بعضهم مكالمات هاتفية تهديدية من مسؤولين عسكريين أو من قِبَلِ المتحدث باسم الجيش المُعْتَدِي، وتشير كل المُعطيات إلى أنهم تعرضوا لاستهداف متعمد من قبل الجيش الإسرائيلي ( كما وردت في البيان).

    […] وباعتبارنا صحفيين ملتزمين بشدة بحرية الإعلام، فمن واجبنا أن ندين هذه السياسة، وأن نظهر تضامننا مع زملائنا الفلسطينيين، وأن نطالب مرارا وتكرارا بالحق في دخول غزة… نحن لا نطلب هذا لأننا نعتقد أن التغطية الإعلامية لأحداث غزة لن تكون مكتملة بدون الصحفيين الغربيين، بل إن هدفنا هو نقل وحماية زملائنا الفلسطينيين من خلال تواجدنا، والذين يظهرون شجاعة لا تصدق، من خلال إرسال صور وشهادات لنا عن المأساة التي لا يمكن قياسها والتي تجري في غزة…

    تُمثّل الإنقلابات العائلية – بدعم الإستخبارات والقوى الأجنبية – قاسمًا مُشتركًا لحكام الخليج ( انقلاب قابوس بن سعيد على أبيه في عُمان وأبناء زايد على أبيهم في الإمارات ومحمد بن سلْمان على أبيه في السعودية وحمد على أبيه في قَطَر…)،  ويتوافق حكام السعودية والإمارات على « الإثم والعدوان » وعلى تخريب البلدان العربية ( سوريا وليبيا واليمن…) والتّآمر على الشعب الفلسطيني والشُّعُوب العربية علنًا، ولكنهم يتنافسون مدى القُدْرَة على التخريب والتّدمير، مُستخدمين عائدات الرّيع النفطي والدّيني ( السعودية) والنفطي والتجاري ( الإمارات)، وبلغت هذه المنافسة – غير الشّريفة – خلال الأشهر الأخيرة حدّ السباب والشتائم على منصات التواصل الاجتماعي، حيث يدّعي كل فريق إنه أكثر عمالة للإمبريالية الأمريكية وأكثر عداءً للشعب اللفلسطيني، وفي باب سباق العُملاء، أعلن محمد بن سلمان، إثر انتخاب دونالد ترامب اعتزامه استثمار مبلغ يتراوح بين  600 مليار و تريليون دولار في الإقتصاد الأمريكي، مما دَفَع أبناء زايد في الإمارات إلى إعلان استثمار 1,4 تريليون دولار في الولايات المتحدة، وراجت بعد ذلك إشاعة تفيد إن آل سعود سوف يرفعون مبلغ استثماراتهم في الإقتصاد الأمريكي إلى 1,5 تريليون دولار، وتعود حدّة التّنافس إلى رغبة كل من محمد بن سلمان ومحمد بن زايد في حماية نظامَيْهِما من قِبَل الإمبريالية الأمريكية، وتمتد المنافسة بينهما منذ عشر سنوات إلى اليمن ومصر والسودان وغيرها، ولا يزال التطبيع السعودي مع الكيان الصهيوني يجري في الكواليس، فيما قَطَعت الإمارات أشواطًا في مجال التطبيع العلني مع الكيان الصهيوني، غير إن نفوذ الإمارات في السودان يتعرّض لانتكاسة بفعل الهجوم المُضادّ الذي يشنه الجيش السوداني، وهزيمة قوات الدّعم السريع في الخرطوم ( 26 آذار/مارس 2025) وتدعم الإمارات – المتورّطة كطرف في حرب السودان منذ سنوات – قوات « الدّعم السريع » التي أصبح وجودها مقتصرًا على جنوب غرب البلاد، وولايات دارفور على الحدود مع تشاد وجمهورية أفريقيا الوسطى، ومع جنوب السودان، حيث يدعم نظام جنوب السودان وأهم شركائه التجاريين ( الإمارات وأوغندا وكينيا ) قوات الدّعم السريع، وتُغذّي الإمارات الحرب في هذه المناطق من خلال نهب الذّهب والموارد السودانية مقابل إمدادات الأسلحة، مما قد يُغذّي النّزعات الإنفصالية في المناطق الغنية بالمعادن، على غرار جنوب السودان الذي أدّى انفصاله إلى حرمان السودان من حوالي 75% من مواردها النفطية… 

    نشر موقع مجلة « إيكونوميست » يوم 18 شباط/فبراير 2025، تحليلا قصيرًا عن سيطرة السيارات الصينية على أسواق دول « جنوب العالم »، وسيطرة شركة بي واي دي الصينية سوق السيارات الكهربائية، بعدما أصبحت أكبر الشركات إنتاجا لها وفق وكالة رويترز ( 23 آذار/مارس 2025) وسبق أن نشرت وكالة رويترز/طومسون يوم الثامن عشر من شباط/فبراير 2025، تحليلا عن توسّع شركات السيارات الصينية في الأسواق العالمية، خاصة في دول الأَطْراف، حيث تجاوزت شركات مثل « بي واي دي » و »جيلي » الشركات « الغربية » من حيث الصادرات، وبلغ حجم الصادرات الصينية 4,7 ملايين سيارة سنة 2024، بفعل زيادة إنتاج السيارات الكهربائية وكذلك محركات الاحتراق الداخلي، وكتبت مجلة « إيكونوميست » البريطانية: تم تقييم سيارة « بي واي دي » الصينية في معرض ديترويت ( الولايات المتحدة) للسيارات، سنة 2009، وجاء تقييم الأداء من حيث « التصميم وجودة البناء والتشطيب » مخيبا للآمال، إلا أنه منذ ذلك الحين، شهدت صناعة السيارات العالمية تحولا جذريا، حيث أصبحت الصين أكبر مُصَنّع للسيارات في العالم، وتفوّقت على شركة تسلا المملوكة لإيلون ماسك، لتصبح الشركة الصينية أكبر منتج في العالم للمركبات الكهربائية بالكامل من حيث الحجم، كما تتفوق بفارق كبير عند احتساب السيارات الهجينة القابلة للشحن، وتمكّنت شركة « بي واي دي » من وضع حدّ لسيطرة شركات السيارات الأجنبية على سوق السيارات في الصين، ونجحت « بي واي دي » وشركات صينية أخرى مثل شيري وجيلي وسايك في تحويل الصين إلى أكبر مُصدر للسيارات في العالم، والتّفوّق على كل من ألمانيا واليابان، وتطمح للإطاحة بفولكس فاغن وتويوتا من قمة صناعة السيارات العالمية، ورفع حجم مبيعاتها الخارجية إلى 7,3 ملايين سيارة سنة 2030، وارتفعت حصة العلامات التجارية الصينية في مبيعات المركبات الكهربائية بأوروبا من نحو 4% سنة 2021 إلى 10% سنة 2024، وفق وكالة رويترز (25/03/2025)، وعرقات العقبات والرّسوم الجمركية التي فرضتها الولايات المتحدة على الصادرات الصينية بنسبة 100% منذ رئاسة جوزيف بايدن، دخول المركبات الكهربائية الصينية إلى السوق الأميركية، كما تزايدت العقبات في أسواق الهند وكوريا الجنوبية واليابان، لكن السيارات الصينية على حصة هامة من الأسواق الأخرى: 15% من سوق المركبات في تايلند، على سبيل المثال، وركّزت الشركات الصينية على دول جنوب شرق آسيا والشرق الأوسط وأميركا الجنوبية ( البرازيل والمكسيك…) وأفريقيا، وهي أسواق تشكل مجتمعة أكثر من 20 مليون عملية بيع، فيما تعد روسيا أكبر مستورد للسيارات الصينية، خصوصًا بعد انسحاب شركات السيارات « الغربية » منذ بداية الحرب في أوكرانيا ( شباط/فبراير 2022)، حيث ارتفعت حصة العلامات التجارية الصينية في السوق الروسية من 9% سنة 2021 إلى 61% سنة 2023، وفقا مجلة إيكونوميست، وتحاول  شركات السيارات الصينية الإلتفاف على الرُّسُوم الجمركية من خلال بناء مصانع في الخارج، مثلما فعلت شركة « بي واي دي » في تايلند وأوزبكستان وتخطط لإنشاء مصانع في البرازيل والمجر وإندونيسيا وتركيا والمكسيك.

    ارتفعت مبيعات السيارات الكهربائية في الصين من نحو مليون سيارة سنة 2019 إلى 11,3 مليون سيارة سنة 2024، مسجّلة نموًا بأكثر من 10 أضعاف خلال 5 سنوات، بفضل الدعم المالي الحكومي الذي يُقدَّم في إطار برامج استبدال السيارات التقليدية بأخرى كهربائية، وعلى سبيل المقارنة بلغت مبيعات السيارات الكهربائية 1,5 مليون سيارة في الولايات المتحدة، رغم زيادة بنسبة 10% في مبيعات السيارات الكهربائية خلال العام 2024، وقد ينخفض حجم المبيعات بسبب تصريحات الرئيس الأميركي دونالد ترامب بشأن  إلغاء الدعم الحكومي، وفي أوروبا، انخفضت مبيعات السيارات الكهربائية خلال سنة 2024 وبلغت نحو 3,2 ملايين سيارة وبلغت نسبة الإنخفاض 6% مقارنة بسنة 2023، بسبب تباطؤ المبيعات في ألمانيا، ويُتوقَّعُ أن ترتفع مبيعات السيارات الكهربائية خلال سنة 2025، بنسبة 18% لتتجاوز 20 مليون وحدة وأن تبيع الشركات الصينية وحدها 12,9 مليون سيارة كهربائية… 

    أقَرّ البرلمان الأوروبي ( ذو السّلطة الرمزية والضعيفة أمام المفوضية الأوروبية التي تمثل الحكومات) يوم الثاني عشر من آذار/مارس 2025 « الكتاب الأبيض حول مستقبل الدفاع الأوروبي »، وهو عبارة عن تبرير سياسي لخطة الإستثمار الأوروبي المُكثّف في صناعة الأسلحة، أو « إعادة تسليح الاتحاد الأوروبي » خلال السنوات الخمس القادمة، ويُقدّم وجهة نظر الإتحاد الأوروبي ( الحكومات ونواب البرلمان الأوروبي) بشأن الوضع العالمي، واعتبر هذا النّص المُصادَق عليه من قِبَل من يُعتبرون نواب الشعوب الأوروبية : » إن أمن أوروبا مرتبط بقدرة أوكرانيا على مقاومة روسيا ( خصوصًا إثْر ) التغيير في السياسة الأمريكية:  » (…) مما يفرض على أوروبا تعزيز أمنها ودفاعها لتكون قادرة على مساعدة أوكرانيا… » ويُهاجم النّص روسيا التي يعتبرها « العدو المشترك للاتحاد الأوروبي » كما يُهاجم الصّين التي  » تُشكِّل خطرًا على الأمن الإقليمي والعالمي، وكذلك على المصالح الاقتصادية للاتحاد الأوروبي، وعَدُوًّا منهجيا للإتحاد الأوروبي (…) وتُقَوِّضُ النظام الدولي القائم على القواعد من خلال انتهاجها المتزايد لسياسة خارجية حازمة وسياسات اقتصادية وتنافسية عدائية، في إطار تحوُّلِها إلى قوة مهيمنة… »، كما يصف النّص « خطورة الوضع في إفريقيا على أمن واستقرار الإتحاد الأوروبي، بسبب الحروب ( التي تشعلها أوروبا وشركاتها العابرة للقارات) والإرهاب وعدم الاستقرار وانعدام الأمن والفقر وتغير المناخ في منطقة الساحل وشمال شرق أفريقيا وليبيا ( وتشكل هذه العوامل) مخاطر جسيمة على أمن الاتحاد الأوروبي… ويرتبط عدم الاستقرار وانعدام الأمن في الجوار الجنوبي ومنطقة الساحل ارتباطًا وثيقًا ويَظَلّان خطرًا دائمًا على إدارة الاتحاد الأوروبي لحدوده الخارجية… »

    يتمادى النّصّ في تحليل الوضع في مناطق أخرى من العالم، مع المُرُور مَرّ الكرام على مُساهمة الإتحاد الأوروبي ( خصوصًا كدُوَل أعضاء في حلف شمال الأطلسي ) في تخريب الوطن العربي وإفريقيا، لِيُبَرِّرَ زيادة الإنفاق العسكري « لمجابهة التّحدّيات المتعلقة بالأمن والهجرة وتغير المناخ وبالتنمية الإقتصادية وتكثيف المنافسة… » ويرى ممثلو الحكومات والنواب الحلَّ في إعادة التّسلّح والتّحرّش بروسيا والصّين و « تزويد الإتحاد الأوروبي بالوسائل الكفيلة بضمان أمنه ومواجهة التّحدّيات » ويُبرّر النّص  » التّدخّل العسكري وإرسال الجيوش إلى جميع القارات لضمان وجود ومصالح أوروبا ».

    بعد التبرير السياسي وتحديد الأهداف، يأتي ذكر الموارد الهائلة التي تتطلّبها استراتيجية الإتحاد الأوروبي ( الذي يتخذ قراراته بإجماع مُمَثِّلِي الحكومات)، وتتمثل في « تعزيز صناعة الدّفاع لضمان أمن القارة » وقدَّرتها المُفَوّضيّة الأوروبية بنحو ثمانمائة مليار يورو، خلال السنوات الخمس القادمة « لمواجهة العدوان الرّوسي »، ووجب على كافة الدّول زيادة ميزانياتها العسكرية، وعلى سبيل المثال حددت فرنسا لنفسها هدف مضاعفة ميزانيتها العسكرية لتصل إلى 100 مليار يورو بحلول العام 2030، ونظرًا لضُعف قدرات التصنيع العسكري الأوروبي – خصوصًا في مجال المُكَوّنات الإلكترونية – سوف يستفيد المُجَمّع الصناعي العسكري الأمريكي من هذه المبالغ الضّخمة، في ظل هيمنة الأسلحة الأمريكية على أسلحة الدّول الأعضاء في حلف شمال الأطلسي، خلافًا لما تروجه حكومات الإتحاد الأوروبي (خصوصًا فرنسا وألمانيا) من  » خلق فرص العمل والخروج من الأزمة الاقتصادية والاجتماعية والسياسية « ، ويُساهم الإعلام في الحملة الإيديولوجية لتخويف المواطنين من « العدوان الرّوسي الوَشيك »…

    من الناحية الإقتصادية يُمثل الإنفاق العام ( شراء الدولة للمعدات العسكرية )، من الناحية النّظرية ومن وجهة النظر الكينزية المُبسّطة  » دعمًا للنشاط الإقتصادي وللنمو »، غير إن كافة الحكومات الأوروبية ترفع سن التقاعد وتُخَفِّضُ قيمة المعاشات والإنفاق على الصّحّة والتّعليم والإسكان، ولا تتضمن خطط الموازنة مُخصّصات إضافية للتدريب والبحث العلمي، وبالتالي لن ينتفع قطاع التّصنيع ولن تكون زيادة الإنفاق العسكري سوى فرصة إضافية لزيادة أرباح المصارف والشركات والأثرياء ولن تعود بالنّفع على العاملين والفُقراء، بل بالعكس يتم تحويل الإنفاق الإجتماعي إلى إنفاق حربي لا يحتاج سوى العمالة المُؤهّلة وبعض المهندسين والفنيين…

    إن الدعوات الأوروبية لإعادة التسلح مفيدة لبعض الرأسماليين في قطاع غير تنافسي ذي ربحية مرتفعة، خصوصًا بعد عمليات الإندماج  بين شركات صناعة الأسلحة الأوروبية، وأهمها اندماج شركة نيكستر (المعروفة سابقًا باسم جيات) الفرنسية مع شركة أسلحة ألمانية، كما إن ارتفاع نفقات التسلّح تزيد من مستوى الدّيْن العام الذي يُسدّده المواطنون في شكل ضرائب مُباشرة أو غير مباشرة وفي شكل انخفاض حصّة النفقات الإجتماعية والمرافق والخدمات العمومية…

    تبدو حكومات فرنسا وألمانيا ومعظم حكومات دُوَل الإتحاد الأوروبي عاجزة عن توفير المال للرعاية الصحية والمُستشفيات العمومية والتعليم والنقل، ولكنها مستعدة لمضاعفة الميزانيات العسكرية، وهي في حالة استعداد للحرب ضدّ روسيا، وأعلنت حكومة فرنسا « إعادة تنشيط الصناعات العسكرية » وجَمَعَت مصنعي الأسلحة والمصرفيين والمستثمرين لتنظيم زيادة إنتاج البارود والمدافع والصواريخ والدبابات والطائرات المقاتلة والطائرات الآلية (بدون طيار)، كخطوة في الطريق نحو الحرب، وأعَدّت الدّولة – في استعادة لمناخ أيام الحرب – كُتيّبًا دِعائِيًّا من ثلاثين صفحة يقدّم تعليمات بخصوص الإجراءات التي يجب القيام بها للبقاء على قيد الحياة ولحماية النّفس في حالة « وجود تهديد وشيك لأمن فرنسا » ويحثّ الكُتَيّب على الوشاية بتعلّة المُشاركة في المجهود الحربي وتلافي الأضرار…

    تتضمّن الدّعاية السياسية للحرب جانبًا « فَرْعِيًّا » يتمثل في « فَرْض الإنضباط » و « الطّاعة » على العُمّال وإجبارهم على زيادة وتيرة العمل وخفض أو إلغاء الحوافز والمكتسبات، بذريعة « إن البلاد، بل قارة أوروبا كلّها، في حالة خَطَر » مِمّا يُبرّر مضاعفة ميزانية الحرب وعدد الجنود والطائرات والسفن الحربية والصواريخ ( وجميعها من إنتاج شركات خاصّة يُسيطر مالكوها على قطاعات صناعية أخرى وعلى الإعلام وعلى العديد من مجالس البلديات والأقاليم ومقاعد البرلمان وبالتالي فإن ضخ عشرات أو مئات المليارات في الصناعات الحربية يُشكل فرصة ذهبية لتجار الأسلحة للدفاع عن مكانة الإمبريالية الفرنسية في العالم، ولضمان حُصُول الرأسماليين الفرنسيين على نصيبهم من الكعكة في تقطيع أوصال أوكرانيا أو الكونغو أو أي بلد آخر، وتَتِمّ ترجمة زيادة الإنفاق الحربي بخفض ميزانيات الصحة والتعليم والخدمات والسّكن والنّقل وخفض عدد إلأطباء والممرضين والمُدَرِّسِين، ففي فرنسا يصل عدد المتقدمين للحصول على السكن الاجتماعي إلى مستويات قياسية، ويُقدّر عدد الأُسَر التي تقدّمت بمطالب للحصول على السّكن الإجتماعي بأكثر من 2,6 مليون أُسْرَة، سنة 2020، ويوجد في شوارع باريس وضواحيها حوالي ألْفَيْ طفل بدون مأوى، وارتفعت درجة البؤس مما جعل حوالي 900 ألف أسرة عاجزة عن دفع إيجار السكن الاجتماعي بنهاية سنة 2022، بسبب ارتفاع قيمة الإيجار والطاقة بشكل مُجحف، وفقًا للمسح الوطني الذي أجراه اتحاد السكن الاجتماعي ونشره خلال شهر كانون الثاني/يناير 2024، ويمثل هذا الرقم 19.6% من الأسر المستأجرة في مساكن اجتماعية (  HLM)، و تم طرد واحد وعشرين ألفًا وخمسمائة أسرة من منازلها من قبل سلطات إنفاذ القانون سنة 2023، وهو ما يمثل زيادة بنسبة 23% مقارنة بالعام 2022.

    نشرت المُؤسّسة البَحْثِيّة، « جوينت فينتشر سيليكون فالي » يوم السابع من آذار/مارس 2025، تقريرها السّنوي ( منذ 1995 ) الذي يعنى بتحليل الظروف الاقتصادية والاجتماعية في منطقة وادي السيليكون وأَظْهَر التقرير زيادة غير مسبوقة في تركّز الثروة في هذه المنطقة الصناعية والتكنولوجية، حيث يمتلك أغنى تِسْع أثرياء ما يعادل 15 ضعف ما يملكه نحو 50% من العدد الإجمالي لسكانها نصف سكانها مجتمعين، وعبّر مُدير منظمة « جوينت فينتشر سيليكون فالي » عن تخوفه من اتساع فجوة الثروة التي قد تُشكّل « عاملا مزعزعًا للاستقرار » مما يُنذر ببوادر ثورة اجتماعية.

    تمتد منطقة « وادي السيليكون » بين سان فرانسيسكو وسان خوسيه، وتحتضن نحو 56 مليارديرًا و145 ألف مليونير، ويستحوذ 1% فقط من السكان -حوالي 9 آلاف أسرة- على 42% من إجمالي الثروة، بما يعادل 421 مليار دولار، كما يملك 10% من السكان 71% من الثروة الجماعية سنة 2024، بزيادة نقطة واحدة مقارنة بعام 2023، ويتصدّر مارك زوكربيرغ ( شركة ميتا وشركة تسلا…) قائمة الأثرياء، تليه لورين باول جوبز (وريثة مؤسس آبل) ومؤسسَيْ « غوغل » لاري بيغ وسيرجي برين، ثم جينسن هوانغ الرئيس التنفيذي لـ »إنفيديا » وإريك شميدت المدير التنفيذي السابق لغوغل، وجان كوم مؤسس واتساب، وروبرت بيرا مؤسس « يوبيكويتي نيتووركس » والمُستثمر جورج روبرتس…

    أما بالنسبة لعموم السّكّان فإن متوسط الدخل السنوي مرتفع ويصل إلى 157,1 ألف دولار للفرد، وهو ضعف المتوسط الوطني، ومع ذلك فإن 30% من الأسر في وادي السيليكون فقيرة وتعتمد على المساعدات الإجتماعية، وتعيش 10,1% من العائلات بأقل من خمسة آلاف دولار سنويًا، فيما يواجه 37% من الأطفال خطر انعدام الأمن الغذائي، كما تضم المنطقة 12,5 ألف مشرد، بالإضافة إلى حوالي ثمانية آلاف آخرين في مدينة سان فرانسيسكو لوحدها، وفق تقرير « جوينت فينتشر سيليكون فالي » التي علّق مُديرها :إن النظرية التقليدية التي تفترض إن ازدهار الإقتصاد يعود بالنّفع على الجميع خاظئة، ولا تنطبق على وادي السيليكون، حيث لا تستفيد من النّمو سوى قِلّة من المواطنين، خصوصًا لأن قطاع التكنولوجيا يعتمد على قوة رأس المال الاستثماري وليس على الرواتب، فضلا عن تباطؤ نمو الوظائف، إذ وفّرت شركات التكنولوجيا 75 ألف وظيفة جديدة بين سنتَيْ 2020 و2022، لكنها سرعان ما ألغت أكثر من ثمانين ألف وظيفة بين سَنَتَيْ 2023 و2024، أي إن نمو الوظائف كان سلبيًّا بين 2020 و 2024، لأن التركيز انتقل من النمو السريع إلى الكفاءة، مما أدّى إلى ارتفاع الأرباح بدون تحقيق تحقيق نمو المنطقة ككلّ، خصوصًا في مدينة سان فرانسيسكو التي تأثّرت بالتغيرات الاقتصادية بشكل خاص وفقدت قرابة أربعين ألف وظيفة خلال سنتَيْ 2023 و2024، وبقيت نسبة 20% من المكاتب شاغرة، خصوصًا منذ جائحة كوفيد، حيث تم تعميم العمل عن بُعْد، وهو لا يزال مرتفعًا مقارنة ببقية الولايات الأميركية.

    من ناحية أخرى، خسرت منطقة وادي السيليكون جزءًا هامًّا من سُكّانها، ولكن توقّف هذا النزيف بفضل العمال الأجانب الذين أصبحوا يُشكّلون نحو ثُلُثَيْ (66% ) موظفي قطاع التكنولوجيا، ومن بينهم 23% من حاملي الشهادات الجامعية من الهند و18% من الصين و17% فقط وُلدوا في ولاية كاليفورنيا، ويمثل المهاجرون 41% من سكان وادي السيليكون، مقابل 27% في كاليفورنيا عمومًا، و14% في عموم الولايات المتحدة، مما يؤكد – بحسب تقرير منظمة « جوينت فينتشر سيليكون فالي » – أن  » نشاط المنطقة يعكس ظاهرة عالمية بُنيت على عقول كفاءات من جميع أنحاء العالم »، ورغم تباطؤ النمو، لا يزال وادي السيليكون في صدارة الابتكار، حيث كان مصدرًا ل 23,6 ألف براءة اختراع تم تسجيلها سنة 2024، ولاستقطاب استثمارات رأسمالية بلغت 69 مليار دولار، منها 22 مليارًا في مجال الذكاء الاصطناعي، ومع ذلك، يشير التقرير إلى بداية تراجع الهيمنة لصالح مراكز تكنولوجية ناشئة حول العالم.

    من جهة أخرى، تعكس المنطقة عدم توازن بين عدد الموظفين وتطور البنية التحتية وخصوصًا في مجال الإسْكان، حيث تعاني الشركات من أزمة إسكان حادة بسبب ارتفاع الأسعار، وارتفع متوسط سعر المنازل خلال عقد واحد بنسبة 53% ليصل إلى 1,9 مليون دولار، مما اضطر عددا من الشركات الكُبرى إلى التّوسّع في مدن أخرى مثل أوستن في تكساس وسياتل، حيث ارتفعت نسب التوظيف بنسبة 11% و15% على التوالي، كما حصلت مدينة أوستن على 2781 تصريح بناء لكل 100 ألف نسمة خلال الفترة ما بين كانون الثاني/يناير 2023 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، أي 5 أضعاف مدينة سان خوسيه، وعشْرة أضعاف مدينة سان فرانسيسكو، مما يشير إلى توجّه واضح للشركات نحو بيئات أكثر دعمًا للنمو العقاري، وبينما تسعى حكومة كاليفورنيا إلى فرض خطط بناء جديدة، لا تزال البلديات مترددة في التنفيذ، مما قد يهدد مستقبل النمو في وادي السيليكون.

    صرّح وزير الخزانة الأمريكي سكوت بيسنت يوم الأربعاء 26 آذار/مارس 2025، إن الولايات المتحدة قدّمت وثيقة مُعَدَّلَة للشراكة الإقتصادية مع أوكرانيا بشأن المعادن الموجودة في جميع أنحاء أوكرانيا، بما في ذلك تلك التي لم يتم استغلالها، ووصف بعض نواب البرلمان الأوكراني مشروع الإتفاق بالكارِثِي، ولا يترك نصيبًا لبريطانيا والدّول الإتحاد الأوروبي، لأن النسخة الجديدة من اتفاقية المعادن تجعل الولايات المتحدة مُختكِرة – خلال فترة غير مُحدّدة – لاستخراج المعادن الأرضية النادرة وجميع معادن أوكرانيا والبنية التحتية المرتبطة باستخراجها، مع تمتع الولايات المتحدة بحق نقض على استخراجها من قبل أوكرانيا، في مقابل المساعدات الأمريكية المقدمة لأوكرانيا، التي بلغت 120 مليار جولارا، خلال الفترة 2022 – 2024، بحسب معهد كيل، وينص مشروع الإتفاق على إنشاء صندوق يديره خمسة أفراد: ثلاثة أميركيين لهم حق النقض الكامل، وتشمل الإتفاقية جميع المعادن، بما في ذلك النفط والغاز والرواسب غير المستغلة في جميع أنحاء أوكرانيا، وستقوم الولايات المتحدة في البداية بتحصيل العائدات من الصندوق، ثم من أوكرانيا، مع إضافة نسبة 4% وسيتم نقلالأموال الموجودة في الصندوق إلى الخارج…تهدف الولايات المتحدة السيطرة الدائمة على كامل الأراضي والثروات الأوكرانية إلى أجل غير مسمى، ولا يجوز تعديلها أو إنهاؤها إلا بموافقة الولايات المتحدة، وتتمتع الولايات المتحدة بحقوق الأولوية ( الإحتكار ) فيما يتعلق بمشاريع البنية الأساسية الجديدة وحق النقض فيما يتعلق ببيع الموارد إلى بلدان أخرى… 

    الطاهر المعز

Note : 5 sur 5.

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– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris