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  • Ahmed Akkache-TACFARINAS (roman historique)

    Ahmed Akkache-TACFARINAS (roman historique)

        -Il me faut cet homme, mort ou vif !

    • Quatre seulement ! se dit Tacfarinas. Un pour chacun de nous.

        Une envie furieuse de leur sauter dessus, de les agripper à la gorge, de leur plonger un couteau dans le ventre le saisit. Mais une fois de plus il se retint. Il ne fallait pas donner l’éveil.  Surtout pas. Ce n’était pas quatre soldats romains seulement qu’il devait combattre mais des milliers et des milliers d’ennemis. Et pour cela il fallait patienter pour mettre ses projets en œuvre.

        Sur trois des côtés de la table étendus paresseusement sur des divans recouverts d’étoffes de pourpre, le coude appuyés sur des coussins moelleux, sept ou huit hommes drapés de toges blanches mangeaient et parlaient en riant. De jeunes esclaves presque nues leur servaient du vin dans des amphores aux lignes pures.

        Alignées sur le quatrième côté de la table, d’autres esclaves, à peine voilées de tissus vaporeux, jouaient de la harpe et chantaient en chœur de douces mélodies, tristes et absentes, aussi indifférentes à ce qui les entourait que les fresques multicolores qui couvraient les grands murs aux revêtements de marbre.  De temps à autre l’une d’elles était grossièrement attirée vers sa couche par l’un des convives, sans pudeur, au milieu des éclats de rire et des encouragements obscènes des autres invités.

        Pendant ce temps de nouvelles esclaves apportaient de nouveaux mets et de nouvelles boissons. Et les convives, l’un après l’autre, se tournaient vers un bassin de cuivre placé derrière leur lit et, s’introduisant une spatule dans la gorge, se forçaient à vomir pour vider leur estomac et y faire place aux nouvelles viandes et aux pâtisseries entassées devant eux (2).

        Tacfarinas serra les poings. Ah ! Leur plonger un couteau dans la gorge, les écraser sous son pied comme des punaises ! Mais ce n’était que partie remise. Encore un peu de patience. Il savait maintenant ce qu’il désirait savoir : la disposition des lieux, le nombre des gardes, l’emplacement de la garnison, la façon de vivre des maîtres.

        -ils ne s’attendent pas à ce qui va leur arriver !  se dit-il avec une sombre satisfaction. Ils sont insouciants et jouisseurs ! Tant mieux. Notre travail sera plus facile.

        Deux jours plus tard tout le détachement numide, fort d’environ trois cent hommes, dont cinquante cavaliers, s’ébranlait en direction du saltus. Les cinq éclaireurs, dès leur retour, avaient mis leurs compagnons au courant et organisé minutieusement avec eux l’expédition. C’était la première action véritable des insurgés et il fallait qu’elle réussisse.

        Elle réussit. Le domaine, attaqué à l’improviste, n’opposa pas la moindre résistance. Pas un soldat ne fut épargné, pas un garde ne put s’enfuir. Dix fois, vingt fois peut-être cette nuit-là le couteau de Tacfarinas vengea la mort et les souffrances des siens.

        Le chevalier Cathala, surpris dans son lit fut entrainé aussitôt vers la place par la foule des esclaves libérés qui sortaient de leurs ergastules comme des damnés de cavernes de l’enfer. Malgré l’intervention de leur chef, dont l’âme de combattant répugnait aux souffrances inutiles, les révoltés clouèrent le responsable de tant de crimes à l’une des croix où il avait fait lui-même périr tant d’innocents. 

        La villa fut ensuite fouillée de fond en comble. Une centaine de chevaux se trouvaient dans les écuries. Ils furent aussitôt sortis et sellés pour former un contingent de cavalerie. Les caves se révélèrent pleines de grains, de viande séchée, de jarres d’huile. Dans une salle était entreposé un véritable arsenal : des épées, des dagues, des lances, des boucliers. Les chambres des maîtres regorgeaient d’objets de luxe, de draperies et de bijoux.

        Tous ces trésors furent soigneusement rassemblés et transportés sur des chars jusqu’à la limite de la forêt, d’où ils s’acheminèrent ensuite à dos d’hommes ou de chevaux vers la montagne.

        C’était le premier butin de guerre des insurgés, un stock considérable de richesses qui allait servir au ravitaillement  et à l’équipement de nouveaux groupes de partisans. Les plus jeunes des esclaves libérés s’étaient en effet joints aux combattants réguliers et l’armée révolutionnaire en formation avait ainsi d’un seul coup doublé ses effectifs (3).

        Avant de quitter le domaine maintenant désert et silencieux, peuplé seulement de cadavres, Tacfarinas y mit solennellement le feu.  Et longtemps après, alors que la nuit était revenue et que les Numides se trouvaient déjà très haut dans la montagne, ils pouvaient voir encore au loin l’étoile vacillante du brasier rougeoyer dans les ténèbres, signe vivant de leur victoire et symbole de leurs prochains succès.

    1. Dans l’Antiquité, à Rome, mesure de surface valant plus de 200 hectares
    2. Evidemment, les prises de guerre de Tacfarinas ne vont pas manquer d’être qualifiées de razzias et de banditisme. Les Numides ne faisaient pourtant que s’équiper aux dépens de leurs adversaires ou récupérer des biens qui leur avaient été volés. le tout au bénéfice de la collectivité en lutte et non pour l’enrichissement personnel des chefs.  Ce qui était loin d’être le cas des généraux romains qui, de l’aveu même de leurs laudateurs, amassaient à la guerre des fortunes fabuleuses.                                                        Signalons à titre d’exemple que lorsque Paul Emile revint de Macédoine le défilé qu’il organisa à Rome pour la présentation de son butin dura trois jours et que sa part personnelle fut évaluée à 300 millions de sesterces.

    Les citoyens de Rome fêtèrent donc avec allégresse le « vainqueur de la Numidie » et la statue du proconsul s’éleva fièrement sur le forum à côté de celle des autres généraux conquérants. Et les grands propriétaires fonciers s’apprêtèrent à profiter pour une longue période de la « paix romaine » et des terres fertiles de Numidie.

        Mais Tacfarinas n’était pas mort. Sa défaite l’avait-elle abattu ? Allait-il abandonner la lutte ? En aucun cas. L’idée de l’abandon était pour lui impensable. Une bataille était perdue. Il fallait en tirer la leçon pour continuer la guerre. Et Tacfarinas réfléchit. Il réfléchit longtemps, bercé par les vents du désert, sur les contreforts de l’Atlas saharien où il s’était réfugié avec quelques-uns des survivants.

        Que faire maintenant ? Reprendre la lutte dans les mêmes conditions ? Reconstituer une nouvelle armée ? Il n’en était pas question. Les meilleurs cadres militaires avaient été tués. D’autres faits prisonniers avaient péri sous les verges de la manière la plus affreuse, ponctuant de soubresauts interminables et de hurlements atroces chaque coup de longues lanières lestées de plomb. D’autres enfin avaient été crucifiés et leurs silhouettes décharnées, encore clouées aux croix, dessinaient deux longues rangées macabres sur la route de Lambèse.

        Quand il songeait à tous ces frères d’armes qui ne reviendraient jamais plus, quand il revoyait le visage grimaçant des suppliciés, son cœur se gonflait de douleur et de  haine. Etait-ce possible ? Comment tant d’hommes valeureux avaient-ils pu périr ? L’armée romaine était-elle trop forte ? À cette dernière question, quelques jours plutôt, il aurait répondu non sans hésiter. Maintenant il éprouvait des scrupules. La défaite encore brûlante l’obligeait à réfléchir. Oui, l’armée romaine était forte. Aguerrie et trempée depuis des dizaines d’années sur tous les champs de bataille du monde, elle était redoutable quand elle combattait en formation.  Il aurait dû écouter les conseils de prudence des plus sages de ses compagnons et ne pas l’attaquer ainsi à visage découvert.

        Mais pourquoi ne pas revenir à la tactique qui avait donné de si bons résultats les premiers jours ? s’il est vain de foncer tête baissée sur un bloc d’acier émaillé d’armures, hérissé de glaives, par contre les attaques-surprises diriges contre des groupes ou des éléments isolés ne pouvaient manquer d’être efficaces. Le tort de Tacfarinas avait été de croire possible un écrasement rapide et complet de l’ennemi, une victoire militaire définitive par la seule force des armes. Alors que les premiers succès remportés, il s’en rendait bien compte maintenant, n’avaient été possibles que grâce à la force multiple et omniprésente du peuple. C’est le peuple, ou tout au moins les tribus dont les combattants étaient originaires, qui assuraient le ravitaillement et la protection des premiers groupes. C’est le peuple qui surveillait l’ennemi, signalant son approche, cachant les combattants, fournissant des renseignements à leurs chefs. C’est le peuple qui assurait la relève en donnant sans cesse ses fils pour remplacer les combattants tombés.

        Comment Tacfarinas avait-il pu oublier cette vérité plus aveuglante que le soleil de midi ?

    – Notre vraie force est dans le peuple, se répéta-t-il. Sans lui nous ne serions rien et les Romains nous écraseraient comme des fétus de paille. Notre guerre ne doit pas être une guerre des soldats seuls, mais une guerre de tout le peuple.

        Evidemment la lutte sera beaucoup plus longue, elle durera des années et des années, mais elle finira inévitablement par engloutir toutes les cohortes et toutes les légions de Rome. Un lent et patient travail d’explications politiques était donc nécessaire. Il fallait unifier les tribus encore divisées et hostiles, les souder par la définition d’objectifs de guerre communs : la lutte contre l’exploitation, la libération de cette terre qui était la patrie de tous. La mobilisation progressive des masses devait donner aux combattants une force invincible. Elle préparerait le terrain en sapant les bases mêmes de l’adversaire. Le vieil arbre centenaire qu’on ne peut arracher d’un seul coup peut fort bien être abattu quand même, si les racines qui le rattachent au sol sont détruites et se dessèchent l’une après l’autre

        Oui, il fallait détruire et extirper les racines mêmes de la domination romaine, dresser tout le peuple dans la lutte ; il fallait affoler l’ennemi et lui rendre l’atmosphère invivable, le harceler sans cesse, le contraindre à se fractionner pour l’affaiblir et le battre.

        Baissant les yeux, le chef numide vit à ses pieds une motte de terre ocre et sèche rougie par les lueurs du soleil couchant. Il la ramassa, l’observa longuement en silence puis, l’écrasant entre ses mains rugueuses, en éparpilla la poussière autour de lui.

        – Il faut semer la guerre, murmura-t-il….Semer la guerre. (1)

    (1)  Traduction littérale de la formule de Tacite : « Sparce dellum » ; « Annales, III-2 ».  Images saisissantes qui illustrent bien la tactique numide.

    CHAPITRE VI

         Etendus l’un près de l’autre sur des peaux de mouton encore imprégnées de l’odeur des troupeaux, confiants en la garde vigilante de la tribu gétule qui les avait accueillis, Tacfarinas et ses compagnons dormirent en paix cette nuit-là. Au matin, tôt levés, ils tinrent conseil. L’accord ne mit pas longtemps à se réaliser. La plupart des cadres de l’armée sentaient en effet depuis longtemps que les brèves opérations de harcèlement, appuyées sur des actions de sabotage des paysans et des esclaves concentrés dans les grands domaines correspondaient davantage aux conditions de leur lutte et qu’elles devaient avoir, par conséquent, beaucoup plus d’efficacité que la guerre de position.

        Un chef de tribu rappela que Jugurtha lui-même, bien que roi et disposant de l’armée et des ressources de l’Etat numide, avait été battu en rase campagne et contraint de se réfugier dans les montagnes pour y poursuivre les opérations de guérilla.

        Quant au reste, en particulier  le problème plus général de la mobilisation du peuple, ce fut vite réglé. Sans avoir cette conscience aigüe  de la réalité nationale qui fit de Tacfarinas un précurseur de la nation algérienne, et sans éprouver au même degré les sentiments de classe de leur chef, la plupart des assistants n’en sentaient pas moins, confusément, la nécessité de combattre les particularismes tribaux encore vivaces, et d’intéresser tout le peuple au combat.

        – Alors, nous sommes tous d’accord ? demanda  Tacfarinas.

        – Oui, oui, nous sommes tous d’accord ! Répondirent plusieurs voix.

        – Bien. Commençons par informer le peuple. Borma, prends la plume et les plaquettes !

        L’intéressé s’installa au milieu de l’assemblée. C’était le seul lettré du groupe. Fils d’un esclave affranchi, il avait pu apprendre le latin et gagnait auparavant sa vie comme scribe à Cirta.

        –    Ecris ! reprit Tacfarinas.

    « Peuple de Numidie, tes enfants te parlent.

    Debout pour défendre ton territoire. Lèves toi !

    Les Romains nous pillent et nous exploitent. Debout pour reprendre les terres de nos aïeux.

    Vous tous qui préférez la liberté à l’esclavage, debout ! »

        C’était le premier document officiel de l’insurrection, le premier appel au peuple. Gravé sur des planchettes, recopié sur des papyrus, appris par cœur et répété d’un village à l’autre, il allait se répandre rapidement dans toute l’Afrique du nord, discuté, commenté, enrichi d’informations et embelli de récits d’exploits et de faits d’armes, imaginaires ou authentiques. La liberté, la terre ! Ces deux mots d’ordre, qui marquent comme au fil rouge toute la trame de l’histoire de l’Algérie, Tacfarinas eut l’immense mérite de les lier intimement l’un à l’autre et de les inscrire sur ses drapeaux.

        La liberté, la terre ! Ces mots d’ordre firent se lever des légions de nouveaux combattants. Et très vite l’armée populaire se reconstitua, plus forte qu’elle ne l’avait jamais été.

        Il fallait engager rapidement l’action, s’assurer à tout prix une victoire militaire, pour consolider la confiance du peuple et élever le moral des soldats. Les succès de Mazippa [chef maure de la première moitié du 1er siècle qui se révolta contre Rome. Il s’allia à Tacfarinas contre l’Empire romain de l’empereur Tibère. Note du Blog.], dans la Maurétanie voisine, entretenaient déjà l’enthousiasme. Il convenait maintenant de porter un coup à l’armée romaine elle-même, de prouver publiquement à tous qu’elle n’était pas invincible.

        Remontant à marches forcées vers le nord, Tacfarinas parvint rapidement sur les rives du fleuve Pagyde (1). Là, des éclaireurs lui signalèrent qu’un important détachement de la légion tenait garnison. Le général Décrius, qui le commandait, était loin de se douter que les insurgés avaient reconstitué leurs forces. A la tombée de la nuit, il avait pris les précautions d’usage pour la garde du camp, mais sans plus. Quelques sentinelles seulement veillaient près de l’enceinte fortifiée de palissades. Tout était calme et tranquille. A quelques mètres à peine la rivière faisait entendre son murmure rassurant, doux et frais.

        C’est alors que retentit le cri de guerre des Numides. Surgissant de tous les côtés à la fois, les insurgés déferlèrent sur le camp. Ce fut un sauve-qui-peut général, une fuite désordonnée des Romains dans toutes les directions. Les chroniqueurs racontent que Décrius :

    « Ressentant la honte de cette attaque menée par des barbares…fit face aux fuyards, gourmanda ceux qui portaient les enseignes, ceux qui tournaient le dos à des déserteurs et des brigands, puis s’avança au milieu des ennemis jusqu’à ce qu’il tombât mort abandonné par les siens. »

       A Carthage, puis à Rome, l’annonce fit l’effet d’un coup de tonnerre. Quoi ? Ces indigènes qu’on croyait avoir écrasés à jamais, voilà qu’ils se remettaient non seulement de se manifester encore mais aussi d’anéantir une cohorte romaine ? Le Sénat s’émut. Le peuple murmura. Et l’empereur envoya immédiatement en renfort la IX ème légion de Pannonie, cantonnée jusque là en Espagne. Un nouveau proconsul L. Appronius fut dépêché sur les lieux, avec mission de détruire coute que coute les rebelles.

        Craignant que la défaite de Pagyde « n’affaiblisse l’esprit militaire de l’armée » le nouveau proconsul décida d’abord de mesures disciplinaires d’une extrême rigueur. Tous les soldats romains qui avaient survécu au désastre furent condamnés à mort et exécutés pour s’être « déshonorés en fuyant devant des bandits. » puis ne pouvant atteindre directement les insurgés, Appronius se vengea sur la population de la région, brûlant les villages, violant les femmes, tuant les vieillards, massacrant les enfants.

        Tacfarinas riposta en ravageant les plus riches contrées de colonisation. Allant et venant sans cesse dans tout le pays, insaisissable, il détruisit des dizaines de bourgades et de nombreuses fortifications, fidèle à la tactique de la guérilla, toujours présent à la fois partout et nulle part.

    « Il prenait la fuite quand on le talonnait, pour revenir très vite à la charge, se jouant ainsi des Romains qui se fatiguaient inutilement à le poursuivre. » (2)

        Une seule fois, il s’écarta de cette ligne de conduite. Ce fut en l’an 19, quand il mit le siège devant la ville de Thala (3). C’était une entreprise dangereuse et difficile, la ville étant puissamment protégée par d’importants remparts et capable de soutenir de longs sièges en attendant des renforts. Le chef numide avait-il oublié les leçons du passé ? Etait-il victime de cette griserie presque inévitable au lendemain des victoires ? Toujours est-il que l’affaire se termina par un avertissement alarmant, après avoir failli tourner au pire. De premiers revers furent enregistrés. Devant l’afflux de renforts et les sorties compactes des défenseurs de la cité, les assiégeants reculèrent. Les compagnons de Tacfarinas n’eurent, du reste, aucune peine à lui faire admettre que l’heure des grandes batailles régulières n’était pas encore arrivée.

        La guérilla reprit. Elle menaçait d’être longue. Soucieux de constituer des réserves pour les périodes difficiles, les insurgés se mirent à stocker leurs prises de guerre. Blé, vivres, armes diverses s’entassèrent rapidement. Mais, en même temps qu’ils représentaient une garantie pour l’avenir ces entrepôts limitaient les mouvements des combattants. Il fallait en effet les préserver contre les pillards, les défendre contre les incursions toujours possibles de l’ennemi.

        Peu à peu l’armée se sédentarisa. Elle, dont la force résidait dans sa mobilité et sa vitesse, se fixa au sol, et s’alourdit de tout le poids des équipements et d’un important appareil d’intendance. De nouveau elle prenait ainsi l’allure d’une armée régulière, redevenant une cible vulnérable.

        Les Romains ne manquèrent pas d’en profiter. Rassemblant toutes les forces disponibles, un escadron volant de cavaliers des cohortes auxiliaires et les hommes les plus rapides de la Légion, le gouverneur Appronius en confia le commandement à son fils Césanius. Il les lança à marches forcées vers le campement des Numides, que le renseignement de ses mouchards avaient permis de localiser. 

        La bataille fut rude. Bien que mal préparés à cette attaque, les insurgés repoussèrent plusieurs assauts. Mais l’avantage du terrain resta finalement aux Romains, et les hommes de Tacfarinas furent contraints à nouveau de se réfugier dans le sud (an 20 ou 21 après J.-C.)

        Rappelé à Rome, Appronius fut reçu en grande pompe. Il obtint les honneurs du triomphe et vit à son tour s’élever sur le forum sa statue couronnée. Son règne avait duré trois ans (4).

        – Cette fois les rebelles sont définitivement écrasés ! pensait-on avec satisfaction.

        Moins d’un an après la guerre devait cependant reprendre, encore plus meurtrière et plus sanglante.

    1. Vraisemblablement dans la région de Lambèse où certaine chroniques donnent ce nom à une petite rivière.
    2. Cantarelli. Ouvrage cité. P. 9
    3. Deux villes du Maghreb portaient le nom de Thala. D’après PALLU  de LESSERT (Fastes de provinces africaines, p. 104) la ville dont il s’agit ici n’est pas celle qu’assiégea Metellus dans la guerre contre Jugurtha, et qui se trouvait à l’est de Gafsa mais une petite cité situé entre Haïdra et Medeina, non loin de l’actuelle frontière algéro-tunisienne. 
    4. Dans une étude de MULLER (Revue archéologique 1878) on trouve des monnaies africaines confirmant ce long séjour d’Appronius dans le pays (XXXVI p. 176)

    Quand il reçut la délégation de Tacfarinas dans son fastueux palais de Capri l’empereur Tibère souriait. Il était persuadé que les délégués numides n’avaient entrepris un aussi long voyage que pour déposer entre ses mains augustes la reddition de leur chef.

    -Enfin, toute la province d’Afrique va maintenant être pacifiée, songeait-il en se frottant les mains.

    Et pour mieux savourer son triomphe il avait convié à la réception les plus hauts dignitaires de l’empire. Sénateurs, prêteurs, chevaliers et tribuns, en vêtements d’apparat, devisaient dans la grande salle aux colonnades fines et pures, autour d’un bassin orné de marbres rares et de mosaïques éclatantes.

    Les délégués étaient au nombre de quatre. Leur entrée ramena le silence. Chacun observait avec curiosité ces hommes des sables et des montagnes, ces rebelles méprisés et redoutés en même temps, ces représentants de barbares si totalement incapables de comprendre les beautés de la civilisation romaine.

    Nullement impressionnés, tête haute, leur visage bronzé et leur barbe noire leur donnant un air plus décidé et plus rude, les délégués s’avancent vers l’empereur.

    Tibère leva nonchalamment la main dans leur direction.

    -Parlez ! dit-il. Que venez-vous me dire ?

    L’un des quatre hommes glissa la main dans sa poitrine, sous la tunique blanche et en tira un message qu’il déplia aussitôt.

    Au nom du peuple numide…commença-t-il.

    Tibère sursauta. Ses lourdes paupières se soulevèrent. Ce n’était pas du tout ainsi qu’il avait imaginé cette scène. N’osant pas encore comprendre, il attendait toujours de voir les délégués tomber à genoux, baisser la tête et implorer humblement leur pardon.

    -Qu’est-ce qu’ils attendent ? se demanda-t-il avec impatience.

    Mais l’orateur poursuivait calmement son discours. Nous voulons des terres, disait-il, les terres qu’on nous a enlevées pour en faire des latifundia ou pour les donner aux colons. Nous voulons qu’on rende aux tribus leurs terrains de parcours. Nous voulons l’affranchissement de tous les Numides réduits à l’esclavage et la liberté pour tous. A cette condition nous sommes prêts à déposer les armes, et même à devenir les amis de Rome et à commercer avec elle. Sinon…

    Le porte-parole marqua une pause. Tibère était abasourdi. La colère n’avait pas eu le temps de gagner son cerveau encore enveloppé dans les vapeurs des nectars raffinés de son dernier festin. Dans la salle un silence glacial était tombé.

    -Sinon ?…demanda Séjean, le préfet du prétoire, dont les yeux injectés de sang disaient avec éloquence toute la haine qu’il portait à l’Afrique.

    -Sinon, reprit le Numide avec le même calme souverain, nous vous ferons une guerre interminable et sans pitié. Nous lutterons de toutes nos forces jusqu’à l’extermination du dernier soldat étranger. Et si nous n’y parvenons  pas nos fils y parviendront pour nous. Et si nos fils n’y parviennent pas nos petits-fils y parviendront pour eux.

    Cette fois c’en était trop. Tibère se dressa. Ses yeux glauques s’étaient allumés. Un frémissement de rage faisait trembler les lourdes peaux flasques de ses joues.

    -Qu’on les arrête immédiatement et qu’on mette les fers à ces canailles !

    « Jamais insulte à l’empereur et au peuple romain, écrit Tacite, n’indigna Tibère comme de voir un déserteur s’ériger en puissance ennemie. Il n’avait pas été donné à Spartacus lui-même d’obtenir un traité qui lui garantie le pardon. Et l’empire, au faite de sa puissance, se rachèterait par la paix et par des concessions de territoires ?… »

    -Il fait sévir ! hurla Séjean. Appliquons-leur la loi de majesté !

    -Oui, oui ! La loi de majesté ! Vociférèrent les courtisans à qui mieux mieux.

    Cette loi était une de celles qui faisaient régner la terreur à Rome. Elle punissait de la peine de mort, sans appel, la moindre offense à la personne de l’empereur. Bien des patriciens, et non des moindres, en avaient déjà subi la rigueur implacable, pour des motifs plus anodins.

    -Nous exterminerons ces canailles ! Rugit Tibère. Il n’y aura pour eux ni grâce ni merci.

    Le lendemain matin l’empereur en personne se présentait au Sénat. Il commença par donner connaissance à l’Assemblée des dernières lettres qu’il avait reçues d’Afrique, et qui toutes faisaient état d’une reprise des activités militaires.

    -Il faut en finir ! commenta-t-il.

    Les sénateurs applaudirent. La plupart d’entre eux possédaient dans le pays d’immenses domaines fonciers et d’importants districts miniers et forestiers. Inquiets pour ces propriétés, qui leur rapportaient chaque année des millions, ils étaient prêts à tout pour obtenir au plus vite ce qu’on appelait (déjà) la pacification.

    -Envoie de nouveaux renforts, Tibère ! Lança l’un d’eux.

    -Désigne un homme à poigne pour les mater ! s’écria un autre.

    L’empereur hocha la tête. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que la force seule ne résoudrait rien avec ce peuple farouche. De plus il connaissait les possibilités réelles de son armée éparpillée sur un territoire immense.

    N’oublions pas dit-il, que les rebelles ne sont qu’une infime minorité. Les Africains nous sont fidèles. Ce que nous voulons ce n’est pas faire la guerre mais protéger les populations royales contre les pillards et les assassins. Je vais désigner du gouvernement de la province un homme fort qui sera en même temps un habile politique, un chef qui saura séparer le bon grain de l’ivraie.

    Tibère passa rapidement en revue les candidats possibles. Son choix se porta sur Lépide et Blésus, qu’il fit convoquer aussitôt Lépide, politicien rusé, connaissait la situation réelle de l’Afrique. Peu disposé à tenter l’aventure, il invoqua son état de santé et ses difficultés familiales pour refuser la proposition qui lui était faite. Il ne lui déplaisait d’ailleurs pas que son rival, Janus Blésus, parent du préfet Séjean, mît la main dans le guêpier. Il y laissera inévitablement des plumes, pensait-il à juste raison, et cela ternira son prestige dans le pays.

    Quant à Blésus, peu informé, et au demeurant imbu d’un complexe de supériorité à toute épreuve, il ne vit dans le poste qu’on lui offrait que l’occasion de glaner des lauriers faciles et d’arrondir rapidement sa bourse.

    Notre véritable ennemi est Tacfarinas, lui dit Tibère. Lui mort, l’agitation s’éteindra vite. Il faut l’abattre ou le capturer coûte que coûte. Tu as pleins pouvoirs. Tu peux promettre l’impunité et même des récompenses à tous les rebelles qui déposeront les armes. Quant à lui. Lui…

    -J’en fais mon affaire, répondit Blésus avec suffisance.

    -Ménage Juba et les princes de Maurétanie. Ce sont des amis fidèles. Envoie-leur régulièrement des présents et de l’or. Il n’y a rien de tel pour entretenir leur amitié.

    Blésus gagna son poste en juillet de l’an 21. La terre africaine l’étourdit d’abord de ses lumineuses couleurs d’été et ses parfums enivrants. Carthage, la capitale, étendait majestueusement devant lui la blancheur muette de ses édifices comme enchâssés dans l’écrin bleu de la mer. Tout alentour les jardins et les olivettes habillaient le sahel de tons verts tendre ou argentés.

    Sans perdre de temps avec les nombreux courtisans venus l’attendre au port, il se fit conduire vers son palais. Le lendemain matin, après s’être informé rapidement de la situation, il envoyait un émissaire à Césarée. Sûr de lui, confiant de sa force, il désirait mener les choses tambour battant et demandait au souverain de Maurétanie des corps nouveaux de supplétifs. Juba n’était d’ailleurs pas homme à refuser quoi que ce soit à ses maîtres.

    Il promit tous les renforts qu’on lui demandait et le nouveau proconsul, ayant mis ainsi tous les atouts dans son jeu, lança des opérations qu’il pensait décisives.

    Mais après quelques mois de combats et d’embuscades, suivis de poursuites épuisantes et inutiles, Blésus se rendit compte qu’il n’était pas plus avancé qu’au moment de son arrivée. La mobilité de son adversaire était déconcertante. Les insurgés se fondaient  littéralement dans la montagne, comme un morceau de sucre dans l’eau, et se reconstituaient le lendemain pour de nouvelles attaques. Dans ces conditions il ne servait à rien de les pourchasser sans cesse d’un point à un autre, comme il le faisait jusque là. Cette vaine poursuite pouvait durer un siècle.

    Les rebelles menaient la vire rude et mouvementée de nomades. Se nourrissant frugalement de galettes et de miel ou de dattes, ne transportant que leurs armes et un léger équipement, ils se déplaçaient constamment et n’étaient jamais là où on pensait les trouver. Ou plutôt, renseignés chaque jour par les cavaliers rapides qui sillonnaient les plaines ils n’étaient jamais plus à l’arrivée des troupes romaines. On les perdait alors de vue pendant un certain temps, on les oubliait, on les croyait définitivement enfuis. Et subitement, au moment où on les attendait le moins, ils vous tombaient dessus à l’improviste, faisant pleuvoir leurs fléches sur les soldats empêtrés dans leurs équipements au passage d’un gué, ou gênés dans leurs mouvements dans un défilé de montagne.

    Cela ne pouvait plus durer. Les pertes romaines étaient lourdes et Blésus fulminait de colère. Ce qui le mettait hors de lui, c’est que les insurgés semblaient partout chez eux, qu’ils bénéficiaient partout de complicités évidentes : alors que ses soldats, à lui, étaient accueillis avec des regards de haine et une animosité déclarée.

    Comment en finir ? Même le million de serterces qu’il avait offert pour la tête de Tacfarinas n’avait donné aucun résultat. Un million. C’était pourtant une somme ! Juste ce qu’il fallait posséder à Rome pour devenir sénateur et accéder aux plus hautes magistratures de l’empire. Et il ne se trouvait personne parmi tous les va-nu-pieds faméliques qui entourent ce Tacfarinas qui veuille gagner tant d’argent ?

    Habitué à l’esprit de lucre de l’aristocratie, sachant que chez les gens riches, qu’ils soient romains ou numides, on peut tout acheter avec de l’or, Blésus ne pouvait comprendre que les hommes des tribus, les paysans affamés des steppes soient plus attachés à leurs traditions naturelles de solidarité et de protection mutuelle qu’aux attraits empoisonnés d’une fortune bâtie sur la trahison.

    Le proconsul se rappela cependant, pour avoir assisté à la réception rebelle à Rome, l’attachement extraordinaire de ces paysans à la terre. Cette terre qui les faisait vivre et que les Romains leur enlevaient.

    -Ils aiment la terre, se dit-il. C’est pour cela qu’ils suivent Tacfarinas. Ils aiment la terre…Mais alors, pourquoi ne pas leur en donner ?

    Blésus se rendait compte qu’il débordait en ce moment le cadre de sa mission. Tibère lui avait bien dit de promettre des récompenses à ceux qui se rendraient, mais il n’avait pas parlé de concessions de terres. Comment l’aurait-il fait, du reste, sans remettre en cause les fondements mêmes de la présence romaine ? Mais Blésus n’avait pas le choix. C’était l’échec militaire en perspective, ou d’inévitables concessions.

    On ne pouvait détacher de leur chef les compagnons de Tacfarinas sans leur donner quelques-unes de ces terres pour lesquelles ils se battaient. C’était la seule façon de fixer certaines tribus au sol et d’affaiblir ainsi le chef numide.

    Au demeurant il n’était pas question de démembrer les latifundia ou les propriétés sénatoriales. Tout au plus s’agissait-il de rendre certains terrains de parcours et de sacrifier quelques colons autant de propriétaires indigènes. Une fois Tacfarinas isolé et battu il serait toujours temps de revenir en arrière et de reprendre les terres concédées. (1)

    Content de lui, Blésus eut un rire épais puis sans perdre de temps il appela son état-major et le mit au courant de ses projets. Quelques jours plus tard des émissaires partaient dans toutes les directions. Les informations qu’ils répandirent surprirent la plupart des tribus. Certains chefs, interprétant les propositions romaines comme une concession et la marque d’une volonté de paix, acceptèrent ce qu’on leur offrait. Ayant refusé avec dignité l’or de la trahison ils pensaient pouvoir accepter sans déchoir les terres de la victoire. Confiants, comme tous les hommes sincères et sains, dans la parole de leurs adversaires, ils abandonnèrent les maquis et se remirent au travail des champs.

    C’est le moment qu’attendait Blésus pour frapper un grand coup. Rassemblant aussitôt toutes les forces militaires disponibles dans le pays il les dirigea vers le sud. Il voulait investir complètement la région des Aurès Nementcha, l’isoler du reste du pays et la passer au peigne fin.

    Trois groupes d’armées furent constitués. Le premier à l’est, dans le sud tunisien sous le commandement du légat Cornélius Scipion il devait couper toute liaison des insurgés avec les tribus de Libye et notamment avec les Garamantes. Le second à l’ouest, dans la région de Belezma, était commandé par le fils du proconsul et devait couper le bastion aurassien de toutes relations avec le nord-constantinois et la Maurétanie. Le dernier corps d’armée, appuyé sur la III ème légion, était commandé par Blésus lui-même, installé au quartier général de Tébessa.

    Avançant simultanément en direction des montagnes les trois armées réalisèrent rapidement leur jonction et installèrent un peu partout des postes et des fortins destinés à quadriller le territoire encerclé. Les légions furent à leur tour divisées en détachements, sous la direction d’officiers et de centurions d’élite, habitués à la guerre de partisans. A chaque détachement fut adjoint un corps auxiliaire, espèce de goum composé de miliciens numides habiles à courir la montagne.

    Une fois tout ce dispositif mis en place les opérations proprement dites commencèrent. Toute la région fut méthodiquement fouillée. Des commandos légers, formés par moitié de Romains et de Numides, parcouraient la montagne en tous sens, terrorisant la population des tribus, abattant les individus isolés, pourchassant les petits groupes de partisans. Tortures, destructions des troupeaux et des récoltes, incendies de villages se succédaient sans arrêt. L’armée romaine pacifiait.

    Nul historien n’a laissé de détails sur ces opérations sanglantes, mais on imagine sans peine les spectacles atroces et les scènes d’horreur qui ont dû les marquer. En quelques mois les tribus rebelles furent exterminées. De nombreux combattants, parmi lesquels le frère de Tacfarinas tombèrent ou furent faits prisonniers.

    Enfin, quand revint la saison des pluies, en novembre de l’an 22 Blésus rappela ses hommes ivres de fureur et de sang et les installa pour l’hiver dans ses camps fortifiés. La montagne alentour n’était plus qu’un immense charnier. Fièrement le proconsul pouvait annoncer à Rome que l’ordre régnait enfin en Numidie.

    Certes Tacfarinas lui-même n’avait pas été retrouvé. Mais on supposait son cadavre tombé dans un ravin ou brûlé dans un incendie. Et de toutes façons, même s’il avait survécu, ce qui semblait improbable, que pourrait-il faire désormais, traqué comme un loup dans une forêt déserte ? Qui accepterait encore le suivre après la sainte terreur répandue si largement par les légions ?

    -Ils ne se relèveront plus avant des siècles ! disait-on à Rome avec une assurance satisfaite.

    Et le vainqueur reçut à son tour les honneurs du triomphe.

    Mais moins d’un an après la guerre se rallumait encore dans toute la Numidie.

    1.  D’après Wilmanns, cité par R. Cagnat dans « L’armée romaine d’Afrique » (p.18) d’importantes concessions de terres auraient été effectivement accordées. L’auteur cite ainsi l’exemple d’une fraction musulame dont les territoires s’étendaient aux environs du saltus Beguensis, entre Haidra et Sbeitla et qui seraient d’anciens partisans de Tacfarinas bénéficiaires de ces distributions. « On aurait été contraint de leur accorder ce qu’ils demandaient par la bouche de leur chef au début de la campagne et qui leur avait été d’abord refusé ».

        Cette fois l’insurrection s’était déplacée vers l’ouest et embrasait au départ les flancs sud du Djurdjura, en plein territoire maurétanien. Abandonnant les montagnes musulames et les steppes pré-sahariennes infestées de troupes et recouvertes de fortifications, Tacfarinas plus vivant que jamais surgissait à nouveau là où on l’attendait le moins dans une région restée jusqu’alors relativement calme en dehors de quelques incursions épisodiques de Mazippa.

    On imagine sans peine la stupéfaction des Romains. Le Sénat était à nouveau désemparé. Et comme il fallait bien trouver des explications à ce phénomène inexplicable on chercha toutes sortes de raisons et on incrimina même les insuffisances des chefs militaires.

    « Nos généraux, dit Tacite, quand ils pensent en avoir assez fait pour mériter les honneurs du triomphe, abandonnent l’ennemi. Déjà trois statues couronnées s’élèvent dans Rome : celle de Furius Camillus, celle d’Appronius et celle de Janius Blésus. Et pourtant Tacfarinas met encore l’Afrique sens dessus dessous. »

    La situation était d’autant plus grave que l’empire, aux prises avec des insurrections populaires dans certaines provinces d’Europe et d’Asie, était contraint au même moment de faire face sur plusieurs fronts. Déjà la IXme légion d’Espagne avait été rapatriée, ce qui dégarnissait les garnisons du sud-est.

    Tacfarinas comprit immédiatement le parti qu’on pouvait tirer de cette situation. Peut-être n’avait-il jamais entendu parler nommément d’Arminis, le grand chef germain, ni de Galgacus, l’insurgé breton, ni des autres dirigeants révolutionnaires de son temps. Mais il savait certainement que des hommes, mûs par les mêmes mobiles que lui-même, se dressaient partout à travers le monde contre la férocité romaine. Et il éprouvait sans doute une sympathie instinctive pour ces hommes qu’il devait considérer comme des alliés, des frères de lutte auxquels les Numides étaient unis par les liens vivants d’une solidarité naturelle de tous les exploités, quelle que soit leur race, contre tous les exploiteurs, quelle que soit leur nationalité. (1)

    • Nous ne sommes pas seuls, dit-il à ses compagnons. Tous les peuples de l’empire romain se dressent contre la domination et l’esclavage. L’ennemi est assailli de toutes parts. Déjà il est obligé de rappeler des soldats pour les envoyer sur d’autres fronts. Redoublons d’efforts. Ne lui laissons pas de répit. La cause de la liberté triomphera.

    Ces paroles furent rapidement transmises à travers le pays. Vibrants d’enthousiasme, galvanisés par la foi, à peine marqués par les chefs numides rayonnaient d’une énergie extraordinaire était reconstituée.

    Sur ces entrefaîtes le roi Juba mourut  laissant le trône à son fils Ptolémée, homme insipide et sans autorité. Incapable d’assurer le gouvernement du pays, préoccupé avant tout de luxe et de jouissance, le jeune prince abandonna le pouvoir réel à des esclaves affranchis, ce qui acheva de le discréditer auprès des tribus restées fidèles. Et des milliers de combattants « maurétaniens » se joignirent à leurs frères de l’est.

    A la tête de forces immenses Tacfarinas attaqua aussitôt la grande place militaire d’Auzia (Aumale-Sour el gouzelane). Malgré l’importance de ses fortifications et de sa garnison la ville tomba après quelques semaines de siège.

    Il faut la détruite ! dit Tacfarinas.

    La haine du chef numide pour les villes n’avait d’égale que sa haine pour Rome.

    Celle-ci était du reste une conséquence de celle-là. La ville avait surgi comme un corps étranger sur la terre africaine. En dehors de Cirta et des comptoirs côtiers les populations numides ne connaissent en effet que les gros villages des paysans ou les petites agglomérations des pasteurs. La vie y était libre et calme, les traditions communautaires vivaces. Tous les hommes étaient frères et se partageaient équitablement les fruits de leur travail. Le fort défendait le faible.

    Rien de tel dans le grand centre urbain, cet abcès incrusté dans la chair du pays, résidence des militaires, des spéculateurs, des propriétaires, des percepteurs, siège des casernes et des prisons, asile des riches, lieu de perdition et d’orgies. Là il n’est guère question de protéger le faible mais au contraire de l’écraser ; il n’est pas question de défendre le pauvre, mais de le pressurer davantage. L’homme n’est plus le frère de l’homme mais son esclave ou son maître, un étranger hostile, un loup avide et toujours aux aguets, prêt à bondir sur la proie à dévorer ou à être dévoré.

    La justice n’est plus la loi  suprême mais l’or, l’or tout-puissant capable d’acheter ou de vendre n’importe quoi, l’or qui pervertit et corrompt tout ce qu’il touche, l’or générateur du luxe qui amollit les hommes et les habitue à se soumette.

    «  La ville transforme l’âme de nos compatriotes, disait dans d’autres circonstances le chef breton Galgacus. Elle les accoutume graduellement à l’esclavage. » (2)

    Sans aller jusque là Tacfarinas n’en rêvait pas moins de détruire ces remparts arrogants qui gênaient la libre course des cavaliers numides dans la steppe, et d’où sortaient les lourdes cohortes lancées à leur poursuite. Il ne voyait pas, il ne pouvait pas voir encore dans la cité d’aujourd’hui le noyau des civilisations à venir, le germe de l’essor économique futur, des techniques nouvelles et du progrès. Pour l’instant la ville n’était que la base de l’ennemi, un ensemble d’édifices symbolisant un régime d’oppression où s’abîmaient les forces des Numides, ou s’engouffraient leurs biens.

    • Il faut détruire Auzia, répéta-t-il ; ne pas en laisser pierre sur pierre.

    Et Auzia fut détruite et incendiée.

    Plus haut vers le nord, à l’entrée de la vallée de la Soummam, s’élevaient d’autres murailles : celles de Thubusque, ville de colonisation bâtie sur les rives du Nasavath (oued Sahel) et peuplée de vétérans de la VII légion. Les insurgés décidèrent de l’attaquer à son tour.

    Remontant à travers un massif montagneux recouvert de forêts denses ils virent bientôt s’élever devant eux les pentes verdoyantes de la vallée. La rivière aux reflets gris d’argent serpentait au milieu d’une végétation luxuriante. Aussi loin que portaient les yeux ce n’étaient que champs de blé et d’orge ondoyant au moindre souffle, jardins et vergers aux arbres chargés de fruits.

    Tacfarinas soupira. Ces images fraîches et douces avaient de quoi émouvoir son cœur de soldat paysan. Qu’il devait faire bon vivre à l’ombre des oliviers, sous les amandiers en fleurs, près de ces ruisseaux dont le murmure seul suffisait à rafraîchir sa gorge desséchée par la poussière des steppes. Et la terre, cette terre grasse d’alluvions, charriée des flancs de toutes les montagnes du voisinage, qu’elle devait être généreuse. Sans doute donnait-elle cent fois au moins la quantité de grains qu’on lui confiait en dépôt. (3)

    Il se baissa pour en ramasser religieusement une motte. A quoi pensait-il en cet instant ? A sa maison abandonnée ? A sa femme laissée dans un lointain campement et donc il ne savait même pas si elle vivait encore ? A ses enfants qui l’avaient suivi fidèlement et qui se battaient aujourd’hui encore à ses côtés ? A l’avenir de son pays ? A sa patrie sous le joug, image encore confuse mais si intensément présente ? Un flot tumultueux de sentiments et d’idées l’envahissait. Il respira profondément, emplissant ses poumons d’air pur et ses yeux d’images apaisantes.

    Loin sur une colline il remarqua alors les contours géométriques de Thubusque, agglomérat de petits cubes blancs posé comme une verrue blafarde sur le sombre décor des montagnes. Plus près, dans les champs qui entouraient la ville, de petits points noirs se mouvaient avec obstination. Il devina que c’étaient des esclaves et son cœur se mit à battre plus fort.

    • Ce soir vous serez libres, frères ! dit-il en serrant le poing.

    Le soleil était encore haut sur l’horizon. Il donna l’ordre d’avancer sous le couvert des arbres, vite, très vite, en direction de la cité. Les chevaux des cavaliers furent détachés et laissés dans une prairie sous la garde de quelques soldats. L’opération exigeait de la rapidité et du silence. Il fallait fondre sur les Romains à l’improviste.

    Quand le soir tomba les insurgés étaient parvenus sans attirer l’attention au pied des collines fortifiées de Thubusque…Se dissimulant dans les vergers, rampant dans les fossés, ils encerclèrent rapidement la ville contrôlant ainsi les trois routes qui, des divers points de la vallée, allaient ramener dans quelques instants les troupes misérables des Numides réduits à l’esclavage, sous la surveillance de leurs gardes.

    On les entendait déjà. On percevait dans la douceur envoûtante et quiète du soir tombant, le bruit saccadé de leur marche, leur pas pénible et lourd. Bientôt ils apparurent, en rangs haillonneux, avançant deux par deux leurs yeux grands ouverts fixant comme un vide désespéré, pleins de toute la tristesse du monde.

    Pour eux une journée était finie, sans rien avoir apporté d’autre que la douleur, la douleur, la douleur…La douleur des chaînes rivées à leurs pieds. La douleur des coups de fouet cinglant leurs épaules nues. Cette nuit ils allaient s’abattre dans un sommeil sans espoir après avoir mangé leur galette d’orge. Et demain une journée nouvelle recommencerait sans rien apporter d’autre que la douleur, la douleur, la douleur…La peine et la douleur.

    Ils étaient arrivés maintenant à la hauteur des insurgés, toujours tapis sous le couvert des arbres. On voyait nettement des outils et des paniers chargés de produits sur leur dos voûté. Les hommes des premiers rangs avaient les chevilles cerclées de chaînes. Punition sans doute, pour réprimer un sursaut de révolte. Le claquement du fouet des gardes déchirait sèchement, à intervalles réguliers, la tranquillité du soir. Et derrière, à quelques pas, un manipule romain fermait la marche.

    • Liberté !

    Le cri rauque avait jaillit au même instant de centaines de poitrines. Tacfarinas et ses hommes bondissaient sur la route, brandissait leurs lances ou leurs épées, encerclant en un clin d’œil les soldats romains. Mais le manipule, toujours sur le qui-vive, s’étaient déjà replié comme un hérisson, formant un cercle protégé de solides boucliers d’où ne sortaient, de place en place, que les pointes acérées des longues lances de combat.

    Habitués à cette tactique les Numides réagissaient habilement, utilisant des méthodes simples expérimentées au long de plusieurs années de guerre. Au lieu de se ruer en désordre sur le mur de fer ils reculaient au contraire de quelques mètres et, ramassant les grosses pierres du chemin, en bombardaient vigoureusement leurs adversaires. Les pierres s’écrasaient avec de gros « floc » sur les casques d’acier, faisant refluer les Romains. La ligne des boucliers s’enfonçait et se relevait en désordre.

    Les esclaves, d’abord hagards et presque indifférents, avaient soudainement compris. Ce fut comme un souffle de tempête. Nul n’aurait pu imaginer une telle force dans ces bras décharnés et ces corps squelettiques. En un clin d’œil les gardes, qui fuyaient à toutes jambes en direction de la ville, furent rattrapés et terrassés. Les fouets, arrachés brutalement de leurs mains tremblantes, s’abattirent avec force sur eux. Secoués par une explosion de haine irrépressible les esclaves frappaient, zébrant la peau grasse de leurs tortionnaires de longues rayures bleuâtres et leur arrachant des hurlements d’effroi.

    Pas un romain n’échappa ce soir là au massacre. Leurs armes, leurs casques et leurs vêtements, soigneusement récupérés, servirent à équiper aussitôt une bonne partie des cent cinquante esclaves libérés qui se joignirent alors à l’armée de Tacfarinas.

     Pendant ce temps dans la ville la rumeur confuse du combat avait jeté l’alarme. Les lourdes portes s’étaient refermées, des torches s’étaient allumées et, du haut des remparts, les soldats de la garnison et les municipes scrutaient avec inquiétude les ténèbres environnantes.

        Ce n’est pas tant qu’ils craignaient un assaut : l’agglomération était défendue par des fortifications quasiment imprenables. Elle disposait en outre de stocks importants de céréales et était donc en mesure de soutenir un siège très long. Mais la réputation des rebelles les emplissait par avance d’appréhension. Ils avaient tellement entendu raconter de légendes, vraies ou fausses, sur leur compte, qu’ils leur prêtaient naïvement maintenant des capacités extraordinaires, des vertus magiques. Qui sait ce dont ils étaient capables ? Peut-être les murs, malgré leur épaisseur, ne seraient d’aucune efficacité devant eux ?

    Le lever du jour dissipa un peu leurs craintes. Voyant tout autour de la ville les bivouacs des Numides, ils comprirent qu’ils allaient avoir à soutenir un siège régulier et reprirent progressivement confiance.

    Les vieux soldats qui formaient la majorité de la population urbaine organisèrent la résistance, sous la direction du vétéran Rufus Flavius.

     Ils savaient que des renforts ne pouvaient manquer de leur être envoyés et désiraient tenir le plus longtemps possible.

    De fait, l’état-major romain prenait dans le même temps à Carthage toutes les dispositions nécessaires. Un nouveau proconsul, l’ancien légat d’Illyrie Cornélius Dolabella, venait d’être investi de l’autorité suprême. Il arrivait de Rome avec des instructions précises : détruire l’insurrection à n’importe quel prix.  

    Sa tâche semblait plus rude que celle de ses prédécesseurs. La révolte s’était étendue à de nouveaux territoires. Non seulement de toutes les régions de Numidie, mais aussi des pays voisins, par exemple du territoire des Garamantes resté jusque-là dans une neutralité bienveillante, des volontaires accouraient se joindre aux combattants.

    Cependant le nouveau proconsul bénéficiait de toutes les expériences du passé. Et il sut en tirer profit. Au lieu d’éparpiller ses forces, comme ses prédécesseurs, il rassembla au contraire tous les éléments dont il pouvait disposer, y compris les auxiliaires restés fidèles à Ptolémée, et avança à marches forcées sur Thubusque.

    Informés de son arrivée les Numides préférèrent éviter le combat et levèrent aussitôt le siège pour se replier selon leurs habitudes vers les contreforts de l’Atlas saharien. Dolabella avait frappé dans le vide. Mais il ne se découragea pas. Energique et résolu, comprenant que s’il laissait ses adversaires libres de leurs mouvements il ne les rattraperait plus jamais et perdrait ainsi définitivement toutes ses chances de victoire, il décida de jouer le tout pour le tout et de s’installer sur place.

    Fébrilement il fit fortifier tous les postes militaires, rappela des garnisons cantonnées dans le nord, au risque de perdre ainsi des cités importantes et, déployant toutes ses troupes en éventail, avança vers le sud. L’armée fut divisée en quatre colonnes, dirigées chacune par un légat ou un tribun, chaque colonne étant divisée à son tour en détachements plus légers.

     Les troupes romaines ainsi organisées avançaient rapidement, détruisant tout sur leur passage. Des tribus de la région ayant protesté contre les déprédations que subissaient leurs récoltes, Dolabella les fit punir sans pitié, décidant l’exécution immédiate de tous leurs chefs sous prétexte de complot et de rébellion.

        Pendant ce temps Tacfarinas avait rejoint la région d’Auzia. Dans ce site montagneux, couverts de forêts denses, il pensait être à l’abri des surprises. Il ne lui venait pas du tout à l’esprit que l’armée romaine pouvait le poursuivre jusque-là. Confiant en ses forces, il envoya même plusieurs détachements à l’est et à l’ouest reconnaître le terrain et préparer  de nouvelles attaques. Resté seul avec un groupe de cavaliers, il s’était alors installé pour la nuit dans une clairière retirée.

        Mais la mort rôdait cette nuit-là dans la forêt. Les premières colonnes romaines avaient atteint le bois. Guidés par quelques numides, renégats promus au rang d’officiers pour prix de leur trahison, les légionnaires avançaient en silence, encerclant méthodiquement la région, pénétrant peu à peu sous le couvert des arbres. En vain les chevaux des insurgés firent-ils entendre leurs hennissements inquiets. Autour du brasier qui achevait de se consumer dans l’ombre, Tacfarinas et ses hommes fatigués par les longues courses de la journée, dormaient d’un sommeil de plomb.

        Ils ne s’éveillèrent qu’aux premiers cris de leurs compagnons égorgés ou transpercés par les lances. Immédiatement debout, regroupés autour de leur chef, ils ripostèrent avec un courage admirable, faisant reculer les premiers assaillants, mais se heurtant de toutes parts à de nouveaux assauts. Ce fut une mêlée terrible dans les ténèbres. La bataille impitoyable et sauvage, dura jusqu’au matin.

        Une dernière fois Tacfarinas put voir le ciel bleu de son pays embelli par l’aurore. Il n’éprouvait ni amertume ni regret. Ses derniers compagnons tombaient autour de lui. Son fils aîné, dernier rempart, venait de s’effondrer à son tour sous la lance d’un légionnaire.

    –   Un million de sesterces ! Un million de sesterces ! répétait à tue-tête Dolabella, venu en personne encourager ses troupes dans cette ultime rencontre.   

    -Venez les gagner ! répondit Tacfarinas en s’élançant le glaive haut en direction de son adversaire.

        Mais le  proconsul était trop loin, protégé par un épais rideau de gardes.

        Le chef numide s’ouvrit un chemin à coup de glaive. Mais le cercle compact se referma sur lui. Il se mit à frapper avec une force décuplée par la haine, cherchant à entraîner dans sa mort le maximum de Romains. Il ne voulait à aucun prix tomber vivant aux mains de ses ennemis. Et longtemps encore couvert de blessures, perdant son sang, il frappa, frappa, force redoutable, dressé comme la vivante émanation de cette terre invincible qui l’avait enfanté et qui allait enfanter encore, après lui, de nouvelles générations de combattants intrépides et de héros.

    1. Il est à souligner que les insurgés attaquaient indifféremment les propriétés romaines et les domaines des riches numides, ce qui confirme le caractère de classe de la révolte.
    2. Cité par P.GRIMAL : les villes romaines (P.U).F.p.6
    3. Un contemporain digne de foi parle même, pour certaines régions, de 150 pour 1 (voir A.SCHULTEN l’Afrique romaine ; traduction du Dr. FLORANCE).

      Est-il nécessaire d’ajouter maintenant un commentaire au récit qu’on vient de lire ? Tout y est rigoureusement authentique. La mort même de Tacfarinas n’est que la transcription de faits d’histoire et n’a subi en aucune façon les altérations, qui seraient pourtant  compréhensibles, de la légende. (1)

        Que des auteurs comme Tacite s’acharnent, après tout cela, à présenter Tacfarinas comme un vulgaire aventurier, un brigand préoccupé par le vol et le butin, il n’y a rien là que de très naturel. Les combattants de l’ALN n’étaient pas traités différemment  par la majeure partie des auteurs français au moment de la guerre. Et les historiens romains présentent cette caractéristique supplémentaire d’avoir été, en règle générale, directement associés à l’exploitation coloniale. Ce qui fait douter de l’objectivité de leurs jugements et de leurs relations historiques. (2)

        Mais que des chercheurs sérieux, jugeant avec le recul du temps, sur la base de critères scientifiques, persistent aujourd’hui encore à déformer les faits, voilà qui jette un jour cru sur la prétendue objectivité des historiens européens. Passe encore  qu’un  E. F. Gauthier, idéologue avoué de la colonisation, supprime d’un trait de plume les longs siècles de résistance du Maghreb à la domination romaine. En falsifiant l’histoire il ne recherche qu’à  justifier les entreprises de conquête. Mais qu’un  R. Cagnat, dont on se plaît d’ordinaire à reconnaître l’impartialité, nie le caractère national de la lutte de Tacfarinas, voilà qui est plus difficile à admettre.

         « Ils ne faisaient pas la guerre, écrit-il, pour reconquérir ou défendre leur indépendance. »

        Mais alors, c’était pour défendre quoi ?

        La terre, répond-il. La terre seule : « Ils entendaient seulement ne pas être exclus à jamais, par les nouveaux maîtres du pays, des plaines fertiles, où ils avaient coutume chaque année à une certaine saison de chercher leurs nourriture et celle de leurs troupeaux. »

        Ce que Cagnat ne voit pas, ou se refuse à voir, c’est que la lutte pour la terre se confond précisément avec la lutte pour l’indépendance. » (3)

        En admettant même que les insurgés numides n’eussent guère eu de préoccupations nationales précises (ce qui serait d’ailleurs à démontrer) il reste que la lutte pour « les plaines fertiles » s’identifiait totalement à leur lutte contre Rome. On ne pouvait mener l’une sans mener l’autre par la même occasion. Et il ne venait certainement pas à l’esprit des Numides de séparer les latifundia, qui suscitaient leur haine, des colons qui les exploitaient.    

       C’est en ce sens que la guerre de Tacfarinas, guerre sociale par excellence, s’est élevée au niveau d’une guerre de libération. En défendant leurs revendications naturelles, les paysans pauvres et les esclaves se sont montrés les défenseurs les plus conséquents de la nation. Mérite d’autant plus grand, à l’échelle de l’histoire, que les classes dirigeantes trahissaient au même moment les intérêts nationaux et collaboraient ouvertement avec les occupants.

        Certains auteurs européens, bien que n’ayant pas de sympathies particulières pour la cause Africaine, contribuent fort heureusement à rétablir la vérité.

        Ainsi Ch. A. Julien, après avoir noté que Tacfarinas devait discipliner et organiser « la cohue anarchique des tribus», constate que dans la mesure où il y a réussi « ce ne fut point un simple aventurier mais un chef d’envergure » (4).

        Pour Louis Lacroix, « l’insurrection de Tacfarinas avait pour but de briser le joug de Rome » (5). Ce qui élève le sens de son combat et fait justice des interprétations limitatives de Cagnat.

        De même, pour Azéma de Montgravier, Tacfarinas est, après Jugurtha le plus illustre défenseur de la nationalité africaine…digne de servir de modèle aux défenseurs à venir de la liberté indigène ». (6)

        Enfin, pour L. Cantarelli, « la guerre de Tacfarinas n’était pas seulement une révolte de voleurs nomades, comme le veut Toutain, mais un soulèvement des autochtones accourus à l’appel de cet audacieux condottière que Mommsen qualifie du nom de « Arminius africain ». (7)

        Il est donc normal, il est juste, il est indispensable que soit rendu aujourd’hui, à Tacfarinas, fils authentique et méconnu de la terre algérienne, l’hommage dû à tous ceux qui ont contribué par leur sang à forger l’unité et la grandeur de la patrie.

    1. Voici du reste, à titre d’exemple, comment Louis Lacroix, citant Tacite, raconte la fin glorieuse du grand chef numide :

    Les Romains attaquent les Berbères endormis qui n’avaient rien prévu et les égorgent comme des troupeaux. Ils s’enivraient de vengeance et de sang. On fit dire dans les rangs de s’attacher à Tacfarinas, connu de tous après tant de combats le Numide voyant ses gardes renversés, son fils prisonnier, se précipite au milieu des traits et se dérobe à la captivité par une mort qu’il fit payer cher…Ainsi périt Tacfarinas lutte glorieuse contre Rome. (Extrait de Numidie- Maurétanie. Ouv. Cité)

    1.  Signalons que l’un des premiers gouverneurs de l’Africa fut l’historien Salluste, dont les hautes préoccupations intellectuelles s’accommodaient fort bien avec le pillage du pays, ce qui fait dire de lui à P. Jalabert dans son Histoire de l’Afrique du Nord ;

    « Salluste eut pour souci de prélever une immense fortune. A tel point qu’à Rome, pourtant habituée à ce genre de prévarications, le scandale fut éclatant. »

        3 – la lutte pour l’égalité sociale fait partie intégrante de la lutte pour la liberté, constate la Charte d’Alger qui note, à propos de la période romaine, que  « l’imbrication de la résistance à l’agression et des luttes sociales culminait dans d’imposantes révoltes rurales à caractère égalitaristes » (p. 10)

    4-Histoire de l’Afrique  du Nord. T.I, p. 129.

    5-Extrait de Numidie –Maurétanie. Ouv. Cité

    6- L’invasion de l’Afrique septentrionale par les Romains. Ouv. Cité p.

    7- En l’an 9 après J.-C, Arminius, chef des tribus chérusques, avait écrasé le légat Varus et ses trois légions dans la forêt de Teutobourg, contraignant ainsi Auguste à renoncer à la conquête de la Germanie et à fixer le Rhin frontière de l’empire.

    8- Tacfarinas, Ouv. Cité p. 19.

    Bibliographie

    Des principaux ouvrages cités

    L. Bertrand : Le livre de la Méditerranée.

    G. Boissière : esquisse d’une histoire de la conquête romaine.

    R. Cagnat : L’armée romaine d’Afrique.

    L. Cantarelli : Tacfarinatate.

    Charte d’Alger

    F. Engels : l’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat.

    C. Godechot : Etude sur la colonisation romaine en Afrique.

    P. Grimal : Les villes romaines.

                      Le siècle d’Auguste. (P.U.F)

    P. Jalabert : Histoire de l’Afrique du Nord.

    • Satures.

    L. Lacroix : Numidie-Maurétanie.

    J. P. Levy : L’économie antique. (P.U.F)

    A. de Montgravier : L’invasion de l’Afrique Septentrionale par les Romains.

    Pallu de Lessert : fastes des provinces Africaines.

    • La guerre de Jugurtha.
    1. Schulten : L’Afrique Romaine (traduction du Dr Florance)

        Tacite : Annales.

        Tissot : Fastes des provinces Africaines.

    Ahmed AKKACHE-L’ALGERIE DEVANT LA MONDIALISATION : Essai sur les nouveaux masques de l’impérialisme.

  • Pepe Escobar-Trump pourrait être Oreshniké concernant l’Ukraine avant même d’atteindre la Chine

    Pepe Escobar-Trump pourrait être Oreshniké concernant l’Ukraine avant même d’atteindre la Chine



    Avec l’entrée en scène de l’Oreshnik, partout où l’Hégémon tentera d’harceler la Chine, il devra également faire face à la Russie.

    En ce qui concerne l’état d’art russe de l’armement, ce que l’inestimable Ray McGovern définit comme le MICIMATT – l’ensemble du complexe de l’Hégémon – semble plongé dans une perpétuelle stupeur.

    Ils n’avaient aucune idée des Kalibr, Sarmat, Kinjal, Zircon ou Avangard avant qu’ils ne soient présentés. Ils n’avaient aucune idée de l’existence de l’Oreshnik («Noisette») avant l’avertissement protocolaire de 30 minutes donné par les Russes, indiquant qu’un essai de missile allait avoir lieu, et qu’il n’était pas nucléaire. Les Américains ont supposé qu’il s’agissait d’un nouvel essai de missile balistique, comme il s’en produit régulièrement près de l’Arctique.

    Même le président Poutine n’a su qu’à la dernière minute que l’Oreshnik était prêt pour son gros plan. Et le porte-parole du Kremlin, Peskov, a confirmé que seul un cercle très restreint connaissait l’existence de l’Oreshnik.

    En résumé, le MICIMATT ne voit que ce que la Russie montre – et quand cela se produit. Il s’agit d’un vœu de secret à l’épreuve des fuites qui imprègne le complexe militaire russe – qui, soit dit en passant, est une énorme entreprise d’État nationalisée, avec quelques composantes privées.

    En pratique, le gouvernement russe dispose ainsi d’une meilleure ingénierie, d’une meilleure physique, de meilleures mathématiques et de meilleurs résultats pratiques et finaux que tout ce qui se fait à travers l’Occident collectif imbu de lui-même.

    L’Oreshnik – un système d’armes cinétiques – change la donne en matière de technologie militaire et de guerre, et ce à plus d’un titre : en fait, à plusieurs. La simple physique nous dit qu’en combinant suffisamment de force cinétique et de masse, une dévastation totale est garantie, comparable à celle d’une arme nucléaire de faible à moyenne puissance. L’avantage supplémentaire est qu’il n’y a pas de radiations.

    L’Oreshnik est un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM), en cours de développement par la Russie (avec d’autres systèmes) avant même que Trump 1.0 ne retire les États-Unis du traité FNI en 2019.

    En outre, l’application de la technologie de l’Oreshnik aux missiles tactiques – Poutine a déclaré à la fin de la semaine dernière que c’était déjà le cas – modifie également l’ensemble du domaine tactique.

    Le nouveau jeu en ville est que la Russie est capable de lâcher des armes cinétiques à ultra-haute vélocité littéralement n’importe où dans le monde – après avoir averti les civils d’abandonner la zone autour des cibles. Et il n’existe absolument aucune défense contre ces armes, où que ce soit.

    Il est tout à fait prévisible que le MICIMATT woke, arrogant/ignorant, ainsi que l’OTAN et l’ensemble de l’Occident collectif ayant subi un lavage de cerveau n’ont tout simplement aucune idée de ce qui vient de les frapper, apparemment de nulle part.

    En bref : un système doté de la puissance destructrice d’une arme nucléaire tactique, mais de la précision d’une balle de sniper de haut niveau.

    Ainsi, les porte-avions de plusieurs milliards de dollars flottant comme des canards, l’Empire des plus de 800 bases, les bunkers souterrains, les plates-formes de lancement d’ICBM, les chantiers navals, sans oublier le siège de l’OTAN à Bruxelles, la base Aegis Ashore à Redzikowo (Pologne), le centre de forces interarmées de l’OTAN aux Pays-Bas, le commandement du sud de l’OTAN à Naples, tous ces biens immensément coûteux sont les proies légitimes d’Oreshniks non nucléaires capables de les réduire en poussière en un éclair après avoir volé seulement quelques minutes à plus de Mach 10.

    Aujourd’hui, le monde entier sait que l’Oreshnik peut atteindre Berlin en 11 minutes et Londres en 19 minutes. De même, que lancé depuis le sud de la Russie, l’Oreshnik peut atteindre la base aérienne américaine du Qatar en 13 minutes ; lancé depuis le Kamtchatka, en Extrême-Orient, il peut atteindre Guam en 22 minutes ; et lancé depuis le Chukotka, il peut atteindre les silos Minuteman III dans le Montana en 23 minutes.

    Pour citer le tube épique de Motown dans les années 1960, «Nowhere to run, baby, nowhere to hide» («Nulle part où fuir, bébé, nulle part où se cacher»).

    La preuve flagrante que le MICIMATT et l’OTAN n’ont absolument aucune idée de ce qui les a frappés – et les frappera encore – est la démence de l’escalade en vigueur même après que les ogives de l’Oreshnik aient réduit en miettes une usine de missiles à Dniepropetrovsk. Et même après que Moscou ait clairement fait savoir qu’elle n’avait pas besoin d’armes nucléaires pour frapper tout ce qu’elle voulait, n’importe où sur Terre.

    Le MICIMATT et l’OTAN, en tandem, ont tiré deux fois des ATACMS contre Koursk ; ils ont lancé un ballon d’essai de relations publiques concernant la possibilité suicidaire d’envoyer des armes nucléaires à Kiev. L’OTAN a averti les entreprises d’entrer dans un «scénario de guerre» ; l’amiral de salon de l’OTAN Rob Bauer, une non-entité néerlandaise, a préconisé des bombardements préventifs sur la Russie ; Le Petit Roi en France et l’affreux Premier ministre britannique ont relancé le jeu des «déploiements de troupes» en Ukraine (Starmer a ensuite fait marche arrière) ; et enfin, le gouvernement de la saucisse de foie en Allemagne a commencé à élaborer des plans pour utiliser les stations de métro comme abris anti-aériens.

    Toute cette paranoïa de l’escalade ressemble à une bande d’enfants qui jouent dans leur bac à sable crasseux. Car, à toutes fins utiles, c’est la Russie qui domine désormais le jeu de l’escalade.

    Et cela nous amène à Trump 2.0.

    L’État profond a déjà ciblé Trump avec une guerre vicieuse – une contre-insurrection préventive de facto, avant même qu’il ne tente de faire quoi que ce soit de pratique concernant l’effondrement du Projet Ukraine de l’OTAN.

    Sa sortie idéale pourrait être une sortie à la manière de l’Afghanistan, laissant tous les fardeaux à venir à un panier de chihuahuas de l’OTAN. Mais cela n’arrivera pas.

    Andrey Sushentsov est directeur de programme au Club Valdai et doyen de l’école des relations internationales du MGIMO. Il est l’un des meilleurs analystes russes. Sushentsov a révélé cette perle à TASS, parmi d’autres choses :

    «Trump envisage de mettre fin à la crise ukrainienne, non pas par sympathie pour la Russie, mais parce qu’il reconnaît que l’Ukraine n’a aucune chance réaliste de gagner. Son objectif est de préserver l’Ukraine en tant qu’outil pour les intérêts américains, en se concentrant sur le gel du conflit plutôt que sur sa résolution. Par conséquent, sous Trump, la stratégie à long terme visant à contrer la Russie persistera. Les États-Unis continueront de tirer profit de la crise ukrainienne, quelle que soit l’administration au pouvoir».

    Sushentsov reconnaît pleinement à quel point «le système étatique américain est une structure inertielle qui résiste aux décisions qu’elle juge contraires aux intérêts américains, de sorte que toutes les idées de Trump ne se concrétiseront pas».

    Ce n’est là qu’une illustration graphique, parmi d’autres, du fait que Moscou ne se fait aucune illusion sur Trump 2.0. Les conditions de Poutine pour une tentative de résolution de l’énigme ukrainienne sont connues au moins depuis juin : retrait total de Kiev du Donbass et de la Novorossiya ; pas d’Ukraine dans l’OTAN ; fin de l’ensemble des plus de 15 000 sanctions occidentales ; et une Ukraine non alignée et dénucléarisée.

    C’est tout. Tout est non-négociable, sinon la guerre se poursuivra sur les champs de bataille, comme la Russie l’entend, jusqu’à la capitulation totale de l’Ukraine.

    De toute évidence, les Cinq Yeux – en fait seulement 2 (États-Unis – Royaume-Uni) – plus le larbin France, côte à côte avec les silos les plus puissants à l’intérieur de l’État profond continueront à forcer Trump à relancer sur le projet Ukraine, qui est une partie essentielle de l’éthique des Guerres éternelles.

    Le mieux qu’il puisse faire est de détourner l’attention du projet Ukraine en accommodant les génocidaires psychopathologiques de l’Ancien Testament à Tel Aviv, ainsi que l’armada sio-con à Washington, dans leur obsession de forcer Washington à mener leur guerre contre l’Iran. Il s’agit là d’un léger changement d’orientation des Guerres éternelles.

    Téhéran non seulement exporte la majeure partie de son énergie vers la Chine, mais est un nœud absolument essentiel du Corridor international de transport nord-sud (INSTC) ainsi que de l’Initiative ceinture et route (BRI) ; c’est-à-dire des axes nord-sud et est-ouest qui sillonnent l’Eurasie.

    Ce serait la véritable guerre de choix – simultanément contre les trois BRICS (Russie, Chine, Iran). Après tout, la classe dirigeante américaine est déjà investie dans une guerre hybride à mort contre les BRICS.

    Toujours est-il que le face-à-face Trump 2.0/Chine sera le pivot de la politique étrangère de l’Hégémon à partir du 20 janvier. Pratiquement toutes les nominations de Trump – aussi malavisées soient-elles – croient qu’il est possible de briser le partenariat stratégique global Russie-Chine et d’empêcher la Chine d’acheter de l’énergie à l’Iran.

    Il y aura des tentatives pour perturber les voies maritimes et les lignes d’approvisionnement – des routes maritimes de la soie dans le rimland de l’océan Indien à la route maritime du Nord par l’Arctique, notamment d’éventuels faux drapeaux le long de l’INSTC.

    Mais avec l’entrée en scène de l’Oreshnik, partout où l’Hégémon tentera d’harceler la Chine, il devra également faire face à la Russie. La tentation de mettre fin au projet Ukraine et à l’empiètement de l’OTAN sur les frontières occidentales de la Russie sera donc toujours présente dans l’esprit de Trump, dans le cadre d’un syndrome «séduire la Russie pour saper la Chine».

    Le problème pour l’Hégémon est que les partenariats stratégiques imbriqués BRICS/OCS Russie-Chine-Iran ont d’autres idées – cinétiques.

  • Ahmed Selmane-« Le village de l’Allemand » ou la recette du best-seller décomplexé

    Ahmed Selmane-« Le village de l’Allemand » ou la recette du best-seller décomplexé

    Algérie News, 12 avril 2008

    C’est connu, les Algériens sont jaloux, envieux, insupportables qui ne supportent pas la réussite des autres. La preuve : ils n’arrêtent pas de questionner les enrichissements soudains et les subites notoriétés de ceux qui tiennent le haut du pavé des médias et de la finance. S’ils sont parfois des critiques inspirés, ils sont souvent de piètres commerçants. Il faut bien l’admettre, l’Algérie ne sait rien vendre, ni une image, ni des splendides paysages, ni les meilleures dattes de l’univers.

    Boualem Sansal, lui, a du flair, il a choisi d’être universel ! Et quoi de plus universel que de mettre les Algériens face à la Shoah ! C’est connu, les Algériens sont jaloux, envieux, insupportables qui ne supportent pas la réussite des autres. La preuve : ils n’arrêtent pas de questionner les enrichissements soudains et les subites notoriétés de ceux qui tiennent le haut du pavé des médias et de la finance. S’ils sont parfois des critiques inspirés, ils sont souvent de piètres commerçants. Il faut bien l’admettre, l’Algérie ne sait rien vendre, ni une image, ni des splendides paysages, ni les meilleures dattes de l’univers.

    Mais Boualem Sansal, lui, a trouvé le créneau salutaire et le bon réseau pour vendre. Dérogeons donc à ces travers dont on nous accable et saluons cette remarquable réussite en matière de pénétration d’un marché étranger particulièrement fermé, même s’il fait de nous des suppôts du nazisme. Les prestigieux plateaux s’illuminent et Israël se découvre enfin un grief « historique » à l’égard des algériens, transformés en héritiers putatifs d’Adolf Hitler. S’il se mettait à écrire quelque chose de proche de la vérité historique – par exemple que les colons français ont été massivement vichystes et antisémites et que le mouvement national algérien a été d’une sévérité sans faille à l’égard des individus tentés par le fascisme – cela ne marcherait pas. En France, on n’apprécie guère l’auto-flagellation coloniale et on a la repentance sélective. Il n’existe pas de créneau pour ceux qui ressassent la « vieille histoire », celle des enfumades et des tortures. C’est éculé, c’est moisi et puis ça va dans le sens du « pouvoir » à Alger et même de ses islamistes…

    Bref, l’Histoire n’est pas vendable, la recherche de la vérité n’est pas dans l’air du temps : ce n’est pas assez spectaculaire et c’est à la marge du monde. Pensez-vous, madame, qui donnerait un euro pour une histoire d’algérien… ? Boualem Sansal, lui, a du flair, il a choisi d’être universel ! Et quoi de plus universel que de mettre les algériens face à la Shoah ! Enfin, un algérien qui invoque le thème insurpassable de notre temps (celui qui justifie l’ordalie des palestiniens) et qui dame le pion à ces arabo-berbères musulmans qui se croient totalement innocent du crime européen de l’extermination des juifs. Quel bon sujet ! C’est un indécent travestissement ? De l’invention pure et simple ? Et alors ? Ce n’est pas grave. Après tout, on a bien eu l’ineffable BHL et son « romanquète »…Dans la propagande de l’Axe du Bien, la littérature ça sert à inventer la réalité, en attendant, par glissements successifs, de faire du mensonge la vérité indéniable.

    Et puis, que viendrait faire ici une interrogation morale ? L’éthique ne tient pas d’étal sur ce marché : on ne fait que répondre à une demande. C’est le b.a.ba du commerce : dénicher le bon créneau et mobiliser le bon réseau. Tout est question d’opportunité à saisir et Sansal l’a saisie à bras le corps. Il a vraiment pigé le truc, il sait vendre, il sait se vendre. Et puis vous êtes piégés par la règle : si vous dites que le roman se base sur des affabulations, vous êtes un « agent du pouvoir » quand vous n’êtes pas un islamo-fasciste qui menace la littérature civilisée.

    Alors plutôt que de critiquer Sansal, il faut au contraire rendre hommage à son sens aigu de l’opportunité commerciale…. Après tout, le trabendisme est souverain, pourquoi les belles lettres échapperaient- elles à sa loi d’airain ? On le sait, le trabendisme consiste à vendre ce qui n’est pas disponible sur le marché en prenant quelques libertés avec le droit. Sur le marché de la stigmatisation anti-barbare, il manquait donc une Algérie nazie. Qu’à cela ne tienne, on l’invente, en prenant ses aises avec l’Histoire ? C’est pas mal, les ingrédients : l’arabe au couteau, le bon colon, l’influence hitlérienne sur les indépendantistes algériens.

    Allez écrivains en puissance ou en devenir, au lieu de vous offusquer de l’indignité décomplexée de Sansal, faites comme lui, gagner la reconnaissance et l’argent que la Civilisation distribue sans compter à ses laudateurs. Voici les ingrédients du produit qui marche. Bien sur, vous pouvez creusez le filon de l’Algérie nazie, mais Sansal l’occupe déjà. Faites plutôt une petite étude du marché et tentez de satisfaire la demande. Les market makers sont là pour vous préparer sans cesse le terrain. Allez y ! Vous pourriez raconter l’histoire d’un couple mixte (homosexuel de préférence) débarquant discrètement en Algérie, bravant Al-Qaïda et le DRS pour venir sauver des femmes voilées du harem d’un épouvantable barbu en rut. Surtout ne reculez devant rien. N’hésitez pas à raconter le calvaire d’une blanche captive, une poétesse (ça paye) de mère française et d’un père arabe converti au salafisme qui l’a kidnappée depuis longtemps. Et pour faire actu, faites aider les héros qui viennent la libérer par de braves évangélistes locaux…

    Vous pouvez même réécrire l’histoire en inventant les forfaits des arabes vichystes d’Alger sous Pétain qui seraient combattus par des colons philosémites. C’est le César indiscutable de la mise en scène, le Goncourt assuré du nouveau réalisme décomplexé! Vous prouverez combien la colonisation était bienfait, joie de vivre et tendresse ! Et pourquoi pas, imaginez des Katibas de l’ALN montant à l’assaut en chantant le « Horst Wessel Lied » tandis que les braves légionnaires de la 10eme division parachutiste (dont beaucoup étaient d’authentiques SS, eux) résisteraient vaillamment en entonnant « Hava Naguila ».

    Ce n’est en rien conforme à la réalité ? Ne vous en faites pas : dites que c’est conforme à l’esprit. Comme ça, vous passerez pour « profond », « courageux », « indépendant », pour quelqu’un qui ose s’attaquer aux tabous de ce peuple maléfique, libidineux et secrètement taraudé par le désir de violer toutes les blanches. N’hésitez pas à parler de « Kamikaze du sexe », de déviances particulièrement sadiques, c’est l’ingrédient nécessaire, l’idéal littéraire revisité par le commerce. Vous gagnerez des sous, on vous garantira la célébrité, les prix, la reconnaissance. On ne vous donnera pas de burnous rouge, ça ne se fait plus mais on louera, la larme à l’oeil et un trémolo dans la voix, vos talents de contempteurs de l’obscurantisme et de héraut de la modernité…

    Camarades écrivains, à vos plumes supplétives, à vos claviers mercenaires, ne laissez pas passer les opportunités du marché !

    A. S.

    Source : https://wordpress.com/post/ecolepopulairedephilosophie.com/8448

  • الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 100، بتاريخ 30 من تشرين الثاني/نوفمبر 2024

    الطاهر المعز-متابعات، نشرة أسبوعية – العدد 100، بتاريخ 30 من تشرين الثاني/نوفمبر 2024

    يتضمن العدد مائة، من نشرة "متابعات" الأسبوعية فقرات بعنوان في جبهة الأعداء عن التعاون العسكري الألماني- الصهيوني- الأمريكي وعن درجة مشاركة النظام المغربي في حرب الإبادة التي يمارسها الكيان الصهيوني، وعن ارتفاع عدد القتلى من النساء والأطفال والأطباء والصحافيين في غزة، بشكل لا يتناسب مع التوزيع الدّيموغرافي للسكان، وفقرة عن عمليات هدم القُرى في النّقب (جنوب فلسطين) وصمود أهلها، وفقرة – بمناسبة "عيد الشُّكر" الأمريكي عن وجه الشّبه بين الإبادة الجماعية للسكان الأصليين في أمريكا الشمالية وفي فلسطين، وفقرة عن المناورات السياسية للإتحاد الأوروبي في سوريا، بهدف مُساعدة الكيان الصهيوني على الإستفراد بالمقاومة اللبنانية، وفقرة عن محاولة الحكومة المؤقتة في مالي السيطرة على مواردها الطبيعية، وفقرتان عن المؤتمر الوزاري الأول للشراكة بين روسيا وإفريقيا

    كانت شركة صناعة السيارات العابرة للقارات « فولكسفاغن » – التي تأسست خلال فترة الحُكْم النّازي – رمز القوة الصناعية الألمانية طيلة أكثر من ثمانية عُقُود، قبل أن تُصبِح رَمْزًا للأزمة الإقتصادية لألمانيا، أقوى اقتصاد أوروبي، بعد إعلان إغلاق ثلاث مصانع وتسريح ما لا يقل عن ألف عامل داخل حدود ألمانيا، التي انتعش اقتصادها بفضل العقود متوسط وطويلة الأجل التي تمكّنها من تشغيل المصانع ومولّدات الطّاقة بالمحروقات الروسية (خصوصًا الغاز) الرخيصة وذات الجودة العالية، ومنذ اندلاع الحرب في أوكرانيا اقتضت الأوامر الأمريكية وقف استيراد الغاز من روسيا، مما أدخل اضطرابا على البرامج الإقتصادية الألمانية طويلة المدى، التي أقرّت التّخلّي عن الفحم الحجري والطاقة النووية (نظرًا لمخاطرها)، في مقابل الإعتماد بشكل كبير على الغاز الروسي الذي تشتريه البلاد بأسعار تفضيلية لفترة طويلة المَدَى، في إطار خطّة التّحوّل نحو « الإقتصاد الأخضر »، وأدّى اصْطِفَاف حكومة الإئتلاف الألماني وراء المواقف الأمريكية إلى تسليم حكومة أوكرانيا مبالغ ضخمة وأسلحة متطورة، فضلا عن الدّعم المالي والعسكري للكيان الصهيوني وعن ارتفاع الإنفاق على التّسلّح، وانفجرت الأزمة بإقالة وزير المالية، وقد تتعمّق الأزمة بعد تنصيب دونالد ترامب رئيسًا تدعمه أغلبية نيابية يمينية متطرفة، عندما يبدأ تنفيذ الحمائية عبر فرض رسوم جمركية على السلع الأوروبية التي تدخل السوق الأمريكية، رغم اتفاقيات الشراكة، وتأتي الصادرات الألمانية في مقدّمة صادرات السلع الأوروبية نحو أمريكا الشمالية، وصَرّح رئيس دويتشه بنك ( المصرف المركزي الألماني) « تواجه ألمانيا تحديات اقتصادية هائلة، بفعل انخفاض النمو الاقتصادي وزيادة النّفقات »، في ظل ارتفاع تكاليف الإقراض للشركات والأفراد، ويُتوقع أن ينكمش الناتج المحليّ الألمانيّ سنة 2024، للعام الثاني على التّوالي ما يعمق حال الركود الإقتصادي، ومشاكل صناعة السيارات والكيماويات والهندسة وقطاعات الإنشاء والبنية التحتية، كنتيجة للإرتباط القوي بالسياسات الخارجية الأمريكية وحلف شمال الأطلسي ( بدعم من معظم أحزاب ألمانيا) وتزامن هذا المناخ السياسي المُتَأَزِّم مع صعود نجم اليمين المتطرف…

    بالنسبة لنا كعرب وفلسطينيين، تُعِدُّ ألمانيا عَدُوًّا مُباشرًا بسبب الدّعم غير المحدود للكيان الصّهيوني، مالِيًّا وعسكريًّا وسياسيا وعقائديًّا، والتّعاون العسكري الثّلاثي ( الولايات المتحدة والكيان الصّهيوني وألمانيا) وأعلنت وسائل إعلام صهيونية وألمانية مؤخّرًا، موافقة الولايات المتحدة على مُساعدة الكيان الصهيوني لألمانيا على نَشْر منظومة الدفاع الصاروخي (آرو-3) على الأراضي الألمانية سنة 2025، بقيمة 3,5 مليارات دولارا، وتتضمن هذه المنظومة الأمريكية ( التي فَوّضت شركة صناعات الفضاء الصهيونية لتكون المُتعهّد الرئيسي لنشرها في ألمانيا) صواريخ اعتراضية متطورة « لمواجهة تهديدات الصواريخ الباليستية بعيدة المدى »، وهي أكبر صفقة سلاح يُبرمها الكيان الصهيوني على الإطلاق، وهي من نتائج ارتفاع الإنفاق الحربي الألماني والأوروبي، ونتيجة اصطفاف ألمانيا ومعظم حكومات دول الإتحاد الأوروبي مع الولايات المتحدة ضدّ روسيا، وإن كانت الخسائر الناتجة عن هذا الموقف كبيرة، كما الحال في ألمانيا… عن مواقع وكالة رويترز و وكالة بلومبرغ و موقع محطة إذاعة مونتي كارلو الدّولية 10 تشرين الثاني/نوفمبر 2024

    حظرت حكومة إسبانيا، خلال شهر أيار/مايو 2024 رُسُوَّ السفينة « ماريان دانيكا » التي كانت تنقل أسلحة هندية إلى الجيش الصّهيوني،  وعلى إِثْرِ ذلك قررت الحكومة المغربية استضافة السفينة في ميناء طنجة الذي استقبل كذلك، خلال شهر حزيران 2024 السفينة الحربية الصّهيونية ( INS Komemiyut ) التي تمكنت من التزود بالوقود قبل مواصلة طريقها إلى فلسطين المحتلة، مما أثار سخط المنظمات المغربية الدّاعمة لنضال الشعب الفلسطيني والمناهضة للتّطبيع، خصوصًا في ذروة عمليات الإبادة في غزة والضفة الغربية، وفي ظل المظاهرات الاحتجاجية من قبل المواطنين المغاربة…

    كما حَظَرَت حكومة إسبانيا، يوم السبت التاسع من شهر تشرين الثاني/نوفمبر 2024، رُسُوّ سفينتي شحن تابعتَيْن لشركة ميرسك الدّنماركية ومنعتهما من الوصول إلى منشآتها في ميناء الجزيرة الخضراء، لنقل مواد عسكرية متجهة إلى فلسطين المحتلة، وأكدت وزارة الخارجية الإسبانية أن السفينتين «لن تتوقفا في إسبانيا»، وكالعادة، قررت حكومة المغرب استضافة السفينتين المُحمّلَتَيْن بالأسلحة المُستخدَمة لقتل أبناء الشعوب العربية، في ميناء طنجة، بعد طردهما من إسبانيا، وتُبيّن هذه القرارات المغربية مدى قوة العلاقات بين العدو الصهيوني والنظام المغربي، ومدى مُشاركة الأنظمة الرجعية العربية في إبادة الشعب الفلسطيني واستعمار فلسطين، إلى جانب الصهيونية والإمبريالية، وبخصوص المغرب، أصبح النظام الحاكم في هذا البلد خطَرًا على الجيران وعلى الشعب الفلسطيني، خصوصًا بعد تعزيز العلاقات العسكرية، منذ تطبيع العلاقات في كانون الأول/ديسمبر 2020 الذي عَزّزَهُ اتفاق التعاون العسكري في تشرين الثاني/نوفمبر 2021، وتوقيع عقد، سنة 2022، مع شركة الصناعات الفضائية الصهيونية لشراء نظام باراك MX المضاد للصواريخ.

    أعلنت مفوضية الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان، من خلال بيان صحفي، يوم الجمعة التّاسع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، إن عمليات الإبادة المُستمرة في غزة منذ أكثر من سنة، سابقة تاريخية و »إن هذا المستوى غير المسبوق من الوفيات والإصابات بين المدنيين هو نتيجة مباشرة لعدم الامتثال للمبادئ الأساسية للقانون الإنساني الدولي (…) ومن المؤسف أن هذه الانتهاكات الموثقة مستمرة بلا هوادة، بعد مرور أكثر من عام على بدء الحرب”، وكانت الأمم المتحدة قد قامت بإحصاء جزئي لضحايا العدوان، مطابق للإحصاء الفلسطيني، أثبتَ إن النساء والأطفال يشكلون نحو %70 من الفلسطينيين الذين قتلوا في قطاع غزة خلال الفترة من تشرين الثاني/نوفمبر 2023 إلى نيسان/أبريل 2024، وأعلنت المتحدثة باسم المفوضية السامية للأمم المتحدة لشؤون اللاجئين: « إن هذه النسبة مماثلة لتلك التي قدمتها سلطات غزة »، كما نَشَر التقرير الصادر عن مفوضية الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان أيضاً تفاصيل مجموعة واسعة من انتهاكات القانون الدولي، والتي ترقى إلى مستوى جرائم الحرب والجرائم ضد الإنسانية والإبادة الجماعية، وأكّدت المفوضية السامية للأمم المتحدة لشؤون اللاجئين، « إن النسبة المرتفعة للضحايا من النساء والأطفال تشير إلى انتهاك منهجي ومُخَطّط للمبادئ الأساسية للقانون الإنساني الدولي، ولا سيما التمييز والتناسب »، اعتمادًا على العديد من المُؤشّرات، من بينها « إن حوالي 80% من إجمالي الوفيات التي تم التحقق منها حدثت إثْرَ قصف المباني السكنية ما يزيد من حجم القتلى حيث توفي ما يقرب من 90% من الأشخاص في حوادث أودت بحياة خمسة أشخاص أو أكثر، كما تعكس الوفيات التركيبة الديموغرافية لسكان غزة ولا تعكس تركيبة منظمات المقاومة التي لا تضم أطفالاً ونساءً، كما استهدف العدوان الصهيوني المدارس والملاجئ والمستشفيات، حيث يرتفع عدد القتلى من الأطباء والعاملين بالقطاع الصحي والإغاثة بشكل لا يناسب عددهم ضمن العغدد الإجمالي للسكان، وكذلك الشأن بالنسبة للصحافيين، حيث تم اغتيال 188 صحافياً فلسطينيا وهي « حالة فريدة من نوعها في تاريخ الحروب » لكنها لم تُثِر سُخْط وسائل الإعلام ونقابات الصحافيين في العالم، كما لم تُعبّر نقابات الأطباء وعمال الرعاية الصحية عن غضب مُنْتَسِبِيها احتجاجًا على قتل العاملين في مجال الطب والإغاثة وإنقاذ المُصابين، لم لا تندّد منظمات حقوق المرأة أو الطّفل أو المنظمات الحقوقية بما يحصل، وانتهاك الحكومة والصهيونية وحكومات الدّول الدّاعمة لها قرار مجلس الأمن بإنهاء جرائم الإبادة الجماعية فورا وأوامر محكمة العدل الدولية التي تدعو إلى اتخاذ تدابير وقائية لمنع الإبادة الجماعية وتدعو إلى تحسين الوضع الإنساني الكارثي في غزة وقرار المحكمة الجنائية الدّولية باعتقال بعض المسؤولين الصهاينة عن هذه المجازر…

    يستهدف الكيان الصهيوني الفلسطينيين في جنوب فلسطين (النّقب) ويريد إزالة عشرات القُرى التي يعتبرها « غير شرعية » ويحرم سكانها من مجموعة من الخدمات الكهرباء والمياه والصرف الصحي، وهذه القرى قائمة قبل النّكبة، واستغل الجيش الصهيوني اهتمام وسائل الإعلام والجمعيات المحلية بما يجري في غزة ولبنان ليُكثّف عمليات الهدم لمباني « النَّقَب » التي ارتفعت بنسبة 400% خلال الأشهر العشرة الأولى من سنة 2024 مقارنة بالعام السابق ( 2023 )، وفق تصريح لأحد وزارء الإحتلال في الكنيست، وتباهى الوزير بعمليات التّدمير التي تُضَاعِفُ معاناة السّكّان الأصليين للبلاد الذين يعيشون على أرضهم وفي وطنهم،  وتضم منطقة النقب 51 قرية فلسطينية « غير معترف بها »، وهي مستهدفة باستمرار بالهدم قبل تنفيذ خطط لتهويد المنطقة من خلال بناء منازل وتجمعات جديدة لمستوطنين يأتون من مختلف مناطق العالم لاحتلال البلاد وتشريد أهلها، وهدم الجيش الصهيوني قرية « العراقيب » 230 مرة، منذ 2010، ليعيد أهلها بناء بعض بيوت الصفيح والخيام ورفض مُغادرة قريتهم، وهو شكل من أشكال صمود الشعب الفلسطيني في المناطق المحتلة خلال النكبة ( 1948/1949) وتمسكه بوطنه… ( يُتابع المركز الفلسطيني للإعلام والعديد من المجموعات الغعلامية والحُقوقية الفلسطينية أخبار القمع والصّمود في كافة أنحاء فلسطين)

    تحتفل الولايات المتحدة بما سُمِّيَ « عيد الشُّكْر » (Thanksgiving )، يوم الخميس الأخير من شهر تشرين الثاني/نوفمبر من كل عام، وهو يوم عُطْلة رسمية، منذ سنة 1863 (بأمْر من الرئيس أبراهام لنكولن)، وتستند الذّكرى على أُسْطُورة لا أساس لها من الصّحّة، تَمّت صياغتها بعد حوالي قَرْنَيْن من بداية الإحتلال وعمليات الإبادة، ومفادها إن الغُزاة القادمين من أوروبا قدّموا للسّكّان الأصْلِيِّين وجبة دسمة وتناول الجميع الغذاء معًا في احتفال بهيج، وتم ترويج هذه الأُسْطُورَة المُؤَسِّسَة للتاريخ الرّسْمي الأمريكي وتم تدريسها لطلبة اللغة الإنغليزية في جميع أنحاء العالم، وتختلف هذه الأسْطُورة (الخُرافة) عن الوقائع التي تُؤَكِّدُ إن الغزو الأوروبي للقارة الأمريكية كان دَمَوِيًّا منذ بدايته ( 1492) وخصوصًا في أمريكا الشمالية منذ بداية القرن السابع عشر، وأَدّى إلى قَتْل الملايين من السكان الأصليين، والإستيلاء على ممتلكاتهم وأراضيهم، وونقل من نجا من القتل إلى مَعازل ومحتشدات لا يزال بعضها قائما، ولذلك يُطلق السّكّان الأصليون على هذه الذّكرى ( المُصْطَنَعَة ) إسم عيد القَتْل أو (Thankskilling  ) أو  Thankstaking)) للتّذكير بالتاريخ الطويل والعنيف للعلاقة الدّموية والتّناحُرِيّة بين المُستعمِرِين المستوطنين الأوروبيين والسكان الأصليين الذين عانوا من وحشية الاستعمار والإبادة الجماعية، بمُباركة رجال الدّين الذين اعتبروا السكان الأصليين « أناسًا متوحشين وقُسَاة وهَمَجِيين وغادرين وناكرين للمعروف »، مما يُبيح قَتْلَهُم، ويتعارض هذا التّوصيف مع الأُسطورة التي تدّعي إن المُستوطنين الأوروبيين قدّموا لهم طعامًا لذيذًا وتناولوا معهم وجبة دَسِمَة قوامها الدّيك الرّومي.

    قال ويليام برادفورد ( 1590 – 1657)، حاكم مُستعمرة « بليموث »، عن مذبحة وادي « بيكوت » سنة 1937: « لقد قُتِل نحو 400 شخصًا ومن نجا من الطلق الناري تم تقطيعه إلى أشلاء بالسيف، حتى تم القضاء عليهم بسرعة ولم ينجُ منهم سوى عدد قليل، وتم شواء القتلى فكان منظرهم في النار مخيفًا، حيث كانت الرائحة الكريهة تنبعث منهم، ولكن النصر بدا وكأنه تضحية حلوة، وقد قدم المُنتَصِرُون صلواتهم إلى الله الذي صنع لهم هذا النّصر العجيب… »

    يُشكل « عيد الشّكر » ذكرى احتفال المحتلين بهذه المجازر والإبادة الجماعية للسّكّان الأصليين وشكروا الله على النصر، وتم مَحْو إسم الشعوب والقبائل وتم تغيير أسماء الأماكن ومحو تاريخ السكان الأصليين، واعتبار التوسع الاستعماري الأوروبي الأبيض عملية حضارية، خِدْمَةً للإنسانية التي تنحصر في المُستَعْمِرِين الأوروبيين.

    استلهمت الحركة الصّهيونية برامجها ومخطّطاتها من تاريخ ولغة وخطاب وممارسات الاستعمار الاستيطاني الأوروبي لأمريكا الشمالية وأستراليا ونيوزيلندا، وتزييف التاريخ وتغْيِيب (أو إخْماد) رواية السكان الأصليين الذين نَجَوا من عمليات الإبادة، وتم تهجيرهم وتجميعهم في معازل (مخيمات اللاجئين) وتجويعهم وقتلهم من خلال القصف اليومي العنيف ومن خلال الحصار والتجويع والمرض، ورغم الفارق الزّمني، يُعاني الشعب الفلسطيني من الإبادة الجماعية و »الإستبدال » أمام أنظار العالم بدعم من الإمبريالية وبتواطؤ من الأنظمة العربية وتبرير وسائل الإعلام للجرائم الصّهيونية واستهداف النساء والأطفال والصحافيين والأطباء والمباني والمستشفيات والمدارس والأراضي الزراعية للقضاء على مُقوّمات الحياة…

    طالبت كاثرين أشتون، الممثلة العليا للاتحاد الأوروبي للشؤون الخارجية والسياسة الأمنية، خلال شهر تموز/يوليو 2011، بعد حوالي ستة أشهر من بدء العدوان على سوريا، بإقالة الرئيس بشار الأسد، وبعد عشر سنوات، شدد الاتحاد الأوروبي – اقتداءً بالولايات المتحدة – العقوبات الاقتصادية على سوريا، ولكن، ومنذ سنة 2015، دخلت تركيا في عملية مُساومة مع الإتحاد الأوروبي وفتحت حدودها ليتدفق اللاجئون من أفغانستان والعراق وسوريا وفلسطين، وحتى من إفريقيا جنوب الصحراء الكبرى إلى الإتحاد الأوروبي، ولم تُغلق الحدود سوى بعد حصولها على حوالي 6,5 مليارات يورو سنويا، واعتبر الإتحاد الأوروبي تلك العملية بمثابة « أكبر نزوح جماعي في التاريخ الحديث »…  

    بعد ثلاثة عشر سنة ونصف من الحصار والتّدمير والإحتلال، أرسل الإتحاد الأوروبي مندوباً ( لم يتم ذكر إسمه وبلده) إلى سوريا خلال شهر تشرين الأول/اكتوبر 2024، في زيارة سرّيّة، لبحث ما يجري في محيط سوريا التي تحالف الإتحاد الأوروبي والولايات المتحدة وحكومات معظم الأنظمة العربية (خصوصًا دُوَيْلات الخليج) لتخريبها، سنة 2011، بالتزامن مع تخريب وتفتيت ليبيا، ولا تزال الولايات المتحدة وتركيا والمجموعات الإرهابية، بما فيها مليشيات العشائر الكُرْدِيّة، تسيْطر على أجزاء من سوريا، ولم يتم الإعلان عن الزيارة ولا عن جدول أعمالها، ولم تنشر وسائل الإعلام شيئا، لكن التسريبات تشير إلى أن الأمر كان يتعلق بالتفاوض على الإقتراح الفرنسي الأمريكي لوقف إطلاق النار في لبنان، والذي لا يمكن تحقيقه سوى بسيطرة سوريا على حدودها مع لبنان ومنع مرور الأسلحة إلى المقاومة اللبنانية، مع التذكير بتدمير العدو الصهيوني معظم المعابر بين سوريا ولبنان، بذريعة قطع طريق الإمدادات عن حزب الله، ولا يتجاوز دور الإتحاد الأوروبي مُساعدة الكيان الصهيوني على مُحاصرة المقاومة اللبنانية من خلال سيطرة النظام السوري على الحدود التي كانت طريقا لعبور الإرهابيين والأسلحة والعتاد من لبنان، لتدمير سوريا، ولن تحصل سوريا – في حال قبول الإقتراح –  سوى على وُعُود بإعادة فتح ملف إعادة إعمار سوريا، واستعداد الإتحاد الأوروبي لدفع بعض تكاليف إعادة إعمار ما تم تدميره أثناء الحرب، ولو جزئياً…  

    تستغل الشركات العابرة للقارات – خصوصًا ذات المنشأ الكَنَدِي والأسترالي – العديد من المناجم في دول « الأطراف » ( بلدان المُحيط أو « الجنوب العالمي ») ومن ضمنها مناجم الذّهب في مالي التي أعلنت حكومتها الإنتقالية حملة ضد شركات التعدين الأجنبية الكبرى، بسبب عدم تسديد الضرائب وعدم احترام بنود العُقُود وسلامة البيئة والمُحيط، وأرسلت الحكومة مُذَكِّرَةً بتاريخ الثامن من تشرين الأول/اكتوبر 2024، إلى الشركة الكندية العملاقة « باريك غولد » (Barrick Gold ) التي تسيطر على 80% من مناجم لولو جونكوتو للذّهب في غرب البلاد، تطالبها بسداد 512 مليون دولار من الضرائب على الأرباح، ولما رفضت الشركة الإستجابة لطلب الحكومة، تم احتجاز أربعة من موظفيها لفترة وجيزة للتّدقيق في الحسابات، وكشفت عملية التدقيق عن مخالفات ضريبية كبيرة، واضطرت « باريك غولد » لتسديد مبلغ صغير ( 17 مليون دولارا) لتعليق الإجراء مؤقتًا.

    بعد حوالي شهر، أدّى التّحقيق في مخالفات الشركة الأسترالية (Resolute Mining ) التي تمتلك 80% من منجم سياما الاستراتيجي للذهب، إلى اتهامها بتزوير الحسابات والتّهرّب من الضّرائب، والإضرار بالممتلكات العامة، ولما رفضت الشركة الإستجابة لطلبات الحكومة المؤقتة، ألقت الشرطة القبض على مدير الشركة مع العديد من المديرين التنفيذيين، في أحد فنادق العاصمة باماكو، للتّحقيق معهم، ولم تذكر وسائل الإعلام ولا بلاغ الحكومة تفاصيل أخرى، وتُمثل الحادثتان نقطة تحول في إدارة موارد الذهب في البلاد، ومراجعة استغلال وإدارة قطاع التعدين، وفق  وزير المناجم الذي أعلن  أن مراجعة العقود مع ثلاث شركات ( B2Gold وAllied Gold وRobex  ) قد تُضيف حوالي مليارَيْ دولار لموارد الدّولة سنويا، كما تعتزم الدّولة زيادة حصتها من 20% إلى 35% في مشاريع التعدين وخفض الحوافز والإعفاءات الضريبية للشركات الأجنبية التي طالبها رئيس الحكومة الانتقالية بالإلتزام بالشروط الجديدة أو مغادرة البلاد، وتهدف هذه السياسة أيضًا إلى تعزيز التوظيف المحلي في المناصب الإدارية وتحقيق أقصى قدر من الفوائد الاقتصادية للسكان والمساهمة في التنمية المحلية، لبناء الطرقات والبنية التحتية للطاقة والمياه.

    تعتمد مالي على قطاع التعدين للحصول على العملات الأجنبية، وبلغ إنتاج الذّهب، سنة 2022، أكثر من 72 طنا، وكان الذّهب يُمثّل سنة 2022، حوالي 10% من الناتج المحلي الإجمالي، و25% من الميزانية، و75% من الصادرات، بإنتاج ، في حين أن الأبحاث المتعلقة بالنفط واعدة، فيما بدأ استغلال أول منجم لمعدن الليثيوم في البلاد (الضروري لشرائح الحواسيب والهواتف وبطاريات السيارات الكهربائية…)، في مدينة جولامينا، جنوب البلاد، حيث بلغت حصة الدّولة 35% بدلا من نسبة 20% التي كانت سائدة في عقود التّعدين، وأدّت هذه الخطط الجديدة لزيادة إيرادات الدّولة من موارد البلاد، كالذّهب والنحاس والكوبالت والليثيوم والنيكل، وهي مواد مطلوبة في الأسواق العالمية

    قدّرت حكومة مالي خسارتها من قطاع التعدين بقيمة تتراوح بين نصف مليار ومليار دولارا واحد، سنويا، نتيجة استغلال الشركات الأجنبية لمواردها التعدينية الهائلة كالذهب والليثيوم والحديد، وأفضت الدّراسة التّقْيِيمِيّة إلى إصدار قانون التعدين الجديد الذي يسمح للحكومة بالحصول على حصة 10% في مشاريع التعدين وخيار شراء 20% إضافية خلال أول عامين من الإنتاج التجاري مع السماح بمشاركة إضافية بنسبة 5% للقطاع الخاص المحلي، وهو ما من شأنه رفع الحصة الوطنية ( القطاعين العام والخاص) إلى 35% بدلا من نسبة 20% الحالية »، وبهذه الطريقة استولت الدولة والشركات المحلية على 35% من منجم الليثيوم في جولامينا، وأكد وزير المناجم أن « الهدف النهائي هو أن يتم تكرير كل الذهب المنتج هنا، وكذلك الشأن بالنسبة للمعادن الأخرى » وعلى سبيل المثال، يُباع البوكسيت الخام بسعر 65 دولارًا للطن، وبعد تكريره وتحويله إلى ألومنيوم، يُباع بسعر 2335 دولارًا للطن، بناءً على متوسّط أسعار نهاية سنة 2023.

    بعد مؤتمر سوتشي وقمة قازان ( وهما في جنوب غربي روسيا) لمجموعة بريكس، والقمة الروسية الافريقية في سانت بطرسبورغ صيف 2024، انعقدت الدّورة الأولى للمؤتمر الوزاري للشراكة الرُّوسية الإفريقية في « سوتشي » يومي السبت 09 والأحد 10 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، بمشاركة ممثلي خمسين دولة إفريقية (من إجمالي 53)، في إطار الخطّة الروسية لتوسيع الشّراكة مع بلدان آسيا وإفريقيا، واستغلال انتكاسة الإمبريالية الفرنسية في منطقة غربي إفريقيا للعب على حبل العلاقات السوفييتية الإفريقية قبل انهيار الإتحاد السوفييتي، وإعادة تعزيز نفوذها في دول القارة التي لم تنضم إلى العقوبات الغربية المفروضة على روسيا بعد بداية الحرب في أوكرانيا ( شباط/فبراير 2022 )، وتستخدم روسيا شعارات بَرّاقة مثل « بناء عالم متعدّد الأقطاب » أو « مُساعدة الدّول الإفريقية على تحقيق التنمية المستدامة و مكافحة الإرهاب والتّخَلُّص من الَّتَبَعِيّة إزاء آليات الغرب… »، وتدّعي حكومة روسيا إنها تُقاوم « الإستعمار الجديد » وتعمل على إرساء دعائم « نظام عالمي أكْثَر عدْلاً »…

    أدّى تراجع النّفُوذ الفرنسي إلى تزايد النفوذ الرّوسي في المستعمرات الفرنسية السابقة بقارة إفريقيا، وإرسال مُستشارين عسكريين إلى إفريقيا الوسطى والدول المحيطة بالصّحراء الكُبرى وباعت روسيا أسلحة بقيمة فاقت خمسة مليارات دولارا إلى البلدان الإفريقية، وفقا لشركة روسوبورون إكسبورت الحكومية الرّوسية، وتبدي مجموعات روسية كبرى اهتماما خاصا باستغلال المواد الأولية في إفريقيا، ولا سيما الألماس في أنغولا وزيمبابوي، والنفط في نيجيريا وغانا والكاميرون وجمهورية الكونغو الديموقراطية، والبوكسيت في غينيا، وكذلك بتطوير المجال الرقمي في إفريقيا، وسبق أن أعلنت روسيا إمداد الدول الافريقية بالحبوب سواء على اساس تجاري او مجاني، ومساعدة الدول الافريقية في مجالات التّعاون الأمني لمكافحة الإرهاب والرعاية الصحية وتطوير قطاع الطاقة، غير إن حجم التبادل التجاري بين روسيا والدول الافريقية، لا يتجاوز 25 مليار دولار سنويا، وتبذل روسيا جهودًا لتطوير العلاقات التجارية والشراكة الإقتصادية والإستثمارات مع الدول الافريقية، لِفَكّ الحصار الأمريكي والأوروبي، وسبق أن وقّعت روسيا اتفاقيات للتعاون العسكري التقني مع 33 دولة إفريقية، وأعلن وزير الخارجية الروسي، سيرغي لافروف، عن توقيع مجموعة من الاتفاقيات ومذكرات التفاهم شملت مختلف المشاريع مع دول إفريقيا، خلال المؤتمر الوزاري للشراكة “الإفريقية-الروسية” في سوتشي، وفقا لوكالة الصحافة الفرنسية (فرنس برس)  و قناة “روسيا اليوم” بتاريخ العاشر من تشرين الثاني/نوفمبر 2024. 

    أكد الرئيس الروسي، خلال شهر تشرين الأول/اكتوبر 2024، أن أفريقيا ستصبح أحد مراكز النمو الاقتصادي العالمي، وأعلن وزير الخارجية (سيرغي لافروف) بمناسبة منتدى الشراكة الروسية الإفريقية أن روسيا مستعدة لمساعدة أفريقيا في مجال الأمن،  في محاولة لتقديم السياسة الخارجية الروسية الحالية كاستمرار ليساسة الإتحاد السوفييتي الذي ساعد حركات التّحرّر والدّول حديثة الإستقلال، ضد الإستعمار الجديد، وفي ختام منتدى الشراكة الروسية الإفريقية، أعلن أنطون كوبياكوف، مستشار بوتين وأمين اللجنة المنظمة للقمة الروسية الإفريقية، خلال مؤتمر صحفي يوم السبت التاسع من تشرين الثاني/نوفمبر 2024، عن « توقيع روسيا اتفاقيات تعاون عسكري وفني مع 33 دولة أفريقية، وافتتاح بعثات تجارية روسية في السنغال وتنزانيا، فضلا عن خطّة لفتح مركز روسي لإدارة الأزمات في بوروندي قريبًا، لتعلب روسيا دَوْرَ الضامن لأمن دول القارة الإفريقية، كما تخطط روسيا حتى عام 2030 لإنشاء نظام مالي مستقل للاتفاقيات مع الدول الأفريقية، قبل حلول سنة 2030، بالتزامن مع زيادة إمدادات الأسمدة المعدنية ومنتجات وقاية النباتات والآلات الزراعية الرّوسية إلى البلدان الأفريقية… وإن روسيا مستعدة لتقاسم تقنياتها الغذائية والزراعية مع بلدان إفريقيا، فضلاً عن تنظيم مشاريع بحثية مشتركة في القطاع الزراعي…

    صَرّح وزير خارجية بوركينا فاسو، خلال القِمّة، إن روسيا شريك دولي أكثر ملاءمة من فرنسا، القوة الاستعمارية السابقة، التي ساءت علاقاتها مع العديد من حكومات الدّول الإفريقية، وقَارَنَ وزير خارجية مالي بين شراكة الكرملين « الصادقة » والعلاقات « الاستعمارية الجديدة » مع القوى الغربية، وتجدر الإشارة إلى زيادة التعاون في المجال العسكري وإقامة مشاريع مشتركة في قطاعات الطاقة والاتصالات والتكنولوجيا والتعدين بين روسيا والعديد من الدّول الإفريقية…

    الطاهر المعز

  • Bruno Drweski-Marx et le … Hamas

    Bruno Drweski-Marx et le … Hamas

    mardi 26 novembre 2024 par Karl Marx & Bruno Drweski

    Quand Karl Marx dénonçait dans la presse libérale new yorkaise la propagande coloniale des médias, et quand on peut reprendre ses mots pour décrire la propagande néocoloniale sioniste des médias actuels. En 1857, la presse britannique menait une campagne contre les violences commises dans le cadre de la révolte des Cipayes aux Indes. Une propagande analysée par Karl Marx dans un texte profondément d’actualité, puisque nous pouvons le reprendre presque mot à mot (en italique) en remplaçant Hindous par Palestiniens et Cipayes par Hamas.
    (La Rédaction)

    Les excès commis par les cipayes révoltés, aux Indes, sont en vérité horrifiants, hideux, ineffables, tels qu’on peut s’y attendre seulement dans les guerres d’insurrection, de nationalités, de races, et surtout de religion ; en un mot, tels que ceux auxquels la respectable Angleterre avait coutume d’applaudir, quand ils étaient perpétrés par les Vendéens sur les « Bleus », par les guérillas espagnoles sur les mécréants français, par les Serbes sur leurs voisins allemands et hongrois, par les Croates sur les rebelles de Vienne, par la garde mobile de Cavaignac ou les décembriseurs de Bonaparte sur les fils et les filles de la France prolétarienne.

    Les excès commis par les Palestiniens révoltés, à Gaza, sont en vérité horrifiants, hideux, ineffables, tels qu’on peut s’y attendre seulement dans les guerres d’insurrection, de nationalités, de races, et surtout de religion ; en un mot, tels que ceux auxquels les respectables Etats-Unis avait coutume d’applaudir quand ils étaient perpétrés par les « Blancs » sur les « Rouges », par les guérillas des contras contre les révolutionnaires sandinistes, par les Albanais sur leurs voisins serbes, par les Ukrainiens sur les rebelles du Donbass, par l’armée indonésienne sur les communistes ou les mercenaires libyens sur les fils et les filles de la Libye.

    Si infâme que soit la conduite des cipayes, elle n’est qu’un reflet concentré de la conduite de l’Angleterre aux Indes non seulement durant l’époque de la fondation de son Empire oriental, mais même durant les dix dernières années de sa longue domination. Pour caractériser cette domination, il suffit de dire que la torture formait une institution organique de sa politique fiscale. Il existe dans l’histoire humaine quelque chose qui ressemble à la rétribution ; et c’est une règle de la rétribution historique que ses instruments soient forgés non par les offensés mais par les offenseurs eux-mêmes.

    Si infâme que soit la conduite du Hamas, elle n’est qu’un reflet concentré de la conduite des sionistes en Palestine non seulement pendant la période de fondation de l’empire anglo-américano-sioniste, mais même durant les dix dernières années de sa longue domination. Pour caractériser cette domination, il suffit de dire que la torture formait une institution organique de sa politique immobilière. Il existe dans l’histoire humaine quelque chose qui ressemble à la rétribution ; c’est une règle de la rétribution historique que ses instruments soient forgés non par les offensés mais par les offenseurs eux-mêmes.

    Les premiers coups portés à la monarchie française venaient de la noblesse et non des paysans. La révolte indienne n’a pas été commencée par les ryot [cultivateurs], torturés, déshonorés et dépouillés par les Britanniques, mais par les cipayes, vêtus, nourris, choyés, gavés et gâtés par eux. Pour trouver des parallèles aux atrocités des cipayes, nous n’avons pas besoin, comme certains journaux de Londres le prétendent, de nous reporter au Moyen Age, ni même de pousser au-delà de l’histoire de l’Angleterre contemporaine. Il n’est besoin que d’étudier la première guerre chinoise, un événement de la veille, pour ainsi dire. La soldatesque anglaise commit alors des abominations, rien que pour le plaisir ; ses passions n’étaient ni sanctifiées par le fanatisme religieux, ni exaspérées par la haine envers une race conquérante et s’imposant par la force, ni provoquées par la farouche résistance d’un ennemi héroïque. Femmes violées, enfants embrochés, villages brûlés n’étaient alors que féroces caprices, enregistrés non par les mandarins, mais par les officiers britanniques eux-mêmes.

    Les premiers coups portés à la monarchie française venaient de la noblesse et non des paysans. Le révolte palestinienne n’a pas été commencée par les fellah, torturés, déshonorés et dépouillés par les sionistes, mais par le Hamas, vêtu, nourri, choyé, gavé et gâté au départ par eux et par les monarques qatariotes. Pour trouver des parallèles aux atrocités du Hamas, nous n’avons pas besoin, comme certains journaux de Londres et de Washington le prétendent, de nous reporter au Moyen Age ou au nazisme, ni même de pousser au-delà de l’histoire des Etats-Unis contemporains. Il n’est besoin que d’étudier la dernière guerre irakienne, un événement de la veille, pour ainsi dire. La soldatesque anglo-américaine commit alors des abominations, rien que pour le plaisir ; ses passions n’étaient ni sanctifiées par le fanatisme religieux, ni exaspérées par la haine envers une race conquérante et s’imposant par la force, ni provoquées par la farouche résistance d’un ennemi héroïque. Hommes violés, enfants bombardés, villes brûlées n’étaient alors que féroces caprices, enregistrés non par les notables irakiens, mais par les soldats américains eux-mêmes.

    Dans la catastrophe présente, aussi, ce serait une erreur absolue que de supposer que toute la cruauté est du côté des cipayes et que tout le lait de la tendresse humaine coule du côté des Anglais. Les lettres des officiers britanniques suent la haine. Un d’entre eux, écrivant de Pechawer [Peshawar, actuel Pakistan], donne une description du désarmement du 10e régiment de cavalerie irrégulière, dissous pour n’avoir pas chargé le 55e d’infanterie indigène, comme il avait reçu l’ordre de le faire. Il exulte en rapportant que les hommes ne furent pas seulement désarmés, mais dépouillés de leurs vestes et de leurs bottes, et qu’après avoir reçu 12 pence par tête ils furent menés au bord de l’Indus, embarqués sur des bateaux, puis lancés au fil du fleuve, où, comme l’expéditeur de cette lettre s’y attend avec délices, chacun d’eux eut bonne chance d’être noyé dans les rapides.

    Dans la catastrophe présente, aussi, ce serait une erreur absolue que de supposer que toute la cruauté est du côté du Hamas et que tout le lait de la tendresse humaine coule du côté des sionistes. Les vidéos des militaires sionistes suent la haine. Un d’entre eux, filmant ses camarades, montre l’arrestation des médecins et des infirmières, coupables pour n’avoir pas quitté leur hôpital et continué à soigner leurs patients, comme ils avaient reçu l’ordre de le faire. Il exulte en montrant les hommes qui ne furent pas seulement dépouillés de leurs instruments médicaux, mais dépouillés de leurs vestes, de leurs chaussures et de leurs chemises, laissés en caleçons et dont on retrouva les corps dans des fosses communes.

    Un autre nous informe que, certains habitants de Pechawer ayant provoqué une alarme de nuit en faisant exploser des pétards de poudre à canon en l’honneur d’un mariage (une coutume nationale), les auteurs de cet incident furent chargés de liens le lendemain matin et « fustigés de telle sorte qu’ils ne l’oublieront pas facilement ». Informé de Pindi que trois chefs indigènes conspiraient, sir John Lawrence répondit par un message ordonnant qu’un espion assiste aux réunions. Sur le rapport de l’espion, sir Lawrence envoya un second message : « Pendez-les. » Les chefs furent pendus.

    Un autre soldat nous montre que, certains habitants de Gaza s’étant rassemblés à l’appel de la prière dans une mosquée le vendredi (une coutume nationale), les fidèles furent bombardés. Informé que le poète palestinien Refaat Alareer continuait à écrire des poèmes, le chef du Mossad envoya un message ordonnant qu’un drône-espion le localise. Sur la base des informations rassemblées, le mossad envoya un second message : « Tuez le ! ». Et il fut tué par un missile.

    Un fonctionnaire des services civils écrit d’Allahabad : « Nous avons pouvoir de vie et de mort, et vous assurons que nous ne faisons pas quartier. » Un autre écrit de la même ville : « Il ne se passe pas de jour sans que nous en branchions de dix à quinze (non combattants). » Un officier exultant écrit : « Holmes les pend par douzaines, en “bloc”. » Un autre, faisant allusion à la pendaison sommaire d’un groupe nombreux d’indigènes, dit : « Ce fut alors notre tour de nous amuser. » Un troisième : « Nous tenons nos cours martiales en selle, et tout négro que nous rencontrons, nous le branchons ou lui logeons une balle dans la peau. » Nous sommes informés de Bénarès que trente zamindar [collecteurs d’impôts] ont été pendus, sur le simple soupçon de sympathiser avec leurs compatriotes, et des villages entiers ont été réduits en cendres pour le même motif. Un officier de Bénarès, dont la lettre est publiée dans The Times de Londres, dit : « Les troupes européennes sont devenues des démons, opposées aux indigènes. »

    Un fonctionnaire du gouvernement à Gaza relate : « Nous avons le droit de vie et de mort, et vous assurons que nous ne devons pas faire de quartier. » Un autre se filme dans la même ville en déclarant « je cherche les bébés mais il n’y a plus de bébés vivant » Un sniper exultant déclare : « J’en tue par dizaines. » Un autre, faisant allusion à la fausse commune où était ramassée un groupe nombreux d’indigènes, déclarait : « Ce fut alors notre tour de nous amuser. » Un gardien de prison : « Nous tenons nos cours martiales dès l’entrée de la salle, et le premier Arabe que nous croisons, nous le prenons dans la tente d’à côté et lui logeons une balle dans la peau. » Nous sommes informés de Jabaliya que trente vendeurs de rue ont été arrêtés et torturés, sur le simple soupçon de sympathiser avec leurs compatriotes, et des camps de réfugiés entiers ont été réduits en cendres pour le même motif. Un officier de Khan Younes, dont la lettre est publiée dans Maariv : « Les troupes israéliennes sont devenues des démons, opposées aux indigènes. »

    Et il ne faut pas oublier que, tandis que les cruautés des Anglais sont relatées comme des actes de vaillance martiale, racontées brièvement, simplement, sans insister sur les détails révoltants, les excès des indigènes, si choquants qu’ils soient, sont délibérément exagérés. De qui provenait, par exemple, le compte rendu circonstancié paru tout d’abord dans The Times, et qui fit ensuite le tour de la presse londonienne, sur les atrocités perpétuées à Delhi et à Meerut ? D’un pusillanime pasteur, résidant à Bangalore, dans le Mysore [aujourd’hui Karnataka], à plus d’un millier de miles, à vol d’oiseau, du théâtre de l’action. Les comptes rendus authentiques, de Delhi, montrent que l’imagination du pasteur anglais est capable d’enfanter de pires horreurs que la sauvage fantaisie d’un mutin hindou. Les nez, les seins coupés, etc., en un mot les horribles mutilations commises par les cipayes, révoltent plus les sentiments des Européens que la canonnade à boulets rouges des habitations de Canton par le secrétaire de l’Association pour la paix de Manchester, ou les Arabes rôtis dans la grotte où ils étaient entassés par un maréchal français, ou les soldats britanniques écorchés vifs par le chat à neuf queues, sur l’ordre d’une cour martiale, ou tout autre des procédés philanthropiques en usage dans les colonies pénitentiaires britanniques.
    La cruauté, comme toute autre chose, a sa mode, changeant selon le temps et les lieux. César, ce lettré accompli, relate avec candeur comment plusieurs milliers de guerriers gaulois eurent la main droite coupée sur son ordre. Napoléon aurait eu honte de le faire. Il préférait expédier ses propres régiments, suspects de républicanisme, à Saint-Domingue, pour y mourir de la main des Noirs ou de la fièvre jaune.

    Et il ne faut pas oublier que, tandis que les cruautés de Tsahal sont relatées comme des actes de vaillance martiale, racontées brièvement, simplement, sans insister sur les détails révoltants, les excès des indigènes, si choquants qu’ils soient, sont délibérément exagérés. De qui provenait, par exemple, le reportage circonstancié visionné tout d’abord dans I24, et qui fit ensuite le tour de la presse parisienne, sur les atrocités perpétuées à Be’eri et à Sderot ? D’un pusillanime rabbin, résidant à Jérusalem, à plus d’un de 50 kilomètres à vol d’oiseau, du théâtre de l’action. Les comptes rendus authentiques, de Tel Aviv, montrent que l’imagination du rabbin est capable d’enfanter de pires horreurs que la sauvage fantaisie d’un mutin palestinien.
    Les exécutions, les roquettes, etc., en un mot les horribles actes commises par le Hamas, révoltent plus les sentiments des Européens que le pilonage systématique de toutes les habitations de Gaza, ici par un dirigeant du syndicat histadrouth, ou là les Arabes rôtis dans la tente où ils s’étaient entassés après avoir dû fuir la maison bâtie dans leur camp de réfugiés de 1948, ou tout autre des procédés philanthropiques en usage dans les colonies pénitentiaires sionistes.
    La cruauté, comme toute autre chose, a sa mode, changeant selon le temps et les lieux. César, ce lettré accompli, relate avec candeur comment plusieurs milliers de guerriers gaulois eurent la main droite coupée sur son ordre. Napoléon aurait eu honte de le faire. Il préférait expédier ses propres régiments, suspects de républicanisme, à Saint-Domingue, pour y mourir de la main des Noirs ou de la fièvre jaune.

    Les infâmes mutilations commises par les cipayes rappellent les pratiques de l’Empire byzantin chrétien ou les prescriptions de la loi criminelle de l’empereur Charles V, ou, en Angleterre, les châtiments pour haute trahison, tels qu’ils étaient enregistrés par le juge Blackstone. Aux yeux des Hindous, dont leur religion fit des virtuoses en l’art de se torturer eux-mêmes, ces tourments infligés à des ennemis de leur race et de leurs croyances paraissent toutes naturelles, et elles doivent le paraître encore plus aux yeux des Anglais, qui, il y a quelques années seulement, tiraient des revenus des fêtes de Juggernaut [1], en donnant protection et assistance aux rites sanglants d’une religion de cruauté.

    Les infâmes mutilations attribuées faussement au Hamas rappellent les pratiques de l’Empire byzantin chrétien ou les prescriptions de la loi criminelle de l’empereur Charles V, ou, en Angleterre, les châtiments pour haute trahison, tels qu’ils étaient enregistrés par le juge Blackstone. Aux yeux des musulmans, dont leur religion glorifient le sacrifice, ces tourments infligés à des ennemis de leur race et de leurs croyances paraissent toutes inimaginables, mais elles doivent paraître naturelles aux yeux des Américains, qui, il y a quelques années seulement, tiraient des revenus de la vente du napalm, de l’uranium appauvri et du phosphore blanc que les sionistes utilisent contre Gaza et contre le Liban.

    Les rugissements frénétiques de « ce sanguinaire vieux Times », ainsi que Cobbett [2] l’appelait, sa façon de jouer le personnage d’un furieux, dans un opéra de Mozart, qui se complaît, avec les accents les plus mélodieux, à l’idée de pendre son ennemi, puis de le rôtir, puis de l’écarteler, puis de l’empaler, puis de l’écorcher vif – cette fureur de revanche paraîtrait assez sotte, si, sous les déclamations tragiques, on ne percevait distinctement les ficelles de la comédie. The Times charge trop, et non seulement par panique. Il fournit à la comédie un sujet qui avait échappé à Molière : le Tartuffe de la vengeance. Ce qu’il cherche, tout simplement, c’est à faire du battage pour soutenir les fonds d’Etat et à couvrir le gouvernement. Comme Delhi n’est pas tombé au souffle du vent, à l’instar des murs de Jéricho, l’Empire britannique doit être étourdi par les cris de vengeance, pour lui faire oublier que son gouvernement est responsable du mal arrivé et des dimensions colossales qu’on lui laissa prendre.

    Les rugissements frénétiques de la presse sioniste et occidentale après le 7 octobre, sa façon de présenter des personnages de furieux, qui se complaisent à l’idée de massacrer leur ennemi, de rôtir des bébés dans les fours, puis de violer et d’empaler des femmes, puis de tuer les civils – cette fureur de revanche paraîtrait assez sotte, si, sous les déclamations tragiques, on ne percevait distinctement les ficelles de la comédie. The Times et tous les media mainstream occidentaux et sionistes ont trop chargé, et non seulement par panique. Il fournit un sujet : le Tartuffe de la vengeance. Ce qu’il cherche, tout simplement, c’est à faire du battage pour soutenir les fonds d’Etat et à couvrir le gouvernement. Comme Gaza n’est pas tombé au souffle du vent, à l’instar des murs de Jéricho, l’Empire anglo-américano-sioniste doit être étourdi par les cris de vengeance, pour lui faire oublier que son gouvernement est responsable du mal arrivé et des dimensions colossales qu’on lui laissa prendre.

    Karl Marx le 4 septembre 1857, ce texte est paru dans le New-York Daily Tribune du 16 septembre 1857.
    Repris et revu par Bruno Drweski le 25 novembre 2024


    [1] Mot dérivé du sanscrit qui signifie « seigneur de l’univers » et correspond à l’un des noms donnés au dieu Krishna.

    [2] Journaliste, pamphlétaire et homme politique britannique (1763-1835).

    Source : https://ancommunistes.fr/spip.php?article7148

  • الطاهر المعز-ضرورة مُقاومة مخططات الولايات المتحدة والكيان الصهيوني

    الطاهر المعز-ضرورة مُقاومة مخططات الولايات المتحدة والكيان الصهيوني

    تكتسب قرارات الإدانة وأمر اعتقال رئيس حكومة العدو الصهيوني ووزير حربه السابق من قِبَل محكمة الجنايات الدّولية، يوم 21 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، أهَمِّيّةً رمزية، لكن الولايات المتحدة – وهي والكيان الصهيوني ليست عضوًا في المحكمة –  وألمانيا وبعض حكومات دُوَل أعضاء حلف شمال الأطلسي نَدّدت بقرار هذه الهيئة الدّولية الذي تضم 124 دولة، وأعلن بعض المسؤولين الأميركيين وفي مُقدّمتهم السيناتور الجمهوري، ليندسي غراهام، الذي هدّد لشبكة « فوكس نيوز » يوم الجمعة 22 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، بمعاقبة الدّول التي تُنَفِّذُ قرار الإعتقال، بما فيها حلفاء الولايات المتحدة التي ذكر منها بالإسم كندا وبريطانيا وألمانيا وفرنسا، وهدّدَ ب »سَحْق اقتصاد هذه الدّول أو أي دولة أخرى، وسيَتَعَيَّنُ « الاختيار بين المحكمة الجنائية الدولية المارقة أو أميركا ( التي سوف) تتصَرّف بقوة ضد المحكمة التي لا تمتلك أي شرعية »، كما هدّد نواب أمريكيون آخرون وكذلك المتحدث باسم مجلس الأمن القومي الأميركي، بإصدار قانون يفرض عقوبات على قُضاة المحكمة الجنائية الدّولية، وفرض عقوبات اقتصادية، وربما غَزْو الدّول التي تمتثل للقرار وتعتقل المسؤولين الصهاينة…

    في أوروبا ندّدت حكومة المَجَر (هنغاريا) بقرار محكمة الجنايات الدّولية وأعلن الرئيس فيكتور أوربان  » اعتزامه دَعْوَةَ نتنياهو وغالانت إلى زيارة البلاد »، فيما أعلنت دول أعضاء في حلف شمال الأطلسي والإتحاد الأوروبي، من بينها إيطاليا وإيرلندا وبلجيكا وهولندا وفرنسا « احترام قرار المحكمة » الذي تجدر الإشارة إنه يُساوي بين المُحتَلّ الصهيوني والمقاوم الفلسطيني، حيث صدر أمر اعتقال مسؤولين من حركة حماس…

    تواصل الولايات المتحدة والعديد من الحكومات والمُؤسسات الأوروبية اعتبار أي نقد للكيان الصهيوني أو احتجاج على ممارساته بمثابة « مُعاداة السامية » وتمت مُضايقة واعتقال ومحاكمة المُحتجِّين في معظم دول حلف شمال الأطلسي، مما يُساهم في إفلات المسؤولين الصهاينة من المُساءلة والعقاب، لكن ورغم التهديد والإبتزاز الأمريكي، قَلَّصَت العديد من الحكومات اتصالاتها العلَنِيّة بالمسؤولين في الحكومة الصّهيونية، كما أعلنت أكثر من عشرين جامعة أوروبية وكندية قَطْعَ علاقاتها مع المُؤسّسات الأكاديمية الصهيونية، وتم استبعاد بعض الشركات الصهيونية من المعارض التجارية الدّولية…

    في جنوب إفريقيا – التي قَدّمت الشكوى إلى محكمة الجنايات الدّولية – أعلن وزير الخارجية « رونالد لامولا » (اذي قد يخلف الرئيس الحالي سيريل رامافوسا)، يوم 26 أيلول/سبتمبر 2024 – أي قبل شهرَيْن من إعلان قرار المحكمة الجنائية الدّولية – « رغم إدانتنا أحداث السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، فإن إسرائيل دولة استعمار استيطاني وعُنْصُرِيّة… »

    تأسّست المحكمة الجنائية الدّولية سنة 1948، سنة النّكبة، عندما كانت جميع الأنظار مُتّجِهَة نحو محاكمة الزعماء النّازيين الذين اجتحوا أوروبا وارتكبوا مجازر عديدة، وتهدف المحكمة معاقبة مرتكبي الجرائم ضد المدنيين وحرمانهم من الحقوق الأساسية ومن مُقومات الحياة كالغذاء والمياه والرعاية الصّحّيّة، وتجدر الإشارة إلى الدّعم غير المحدود الذي تُقدّمه ألمانيا إلى الكيان الصّهيوني الذي يرتكب ممارسات ومجازر شبيهة بمجازر النظام النازي الألماني بين سنتًيْ 1933 و 1945، كما تجدر الإشارة إلى المُقارنة بين مُشاركة ألمانيا في جميع الحروب العدوانية الأمريكية – ضمن حلف شمال الأطلسي أو خارجه – وساهمت في تخريب يوغسلافيا وأفغانستان والعراق وسوريا، ودعمت – مع جميع دول حلف شمال الأطلسي – ، باسم « القانون الدّولي  » محاكمة وإدانة زعماء يوغسلافيا سلوبودان ميلوسوفيتش ورادوفان كارازيتش، بتهمة ارتكاب أعمال الإبادة الجماعية، واليوم تدعم ألمانيا والولايات المتحدة ودول الإتحاد الأوروبي وحلف شمال الأطلسي – التي تتشدّق بِالقِيَم الإنسانية وباحترام حقوق الإنسان – عمليات الإبادة الجماعية التي يرتكبها الكيان الصهيوني في العديد من البلدان العربية…

    تستخدم الولايات المتحدة مساهماتها في المنظمات الدّولية ( مثل اليونسكو أو يونيسيف) كوسيلة ابتزاز سياسي وأعلنت مؤخرًا – إثر تصويت النواب الصهاينة في الكنيست على حَظْر عمل وكالة الأمم المتحدة لإغاثة وتشغيل اللاجئين – أنروا – يوم  28 تشرين الأول اكتوبر 2024 – تصنيف الوكالة (أنروا) « منظمة إرهابية » وقَطْع المُساعدات عنها، أي تَسْيِيس المُساعدات من قِبَل الولايات المتحدة وما لا يقل عن 15 دولة أخرى، وأعلنت الدّول التي تراجعت ظاهريا عن قرارها عدم إعادة الأموال إلى وكالة أنروا، بل تخصيص هذه الأموال « لدعم إجراءات المراقبة ومكافحة الإرهاب »، ولا تختلف هذه السياسات عن ممارسات الولايات المتحدة التي تهدف تجويع الفلسطينيين – خصوصًا في غزة المُحاصرة منذ 18 سنة – الذين يعتمدون على مساعدات أونروا – التي أسستها الأمم المتحدة  سنة 1949، بعد النّكبة – لمساعدة 850 ألف فلسطيني حتى عودتهم إلى منازلهم واسترجاع ممتلكاتهم وأراضيهم وبيوتهم مع الحصول على تعويضات، وفق القرار 194 للأمم المتحدة، وتُقدّم أنروا المساعدات الغذائية والخدمات الصحية والتعليم والتّدريب والخدمات الأخرى للّاجئين الفلسطينيين في غزة والضفة الغربية وسورية والأردن ولبنان، وتريد الولايات المتحدة والكيان الصهيوني إنهاء أي رمز يُشير إلى النكبة واحتلال فلسطين سنة 1948، وتهدف القرارات الأمريكية والصهيونية إلى إلحاق اللاجئين الفلسطينيين بالمفوَّضية السامية للأمم المتحدة لشؤون اللاجئين وإدماج اللاجئين الفلسطينيين في المجتمعات المحلية، وفقدان خصوصيتهم كفلسطينيين وفقدان حق العودة واسترجاع الممتلكات إضافة إلى التعويضات للاجئين وذويهم الذين يقارب عدد المُؤهّلين منهم للحصول على خَدَمات أنروا بحوالي ستة ملايين نسمة…

    بدأت محاولات تصفية أنروا منذ عُقُود، وخصوصًا منذ مُفاهمات أوسلو (أيلول/سبتمبر 1993) حيث ارتفع عدد المنظمات غير الحكومية والوكالات التي تَدّعي تقديم الدّعم للفلسطينيين ( باستثناء الأراضي المحتلة سنة 1948) ومن أهمّها  «الوكالة الأمريكية للتنمية الدولية – USAID»، وترافق قرار إنهاء الدعم الأمريكي لأنروا بقرار إعادة توجيه المساعدات نحو « يو أس آيد » وشركائها في الضفة الغربية وغزة، الذي بدأ تنفيذه بالفعل منذ سنة 2021، حيث يُقَدّر مبلغ « المساعدات » الأمريكية التي تمر عبر يو أس آيد بنحو 166,5 مليون دولارا سنويا (مقابل 3,8 مليارات دولارا للكيان الصهيوني) وما يُعادل 228 مليار دولار من المساعدات العسكرية للكيان الصهيوني منذ 1949، وأكثر من 26 مليار دولارا، خلال الفترة من تشرين الأول/اكتوبر 2023 إلى نهاية تموز/يوليو 2024، فضلا عن مُساعدات مالية وعسكرية وأمنية أخرى « لمكافحة الإرهاب « ، وللمراقبة والسيطرة على الفلسطينيين من قِبَلِ الاحتلال، كما تقوم العديد من المنظَّمات غير الحكومية والمتعاقدة التي تتلقى أموالاً أمريكية بفرض رقابة على الفلسطينيين المُستفيدين من خدماتها خوفًا من قوانين العقوبات وسياسات مكافحة الإرهاب الأمريكية…

    تعمل USAID بشكل شبه حصري من خلال شبكة دَولية من المُقاولات والمنظمات غير الحكومية المُتعاقدة من الباطن مع الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية لتنفيذ المشاريع التي تُحدّدها يو أس آيد، بشروط من بينها حَظْر توجيه أي مساعدة أمريكية – مباشرة أو غير مباشرة – إلى الأفراد والمجموعات التي لا تلتزم ب »نَبْذ الإرهاب » (أي الكفاح المُسلّح والدّعوة إلى تحرير فلسطين…) كما تشترط الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية جمع المعلومات الشخصيّة عن الأفراد والمنظَّمات للتّأكّد من عدم « مخالفة القوانين الأمريكية »…

    فَرَضت الولايات المتحدة على وكالة الأمم المتحدة لغوث وتشغيل اللاجئين (أنروا) هذه الشّروط – منذ أكثر من خمسين سنة – مقابل تسديد حِصّتها من تمويل هذه الوكالة الدّولية، كما فرضت الولايات المتحدة منذ أكثر من عِقْدَيْن ( منذ 2003، سنة احتلال العراق) في عام 2003، إدْراج « شهادة مكافحة تمويل الإرهاب » وقَطع العلاقات مع المنظمات والحركات والأحزاب والكيانات والأفراد والشخصيات الذين تصنّفهم الولايات المتحدة كإرهابيين، فيما يعتبرهم المجتمع الفلسطيني جزءًا من حركة ونضال الشعب الفلسطيني من أجل التّحرّر، فيما تعتبر الولايات المتحدة القَطْع معهم ونَبْذَهُم شَرْطًا من شروط حصول المنظمات « غير الحكومية » الفلسطينية على تمويلات أمريكية، وأدّى ذلك إلى مُقاطعة شبكة المنظَّمات غير الحكومية الفلسطينية (PNGO) تمويلات USAID وكذا فعلت العديد من المنظمات العربية في الأردن ومصر التي ارتبطت أنظمتها السياسية باتفاقيات التّطبيع السياسي والإقتصادي مع الكيان الصهيوني…

    أدّت هذه القرارات الأمريكية إلى جَعْل القوانين الأمريكية أعلى درجة من قرارات الأمم المتحدة، بشأن الأمن ومكافحة الإرهاب وما يُسمّى « القانون الدّولي الإنساني »، وأرادت الولايات المتحدة، منذ حوالي عِقْدَيْن إخضاع العديد من المنظمات الدّولية مثل يونسكو وأنروا لمساءلتها، وهو ما فعلته الولايات المتحدة عَمَلِيًّا مع وكالة الطّاقة الدّولية التي كانت تُنفّذ عمليات تفتيش في العراق وتُقدّم تقاريرها إلى الولايات المتحدة التي تُحَوّرُها وفق مَشيئَتِها قَبْلَ تقديمها إلى الأمم المتحدة…

    تقوم الولايات المتحدة والكيان الصهيوني منذ سنوات عديدة بحملات مُستمرة ضدّ وكالة غوث وتشغيل اللاجئين الفلسطينيين (أنروا) لأن وُجُودَها يُشكل شاهدًا على نكبة سنة 1948، وما رافقها من تدمير 531 قرية وتهجير 850 ألأف فلسطيني، وأعلن نتن ياهو والسفيرة الأمريكية لدى الأمم المتحدة نيكي هايلي، منذ سنة 2017  » ضرورة تفكيك الأونروا ودمجها مع المفوضية السامية للأمم المتحدة لشؤون اللاجئين »، وتُشكل الحملة الحالية وقرارات الكنيست الصهيوني والولايات المتحدة استمرارًا لمحاولات حَذْف موضوع اللاجئين من أيّ مشاريع أو مفاوضات مستقبلية، ويُشكل قَطْع التمويل الأمريكي والأوروبي (حتى سويسرا التي تَدّعي الحياد) وتوجيهه نحو الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية ( USAID ) تقويضًا لأنروا وتسهيلا لانهيارها وإفراغ قطاع غزة من السّكّان بفعل الدّمار والجوع والمرض والحصار وتقويض حق العودة للاجئين الفلسطينين.

    يكمن خَطَرُ حَظْرِ نشاط أنروا من قِبَلِ الكيان الصهيوني، وقطع المساعدات الأمريكية والأوروبية (وغيرها مثل كندا وسويسرا وأستراليا…) وإعادة توجيه التمويل الأمريكي من الأونروا إلى USAID ووكالات أخرى، في حرمان ثُلُثَيْ أفراد الشّعب الفلسطيني من تلبية الاحتياجات الإنسانية الفورية في مُخيمات اللاجئين وفي قطاع غزة والضفة الغربية وإلى التلاعب بالأموال التي قد تُخَصّصُ لإعادة إعمار ما هَدّمه العدوان الصهيوني المستمر عند تحرير هذه الفقرات (25 تشرين الثاني/نوفمبر 2024) وتُؤشِّرُ هذه الأمثلة القليلة على إن الشعب الفلسطيني (والشّعوب العربية) لا تُقاوم الكيان الصهيوني فحسْب، بل تواجه شُعوبُنا المُخطّطات المُشتركة للإمبريالية – بزعامة الولايات المتحدة – والصهيونية، ربيبة الإمبريالية والأنظمة الرجعية العربية، ضمن العدوان الصهيوني المباشر، والعدوان بالوكالة، بواسطة المنظمات الإرهابية في سوريا أو بواسطة الأنظمة العميلة ( الإمارات والسعودية) كما في اليمن…

    يُشكّل تنسيق الرّد على العدوان الصّهيوني من قِبَل حركات المقاومة في فلسطين ولبنان واليمن بداية لبوادر جبهة مُقاومة، تنقصها حاليا التعبئة الجماهيرية في كافة البلدان العربية…

    الطاهر المعز   

  • Rene Naba – Israël : De la propagande

    Rene Naba – Israël : De la propagande

    Ce papier est dédié à Monseigneur Hilarion Capucci, ancien Archevêque Grec catholique de Jérusalem (1), et à Mgr Cyrille Salim Bustros, Archevêque de Newton (Etats-Unis), porte parole du Synode des Eglises d’Orient, deux prélats Melkites qui ont maintenu vivace, au sein du clergé arabe, la revendication nationale palestinienne, bravant les foudres israéliennes et les pulsions mortifères de la frange xénophobe de l’Islam irrédentiste.

    La capitulation de Barack Obama, président de la première puissance militaire de la planète, devant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, sur les conditions de déroulement des négociations de paix israélo-palestiniennes, la pression permanente exercée par Israël sur les Etats-Unis et l’Europe, tant en ce qui concerne la neutralisation du potentiel nucléaire iranien que sur les conclusions de l’enquête internationale du Tribunal Spécial sur le Liban concernant l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, illustrent la prédominance du fait israélien dans la détermination de la diplomatie occidentale, au point de brider sa marge de manœuvre, entraînant, par contre coup, sa perte d’autonomie; Un fait qui explique une part du rejet occidental dans la sphère arabo musulmane.
    L’auteur de ces lignes revient, dans une série de trois papiers, sur les ressorts de cette prééminence israélienne, comme en témoignent les révélations du site en ligne WikiLeaks du 1er décembre 2010.

    le 10 janvier 2011

    https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-1/

    Le génocide juif n’est pas l’unique génocide du XX me siècle, ni le premier, redoutable honneur tristement revendiqué par les Arméniens de Turquie, ni le dernier (Cambodge et Rwanda 1995), ni l’unique génocide de l’histoire de l‘humanité, ni le plus important, un titre qui peut être légitimement revendiqué, de par sa durée, par les Amérindiens d’Amérique et par l’Afrique, au point de constituer, par leur ampleur, non un génocide, mais un véritable sociocide, un anéantissement de la société indigène.
    Unique pays au monde, avec le Kosovo, à avoir été crée par une décision de l’ONU, Israël est aussi l’unique pays au monde à refuser de se soumettre au contrôle de la légalité internationale, un des trois pays au monde à avoir assassiné un dirigeant de premier plan de l’ONU, en mission de paix en Palestine, le comte Folk Bernadotte, un acte qui vaut à Israël d’être qualifié par le politologue américain Jeremy R. Hammond d’«Etat voyou» et les assassins de l’émissaire de l’ONU, de «terroristes sionistes» (2).

    Un pays spécialiste du jeu de billards à trois bandes, qui compte à son passif un lourd bilan, en termes de déstabilisation régionale, comme en témoignent les attentats antioccidentaux et antijuifs contre l’Egypte nassérienne dans la décennie 1950 (Affaire Lavon), les attentats antisémites en Irak commis par le Mossad pour forcer au départ les juifs irakiens (affaire Shulamit Cohen), dans la décennie 1960, ou encore les raids répétitifs et les assassinats extrajudiciaires tant en Palestine, qu’au Liban, dans la période 1970-2000, ou enfin, le déploiement d’un important réseau d’agents, y compris au sein du commandement de l’armée, doublé du noyautage du réseau des télécommunications libanais.

    Si la question juive revêt, toutefois, une importance particulière dans la sphère occidentale, particulièrement en Europe, c’est principalement en raison du fait que les deux pays qui passaient pour les plus civilisés de l’époque -l’Allemagne et la France- ont massacré leurs propres concitoyens du fait de leur origine ethnico religieuse. Mais, osons l’affirmation, si les Juifs avaient été des Iroquois d’Amérique du Nord, des Guaranis d’Amérique latine, des Bassas Bamilékés, des Songhaïs ou des Soninkés d’Afrique, voire même des Arabes, particulièrement des Palestiniens, gageons que l’Occident n’aurait jamais sanctuarisé ce problème.

    L’orchestration d’une concurrence mémorielle sur des sujets de grandes souffrances ne relève pas de la victimologie. Elle révèle la pathologie de leur auteur. N’en déplaise, en effet, aux nombreux intellectuels de cour qui gravitent dans l’orbite du pouvoir, les trois grandes figures tutélaires du XX me siècle pour leur contribution à la morale universelle auront été, faut-il le rappeler, trois personnalités du tiers monde colonisé, le Mahatma Gandhi (Inde), Nelson Mandela (Afrique du Sud), et, pour l’espace francophone, le Martiniquais Aimé Césaire, trois apôtres de la non-violence, une consécration qui retentit comme un camouflet pour les pays occidentaux avec leur cortège de nazisme, de fascisme, de totalitarisme et d’esclavagisme.
    Mais le fait est que le primat d’Israël conditionne le discours politique occidentale, tant en en raison de la responsabilité des grands pays européens dans le massacre de leurs compatriotes de confession juive, dans une sorte de solidarité expiatoire, que de l’activisme d’un important groupe de pression pro israélien dans un pays, les Etats-Unis, qui se trouve être la puissance majeure de l’époque contemporaine et chef de file du camp occidental.

    Sauf à considérer l’intégrisme juif plus soluble dans la démocratie que l’intégrisme musulman, comment expliquer, sinon, cette dualité de comportement à l’égard des principaux protagonistes du conflit israélo-arabe. Se féliciter de la propulsion au pouvoir de la frange la plus radicale de l’extrême droite israélienne et ostraciser les formations paramilitaires arabes ou islamistes, alors que tant le Likoud que le Hamas ne prévoient pas dans leur charte, le premier, la reconnaissance de la Palestine, et le second, Israël, et que les «Fous de Yahvé» auront épinglé sur leur tableau de chasse l’ancien premier ministre, Itzhak Rabin, le négociateur des accords israélo-palestiniens d’Oslo, signe patent d’une volonté de paix, une cible qu’aucun intégriste palestinien, arabe ou musulman, n’aurait jamais rêvé d’atteindre
    Israël représente, en effet, le 3me pays par ordre d’importance en terme de couverture médiatique, derrière les Etats-Unis (300 millions d’habitants) et la Chine (1,5 milliards d’habitants). Malgré les conditions de sa naissance controversée, Israël a réussi à occuper le devant de la scène médiatique, captant constamment l’attention de l’opinion occidentale, réussissant le tour de force de placer sur la défensive tous ses contradicteurs, les Européens, naturellement, assignés à un complexe de culpabilité éternel du fait du génocide hitlérien, les Américains, par instrumentalisation d’un important groupe de pression pro israélien animé d’une volonté de domination hégémonique sur la zone pétrolifère du Moyen orient, le Monde arabe, enfin, par son indigence à maîtriser les techniques de communication de la guerre psychologique moderne, doublée d’un défaut d’un argumentaire accessible à l‘opinion occidentale, principal champ de bataille de l’opinion internationale, quand bien même il dispose de considérables atouts, les conditions historiques de la naissance de l’Etat juif, ainsi que le palmarès du tiers monde au titre de la morale universelle.

    Au-delà de la présence d’un fort lobby pro israélien, la synergie entre Israël et les Etats Unis repose sur de fortes similitudes présidant aux conditions historiques de la formation de leur Etat. Une démarche identique, un processus similaire, un langage synchrone, un messianisme idéologique commun, un partenariat stratégique hors du commun, la spoliation, enfin, comme ciment fondateur de leur état respectif, un fait attesté tant par des acteurs majeurs du projet sioniste que par des sommités intellectuelles incontestables.
    «Si j’étais un dirigeant arabe, je ne signerai jamais un accord avec Israël. C’est normal: Nous avons pris leur pays. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose: Nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela?», relèvera David Ben Gourion, le premier chef du gouvernement israélien, le 18 juillet 1948, dans les semaines qui suivirent la déclaration unilatérale d’indépendance de l’Etat Hébreu (3). Pour la première fois dans l’histoire, «une nation promet solennellement à une autre (nation en gestation) le territoire d’une troisième nation», renchérira, comme en écho, Arthur Koestler, auteur hongrois anticommuniste philo sioniste (4).
    Autrement dit, une fraction de la Palestine est promise aux Juifs non pour les dédommager des atrocités commises à leur égard par les Palestiniens ou les Arabes, mais en compensation des persécutions qu’ils ont eu à subir en Europe. En somme, comme cela se dit vulgairement, c’est à dire dans le langage populaire, «on les dédommage sur le dos de la bête».
    «Ma perception de la conjoncture israélienne reste subordonnée à une autre à laquelle je suis encore plus sensibilisée; celle qui se produisit il y a quelques siècles, de l’autre côté du monde, quand d’autres persécutés et opprimés vinrent s’établir sur des terres occupées depuis des millénaires par des peuples plus faibles encore et qu’ils s’empresseront d’évincer. Je ne puis évidemment pas ressentir comme une blessure fraîche à mon flanc la destruction des Peaux Rouges et réagir à l’inverse quand les Arabes Palestiniens sont en cause», déclarera dans un mémorable rappel à l’ordre à tous les activistes sionistes, l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, dans son ouvrage «Tristes tropiques». Accablant constant qui se passe de commentaires.

    Le retour à Sion, la terre promise au peuple élu: Pour la première fois dans le débat public international, l’Eglise d’Orient a mis en question le bien fondé théologique de la mise en œuvre de la notion de «terre promise» pour « justifier le retour des juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens » (5).
    Sujet tabou s’il en est, cette position a été affirmée par Mgr Cyrille Salim Bustros, Archevêque de Newton (Etats-Unis) à l’occasion du synode des Eglises d’Orient, qui est tenu du 14 au 24 octobre 2010, au Vatican. Les évêques et patriarches orientaux y affirment qu’il « n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices ».

    « Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif », terme qui figure dans l’Ancien testament, car cette « promesse » a été « abolie par la présence du Christ ». Après la venue du Jésus, « nous parlons de Terre promise comme étant le royaume de Dieu », qui couvre la Terre entière, et est un « royaume de paix, d’amour, d’égalité (et) de justice », a ajouté le prélat, s’exprimant en sa qualité de président grec melkite catholique de la commission pour le message du synode pour le Moyen-Orient.
    Ce synode est le premier synode de l’histoire de la chrétienté qui se tient au Vatican, en présence des représentants de l’Islam et du Judaïsme.
    Les Chrétiens d’Orient sont les Chrétiens originels, les Chrétiens des origines de la chrétienté. Leur nombre serait de l’ordre de 13 millions de personnes, soit la population du Benelux, vivant aujourd’hui au Proche-Orient, en Turquie et en Iran et autant dans les pays de la diaspora en Amérique du nord, en Amérique latine, en Australie et en Europe occidentale, soit un total de 26 millions de personnes. Selon les estimations les plus généralement admises, le Liban compterait environ 30% de chrétiens, la Syrie 10%, la Jordanie 2%, l’Irak 3%, la Palestine 2%, l’Egypte 8%, Israël enfin 10% essentiellement des Arabes israéliens, un borborygme qui désigne les Palestiniens porteurs de la nationalité israélienne.
    Véritable électrochoc, cette déclaration inhabituelle tant sur le fond que sur la forme, en tout cas dans les sphères occidentales a été accueillie par un silence glacial par les élites politiques et intellectuelles occidentales, tétanisées par le fait juif, entraînant une réplique du Centre Simon Wiesentahl accusant son auteur d’ «antisémitisme». La controverse suscitée à propos de cette déclaration épiscopale témoigne de la sensibilité du sujet.

    Mais, au-delà des considérations bibliques et des justifications morales, l’impératif stratégique a prévalu dans la création d’Israël au Moyen orient. Une entité occidentale au coeur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la «Route des Indes», la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.
    Autrement dit, le «Foyer National Juif» s’est déployé en Palestine, précisément, et non à Madagascar ou en Argentine comme cela était prévu dans le projet originel pour l’évidente raison que la mise en place de cette entité occidentale au cœur du Monde arabe répondait avant tout à un géotropisme permanent des puissances coloniales: le verrouillage de l’espace arabe au prétexte de la liberté de navigation et de la sécurité de la route des Indes: Gibraltar, le Canal de Suez, l’Ile de Massirah, la côte des pirates auront ainsi tout au long de l’histoire moderne constitué autant de jalons de l’expansion européenne, autant de places fortes de garnison et de vigiles de l’Empire britannique.

    Le choix de la Palestine s’est fait en vertu du principe de la vacuité géographique. L’habillage idéologique à cette entreprise de prédation se résumait par ce slogan «Un peuple sans terre pour une terre sans peuple». Un slogan mystificateur car il revenait à nier l’existence d’une population dont les ancêtres s’étaient frotté victorieusement aux Croisés, en Palestine. Nier l’existence d’une civilisation, marquée par une économie agricole réputée pour son huile, ses vins, le vin de Latroun, ses agrumes, les oranges de Jaffa célèbre dans l’ensemble de la Méditerranée, bien avant la fertilisation du désert par les vaillants Kibboutzim, autre mystification de la légende sioniste.
    La notion de vacuité s’est depuis lors déclinée dans toutes ses variantes. De la vacuité géographique nous sommes ainsi passés à la vacuité culturelle puis à la vacuité politique, enfin à la vacuité stratégique du monde.
    La vacuité culturelle: La Palestine a été décrétée en situation de vacuité par application de la théorie de Metternich, «le Res Nullus», tout simplement parce qu’elle a eu la mauvaise idée de se situer du mauvais côté de la frontière et de l’imperium européen. «En dehors des frontières de la civilisation, il était loisible d’insérer librement, au milieu des populations plus ou moins arriérées –et non contre elles- des colonies européennes qui ne pouvaient être que des pôles de développement». Autrement dit, la Palestine n’était pas un territoire vide démographiquement, mais culturellement, vide d’une sorte de vacuité culturelle, car ne répondant pas au standard européen. Près de cent ans plus tard, l’Irak était, à son tour, frappé de «vacuité politique», qu’il importait de lui appliquer la démocratie américaine, avec les déplorables conséquences que l’on constate quotidiennement sur le terrain.

    Au plan politique, la théorie de la vacuité palestinienne s’applique d’ailleurs d’une manière discontinue depuis 1948 sur le plan politique. L’absence de progrès dans la recherche de la paix a toujours été imputée à l’absence de volonté de paix chez les Arabes, ce qui a été vrai un certain temps, mais qui n’est plus vrai depuis 1982 (adoption du plan de Fès Maroc), et surtout à l’absence d’interlocuteurs palestiniens, ce qui n’a jamais été vrai.
    Le bestiaire israélien est riche pour désigner les arabes «des «animaux à quatre pattes», aux «cafards», sans que cette débauche de xénophobie ne suscite la moindre protestation dans les chancelleries occidentales, sans que les Palestiniens soient identifiés pour eux mêmes, pour ce qu’ils sont, des Palestiniens, les habitants originels de la Palestine, quand ils ne sont pas qualifiés de «terroristes», ils sont tour à tour, arabes israéliens ou habitants des territoires (lesquels?) ou alors, selon leur appartenance communautaire ou ethnique (druzes, bédouins) jamais arabes palestiniens ou tout simplement palestiniens.

    1- Mgr Hilarion Capucci, ancien Archevêque Grec Catholique de Jérusalem, a été emprisonné pendant 2 ans (1974-1976) par Israël pour son soutien à la cause palestinienne. Né en 1922 à Alep (Nord Syrie), Mgr Capucci, malgré son âge avancé, a participé au mouvement international de soutien pour la levée du Blocus de Gaza. Il se trouvait à bord du bateau turc MV Mavi Marmara , pris d’assaut par la marine israélienne en Mai 2010, alors que la flottille humanitaire tentait de briser le blocus naval de l’enclave palestinienne.

    2 – Affaire Bernadotte: L’un des actes les plus notoires du terrorisme israélien a eu lieu en 1948 quand des forces juives, membres de la faction LEHI (aussi connue comme le groupe Stern) ont assassiné le comte Suédois Folk Bernadotte, médiateur appointé par l’ONU. Bernadotte a été tué le 17 septembre 1948, au lendemain de sa présentation de son second plan de médiation qui réclamait notamment le rapatriement et des dédommagements pour les réfugiés palestiniens, dont le sort constituait un des points de discorde entre Israël et les Etats-Unis. A la présentation de son rapport, les Israéliens avaient déjà expulsé plus d’un demi million de Palestiniens hors de chez eux. Les deux autres attentats contre des émissaires de l’ONU ont eu Lieu, le premier, au Congo contre Dag Hammarskjöld, Secrétaire Général en fonction à l’époque, (1953-1961), le 18 septembre 1961, et, en Irak, contre le siège de l’ONU, le 19 Août 2003, provoquant la mort d’une vingtaine de personnes, dont le chef de la mission, le brésilien Sergio Vieira de Mello. Jeremy Hammond énumère soixante dix neuf (79) résolutions internationales qu’Israël viole ou se refuse à appliquer, au terme d’une étude, publiée dans «Foreign Policy», couvrant 61 ans de vie diplomatique, la période allant de 1948, -(résolution 57 du 18 septembre 1948 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU dans la foulée de l’assassinat par les Israéliens du Comte Bernadotte, médiateur du conflit entre juifs et arabes), à 2009 avec la résolution 1860 du 8 janvier 2009 concernant la destruction de Gaza.

    3-Cf. «Israël et ses tribus: l’Etat Hébreu fête ses 60 ans»-Courrier international N° 913 du 30 Avril au 6 Mai 2008

    4- «Les cent clés du Moyen-orient» Alain Gresh et Dominique Vidal -Edition de l’Atelier

    Le singulier destin des Chrétiens d’orient Part 1/2

    Le singulier destin des chrétiens d’orient Part 2/2

    Déclaration du Synode/Moyen-Orient: Israël ne peut s’appuyer sur la Bible pour justifier l’occupation (AFP- 23 octobre 2010). Déclaration de l’Archevêque de Newton (Etats-Unis) Mgr Cyrille Salim Bustros, président Grec Melkite Catholique de la commission pour le message du synode pour le Moyen-Orient.

    CITE DU VATICAN- Israël ne peut pas s’appuyer sur le terme de « Terre promise » figurant dans la Bible pour « justifier le retour des juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens ». « On ne peut pas se baser sur le thème de la Terre promise pour justifier le retour des juifs en Israël et l’expatriation des Palestiniens ». Les évêques et patriarches orientaux affirment qu’il « n’est pas permis de recourir à des positions bibliques et théologiques pour en faire un instrument pour justifier les injustices ». « Pour nous, chrétiens, on ne peut plus parler de Terre promise au peuple juif », terme qui figure dans l’Ancien testament, car cette « promesse » a été « abolie par la présence du Christ ». Après la venue du Jésus, « nous parlons de Terre promise comme étant le royaume de Dieu », qui couvre la Terre entière, et est un « royaume de paix, d’amour, d’égalité (et) de justice ». « Il n’y a plus de peuple préféré, de peuple choisi, tous les hommes et toutes les femmes de tous les pays sont devenus le peuple choisi », a ajouté le prélat. Le prélat Il a par ailleurs mis en avant deux problèmes dans la solution préconisée par la communauté internationale et le Vatican d’instituer un Etat juif et un Etat palestinien pour résoudre le conflit au Proche-Orient.
    Dans le cadre d’un Etat juif, il s’est inquiété du risque d’exclusion « d’un million et demi de citoyens israéliens qui ne sont pas juifs mais arabes musulmans et chrétiens ». Pour lui, il vaudrait mieux parler d’ »un Etat à majorité juive ». La question du « retour des déplacés palestiniens » est « aussi très grave », a-t-il ajouté. « Quand on va créer deux Etats, il va falloir résoudre ce problème », a affirmé Mgr Bustros.

    Par : René Naba – dans : Analyse Israël – le 15 janvier 2011

    https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-2/


    La place prépondérante qu’occupe Israël en termes d’ «unités de bruit médiatique» s’explique aussi par sa maîtrise des outils de la stratégie de communication moderne grâce à des techniques qui ont pour nom Hasbara, Kiss, GIYUS. ORG, abscons pour le grand public.

    Hasbara (1): Le terme hébreu «Hasbara» se traduit officiellement par «explication publique» mais signifie couramment «propagande», du latin propaganda, ce qui doit se propager.

    Cela inclut non seulement le travail des relations publiques gouvernementales mais des questions plus secrètes que traite le pouvoir israélien avec une cohorte d’organisations privées et d’initiatives qui font la promotion de l’image d’Israël dans la presse, à la télévision et en ligne. Conséquence de la dégradation de l’image d’Israël, en général, et de l’armée israélienne, en particulier, consécutive au bellicisme de ses équipes gouvernementales, Israël déploie une équipe de cybernautes pour diffuser une désinformation positive.

    Le ministère des Affaires étrangères israélien a ainsi mis sur pied une équipe clandestine spéciale de travailleurs rémunérés dont le travail consiste à surfer sur l’Internet 24 heures sur 24 pour propager des informations positives sur Israël. Le recrutement s’opère parmi les soldats fraîchement diplômés et démobilisés, dotés de compétences linguistiques, en vue de ont jouer le rôle de surfeurs ordinaires, tout en propageant la ligne gouvernementale sur le conflit du Moyen-Orient. Les surfeurs de l’opération HASBARA ne s’identifient pas comme Israéliens, mais comme des surfeurs dont les propos ont une touche personnelle, mais qui reposent en fait sur un argumentaire mis au point par le ministère. Une équipe de cybernautes, en somme, pour diffuser de la désinformation positive en vue de tenter d’étouffer le débat, comme ce fut le cas lors de l’assaut naval israélien contre la flottille humanitaire de Gaza, en avril 2010.

    L’existence d’une «équipe Internet de combat» est apparue au grand jour depuis qu’elle a été inscrite dans le budget du ministère des Affaires étrangères en 2009. Près de 105 000 € ont été réservés à une première phase de développement, et un financement supérieur est prévu pour la suite, en raison de l’importance prise par l’Internet dans la guerre psychologique contemporaine, au point de devenir un théâtre d’opérations dans le conflit israélo-palestinien.
    Le soutien à Israël qui s’exprime, d’une manière passionnée, dans les sections interactives des sites Internet, forums, chats, blogs, Twitters et Face book, n’est pas aussi spontané qu’il n’apparaît à première vue. Une synchronisation est effectuée avec un groupe de défense privé, particulièrement actif GIYUS. ORG (Give Israel Your United Support). Ce groupe disposerait de près de 50 000 activistes, équipés d’un programme téléchargé «MEGAPHON», chargé d’alerter leurs ordinateurs chaque fois qu’un article critiquant Israël est publié. Ils sont alors censés bombarder le site de commentaires de soutien à Israël.

    Spot and Shoot (2): En complément à la bataille de l’Internet, Israël a développé la guerre optronique (optique électronique) sous un programme intitulé Spot and Shoot (Repère et Tire), qui équivaut à un meurtre à distance par télécommande. Des opérateurs sont assis devant un écran de télévision à partir duquel ils peuvent contrôler l’action avec une manette de style PlayStation. Le but: tuer. Manié par des jeunes israéliennes qui font leur service militaire, Repère et tire, comme l’appelle l’armée israélienne, peut ressembler à un jeu vidéo, mais les silhouettes sur l’écran sont de vraies personnes, les Palestiniens de Gaza, qui peuvent être tués par la pression d’un bouton sur la manette. Des femmes soldats, situées loin de là dans une salle d’opération, ont la responsabilité de cibler et d’actionner les tirs des mitrailleuses télécommandées installées sur des tours de guet tous les quelques mètres le long de la grille électronique qui encercle Gaza.
    Le système est l’un des derniers dispositifs de «meurtre à distance» développé par la Compagnie israélienne d’armement Rafael, l’ancienne division de la recherche en armement de l’armée israélienne, désormais une firme gouvernementale distincte. Le contrôle à distance du matériel militaire comme ‘Spot and Shoot’ est le visage de l’avenir. Il espère que d’ici une décennie, au moins un tiers des machines utilisées par l’armée israélienne pour le contrôle terrestre, aérien et maritime seront télécommandées.

    B- KISS: Pour « Keep It Simple and Specific » ou « Keep It Stupid and Simple ». La méthode repose sur le principe selon lequel une question simple et précise vaut souvent mieux que d’aller droit au but en attendant que l’utilisateur fasse lui-même un raisonnement plus complexe. Offrez à votre interlocuteur la possibilité de donner son opinion. Faites-lui sentir qu’il est spécial à vos yeux. Tenir compte des remarques de l’interlocuteur et signaler le lui, cela encouragera sa réceptivité à vos arguments.

    Le principe de base repose sur l’axiome selon lequel le langage d’Israël et le langage des Etats-Unis sont synonymes, s’articulant sur des mots basiques: «démocratie», «liberté», «sécurité».

    Un rapport intitule “The Israël Project’s 2009 Global Language Dictionary», rédigé par Franz Lunzt, un américain sioniste, opérant pour le compte du groupe de pression, «The Israël Project (TIP)», basé à Washington, vise à faire la promotion de la version israélienne des évènements, en proposant d’expressions et vocabulaire « prêts à l’emploi » afin de donner une image positive d’Israël.

    Ce rapport de 117 pages, établi en avril 2009 et mis à jour par Newsweek le 10 juillet 2010, part du constat que les médias sont la source principale de l’information sur le Moyen Orient pour la grande majorité des Américains. Il invite en conséquence les dirigeants pro israéliens à s’assurer que des histoires solides et « programmables à la TV » soient choisies et montrées dans les médias sur une base régulière.

    Fondé sur des sondages auprès des Américains, le rapport est une leçon aux autorités américaines sur la manière de présenter le «plat Israël» à la planète. Le rapport se conclut par cette affirmation péremptoire: « ce n’est pas ce que vous dites qui compte. C’est ce que les gens entendent ».

    De l’usage du vocabulaire et du ton: L’auteur donne plusieurs exemples des «mots pour le dire» dans des encadrés citant des exemples de ce qu’il ne faut pas dire, et ce qu’il faut dire. Il cite en exemple l’usage de l’Empathie:

    «Même les questions les plus difficiles peuvent être contournées si vous êtres prêts à accepter la notion que l’autre côté a, au moins, une certaine crédibilité. Si vous commencez votre réponse avec « je comprends et je sympathise avec ceux qui » vous construisez déjà la crédibilité dont vous aurez besoin pour que votre audience sympathise et soit d’accord avec vous.

    Un ton condescendant, paternaliste, fera fuir les Américains et Européens. «Nous sommes à un moment de l’histoire où les Juifs en général (et les Israéliens en particulier) ne sont plus perçus comme des personnes persécutées. Les audiences américaines et européennes -audiences non juives sophistiquées, éduquées, ayant leurs points de vue- les Israéliens sont souvent vus comme les occupants et les agresseurs» souligne-t-il.

    L’auteur recommande de Différencier clairement Palestiniens et gens du Hamas. Par humilité, Ne pas prétendre qu’Israël est dans l’erreur ou sans-faute, mettre constamment l’accent sur les buts militariste du Jihad et du support iranien du terrorisme afin de créer de l’empathie pour Israël., rappelant régulièrement qu’Israël veut la paix, évoquant au passage des expressions telles « compromis », « diplomatie économique », « exemples d’efforts de paix » « prospérité économique » (pour les Palestiniens).

    Dernière et non la moindre des recommandations: Parler du futur, jamais du passé, en laissant entrevoir un espoir. Eviter une attaque directe de votre opposant. Utiliser un ton doux. Montrer vos regrets que les Palestiniens aient été si pauvrement gouvernés. Et surtout «Ne pas parler de la religion, mais, en revanche, Faire un parallèle entre les États-Unis et Israël incluant la défense contre le terrorisme».

    Le CAIAP (3) – Le CAIAP «Le Comité Américano-israélien des Affaires Publiques », est le deuxième lobby le plus puissant du pays après la National Rifle Association(le lobby des porteurs d’armes) dans la liste du National Journal. Son objectif est simple: un Israël puissant, libre d’occuper les territoires qu’il veut, des Palestiniens affaiblis et un soutien américain aveugle à Israël. Il dispose pour ce faire d’un formidable réseau de partisans dans tout le pays. Ses 100 000 membres, une augmentation de 60% par rapport à 2001, sont dirigés par neuf bureaux régionaux, leurs dix bureaux satellites, et l’équipe de Washington, un groupe d’une centaine de personnes hautement professionnel qui comprend des lobbyistes, des chercheurs, des analystes, des organisateurs et des publicitaires soutenus par un énorme budget de 47 millions de dollars par an.

    L’équipe du CAIAP est célèbre au Congrès pour sa dextérité à recueillir les dernières informations sur les affaires du Moyen-Orient pour les convertir en communiqués politiques digestibles et soigneusement orientés (selon leurs idées) à l’usage des assistants parlementaires.
    Le CAIAP concentre tous ses efforts sur le Congrès, la pression sur la branche exécutive est opérée par (le lobby) la «Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations» (la conférence des présidents des organisations majeures juives américaines). Ce groupe, moins connu que le CAIAP, dispose toutefois d’autant de pouvoir. Constitué des chefs de plus de 50 organisations juives américaines, la «Conference of Presidents» est censée représenter la voie collective de la communauté juive américaine, laquelle tend à être plutôt pacifiste au sujet des problèmes au Moyen Orient.
    Hillary Clinton continue de vouloir faire oublier sa déclaration de 1998 pour un Etat palestinien et le baiser donné à Suha Arafat en 1999. Elle a depuis cherché à compenser en votant selon les idées du CAIAP sur presque toutes les questions.

    Pour les élections en cours, elle a reçu 80 000 dollars de la part des pro israéliens, plus que n’importe quel autre candidat au Congrès. Du fait des dons, le lobby pro israélien peut compter sur la moitié de la Chambre des députés, de 250 à 300 membres, pour faire tout ce que le CAIAP veut, sans poser de questions.
    Dans les faits, cette organisation est dirigée par son vice-président, Malcolm Hoenlein, longtemps proche du mouvement des colons. Pendant plusieurs années durant les années 1990, il a servi de président associé pour les dîners annuels new yorkais servant à récolter des fonds pour Bet El, une colonie militante près de Ramallah. En 20 ans de présence à la Conference, Hoenlein s’est assuré qu’Israël puisse poursuivre n’importe quelle politique choisie, y compris son expansion en Cisjordanie, sans aucune interférence des Etats-Unis. Durant les années Clinton, la «Conference of Presidents» était très enthousiaste durant la campagne pour le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
    En octobre 1995, le «Jerusalem Embassy Act» a été largement accepté dans les deux chambres du Congrès. La loi prévoyait le transfert de l’ambassade à Jérusalem en 1999 à moins que le président n’invoque un désistement au nom de la sécurité nationale. Ne voulant pas s’opposer au CAIAP, le président Clinton laissa passer le projet de loi sans le signer. Comme prévu, des protestations véhémentes se firent entendre dans toutes les capitales arabes et Clinton accomplit son devoir et invoqua le désistement, et il n’y eut pas de transfert. Mais tous les 6 mois son administration doit soumettre au Congrès un rapport expliquant comment il appliquait la loi.

    Autre exemple sous l’administration de George Bush jr, à l’occasion de la présentation, en avril 2003, de la «road map» (plan de route) pour le Moyen Orient. Le plan désignait une série de voies parallèles que les Israéliens et les Palestiniens devaient emprunter simultanément et qui devaient mener à la création d’un Etat palestinien indépendant au cours de l’année 2005. Le plan reflétait la conviction de l’administration selon laquelle, comme elle se préparait à envahir l’Irak, elle devait montrer au monde arabe qu’elle travaillait activement pour résoudre l’impasse israélo-palestinienne.
    Mais l’exigence qu’Israël travaille à un accord conjointement avec les Palestiniens semblait être pour le CAIAP et Sharon une pression politique regrettable et le lobby travailla avec ses amis au Congrès pour écrire une lettre qui en disait autant. Le plan de route finit par échouer. Cela a été causé par plusieurs facteurs, notamment la violence continue dans la région, mais la pression exercée par le CAIAP y a certainement contribué. Il en est de même pour le dossier nucléaire iranien.
    Un élément clé du réseau est le «Washington Institute For Near East Policy». Le CAIAP a aidé á la création de cet organisme de réflexion en 1985, avec Martin Indyk, directeur de recherche du CAIAP qui en est devenu le premier directeur. Ses politiques sont globalement le miroir de celles du CAIAP. Le directeur exécutif, Robert Satloff, est un néo-conservateur, le directeur de recherche, Patrick Clawson, a été un partisan d’un changement de régime en Iran et pour une confrontation entre les Etats-Unis et Téhéran au sujet de son programme nucléaire.
    Enfin, dernier et non le moindre, l’éditeur du «Activities Update» n’est autre que Michael Lewis, fils de Bernard Lewis, l’universitaire de Princetown et interprète du monde arabe qui a donné des conseils á l’administration George Bush dans les mois précédant la guerre en Irak, et, surtout, Maître à penser de l’intellectuel évolutif Alexandre Adler, éditorialiste au Figaro et de la cohorte des néo conservateurs français.

    La capitulation de Barack Obama, président de la première puissance militaire de la planète, devant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu sur les conditions de déroulement des négociations israélo-palestiniennes, la pression permanente exercée par Israël sur les Etats-Unis et l’Europe, tant en ce qui concerne la neutralisation du potentiel nucléaire iranien que sur les conclusions de l’enquête internationale du Tribunal spécial sur le Liban concernant l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, illustrent la prédominance du fait israélien dans la détermination de la diplomatie occidentale, au point de brider sa marge de manœuvre, entraînant, par contre coup, sa perte d’autonomie; Un fait qui explique une part du rejet occidental dans la sphère arabo musulmane.

    Jamais dans l’histoire de l’humanité, une superpuissance de 310 millions d’habitants n’est apparue aussi complètement inféodée à un petit pays de sept millions d’individus.

    Jamais dans l’histoire, un pays au PIB annuel de l’ordre de 200 milliards de dollars, n’a autant imposé sa volonté à une superpuissance pesant 14. 510 milliards de PIB annuel. En vain.

    Au point que des universitaires américains posent la question du bien fondé de cette alliance, notamment Andrew Bacevic, professeur des relations internationales à la Boston University, qui dresse le constat de «l’échec l’art occidental de la guerre (4) et que le militant de la paix israélien Uri Avnery estime que le soutien américain à Israël relève de l’assistance au suicide (5).
    L’hostilité grandissante de l’opinion mondiale vis à vis d’un tel comportement s’est récemment traduite par la reconnaissance de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 par le Brésil, la Bolivie, l’Argentine, ainsi que par la lettre de 26 anciens dirigeants européens (Chris Patten, Giuliano Amato, Felipe González, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Romano Prodi, Javier Solana) appelant l’Union européenne à prendre des sanctions si, d’ici le printemps, le gouvernement israélien ne change pas de politique.
    Mais, curieusement, la sonnette d’alarme des dirigeants européens n’a pas rencontré beaucoup d’échos dans la presse internationale, particulièrement française, signe patent de la tétanie des medicarates devant le lobby pro israélien.

    1- Jonathan Cook, The national (Nazareth) Le 25 juillet 2009. Pour consulter cet article, le lien suivant: http://www.thenational.ae/apps/pbcs.dll/article?AID=/20090721/FOREIGN/707209856/1135

    2 – A propos de Spot and shoot Cf à ce propos: http://news.antiwar.com/2010/07/12/israels-spot-and-shoot-system-aims-to-perfect-joystick-based-warfare/

    3- Comment Israël tente d’étouffer le débat, Michael Massing 11 Mai 2006. Paru en anglais sous le titre “The Storm over the Israel Lobby” IN THE NEW YORK REVIEW OF BOOKS, VOLUME 53, NUMÉRO 10, 8 JUIN 2006, Voir en ligne: http://www.nybooks.com/articles/19062. Ainsi que: «Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine» de John Mearsheimer et S.Valt –Editions La Découverte- septembre 2007 -«Une haine imaginaire? Essai sur le nouvel antisémitisme en France» de Guillaume Weil Raynal- Editions Armand Collin-2006. -«Les nouveaux désinformateurs» de Guillaume Weil Raynal- Editions Armand Collon-2007.

    4- Sur la stratégie globale de l’occident, Cf. à ce propos «La fin de l’histoire militaire? Les Etats-Unis, Israël et l’échec de l’art occidental de la guerre par Andrew J. Bacevich, Professeur d’Histoire et de relations internationales à la Boston University, mis en ligne le 27 Décembre 2010 sur tom dispatch.com. Texte traduit en français par Albert Caillé.
    https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=gmail&attid=0.1&thid=12d2e2f02a282719&mt=application/

    5- Uri Avnery: «En Israël, une telle assistance est un crime. En revanche, le suicide ne l’est pas. Ceux que les dieux veulent détruire, ils les rendent d’abord fous. Espérons que nous retrouverons nos esprits avant qu’il ne soit trop tard’ », écrit le pacifiste israélien face à l’hostilité grandissante de l’opinion mondiale vis à vis d’un tel comportement. («Ship of fools 2», Gush Shalom, 18 Décembre 2010).

    Par : René Naba – dans : Analyse Israël – le 22 janvier 2011

    https://www.renenaba.com/israel-de-la-propagande-3/


    Israël considère qu’il fait l’objet d’une campagne de dénigrement de nature antisémite, une tendance croissante qui si elle venait à persister «érodera la légitimité d’Israël sur la scène internationale», à l’effet de créer les conditions d’un boycott tous azimuts contre Israël, sur le modèle du boycott de l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid.

    Pour neutraliser cette campagne de délégitimation, «Le document de travail pour la Conférence de 2010 Herzliya (1) préconise de lancer une chaîne de télévision similaire à la chaîne transfrontière arabe «Al Jazira», en quatre langues anglais, français, arabe et russe, premier cas de retournement de tendance pour Israël dont la tendance habituelle est de mépriser plutôt que d’imiter les Arabes.

    Il recommande la mobilisation des «organisations locales et les individus dans chaque pays, les organisations internationales, sans qu’ils soient nécessairement affiliés à Israël ou la communauté juive» pour neutraliser cette tendance, recommandant la réactualisation de la loi internationale sur le terrorisme, une campagne de sensibilisation dans les collèges et universités d’Europe, de même que le développement d’un travail juridique en vue de modifier la législation des pays concernés, couplé par des poursuites au plan judiciaire». Autrement dit de faire de l’activisme, voir même de l’entrisme dans les campus et de faire appel à des sympathisants pour poursuivre en justice ceux qui prônent le boycott d’Israël.

    Une des recommandations est naturellement la collaboration «avec les organisations pro israéliennes à l’étranger, en vue de rechercher systématiquement toutes les publications anti-israéliennes, y compris les analyses des médias, les rapports, les actions de boycott, en vue de leur donner une réplique immédiate».
    Le quotidien britannique Guardian de Londres, en date du 28 novembre 2010, fait état explicitement d’une note du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, enjoignant aux ambassades israéliennes dans dix pays européens de trouver d’ici fin janvier environ 1000 personnes qui agiront en «amis d’Israël».
    Ces personnes devront être «recrutées parmi des journalistes, universitaires, étudiants et militants soit juifs soit chrétiens ». Elles seront informées par des fonctionnaires israéliens pour intervenir en faveur d’Israël par des articles, lettres et interventions dans des assemblées publiques. Elles devront non seulement recevoir des messages mais en faire une active promotion.
    Les principaux centres de cette campagne seront cinq capitales européennes: Londres, Paris, Berlin, Madrid et Rome. Là, «les ambassades israéliennes recevront des fonds pour recruter aussi des professionnels: sociétés spécialisées en relations publiques et lobbyistes». Elles auront comme tâche de renforcer l’action des «amis d’Israël » en diffusant des messages politiques sur des arguments comme la position israélienne à l’égard des Palestiniens et la violation des droits de l’homme en Iran.

    Le ministère israélien des affaires étrangères suggère en outre aux ambassades en Europe d’organiser mensuellement des événements publics de haut niveau en faveur de la politique israélienne et d’inviter des personnages influents à visiter Israël. M. Lieberman lui-même rencontrera, en janvier 2011, ses ambassadeurs dans les pays européens pour donner une impulsion à cette nouvelle «offensive dans les relations publiques».
    Voila qui éclaire d’un jour nouveau les quêtes régulières en France au bénéfice de l’armée israélienne, le mutisme de la presse occidentale devant la connivence nouvelle entre l’extrême droite européenne xénophobe et Israël, matérialisé par «La déclaration de Jérusalem» scellant une alliance des démocraties contre « une nouvelle menace globale de type totalitaire: l’islamisme» (2).
    Voilà qui éclaire d’un jour nouveau le zèle de l’inventeur du botulisme, le roman enquêteur médiatique Bernard Henry Lévy et ses reportages en «tourisme de guerre», faux pourfendeur de Rodrigo Taddéi et Pierre Cassen (3), du président d’ «Avocats Sans Frontières», William Goldnadel, et son compère sécuritaire du CRIF, Sammy Gozlan, deux procureurs inlassables des militants pro palestiniens, soucieux de faire respecter le Droit international et les directives européennes dans leur action à prévenir la commercialisation des produits de la Palestine occupée sur le marché européen.

    Voilà qui explique sans le justifier, le zèle du premier président de «sang mêlé», de solliciter, de son passage au ministère de l’intérieur, les conseils exclusifs pour la neutralisation des troubles des banlieues françaises, M. Avi Dichter, ministre israélien de la Sécurité publique, celui-là même qui est en charge de la répression de l’Intifada palestinienne dans les territoires sous occupation israélienne, transposant dans l’ordre symbolique, volontairement ou non, le conflit israélo-palestinien sur le territoire national.

    La propagande israélienne gagnerait en crédibilité si elle témoignait d’une certaine cohérence. Vouer aux gémonies la Syrie pour avoir abrité un ancien nazi, Aloïs Brunner, et fermer les yeux, -N’est ce pas Serge Klarsfeld-, sur le «refuge» constitué par les Etats-Unis à des responsables de premier plan de l’extermination des Juifs (4)…Si le «tourisme de guerre» du philosophe Bernard Henry Lévy, au journal Le Monde, d’abord, (Liban Juillet 2006), au Journal du Dimanche, ensuite (Gaza décembre 2008), ne constituait une longue complainte d’indignations sélectives, mobilisant toujours pour le sud Soudan, jamais, pour le sud Liban, stigmatisant toujours l’Iran, la Syrie, la Palestine, Israël, jamais, considéré pourtant par une large fraction de l’opinion internationale comme «l’Etat voyou n° 1», ni, non plus l’Afghanistan de Hamid Karzaï.

    L’expression est tirée de l’Hébreu qui signifie informateur. Ils sont généralement des juifs de la diaspora qui, par «patriotisme», acceptent de collaborer ponctuellement avec le Mossad, ou autres institutions sionistes, leur apportant l’aide nécessaire dans le domaine de leur compétence. Selon Jacob Cohen, auteur d’un remarquable ouvrage sur la question, «LE PRINTEMPS DES SAYANIM, Editions l’HARMATTAN», ils seraient près de 3000 en France et 3.OOO rien qu’à Londres, se référant à aux indications de Victor Ostrovski, un ancien agent du Mossad. Un million de juifs à travers le Monde, Si on y associe le Bnai Brit (franc-maçonnerie juive internationale), la WIZO (organisation internationale des femmes sionistes), les organisations judéo sionistes nationales, comme l’UPJF, l’UEJF, le CRIF… en France).

    Les Sayanim interviennent aussi et surtout dans les manipulations médiatiques. Le Mossad possède un département important, appelé le LAP, pour «guerre de propagande», fort actif dans la réécriture de l’Histoire, comme en témoigne l’exemple du film EXODUS. «Il a réécrit l’histoire de 1948 et imposé la vision sioniste pour au moins une génération. En 1961, c’est le premier ministre israélien en personne qui a accueilli l’équipe du film à l’aéroport. Le Bnai Brit compte 500 000 membres dans le monde, probablement 400 000 aux Etats-Unis, dont 6 000 dans le secteur du cinéma. Il est difficile d’imaginer dans ce contexte un film défavorable à Israël», précise-t-il.

    En complément, voici les commandements d’une bonne stratégie de manipulation de masse élaborée par Noam Chomsky, le linguiste américain du MIT (Massachussets Institute of Technology) de Boston, sur la base de l’observation du fonctionnement des médias

    1/ La stratégie de la distraction: Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

    2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions: Cette méthode est aussi appelée «problème réaction solution». On crée d’abord un problème, une «situation» prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

    3/ La stratégie de la dégradation: Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en «dégradé», sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

    4/ La stratégie du différé: Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

    5/ La stratégie de l’infantilisation: S’adresser au public comme à des enfants en bas âge. La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles». (cf. »Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

    6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion: Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements.

    7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise: Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. «La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

    8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité. Encourager le public à trouver «cool» le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

    9/ Remplacer la révolte par la culpabilité : Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

    10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes: Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le «système» est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus

    Pour clore ce panorama: voici les règles du journalismes pour les Nuls édictées par Bernard Langlois, fondateur de la Revue de gauche Politis, qui résumé parfaitement le débat, dans un style qui constitue un chef d’œuvre d’humour:

    Règle numéro 1: Au Proche Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c´est toujours Israël qui se défend. Cela s´appelle des représailles.

    Règle numéro 2: Les Arabes, Palestiniens ou Libanais, n´ont pas le droit de tuer des civils de l´autre camp. Cela s´appelle du terrorisme.

    Règle numéro 3: Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s´appelle de la légitime défense.

    Règle numéro 4: Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l´appellent à la retenue. Cela s´appelle la réaction de la communauté internationale.
    Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n´ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.

    Règle numéro 6: Les Israéliens ont le droit d´enlever autant de Palestiniens qu´ils le souhaitent (environ 10.000 prisonniers à ce jours dont près de 300 enfants). Il n´y a aucune limite et ils n´ont besoin d´apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique « terroristes ».
    Règle numéro 7: Quand vous dites « Hezbollah », il faut toujours rajouter l´expression «soutenu par la Syrie et l´Iran».

    Règle numéro 8: Quand vous dites « Israël », Il ne faut surtout pas rajouter après: «soutenu par les Etats-Unis, la France et l´Europe», car on pourrait croire qu´il s´agit d´un conflit déséquilibré.
    Règle numéro 9: Ne jamais parler de « Territoires occupés », ni de résolutions de l´ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le téléspectateur et l´auditeur de France Info.

    Règle numéro 10: Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C´est ce qui explique qu´on leur donne, ainsi qu´à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s´appelle la neutralité journalistique.

    Règle numéro 11: Si vous n´êtes pas d´accord avec ces règles ou si vous trouvez qu´elles favorisent une partie dans le conflit contre une autre, c´est que vous êtes un dangereux antisémite.

    «Il y a un processus, mais il n’est pas de paix. Il est de conquête. Il est effectivement en marche et n’a jamais cessé de l’être depuis 1948. N’importe quelle personne de bonne foi, indépendamment de tout jugement moral ou politique, ne peut que constater cette dynamique d’expansion continue. A Moyen terme, je pense qu’Israël est condamné en raison de sa méprise, de ses choix impériaux qui l’ont conduit à s’adosser à l’Empire plutôt que de chercher l’entente avec ses voisins. Le bi nationalisme, pourtant l’ennemi juré du sionisme, l’a de fait emporté dans sa pire version, la sud africaine de l’Apartheid. Or l’Apartheid, cela ne peut pas durer. C’est pourquoi je pense que ce projet sioniste est condamné. Je suis particulièrement inquiet pour l’avenir de la minorité juive du Moyen orient dans les vingt prochaines années, vu la haine qu’elle a semée autour d’elle», prophétisait Rony Brauman, un anticonformiste Prix Nobel de la paix, à l’heure de l’assaut naval israélien contre la flottille de pacifistes européens contre le blocus de Gaza (6)

    Mais pour sophistiquer que soit cette stratégie, l’Occident, à l’origine de ce problème, inexorablement, pâti des manquements à sa propre éthique, de même que sa créature, dont plusieurs dizaines de soldats quittent chaque année leur pays, à la recherche d‘un paradis artificiel, qui n’est pas la terre promise, mais un paradis hallucinatoire, répondant au nom mélodieux de «Goa Karma».
    Traumatisés souvent par leurs trois années de service militaire et par les opérations guerrières auxquelles ils ont dû participer, ils partent à l’aventure, à l’instar des hippies des années 1970, avec l’espoir de trouver un nouveau sens à leur vie, dans un monde régi par d’autres règles que le leur. Entre utopies et dérives, ils partent chercher en Inde l’illusion d’un monde de paix. Près deux mille jeunes israéliens, par an, hommes et femmes, ont besoin, à l’issue de leur séjour en Inde, d’un soutien thérapeutique. Mais certains ont rompu toutes les amarres, pour s’enfoncer dans une marginalité parfois encore plus menaçante pour leur identité, loin des clichés de la propagande, le prix fort payé au bellicisme, la face cachée d’Israël.

    1 – The « Soft Warfare » against Israel: Motives and Solution Levers A Working Paper in Preparation for the Herzliya Conference 2010. Coordinateur Shmuel Bar, Director of Studies (Institute for Policy and Strategy), Contributeurs Rachel Machtige and Shmuel Bachar (Institute for Policy and Strategy), Shalom Harari, Institute for Counter Terrorism, Shaul Menasheh, Voice of Israel Radio Mr. Ido Mizrahi, IMPACT-SE. Le document de travail pour la Conférence de 2010 Herzliya préconise les actions suivantes: Identifier tous les acteurs clés qui déclenchent et génèrent de la haine (par rapport à ceux qui le diffusent), avec une ventilation par pays, la religion et l’origine ethnique, afin d’analyser leurs motivations et les objectifs. Estimer la menace et étudier les moyens de traitement de chaque. En collaboration avec les universités en Israël et à l’étranger et avec les organisations pro israéliennes à l’étranger, recherches systématiques de toutes les publications anti-israéliennes, y compris les analyses des médias, les rapports, les boycotts et son campus activités, et des réponses immédiates et contre-attaques.

    Etablir une Cartographie des ONG pro israélienne et pro-occidentales, et l’exploitation de leurs services afin de transmettre la vérité des rapports et des messages à leurs destinataires. Tenir compte de plusieurs groupes chrétiens européens qui opèrent en Israël, au nom de leurs églises respectives, et de servir les organismes d’aide directement pris en charge par les gouvernements européens: Diaconie de la Suède, l’Irlande et Trocaire Christian Aid au Royaume-Uni. Pour plus de détails, voir:
    http://www.ngo-monitor.org/article/diakonia
    http://www.ngo-monitor.org/article/trocaire,
    http://www.ngo-monitor.org/article/christian_aid_uk.

    Renforcer, enfin, la présence du récit juridique d’Israël dans la littérature juridique. À ce jour, des revues juridiques qui abordent le conflit israélo-palestinien, ont été principalement le fait du point de vue pro palestinien. Il n’y a pas livre sur le droit international et Israël, de sorte que le narratif palestinien a le feu des projecteurs dans le milieu universitaire domaine du droit international.
    Les ONG devraient être propulsés à financer la recherche du conflit qui donnerait une présentation claire de la narration israélienne.

    2- Une délégation de près de trente-cinq parlementaires et responsables européens d’extrême droite a effectué le 18 décembre 2010 une visite est en Israël. La délégation comprend des populistes de l’UDC aux fascistes suédois, tous partageant la même islamophobie, certains d’entre eux ayant même un passif nazi ou antisémite avéré. La délégation était composée des personnalités suivantes: Geert Wilders, Filip Dewinter et Frank Creyelman (responsable de la commission des affaires étrangères, Parlement belge), Heinz-Christian Strache (successeur de Jorg Haïder), René Stadtkewitz (président du Parti de la Liberté Wilderien, Allemagne), Kent Ekeroth (responsable du Parti des Démocrates Suédois), des Suisses et bien évidemment des Danois, dont l’extrême-droite est ouvertement atlantiste. Geert Wilders a été reçu par Avigdor Lieberman.
    La délégation a été reçue à la Knesset en loge d’honneur, ainsi que par le maire d’Ashkelon (jumelée avec Aix), à l’occasion d’une conférence organisée à l’université locale et par David Buskila, Maire de Sdero (jumelée avec Antony), membre du parti travailliste, ainsi que par le kahaniste Moshe Feiglin, membre important du Likoud, avant une tournée en « Samarie ». La délégation se réclame d’une « European Freedom Alliance (EFA) » qui n’est autre que le nom de la branche européenne de l’American Freedom Alliance, une de ces officines néo conservatrices islamophobes financées par la lobbyiste milliardaire Aubrey Chernick. Cette dernière a signé une « Déclaration de Jérusalem », qui propose une alliance des démocraties contre « une nouvelle menace globale de type totalitaire: l’islamisme. »

    3 – http://www.marianne2.fr/Grosse-bourde-de-BHL-reponse-salee-en-exclusivite-de-Cassen_a201067.html3
    «Emporté par la haine envers toutes ses bêtes noires, BHL écrit souvent un peu vite. Trop vite. Et a un gros, un très gros, un énorme problème avec les noms propres. Il y avait eu la fameuse affaire Botul. Ce philosophe qui n’existait pas et qu’il avait cité dans son livre, suscitant la moquerie de tout Paris. Un peu plus tard, BHL voulut se payer Frédéric Taddéi. En lisant une dépêche lui apprenant que ce dernier allait voir son contrat renouvelé, il se précipita sur sa plume, ou son clavier, et fustigea France Télévisions qui renouvelait un homme dangereux au point d’organiser des débats entre des gens qui ne sont pas d’accord entre eux. Le problème, c’est que la dépêche ne concernait pas Frédéric, présentateur de «Ce soir ou jamais», mais Rodrigo, footballeur transalpin de son état, auquel l’AS Rome venait de proposer ledit contrat. Dans son bloc-notes, BHL s’emmêle encore dans les patronymes. Il confond cette fois Pierre Cassen, chef de file de Riposte laïque et co-organisateur des assises sur l’islamisation, avec Bernard, ancien président d’ATTAC et journaliste rédacteur au Monde diplomatique».

    4-New York Times Dimanche 14 novembre révèle à quel point les autorités et les services de renseignement américains avaient mis en place un véritable « refuge » pour des dizaines de nazis et leurs proches. Le document décrit, dans ce qu’il nomme  » la collaboration du gouvernement avec les persécuteurs « , comment des agents du Bureau des enquêtes spéciales (OSI), l’agence du département d’Etat fondée en 1979 et chargée de traquer d’anciens nazis, ont appris que certains responsables du IIIe Reich « avaient délibérément obtenu l’autorisation d’entrer sur le territoire  » des Etats-Unis, alors que des officiels américains connaissaient leur passé. Parmi les cas examinés figure celui d’Otto von Bolschwing. L’homme auquel la CIA apporta son aide en 1954 et qu’elle enrôla en son sein peu après était un proche d’Adolf Eichmann, et l’un des responsables de la déportation et de l’extermination des juifs en Allemagne. En 1981, après avoir découvert sa véritable identité, le département d’Etat lance une procédure d’extradition. Otto von Bolschwing mourra un an plus tard, chez lui, à Sacramento (Californie). Le rapport détaille également l’histoire d’Arthur Rudolph, ingénieur nazi responsable d’une usine de fusée souterraine employant une main-d’oeuvre forcée. En 1945, il s’installe aux Etats-Unis où il participe aux programmes spatiaux américains. Quatre ans plus tard, le numéro deux du ministère de la justice évoque, dans une note secrète, l’ » intérêt national  » que revêt à ses yeux le scientifique. Considéré comme l’un des pères de la fusée Saturn V, celle qui propulsa les premiers hommes sur la Lune, il obtiendra une décoration de la NASA.

    5 – Cf. A ce propos Jacob COHEN, LE PRINTEMPS DES SAYANIM, éditions l’HARMATTAN: «Lorsque la France a construit une centrale nucléaire en Irak dans les années 1970, des scientifiques irakiens étaient venus à Saclay pour se perfectionner. Le Mossad était bien sûr intéressé à les connaître pour pouvoir agir sur eux. N’importe quel autre service secret aurait eu besoin de moyens en hommes, de filature, d’argent pour corrompre, peut-être de tentatives d’effraction, et de temps, pour y arriver éventuellement. Le Mossad, et c’est sa supériorité, s’est tout simplement adressé à un informateur juif (Sayan) qui travaillait à Saclay. Et a demandé que lui fussent fournis les dossiers complets originaux. Car il se méfiait des photocopies.

    La majorité des renseignements étant en arabe, c’est lui-même qui s’est acquitté de cette tâche. Quel autre service de renseignements peut bénéficier de telles complicités? Après, ce fut un jeu d’enfant pour piéger l’un de ces scientifiques, remonter jusqu’à leur responsable, et l’assassiner lors de sa visite à Paris. A propos de Gilad Shalit, l’auteur rappelle que l e réseau des Sayanim à travers le monde a fait en sorte que son nom soit tellement matraqué que personne ou presque n’ignore son nom. Par ailleurs, son père a été reçu à plusieurs reprises par tous les dirigeants occidentaux, par Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Anthony Blair, Silvio Berlusconi, Jose Luis Zapatero, Manuel Barroso, par le secrétaire général de l’ONU, le parlement européen, l’assemblée de l’UNESCO, enfin le gratin mondial. Comment est-ce possible sans l’intervention de Sayanim bien placés dans les instances gouvernementales, économiques, culturelles, médiatiques? Je rappelle qu’il s’agit d’un caporal d’une armée d’occupation. Quel autre prisonnier peut bénéficier d’une telle sollicitude internationale? Et avoir son portrait géant sur l’édifice de la Mairie du 16e arrondissement? «Des hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, ont exigé sa libération pour raisons humanitaires. Sans dire un mot des milliers de prisonniers palestiniens. Il s’agit de faire pénétrer dans l’opinion internationale qu’Israël a un «otage» (un seul !) aux mains du Hamas. Cela fait oublier les 11 000 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes.
    L’écrasante majorité d’entre eux sont des prisonniers politiques, c’est-à-dire condamnés pour leur lutte pacifique pour l’indépendance. Rappelons qu’Israël est le seul pays «démocratique» au monde qui applique la détention administrative: pouvoir emprisonner n’importe quel citoyen, même étranger, sans avocat, sans jugement, sans motif, sans limitation dans le temps. Et c’est sur cette base que les forces d’occupation ont kidnappée, juste après l’enlèvement du soldat, 45 personnalités politiques du Hamas, en majorité des élus du peuple. Sans qu’elles n’aient rien à leur reprocher. Cela s’appelle des «représailles collectives» condamnées par le droit international, et rappelle le comportement de l’occupant nazi en France… ». Fin de citation.

    6- Interview à la Revue Moyen orient N°6 Juin Juillet 2010 «Regard de Rony Brauman sur l’action humanitaire dans le Monde et le Moyen orient» propos recueillis par Frank Tétard et Chiara Rettennella.

    7- «Goa Karma Kacher” de Aimee Ginsburg revue Outlook 22.06.2010, article repris par le Courrier International du même jour.
    A titre informatif, les révélations de WikiLeaks sur les pressions israéliennes sur les Etats-Unis.
    Le Monde | 28.11.10 | 19h10 Iran: comment les Israéliens ont poussé Washington à la fermeté. (Natalie Nougayrède)
    Jérusalem, le 1er décembre 2009. Amos Gilad, directeur des affaires politico-militaires au ministère israélien de la défense, s’adresse à Ellen Tauscher, la sous-secrétaire d’Etat américaine. « Se penchant sur sa boule de cristal « , écrit le diplomate américain qui relate la scène, « Gilad dit qu’il n’est pas certain que l’Iran ait décidé de fabriquer une arme nucléaire, mais que l’Iran est » déterminé « à avoir l’option d’en construire une ». La diplomatie du président Barack Obama, « l’engagement stratégique avec l’Iran, c’est une bonne idée », poursuit M. Gilad, selon ce télégramme obtenu par WikiLeaks et étudié par Le Monde, « mais il est bien clair que cela ne marchera pas ». L’évaluation des intentions du régime iranien, ainsi que la façon de résoudre la crise nucléaire, qui dure depuis 2002, occupent une place importante dans les « mémos » de la diplomatie américaine. Les Israéliens semblent, pour leur part, appeler constamment l’administration Obama à durcir son approche.
    Un télégramme américain daté du 18 novembre 2009 note ces observations: « un représentant du Mossad affirme que Téhéran comprend qu’en réagissant positivement à l’engagement (américain, ndlr), l’Iran peut continuer à  » jouer la montre ». Du point de vue du Mossad, l’Iran ne fera rien d’autre que d’utiliser des négociations pour gagner du temps. De telle sorte qu’en 2010-2011, l’Iran aura la capacité technologique de fabriquer une arme nucléaire. Réduisant ainsi la question de la militarisation (l’étape finale vers la bombe, ndlr) à une décision politique ». « Le gouvernement israélien », ajoute un autre document américain, daté du même jour, « décrit l’année 2010 comme une année critique. Si les Iraniens continuent de protéger et consolider leurs sites nucléaires, il sera plus difficile de les viser et de les endommager ». Israël, est-il noté, attend que les Etats-Unis lui livrent des bombes GBU-28 capables de détruire des bunkers. Celles-ci seront fournies en mai 2010.

    « LES CINQ PILIERS DE LA STRATÉGIE ISRAÉLIENNE » : Washington envoie des émissaires pour tenter de calmer la nervosité israélienne. Robert Wexler, un influent élu démocrate du Congrès américain, rencontre, le 13 mai 2009, le chef des renseignements militaires israéliens, Amos Yadlin.  » Wexler explique que le président américain pourra plus facilement convaincre l’opinion américaine de soutenir une action militaire si les efforts d’engagement échouent après avoir été tentés. M. Yadlin répond qu’il n’est pas en train de conseiller les Etats-Unis d’ouvrir un troisième front, mais il faut comprendre qu’Israël voit les choses autrement, et ne peut retirer l’option militaire de la table », rapporte un « mémo » américain. Retour en arrière, à l’époque Bush. En août 2007, le chef du Mossad, Meir Dagan, décrit « les cinq piliers de la stratégie israélienne » face à l’Iran. Il les énumère devant le sous-secrétaire d’Etat américain, Nicholas Burns. Un télégramme diplomatique américain les résume ainsi :  » A) L’approche politique (Dagan salue les efforts pour transférer le dossier iranien au Conseil de sécurité de l’ONU, mais il dit que cette approche ne résoudra pas la crise) B) Des mesures clandestines (Dagan et le sous-secrétaire décident de ne pas évoquer cette approche en large comité) C) La contre prolifération (Dagan souligne le besoin d’empêcher l’Iran d’acquérir du savoir-faire et de la technologie. Il faut faire plus dans ce domaine) D) Des sanctions (Dagan dit que c’est dans ce domaine qu’ont été enregistrés les plus grands succès. Trois banques iraniennes sont sur le point de s’effondrer). E) Forcer un changement de régime (Dagan dit qu’il faudrait faire davantage pour fomenter un changement de régime en Iran, si possible avec le soutien de mouvements étudiants démocrates et de groupes ethniques, Azéris, Kurdes, Baloutches, opposés au régime en place) ». L’attitude russe sur le dossier iranien est, d’après des Israéliens, « un mystère », note un télégramme américain daté de novembre 2009, près d’un an avant que le Kremlin renonce à livrer à l’Iran des missiles anti-aériens S-300. Les efforts pour rallier la Russie à la diplomatie occidentale sur l’Iran constituent un souci constant des Israéliens, qui en discutent avec l’administration Obama.
    En coulisses, les tractations vont bon train. Devant Ellen Tauscher, le 1er décembre 2009, Amos Gilad, « a expliqué que Moscou a demandé des livraisons de drones israéliens sophistiqués en échange de l’annulation de la vente des S-300 à Téhéran « , écrit un diplomate. « Gilad a dit que les Russes reconnaissaient leur retard technologique sur les drones, et qu’ils sont prêts à payer un milliard de dollars pour la technologie israélienne sur ces appareils. Il a répété qu’Israël ne fournirait pas sa technologie la plus récente, expliquant qu’elle se retrouverait probablement entre les mains des Chinois ». Le même jour, toujours devant cette responsable américaine, le directeur général du ministère israélien des affaires étrangères, Yossi Gal, « affirme que « le calendrier est essentiel », et « le temps est venu de mettre en œuvre des sanctions paralysantes » contre l’Iran, note un télégramme diplomatique. « Gal a comparé la nécessité de sanctions renforcées à une prescription d’antibiotiques par un médecin – il faut prendre tout le traitement pendant toute sa durée, sinon les médicaments n’agiront pas ». A partir de juillet 2010, sur décision de Barack Obama, les sanctions américaines contre l’Iran franchiront de nouveaux paliers.

    Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

  • حمدي سيد محمد محمود – دور الفلسفة في تفسير التاريخ: من بن خلدون إلى هيجل وماركس

    حمدي سيد محمد محمود – دور الفلسفة في تفسير التاريخ: من بن خلدون إلى هيجل وماركس

    التاريخ ليس مجرد تتابع لأحداث متفرقة أو حوادث متوالية، بل هو نسيج معقد تشكله قوى عميقة وتحركات فكرية واجتماعية تصنع مصير الشعوب والحضارات. ولطالما كان فهم المحركات الكبرى للتاريخ الشغل الشاغل للفلاسفة والمفكرين، الذين سعوا لتفسير كيف ولماذا تتغير الأمم، ولماذا تزدهر الحضارات وتنحدر، وما القوى الكامنة التي تقود هذا المسار اللامتناهي من التبدّل والتحول.

    لقد شهدت الفلسفة الغربية إسهامات متنوعة، حيث يُعد هيجل من أبرز الفلاسفة الذين قدّموا تفسيراً للتاريخ من منظور مثالي، عبر مفهومه الشهير « الجدل » أو الديالكتيك الهيجلي، والذي ينظر للتاريخ على أنه صيرورة من الأفكار المتصارعة والمتكاملة. فبالنسبة لهيجل، يقود الصراع بين الأطروحة ونقيضها إلى « تركيب » أعلى، مما يحفّز التقدم نحو حرية الروح وتطور الفكر الإنساني. وفي هذا السياق، يشير هيجل إلى أن التاريخ هو مسيرة نحو تحقيق الحرية المطلقة والعقلانية، إذ يرى أن الدولة تجسد « الروح المطلقة » التي تتجلى في الواقع المحسوس، ممهدة الطريق لفهم دور القيم والأفكار في تشكيل التاريخ.

    لكن على الجانب الآخر، جاء كارل ماركس ليقدم تفسيراً مادياً لظواهر التاريخ، متجاوزاً المثالية الهيجلية إلى ما سماه بـ المادية التاريخية. فقد رأى ماركس أن التاريخ محكوم بالبنى الاقتصادية وأنماط الإنتاج، وأن الصراع الطبقي بين الطبقات المسيطرة والمهمشة هو القوة المحركة الأساسية للتغيير. وفقاً لماركس، تنتقل المجتمعات عبر مراحل تاريخية (مثل العبودية والإقطاع والرأسمالية)، حيث يُنتج كل نظام شروط زواله. إن الثورة والصراع الاجتماعي، في نظر ماركس، هما المحركان الأصيلان للتاريخ، حيث ينتهي الصراع الطبقي عند تحرر البروليتاريا وتأسيس المجتمع الشيوعي.

    وعلى خطى هيجل وماركس، برزت إسهامات أخرى مثل أوغست كونت، الذي قدّم تفسيراً اجتماعياً للتاريخ عبر المرحلة الوضعية، حيث يتطوّر المجتمع البشري عبر مراحل معرفية، ليصل في نهاية المطاف إلى مرحلة علمية متقدمة تسود فيها المعرفة الوضعية بدلاً من الخرافات والمعتقدات الميتافيزيقية. كما جاءت أفكار شبنجلر وتوينبي لتطرح مفهوم « الدورات الحضارية »، حيث تُشبه الحضارات الكائنات الحية في ولادتها وازدهارها وانحطاطها.

    وفي السياق الإسلامي، كانت رؤية ابن خلدون تمثل سبقاً في فهم الحركات التاريخية، حيث طوّر مفهوم العصبية كقوة محركة للدولة والمجتمع، موضحاً كيف تؤدي العصبية القوية إلى نشوء الدول وازدهارها، بينما يؤدي الانغماس في الترف وضعف العصبية إلى سقوطها وانهيارها.

    إذن، إن هذه الرؤى الفلسفية تعكس تنوعًا في فهم العوامل المحركة للتاريخ، وتُشكل حواراً فكرياً عميقاً يربط بين القوى الاجتماعية والاقتصادية والأيديولوجية التي تدفع بالحضارات إلى التقدم أو التراجع. ومع دراسة هذه الأفكار، ندرك كيف يرى كل فيلسوف العالم من زاوية مختلفة، وكيف تسهم تلك الزوايا في بناء رؤية شاملة لمسار التاريخ وأسبابه الغامضة.

    تفسير التاريخ من منظور فلسفي هو دراسة الأسباب والمبادئ التي تحكم تطور المجتمعات البشرية، بهدف فهم القوى والعوامل التي تحرك التاريخ وتحدد مساره. تعددت المدارس الفلسفية التي تناولت هذا الموضوع، ولكن يمكن إجمال أهم التيارات الفلسفية في تفسير التاريخ، على النحو التالي:

    التفسير المثالي للتاريخ يعتبر أن الأفكار والقيم هي القوة الأساسية في توجيه مسار التاريخ. يُعد الفيلسوف الألماني جورج فيلهلم فريدريش هيجل من أبرز ممثلي هذا الاتجاه، وقد قدم ما يُعرف بـ »الديالكتيك المثالي » أو « الجدل المثالي » كأساس لتحليل التاريخ. بالنسبة لهيجل، تتطور الأفكار من خلال جدلية ثلاثية، تتكون من: الأطروحة (فكرة معينة)، النقيض (فكرة مضادة)، والتركيب (مصالحة الفكرة مع النقيض). ووفقاً لهيجل، يمثل التاريخ حركة تقدمية نحو الحرية والتطور الروحي، حيث تعتبر الدولة تجسيداً للعقل المطلق وتعبيراً عن الحرية المتحققة.

    على عكس المثالية، يقدم كارل ماركس تفسيراً مادياً للتاريخ، حيث يرى أن الظروف الاقتصادية وعلاقات الإنتاج هي الأساس في تفسير التطورات التاريخية. ووفقاً لنظريته في المادية التاريخية، يتكون التاريخ من سلسلة مراحل اقتصادية متتابعة (مثل المشاعية البدائية، والعبودية، والإقطاع، والرأسمالية)، تُحرك كل منها الصراع الطبقي، حيث تكافح طبقات مجتمعية مختلفة من أجل السيطرة على وسائل الإنتاج. يرى ماركس أن هذا الصراع هو القوة الدافعة للتاريخ، وأن التغيير الاجتماعي يحدث عندما تصبح علاقات الإنتاج القائمة غير قادرة على تلبية حاجات التطور الاقتصادي.

    يعتمد هذا التفسير على فكرة أن التاريخ يتقدم نحو هدف معين، سواء كان هذا الهدف هو تحقيق العدالة، أو الحرية، أو التنمية، أو الكمال البشري. يرى فلاسفة مثل أوغست كونت وجان جاك روسو أن التاريخ هو سلسلة من المراحل التقدمية التي تعكس تطور المجتمعات من البساطة إلى التعقيد ومن البربرية إلى الحضارة. يُعتبر كونت مؤسس « علم الاجتماع »، وقد قسم التاريخ إلى ثلاث مراحل رئيسية هي: المرحلة اللاهوتية، المرحلة الميتافيزيقية، والمرحلة الوضعية، حيث يصل المجتمع في المرحلة الأخيرة إلى درجة من النضج العلمي والوعي المعرفي.

    يركز هذا التفسير على دور الحضارات المتعاقبة وتفاعلاتها في صياغة التاريخ البشري، حيث ترى هذه الفلسفة أن كل حضارة تمر بمراحل من النشوء والتطور والانحطاط والزوال. يذهب الفيلسوف الألماني أوسوالد شبنجلر إلى أن الحضارات هي كائنات حية تولد وتنمو ثم تنحدر وتموت، وأن الحضارة الغربية دخلت في مرحلة الانحطاط، بينما يرى أرنولد توينبي أن التحديات التي تواجهها الحضارة وكيفية استجابتها لها هي ما يحدد مسار تطورها. بالنسبة لتوينبي، تتحقق « نهضة » حضارة ما عندما تتفاعل بشكل خلّاق مع التحديات التي تواجهها، أما عندما تعجز عن إيجاد الحلول، فإنها تبدأ في الانهيار.

    يقوم هذا التفسير على أفكار الفلسفة الوجودية التي ترى أن التاريخ هو نتيجة للقرارات والأفعال الفردية، وليس نتيجة لقوى فوقية أو قوانين حتمية. ويرى فلاسفة مثل جان بول سارتر ومارتن هايدغر أن البشر أحرار في صنع تاريخهم بأنفسهم، وأن التاريخ هو نتيجة تفاعل الأفعال الإنسانية اليومية المتغيرة. التاريخ هنا ليس خطاً مستقيماً يسير نحو هدف معين، بل هو مفتوح وغير متوقع، لأن الأفراد يملكون حرية التصرف والاختيار.

    التفسير البنيوي ينطلق من فكرة أن التاريخ يُفسَّر من خلال دراسة الهياكل الاجتماعية والثقافية التي تشكّل حياة البشر وتؤثر على تصرفاتهم. يرى الفيلسوف الفرنسي كلود ليفي-شتراوس أن تاريخ البشرية هو نتيجة تراكم البنى (الهياكل) الاجتماعية، وأن هذه البنى تمثل أساساً ثابتاً نسبياً لتفسير الظواهر الإنسانية على مر العصور. وتركز البنيوية على العوامل الثقافية واللغوية والعادات والتقاليد كمحركات للتاريخ.

    يقدم سيغموند فرويد تفسيراً نفسياً للتاريخ يعتمد على تأثيرات العقل اللاواعي والرغبات المكبوتة. يرى فرويد أن السلوك البشري، بما في ذلك الظواهر التاريخية الكبرى مثل الحروب والثورات، يمكن تفسيره من خلال دوافع نفسية غير واعية. بالنسبة لفرويد، ترتبط العديد من الأحداث التاريخية بالنزاعات النفسية الجماعية مثل الرغبة في السلطة أو الخوف من الموت أو التوق إلى الخلود.

    ويتضح من هذه النظريات المختلفة أن تفسير التاريخ هو مجال متعدد الأبعاد، حيث يمكن أن تُفسر أحداث التاريخ كنتاج لتفاعل عوامل مختلفة، مثل الأفكار والقيم، الظروف الاقتصادية، الصراع الطبقي، التطورات الحضارية، التجارب الفردية، الهياكل الاجتماعية، والعمليات النفسية. ومع أن هذه النظريات تقدم رؤى متنوعة، إلا أنها تتفق في الإقرار بأن التاريخ ليس مجرد سلسلة عشوائية من الأحداث، بل عملية معقدة تتفاعل فيها مجموعة من العوامل لتحقيق مسار معين في تطور البشرية.

    تُعتبر نظرة كلٍّ من هيجل وماركس للتاريخ جزءاً من إسهاماتهما الفلسفية الكبرى، لكنهما يختلفان جذرياً في تفسير العوامل المحركة للتاريخ.

    هيجل، الفيلسوف الألماني، رأى أنّ التاريخ هو عملية تطور فكري وروحي، حيث يتحرك التاريخ من خلال جدلٍ مثالي (ديالكتيك) ينشأ من تفاعل الأفكار والمفاهيم. عند هيجل، تتحرك الأفكار والمبادئ باتجاه « الفكرة المطلقة » أو الحقيقة النهائية. ويرى هيجل أن التقدم التاريخي يتم من خلال ثلاثية الديالكتيك: الأطروحة (الفكرة الأولية)، النقيض (الفكرة المعارضة)، والتركيب (المصالحة بين الفكرة ونقيضها)، مما يقود إلى تطور الوعي الإنساني، وبالتالي، تطور التاريخ. من هذا المنطلق، يُعتبر التاريخ عند هيجل رحلة نحو تحقيق الحرية الذاتية والمعرفة.

    ماركس، في المقابل، تبنى تفسيراً مادياً للتاريخ، فطور « المادية الجدلية » كمقابل للجدلية المثالية الهيجلية. عند ماركس، العوامل الاقتصادية والمادية هي التي تقود التاريخ وليس الأفكار المجردة. وطرح نظريته حول الصراع الطبقي كمحرك للتاريخ، حيث إن تناقض المصالح بين الطبقات (كالبرجوازية والبروليتاريا في الرأسمالية) يؤدي إلى نشوء الصراعات التي تدفع المجتمع نحو التغيير. ينظر ماركس إلى التاريخ على أنه سلسلة من المراحل التي تمر بها المجتمعات، بدءاً من المشاعية البدائية وصولاً إلى الشيوعية، حيث تتميز كل مرحلة بأسلوب إنتاج معين وعلاقات إنتاج تتغير عندما تصبح غير متوافقة مع القوى المنتجة.

    هيجل يعتمد على ديالكتيك أفكار مثالية، في حين أن ماركس يعتمد على ديالكتيك مادي يرتكز على الاقتصاد.

    المحرك الأساسي:

    هيجل يرى أنّ الأفكار والمفاهيم تقود التاريخ، أما ماركس فيرى أنّ القوى المادية والصراع الطبقي هي المحرك الأساسي.

    الغاية النهائية:

    بالنسبة لهيجل، الغاية هي الوصول إلى حرية الذات والفكرة المطلقة، بينما يهدف ماركس إلى الوصول إلى مجتمع شيوعي يلغي الطبقات ويسود فيه العدل.

    وهكذا، بينما يعتبر هيجل أن الأفكار والمفاهيم الروحية هي القوة الأساسية التي تشكل مسار التاريخ، يرى ماركس أن الحياة المادية، خصوصاً من خلال الصراع الطبقي والاقتصادي، هي القوة الدافعة الأساسية.

    ابن خلدون، مؤسس علم الاجتماع ومؤرخ من القرن الرابع عشر، قدَّم تفسيراً رائداً للتاريخ يتمحور حول فكرة « العصبية » ودورها في صعود وسقوط الدول. وضع ابن خلدون نظريته حول العوامل المحركة للتاريخ في كتابه الشهير « المقدمة »، حيث يرى أن التطورات التاريخية تتبع أنماطاً متكررة تحكمها عوامل اجتماعية واقتصادية وثقافية.

    العصبية، وفقاً لابن خلدون، هي الرابط الاجتماعي الذي يربط أفراد الجماعة، وقد يكون هذا الرابط على أساس القبيلة أو العشيرة أو أي وحدة اجتماعية أخرى. يرى ابن خلدون أن العصبية تؤدي إلى التماسك الاجتماعي وتشكيل قوة جماعية تمكّن القبائل أو الجماعات من توحيد جهودها لتحقيق أهداف مشتركة، سواء في الدفاع عن نفسها أو السعي للسلطة.

    العصبية هي المحرك الرئيسي الذي يدفع بالجماعات إلى السعي للسلطة وتأسيس الدول، حيث تبدأ المجتمعات البدوية ذات العصبية القوية في صراع على السلطة، وتتوالى الأحداث حتى تتغلب إحدى الجماعات وتؤسس دولة جديدة.

    يرى ابن خلدون أن تطور المجتمعات ينتقل من حياة البداوة إلى الحضارة، وهو ما يصفه بمرحلة التحضر. في البداية، تقوم الدولة على العصبية والتماسك الاجتماعي القوي، ومع مرور الوقت، تتحول الدولة تدريجياً من الحياة البدوية المتقشفة إلى الحضارة المترفة. في هذه المرحلة، يبدأ الحاكم وأفراد الطبقة الحاكمة بالاعتماد على الرفاهية والترف، مما يؤدي إلى ضعف العصبية وتراخي الروابط الاجتماعية.

    وضع ابن خلدون نظرية الدورة التاريخية، حيث تمر الدول بثلاث مراحل أساسية:

    النشوء: مرحلة التأسيس والنشوء، وهي مرحلة قوة العصبية وبساطة الحياة، حيث تتمتع الدولة بالقوة والتماسك.

    – الازدهار: مرحلة القوة والاستقرار، حيث تبدأ الدولة في التحضر وزيادة الرفاهية والترف، وتبلغ ذروتها في القوة والسيطرة.

    – الانحطاط: مرحلة الضعف والانحلال، حيث يؤدي الاعتماد المتزايد على الترف إلى فقدان العصبية، وانهيار الوحدة بين أفراد المجتمع، وتصبح الدولة عرضة للهزائم والسقوط أمام قوى جديدة.

    رأى ابن خلدون أن الدين يمكن أن يكون عاملًا مضاعفاً لقوة العصبية، حيث يزيد من تماسك المجتمع ويعزز شرعية الحكم. عندما يتم توظيف الدين لصالح الدولة، يتعزز الشعور بالولاء والتفاني تجاه القيادة، مما يتيح للدولة قوة إضافية. لكن، عندما يصبح الدين وسيلة للتنافس على السلطة أو يتم استغلاله لتحقيق مصالح شخصية، يمكن أن يؤدي ذلك إلى انقسام المجتمع وسقوط الدولة.

    من بين العوامل الأخرى التي ركز عليها ابن خلدون هو الاقتصاد وأهمية العمل والإنتاج في تطور المجتمعات. يرى أن النشاط الاقتصادي والإنتاجي، مثل الزراعة والتجارة، يساهم في بناء الدولة وزيادة رفاهية المجتمع، وأن تراجع العمل وضعف الاقتصاد يؤديان إلى ضعف الدولة. ويرى أن الركود الاقتصادي وتدهور القيم الإنتاجية عاملان رئيسيان في ضعف الدولة وسقوطها.

    وفي المجمل، فإن تفسير ابن خلدون للتاريخ ينبني على نظرية « العصبية » كمحرك أساسي، حيث ترتبط العصبية بتماسك الجماعة، والتي تدفعها للسعي نحو السيطرة والحكم. ثم تأتي مرحلة التحضر والترف التي تؤدي إلى تراجع العصبية، مما يمهد لانهيار الدولة، وظهور جماعة جديدة ذات عصبية أقوى لتحل محلها، وهكذا تدخل الدول في دورات تاريخية متعاقبة.

    تبرز رؤية ابن خلدون في تفسير التاريخ أهمية العوامل الاجتماعية والاقتصادية إلى جانب الدين، ما يجعلها تفسيراً متقدماً وشاملاً يعكس فهماً عميقاً لآليات تطور وسقوط الدول.

    هناك فلاسفة أوروبيون لاحقون أبدوا أفكارًا تتقارب في بعض جوانبها مع نظرة ابن خلدون للتاريخ، خصوصًا من حيث مفهوم « الدورة التاريخية » وفكرة العوامل الاجتماعية والاقتصادية التي تؤثر على صعود وسقوط الدول والحضارات. وفيما يلي بعض الأمثلة عن الفلاسفة والمفكرين الذين أبدوا تقارباً فكرياً مع ابن خلدون:

    المفكر الإيطالي فيكو يُعدّ من أوائل الفلاسفة الذين تبنوا فكرة الدورات التاريخية، وهو يشبه ابن خلدون في مفهومه عن أن التاريخ يتحرك وفق مراحل محددة. في كتابه « العلم الجديد »، قدّم فيكو نظرية الدورات التاريخية التي تمر بها الأمم، والتي تنقسم إلى ثلاث مراحل: مرحلة الآلهة، مرحلة الأبطال، ومرحلة البشر. يرى فيكو أن هذه المراحل تمثل دورة من الصعود والازدهار ثم الانحطاط، تعقبها عادة دورة جديدة، مما يعكس تشابهاً مع رؤية ابن خلدون حول صعود الدول وسقوطها وفقاً لأنماط متكررة.

    أوغست كونت، الفيلسوف الفرنسي ومؤسس علم الاجتماع الحديث، لم يتحدث عن الدورة التاريخية بنفس الطريقة التي فعلها ابن خلدون، لكنه أكد على أهمية العوامل الاجتماعية في تفسير تطور المجتمعات. في نظريته عن « القانون الثلاثي »، اقترح كونت أن المجتمعات تمر بثلاث مراحل معرفية: المرحلة اللاهوتية، المرحلة الميتافيزيقية، والمرحلة العلمية الوضعية، حيث تتطور المجتمعات بمرور الزمن نحو مزيد من التعقيد العقلي والعلمي. هذا التطور يوازي بعض أفكار ابن خلدون حول التقدم الاجتماعي والاقتصادي الذي يغير شكل الدول ويسهم في صعودها أو سقوطها.

    المؤرخ والفيلسوف الألماني أوسوالد شبنجلر قدّم في كتابه « انحدار الغرب » نظرية الحضارات التي تتشابه إلى حد كبير مع مفهوم ابن خلدون عن « العصبية » ودورات الدولة. يرى شبنجلر أن الحضارات تمر بمراحل مشابهة للدورة الحياتية: النشوء، النمو، الانحطاط، ثم الموت. يعتبر شبنجلر أن الحضارة الغربية تمر بمرحلة الانحدار، تمامًا كما وصف ابن خلدون المرحلة النهائية في دورة حياة الدولة، والتي تتسم بفقدان العصبية وتراجع الروح الحيوية لصالح الترف والانقسام.

    4. أرنولد توينبي « 1889–1975 »

    أرنولد توينبي، المؤرخ والفيلسوف البريطاني، تأثر بأفكار ابن خلدون بشكل مباشر، ويعد من أكثر المفكرين الأوروبيين الذين اقتربوا من رؤيته. في كتابه « دراسة التاريخ »، يتحدث توينبي عن صعود وسقوط الحضارات كنتيجة لـ »التحدي والاستجابة »، حيث تواجه كل حضارة تحديات بيئية واجتماعية، وتستمر طالما تمكنت من الاستجابة لهذه التحديات بفعالية. عندما تعجز عن الاستجابة، تبدأ في الانحطاط. يشبه هذا إلى حد ما مفهوم ابن خلدون حول « العصبية »، التي تقوى مع وحدة الجماعة وتضعف عند الترف والانحلال.

    فيليب فان دن بيرغ، وهو مفكر هولندي متخصص في تاريخ الفكر الاجتماعي، تأثر كذلك بفكرة الدورات التاريخية لابن خلدون. في كتابه « الفكر الاجتماعي في الإسلام » أشار إلى أن ابن خلدون قدم فهماً عميقاً للتاريخ الاجتماعي، وأن مفهومه للدورة التاريخية واستناد المجتمع على العصبية والاقتصاد، أثّر على الفهم الأوروبي لتفسير التاريخ.

    وهكذا، فإن ابن خلدون كان من أوائل المفكرين الذين قدموا تفسيراً اجتماعياً للتاريخ يعتمد على دورة صعود وسقوط الدول، ومفاهيم التماسك الاجتماعي وتأثير الترف والانحطاط على نهاية الدولة. تأثر عدد من المفكرين الأوروبيين لاحقًا بهذه الأفكار، وإن لم يكن ذلك بالضرورة تأثيرًا مباشراً في كل الحالات، إذ طوّر كل منهم نسخته الخاصة من نظرية الدورات التاريخية، مؤكدين على دور العوامل الاجتماعية والاقتصادية والسياسية.

    وفي النهاية، يتضح لنا أن فهم العوامل المحركة للتاريخ هو رحلة فلسفية عميقة تتجاوز حدود الزمن لتغوص في جوهر التجربة الإنسانية. لقد اجتهد الفلاسفة العظام كلٌّ من منظوره في تقديم تفسيرات تشرح صعود الحضارات وسقوطها، بدءًا من ابن خلدون الذي وضع أساسيات فكرية رائدة حين رأى في « العصبية » قوة اجتماعية محورية تصنع الدول وتؤدي إلى انهيارها حين تضعف، وصولاً إلى هيجل الذي جسد التاريخ كمسيرة جدلية من الصراع بين الأفكار بحثًا عن الحرية، وكارل ماركس الذي عمّق الفهم المادي للتاريخ ورأى في الصراع الطبقي محرّكًا أساسيًا لكل التحولات الاجتماعية.

    وفي عمق هذه الرؤى، تتجسد أسئلة جوهرية حول معنى الحياة الإنسانية ودوافعها، حيث تلتقي نظرية « العصبية » عند ابن خلدون مع « الصراع الطبقي » عند ماركس، ويتكامل مفهوم « التطور الجدلي » عند هيجل مع « الدورات الحضارية » لدى شبنجلر وتوينبي. أما أوغست كونت، فقد قدّم قراءة تطورية للمجتمعات من خلال تطور المعرفة الإنسانية، بينما جاء شبنجلر وتوينبي ليضيفا مفهوم الدورات الحضارية، حيث شَبّها الحضارات بالكائنات الحية التي تنشأ وتزدهر ثم تضعف وتنتهي. ورغم اختلاف رؤى هؤلاء الفلاسفة، إلا أنهم جميعًا اتفقوا على أن التاريخ تحركه قوى عميقة، اجتماعية وفكرية واقتصادية، ترسم مصير الأمم عبر صراعات متداخلة ودوائر لا متناهية من البناء والانهيار.كل نظرية تكشف لنا عن بعد جديد لفهم التحولات الكبرى، وتُلهمنا رؤيةً تتجاوز تفسير الأحداث بمفردها، لتفتح لنا آفاقاً أوسع للبحث في ماهية التاريخ ومعناه، وفي تأثير القيم والعلاقات الاجتماعية، وحتى في دور الأفكار المجردة في صناعة الواقع.

    في نهاية المطاف، يُذكّرنا هذا التنوع الفلسفي بأنّ التاريخ ليس سلسلة من المصادفات، بل هو مرآة لإرادة الشعوب وطموحاتها، وهو تجسيد لروح العصر وتطلعاته. وبينما نواصل البحث عن حقيقة التاريخ ومعناه، نتعلم أن الحاضر ليس سوى امتدادٍ للماضي، وأننا، كبشر، لا ننفصل عن دورنا في تشكيل المستقبل. إن فهم العوامل المحركة للتاريخ لا يعطينا فقط بوصلةً لتفسير ما كان، بل يُلهمنا شجاعةً ومسؤوليةً في السعي لما يمكن أن يكون، لنصنع عالماً أفضل وأجيالاً تدرك أن دورها ليس مجرد العيش، بل المساهمة في كتابة تاريخ إنساني عظيم.

    حمدي سيد محمد محمود

    https://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=848142 : المصدر

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