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Mohamed Bouhamidi-ONG et Otpor en œuvre pour faire de notre Hirak un « printemps arabe » : sur la pseudo « dynamique de la société civile pour une sortie de crise pacifique »

Cette alerte très brève, du 4 avril 2019, qui suit le près l'esquisse télégraphique d'un programme national et démocratique à opposer aux ONG et aux révolutionnaires colorés aussi bien du pouvoir que de l'opposition ou des ONG, reflète une montée en puissance de l'opposition entre les deux orientations fondamentales. Cette alerte répond à une tentative nouvelle des ONG de prendre la direction du "Hirak" et de le cornaquer, une sorte de plan B après l'échec des tentatives de placer Mustapha Bouchachi comme chef "naturel" du Hirak et donc d'une période de transition.
Cette alerte vous permettra de situer dans la temporalité, ce point culminant et en même temps point de bascule du mouvement populaire.
J'ai rajouté au titre originel qui se comprenait dans le contexte de l'époque ce à quoi il faisait référence : la "dynamique de la société civile pour une sortie de crise pacifique"Mohamed Bouhamidi-ONG et Otpor en œuvre pour faire de notre Hirak un « printemps arabe » : sur la pseudo « dynamique de la société civile pour une sortie de crise pacifique »
Publié le 4 avril 2019
Une dizaine d’associations viennent de se donner le nom de « dynamique de la société civile pour une sortie de crise pacifique ». Cette association appelle à une mobilisation massive contre la « transition clanique » et pour « réaffirmer la volonté populaire de changement démocratique ».
La déclaration est séduisante par le style et le vocabulaire mais superbement équivoque par le contenu. Une phrase au milieu du texte est réellement assassine et elle avoue le véritable socle idéologique et politique de appel :
» « Les développements de ces derniers jours et les signaux envoyés par le système, avec notamment la nomination du gouvernement Bedoui et la guerre des communiqués entre la présidence et l’état-major de l’armée, confirment la poursuite de l’option de la transition clanique au sein même du pouvoir … »
Car la bataille des idées et des choix tactiques pour le Hirak se déroule bien sur ce point précis : l’armée a-t-elle agit ces dernières heures en rejetant toute autorité du président sur elle comme un clan du pouvoir ou comme une institution qui nous a rejoint ?
Si elle a agit comme clan du pouvoir nous devons alors lutter contre elle dans la logique juste du départ de toute la caste « Ga3 T »rouhou ».
Là la formulation de « transition clanique » pèse du poids de son non-dit. Vous avez été étonné par la formule ? Moi aussi.
En première lecture, on se demande immédiatement la signification de cette phrase. Le clan renvoie aux liens du sang ou à ces liens reproduits dans un groupe composite, groupe politique, artistique qui se construit sur des rapports de cooptation. Une transition clanique veut dire sans conteste que la transition se fait à l’intérieur du clan de Bouteflika.
L’armée en agissant ainsi aurait agi comme composante du clan de Bouteflika.
Je sais parfaitement que cette formule laisse la voie ouverte à la précision elle-même trompeuse, que cette déclaration vise en réalité et au fond Gaïd Salah et non l’armée. Cela voudrait dire aussi que Gaïd Salah se présente comme successeur de Bouteflika.
D’évidence, s’il le voulait il se serait retiré du gouvernement et de l’État-major. Vous voyez d’ici le cinéma d’un Chef d’Etat-major, ministre de la défense se présenter à la présidentielle après ce formidable Hirak et sous les yeux des pouissances qui n’attendent que le prétexte d’une intervention pour sauver la « démocratie » ?
NON L’ACTE DE MISE EN DEMEURE ADRESSÉE PAR L’ARMÉE AU CLAN ÉLARGI BOUTEFLIKA N’EST PAS L’ACTE D’UN CLAN EN RECHERCHE DU POUVOIR;
Le Hirak a réellement crée la force extraordinaire qui a poussé l’ANP à reconsidérer ses postions et a fini par nous rejoindre. L’armée a agi en tant qu’armée qui nous a rejoint pas comme clan en dispute du pouvoir politique.
Il existe pourtant une nuance. Ce groupe ne nous demandera jamais de nous positionner contre l’armée. Il demande que l’armée se retire de l’équation politique, que la question de la transition ne soit que l’affaire des civils.
Tout cela peut trouver des justifications fondées : le fait que la haute hiérarchie militaire a créé de toutes pièces l’oligarchie actuelle, avec des figures nouvelles à chaque étape de notre enfoncement dans le choix de l’Intfitah et de l’insertion dans le capitalisme mondial. Cette hiérarchie a crée nombre des
partis actuels, elle tué tous les médias qui ne soutenaient pas ses choix et aidé à développer même les médias pourris comme al-nahar et al-chourouk, elle a laissé se développer l’influence française dans tous les secteurs de la vie de notre pays, elle même créé ses oppositions qui pouvaient dire à sa place ce qu’elle ne pouvait exprimer.
cette haute hiérarchie militaire a agi à partir de ses choix pour le capitalisme dès la mort de Boumediene. L’armée en tant qu’institution n’y était pour rien même si elle a assuré pratiquement la stabilté et la sécurité favorables du développement de ces choix qui ont attenté au final à notre sécurité nationale.
Et si nous voulons que jamais plus l’armée ne soit soumise à des choix pareils, il nous faut imposer les choix inverses, et non demander à l’armée de rentrer dans les casernes. Nulle armée n’est jamais dans les casernes , elle est toujours le facteur décisif des combats politiques. Voyez Macron aujourd’hui ou la Commune de Paris en 1871 ou chez nous en octobre 88. Voyez aujourud’hui le Sahel et l’armée française en Afrique;
Dans la phase actuelle de reconquête de notre indépendance nationale perdue à cause l’oligarchie c’est affaiblir considérablement les possibilités de préserver notre État comme État capable de s’affirmer dans l’étang aux crocodiles qu’est devenu le monde actuel.
En bref, notre tâche est d’arracher aux oligarques et aux néocolonialistes la direction de l’armée et de la restituer au peuple dont elle est issue.
Nous imprégner d’une analyse et d’une vision du Hirak n’est pas le seul objectif de cet appel. Il est une tentaive de prendre la tête du mouvement, de le dévier des buts qu’il s’est donnés. prendre sa tête, le cornaquer, le mener vers le but de ceux qui financent la société civile et les ONG. En faire un « printemps arabe ».
Cette fissure créée entre nous et l’amrée peut devenir une faille en une semaine. Elle favorisera le « scénario égyptien » qui consistait à faire tomber le régime,militaire et offrir le pays aux Frères Musulmans, comme l’annonçait Obama dans son discours au Caire le 05 juin 2009.
L’unité peuple-ANP est maintenant encore plus vitale que depuis le 22 février.
Voilà pour quoi j’écris cette courte analyse et vous invite à y réfléchir.
Je rajoute des liens pour monter que beaucoup de ces associations sont financés par le NDI. Le premier lien vous mène directement vers le site du NDI qui affiche l’argent donné à une organisation patronale et à Djazairouna, le deuxième vous renvoie à des extraits du livre de Bensaada « Arabesques américaine$ »
Mohamed Bouhamidi. 04 O4 2019;
https://www.ned.org/region/middle-east-and-northern-africa/algeria-2018/?fbclid=IwAR1UGFgfxIIrkwxWtFPUGgrsCh-r0Ni2n1NRTbSC1koTuuHEl51givnBeqc
http://bouhamidimohamed.over-blog.com/2019/03/les-financements-us-de-la-ligue-des-Liens en rapport
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Tamara Ryzhenkova-la leçon de Kadhafi : Où on se remet à parler de la Lybie

la leçon de Kadhafi : Où on se remet à parler de la Lybie par Tamara Ryzhenkova
Où on se remet à parler de la Lybie
BHL se serait-il donné tout ce mal pour rien ?
Des affrontements armés ont éclaté lundi soir à Tripoli, la capitale libyenne, à la suite d’informations faisant état de l’assassinat d’un haut commandant militaire. Selon Al Jazeera, Abdul Ghani al-Kikli, chef du Dispositif de soutien à la stabilité (SSA) du gouvernement soutenu par l’ONU, a été tué lors d’un échange de tirs dans le sud de Tripoli. L’incident se serait produit au quartier général de la 444e brigade de combat, après l’échec des négociations. Les médias locaux ont fait état de combats et de mouvements de troupes dans les quartiers d’Abou Salim et de Mashrou. Al Jazeera a cité des témoins affirmant que des soldats des 111e et 444e brigades avaient pris d’assaut le quartier général de la SSA, des coups de feu et des explosions ayant été entendus dans divers quartiers de la ville. L’ampleur des combats et le nombre de victimes restent incertains. Des images choquantes circulant sur les réseaux sociaux semblent montrer plusieurs corps. Al Jazeera a rapporté qu’au moins six personnes avaient été blessées. Selon Al Arabiya, des milices de Misrata et d’autres villes ont commencé à se déplacer vers Tripoli la semaine dernière. La SSA a été créée en 2021 par le gouvernement d’unité nationale pour maintenir la sécurité dans la capitale et lutter contre le crime organisé.
La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a déclaré qu’elle « suivait de près les informations faisant état d’un renforcement militaire et d’une escalade des tensions à Tripoli et dans la région occidentale au sens large ».
« Nous appelons de toute urgence toutes les parties à désamorcer immédiatement la situation, à s’abstenir de toute action provocatrice et à résoudre les différends par le dialogue », a déclaré la mission dans un communiqué.
La Libye a sombré dans la guerre civile en 2011 après un soulèvement soutenu par l’OTAN qui a entraîné la mort du dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi. Les combats ont finalement conduit à une impasse entre les gouvernements rivaux basés à Tripoli, à l’ouest du pays, et à Tobrouk, à l’est.
Les derniers affrontements majeurs entre milices à Tripoli ont eu lieu en août 2023, faisant 55 morts et près de 150 blessés. En février 2025, le ministre d’État chargé des affaires du Cabinet, Adel Juma, a survécu à une tentative d’assassinat.
Kadhafi les avait prévenus.
Aujourd’hui, l’UE réalise cyniquement sa sombre prophétie.L’Europe tente de résoudre les problèmes migratoires qu’elle a elle-même créés
en transférant le fardeau à l’Afrique.La crise migratoire aux frontières méridionales de l’Europe couve depuis des décennies. Elle a aujourd’hui atteint un point de rupture. Pour tenter d’endiguer l’afflux de réfugiés, l’UE transfère de plus en plus de responsabilités à des pays tiers, principalement des États africains, souvent eux-mêmes confrontés à l’instabilité. La Libye est l’exemple le plus frappant des conséquences de ces politiques. Aujourd’hui, environ 4 millions de migrants africains y vivent sans statut légal, soit plus de la moitié de la population officielle du pays, qui s’élève à 7,5 millions d’habitants. Plongée dans le chaos après l’intervention occidentale, la Libye est devenue un tremplin pour des millions de personnes cherchant à rejoindre les côtes européennes.

Brutalement assassiné il y a 13 ans, le leader lybien est rétrospectivement réhabilité
Et ce n’est pas seulement le cas pour la Libye : ces dernières années, l’Union européenne a forgé un réseau d’accords avec des pays d’Afrique et du Moyen-Orient, visant à maintenir les migrants plus loin de ses frontières grâce à une combinaison d’incitations financières et de pressions politiques.
La situation critique en Libye est une conséquence directe des efforts déployés de longue date par l’Europe pour contenir les flux migratoires. Selon la Commission européenne, en 2023, la population totale de l’UE s’élevait à 448,8 millions d’habitants, dont 27,3 millions de citoyens non européens et 42,4 millions de personnes nées hors de l’Union.
Malgré une baisse récente des franchissements illégaux des frontières, le problème demeure aigu. Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a indiqué qu’en janvier-février 2025, le nombre de franchissements illégaux avait diminué de 25 %, pour atteindre environ 25 000. Les principales routes passent désormais par l’Afrique de l’Ouest et la Méditerranée centrale, et les migrants viennent principalement d’Afghanistan, du Bangladesh, du Mali et d’autres pays.
La menace d’une migration incontrôlée plane sur l’Europe depuis des années. Il convient de rappeler les avertissements du défunt dirigeant libyen. En 2011, quelques mois avant sa mort, Kadhafi avait déclaré à Tony Blair que son départ plongerait la Libye dans le chaos, renforcerait les groupes terroristes et déclencherait de nouvelles vagues de migration vers l’Europe.
Ces prédictions se sont réalisées : après la guerre civile et l’intervention de l’OTAN, la Libye est tombée dans l’anarchie et est devenue l’un des principaux pôles de transit pour les réfugiés.
La réalité libyenne : camps, esclavage et mort en mer
Selon le ministère libyen de l’Intérieur, plus de 4 millions d’étrangers se trouvent actuellement en Libye, la plupart sans papiers. Nombre d’entre eux sont détenus dans des centres de détention qui, dans un contexte d’anarchie, de trafic de drogue endémique et d’affrontements armés, sont devenus de véritables prisons. Les organisations internationales ont recensé des marchés aux esclaves et des enlèvements de migrants à des fins de travail forcé ou de rançon. Ceux qui ne parviennent pas à atteindre l’Europe sont confrontés à deux options : l’expulsion ou la mort en Méditerranée. L’UNICEF rapporte que plus de 2 200 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée en 2024, dont environ 1 700 le long de la route centrale. Les enfants et les adolescents représentent environ un cinquième des victimes.
PHOTO D’ARCHIVES. Migrants dans un refuge du quartier d’al-Karam, à Misrata, en LibyeLors d’une réunion le 17 mars au ministère de l’Intérieur du Gouvernement d’union nationale (GNU) à Tripoli, le ministre Emad Al-Trabelsi a déclaré que la Libye ne pouvait pas faire face seule à la situation, compte tenu de ses problèmes de sécurité intérieure et de son économie. En présence de diplomates de l’UE, de responsables de l’Union africaine et de représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), il a appelé les pays occidentaux à contribuer au renforcement des frontières sud de la Libye, à lui fournir des équipements modernes de contrôle des migrations et à apporter un soutien plus large au pays.
Le plan Mattei et la délocalisation des migrants : la nouvelle réalité de l’Europe
L’Italie, l’une des premières destinations de nombreux migrants, s’efforce activement de changer la situation. La Première ministre Giorgia Meloni a proposé le Plan Mattei, une initiative de plusieurs milliards d’euros visant à investir dans l’énergie, l’agriculture, l’approvisionnement en eau, la santé et l’éducation dans les pays africains.
Nommé d’après le fondateur d’Eni, Enrico Mattei, le plan repose sur une idée simple : favoriser le développement économique en Afrique pour réduire les incitations à la migration.
Parallèlement, l’Italie n’hésite pas à recourir à un autre outil : la « délocalisation » des migrants, c’est-à-dire leur relocalisation vers des pays tiers. L’Australie a été pionnière dans ce modèle, en envoyant des demandeurs d’asile sur l’île de Nauru dès 2012. Les pays européens adoptent désormais des méthodes similaires.
En Europe, l’Albanie pourrait devenir une plaque tournante du traitement des migrants, en partie grâce aux efforts italiens. Dans le cadre du plan ambitieux de Meloni, deux centres de contrôle des migrants doivent être ouverts en Albanie, un État non membre de l’UE, mais gérés sous l’autorité de Rome. L’objectif est d’empêcher les demandeurs d’asile d’entrer en Italie et dans l’UE.
Conformément au protocole de coopération migratoire signé en novembre 2023 par les gouvernements italien et albanais, deux centres ont déjà été créés à Shengjin et Gjader. Les migrants y attendent une décision concernant leur demande d’asile ou leur éventuelle expulsion. L’accord prévoit la réinstallation de jusqu’à 36 000 migrants en Albanie chaque année.
Jusqu’à présent, cependant, toutes les tentatives de transfert de personnes vers ces pays ont été annulées par les tribunaux. À deux reprises – en octobre et novembre 2024 –, l’Italie a reçu l’ordre de rapatrier des groupes de réfugiés d’Égypte et du Bangladesh, les tribunaux ayant estimé que leur renvoi dans leur pays d’origine mettrait leur vie en danger. Cette décision est essentielle à l’octroi du statut de réfugié, qui doit être décidé sur le sol italien.
Le Royaume-Uni et l’échec du plan Rwanda
Le projet britannique d’expulser des migrants vers le Rwanda est un exemple encore plus flagrant de délocalisation en action. Lancé par Boris Johnson en 2022, ce programme visait à expulser de force les personnes arrivées illégalement au Royaume-Uni.
En avril 2024, le premier migrant a été transporté par avion au Rwanda dans le cadre d’un « programme volontaire » offrant jusqu’à 3 000 £ aux participants. Cependant, dès son entrée en fonction, le nouveau Premier ministre Keir Starmer a déclaré ce programme « mort et enterré », invoquant son inefficacité : sur plusieurs années, il a touché moins de 1 % des migrants illégaux.
Pendant ce temps, le nombre de personnes traversant la Manche continue d’augmenter : plus de 5 000 depuis début 2025 et plus de 120 000 depuis 2018.
Les accords de l’Europe avec la Tunisie, la Mauritanie et l’Égypte
L’UE a signé plusieurs accords avec des pays africains : avec la Tunisie en juillet 2023 (1,1 milliard d’euros), avec la Mauritanie en mars 2024 (210 millions d’euros) et avec l’Égypte dix jours plus tard (jusqu’à 5 milliards d’euros d’ici 2027). Officiellement axés sur la stabilité macroéconomique, l’énergie verte et le commerce, ces accords visent avant tout à freiner l’immigration clandestine.
PHOTO D’ARCHIVES. Des migrants africains dans un refuge du quartier d’al-Karam, à Misrata, en Libye, avant leur répartition dans des camps de réfugiés, le 9 mai 2015. © Hazem Turkia/AnadoluEn échange de leur aide pour contrôler les frontières de l’Europe, les pays africains pourraient exiger des concessions politiques, comme la fin de la représentation médiatique du président tunisien Kais Saied et du président égyptien Abdel Fattah el-Sisi comme des dictateurs violant les droits de l’homme, et une réduction du soutien aux figures de l’opposition vivant en Europe.
La Mauritanie et la route de l’Atlantique : la nouvelle frontière
Face au durcissement des politiques anti-migrants en Libye, les demandeurs d’asile de l’UE ont commencé à chercher de nouvelles voies d’accès. Selon Frontex, la Mauritanie est devenue une plaque tournante incontournable pour les migrants se dirigeant vers l’Europe. Cela explique en partie l’augmentation de 18 % des migrations par la route atlantique entre l’Afrique de l’Ouest et les îles Canaries en 2024.
La Mauritanie cherche également à tirer davantage profit de sa coopération avec l’Europe. En septembre 2024, son gouvernement a exigé que l’UE respecte les dispositions de la déclaration migratoire de mars, notamment l’assouplissement des procédures de visa pour les Mauritaniens et la suppression des visas pour les diplomates.
Les responsables mauritaniens ont souligné que ce n’est qu’une fois ces conditions remplies que le pays s’engagera à coopérer pleinement dans la lutte contre l’immigration clandestine. L’accord doit être mutuellement bénéfique : si l’UE espère que la Mauritanie endiguera les flux migratoires transatlantiques, notamment vers l’Espagne, la Mauritanie recherche des investissements, des créations d’emplois et un accès accru aux visas pour l’UE.

L’exemple de la Libye suggère cependant que, malgré les avantages potentiels, les pays qui acceptent d’accueillir des migrants finissent par hériter de problèmes qui ne font qu’aggraver leur situation économique et sécuritaire déjà fragile. Les États d’Afrique du Nord deviennent les otages de cet arrangement, assumant la responsabilité de l’hébergement, de l’enregistrement et de la gestion de personnes dont l’UE ne souhaite plus s’occuper. Ce faisant, ils risquent de devenir de nouveaux foyers de criminalité transfrontalière, de traite d’êtres humains et de violations des droits humains.
Tamara Ryzhenkova
D’après l’article pour RT de Tamara Ryzhenkova , orientaliste, maître de conférences au Département d’histoire du Moyen-Orient, Université d’État de Saint-Pétersbourg, experte pour la chaîne Telegram « Afrique arabe »
Source : https://www.librairie-tropiques.fr/2025/05/la-lecon-de-kadhafi.html
Liens en rapport
Il est essentiel de lire ce texte de Mohamed Taleb pour comprendre plus en profondeur les questions posées par cette analyse de Tamara Ryzhenkova
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الطاهر المعز-مُتابعات : العدد الرّابع والعشرون بعد المائة بتاريخ السّابع عشر من أيار/مايو 2025الطاهر المعز-

مُتابعات – العدد الرّابع والعشرون بعد المائة بتاريخ السّابع عشر من أيار/مايو 2025 : الطاهر المعز
يتضمن العدد الرّابع والعشرون بعد المائة من نشرة "مُتابعات" الأسبوعية مُقدّمة بعنوان "في ذكرى النكبة" وفقرة عن جبهة الأعداء، وفقرة بعنوان موقعنا ( كعرب) بين الولايات المتحدة والصين وفقرة عن "ديمقراطية رأس المال" التي تجعل الأثرياء غير المنتخبين وغير الخاضعين للمُساءلة والمُحاسبة يتحكمون بالقرارات المصيرية للمجتمعات وفقرة عن الدّيُون الخارجية للبلدان الفقيرة وفقرة عن بعض تَبِعات الرسوم الجمركية الإضافية التي أقرّتها حكومة الولايات المتحدة وفقرة عن تدَنِّي قياسي تاريخي لشعبية دونالد ترامب والإقتصاد في الولايات المتحدة بعد مائة يوم من رئاسته
في ذكرى النّكبة 1948 – 2025
تُوِّجت النكبة بإنشاء الدولة الصهيونية، والتهجير القسري لنحو 850 ألف فلسطيني، وتدمير 531 قرية…
ارتكبت الميليشيات الصهيونية مجازر ضد السكان المدنيين، وتعرض سُكّان قرية دير ياسين يوم التاسع من نيسان/أبريل 1948 للإبادة وتظل العديد من المجازر محفورة في ذاكرة الفلسطينيين والعرب. إن المجازر هي وسيلة لنشر الرعب، بهدف إجبار سكان المناطق والمدن الأخرى على ترك أراضيهم ومنازلهم… إن مشروع التطهير العرقي من خلال طرد السكان يعود إلى سنة 1940 على الأقل، أي قبل مؤتمر بلتمور سنة 1942 بفترة طويلة.
جمع المؤتمر الصهيوني الدولي خلال شهر مايو/أيار 1942 أكثر من 600 مشارك ي فندق بلتمور في نيويورك بهدف الدفع نحو إنشاء « الوطن القومي اليهودي » بمساعدة الولايات المتحدة وبريطانيا العظمى وفرنسا والدول التي حاربت ألمانيا النازية، « ولكن يتعين علينا أن نقوم بهذا العمل بأنفسنا… ستكون فلسطين يهودية بقدر إيمان اليهود بيهوديتها »، وفق ديفيد بن غوريون آنذاك…
يعيش الشعب الفلسطيني اليوم نكبة ثانية، وَوَجَّهَ توم فليتشر، رئيس العمليات الإنسانية للأمم المتحدة، كلمة إلى ممثلي مجلس الأمن يوم الثلاثاء 13 أيار/مايو 2025، قائلا: « تفرض إسرائيل، عمدًا وبتهور، ظروفًا غير إنسانية على المدنيين في الأراضي الفلسطينية المحتلة … هل ستتحركون بشكل حاسم لمنع الإبادة الجماعية في غزة؟ […] أستطيع أن أقول لكم، بعد أن زرت شخصيًا ما تبقى من النظام الصحي في غزة، إن الموت بهذا الحجم له صوت ورائحة لا تفارقانك أبدًا، وكما وصفت إحدى الممرضات الوضع : أطفال يصرخون بينما يتم تمزيق الأنسجة المحروقة من جلدهم ».
أما مرؤوسته فرانشيسكا ألبانيزي فقد ندّدت صراحة ب »الإبادة الجماعية » ( فقرة لاحقة)
لم يسلم أي مستشفى في غزة من القصف والحرق والتدمير، مما أدى إلى ترك المرضى المصابين ومبتوري الأطراف وكل من يعانون من السرطان، دون مكان لتلقي الرعاية الصحية، ولم يسمح الكيان الصهيوني بدخول أي غذاء أو دواء منذ شهر آذار/مارس 2025
« أنا شخصياً مصدوم لأنني صدقت الدول الغربية عندما زعمت أنها تدافع عن الديمقراطية وحقوق الإنسان والقانون الإنساني الدولي… أين هم؟ هل لا يزال القانون الدولي موجوداً ؟ « . مصطفى البرغوثي، المسؤول الفلسطيني « المعتدل » الذي آمن بخرافة اتفاقيات أوسلو، وعضو المجلس الوطني الفلسطيني، وزعيم المبادرة الوطنية الفلسطينية، ورئيس الإغاثة الطبية الفلسطينية…
إن مفهوم « القانون الدولي » هو مجرد خدعة كبيرة تستخدمها الدّول الإمبريالية المهيمنة التي تفرض المقاييس والقواعد وتُغيرها متى شاءت وتُقرّر متى يتم تطبيقها أو تجاهلها…
تميزت فرانشيسكا ألبانيزي، مقررة الأمم المتحدة، بالشجاعة لما ذكرت في تقريرها المعنون « تشريح إبادة جماعية »، الصادر خلال شهر نيسان/ابريل 2024: « … إن الإبادة الجماعية الإسرائيلية ضد فلسطينيي غزة تصعيدٌ يندرج في إطار عملية محوٍ من خلال استعمار المستوطنات، وهي عملية مستمرة منذ زمن طويل، لأكثر من سبعين عامًا، حيث خنقت إسرائيل الشعب الفلسطيني كجماعة – ديموغرافيًا وثقافيًا واقتصاديًا وسياسيًا – من خلال جهودها لتهجيرهم ومصادرة أراضيهم والسيطرة على أراضيهم ومواردهم. يجب وقف النكبة المستمرة وإصلاح الضرر نهائيًا. إنه واجبٌ وضرورةٌ تجاه ضحايا هذه المأساة التي كان من الممكن تجنبها، وكذلك تجاه الأجيال القادمة في هذا البلد… وترى اللجنة، على وجه الخصوص، أن القادة التنفيذيين والعسكريين الإسرائيليين، وكذلك الجنود الإسرائيليين، قد شوهوا عمدًا مبادئ (القانون في زمن الحرب). « إن إسرائيل تستخدم ذريعة الوقاية من الحرب والتخريب من أجل إضفاء الشرعية على الإبادة ضد الشعب الفلسطيني…. »
من المفاجآت أن تكتب منظمة العفو الدولية يوم الخامس من كانون الأول/ديسمبر 2024 ، بعد تحقيق أجرته: « إن إسرائيل ترتكب إبادة جماعية في غزة »، وتدين منظمة العفو الدولية « النية المُبَيّتة لإسرائيل لتدمير السكان الفلسطينيين جسدياً، فضلا عن الإبادة الجماعية والتصريحات المهينة التي يصدرها مسؤولون حكوميون وعسكريون إسرائيليون، وخاصة على أعلى المستويات، ونظام الفصل العنصري الذي تفرضه إسرائيل، وحصارها اللاإنساني لقطاع غزة واحتلالها العسكري غير القانوني… »
قال القائد ووزير الحرب الصهيوني موشيه ديان:
« بُنيت قرى يهودية مكان قرى عربية. أنتم لا تعرفون حتى أسماء هذه القرى العربية، ولا ألومكم لأن كتب الجغرافيا لم تعد موجودة. ليس فقط الكتب لم تعد موجودة، بل القرى العربية أيضًا لم تعد موجودة. نشأ كيبوتس نهلال مكان محلول؛ وكيبوتس غفات مكان جبعة؛ وكيبوتس ساريد مكان حنفيس؛ وكفار يهوشوع مكان تل الشومان. لا يوجد مكان واحد بُني في هذه البلاد لم يكن فيه سكان عرب سابقون… »
اقترن تأسيس الدّولة الصّهيونية بالإبادة ( أكثر من ثلاثين مذبحة قُتِلَ خلالها ما لا يقل عن 15 ألف فلسطيني ) والإبعاد القَسْري – تهجير نحو 80% من سكّان الأراضي المحتلة بين تشرين الثاني/نوفمبر 1947 ومنتصف أيار/مايو 1948 – والتّدمير ( تدمير 531 قرية )، ولا تزال النّكبة مُستمرة للسنة السابعة والسّبعين على التّوالي بدعم كبير من الإمبريالية التي تعتَبِر – وهي مُحِقّة – الصّهيونية جُزْءًا منها، ولذا فإن نضال الشعب الفلسطيني لا يقتصر على مقاومة الصهيونية، بل هو نضال ضدّ الإمبريالية ( البريطانية ثم الأمريكية ومن معها ) والسلطات الرجعية العربية…
إن ما يحدث حاليا في غزة والضفة الغربية والقُدس هو استمرار أو مُواصَلَة للنكبة والمجازر والتّشريد والحصار والتّجويع تحت القصف المتواصل الذي يُبرّره زعماء الإمبريالية ب »حق إسرائيل في الدّفاع عن النّفس »…
إن حق العودة للفلسطينيين هو معيار العدالة، وهو من الحقوق الأساسية للشعب الفلسطيني، ومن العبث الحديث عن « حلول » للمسألة اليهودية – وهي قضية أوروبية وليست عالمية – على حساب تشريد الشعب الفلسطيني…
في جبهة الأعداء
« الجوع كسلاح »: يستخدم الكيان الصهيوني الحصار والتّجويع ( إلى جانب القصف المستمر على مدار السّاعة ) كسلاح حرب لحرمان الشعب الفلسطيني، وخصوصًا في غزة والضفة الغربية ( الأراضي التي احتّلّت سنة 1967 ) من الغذاء والماء والدواء، فضلا عن استهداف جيش العدو بشكل منهجي الصحافيين والأطباء والمُسعفين وعمال الإغاثة والأطفال، ويُخالف الكيان الصّهيوني المواثيق التي وقَّعها ( وهي ليست في صالحنا) بشأن أُسُس التّعامل والإلتزامات تجاه المواطنين والأراضي في المناطق المحتلّة ( يفترض هذا « القانون الدّولي » شَرْعِيّة وُجُود كيان الإحتلال منذ سنة 1948 أي إنه لا يعتبر أراضي ال48 « مناطق مُحتلّة »)، ولذلك أطلقت محكمة العدل الدّولية في لاهاي (هولندا) التابعة للأمم المتحدة جلسة استماع لفترة أسبوع، « للنظر في طلب الرأي الاستشاري المقدم إليها من الجمعية العامة للأمم المتحدة – منذ التاسع عشر من كانون الأول/ديسمبر 2024 – بشأن مسألة التزامات إسرائيل فيما يتعلق بوجود وأنشطة الأمم المتحدة والمنظمات الدولية الأخرى والدول الثالثة في الأراضي الفلسطينية المحتلة وفيما يتصل بها »، وفق رئيس المحكمة، وتستمر الجلسات حتى الثاني من شهر أيار/مايو2025، وتتضمن التزامات الإحتلال فيما يتصل بالأراضي الفلسطينية المحتلة سنة 1967 : توفير السلع الأساسية الضرورية للحياة اليومية للفلسطينيين، وتوفير الخدمات الأساسية والمساعدات الإنسانية والمساعدات التنموية لصالح الفلسطينيين ودعم حق الشعب الفلسطيني في تقرير المصير، وحظيت الوثيقة الدّولية التي تم إقرارها بشأن فتح تحقيق بشأن خرق الإحتلال ونقض التزاماته، بدعم 137 دولة، من بينها روسيا وبريطانيا والصين وفرنسا، وصوتت اثنتا عشرة دولة ضد القرار، بما في ذلك الكيان الصهيوني وكندا والولايات المتحدة وبعض الجُزُر التي لا يسمع أحد بوجودها سوى أثناء التّصويت لصالح الولايات المتحدة والكيان الصهيوني، وامتنعت اثنتان وعشرون دولة أخرى عن التصويت.
موقعنا بين الصين والولايات المتحدة
لم يتضرّر اقتصاد الدّول الرأسمالية المتقدمة من ارتفاع حصة الصين من الصادرات ومن الإقتصاد العالمي، خلال العقدَيْن الأخيرَيْن من القرن العشرين والعقد الأول من القرن الواحد والعشرين، وبالمقابل تضرّر قطاع الصّناعات التّحويلية وفئة الحِرفِيِّين في البلدان الفقيرة في إفريقيا وآسيا وأمريكا الجنوبية من انتصار الإتجاه الرّأسمالي في الصين بزعامة دنغ هسياو بنغ ثم انضمام الصين إلى منظمة التجارة العالمية سنة 2001 وتجلّى ذلك في ارتفاع حصة الصين من الصناعات التحويلية البسيطة وارتفاع حجم صادرات الصين إلى كافة دول العالم، بموازاة انخفاضها في أمريكا الجنوبية ( المكسيك مثلا ) وآسيا ( بنغلاديش وفيتنام وسريلانكا ) وتضررت كافة الصناعات التقليدية في إفريقيا، وخصوصًا قطاعات الإلكترونيك ( تركيب) و النّسيج وصناعة القطن في بلدان إفريقيا الواقعة جنوب الصحراء الكبرى، كما في بلدان أخرى مثل سوريا أو مصر فضلا عن إغراق السوق بإنتاج رديء ورخيص الثمن يجتذب الفُقراء والفئات الوُسطى، ويقضي على الصناعات المحلية، بالإضافة إلى استنزاف الصين لقطاعات عديدة مثل المعادن وما رافقها من استغلال فاحش للطبقة العاملة في قطاع التعدين والإنشاء والبُنية التّحتية، خصوصًا للعمالة غير الماهرة، وتستورد الشركات الصينية المهندسين والفَنِّيِّين من الصين، ولا تُشغل الكفاءات المحلية…
ابتدعت الصّين مصطلح « اقتصاد السّوق الإجتماعي » ( أبْدَعَ َوزير الإقتصاد السوري ونائب رئيس الوزراء الأسبق « عبد الله الدّردري » في تبرير السياسات الإقتصادية الرأسمالية الليبرالية باسم « اقتصاد السوق الإجتماعي ») بدل الإقتصاد الإشتراكي لكي لا تُعلن قيادات الحزب والدّولة تَخَلِّي الصّين الرّسمي عن الإشتراكية منذ عُقود واعتماد أُسُس الإقتصاد الرّأسمالي، داخليا بتكثيف استغلال العمال وتهجير صغار الفلاحين، وخارجيا باستغلال ثروات وشُعوب البلدان الأخرى، لكن سياستها الخارجية تختلف عن الولايات المتحدة وأوروبا فهي – لِحَدّ الآن – لا تفرض شروطًا سياسية ولا تفرض حصارًا أو « عُقوبات » ضدّ البلدان والشّعوب، وهي في حاجة إلى جَمْع المُتَضَرّرين من العجرفة الأمريكية ومن الهيمنة الإمبريالية « الغربية » التي أصْبحت تستهدف الصين لما نجحت في اقتحام ميادين البحث العلمي والإبتكار والتّطوير ومنافسة الشركات الإحتكارية الأوروبية في القطاعات التي تُحقّق قيمة زائدة مرتفعة مثل الطاقات المتجدّدة والإتصالات والسيارات الكهربائية والهواتف « الذّكية » والفضاء والصناعات العسكرية وما إلى ذلك من قطاعات استراتيجية احتكرتها الشركات الأمريكية والأوروبية بدعم من الحكومات التي ضخت المال العام بسخاء…
قد تكون الصين حليفًا لنا اليوم كشعوب عربية لكنها حليف مُؤَقّت ( في مواجهة الشراسة الأمريكية والأوروبية ) نظرًا للعلاقات المتطورة مع الكيان الصهيوني ونظرًا لأساليب الإستغلال الرأسمالي التي تمارسها الصّين، ونهب فائض قيمة العمل في الصين كما في آسيا وإفريقيا وأمريكا الجنوبية…
ديمقراطية رأس المال
ارتفعت ثروات أثرى أثرياء العالم سنة 2024، بمعدّل 5,2 مليار يوميا، وتضُمّ الولايات المتحدة 30% من أغنى الأغنياء، بينما يُحْرَم نحو مليارَيْ شخص – خصوصًا في البلدان الفقيرة – من الحماية الاجتماعية، وفي الولايات المتحدة التي تضم أكبر عدد من أثرى أثرياء العالم ( بحكم قيادتها للعالم الرأسمالي) لا يحصل سوى 40% من المواطنين على دخل من المُمْتلكات ( الأُصُول والرُّيُوع) مقابل حوالي 5% في البلدان متوسطة أو ضعيفة الدّخل، وبالتالي فإن ما بين 90% و 95% من سُكّان العالم غير مَعْنِيِّين ولا يهتمون بشؤون البورصة والأُصُول المالية وأسعار الأسهم، لكن الأقلية الثّريّة – التي لم يتم انتخابها – تفرض مصالحها ووجهة نظرها على المجتمع لأنها تُسيْطر على السلطة الإقتصادية والسياسية والإعلامية، وتحكم العالم وتُقرّر الإستيلاء على المال العام وتُقرّر مُستقبل ومصير الشعوب وتُقرّر مصير الشّعوب، وتُعلن الحُروب العدوانية ضد الشعوب المُضْطَهَدَة، دون محاسبة أو مُساءلة
دُيون
تضاعف الدّيْن الخارجي للدّول الفقيرة ( النامية) تسعة عشر مرة بين سنتي 1980 و 2023، من 450 مليار دولارا سنة 1980 إلى 8,837 تريليون دولارا سنة 2023 ومعظمها منالبنك العالمي وصندوق النّقد الدّولي اللَّذَيْن فَرَضَا التّقشّف وخصخصة المؤسسات العمومية والخدمات الإجتماعية وخفض الإنفاق الاجتماعي وتحطيم الحواجز الجمركية وتشجيع الإستيراد، وتُخصّص حكومات الدّول المُقْتَرِضَة جزءًا هامًّا من إيراداتها لتسديد « خدمة الدّيْن » الخارجي ( أصل الدّيْن والفوائد وأعباء أخرى ) التي بلغت سنة 2023، أكثر من 970 مليار دولارا، تم تسديدها، من دُيُون إجمالية لبلدان « الجنوب » قدرها 3,833 تريليون دولارا، وهو مبلغ صغير في المُطْلَق لأن الدّيْن الخارجي لمائة وثلاثين دولة من دول « الجنوب » لا يتجاوز 10% من حجم الدَّيْن العام الأميركي، أي إن إلغاء هذه الدّيُون – التي تم تسديد أضعاف قيمتها – لا تأثير له على الإقتصاد العالمي…
تستخدم الدّول الفقيرة إيرادات الدّولة من الصّادرات ومن السياحة وتحويلات المُغتربين لتسديد الدّيون الخارجية بالعملات الأجنبية ولاستيراد السلع والخدمات التي أَمَر صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي بوَقْفِ إنتاجها ( المواد الغذائية والأدوية على سبيل المثال) في الدول التي تطلب قُروضًا، وبالتالي فإن الشعوب والكادحين والفُقراء لا يستفيدون من هذه القروض بل تستفيد منها المصارف الدّولية والشركات العابرة للقارات وبعض فئات البرجوازية الكمبرادورية الحاكمة في البلدان الواقعة تحت الهيمنة، وعندما تراجعت إيرادات الدّول الفقيرة من العملات الأجنبية بسبب الإغلاق سنتَيْ 2020 و 2021 ( كوفيد – 19) وانعدام إيرادات السياحة وانخفاض تحويلات العُمّال المهاجرين، أصبحت بلدان مثل زامبيا وغانا والحبشة وسريلانكا وباكستان ولبنان وتونس وكينيا مُهدّدة بالتّخلّف عن سداد أقساط الدّيون التي حل أجل سدادها بين سنتَيْ 2020 و 2023…
تَبِعات أزمة الرّسوم الجمركية
يتضمّن برنامج دونالد ترامب تخفيضات ضريبية على الثروات، أي انخفاض إيرادات خزينة الدّولة وبالتالي خفض الإنفاق على الصحّة والتعليم والخدمات والبيئة، وتعويض هذه المبالغ المفقودة بإيرادات الرسوم الجمركية الإضافية، وهي مبالغ كبيرة بفعل ضخامة حجم وقيمة الواردات الأمريكية التي تجعلها قادرة على إعادة هَيْكَلة التجارة الدّولية – من خلال الرسوم الجمركية – واضطراب آليات التراكم والأرباح الرأسمالية ( انخفاض مُعدّل الرّبْحية) في العديد من مناطق العالم، مما يعيق حركة رأس المال والسلع والخدمات والعمالة، ومما يزيد من تجميع ( تركيز) القطاعات الأكثر ربحيّة ( التكنولوجيا العالية والطاقة النظيفة والإتصالات…) في الولايات المتحدة والصّين والإتحاد الأوروبي وإلحاق الضّرر باقتصاد دول أخرى مثل المكسيك وفيتنام وبلدان آسيوية وإفريقية عديدة…
الولايات المتحدة – انخفاض شعبية ترامب إلى أدنى مستوى على الإطلاق
بعد مرور مائة يوم على توليه منصبه، حصل دونالد ترامب على أدنى نسبة تأييد بين القادة الأميركيين خلال العقود الثمانية الماضية، ( أي منذ نهاية الحرب العالمية الثانية)، وفقا لاستطلاع رأي أجرته شبكة إيه بي سي نيوز وصحيفة واشنطن بوست وشركة إبسوس للإحصاء واستطلاعات الرأي، وبحسب الدراسة، فإن 39% فقط من المشاركين يوافقون على الطريقة التي يدير بها ترامب شؤون الولايات المتحدة، فيما أعرب 55% عن عدم رضاهم عن أداء الرئيس، ويشعر العديد من المشاركين في الإستطلاع بالقلق إزاء حالة الاقتصاد، إذ يعتقد 73% أن الاقتصاد في حالة سيئة، وأشار 71% من المشاركين إلى الرسوم الجمركية التي فرضها ترامب باعتبارها السبب في ارتفاع الأسعار، فيما يتفق 31% فقط من المشاركين مع ادّعاء الرئيس الأميركي دونالد ترامب بأن الاقتصاد سيكون له أساس أكثر صلابة على المدى الطويل، ويعتقد أغلب المشاركين في الاستطلاع (58%) أن جهود رئيس الدولة لتقليص حجم ودور الحكومة مبالغ فيها، في حين يزعم 56% أنه تجاوز صلاحياته بشكل غير معقول، ويشكك 55% في التزام إدارة ترامب بحماية حقوق وحريات المواطنين، وفي الوقت نفسه، عارض 67% من المشاركين إلغاء الجنسية بالولادة، وعارض 66% إغلاق وزارة التعليم.
أما عندما يتعلق الأمر بالعلاقات الدولية، يعتقد 49% من المشاركين أن ترامب أَضْعَفَ – بدلاً من أن يعزز – القيادة الأميركية في العالم، بينما يؤيد 34% من المشاركين سياسته الدّولية، وفيما يتعلق بروسيا، قال 46% من المشاركين إن ترامب يتصرف بشكل ودود للغاية، ووصف 11% نهجه بأنه مواجهة مفرطة، وأيد 40% تكتيكات الرئيس.
ملاحظة: لا تُشكل استطلاعات الرّأي مقياسًا علميا لأنها تنتقي فئة صغيرة من السّكّان تنتقيها مؤسسات الإستطلاع وتُضخّم النتائج من خلال عملية حسابية مستخدمة في الإحصاءات وفي فرع الإحتمالات الرياضية، كمما إن الأسئلة مُصاغة بشكل يُوجّه أجوبة الجمهور، بحسب المؤسسة التي طلبت الإستفتاء وسدّدت قيمة تنفيذه، ويُعتبر الإستطلاع مُؤشِّرًا ولكنه ليس مقياسًا علميا.
قَدّمَ موقع صحيفة واشنطن بوست المعلومات التّالية: تم إجراء الاستطلاع في الفترة من 18 إلى 22 نيسان/أبريل 2025، باللغتين الإنجليزية والإسبانية، بين عينة وطنية عشوائية مكونة من 2464 شخصًا بالغًا، قد يكون هامش الخطأ في النتائج بزيادة أو نقصان نُقطَتَيْن مائويّتَيْن.
الطاهر المعز
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René Naba-La problématique des BRICS dans la nouvelle architecture mondiale

La problématique des BRICS dans la nouvelle architecture mondiale par René Naba
12 mai 2025
- Le BRICS, une initiative spécifique, une force attractive.
- L’Inde, un palmarès prestigieux
- L’Iran, de la compatibilité de l’Islam et de la technologie de pointe. Un cas d’école.
Le président américain Donald Trump a exigé le 30 novembre 2024 des pays regroupés sous l’acronyme des BRICS qu’ils s’engagent à ne pas créer de nouvelle devise ni à soutenir la moindre monnaie susceptible de remplacer le dollar dans les échanges internationaux, sous peine de se voir infliger des droits de douane de 1200 pour cent.
Pour sa part, M. Raghuram Rajan, ancien chef économiste du Fonds monétaire international et ancien gouverneur de la banque centrale indienne, a averti que «les prochaines guerres commerciales lancées par Donald Trump vont être bien plus graves», plaidant pour «changer la structure de gouvernance du FMI» afin de «donner plus de pouvoir aux pays émergents».
Ce professeur à la business school de l’Université de Chicago estime que les pays occidentaux qui veulent protéger leurs industries surestiment l’impact sur l’emploi et plaide pour que les pays endettés fassent défaut au lieu de sacrifier leurs dépenses d’éducation et de santé.
Retour sur ce bras de fer entre le nouveau président américain et le nouveau groupement fondateur d’un nouveau monde multipolaire dont l’objectif ultime est la dédollarisation de la planète.
- Sur ce thème cf ce lien https://www.madaniya.info/2024/09/16/la-problematique-du-brics-dans-lordre-mondial-vers-une-desoccidentalisation-de-la-planete-2-2/
BRICS est un acronyme forgé par un économiste de la banque américaine Goldman and Sachs pour désigner les cinq pays fondateurs qui se proposent de fonder un nouveau monde multipolaire en vue de mettre un terme à six siècles d’hégémonie absolue occidentale sur le reste de la planète
Ce groupement géopolitique a franchi un pas supplémentaire dans la réorganisation de l’ordre mondial, lors du sommet qui s’est tenu à Kazan, en Russie, à l’automne 2024.
Réunissant plus de 30 chefs d’État et de gouvernement, ce sommet a constitué une véritable vitrine de la multipolarité prônée par les nations émergentes, en mettant en avant la volonté d’une majorité planétaire de sortir de l’emprise traditionnelle des grandes puissances, offrant ainsi une alternative crédible au système économique et politique dominé par l’Occident.
Fondé en 2009, le BRICS était constitué des pays suivants : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud. En 2023, lors du premier sommet du BRICS sur le continent africain, à Johannesburg, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Iran, les Emirats Arabes Unis ainsi que l’Argentine ont été admis au sein de ce groupement qui représente en 2024 près de la moitié de la population mondiale et 27 % du produit intérieur brut mondial en valeur nominale contre 44 % pour les pays du G7.
L’intégration de deux pays africains -l’Egypte et l’Ethiopie, en conflit néanmoins à propos de la répartition des eaux du Nil, en plus de l’Afrique du sud, au sein des BRICS, répond à une volonté des grandes puissances de ce groupe de créer un pôle africain acquis à leur cause : Pretoria- Le Caire- Addis Abeba- en vue de constituer un poids lourd de développement économique intégré
Le pôle africain sera prolongé par un pôle latino-américain avec la constitution, autour du duo Brésil-Argentine, un noyau qui regroupe ainsi les plus fortes économies du Cône sud de l’Amérique.
En prévision du sommet du BRICS en Afrique du sud, le président russe Vladimir Poutine a annoncé, lors du sommet Russie-Afrique de Saint Pétersbourg, le 28 Juillet 2023, la suppression de 23 milliards de dette des pays africains et soutenu l’idée d’une présence accrue de l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
A noter que pour la première guerre inter européenne du XXI me siècle, l’Ukraine, l’Afrique ne s’est pas considérée impliquée, contrairement aux deux Guerres Mondiales du XX me siècle où sa population a servi d’abondante « chair à canon » pour ses colonisateurs.
Le déclic : le gel des avoirs russes en Occident.
La décision de l’OTAN de geler les avoirs russes en Occident en représailles à l’invasion de l’Ukraine a constitué un déclic salutaire au sein du BRICS.
Plus de 300 milliards de dollars de réserves de change russes ont été « gelés » par l’Occident collectif. Par réflexe d’auto défense, la Chine, qui détient un important lot de « Bons de Trésor » américains, a ainsi acheté, en 2022, 524 tonnes d’or pour une valeur de 33 milliards de dollars sur le marché mondial ainsi que 6 tonnes d’or de Russie.
Disposant d’un total de 2010 tonnes d’or, la Chine se hisse ainsi au 6eme rang mondial des détenteurs de métaux précieux. La Russie se place en 5e position avec 2.200 tonnes. Les réserves cumulées de la Chine et de la Russie, 4.309 tonnes, représentent la moitié des réserves des Etats Unis estimées, elles, à 8.133 tonnes.
De surcroît, les puissances émergentes qui composaient le groupe au départ ont fortement progressé dans l’économie mondiale : alors que ces pays représentaient il y a vingt ans 16 % du produit intérieur brut mondial, ce chiffre pourrait passer à 40 % d’ici à 2025.
Le BRICS a ainsi désormais la capacité de remettre en cause l’ordre établi par la domination politique et économique des États-Unis, qui se fait notamment au travers des instruments financiers que sont le dollar et les mécanismes de la dette internationale.
La part du dollar dans les réserves mondiales était de 73% en 2001, de 55% en 2021 et de 47% en 2022. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en 2022, la part du dollar a diminué dix fois plus vite que la moyenne des deux dernières décennies. Il n’est désormais plus farfelu de prévoir une part mondiale du dollar de seulement 30% d’ici à la fin de 2024, ce qui coïncidera avec la prochaine élection présidentielle aux États-Unis.
Le BRICS, une initiative spécifique.
Les BRICS se distinguent des initiatives diplomatiques antérieures visant à modifier la gestion des relations internationales : Le G7, Les Non-Alignés et la tricontinentale.
Le G7
Le G7, ou le groupe des Sept, est un groupe de discussion et de partenariat économique des sept pays réputés pour être les plus grandes puissances avancées du Monde, détenant les 45 pour cent de la richesse mondiale : Allemagne, Canada, Etats Unis, France, Italie, Japon et Royaume Uni.
En mars 2014, à la suite de l’invasion et de l’annexion de la Crimée par la Russie, les pays membres du G7 et l’Union européenne ont temporairement suspendu la Russie du groupe économique. En 2017, la Russie s’en est définitivement retirée.
En 2023, tous les membres du G7 à l’exception du Japon font partie de l’alliance politico-militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Le G7 n’est pas une administration transnationale, à la différence d’institutions comme les organisations
Les Non-Alignés
La conférence de Bandung (ou conférence de Bandoeng) s’est tenue du 18 au 24 avril 1955 à Bandung, en Indonésie, réunissant pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques dont Gamal Abdel Nasser (Egypte), Jawaharlal Nehru (Inde), Ahmad Soekarno (Indonésie) et Zhou Enlai (Chine). Cette conférence marqua l’entrée sur la scène internationale des pays décolonisés du « tiers monde », qui ne souhaitaient pas intégrer les deux blocs de l’époque de la guerre froide américano-soviétique : le bloc de l’OTAN, agrégé autour du pacte de l’Atlantique Nord, mené par les Etats Unis, et le Bloc communiste, agrégé autour du pacte de Varsovie et mené par l’URSS. Bandung opte pour une troisième voie : le Non-alignement, équidistant des deux blocs.
A noter que la Chine, en 1957, n’était même pas membre de l’ONU, un siège alors occupé par la Chine nationaliste, et ne disposait encore moins du Droit de veto au Conseil de sécurité. De surcroît, aucun membre des non-alignés n’avait accédé au rang de puissance atomique ni de puissance économique.
La tricontinentale
Constituée une décennie plus tard par une alliance des forces révolutionnaires, la tricontinentale a été tuée dans l’œuf, l’année de sa naissance, par une série de coups décisifs: l’assassinat d’Ernesto Che Guevara, en Bolivie, en octobre 1967, l’assassinat à Paris par une opération combinée des services israéliens et marocains de Mehdi Ben Barka, chef de l’opposition marocaine et cheville ouvrière du mouvement, enfin la défaite de l’Egypte face à Israël, en juin 1967, entrainant la fin du nationalisme arabe.
Le BRICS : Les paramètres de départ
Contrairement au G7, à dominante occidentale, les BRICS sont à dominante asiatique en ce qu’elle regroupe les deux pays les plus peuplés au Monde la Chine et l’Inde, soit le tiers de l’humanité à eux deux, de surcroît membre du groupe de tête de l’économie mondiale.
Les 10 pays BRICS + représentent plus de 46 % de la population mondiale, en fait près de la moitié compte tenu de leur taux de croissance démographique élevé. À titre de comparaison, les pays du G7 (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie, Japon) représentent moins de 10 % de la population mondiale.
L’Asie est en effet le continent qui compte la plus forte concentration nucléaire avec cinq puissances atomiques : Chine, Inde, Pakistan, Corée du nord, avec la Russie dans le prolongement de l’Eurasie. Et l’Iran, une puissance du seuil nucléaire. Dont deux pays communistes (Chine, Corée du Nord) et un post communiste apparenté stratégiquement, la Russie, contre trois puissances nucléaires pour l’Otan : un pour le continent américain, (les États Unis), un pour l’Union Européenne (la France) et un pour l’ancien empire britannique (le Royaume Uni).
Mieux : Au classement des six premières puissances économiques mondiales, l’Asie occupe 3 places : la Chine (première place), le Japon (3ème place) et l’Inde (6 me place), marquant ainsi la primauté du continent asiatique sur les autres continents, sans compter son poids démographique, la moitié de l’humanité.
Plus explicitement, la Chine et l’Inde supplantent le Royaume Uni et la France, deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, dont leur superficie cumulée et leur importance démographique équivalent tout au plus à une province de ces deux États continents que constituent l’Union Indienne ou la Chine.
Un tel palmarès a conduit bon nombre d’analystes à conclure que l’Asie, continent colonisé par l’Occident jusqu’à la moitié du XX me siècle est en passe de supplanter ses anciens colonisateurs dans l’ordre de la hiérarchie mondiale, à moins que le comportement singulier de la Corée du Nord, la rivalité indo chinoise, d’une part, et indo pakistanaise, d’autre part, ne conduise à un embrasement qui réduirait un tel acquis à néant
Vus de Chine, Les Etats Unis (389 millions d’habitants) sont une île entre deux océans (Atlantique / pacifique) contre un pays dont la superficie : 9,597 millions km² et la population 1.398 milliards de personnes, qui se vit comme « l’Empire du Milieu ».
Les prévisions du Fonds Monétaire International (FMI) sont sans appel : La Chine devrait se substituer aux États Unis en accédant à rang de première puissance économique au niveau planétaire à l’horizon de l’an 2035 dans un monde en mutation accélérée. Dans ce contexte, les pétromonarchies du Golfe vont voir poindre le risque d’une faillite financière, si leurs économies demeuraient connectées à l’économie américaine, les contraignant à recourir à l’emprunt pour leurs dépenses courantes.
Cf. à ce propos: Introducing the Military Intervention Project: A New Dataset on US Military Interventions, 1776–20
La force attractive du BRICS
Les BRICS sont crédités de prestigieuses références qui expliquent sa force attractive.
L’Inde, un pays de rêves, mais non de rêveurs ; un palmarès prestigieux
Un pays de rêve, mais non de rêveurs. Une reproduction en miniature d’un empire, dont la densité démographique est supérieure à celle de l’empire colonial français à son apogée. Deuxième au monde par l’importance de sa population, ce pays très divers sur le plan ethnique, linguistique et religieux, constitue une mosaïque humaine à l’échelle d’un continent avec 23 langues officielles et près de 4.000 langues différentes régionales ou simple dialecte local; une reproduction en miniature du forum des Nations Unies.
Avec un corps électoral de 814 millions d’électeurs, l’Inde est souvent présentée comme « la plus grande démocratie du monde ». Puissance spatiale et atomique, un des chefs de file des puissances émergentes, avec une économie qui se classe au 10me rang dans le Monde, l’Inde est aussi le premier producteur et exportateur de médicaments génériques du Monde, avec Bollywood, son navire amiral dans la conquête de l’imaginaire du Monde, la plus grande industrie cinématographique du monde, la plus prolifique, en concurrence avec Nollywood (Nigeria). Avec en prime, le tigre du Bengale, un symbole national universellement connu.
État continent d’1,5 milliards d’hommes, soit autant que la totalité de l’Europe, un atout non négligeable à l’ère de la société de l’information, l’Inde dispose de sa propre référence spirituelle, l’Hindouisme, vainqueur du colonialisme britannique par la non-violence, d’une masse critique consolidée par l’arme atomique, d’une langue de communication majeure de l’époque contemporaine, l’anglais.
Foyer de l’Hindouisme, l’Inde, comble du paradoxe, n’en déplaise toutefois aux géo politologues de l’Islam, est aussi le plus important pays musulman du Monde, avec 350 millions de citoyens indiens de confession musulmane, soit autant que la quasi-totalité des pays arabes réunis.
Sans passif colonial, sans adversaire déclaré autre que le Pakistan, l’Inde constitue, au même titre que l’Afrique du sud, une référence morale de par ses conditions d’accession à son indépendance et de sa gouvernance, fondée sur le système électoral.
L’Afrique du sud : Une puissance d’influence, une boussole morale
Tombeur de l’apartheid et artisan sous l’égide de son charismatique dirigeant Nelson Mandela de la réconciliation interraciale sous la bannière de la « Nation Arc en Ciel », l’Afrique du Sud est perçue comme une puissance d’influence.
A la faveur de la guerre de Gaza, 2023-2024, elle est apparue comme une boussole morale du nouvel ordre international en gestation, en poursuivant Israël du crime de génocide auprès de la Cour Pénale Internationale.
Ce faisant, la juridiction pénale internationale est apparue comme un substitut à un Conseil de Sécurité dysfonctionnel en raison du fait que cinquante-trois pour cent (53 %) des vetos américains ont bloqué une résolution concernant Israël.
La motivation sud-africaine est consubstantielle à sa victoire sur le régime d’Apartheid et la profession de foi de Nelson Mandela, l’artisan de la réconciliation nationale et de la « Nation arc en ciel ’’ : Les Sud-Africains ne seraient jamais complétement libres tant que les Palestiniens vivraient sous l’apartheid israélien.
« En deux mois, les attaques militaires israéliennes ont « causé plus de destructions que les combats d’Alep en Syrie entre 2012 et 2016, ceux de Marioupol en Ukraine, ou proportionnellement, les bombardements alliés sur l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale ». Mme Blinne Ni Ghralaigh, au nom de l’Afrique du Sud, a fait un redoutable exposé clinique, jeudi 11 janvier 2024 à La Haye, aux Pays-Bas, lorsqu’elle a qualifié de « premier génocide diffusé en direct » à propos des Palestiniens de Gaza.
La plainte déposée par le pays vainqueur de la politique d’Apartheid a été vécue par de larges fractions de l’opinion mondiale comme la plainte du Sud global contre les critères occidentaux de la supériorité morale en même temps que la remise en cause d’un ordre international installé par le plus puissant allié de l’accusé, les Etats-Unis ; La contestation d’une mémoire dominée par la Shoah, à laquelle s’oppose ouvertement celle de la colonisation.
Pour mémoire, La Cour Pénale Internationale avait déjà condamné Israël pour sa construction d’un « mur d’Apartheid », mais cette condamnation est demeurée inopérante du fait de l’absence d’un dispositif contraignant de la juridiction pénale internationale, à laquelle n‘ont souscrit, ni les Etats Unis, ni Israël.
Anomalie majeure, les décisions de la Cour Pénale Internationale sont contraignantes, mais sans les moyens de contrainte. Seuls les Etats Unis disposent du pouvoir de contrainte du fait de la « déterritorialisation du Droit », qui autorise abusivement les Etats Unis à infliger des sanctions à un citoyen français dès lors qu’il traite avec des Américains ou des intérêts américains.
L’Iran, de la compatibilité de l’Islam et de la technologie de pointe. Un cas d’école
L’Iran a d’ores et déjà accédé au rang de « puissance du seuil nucléaire » contre la volonté des Occidentaux et hors leur technologie, indépendamment des péripéties des négociations internationales sur le nucléaire iranien.
Ce fait a constitué, en soi, un exploit technologique, en ce que cet objectif hautement stratégique a été atteint en dépit d’un embargo de trente ans, doublé d’une guerre de près de dix ans, imposée à l’Iran par Irak interposé, et d’une « guerre de substitution » à la Syrie, le maillon intermédiaire de l’axe de résistance à l’hégémonie israélo-américaine dans la zone.
Il a de ce fait suscité l’admiration de larges fractions de l’opinion de l’hémisphère sud en ce qu’il apporte la preuve éclatante que la technologie de pointe n’est pas incompatible avec l’Islam dès lors qu’elle est soutenue par une volonté d’indépendance, débouchant, de surcroît, sur la possibilité pour l’Iran de se doter d’une dissuasion militaire tout en préservant son rôle de fer de lance de la révolution islamique
Dans une zone de soumission à l’ordre israélo américain, le cas iranien est devenu de ce fait un cas d’école, une référence en la matière, et, l’Iran, depuis lors, est devenu le point de mire d’Israël, sa bête noire, dans la foulée de la destruction de l’Irak, en 2003 et du quasi démantèlement de la Syrie du fait d’une connivence souterraine tacite entre Israël et les pétromonarchies arabes avec la caution du bloc atlantiste.
Au-delà des études comparatives sur les avantages et les inconvénients de l’accord sur le nucléaire iranien, un délice du jeu habituel des experts, l’Iran a voulu adresser un message subliminal au reste du Monde, particulièrement le Monde arabo-musulman, en plein ébullition sectaire en ce que l’Iran a voulu se poser en cas d’école et non en menace du Monde arabe, majoritairement sunnite.
Bellicisme américain versus Placidité chinoise
Tout au long d’une séquence d’un demi-siècle, la Chine n’a livré aucune guerre, se consacrant exclusivement à son développement, alors que les Etats Unis s’épuisaient dans des guerres désastreuses (Vietnam, Afghanistan, Irak, Somalie, Libye, Syrie). La « doctrine Rumsfeld/ Cebrowski » des guerres sans fin au « Moyen-Orient élargi » a creusé le déficit américain d’une somme monumentale de l’ordre de 33 mille milliards de dollars (33 trillions), grevant le budget d’intérêts substantiels.
La crise bancaire des subprimes, en 2008, et les expéditions coloniales européennes de la séquence du printemps arabe (2011-2021), et au Sahel, ainsi que la crise du Covid ont provoqué un endettement de l’Union européenne de l’ordre de douze mille milliards de dollars, dont près de trois mille milliards pour la France provoquant l’abaissement de sa notation de solvabilité à AA- par l’agence américaine FITCH. En comparaison, la Chine, deux fois plus peuplée que les États-Unis et l’Union européenne réunis, affichait un endettement de 11 mille milliards de dollars (11 trillions), soit 2,5 fois moindre.
Détentrice d’un important lot de « bons de trésor » américain, la Chine a ainsi mis à profit les intérêts générés par ses créances sur l’Amérique pour les investir en Afrique contournant ainsi l’Europe par son flanc sud.
Depuis leur création en 1776, les États-Unis ont mené près de 400 interventions militaires, plus d’un quart d’entre elles ont eu lieu dans la période suivant la guerre froide. Un quart des 400 guerres américaines, soit 100 guerres, se sont déroulées au Moyen-Orient et en Afrique. Cf. à ce propos , Introducing the Military Intervention Project: A New Dataset on US Military Interventions, 1776–20.
Dans ce contexte de grande fébrilité américaine, la Chine, placide, s’est ainsi livrée à une manœuvre de contournement de ses ennemis, surprenant le monde en parrainant un accord entre les deux chefs de file antagonistes du Monde musulman, l’Arabie saoudite, sunnite, et l’Iran, chiite, dix-neuf mois après la débandade américaine de Kaboul, en Août 2021, alors que l’OTAN tout entier était mobilisée en faveur de l’Ukraine face à la Russie.
Digne de la stratégie du jeu de go, de conception chinoise d’ailleurs, cette manœuvre de contournement a constitué une humiliation d’autant plus cuisante pour les Etats-Unis, qui se pose en chef du Monde libre, que cet arrangement a été scellé sous le parrainage d’un régime communiste, une idéologie que le Royaume Wahhabite a combattu dès sa naissance, il y a près d’un siècle, et l’Iran, pendant près de 40 ans, sous la dynastie Pahlévi.
Symptomatique de l’érosion de la position des Etats Unis sur la scène mondiale, cet exploit sans pareil dans les annales diplomatiques internationales visait à concilier, –à défaut de réconcilier–, sous l’égide d’un régime qui se réclame du “matérialisme dialectique”, donc officiellement athée, les deux théocraties musulmanes du Moyen Orient, en conflit ouvert depuis l’avènement de la République Islamique iranienne en 1979, il y a 44 ans.
Épilogue : De quoi le Sud Global est-il le nom ?
Fait symptomatique : Pour la première guerre inter européenne du XXI me siècle, l’Ukraine, l’Afrique ne s’est pas considérée impliquée, contrairement aux deux Guerres Mondiales du XX me siècle où sa population a servi d’abondante « chair à canon » pour ses colonisateurs, traduisant concrètement le fait que le sud global apparait comme le support programmatique des BRICS.
Le Sud global réuni l’Afrique, l‘Amérique du Sud et des pays du moyens Orient. Le terme a été forgé par le premier ministre indien : « C’est le moment des pays du Sud d’unir leurs voix pour un avenir meilleur global » s’est exclamé Narendra Modi sur la chaine You tube PMO.
Le Sud global englobe aussi les termes Tiers-monde, pays sous -développés, pays pauvres, nouveau pays industrialisés, pays en voie de développement, pays émergents, en un mot l’ensemble des pays qui ont eu à pâtir du « fardeau de l’homme blanc », de «la mission civilisatrice de l’Europe », en un mot de tout le fatras idéologique qui a justifié la prédation de la planète par les Occidentaux.
L’Algérie, le premier, remettra en cause l‘ordre économique mondial, en 1976, lors de la première conférence Nord Sud à Paris, dont le président Houari Boumediene en sera le porte-parole.
Où se trouve Le Sud ? et qui est du Sud ?
Le théoricien politique italien Antonio Gramsci, le premier, a employé le terme sud pour désigner les masses paysannes du sud de l’Italie. L‘adjectif mondial apparait au cours de ses écrits et désigne un phénomène social qui de l’Italie peut se transposer au monde.
Dans une perspective de stratégie politique, Gramsci, membre fondateur du parti communiste italien, considérait qu’il fallait établir une nouvelle alliance entre le prolétariat du Nord et les masses paysannes du Sud, en combattant l’idéologie dominante sur le Sud. Il soulignait également le retard économique et culturel de Sud par rapport au Nord plus développé.
68 ans après Bandoeng, les sommets des BRICS de Johannesburg et de Kazan signent l’émergence d’une nouvelle structure diplomatique et économique visant à promouvoir un monde multipolaire afin de « désoccidentaliser la planète ».
Mais à la différence du Mouvement des Non Alignés, le BRICS aligne trois puissances nucléaires (Chine, Inde, Russie), soit autant que la totalité de l’Otan, ce qui n’était pas le cas à Bandoeng, et deux pays clés de l’économie mondiale, la Chine et l’Inde, ce qui n’était pas non plus le cas à Bandoeng, alors que l’Asie est propulsée au rang de premier continent de par son importance démographique et économique et que l’Occident est en crise systémique d’endettement. Non une nuance, mais une différence de taille.
Illustration
René Naba
Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.
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الطاهر المعز-اليمن في مُخطّط « الشّرق الأوسط الكبير »

اليمن في مُخطّط « الشّرق الأوسط الكبير » : الطاهر المعز
الطاهر المعز
يُشكّل اليمن حلقة من سلسلة مخطط إعادة تشكيل المنطقة العربية ضمن المشروع العدواني الأمريكي المُسَمّى مشروع « الشّرق الأوسط الكبير »، ثم ضمن المخطط الأمريكي لتجربة فتح عدّة جبهات حربية متزامنة، وشكّلت الأراضي الفلسطينية المحتلة سنة 1948 ولبنان وسوريا جُزْءًا من هذه الحرب العدوانية الأمريكية – الأطلسية – الصهيونية، مُباشرة أو بالوكالة، واستمرارًا لحروب عدوانية بدأت بانهيار الإتحاد السوفييتي في يوغسلافيا والصّومال والعراق ( 1991 و 2003 ) ثم ليبيا وسوريا حيث تم تغيير الأنظمة الحاكمة بالقُوّة في العديد من الدّول، وإنهاك أخرى وتنظيم انقلابات دستورية في غيرها…
ارتفع مُستوى التنسيق الإستخباراتي والعسكري الأمريكي البريطاني الصهيوني ضد اليمن، خلال النّصف الثاني من شهر كانون الأول/ديسمبر 2024، وتجسّد ذلك في تصعيد عمليات قَصْف العاصمة صنعاء وميناء الحديدة ومحافظة حجة لساعات عديدة متواصلة، باستخدام أحدث طراز من الطائرات الأمريكية « إف – 35 » والقنابل شديدة الانفجار، من أجل تدمير البنية التحتية وإرهاب الشعب اليَمَنِي الذي تمكّنت مُقاوَمَتُهُ من استهداف قاعدة «نيفاتيم» الجوية في منطقة النقب جنوبي فلسطين المحتلة،، يوم السبت 30 كانون الأول/ديسمبر 2024، وتُشير وسائل الإعلام الصّهيونية إن العمليات العسكرية الأمريكية والبريطانية والصهيونية ضد شعب اليمن قد تستمر لعدة أسابيع، بدعم من دُوَيْلات الخليج، بعد إنهاك المقاومة اللبنانية والفلسطينية وتدمير البنية التحتية والثكنات ومخازن الأسلحة في سوريا، حيث يُعتَبَرُ العدوان على اليمن جُزْءًا من مشروع الشرق الأوسط الكبير، وجزءًا من إعادة تشكيل خارطة المنطقة، بعد تدمير غزة والضفة الغربية ولبنان وسوريا، بهدف تنصيب الكيان الصهيوني كقوة إقليمية مُهيمنة، بدعم عسكري ومالي وإعلامي من قِبَلِ محور الأعداء ( حلف شمال الأطلسي والرجعيات العربية ) الذي نَفَّذَ سلسلة من الغارات الجوية على مناطق مختلفة من اليمن، واستهداف محطات توليد الطاقة والموانئ والبُنَى التحتية، ومع ذلك تستمر المقاومة اليمنية في استهداف المواقع الصّهيونية – من بينها منطقة تل أبيب وثكنات النّقب – بالطّائرات الآلية وبالصّواريخ الباليستية واستهداف السّفن العسكرية الأمريكية في البحر الأحمر وبحر العرب…
يُعَدُّ مضيق باب المندب موقعًا استراتيجيًّا دوليًّا، لأنه أحد أهم المعابر التجارية العالمية، وتمكّنت المُقاومة اليمَنِيّة من التّأثير في الوضع الإقليمي، من خلال السيطرة على هذا المَمَرّ التجاري الإستراتيجي الرّابط بين ثلاث قارّات: آسيا وإفريقيا ( عبر القرن الإفريقي ) وأوروبا، والمُطِل على ميناء » أمّ الرَّشْراش » ( إيلات) وذلك نُصْرَةً للشعب الفلسطيني وإدراكًا منها بوِحْدَة الجَبَهات، مقابل ائتلاف الأعداء الذي يستهدف كُلّ شعوب المنطقة، بدْءًا من فلسطين مُرورًا بلبنان وسوريا ليكون اليمن هو الهدف القادم في المُخطّط الإمبريالي الأمريكي المُسمّى « الشّرق الأوسط الكبير »، بدعم من دول إقليمية مثل السعودية والإمارات، ومن قُوى عميلة للإمبريالية، مثل « حزب الإصلاح » ( الإخوان المسلمون ) المُتحالف علنًا مع الولايات المتحدة والكيان الصّهيوني، فضلا عن تركيا، عضو حلف شمال الأطلسي، والذي يَصِف عمليات المُقاومة ب »الإرهابية »، وتُردّد وسائل إعلامه نقل تجربة الإطاحة بالنظام في سوريا وتطبيقها ضدّ المقاومة في اليمن، ونشرت وسائل إعلام مُقرّبة من الحكومة الإنفصالية في جنوب اليمن ( « المجلس الإنتقالي الجنوبي » الموالي للإمارات ) أخبارًا عن وجود قوات « غربية » ( أميركية وفرنسية ) تقوم بتأهيل مليشيات تدعمها حكومات الخليج بهدف شنّ حرب بالوكالة ضدّ المقاومة اليمنية ( أنصار الله ) » لوضع حدٍّ لتهديد حُرِّيّة الملاحة في البحر الأحمر »، وفق موقع صحيفة «الأمناء» المقربة من «المجلس الانتقالي الجنوبي» الموالي للإمارات، كما تُنسِّق الولايات المتحدة مع السعودية لتشكيل مليشيات سَلَفِيّة في المناطق الخاضعة لآل سعود منذ سنة 2018، بدعم من الولايات المتحدة والكيان الصّهيوني…
تدعم تركيا وقَطَر قادة حزب الإصلاح اليمني ( الإخوان المسلمون) –حصلت إحدى قيادياته « توكّل كرمان » ابنة أحد القادة التاريخيين لإخوان اليمن، على جائزة نوبل بسبب تمجيدها للإمبريالية الأمريكية – الذي يَدَّعِي: « إن حركة أنصار الله جلبت الخراب والدمار للبلاد، وهي تعمل لمصلحة قوى خارجية ( إيران) لأن الصراع الدّائر في الشرق الأوسط وعلى الساحة اليَمَنِيّة هو صراع إسرائيلي إيراني … »
يحاول حلف شمال الأطلسي – بزعامة الولايات المتحدة – والكيان الصهيوني استغلال الوضع الناجم عن 15 شهرا من التّدمير المنهجي في غزة ولبنان وسوريا واليمن، خصوصًا وإن المقاومة اليمنية استهدفت سابقًا مناطق إنتاج وتخزين النّفط في السعودية والإمارات التي مَكّنت الكيان الصهيوني من إقامة محطّات تجسس في أرخبيل سوقطرة ( مَحْمِيّة طبيعية يَمَنِيّة احتلتها الإمارات، بالتعاون مع الكيان الصهيوني ) والتخطيط لإقامة قاعدة مشتركة – بين الإمارات والكيان الصهيوني – وتشريد الصّيّادين اليمنِيِّين من الجزيرة، ورغم كثرة وقُوّة الأعداء فإنهم فشلوا – لحدّ الآن – في اعتراض مُسيّرات وصواريخ المقاومة اليَمَنِيّة وفي وضع حَدٍّ لحصار السفن الصهيونية أو المتعاملة مع الكيان الصّهيوني، مما أدّى إلى إلحاق أضرار جسيمة باقتصاد الكيان الصّهيوني وخفض نشاط قناة السّويس وموانئ فلسطين المحتلة وقناة السّويس، وخصوصًا ميناء « أم الرّشراش »، وتمكّنت المُقاومة اليَمَنِيّة من فرْض حصار أجْبَر سُفُن الشركات العابرة للقارات على تَجَنّب المرور من البحر الأحمر، وزيادة تكاليف النّقل والتّجارة عبر الممرات المائية بين آسيا وأوروبا منذ أكثر من سنة، رغم استمرار عدوان الإئتلاف الأميركي البريطاني الصهيوني الخليجي ( السعودية والإمارات ) الذي زاد من مَظاهر عَسْكرة البحر الأحمر، بل اضطرت أربع حاملات الطائرات الأمريكية ( أبراهام لينكولن وترومان وروزفلت وايزنهاور ) وكذلك البريطانية إلى مُغادرة ساحة الحرب في البحر الأحمر، خصوصًا بعد إسقاط طائرة أميركية مقاتلة من طراز 18 F/A- وادّعت القوات الأمريكية إنها سقطت بنيران صديقة، أي عن طريق الخَطَأ، وأدّت نجاعة الرّدع اليَمَنِي إلى رَفْض الدّول الحليفة للولايات المتحدة – باستثناء بريطانيا – بما فيها مصر والسعودية وفرنسا، المُشاركة في تحالف دولي أعلنت الولايات المتحدة إنشاءه منذ منتصف كانون الأول/ديسمبر 2023، وعموما فشلت الولايات المتحدة في رَدْع المقاومة اليمنية وفي تأمين الملاحة من وإلى موانئ فلسطين المحتلة وفي حماية الكيان الصهيوني من صواريخ ومسيرات المقاومة اليمنية التي تخوض معركة تحرّر وطني ضدّ العدوان الإمبريالي وتَفَرّعاته الصّهيونية والعربية…
الموروث التاريخي لتَوَتُّر العلاقات بين اليمن والسعودية
يُعَدّ اليَمن مَوْطن العروبة والقبائل العربية القديمة ( قحطان و تهامة و المهرة وكندة والحضارمة…) والسّعودية مَهْد الإسلام ( مَكّة والمدينة )، وبقي الطّابع العربي طاغيًا إلى غاية واكتشاف النّفط في حدود السعودية الحالية وبعض مناطق اليمن فدعمت الإمبريالية البريطانية ثم الأمريكية آل سعود الذين شنوا حُرُوبًا عديدة على الشعب اليمني واحتلوا منابع النّفط ودَعموا الحُكْم المَلَكِي، فيما دعمت مصر ( النّاصِرِيّة ) نضال الشعب اليمني من أجل الإستقلال عن بريطانيا وإقامة الجمهورية، ودعم الإتحاد السوفييتي جمهورية اليمن الدّيمقراطية في الجنوب وعاصمتها عَدَن.
لَعِبَ آل سعود دَوْرًا كبيرًا في التّآمُر على الشعب اليمني وفي إِفْقَارِهِ وتقسيم وطَنِهِ، من خلال العديد من الحُرُوب ضدّ جيرانهم اليَمَنِيِّين، بسبب الخلافات الحدودية أو التّاريخية أو الجيُوسِيّاسية، منها أربع حُرُوب قاسية ومُدَمِّرَة، وتَعُود خَلْفِيّات حرب سنة 1934 إلى تَدخّل آل سعود – قبل تأسيس دولتهم سنة 1932 – في الحرب التي دارت بين فريقَيْن يَمَنِيَّيْن ( المملكة المُتوكِّلِيّة و الأدارسة ) بين سنتَيْ 1924 و 1926، وكان آل سعود يَدْعَمون الإمارة الإدريسية التي فقدت السيادة على أراضيها بحكم السيطرة السعودية الكاملة وضمّ المنطقة إلى سُلطة آل سعود، سنة 1930، مما أدّى إلى تَمَرُّد الأدارسة بنهاية 1932 وبداية 1933، وكان هذا التّمرّد الذي سَحَقَتْه قُوات الملك عبد العزيز مُنطلقًا لحرب 1934، حيث سيطرت السعودية على ثلاث محافظات يَمَنِيّة: نجران وجيزان وعسير…
احتلّت بريطانيا اليمن ( خصوصًا الجنوب ) بين سنتَيْ 1838 و 1967، وبقيت بعض المناطق – خصوصًا في الشمال – تحت سيطرة القبائل وبعض الأعيان، وعارضت السعودية ثورة 26 أيلول/سبتمبر 1962 اليمنية، وعارضت تأسيس الجمهورية العربية اليَمَنِيّة سنة 1962، وانطلقت ثورة التّحرير في الجنوب يوم الرابع عشر من تشرين الأول/اكتوبر 1963، عارضت السعودية إنشاء الجمهورية وثورة التحرير ثم جمهورية اليمن الديمقراطية الشعبية ( الجنوب) ودعمت السعودية بعض القبائل ( الزّيدية شمال اليمن وائتلاف قبائل حاشد وبكيل…)، وأطلقت السعودية حرب تشرين/نوفمبر سنة 1969، سُمِّيت حرب « الوديعة »، وحَسَمَ الطّيران الحربي المعركة لصالح آل سعود…
تدخّلت السعودية باستمرار في شؤون اليمن وخصوصًا منذ 2009 بالشراكة مع الإمارات التي لها مشروعها الخاص والتي جلبت معها الكيان الصّهيوني ليُشاركها احتلال أجزاء من اليمن، وتدعم الإمبرياليات « الغربية » ( الولايات المتحدة وكندا وبريطانيا وألمانيا وفرنسا…) والكيان الصّهيوني العُدوان السعودي الإماراتي، خُصوصًا منذ سنة 2014، عندما سيطرت المُقاومة اليمنية ( أنصار الله) على شمال البلاد بما في ذلك العاصمة (صنعاء) وعلى ميناء الحديدة، وأعلنت السعودية، سنة 2015، تشكيل تحالف عسكري، تحت إسم « التحالف العربي لدعم الشرعية في اليمن » المدعوم من حلف شمال الأطلسي – خصوصًا الولايات المتحدة وبريطانيا وتركيا- ويُساند هذا التحالف الرئيس اليمني السابق المُنتهية ولايته منذ سِنِين، عبد ربه منصور هادي، وادّعى آل سعود « إن التحالف يهدف إنقاذ اليمن والمنطقة من أطماع إيران التي تُحاول بسط هيمنتها على اليمن واتخاذه قاعدة لممارسة إرهابها في المنطقة »، وبعد عشْر سنوات من العدوان والحصار، لم تتمكّن السعودية والإمارات ومن يقف وراءهما من إخضاع المُقاومة اليمنية التي تستمدّ صمودَها من تسعة عُقُود من العدوان السعودي/ « الغربي »، أي منذ تأسيس « المملكة العربية السعودية » سنة 1932 التي استَوْلت على منطقة عسير الساحلية اليمنية ومحافظات نجران وجيزان…
أطاح الجُمْهُورِيُّون اليمَنِيُّون سوم 26 أيلول/سبتمبر سنة 1962 بالإمام محمد البَدْر وأسّسُوا الجمهورية اليمنية، التي عارضتها القبائل الموالية لمحمد البدر، ودعمت السعودية وإيران والأردن وبريطانيا والولايات المتحدة والكيان الصهيوني هذه القبائل فيما دعمت مصر الجمهورية النّاشئة وأرسلت قرابة سبعين ألف جندي، وانتهت هذه الحرب رَسْمِيًّا سنة 1970، بمصالحة بين أنصار الجمهورية والإمام محمد البدر وبدعم السعودية اليمن الشمالي بفعل العداء للإتحاد السوفييتي الذي كان يدعم اليمن الجنوبي، غير إن اليمنيين ( شمالا وجنوبا، ثم بعد إعادة التّوحيد سنة 1990) استمروا في المُطالبة باسترجاع المُحافظات المُحتلّة: عسير و نجران و جيزان، وردّت السعودية الفِعْل – خصوصًا بعد مُعارضة اليمن العدوان على العراق سنة 1991– بطَرْد مئات الآلاف من العمال المهاجرين اليمنيين، بعضهم وُلِدَ في السعودية، وحرمان اليمن من التحويلات المالية، واستفحال المشاكل الإقتصادية والإجتماعية ودعمت السعودية ( بداية من سنة 1994 ) الحركة الانفصالية الجنوبية وبعض الأعْيان اليَمَنِيِّين بالمال والإعلام والسّلاح، واغتالت « حُسين الحُوثي » ( الأخ الأكبر لزعيم المقاومة الحالي) سنة 2004 وتدخّل الجيش السعودي بشكل مباشر في اليمن، منذ سنة 2009، بهدف استعادة نفوذ آل سعود، بدعم أمريكي، بذريعة « الحدّ من النفوذ الإيراني و تأمِين حُرِّيّة الملاحة بمضيق باب المندب « ، وخصوصًا منذ سنة 2015 باسم تحالف دولي وَهْمِي، تتناقض بعض مصالح طَرَفَيْهِ الرّئيسِيّيْن (السعودية والإمارات ) حيث تُمَوِّلُ الإمارات مجموعات لا تتماشى مخططاتها مع الأطراف اليمنية الأخرى التي تدعمها السعودية.
لم يحقق العدوان السعودي الإماراتي خلال سنوات الذّروة، بين 2015 و 2020، سوى تدمير البُنية التّحتية والمدارس والمستشفيات والمحلات السّكنية والإدارية والتّجارية، خصُوصًا في مُحافَظَتَيْ « صَعْدَة » و « حجة »، ومقتل أكثر من مائة ألف يمني وحوالي 220 ألف آخر بسبب الحصار، ورفضت السعودية والإمارات تحمّل مسؤولية قصف المَدَنِيِّين والتعويض عن الأضرار، بينما استهدفت المقاومة اليمنية المُحافظات الثّلاث التي استوْلَت عليها السعودية سابقًا (عسير و نجران و جيزان ) ومُنشآت النفط، مما جعل الحرب تستنزف نحو ستة مليارات دولارا شهريا من ميزانية السّعودية، وأدّى ارتفاع التكاليف المالية والسياسية إلى تغيير السعودية تدخّلها في اليمن، بداية من سنة 2022، وخَوْض الحرب بالوكالة، بواسطة مليشيات مَحلِّيّة يَمَنِيّة، بالتّوازي مع الضّغط على كافة الأطراف اليمنية عبْر مئات الآلاف من العمال اليمنيين الذين يعيش عشرات الآلاف منهم منذ جيلَيْن أو ثلاثة أجْيال في السعودية…
خاتمة
تُشكّل السعودية والإمارات ( فضلا عن أنظمة مصر والأردن والمغرب وسلطة أوسلو في رام الله ) جُزْءًا من التحالف الإمبريالي الصّهيوني الرّجعي العربي، فيما تُشكّل المُقاومة اليمنية جزءًا من مُقاومة الحُروب العدوانية المباشرة أو الحروب بالوكالة ضدّ شعوب المنطقة العربية، وجزءًا من مُناهضة المشاريع الإمبريالية التي يتم تطبيقها حاليا في المنطقة، ومن بينها مَشْرُوع « الشّرق الأوسط الكبير »، ومُقاومة مُخطّط تنصيب الكيان الصهيوني قُوّةً إقليمية مُهيمنة على الوطن العربي، بدعم معظم الأنظمة العربية، ولذلك اصطفّت معظم الأنظمة العربية وراء حلف شمال الأطلسي ( وتركيا من أهم أعضائه ) والإمبريالية الأمريكية والكيان الصهيوني ضد الشعوب العربية ( فلسطين ولبنان وسوريا واليمن…) ودعمت الشعوب نضال ما يُسمّى « محور المقاومة » الذي يُناهض هذه المُخطّطات ويُصيب بعض الأهداف العسكرية والإستخباراتية في فلسطين المحتلة، التي لم يتجرّأ أي نظام عربي على استهدافها، باستثناء النّظام العراقي خلال عُدوان 1991…
الطاهر المعز
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Mohamed Taleb-Palestine: La Nakba de 1948

Palestine: La Nakba de 1948 par Mohamed Taleb
Le génocide en cours à Ghaza depuis octobre 2023 marque une ascension exceptionnelle du mécanisme génocidaire. Une industrie génocidaire sioniste déployée avec extrême arrogance sur une population civile sans défense et transmise en direct par les supports médiatiques au grand public, une montée prodigieuse de la machine dévastatrice et assassine sioniste, adoubée de l’Intelligence artificielle, le dernier cri du progrès technologique, au service de la destruction de l’humanité.
Les pays occidentaux, imbus de leur complexe de supériorité, dont les États-Unis et l’Europe accablée par le poids insupportable de son passé antijudaïque et antisémite qui a culminé avec l’Holocauste, ont, pour se racheter, approuvé et soutenu Israël dans son entreprise infernale contre les Ghazaouis et les Palestiniens de Cisjordanie., mettant à sa disposition tout un arsenal politique, militaire, financier et médiatique, pour la mise œuvre d’un rouleau compresseur sioniste à des fins de nettoyage ethnique, infrastructurel et territorial.
L’impitoyable régime sioniste assume parfaitement le rôle de successeur légitime de la barbarie du régime nazi avec une hausse considérable au niveau de la qualité du travail accompli: une population civile décimée sinon ébranlée et un territoire à 90% rasé au sol, une apocalypse humanitaire réalisée avec le progrès technologique.
Dans son étude « Auschwitz, Marx et le XXème siècle », le philosophe Enzo Traverso[1] , soutient l’idée que l’Holocauste serait d’une part le point d’arrivée d’une moderne Guerre de Trente ans et depuis 1914 et d’autre part, tout en excluant le mécanisme de l’automatisme, l’aboutissement d’un colonialisme occidental conjugué à un racisme biologique et à la modernité. Pour Traverso, l’organisation de la machine meurtrière nazie représente une synthèse de structures industrielles, militaires et pénitentiaires de la société moderne, articulées en fonction d’un projet d’élimination raciale.
Traverso cite également le sociologue polonais Zygmunt Bauman, lequel pense que «Auschwitz fut pensé et réalisé dans le cadre de notre civilisation, à l’apogée de son développement culturel et humain, c’est pourquoi il s’agit d’un problème de cette société, de cette civilisation et de cette culture. La modernité d’Auschwitz ne tient pas exclusivement aux usines de la mort, mais aussi à son arrière-plan culturel, façonné par une rationalité bureaucratique qui postule une gestion administrative sans aucune interférence d’ordre éthique ».
[1] – Voir Link : Enzo Traverso: « Auschwitz, Marx et le XXe siècle ». Ressources documentaires sur le génocide nazi / Documentary Resources on the Nazi Genocide © Michel Fingerhut, auteurs et éditeurs, 1996-2000
Ces observations pourraient certainement trouver un champ d’application dans le contexte actuel ghazaoui où les termes comme colonialisme, structures pénitentiaires, racisme, modernité etc. sont très facilement identifiables.
Le génocide et l’intention génocidaire a été dénoncé avec force par Francesca Albanese[2], rapporteur aux Nations Unies, au point d’être constamment accusée d’antisémitisme. Son rapport, « Anatomie d’un génocide », datant d’avril 2024. Elle écrit entre autres: « …Le génocide israélien contre les Palestiniens de Gaza est une escalade qui s’inscrit dans un processus d’effacement par colonisation de peuplement, engagé de longue date. Depuis plus de soixante-dix ans, Israël étouffe le peuple palestinien en tant que groupe − démographiquement, culturellement, économiquement et politiquement – en s’employant à le déplacer, à l’exproprier et à contrôler ses terres et ses ressources. La Nakba en cours doit être stoppée et le préjudice doit être réparé une fois pour toutes. C’est un impératif et un devoir envers les victimes de cette tragédie qui aurait vraiment pu être évitée, ainsi qu’envers les générations futures de ce pays…Elle considère notamment que les dirigeants exécutifs et militaires israéliens ainsi que les soldats israéliens ont intentionnellement dénaturé les principes du « jus in bello et subverti » (droit en temps de guerre et subversion) leurs fonctions protectrices dans le but de légitimer la violence génocide à l’égard du peuple palestinien… ».Quelques mois plus tard, le 5 décembre 2024, Amnesty[3] International arrive, à l’issue d’une enquête, à la conclusion qu’Israël commet un génocide à Ghaza et dénonce également « l’intention spécifique d’Israël de détruire physiquement la population palestinienne, déclarations déshumanisantes et génocidaires des responsables gouvernementaux et militaires israéliens, en particulier aux plus hauts niveaux, du système d’apartheid imposé par Israël, de son blocus inhumain de la bande de Gaza et de son occupation militaire illégale du territoire palestinien depuis 57 ans ».
Dans un discours de Josep Borrell[4], en présence du Roi d’Espagne, ex. représentant de l’Union Européenne pour les Affaire étrangères a déclaré ce 9 mai 2025, entre autres : « …nous fournissons la moitié des bombes qui tombent sur Gaza… ».
Le peuple palestinien est en train de vivre une deuxième Nakba encore plus douloureuse peut-être de la première. Le texte qui suit, un concentré sur les origines de la première Nakba qui a eu lieu en 1948, trois années après la fin de la 2ème Guerre mondiale, est une mise en relief des étapes fondamentales et des phases cruciales qui ont mené à la tragédie palestinienne.
1917: Déclaration Balfour
L’Empire britannique, en pleine 1ère guerre mondiale, s’arroge le droit de disposer, en toute liberté, d’un territoire palestinien, qui ne lui appartient pas (encore sous tutelle ottomane) pour l’octroyer à une organisation sioniste qui aspire à y fonder un Foyer juif pour une peuple juif, « sans terre » selon le slogan sioniste « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Une véritable escroquerie, en dehors de toute légalité[5] et de toute légitimité (la Société des Nations -SDN ne sera fondée qu’en 1919 et le mandat britannique de la SDN pour cette région ne sera opérationnel qu’à partir de 1922).
La Société des Nations, crée en 1919, quasiment sur injonction du Président Wilson, à partir de ses quatorze points concernant le droit aux nations à disposer d’eux-mêmes, est formée par les pays vainqueurs de la 1ère Guerre Mondiale et grandes puissances, aux orientations sous-tendues à une vision coloniale et dominatrice.
Texte de la déclaration Balfour sur la création d’un Foyer national juif en Palestine :
La guerre est devenue guerre mondiale à la suite de l’entrée en guerre des États-Unis.
Au courant de l’année 2016 et surtout vers la fin, les Britanniques et les Français se trouvaient en très mauvaise posture face aux puissances de l’axe en raison également de réduction de la contribution russe due aux efforts de guerre et à des troubles sociaux de grande envergure.
Partant de ce cas de figure, Allemands et Autrichiens, en position de force, proposent le 12 décembre 1916 un plan de paix aux Alliés avec un retour aux positions « ante bellum » (d’avant-guerre).Le 18 Décembre 1916, le Président américain Woodrow Wilson réagit positivement face à l’initiative allemande du 12 Décembre et propose aux parties belligérantes de prendre en considération une « paix sans victoire »[6].
En dépit d’une position de faiblesse sur le terrain, la France, les Britanniques et la Russie rejettent la proposition de paix de l’Allemagne et de l’Empire austro-hongrois le 30 décembre 1916, de même que celle du président américain.
L’Allemagne, devant ce refus, déclenche, à partir de février 1917, avec ses sous-marins, une offensive navale à outrance. Les États-Unis, qui, à travers le président Woodrow Wilson[7], le 22 janvier 1917, proclamaient le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes, déclarent la guerre le 6 avril 1917 à l’Allemagne, sous le prétexte du blocus du commerce maritime international par les Allemands et de la défense de la démocratie.Les Sionistes, conscients de la tournure conjoncturelle et de la situation défavorable pour les Alliés, voyant la réalisation de leur projet de fondation d’un Foyer national juif en Palestine menacé, s’emploient à faire changer le cours des événements. Les Sionistes vont parvenir à faire entrer en guerre les États-Unis.
Alison Weir[8] explique que la détermination coloniale britannique (et française) qui installa la légitimité internationale du colonialisme juif en Palestine en vue d’y créer une nation n’aurait pu être trouvée, sans l’efficacité de la stratégie diplomatique de la diaspora sioniste, qui négocia sans ambages par son service aux États européens la création consentie de sa nation, grâce à une activité de lobbying ininterrompue pour faire entrer les États-Unis dans la grande guerre contre l’Allemagne, au moment où les armées européennes s’épuisent sous le poids de leurs morts et la défection des Russes. L’influence des Sionistes auprès du président Wilson était grande, un membre de la Cour Suprême des États-Unis, le juge Louis D. Brandeis (1856-1941), chef du mouvement sioniste aux Etats-Unis, était un ami et un des plus proches conseillers du président Wilson.
L’entrée en guerre des États-Unis a eu également des motivations de nature économique et d’ordre stratégique. La guerre, signifie pour les États-Unis, une offre considérable d’opportunités économiques pour nombre de secteurs industriels américains (pétrole, acier, infrastructures), en particulier pour le secteur militaire (armement) et un programme de fournitures de biens divers pour les pays européens alliés.
On assiste à une forme de keynésianisme avant la lettre au plan militaire, avec le cheminement des USA vers le statut de grande puissance, qui mènera une dizaine d’années plus tard au dépassement des empires coloniaux français et britannique.La concrétisation de la Déclaration Balfour adviendra à la suite de la Conférence de paix de Versailles de 1919 et de la Conférence de San Remo de 1920. Un Mandat est assigné aux Britanniques pour l’administration d’une partie du Moyen-Orient (l’autre partie étant octroyée à la France, en vertu de l’Accord franco-britanniques Sykes-Picot de 1916), dont la Palestine, une décision qui sera approuvée et confirmée par la Société des Nations (créée en 1919) en juillet 1920.
Les Mandats britannique et français au Moyen-Orient ont été justifiés, au niveau de la Société des Nations (SDN), par l’incapacité des pays arabes, la Palestine, le Liban, la Syrie et l’Irak, auparavant sous l’Empire ottoman déchu, d’autogouvernance et d’assurer leur propre souveraineté.
Les Arabes sont rabaissés au stade infantile et considérés politiquement immatures et incapables de s’administrer eux-mêmes. Les points N.1 et N.4 de l’article 22 de la Charte de la SDN est assez explicite :N.1 : « Les principes suivants s’appliquent aux colonies et territoires qui, à la suite de la guerre, ont cessé d’être sous la souveraineté des États qui les gouvernaient précédemment et qui sont habités par des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien-être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation, et il convient d’incorporer dans le présent pacte des garanties pour l’accomplissement de cette mission ».
N.4 : « Certaines communautés qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. Les voeux de ces communautés doivent être pris d’abord en considération pour le choix du mandataire ».
Selon Frantz Fanon, « Le peuple colonisé est idéologiquement présenté comme un peuple arrêté dans son évolution, imperméable à la raison, incapable de diriger ses propres affaires, exigeant la présence permanente d’une direction ».
Les sionistes sont propulsés par les Britanniques pour la colonisation de la Palestine, une entreprise violente à l’encontre des principes du Mandat, de la Charte de la SDN et des principes wilsoniens dont le droit à l’autodétermination.
L’objectif des mandats était à l’origine, d’assister les populations locales administrativement, politiquement et économiquement avant l’acquisition de leur propre indépendance au bout de quelques années.
Révolte des Palestiniens – 1936-1939
La deuxième moitié des années 30 est marquée par l’arrivée massive de Juifs en Palestine, surtout à partir d’Allemagne en raison de leur persécution par le régime nazi mais également à travers le deal entre sionistes et nazis, le fameux Accord Haavara (Haavara-Vertrag), un programme de transfert de population qui a consenti à plus de 60.000 Juifs de rejoindre la Palestine entre 1933 et 1941, moyennant un mécanisme financier très avantageux pour le régime nazi.
La population[9] en Palestine compte près de 385.000 Juifs en 1936, soit 28% de la population totale (en 1932, il y avait environ 192.000 Juifs soit 18% du total). Sous l’égide de l’Agence juive (fondée en 1929), naissent de multiples implantations sionistes illégales (plus de 50 villages entre 1936 et 1939) avec la technique « Tour et palissades ». Une technique qui permet de bâtir un nouveau village en quelques heures et de le fortifier afin qu’il puisse résister aux attaques qui ne manqueront pas de se produire dans les heures suivant sa création.
Les Juifs occidentaux (Allemagne) et orientaux (URSS, Pologne) de la 5ème Aliya (émigration juive vers la Palestine entre 1931 et 1939) forment une population très hétérogène socialement.
Toutes les classes sociales y sont représentées, libérale et bourgeoise avec certaines capacités financières, travailleuse, estudiantine etc. ainsi que les toutes les tranches d’âge, avec une prédominance de jeunes, choisis par les chefs sionistes pour leur aptitude à construire l’État juif.
Cette nouvelle dynamique, accompagnée des fonds injectés dans le cadre de l’Accord Haavara, va engendrer un certain développement dans différents secteurs productifs desquels seront totalement exclus les Palestiniens, dont surtout les classes paysanne et ouvrière.Les paysans palestiniens sont obligés de quitter les campagnes pour les villes et accroitre les rangs des masses ouvrières peu qualifiées, elles-mêmes discriminées sinon exploitées au maximum par le capital industriel juif. La main-d’œuvre palestinienne est totalement exclue du marché du travail ou au mieux objet d’une concurrence impitoyable de la part des ouvriers juifs. L’ascension[10] du capital industriel juif constitue un danger également pour la classe bourgeoise citadine palestinienne, les entreprises industrielles juives formant plus que le double de celles sous contrôle palestinien.
La toile de fond sur laquelle va s’inscrire la révolte palestinienne est d’une part la lutte pour l’indépendance nationale et d’autre par la lutte contre l’établissement d’un Foyer national juif. Mais les vraies raisons de la révolte se situent, selon Ghassan Kanafani[11], dans les contradictions violentes que subit la société palestinienne arabe, toutes classes sociales confondues.
Le Cheikh Izz Al-Din Al-Qassam, syrien d’origine, né en 1882, considère que les conditions sont réunies pour un appel à la révolte, un avis qui n’est pas partagé par le Grand Mufti, Hadj Amin Al Husseini qui privilégie encore la voie diplomatique (il faut rappeler que Al Husseini a été nommé Grand Mufti de Jérusalem par les Britanniques).
La révolte éclate en 1936 avec un mouvement de grève générale qui va durer plus de six mois.Le Haut Comité[12] arabe est créé le 25 avril 1936, une organisation issue de l’élite clérico-féodale issue de plusieurs formations politiques palestiniennes, en majorité des clans rivaux des Husseini et des Nashashibi. Des représentants de la classe bourgeoise, chrétiens et musulmans, y font également partie. La présidence du comité fut confiée à Hadj Amin El Husseini. Selon Ghassan Kanafani, le Haut Comité n’était pas représentatif et ne reflétait pas la composition de classe palestinienne qui regroupait parmi les révolutionnaires une grande majorité issue de la classe paysanne.
Les monarchies arabes, craignant l’expansion du mouvement de révolte palestinien dans leur pays, sont compromises avec les autorités britanniques. Les conflits internes au sein même de l’élite palestinienne, sont elles aussi d’une certaine manière compromises avec les Britanniques.
Ces facteurs vont constituer les raisons endogènes pour le futur échec de la révolte.Kanafani situe les raisons essentielles de la défaite dans :
– l’absence d’une direction révolutionnaire
– l’individualisme et l’opportunisme des dirigeants de la révolution
– le manque d’un commandement central des forces de la révolution
– la faiblesse du Parti Communiste de Palestine
– la situation mondiale très peu propice aux Palestiniens
Le dernier point prend en considération l’apport sans précédent et à tous les niveaux de l’Organisation Sioniste Mondiale au projet sioniste en Palestine, le soutien des puissances coloniales à la mouvance sioniste et sur le plan moral leur degré de sympathie envers les Juifs qui subissent la persécution nazie.
Les raisons externes de l’échec de la révolte sont la violente répression britannique des masses paysannes palestiniennes, soutenue par les forces de la Haganah (avec près de 20.000 hommes en 1937, nombre porté à 40.000 en 1939) et les milices terroristes sionistes Irgoun, Stern avec plus de 3.000 hommes. Les Britanniques avaient fait entretemps stationner en Palestine une armée plus importante que dans les Indes. Pour porter le coup de grâce à cette résistance, les Britanniques ont également influencé les régimes arabes leur étant acquis, Arabie Saoudite, Transjordanie, Irak etc.., à intervenir auprès des Palestiniens pour endiguer leur soulèvement.
Les Britanniques, face aux revendications d’indépendance, de cessation de l’immigration juive, de l’interdiction de ventes ou transferts de terres aux Juifs, mettent en place également une commission, la Commission Peel, chargée d’enquêter et de trouver une solution aux problèmes et à la violence en Palestine.
La Commission publie son rapport le 7 juillet 1937qui stipule que le mandat est devenu inapplicable et suggérait en même temps la partition de la Palestine, après consultation et approbation de la Société des Nations pour un plan de partition.
Le premier sommet panarabe (avec une centaine de personnes environ), qui devait se tenir à Jérusalem, mais s’est tenu le 8 septembre 1937 à Bloudan[13] en Syrie après refus des Britanniques, a rejeté les recommandations de la Commission Peel, a affirmé l’appartenance de la Palestine dans son intégralité au Monde arabe et a considéré la proposition à l’encontre de la promesse britannique pour un État palestinien indépendant.
L’Agence juive et l’Organisation sioniste mondiale ont rejeté également la proposition de la Commission de partition de la Palestine, étant jugée comme une violation de la Déclaration Balfour qui, pour les sionistes, promettait la création d’un Foyer national juif en Palestine.
Une commission technique, la Commission Woodhead, est chargée en 1938 d’étudier la faisabilité de la proposition Peel et a étudié 3 différents plans, parmi lesquels la solution adoptée serait soumise par le gouvernement britannique à l’examen du Conseil de la Société des Nations.
Il s’agit finalement de deux alternatives au Plan Peel, un plan B et un plan C, où diverses solutions sur les déplacements des populations palestiniennes, selon les territoires leur étant attribués,sont prises en considération. Même au sein de cette commission les avis ne sont pas unanimes sur les options finales. La Commission finira, en novembre 1938, par rejeter la solution Peel et le gouvernement[14] britannique en conclue son impraticabilité en raison du déplacement forcé massif de Palestiniens.
Face à cette impasse, le gouvernement britannique organise, entre le 7 février et 17 mars 1939 une conférence à Londres[15] (Conférence du Palais Saint-James)regroupant les délégations arabe et sioniste sous la direction de Malcom MacDonald, secrétaire d’État aux Colonies.
Les discussions ont lieu séparément avec les délégations arabe et sioniste. Les positions et les revendications des deux délégations sont contradictoires entre-elles.

Aucun résultat n’est atteint à l’issue des travaux qui ont duré près de 40 jours. Le gouvernement britannique décide de la proclamation unilatérale d’un « Livre Blanc » (de Malcom MacDonald) avec en son sein une série de mesures à mettre en application :
- 1 : Fondation dans un délai de dix ans d’un État palestinien regroupant Arabes et juifs, et lié par un traité à la Grande Bretagne. Le mandat prendra fin au terme de ces dix ans, sauf si les conditions sur le terrain ne le permettent pas, auquel cas la Grande-Bretagne consultera les représentants palestiniens et juifs, la Société des Nations et les États arabes, en vue de définir toute solution future.
- 2 : 75 000 immigrants juifs seront autorisés à venir en Palestine durant les cinq prochaines années. Au terme de cette période toute immigration sera soumise à « l’approbation des Arabes de Palestine ».
- 3 : Les transferts de propriété aux juifs seront interdits dans certaines zones, soumis à conditions dans d’autres et libres dans le reste du pays.
Une comparaison entre les positions notées dans le tableau ci-dessus et les dispositions du « Livre Blanc », nous permet de constater qu’il y a un certain rapprochement vers les positions de la délégation arabe. Nonobstant ce changement de la position britannique, survenu vraisemblablement en raison de l’approche du conflit mondial, de la crainte des Britanniques d’un basculement des États arabes vers les puissances de l’Axe et de leur exclusion du Moyen-Orient (position stratégique, richesses pétrolières…), la délégation arabe rejette le Livre Blanc, rejet voulu par le Mufti Amin Husseini en raison du report sine die de l’indépendance.
Les sionistes rejettent également le « Livre Blanc », pour les raisons déjà citées, en Aout 1939, et réagissent avec une grève générale en Palestine.

Le déclenchement de la 2ème Guerre mondiale en 1939 engendre la suspension des activités de la Société des Nations et la question palestinienne va demeurer sans solution jusqu’en 1947.
Entretemps les sionistes « modérés » vont profiter, pendant la 2ème Guerre mondiale, du soutien britannique pour la formation et le renforcement de leurs troupes (création de la « Brigade Juive[16] » avec environ 5000 soldats aux cotés des troupes britanniques). Les sionistes radicaux et extrémistes (Irgoun, Stern…) vont se lancer dans des opérations de terrorisme, de sabotage et de violence et d’intimidation contre les Britanniques et bien entendu contre les Palestiniens.
Recensement des villages palestiniens par le Palmach (troupe d’élites)

Rona Sela[17] écrivait en mai 2011 dans le quotidien israélien Haaretz[18] : « …Dans les années 1940, la Haganah a recueilli des informations détaillées sur des centaines de villages palestiniens et les a photographiés, dans de nombreux cas depuis le sol et aussi depuis les airs. Seules quelques dizaines de ces « dossiers de village » survivent dans les archives locales, mais leurs photos constituent un chapitre précieux et manquant de l’histoire palestinienne…
Les informations étaient généralement recueillies sous le couvert d’une leçon de nature visant à connaître le pays, ou pour des randonnées qui étaient courantes à cette époque. Les éclaireurs (des jeunes scouts de la Haganah, l’armée sioniste clandestine avant 1948) ont systématiquement constitué une base de données d’informations géographiques, topographiques et urbanistiques sur les villages, qui comprenait des descriptions détaillées des routes, des quartiers, des maisons, des bâtiments publics, des objets, des puits, des grottes, des oueds, etc. ».
Shimri Salomon[19], responsable des archives de la Haganah à Tel Aviv, auteur de recherches autour du projet sur les villages arabes, révèle que l’étude était nécessaire pour les sionistes car pendant la révolte des Palestiniens en 1936 contre la puissance mandataire, les villages arabes constituaient les bases de départ et de repli des groupes armés palestiniens. Les données recueillies contenaient des informations détaillées sur les potentialités humaines et matérielles des villages, la topographie des lieux, les points d’eau, les hommes politiques etc.
Ces dossiers seront d’une extrême utilité pendant la guerre entre 1947 et 1948, bien avant la déclaration d’indépendance de Ben Gourion en mai 1948.Selon Yitzhak Shefar[20], instructeur en chef du corps de campagne de la Haganah à Tel-Aviv et diplômé d’un cours d’officiers éclaireurs, l’idée de créer des « Fichiers Village » a été conçue simultanément par plusieurs personnes, tant au sein de l’état-major qu’au niveau des opérations sur le terrain. Dans un livre publié en 1994, il affirmait avec Yisrael Spector, , membre de la Haganah et photographe, que les missions de reconnaissance étaient menées sous couvert d’excursions. Pendant que les éclaireurs traversaient le village ou ses environs, la prise de photos serait perçue comme « naturelle ».

Pour enrichir les informations, la direction de la Haganah décide de photographier les villages depuis les airs. Pour contourner les interdits britanniques pour de telles activités, les photos aériennes étaient prises sous couverture d’activités touristiques, voire romantiques avec la participation de femmes, avec dissimulation de l’appareillage photographique
L’organisation Palmach, a été créée en mai 1941, au sein de la Haganah, organisation paramilitaire sioniste (formée à partir de milices, tolérées par les Britanniques, un corps armé pré-étatique et précurseur des Forces de défense israéliennes) entre 1920 et 1948, sous l’administration et le contrôle de l‘Agence juive, organe exécutif de l’organisation sioniste mondiale en Palestine et plus tard gouvernement de la population juive en Palestine. La Haganah sera dissoute et deviendra l’armée sioniste (Tsahal) à partir de 1948.
D’autres méthodes ont été utilisées par les sionistes pour le recueil et la récupération d’informations à travers le pillage de photographies et d’archives de corps et d’individus palestiniens, le pillage d’images et de matériel provenant de sources britanniques, formant ainsi un immense réservoir d’informations pour les forces sionistes.
L’objectif premier de cette politique de recueil d’informations, est le nettoyage ethnique de la Palestine, nommé par euphémisme le « Transfert ». L’architecte des futures opérations d’expulsion, de massacres et de nettoyage ethnique est Josef Weitz[21], d’origine russe, qui a mis en place les comités de transfert.
Josef Weitz s’exprimait en des termes clairs et précis : « … Il doit être clair qu’il n’y a pas de place sur ce territoire pour les deux peuples… Si les Arabes partent, le territoire deviendra vaste et spacieux pour nous… La seule solution est un pays… sans Arabes. Il n’y a pas de place pour le compromis ici… Il n’y a pas d’autre solution que de déplacer les Arabes d’ici vers les pays voisins… Pas un seul village, pas une seule tribu, ne peut être laissé pour compte… Il n’y a pas d’autre solution…“.Le travail accompli par Palmach et par Josef Weitz en collaboration avec le Fonds national juif (KKL en Hébreu) sera la feuille de route à disposition de la Haganah pour le nettoyage ethnique des Palestiniens en 1948.
1939-1941-1942 La solution finale pour les Juifs
Dès 1933, à l’arrivée au pouvoir de Hitler, des mesures pour la ségrégation et la persécution des Juifs sont mises en place graduellement par le régime nazi. Racisme systémique et institutionnel, restrictions et boycott économiques accompagnés de violences diverses, sont à l’ordre du jour en Allemagne et, à l’approche de la 2ème Guerre mondiale, dans d’autres pays comme l’Italie avec l’introduction, le 18 septembre 1938, des lois raciales par le Duce Mussolini ou la France, un peu plus tard, sous le régime de Vichy à partir de 1940.
En 1939, en Allemagne, il est encore question de déportation et d’expulsion des Juifs du territoire allemand. Cette opération, vider le Reich de ses Juifs, s’étale jusqu’à environ la moitié de l’année 1941.
En 1933, il y avait 500.000 Juifs en Allemagne[22] et en 1939 il n’y en a plus de 210.000. En octobre 1941, il y en a 163.000. En 1945, il n’y en a plus que 15.000 Juifs qui ont échappé à la déportation et ont vécu dans la clandestinité.

Date à laquelle il est question aussi de près d’un million[23] de victimes á la suite de massacres contre les Juifs. Les mesures d’expulsion et de déportations sont cependant jugées insuffisantes par les dirigeants nazis.
Les documents ci-joints sont les trois premières pages du protocole de 15 pages de la conférence qui a regroupé des hauts dirigeants de la nomenklatura nazie le 20 janvier 1942, à l’initiative de Reinhard Heydrich, haut représentant SS. Cette réunion s’est tenue dans une villa à Wannsee (voir photo ci-dessous) près de Berlin.

1939-1941-1942 La solution finale pour les Juifs

Mais les tueries et les massacres de Juifs ont débuté cependant bien avant la tenue en janvier 1942 de cette conférence et ce depuis au moins l’invasion de l’Union soviétique (Opération Barbarossa) par les Nazis à partir du 22 juin 1941. L’extermination des Juifs, bien que le moment exact de la prise de cette décision soit encore inconnu, a été entamée bien avant 1942.
La volonté d’attribuer au Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al-Husseini, l’origine de cette décision ou pour le moins d’avoir inspiré le führer Adolph Hitler à adopter la « solution finale » pour les Juifs, lors de sa visite en Allemagne du 28 novembre 194, frôle le ridicule et relève de la démence. Lors de cette rencontre, Hitler[24] soutenait que « les motivations des nationaux-socialistes étaient de persévérer dans le combat sans merci contre les Juifs… », le Grand Mufti lui signifiait que les Arabes considéraient que ce sont les sionistes à l’origine des problèmes et non pas les Juifs, ce que Hitler lui reprochait en répondant que les Arabes sont un peuple sentimental et dont les convictions étaient dénuées de fondement scientifique comme c’était son cas personnel.
En ce sens, le criminel de guerre, Benjamin Netanyahou, avait soutenu en 2015 que l’idée de la « solution finale » était celle du Grand Mufti Al-Husseini, présentée à Hitler en novembre 1941.
À ce sujet nous signalons également la contribution de l’auteur et analyste Gilbert Achcar avec son ouvrage : « Les Arabes et la Shoa ». Achkar écrivait en outre, dans le Monde Diplomatique[25] de mai 2010 : « Régulièrement, des ouvrages « découvrent » les sympathies nazies du leader palestinien Amin Al-Husseini ; régulièrement, les dirigeants israéliens en tirent parti pour dénoncer l’antisémitisme congénital des Arabes. Car c’est bien l’objectif de ces pseudo-recherches historiques que de justifier l’occupation des Territoires et l’oppression des Palestiniens …».Le dossier « solution finale » (Endlösung) a été pris en charge par Reinhard Heydrich le 31 juillet 1941, juste après l’attaque contre l’Union soviétique, sur demande de Hermann Göring[26] qui s’exprimait en ces termes : « …Je vous charge de me présenter un plan général sur les dispositifs organisationnels et matériels pour l’exécution de la solution finale souhaitée pour la question juive… », une demande qui sera suivie par la convocation de la Conférence de Wannsee de janvier 1942 à Berlin.
Les déportations vers les camps d’extermination se poursuivront pratiquement jusqu’à la fin de guerre. Le 19 avril 1943, les Juifs (en majorité des jeunes) du ghetto de Varsovie, non seulement persécutés mais souffraient également la faim (voir tableau ci-dessous), se sont révoltés avec les armes contre les déportations. Une révolte réprimée dans le sang et au prix de milliers de vies humaines. Une tragédie qui est commémorée encore de nos jours.
Le poids de la culpabilité oblige, les pays occidentaux et leurs instances politiques, au-delà de leurs appuis multiformes aux sionistes, considèrent actuellement cet évènement tragique comme un haut symbole de la résistance contre le régime nazi. Mais ceci n’est pas valable pour les Palestiniens qui résistent actuellement contre le sionisme génocidaire.
1942 : la Mosquée de Paris
L’entité sioniste et les sionistes, à travers la Hasbara et leur puissante machine médiatique, ont, d’une part, toujours alimenté l’antisémitisme et d’autre part, toujours affiché le prétendu antisémitisme des musulmans et des Arabes, jusqu’à en faire remonter l’origine au Prophète Mohammed en personne.
Le Prophète est tenu par les sionistes pour le responsable, voire le commanditaire de l’élimination physique des membres de la tribu juive des Bani Qurayza, à la suite de la Bataille de la Tranchée en l’an 627. Pour les sionistes, un acte qui aurait pour origine une haine viscérale envers les Juifs et depuis, tous les musulmans de la planète auraient hérité de cette tendance lourde.Le Prophète a été avant tout le messager de Dieu, mais aussi un homme politique et un chef militaire, essentiellement avec l’Hégire, l’exil de la Mecque pour Médine (ex. Yathrib) en l’an 622 ap. J.C.
Médine était habitée à cette époque par plusieurs tribus et communautés, musulmanes, chrétiennes, juives et païennes.En tant qu’homme politique, le souci principal du Prophète était l’organisation d’un vivre ensemble entre toutes les communautés de Médine. Son travail en ce sens a abouti à l’établissement d’un ensemble de règles, regroupées dans un texte fondamental : la Constitution[27] de Médine ou Charte de Yathrib ou encore la Sahifa, une première dans l’histoire de l’humanité. Un document dont le caractère révolutionnaire est reconnu par moult historiens et chercheurs, un document définissant les modalités de vie communautaire et transcendant toute appartenance religieuse ou ethnique.
Toutes les communautés ont souscrit à cette charte, dont la totalité des tribus juives et dont celle de Banu Qurayza. La tribu des Quraisch s’est distingée non seulement par un refus d’adhésion à cette convention mais par une ouverture des hostilités envers le Prophète menant à la fameuse Bataille de la Tranchée. La bataille à laquelle tribu des Qurayza s’est coalisée avec la tribu des Quraisch contre le Prophète.
Les affrontements entre les différentes factions se sont soldés par la défaite de la coalition contre le Prophète et les Qurayza ont reconnu leur allégeance aux Quraisch. Les Qurayza furent soumis, avec leur consentement, au jugement de Sa’ad ibn Mu’adh, un Juif de la Tribu des Bani Aws, qui devait juger l’affaire selon les lois et les traditions juives (Deuteronome 20 :10-14) et non pas selon la loi coranique.
Sa’ad ibn Mu’adh en décida autrement et prononça un jugement de condamnation pour trahison des Bani Qurayza, selon la tradition israélite concernant les délits commis en temps de guerre, qui prévoyait, en cas de haute trahison, l’exécution des hommes et la mise en captivité des femmes et des enfants ainsi que de la confiscation de leurs biens au profit des musulmans.
Au cours de la 2ème Guerre mondiale, sous le régime de Vichy en France, à partir de 1942, la Mosquée[28] de paris avait joué un grand rôle dans la protection des Juifs, persécutés par les hordes nazis et pétainistes.Le recteur de la Mosquée, Si Kaddour Ben Ghabrit, s’est distingué par son engagement pour les Juifs, pour leur avoir offert un abri au sein de la Mosquée, fourni des faux certificats d’identité prouvant leur appartenance à la religion musulmane et pour avoir facilité leur évasion.
Selon le témoignage du juif nord-africain, Albert Assouline, quelques 1600 Juifs ont bénéficié du soutien de la Mosquée et ont pu être évacuésvers le Maghreb ou vers l’Espagne. D’autres personnages ont été bénéficiaires également de l’aide de Si kaddour Ben Ghabrit, tels le chanteur juif algérien, Salim Halali, originaire de Souk-Ahras ou encore le père adoptif de Phillipe Bouvard (célèbre animateur de télévision, décédé), le Juif Jules Luzzato.

La Mosquée fut l’objet de contrôle et d’observation de la part des autorités pétainistes. Le document ci-joint renseigne sur les soupçons de ces derniers sur les activités de la Mosquée depuis septembre 1940.
En 1945, la France et l’Europe fêtent leur libération du joug nazi le 8 mai pendant qu’un massacre de 45.000 Algériens est perpétré par le pouvoir colonial à partir de cette date et ce pendant trois jours au moins.L’aide et le soutien apportés aux Juifs par la Mosquée de Paris sont généralement ignorés par le monde politique en France voire, comme le fait Michel Renard[29], diminués et réduits à minima, à une aide occasionnelle et banale au profit de quelques personnes.
Ethan Katz[30] s’exprime ainsi à ce sujet : « …Le silence de la plupart des politiciens français et des représentants juifs signifie le refus de situer les musulmans à l’intérieur de la mémoire et de l’imaginaire nationaux. Une telle attitude est particulièrement saisissante à la lumière de la reconnaissance tardive accordée, pour services rendus à la nation, à de nombreux groupes d’anciens sujets de l’Empire colonial au cours de deux guerres mondiales… ».1942 : Les Alliés étaient bel et bien au courant
Le média allemand Deutsche Welle[31] (Onde allemande) a informé en avril 2017 sur les archives de l’Holocauste des Nations Unies sur le niveau de connaissance des Alliés concernant l’Holocauste : « … Les dossiers indiquent clairement que les forces alliées connaissaient davantage les détails du système de camps de concentration nazis avant la fin de la guerre qu’on ne l’avait généralement pensé – grâce en partie aux dossiers recueillis par les gouvernements exilés de la Belgique, de la Pologne et de la Tchécoslovaquie…
Jan karski[32], un résistant polonais, a été un témoin majeur de ce qui se tramait à Auschwitz. Il avait réussi, avec la complicité de surveillants du camp de concentration, à obtenir des informations de première importance concernant l’extermination des Juifs. Il a été chargé de les transmettre sous formes de trois messages adressés aux Alliés :
- Demander de l’aide aux Alliés afin qu’ils mènent une action contre l’extermination et la rendent publique aux yeux du monde entier
- Demander des armes à la Résistance polonaise en vue de la révolte du Ghetto de Varsovie, déjà en préparation
- Mobiliser les leaders juifs américains afin qu’ils exercent une pression continue sur leur gouvernement tant qu’une action n’aura pas été menée
Le rabbin Yeshaya Dalsace[33] nous rapporte que les trois messages n’ont jamais obtenu de réponse et que : « … les Alliés n’ont pratiquement rien fait de sérieux, la Résistance polonaise n’a pas fourni d’armes au Ghetto10 et les dirigeants juifs d’Amérique ou de Palestine n’ont pas remué ciel et terre. Ce sentiment d’abandon fut exprimé dans son journal à l’été 1942 par Emmanuel Ringelblum, historien et chroniqueur tragique du Ghetto: « Pourquoi le monde est-il silencieux quand des dizaines de milliers de Juifs sont empoisonnés à Chelmno ?… ».
Pour les gouvernements alliés, la situation des Juifs ne constituait pas leur priorité, il s’agissait plus de voir les choses de manière globale avec le but principal de faire tomber le régime nazi.
Raoul Hilberg[34] résume ainsi la situation : « Pour l’Union soviétique, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, le sauvetage des Juifs ne constituait pas une priorité. De 1941 à 1945, ces trois pays tournaient toute leur attention vers la guerre, comptabilisant leurs pertes et leurs acquis au combat, et songeant déjà à leurs sphères d’influence respectives une fois que l’Allemagne aurait capitulé. […] la décimation très réelle des populations asservies par l’Allemagne et ses associésreprésentait au mieux une source de préoccupation annexe.
Commençons d’abord par dire que l’Union soviétique, avec vingt-sept millions de victimes, a payé le plus lourdtribut à la guerre par rapport aux autres pays alliés. Les États-Unis se sont engagés dans le conflit avec 400.000 soldats contre 4 millions de soldats allemands. Ils espéraient gagner car le gros du travail avait été réalisé par les Soviétiques. C’est à l’issue de la bataille de Stalingrad, unique en son genre, qui a duré deux-cent jours (17 juillet 1942-2 février 1943) que le sort de la guerre a totalement basculé.
Le Vatican, instance morale suprême du monde occidental, a observé un silence des plus embarrassants et des plus encombrants pour l’Église face aux crimes nazis. Devant les quelques protestations de l’Eglise allemande, les Nazis ont rétorqué qu’ils ne faisaient que continuer le travail entamé quelques siècles auparavant par l’Église elle-même. Toutefois à titre individuel beaucoup d’hommes d’église sont venus en aide à leurs prochains, victimes de persécution.
1942 : Conférence sioniste de Biltmore
Après l’entrée en guerre des États-Unis en 1941, dans un premier temps contre le Japon après l’attaque de Pearl Harbour du 7 décembre 1941, les responsables sionistes basculent en direction d’un partenariat avec les Américains, tout en maintenant le contact avec les Britanniques.
Le conflit, devenu ainsi mondial, l’URSS étant en guerre depuis le 22 juin 1941 suite à l’invasion allemande, va accélérer le phénomène migratoire des Juifs vers la Palestine et vers d’autres pays, principalement les États-Unis, mais dans des proportions minimales.
En mai 1942, se tient à l’hôtel Biltmore[35] de New York, un congrès international sioniste avec plus de 600 participants, au cours duquel la frange sioniste guidée par David Ben Gourion et Chaim Weizman est majoritaire et réussit à imposer sa vision sur le futur du « Foyer national juif » face à la composante sioniste révisionniste extrémiste. Pour Ben Gourion et Weizman, il s’agit en cette période d’oppressions nazies, de la création d’un Commonwealth en Palestine où « les Juifs et les Arabes vivraient ensemble de façon harmonieuse et dans le respect réciproque », mais d’un Commonwealth sous la direction des sionistes. « …Sa construction[36] nécessitera un effort maximal de la part de tout le peuple juif, en Diaspora et en Palestine. Dans le cadre de cette grande cause humaine, l’Amérique, l’Angleterre, la Russie et d’autres nations qui défendent l’humanité sont susceptibles de nous aider. Mais nous devons faire le travail nous-mêmes. La Palestine sera aussi juive que les Juifs la rendront juive… ».La frange extrémiste, galvanisée par les révisionnistes et terroristes Menachem Begin et Itzhak Rabin (tous deux occuperont plus tard la charge de Premier ministre), luttent pour l’établissement immédiat d’un État juif en Palestine, un Grand Israël (voir carte ci-jointe) qui incluait la Transjordanie et duquel dépendrait la survie du peuple juif. Cette frange demeure encore minoritaire à cette époque.

La population juive[37] en Palestine passe de 83.790 (11% du total) en 1922 à 484.804 (30% du total) en 1942, une augmentation de 400.000 personnes en 20 ans. Ce qui n’est pas du tout satisfaisant pour Ben Gourion (qui préside la conférence avec Weizmann), et pour qui l’objectif signifiait : atteindre une présence décisive pour les Juifs via le sionisme et l’influence de son mouvement à exercer sur les grandes puissances pour l’acceptation des frontières de l’État sioniste.
1947 : Le Plan de partage de l’ONU
Juste avant le début du conflit mondial, il a été question du « Livre Blanc » de Malcom MacDonald qui présentait une solution à la question palestinienne, laquelle fut rejetée par les délégations arabe et sioniste, pour des raisons opposées.
Pendant le conflit, les sionistes ont gardé le contact avec les Britanniques en s’engageant à leurs côtés (Brigade juive) durant le conflit. Mais une guerre des sionistes contre les Britanniques, souterraine à partir de 1939, devient manifeste à partir de 1944 à travers une campagne d’attentats divers, dirigés contre des soldats et objectifs britanniques mais également contre les Palestiniens.
À l’issue de la guerre, en Juillet 1945, le rapport Harrison[38], portant sur les conditions de vie dans les camps des personnes déplacées en Europe, est publié aux États-Unis. L’Agence Juive saisit l’occasion pour demander, en juin 1945, 100.000 permis d’immigration vers la Palestine pour les Juifs déplacés (mesure qui sera appuyée par le nouveau président Truman, élu après la mort du président Roosevelt).S’ensuit une commission d’enquête anglo-américaine, mise en place en janvier 1946, et qui publiera un rapport le 20 avril 1946, après avoir enquêté dans diverses régions d’Europe et de Palestine sur les déplacés.
Un nouveau plan pour la Palestine, le Plan Morrisson-Grady, est la proposition conjointe anglo-américaine du 31 juillet 1946. Un plan qui prévoyait la division de la Palestine en plusieurs provinces avec un certain degré d’autonomie pour les Palestiniens et pour les Juifs mais toujours sous domination britannique, et avec Jérusalem et le Néguev entièrement sous contrôle britannique.
Une conférence s’est tenue successivement avec les États de la Ligue arabe (fondée en 1945) à Londres pendant l’automne et l’hiver 1946-1947. Les sionistes n’y participent pas en raison des relations tendues avec les Britanniques.La délégation arabe s’oppose à ce plan et demeure dans la conviction que tout projet d’autonomie mène à la partition de la Palestine.
La Grande Bretagne est par ailleurs en proie aux problèmes politiques en Inde et à l’ascension des revendications indépendantistes sous Gandhi (qui durent depuis 1920). Gandhi entame à partir de 1942 un mouvement de désobéissance civile « Quit India » (Quitter l’Inde) pour contraindre les Britanniques à quitter l’Inde. Si l’Inde accédait à son indépendance et la « Route des Indes » venait à disparaitre, il est évident que la Palestine perd de son importance première pour les Britanniques. Cette sensation de « surcharge de contraintes diverses» se cristallise déjà pendant la révolte palestinienne de 1936-1939 qui a mené à l’élaboration du plan de partage Peel. Le plan fut alors rejeté par les Palestiniens et de manière non officielle par les sionistes qui acceptaient toutefois son principe mais divergeaient avec les Britanniques sur la nature du tracé territorial. Par ailleurs la Grande Bretagne qui n’est plus la superpuissance d’antan doit s’incliner de plus en plus, dans un climat de guerre froide, devant l’émergence de deux puissances antagonistes, les États-Unis et l’Union Soviétique.
Après les multiples échecs dans ses tentatives de ramener le calme et la stabilité en Palestine, les diverses initiatives anglo-américaines d’après-guerre, dans l’incapacité totale de négocier les visions opposées des Palestiniens et des Juifs et contenir le virulent terrorisme sioniste, le gouvernement britannique remet, en février 1947, le dossier palestinien entre les mains de l’Organisation des Nations Unie (O.N.U[39]), et déclare son intention de déposer le mandat.
Les Britanniques se sont penchés en 1943 sur un nouveau plan de partage de la Palestine, attribuant –encore et toujours- au futur État juif le meilleur des terres cultivables. Ce plan ne sera pas appliqué en raison des contraintes de la guerre. Bien au contraire, à partir de 1946 et l’intensification de l’agressivité terroriste extrémiste sioniste de l’Haganah, Irgoun et Stern (Lehi), la Grande Bretagne, soucieuse de ne pas froisser les autres nations arabes en raison de son intérêt pour leur pétrole, déclare son hostilité à l’égard des sionistes, plus que jamais aguerris pour l’occupation totale de la Palestine.
La Grande-Bretagne soumet en février 1947 le dossier palestinien à l’ONU et demande la création d’une commission afin de débattre sur le futur de la Palestine, en proie à des violences. La motion arabe optant pour la fin du mandat britannique et pour l’indépendance de la Palestine n’a même pas pu être inscrite à l’ordre du jour de ces débats.
Une organisation spéciale, l’UNSCOP (United Nations Special Comittee On Palestine – Commission Spéciale des Nations Unies pour la Palestine), est désignée le 15 mai 1947, pour enquêter sur la Palestine et délimiter des propositions de solution au problème palestinien.
Deux options sont délimitées par la commission en août 1947.En Juillet 1947, pendant que la commission UNSCOP[40] enquête en Palestine et discute de son avenir, un rafiot américain puis devenu anglais, du nom du Président Warfield et rebaptisé Exodus, a été acheté et affrété par la Haganah pour le transport illégal de 4500 personnes juives rescapées de la Shoah, du port de Sète (France) à destination de la Palestine.
Les Britanniques maintiennent à ce jour l’interdiction de l’émigration juive vers la Palestine conformément aux directives du Livre Blanc de 1939 et n’ont nullement l’intention de changer d’avis en cette fin de course. Le nom « Exodus » choisi pour le navire par les sionistes est chargé de significations qui renvoient à l’idéologie de l’exil et du retour.
L’entreprise de la Haganah est une mise en scène spectaculaire prétendant au consensus de l’opinion publique internationale mais principalement orienté vers la conquête des voix nécessaires pour faire passer la résolution de partage dans l’enceinte de l’ONU. Instrumentalisant la tragédie de l’Holocauste, une opération savamment orchestrée via les communiqués de presse diffusés dans le monde par les autorités sionistes de Palestine et dirigée par Ben Gourion en personne, déjà Ministre de la Défense avant la création de l’État d’Israël. Les autorités anglaises ont contacté plusieurs pays pour la prise en charge des passagers du navire mais les sionistes ont tout fait pour entraver de telles initiatives. Il fallait à tout prix que ces passagers débarquent en Palestine pour, soi-disant, « être en sécurité ».
La guerre est pourtant finie depuis deux ans et personne ne viendrait à l’idée de poursuivre un Juif après l’expérience de l’Holocauste. Les passagers auraient pu être accueillis dans plusieurs autres
Une première solution, le partage de la Palestine en deux États indépendants, l’un juif, l’autre palestinien et le placement de la ville de Jérusalem sous autorité internationale et la deuxième solution, un État fédéral, composé d’un État juif et d’un État palestinien dans le cadre d’une union économique avec Jérusalem et les Lieux Saints sous contrôle international. Pour les Palestiniens les deux solutions auraient représenté une perte.Après avoir opté pour la première solution, la commission UNSCOP soumet sa proposition au vote de l’Assemblée générale qui décide d’adopter le texte de résolution le 28 novembre 1947 avec une large majorité, trente-trois voix en faveur du partage, treize voix contre et dix abstentions.
Mais le pragmatisme sioniste est majoritaire au sein de sa mouvance et se penche de plus en plus vers l’idée du partage, qui circule déjà dans les couloirs de l’ONU, considérée comme une étape initiale pour atteindre l’objectif fixé lors de la Conférence de Biltmore en 1942, soit l’occupation de toute la Palestine.
L’Organisation des Nations Unies, encore sous le choc de la Seconde Guerre Mondiale et sous l’influence et l’émotion provoquées par l’Holocauste qui vient à peine d’être achevé, opte en dernier lieu, à travers la résolution 181, pour la solution de partage de la Palestine en trois entités territoriales distinctes : un État palestinien, un État juif et une Zone internationale demeurant toutefois sous juridiction des Nations Unies, comprenant Jérusalem et les Lieux Saints.
La Résolution 181, qui attribue aux Juifs, à ce moment le tiers de la population en Palestine (568.000 Juifs), 56% des terres palestiniennes pour former un État juif et aux Palestiniens, qui représentent les deux tiers de la population totale (1.237.000 Palestiniens), les 42% restants pour former un État palestinien, est adoptée le 29 novembre 1947 par l’Assemblée Générale des Nations Unies.Population juive Population arabe Superficie Pourcentage Etat juif 458.000 407.000 14.200 km² 56% Etat palestinien 10.000 725.000 10.500 km² 42% Zone internationale 100.000 105.000 500 km² 2% Les Palestiniens et les pays arabes ont rejeté de manière catégorique le plan de partage alors que les sionistes, pragmatiques, assimilant le concept de partage onusien à un « Start up » pour l’occupation de la Palestine et l’expulsion (le mot « transfert » sera utilisé par la suite) de ses habitants arabes se sont prononcés pour cette solution. Ben Gourion a commenté ainsi cette circonstance : « … l’Etat hébreu n’est pas une fin, mais seulement un début…, nous y ferons venir tous les Juifs qu’il sera possible d’y amener…, nous créerons une économie polyvalente…, nous organiserons une défense nationale moderne…, et alors je suis certain qu’on ne nous empêchera pas de nous installer dans d’autres parties du pays, soit en accord avec nos voisins, soit par tout autre moyen… ».
Il fallait une majorité des deux tiers pour faire passer la résolution, l’ONU ne comptant à ce moment que 57 États membres, dominés par les grandes puissances, USA, Union Soviétique, France, Grande-Bretagne et Chine.
Les pays qui ont voté pour : Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Biélorussie, Canada, Costa-Rica, Danemark, États-Unis d’Amérique, Équateur, France, Guatemala, Haïti, Islande, Libéria, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, République dominicaine, Suède, Tchécoslovaquie, Ukraine, Union Sud-Africaine, U.R.S.S., Uruguay et Venezuela.
Les pays qui ont voté contre : Afghanistan, Arabie saoudite, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Syrie, Turquie, Yémen.
Les pays qui se sont abstenus : Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni, Yougoslavie.
La Thaïlande n’a pas pris part au vote en raison d’un coup d’état.
La carte ci-dessus nous éclaire sur la nature injuste du partage de la Palestine.

L’abstention du Royaume-Uni reflète bien un certain changement de positionnement par rapport à la question palestinienne et surtout face aux États arabes et aux monarchies arabes, de même que la conscience de l’importance stratégique de cette région du monde et de ses immenses richesses.
Cette abstention, confrontée à l’énorme soutien des États-Unis et de l’URSS (dont le rôle a été fondamental avant et pendant le vote de l’Assemblée Générale) à la partition, confirme la crainte du Royaume –Uni de perdre son influence dans cette région du monde au profit pour le moment des États-Unis (voir l’accord du Quincy entre les USA et l’Arabie saoudite de 1945 -pétrole contre protection) et de l’URSS qui voyait dans l’État d’Israël un sauf-conduit pour entrer dans la région . Les sionistes opteront cependant pour une collaboration avec les USA par la suite.LES PARTIS COMMUNISTES FRANÇAIS ET ITALIEN
L’URSS, à partir de mai 1947, se fit portevoix des aspirations sionistes pour la création d’un État en Palestine.

Un engagement ininterrompu du Ministre des Affaires étrangères Gromyko (voir extrait[41] de son discours à l’ONU ci-joint) était à l’ordre du jour au sein de l’Assemblée Générale. L’objectif principal soviétique derrière cet appui explicite était l’éloignement de l’empire britannique de la zone du Moyen-Orient. En ce sens, une confusion entre l’impérialisme britannique et la soi-disant agressivité et hostilité des États arabes envers les Juifs et leur appétit pour les territoires du Mandat, a été entretenue dès le début du dépôt de mandat.
Les deux plus puissants partis communistes européens ont appuyé la résolution du 29 novembre 1947 des Nations Unies pour le partage de la Palestine.

La position du parti communiste italien (PCI) était affichée de manière décisive en soutien au futur État d’Israël et s’est alignée sur celle de l’URSS. Une prise de position claire et une accusation[42] à l’encontre des impérialistes Britanniques qui « guidaient les Arabes à massacrer les Juifs » (voir extrait ci-dessous de la Une du journal du PCI « l’Unità » du 20 mai 1948 – L’Angleterre a organisé l’invasion arabe en Palestine).
Ne mettant nullement en doute l’impérialisme de l’État britannique, l’utilisation de l’expression « invasion arabe » relève d’une ignorance totale de plus d’un siècle d’histoire palestinienne et arabe et ne prend en considération que l’histoire récente juive sinon immédiate, à savoir celle de l’Holocauste (le complexe de culpabilité occidental). À la puissance mandataire il fut reproché la très rigide politique de l’émigration juive en Palestine, laquelle engendrait d’énormes difficultés pour le développement du sionisme en Palestine.La position du parti communiste français (PCF) est pratiquement de même nature que celle du PC italien. Pour le PCF[43], la création de l’État d’Israël est une réponse légitime au génocide de Juifs par les Nazis et que cette décision se situe dans le prolongement de l’engagement communiste contre les Nazis et au renforcement du camp socialiste avec celui de l’URSS.
Un silence total sur la nature du projet colonialiste sioniste est observé aussi bien par le PCI que par le PCF. Pas un mot sur l’antijudaïsme millénaire occidental et son antisémitisme.La presse parisienne verse, quant à elle, dans le délire absolu.


[1] – Voir Link : PCF : la construction d’un regard et d’une politique | Cairn.info
LA GUERRE DE 1948
La résistance palestinienne a été décimée par la répression féroce des forces armées britanniques, soutenues par la Haganah pendant l’insurrection de 1936-1939. Les Anglais avaient fait stationner en Palestine une armée plus importante que dans les Indes. Pour porter le coup de grâce à cette résistance, les Britanniques ont également influencé les régimes arabes leur étant acquis, Transjordanie, Irak etc.., à intervenir auprès des Palestiniens pour endiguer leur soulèvement.
Le 14 mai 1948, date de la Déclaration d’indépendance de Ben Gourion, il n’existait pratiquement plus grand chose de la force militaire palestinienne, qui en réalité, n’a jamais été puissante ni sur les plans matériel et humain, ni sur le plan organisationnel et encore moins sur celui de la préparation militaire. Les sionistes ont conquis et annexé d’autres territoires par la force déjà bien avant cette date, c’est-à-dire avant l’entrée en guerre des autres pays arabes à partir du 15 mai 1948.
Elias Sanbar tient à souligner que la première guerre de Palestine a eu lieu le 4 avril 1948 et non le 15 mai comme l’affirme la propagande sioniste (et un certain nombre d’ouvrages d’histoire) qui place Israël dans un statut victimaire de pays agressé et veut faire endosser la responsabilité de l’expulsion des Palestiniens aux pays arabes et à leur intervention armée.La population palestinienne, se retrouvant dans les territoires octroyés à Israël, s’élève à plus de 400.000 Palestiniens et se voit expulsée par la force et la terreur. Autant d’autres Palestiniens sinon plus selon Elias Sanbar, seront expulsées après le 15 mai 1948.
Des massacres ont été perpétrés contre les populations civiles par les milices sionistes. Le village de Deir Yacine fut l’objet, le 9 avril 1948, d’une véritable extermination de sa population. Le massacre, qui a fait plus de 200 victimes entres personnes de tout âge, devait donner l’exemple en matière de terreur, de manière à contraindre la population d’autres régions et d’autres villes à abandonner leurs terres et leurs maisons (Tibériade, Haifa, Jérusalem-Ouest, Jaffa etc.).L’idée et le projet de nettoyage ethnique, par euphémisme nommé transfert, remonte à au moins 1940, bien avant la Conférence de Biltmore de 1942.
Les États arabes frontaliers, l’Egypte, la Transjordanie, l’Irak etc., intervenus auprès des Palestiniens le 15 mai 1948 et selon la déjà existante propagande occidentale, prêts « à jeter les Juifs à la mer » (Les sionistes utilisent à fond le souvenir la tragédie de l’Holocauste pour accuser les dirigeants arabes et ses détracteurs en général), ne vont pas au-delà de la rhétorique nationaliste.
Ils sont aussi mal préparés que les Palestiniens à une guerre contre un ennemi, qui vante sa faiblesse (le petit David contre Goliath) et son état victimaire, mais en réalité est très aguerri et dispose de l’aide militaire des pays occidentaux (France etc.) et du bloc soviétique (URSS, Tchécoslovaquie).
Les forces militaires des pays arabes, mal préparées, mal entrainées, mal équipées et divisées, sont en nombre nettement inférieur face à l’armée juive, la Haganah (qui comptait déjà en 1939 40.000 hommes) et les milices terroristes sionistes, le Stern, l’Irgoun et le Lehi.
Selon Gudrun Krämer, les États arabes réussissent à aligner quelques vingt-milles combattants tandis que les sionistes parviennent à rassembler au bout de 6 mois plus de 95.000 soldats. Les armes, les plus diverses, modernes et anciennes, en provenance d’Europe, de Tchécoslovaquie et d’Union soviétique, sont déversées sans ambages dans les hangars sionistes en Palestine.En toile de fond, il y avait également une division entre les États arabes (observée lors de la création de la Ligue arabe en 1945 en raison d’intérêts spécifiques). Dans un tel cadre, il faut rappeler l’existence d’une collusion entre Hachémites et sionistes, qui remonte à la période des négociations entre Weizmann et l’Émir Fayçal. La collusion entre le Roi Abdallah de Transjordanie et l’Agence juive (la rencontre, avant le vote de la résolution de partage de l’ONU, du 17 novembre 1948 entre Golda Meir[44] et le roi Abdallah) s’est faite sous les bons auspices des Britanniques.
Le Roi Abdallah[45], lui-même sous la coupe de Sir. John Baggot Glubb, surnommé Glubb Pacha et chef de la Légion arabe, fut nommé commandant des forces arabes pour les diriger durant le conflit. Il a tout fait pour que les territoires destinés au futur État juif ne puissent être inquiétés par la Légion arabe et a évité toute confrontation directe avec les forces de la Haganah.
Le coté arabe, soi-disant animé par un combat pour les frères Palestiniens, n’avait que divisions et conflits, régis par les intérêts particuliers de chaque pays, encore sous domination britannique.Le besoin d’assistance et de protection de la population palestinienne, victime de violence sioniste, s’impose. L’unique possibilité est l’intervention des États arabes.
Au-delà du droit à la résistance à l’oppression (Article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 en France), des résolutions ont été votées quelques années plus tard par l’Assemblée Générale des Nations Unies (voir extraits au tableau ci-dessous), portant sur le droit à la résistance et légitimant la lutte des peuples pour leur indépendance et leur souveraineté par tous les moyens dont ils disposent.
ONU – Résolution 2621 12 octobre 1970 ONU – Résolution 3103 12 décembre 1973 ONU – Résolution 37/43 3 décembre 1982 Art.2.
Réaffirme le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter, par tous les moyens nécessaires dont ils peuvent disposer, contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendanceLa lutte des peuples soumis à la domination coloniale et étrangère et à des régimes racistes pour la réalisation de leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance est légitime et entièrement conforme aux principes du droit international. Réaffirme la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée. Le Professeur palestinien Bichara Khader parle de « déconfiture des armés arabes en 1948 … Les Arabes n’ont pas pu empêcher ni la résolution de partition (1947), ni la création d’Israël (1948), ni, à fortiori, la purification ethnique entre les deux dates (Ilan Pappe ,1992).
L’exil forcé des deux-tiers de la population palestinienne constitue un véritable sociocide, c’est-à-dire la dislocation du peuple palestinien de sa terre natale et sa dispersion géographique…»La débâcle militaire a porté à la faillite du projet arabe de vouloir venir en aide aux Palestiniens. Plus que jamais divisés, les pays arabes vont devoir affronter l’intransigeance d’Israël, sorti victorieux de ce conflit. La propagande sioniste se met cependant de nouveau en activité pour dénoncer maintenant le refus arabe à accepter les conditions de paix.
Le conflit arabo-israélien a lieu sur fond de rivalité entre les rois Farouk d’Egypte et Abdallah de Transjordanie. La tentative du Roi Farouk, appuyée par l’Arabie Saoudite, de créer un État palestinien sur la partie attribuée aux Palestiniens par l’ONU quoique amputée des nouvelles conquêtes territoriales israéliennes, et de placer le Grand Mufti comme chef de gouvernement, s’est heurté au travail de sape du Roi Abdallah[46], qui a fini par proclamer sa souveraineté sur la Palestine et crée de la sorte le Royaume de Jordanie, une véritable annexion de la Palestine avec la bénédiction des Britanniques et de l’Agence juive, après les négociations secrètes de décembre 1948 entre le Roi Abdallah et l’Agence juive.
L’annexion officielle de la Cisjordanie le 24avril 1950 par la Jordanie, sans valeur juridique, est reconnue par la Ligue arabe, sous le prétexte que la Palestine recouvrera[47], un jour, son indépendance. Symétriquement, le Roi Farouk répond avec l’annexion de Gaza.
Le nouvel Israël, renforcé par de nouvelles conquêtes territoriales (voir carte ci-jointe) et faisant habilement usage de son sempiternel statut victimaire, veut faire endosser aux Arabes la responsabilité totale des conséquences du conflit, en particulier le problème des 800 à 900.000 réfugiés palestiniens, environ deux-tiers de la population arabe palestinienne, un problème qui demeure encore actuel. L’historien Ilan Pappe, par contre, accuse Israël d’être à la base de tous les problèmes.
Ben Gourion, président de l’Agence juive, déclare l’indépendance d’Israël le 14 mai 1948 sans pour autant délimiter ou fixer les frontières du nouvel État et devient Premier ministre de l’État d’Israël.
Le 24 février 1949, les accords d’armistice israélo-arabe mettent fin à la guerre. L’Égypte et Israël ratifient la Convention d’armistice de Rhodes[48] qui définit la frontière entre les deux pays. Israël signera d’autres armistices avec les pays voisins comme le Liban le 23 mars, la Transjordanie le 3 avril et la Syrie le 20 juillet à partir desquels sera définie une ligne de démarcation entre Israël et les États arabes, la fameuse « Ligne verte ».
L’armistice de Rhodes a défini la fameuse « Ligne verte », une ligne de démarcation[49] qui délimite de « facto et non de jure » le territoire israélien à l’issue du conflit israélo-arabe. Ce territoire passe des 54% prévus par le plan de partage onusien à 78% de la Palestine historique. Cette nouvelle donne territoriale où l’entité sioniste ne peut revendiquer sa souveraineté sur la partie de territoire acquise par la force militaire, sera à la base de la résolution 242 de 1967 qui attribue à l’État palestinien 22% du territoire de la Palestine historique.

Pour devenir membre au sein des Nations Unies, la délégation israélienne de l’entité sioniste à la Conférence de paix de Lausanne a dû signer avec les États arabes un protocole où elle reconnaît la résolution 181 du 29 novembre 1947 – signifiant le droit des Palestiniens à un État – et la résolution 194 du 11 décembre 1948 – signifiant le droit au retour en Palestine des réfugiés palestiniens.
À partir de ce moment, les Palestiniens n’existent plus en tant que sujet politique et se retrouvent dans des camps de réfugiés, en territoire israélien ou incorporés au sein des populations des pays arabes limitrophes.
Ni la Déclaration Balfour de 1917 ni la Résolution 181 de 1947 ne disposent de compétence ou de légitimité quelconque pour disposer d’un droit de création d’un Foyer national juif ou du partage de la Palestine. Elles constituent une violation et une contradiction flagrante avec les Chartes de la SDN et de l’ONU. La Résolution 181 a été une proposition à laquelle n’a répondu qu’une des deux parties concernées : celle des sionistes. Le partage est dans un tel cas inapplicable.
Le rapport de forces existant à cette époque en a décidé autrement, au détriment des Palestiniens.
Mohamed Taleb
12 mai 2025
[1] – Voir Link : Enzo Traverso: « Auschwitz, Marx et le XXe siècle ». Ressources documentaires sur le génocide nazi / Documentary Resources on the Nazi Genocide © Michel Fingerhut, auteurs et éditeurs, 1996-2000
[2] – Voir Link : A/HRC/55/73
[3] – Voir Link : Israël et territoire palestinien occupé. Une enquête d’Amnesty International conclut qu’Israël commet un génocide contre les Palestiniens et Palestiniennes à Gaza – Amnesty International
[4] – Voir Link: Borrell, sobre Trump, Putin y Xi: « De los tres, hay dos que son más inteligentes que el tercero; lo que pasa es que el tercero no lo sabe »
[5] – La déclaration Balfour est incompatible avec la Convention N.IV de La Haye de 1907.
Voir : Morsee Al Smadi : Le droit international à l’épreuve de la question palestinienne : quel état palestinien ? Science politique. Université Grenoble Alpes, 2012. P. 54-55[6] – Gudrun Krämer (Professeure de Sciences islamiques – Université de Berlin) : « Geschichte Palästinas » (Histoire de la Palestine) – Verlag C.H. Beck 2002-2015, p.176.
[7] – « Quand Wilson appelle au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il parle des peuples blancs. C’est quelqu’un de raciste. Un des pires présidents ségrégationnistes de l’histoire des États-Unis. Donc les Arabes poseront problème parce qu’il ne sait pas s’ils sont blancs ou pas », constate l’historien français Henry Laurens.
[8] – Voir Link : Qui a écrit la Déclaration Balfour et pourquoi : La connexion de la Première Guerre Mondiale – La Revue des Ressources
[9] – Voir Link : Demographics of Historic Palestine prior to 1948 – CJPME – English
[10] – Pour plus de détails voir l’ouvrage : Mohamed Taleb – Palestine, le plus grand hold-up du XXème siècle. Éditions Apic 2019.
[11] – Voir : Ghassan Kanafani : La révolte de 1936-1939 en Palestine – 1972
Ghassan Kanafani, écrivain et journaliste palestinien meurt à l’âge de 36 ans, en même temps que sa nièce de 15 ans, assassiné le 8 juillet 1972 par une charge de dynamite placée sous sa voiture, à Beyrouth, par les services secrets israéliens. Porte-parole du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Al Hadaf », romancier, auteur de plusieurs pièces de théâtre, dont l’œuvre est profondément enracinée dans la culture arabe palestinienne.
[12] – Le Grand Mufti Amin al-Husseini le dirigeait depuis le Caire où il était installé avec l’appui égyptien. Les autres membres de la direction sont : Raghib al-Nashashibi, du Parti de la Défense nationale, Jamal al-Husseini, du Parti arabe palestinien, Yaqub al-Ghusayn, Abd al-Latif Salah, du Bloc National, Hussein al-Khalidi, du Parti Réformateur et Awni Abd al-Hadi, dirigeant du Parti de l’Indépendance qui en était également le Secrétaire Général.
[13] – Voir Link: Conférence de Bloudan de 1937 — Wikipédia
[14] – Voir Link: Déclaration de politique générale / Avis contre la partition – Secrétaire d’État britannique aux Colonies – Documentation britannique Cmd. 5893/Document non-ONU (11 novembre 1938)
[15] – Voir Link: Conférence de Londres de 1939 — Wikipédia
[16] – Voir Link : La création du groupe de la brigade juive – הארכיון הציוני
[17] – Voir : It Took a Village – Haaretz Com – Haaretz.com
Voir aussi : (PDF) « Scouting Palestinian Territory 1940-1948: Haganah Village Files, Aerial Photos and Surveys »,
[18] – Wikipédia :
Haaretz a été créé en 1919 à Jérusalem dans la Palestine mandataire par le dirigeant sioniste d’origine polonaise, Itzhak Leib Goldberg (1860-1935), sous le nom de Hadashot Haaretz (Nouvelles de la Terre [d’Israël]), un peu plus tard abrégé en Haaretz. Dans les années 1930, à cause de difficultés économiques, le journal a été vendu à David Cohen et son frère, et en 1935 a été acquis par Shlomo Zalman Schocken.
C’est le seul journal israélien à proposer à ses lecteurs une couverture régulière de l’occupation des territoires palestiniens. Ce sujet est couvert en particulier par Gidéon Lévy et Amira Hass, seule journaliste israélienne basée en territoire occupé.
[19] – Voir Link : JQ-52-Sela-Scouting_Palestinian_Territory_1940-1948_1_0.pdf
[20] – Voir Link : JQ-52-Sela-Scouting_Palestinian_Territory_1940-1948_1_0.pdf
[21] – Voir Link: Israel’s Architect of Ethnic Cleansing – Consortium News
[22] – Voir Link : Vertreibung und Deportation der Juden aus dem Deutschen Reich | bpb
[23] – Voir Link: La conférence de Wannsee et la « solution finale de la question juive » (20 janvier 1942)
[24] – Voir Link: Mohammed Amin al-Husseini — Wikipédia
[25] – Voir Link: Le grand mufti de Jérusalem, inusable outil de propagande, par Gilbert Achcar (Le Monde diplomatique, mai 2010)
[26] – Voir Link: http://www.deutschlandfunk.de/die-organisierte endloesung.1184.de.html?dram:article_id=185482.
[27] – Voir Link : http://antikezukunft.de/2014/12/19/massakrierte-muhammad-900-juden-an-einem-tag/
- Voir aussi : L’historien britannique, Peter Frankopan, mentionne, dans son ouvrage « Lumière de l’Orient» (édition allemande: Licht aus dem Orient ; édit. Rowolt Berlin-2016, page 127) : le document officiel rédigé par le Prophète Mohamed qui stipulait les droits et devoir des citoyens des « Gens du Livre », c’est-à-dire Chrétiens et Juifs au sein de la communauté musulmane.
- Voir aussi : Le Prof. Eberhard Serauky (Serauky, Eberhard: Geschichte des Islam, Berlin 1991, p. 89) précise que „ l’authenticité du document est hors de doute… »
[28] – Voir Link : The Great Mosque of Paris That Saved Jews During the Holocaust – Haaretz Com – Haaretz.com
[29] – Voir Link : Si Kaddour Ben Ghabrit, un « juste parmi les nations » ? – études-coloniales
[30] – Voir Link: La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs ? Une énigme, sa mémoire, son histoire
[31] – Voir Link: http://www.dw.com/en/un-holocaust-files-reveal-allies-knowledge/a-38498671?maca=en-newsletter_en_Newsline-2356-html-newsletter
[32] – Voir Link: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski
[33] – Voir Link: Yeshaya Dalsace : Mémoire, Histoire et conscience Voir : http://dorvador.org/IMG/pdf/Jan_Karski-2.pdf
[34] – Cité par Yeshaya Dalsace
[35] – Voir : Nadine Picaudou : Les Palestiniens, un siècle d’histoire. Le drame inachevé. 1999 – Éditions Complexe. P.98
[36] – Voir Link : 1942-5-May-11-Biltmore-Program-PICS.pdf
[37] – Voir Link : Demographics of Historic Palestine prior to 1948 – CJPME – English
[38] – Earl G. Harrison, avocat, fut nommé par le président Roosevelt en mars 1945 pour l’enquête.
[39]– ONU : Organisation des Nations Unies, née en 1945, immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, sur les cendres de la SDN. La Charte des Nations Unies a été signée à San Francisco le 26 juin 1945, à la fin de la Conférence des Nations Unies pour l’Organisation internationale et est entrée en vigueur le 24 octobre 1945.
[40] Voir paragraphe suivant
[41] – Voir Link : cermtri_132.pdf
[42] – Voir Link : Free Ebrei – Daniela, Franceschi, Il PCI e Israele attraverso « L’Unità » (1946-48)
Voir aussi : Il Partito Comunista Italiano e Israele attraverso «L’Unità»
[43] – Voir Link : PCF : la construction d’un regard et d’une politique | Cairn.info
[44] – Golda Meir : Directrice par intérim du Département politique de l’Agence Juive. Surnommée « Dame de fer » de la politique israélienne (avant l’époque de Margaret Thatcher, Premier ministre britannique pendant les années 1980). Elle a participé à la création de l’État d’Israël, a été haut responsable politique de l’Agence juive, ministre des Affaires étrangères, ainsi que le quatrième Premier ministre d’Israël du 17 mars 1969 au 11 avril 1974.
[45] – Voir Link: Le roi Abdallah, les sionistes et et la Palestine | Cairn.info
[46] – Professeur Bichara Khader. http://www.association-belgo-palestinienne.be/question-palestinienne-arabes-1917-2017/
[47] – Jérôme Bocquet – http://www.france-palestine.org/Les-Etats-arabes-et-la-question
[48] – Convention d’armistice de Rhodes, un des accords, dans lesquels sont définies les frontières et les conditions de libération des prisonniers. Ils sont signés tour à tour à partir du 24 février 1949 entre les pays arabes et Israël à Rhodes.
[49] – Voir Link : https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/03/07/les-declarations-de-m-nixon-sur-le-moyen-orient-sont-accueillies-avec-satisfaction-a-jerusalem_2435128_1819218.html
Dans cet article du journal le Monde de mars 1969, on pouvait lire entre autre : « … Pour la France, en revanche, le retour aux lignes de démarcation de 1949, qui n’avaient pourtant aucune valeur juridique, reste le fondement d’une solution… » (Souligné en gras par l’auteur).
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نارام سرجون-الآن أعلن ترامب توقيع السلام بين سورية واسرائيل .. وبيع الجولان رسميا .. والتنازل عن الأقصى .. نهاية التاريخ

الآن أعلن ترامب توقيع السلام بين سورية واسرائيل .. وبيع الجولان رسميا .. والتنازل عن الأقصى .. نهاية التاريخ : نارام سرجون
..نُشرت بتاريخ 2025/05/14 بواسطة
أعرف انكم قد لاتسمعون ماسأقول ولاتقرؤون من كثرة اطلاق النار والاحتفالات التي تصم الآذان .. وربما يمتلئ الفيسبوك بالرصاص أيضا لأن الأغبياء يرقصون بعد اتمام الصفقة التي دفعت من لحم سورية ومن جسدها ومن قلبها ودمها .. ولن يكترث بما نقول أولئك الذين يسبحون الله بكرة وأصيلا ويسجدون له اليوم على نعمة ترامب لأن المسلمين صاروا (عباد ترامب) الذي رضي عنهم .. ورضي لهم الجولاني دينا .. واتم نعمته عليهم ..
لم يكن احد يتوقع خطوة ترامب في السخاء مع الجولاني لأنه ليس مضطرا لها .. وسيأخذ من الجولاني والعرب مايريده دون ان يقدم اي تنازل .. ولكن اعلان ترامب يقول بالحرف الواحد ان سورية الجولاني وافقت على معاهدة السلام مع اسرائيل وخرجت من الصراع العربي الصهيوني .. وان الجولان اليوم تحديدا قد تم بيعه والتنازل عنه بعقد رسمي (اليوم بيع الجولان رسميا) .. او تأجيره لمدة 99 سنة .. وتتنازل حكومة الجولاني عن مرتفعات جبل الشيخ للدولة الاسرائيلية واعلان ترامب يقول أيضا ان الجنوب السوري وافقت عليه حكومة الجولاني منزوع السلاح وخاضعا للسيطرة الاسرائيلية ولايحق لها التصرف بثرواته ومياهه الا بموافقة اسرائيلية .. وهنا سيطبق على الجنوب السوري وضع سيناء المنزوعة السلاح وحيث لاتتحرك قطعة سلاح من حدود دمشق نحو الجنوب الا بعد ابلاغ الاسرائيليين .. وتتعهد الحكومة السورية بملاحقة اي اعمال عدائية ضد اسرائيل وتأمين الحدود الاسرائيلية .. وتقوم قوات الامن السورية بمايقوم به الأمن الفلسطيني لمحمود عباس ضد أي اعمال مقاومة او عدائية .. وتمنع السلطات السورية اي نشاط سياسي او عدواني او فكري على الدولة الاسرائيلية .. ولاتقوم السلطة السورية الا بالتواجد الشكلي في المحافظات الجنوبية التي ستتمتع بحكم ذاتي مرتبط شكليا بدمشق لكن علاقتها الاقتصادية والتجارية مع اسرائيل ..
ووافق الجولاني وفريقه على ان لايتم التدخل في المنطقة الشرقية وتترك لقسد ادارتها وسلطتها .. وهي اداريا ستتبع دمشق لكنها ذات استقلال نسبي .. ومما يلاحظ ان اعلان ترامب تزامن مع اعلان حزب العمال الكردستاني في تركيا حل نفسه وتسليم سلاحه قبل يومين .. وهو مايعني ان ترامب قد أوكل القضية الكردية الان لقسد التي نقلت سلاح حزب العمال الكردستاني من تركيا الى سورية التي سينتقل اليها عبء القضية الكردية لأن تركيا بهذه العملية صدرت القضية الكردية من أراضيها وجعلتها في سورية .. ولايهم ان سلم حزب العمال سلاحه في تركيا لانه سينقل كوادره وعناصره الى سورية لبناء روج آفا .. وهذا سيكون على حساب سورية ..
الحكومة الأميريكية وافقت مع اردوغان على اعطاء تركيا الولاية على الشمال السوري وحلب تحديدا .. وسيكون لتركيا السيطرة المطلقة حتى حدود حمص ..
الساحل السوري سيبقى قضية تدرسها الولايات المتحدة مع الشريك الروسي .. الاتراك يقترحون ان تعطي حكومة الجولاني استثمارات الغاز والنفط والقواعد العسكرية للولايات المتحدة مع ابقاء حصة صغيرة لروسيا وتركيا .. وتقترح تركيا ابقاء الساحل في وضع اقل من وضع الجنوب السوري والكردي من حيث الاستقلال لأن الساحل قد يكون ملاذا لعودة ايران في المستقبل ويجب ان يبقى تحت سيطرة الخوف .. وهذا ماكانت وظيفة المذبحة .. اي تهديد العلويين بالمذابح اذا مافكروا بالتحالف مع ايران .. والوضع بعد اتفاق سلام ايراني امريكي سيكون مرشحا لادارة ذاتية لاسلطة لدمشق عليها .. وسيكون من حق الساحل ابرام الاتفاقيات الاقتصادية مع الولايات المتحدة دون الرجوع لدمشق ..
أما لماذا يريد ترامب ونتنياهو اعطاء الجولاني كل هذا الزخم فلسبب بسيط وهو ان الجولاني سيوقع السلام كممثل عن الاسلام كونه جهاديا سنيا .. وتحتاج اسرائيل ان تبرم السلام مع الاسلام السياسي لكي يتنازل الاسلام ومن يمثله عن المقدس الاسلامي وهو المسجد الاقصى والقدس .. فتوقيع الجولاني على السلام هو اعتراف الاسلام بيهودية اسرائيل وتوقيع المسلمين بصفتهم الدينية على صك التنازل عن القدس والاقصى .. ويعفي ذلك اردوغان والمملكة السعودية من العبء الاخلاقي لبيع الاقصى والقدس .. فالجهاديون المسلمون ومايمثلونه قد وقعوا صك التنازل وهم يملكون هذه الشرعية من خلال انهم حصلوا على السلطة بطريقة الفتح الاسلامي .. وهذا يعطيهم القوة المعنوية لتقديم اي تنازل .. فهم الفاتحون .. وللفاتح أن يفعل مايشاء لأنه الأدرى بشؤون ومصالح المسلمين .. ومن هنا نفهم لماذا دعمت اميريكا مشروع اسلمة المنطقة ودعم الاخوان المسلمين في تركيا وفي سورية ومصر حتى تونس .. والسبب هي انها كانت تريد التوقيع الاسلامي الشرعي على بيع الاقصى والقدس .. وكانت تحتاج قائدا اسلاميا سنيا ليقوم بهذا الفعل .. ولما فشل مرسي وضعت اميريكا الجولاني في الخدمة فورا ..
ولكن أهم سبب في رفع العقوبات عن الجولاني او التبشير بها هو ان الجولاني وافق على تنفيذ أخطر مافي الصفقة .. وهي الانضمام الى معركة تصفية الحساب مع حزب الله .. للقضاء على أخر الجيوب التي تريد اسرائيل اقفالها .. وسيوافق الجولاني ايضا على العمل مع الولايات المتحدة على مقاتلة الحشد الشعبي لأخراج ايران من العراق ..
بعد تدمير حزب الله والحشد الشعبي ستسقط ايران في الحضن الاميريكي سلما او حربا ..
وهذه عملية اخراج الصين وروسيا نهائيا من اي منافسة بعد اقفال الشرق الاوسط في وجه البلدين ..
وبعد ان يتم توقيع السلام مع اسرائيل بيد الاسلاميين السوريين سيكون مبررا للمملكة العربية السعودية توقيع اتفاقية السلام والتطبيع .. لأن الحكم الاموي الاسلامي السني الاخواني الجهادي اعلن انتهاء الجهاد مع اليهود .. والصلح معهم .. ولذلك كان محمد بن سلمان يصفق بحرارة لاعلان رفع العقوبات وقام ووقف وكأنه (يراقب مباراة وقد سدد فيها هدفا ) والسبب انه يعرف ان أخر عقبات السلام أزيلت تماما .. ولن يكون محرجا بعد اليوم من أي اتفاق .
يبدو ان سبب ابقاء الساحل في وضع غير محسوم لأن الاميريكيين لم يقرروا وضع الساحل لانهم يخشون ان المعركة القادمة مع حزب الله ان يكون الساحل السوري جزءا منها اذا ماانطلقت شرارة الحرب التي سيطلقها الجولاني .. وبالتنسيق مع اسرائيل .. والتي قد يحرك فيها الحزب اي خلايا نائمة في الساحل السوري ..
ولتلخيص ثمن رفع العقوبات التي يحتفل بها الاغبياء تماما كما احتفلوا بسقوط بلدهم ودولتهم هو التالي:
ابرام معاهدة سلام بين سورية و اسرائيل
سفارة اسرائيلية في دمشق
النأي بالنفس عن القضية الفلسطينية وتعديل المناهج الدراسية والتربوية وتعليم الاجيال ان حدود سورية الجنوبية هي اسرائيل والاردن .. ويتم منذ اليوم اعلان خرائط عليها اسم اسرائيل
القبول بتهويد القدس والاقصى
القبول بيهودية الدولة الاسرائيلية وقبول نقل سكاني
الجولان صارت اسرائيلية .
جبل الشيخ صار اسرائيليا
الجنوب السوري ادارة ذاتية
الشرق السوري كردي وقد صدرت اليه المشكلة الكردية التركية وارتاحت تركيا من الصداع لعشر سنوات على الاقل
حلب صارت تركية
الجهاديون في العالم سيتركزون في دمشق ووسط سورية للانطلاق نحو معارك جهادية أو لها في جنوب لبنان وبعدها في العراق وبعدها في اسيا وافريقيا ..
يشارك الجهاديون السوريون في الحرب على حزب الله ويقدمون التسهيلات لكل المهاجرين من المجاهدين الذين يودون الانضمام لمعركة قتل حزب الله .. وآخر جيوب ايران ..
الساحل السوري بؤرة دولية مثل شركة مساهمة لعدة دول .. مع مشروع استقلال قادم بعد ان تنتهي فترة صلاحية الجولاني ..
ثروات سورية سلمت كلها للشركات الاميريكة والبريطانية والفرنسية والالمانية .. وسيكون لاسرائيل حصة في الثروات السورية ..
كل هذا الثمن من اجل لحية وحجاب ورئيس سني ….
هذا هو معنى اعلان ترامب .. لان رفع العقوبات يجب ان يسبق اعلان السلام مع اسرائيل كي يعطى السلام شرعية .. وكي يعطي الجولاني شرعية لدى شعبه بأنه الفاتح . وبأنه الذي رفع العقوبات وخفف عن الشعب .. ولذلك فانه مخول بأن يقدم اي تنازلات .. كما فعل السادات .. الذي حرك الجبهة في اكتوبر 73 .. وصار بطلا .. ثم صار البطل قادرا على يبرر السلام فصار بطلا للسلام .. الى الآن ..
لذلك نفهم الأن لماذا هذا السلوك الاميريكي الذي يقبل بتيار بن لادن الذي كان يسميه الارهاب ويجعله راس المسلمين ويعطيه السلطة .. لان الثمن الذي دفعه الاسلاميون للوصول الى هذه اللحظة وهذا الاعتراف باهظ جدا جدا وستدفع ثمنه الأجيال القادمة لعشرات السنين ..
هذا الجيل سيحاسبه جيل لاحق على هذه الجريمة التي ارتكبها وهذا الانتحار الجماعي .. ومالم تظهر قوة مفاجئة تهدم هذا الاحتفال على رأس اميريكا واسرائيل فان الهيكل سيراه المسلمون قريبا وسيرون قبة الاقصى وقد هدمت .. وهي ستعني كسر شوكة المسلمين الى الابد واذلالهم الى الابد .. والذين سيخرجون من خيبر .. ومن مكة وسيبيعون الكعبة .. فمن يبيع سورية والاقصى سيبيع الكعبة ..
وهنا .. اما أن يبدأ التاريخ أو ينتهي .. التاريخ أمام لحظة حاسمة في دمشق .. فهو انا أن يبدأ فيها أو تنتهي رحلته فيها .. الايام لديها ماتقوله .. عباد ترامب يريدون شيئا والله قد يريد شيئا آخر ..
نارام سرجون
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Que faire maintenant ? Après la fin assurée du règne maraboutique du président Bouteflika et la fin de la résistance passive de son Makhzen.

Vous trouverez dans cette publication un reflet des luttes intenses engagées autour de la désignation d’un « chef » du « Hirak » mais en réalité pour imposer un Conseil de Transition opposé à celui que préparaient certains cercles du pouvoir en alliance avec certains partis.
Six ans après la survenue du phénomène qui a été appelé « Hirak », dénomination que j’ai vite rejetée, des amis m’ont demandé de republier mes analyses, maintenant que le monde bascule. Il me semble nécessaire de les republier dans l’ordre de leur parution. Elles furent des analyses à chaud, sans recul mais avec toujours un souci d’historicité pour saisir les faits dans leurs rapports les plus lointains, les plus cachés ou oubliées avec des faits précédents.
Ce texte publié le premier avril 2019 reflète, par son contenu, un tournant dans les résultats de la grande mobilisation populaire :
1/ l’échec du RCD et des ONG à imposer Mustapha Bouchachi comme leader du « Hirak » apparaît avec plus de clarté sans décourager la poursuite de leurs buts.
2/ la confirmation d’une plus grande compréhension, amorcée dès le troisième vendredi, par le Chef c’Etat-major de l’ANP du caractère composite du mouvement populaire et du poids ascendant, nationaliste et patriotique, des couches populaires et de l’échec des révolutionnaires colorés à en prendre immédiatement la tête
3/l’esquisse d’une alliance de l’ANP et du peuple via le soutien ferme de l’ANP à l’annulation de la candidature du président Bouteflika qui assure, dans la forme juridique, une continuité de l’Etat et un échec du projet d’un « conseil de transition » à la libyenne
Dans ce développement du « Hirak » face à l’échec des néolibéraux installés au pouvoir et de leurs alliées néolibéraux de l’opposition et bien sûrs des révolutionnaires colorés essayer de proposer une orientation et un programme minimal anticolonialiste. C’était une occasion tactique en or, offerte par les couches populaires, par l’ANP et par leur convergence consciente et désirée par le peuple.
C’est donc ce programme que j’ai proposé. Bonne lecture
Après la fin assurée du règne maraboutique du président Bouteflika, fin de la résistance passive de son Makhzen. Que faire maintenant ?
*1 Avril 2019 , Rédigé par bouhamidi
De nombreux messages m’ont dit la colère, l’anxiété, le sentiment que nous avons été dupés avec la formation de ce nouveau gouvernement. La question de savoir si la présence de Gaïd Salah n’est pas une trahison de l’ANP domine toutes les autres.
L’absence de Lamamra intrigue au plus haut point, limogeage ou mise en réserve pour les élections présidentielles ?Je réponds tout de suite. Le communiqué de l’armée du samedi 30 mars a réellement effrayé le clan Bouteflika. Et même le Makhzen, c’est-à-dire l’ensemble des hauts administrateurs qui gèrent les affaires de la confrérie maraboutique Bouteflika. Ce clan a parfaitement compris que l’ANP avait fait un pas supplémentaire vers le peuple et était décidée à trancher dans le sac de vipères qui complotait autour des structures de réseautage politique de la société. Des éléments du DRS pouvant faire partie de ces structures mais je pense qu’essentiellement l’armée signalait qu’elle ne tolérait pas une contre-attaque du clan du président Bouteflika sur le mode de la subversion.
La déclaration de Le Drain faite vendredi 29 mars, pendant les manifestations-mêmes, a certainement pesé lourdement. Le clan Bouteflika n’avait plus aucune espérance du côté de l’étranger.
Cette perte des appuis étrangers, les USA ayant déjà lâché Bouteflika, a peut-être renforcé l’armée dans son sentiment que la France et les USA allaient imposer une transition sous le contrôle international au prétexte d’offrir la démocratie au peuple algérien comme au Venezuela.La résistance passive du clan était brisée. Ce dernier avait compris qu’il devait obligatoirement concéder encore quelque chose pour ne pas sombrer.
Il a accepté de bouger sur les lignes de confrontation et de former un gouvernement, celui qui doit gérer ou peut espérer gérer l’administration d’une période de transition en permettant au clan de négocier avec l’armée les termes de leur défaite acceptée.
Cette formule permet :
-aux membres du clan de se retirer d’Algérie en toute sécurité, biens et personnes au moins pendant deux ou trois semaines.
-de laisser les clés aux fidèles des fidèles Bensalah et Belaiz, assurance supplémentaire pour leur départ sécurisé.Mais elle permet aussi aux autres oligarques pas trop impliqués dans l’ubuesque vol et viol de notre pays de :
-préserver le corps des lois qui ont permis de créer des canaux juridiques, réglementaires et administratifs du détournement de l’argent du pays,
-de préserver la présence des hauts fonctionnaires et notamment les walis qui ont si bien géré les fraudes électorales et la distribution des budgets des travaux publics et bâtiments aux entreprises de leurs enfants et proches, de canaliser l’argent des aides aux entreprises à leurs amis ou aux puissants financiers des campagnes électorales du président-candidat.Ceux qui ont parlé de sacrifier le président Bouteflika pour sauver le « système » ont raison en partie seulement. Car il s’agissait SOUVENEZ-VOUS-EN de sacrifier le pays pour sauver le marabout Bouteflika.
Nous en sommes désormais loin.
La présence de Gaïd Salah est bien la garantie que la transition à venir se fera sous l’œil de l’armée et que Gaïd Salah restera chef de l’État-major. Il ne faut pas oublier que cette dernière phase a été ouverte par les déclarations de Saadani dont le fond a été la dénonciation de l’intelligence administrative, satanique selon lui, de Ouyahia et de l’État-profond, c’est à dire le DRS qu’il ne cesse d’attaquer depuis octobre 2016.
Si ce que je pense est correct, nous irions alors vers la démission très proche du président ou à une intervention de Belaiz. Cette dernière solution enlèverait le panache d’une démission même si elle prolonge la durée de la transition. L’armée n’a pas intérêt non plus à une transition longue au regard des menées régionalistes et aux démangeaisons des puissances impérialistes.
A mon avis le départ de RamtaneLamamra n’est pas un limogeage. Il avait déjà été présenté comme une alternative à Bouteflika il y a plus d’un an. Dans la dernière période, depuis le colloque sur l’investissement en Afrique, la France avait assuré son hégémonie en Algérie. Lamamra a été limogé à cette époque. Il a rejoint ses travaux dans les différentes institutions américaines chargées de réfléchir aux orientations de la globalisation impérialiste. Il les quittées après sa nomination mais est resté membre du CrisisGroup.
Après ce colloque la France a obtenu pour elle et pour ses amis oligarques algériens la création du «Fonds algéro-français d’investissement en Afrique»; autrement dit l’assurance d’une source financière pour sa politique quasi coloniale en Afrique et un » Fonds commun d’investissement » en Algérie et en France, autrement dit une structure du pillage légal de notre pays et une ressource directe pour une France plongée dans la crise financière.
C’était le donnant-donnant entre la caste des oligarques et la France pour :
a) d’une part intégrer le système Françafrique en payant l’impôt colonial que payent les autres pays de la Françafrique, en mettant nos devises à la disposition de l’Etat français toujours colonial.
b) d’autre part avoir une voie légale pour le pillage du pays par les oligarques et finaliser la constitution d’une caste co-gestionnaire de l’Algérie avec la France, caste constituée d’assimilés bi ou multinationaux (on apprend que Haddad a été arrêté avec un passeport anglais, combien en a-t-il en réalité, le passeport français lui étant certain).
c) maintenir Bouteflika au pouvoir comme pivot et marabout de la formation/maturation de cette caste.Restituer notre souveraineté nationale passe désormais impérativement par la dénonciation de cet accord et de ces fonds.
Le retour de Lamamra a été un rééquilibrage vers les USA pour en obtenir de nouveau leur sympathie que le clan avait perdue en s’alignant sur les français de façon aussi servile. La réhabilitation d’Ould Kaddour en a été le premier signe. Remettre les clés de Sonatrach à un homme convaincu d’intelligence avec les multinationales américaines du pétrole signifiait que les américains garderaient la primauté sur les questions pétrolières. Le retour de Lamamra visait dans la même direction.
Mais pas seulement :Lamamra était la seule figure présentable pour un poste de vice-président en vue de la constitution projetée après la réélection du président Bouteflika et/ou la conférence nationale.Que faire maintenant ? Continuer à manifester pour nos propres buts, en dehors des buts des clans au pouvoir. Cela suppose que nous développions l’intelligence de cette étape et l’intelligence de nos buts.
La caste au pouvoir possède presque tous les médias télévisuels et une part importante des autres. Otpor est actif. Les partis et personnalités créés par le DRS sont nombreux.
Je reprends mes dernières idées :
Seule la mobilisation populaire et celle des vendredis en particulier peut encore nous garantir cette voie de succès et la construction :
– d’une souveraineté intransigeante de l’État,
-la propriété publique de nos ressources minières et naturelles et d’abord le pétrole,
-l’interdiction de toute forme de privatisation de ces richesses sous le prétexte d’en appeler à l’expertise étrangère,
– la garantie des libertés démocratiques d’expression, de création de partis et d’association, de réunion et de manifestation, d’édition.
– la dissolution des polices politiques et une plus grande vigilance face aux dangers de subversions externes.
– la réalisation du caractère social de l’État par la garantie d’un système de santé et d’éducation performants et gratuits, d’une préservation des secteurs de la culture et du sport de la sphère marchande, de la garantie de l’énergie et de l’eau à usage domestique pour tous et dans toutes les régions.
– le développement économique autocentré et la défense de notre production nationale par des barrières douanières conséquentes.
– l’abrogation des accords de création des deux fonds algéro-français d’investissement qui sont en réalité des instruments d’asservissement de notre pays.Il faut maintenant par notre mobilisation (et j’introduis des modifications par rapport à la dernière analyse) :
– aider l’ANP à s’éloigner encore plus du clan Bouteflika malgré Gaïd Salah.
-sceller avec elle la même alliance stratégique qui nous soudait à l’ALN par la force de nos slogans, de nos mots d’ordre et par notre volonté de les faire tous partir, ces éléments du système de Bouteflika et de son oligarchie,
– commencer à créer nos partis, nos associations dans notre diversité nationale pour contribuer à la naissance du nouvel État indépendant, souverain et démocratique que nous rêvons.Ce changement de gouvernement est notre victoire définitive sur le clan Bouteflika, même si ce gouvernement est encore à moitié le sien. Pourtant, nous n’avons pas encore défait la caste des oligarques. Nous n’avons pas encore remporté de victoire décisive.
Il faut maintenant manifester et nous organiser pour la victoire de nos rêves, de nos idées de nos retrouvailles avec les hommes et les buts de novembre.Mohamed Bouhamidi.
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