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  • Caitlin Jonstone:Les Palestiniens n’ont pas choisi la religion de leurs oppresseurs

    Caitlin Jonstone:Les Palestiniens n’ont pas choisi la religion de leurs oppresseurs

    mars 25, 2025

    Écoutez une lecture de cet article par Tim Foley :


    L’un des récits les plus stupides que l’on nous demande de gober sur les Palestiniens est qu’ils seraient coupables de préjugés anti-Juifs, et donc comparables aux nazis. Les Palestiniens n’ont pas choisi la religion de leurs oppresseurs. S’ils haïssent les Israéliens, c’est parce que ce sont eux qui les oppriment et les assassinent, et non à cause de leur religion. Il faudrait vraiment être privé de neurones pour croire que les Palestiniens ne haïraient pas les oppresseurs qui les persécutent sous prétexte qu’ils sont des Juifs.

    De temps en temps, on voit l’armée israélienne placer un exemplaire de Mein Kampf dans un bâtiment de Gaza, puis brandir le livre comme s’il justifiait d’une manière ou d’une autre ce qu’Israël fait aux Palestiniens. C’est parfaitement abject. Si nous en sommes venus à condamner la haine envers les Juifs en Occident, c’est parce que nous savons que l’Occident a commis de nombreuses atrocités contre le peuple juif en raison de sa religion.

    Les Palestiniens n’ont pas de tels préjugés et ne sont coupables d’aucun crime de ce type. Les violences qu’ils ont infligées aux Israéliens sont motivées par leur détermination à préserver leurs terres et à résister à un régime tyrannique, et non parce qu’ils éprouvent une haine hitlérienne envers les Juifs. Quand les Palestiniens parlent des “Juifs”, ils font toujours référence à leurs oppresseurs, dans le contexte de l’occupation. Ils ne parlent pas des Juifs vivant au Canada.

    Les Palestiniens éprouveraient la même haine envers leurs oppresseurs, que l’oppression soit infligée par des hindous, des bouddhistes ou des catholiques. C’est naturel. C’est ainsi que fonctionnent l’esprit et nos émotions : nous détestons ceux qui nous haïssent et ceux qui nous maltraitent. L’incapacité à comprendre cette réalité révèle un manque d’empathie et une incapacité à nous mettre à la place d’autrui. Signe de manque d’empathie et d’humanité.

    Le monde a besoin d’Israël. Sans Israël, où se réfugieraient les prédateurs sexuels en quête de sécurité et de protection ? Où trouverions-nous notre technologie de surveillance ? Qui testerait sur le terrain de nouveaux modèles de robots tueurs sur des cibles humaines, les explosifs militaires et les systèmes d’IA utilisés pour massacrer des familles entières ?

    https://x.com/caitoz/status/1903250982538187176

    Les détracteurs d’Israël devraient se familiariser avec le rasoir de Hitchens : “Ce qui peut être affirmé sans preuve peut aussi être rejeté sans preuve”.

    Qu’il s’agisse de prétendus bébés décapités et viols de masse, de soit-disant “QGdu Hamas dans les hôpitaux” ou de membres du Hamas qui auraient tué les enfants Bibas à mains nues, si c’est affirmé sans preuve, c’est immédiatement réfutable.

    Il est de notoriété publique qu’Israël et ses soutiens ont recours au lobbying, au financement de campagnes et au chantage pour influencer les pays occidentaux. Il est également de notoriété publique que l’empire américain a le pouvoir d’empêcher Israël d’agir ainsi quand il le souhaite, mais qu’il choisit de ne pas le faire. Les dirigeants impériaux du gouvernement élu officiel ne font strictement rien pour mettre fin à ces opérations d’influence, pas plus que les dirigeants impériaux de l’État bien plus puissant et non élu de la Sécurité nationale. Croyez-vous vraiment qu’Israël exercerait encore une influence aussi considérable sur le gouvernement américain si la CIA estimait que cela entrave ses projets de domination mondiale ?

    Par conséquent, les manœuvres d’influence sionistes n’existent que parce que l’empire le décide. On a jugé que le soutien factice accordé à Israël est un mal nécessaire afin de perpétuer la violence, la division et l’instabilité au Moyen-Orient, et de justifier une présence militaire permanente dans une région géostratégique cruciale qui, livrée à elle-même, risquerait de s’unir et de gérer ses affaires au détriment des intérêts occidentaux.

    De nombreux autres pays du Moyen-Orient sont alignés avec les États-Unis pour servir leurs intérêts dans la région, mais aucun d’entre eux ne dépend entièrement du soutien du gouvernement américain pour assurer sa survie. C’est une construction totalement artificielle introduite au Moyen-Orient, comme un éclat de verre dans le pied, et elle profite à la fois aux colons et aux intérêts hégémoniques à long terme de l’empire centralisé des États-Unis.

    Tout cela pour souligner que l’Occident n’est pas la victime innocente et passive des manipulations du grand méchant tyran qu’est Israël. Il est tout aussi coupable des crimes d’Israël que ce dernier, car ces crimes sont indissociables de l’empire occidental. Certains à droite essaient de faire croire que l’Occident serait ce merveilleux endroit vertueux sans les influences malveillantes de ces méchants juifs, mais ce discours est réfuté par l’existence et l’histoire même du monde occidental. L’Occident a toujours été une civilisation belliciste et génocidaire, mue par la conquête et la domination, et le projet colonisateur d’Israël n’est qu’une manifestation de plus de la dystopie que nous vivons.

    https://x.com/caitoz/status/1903215993645830509

    Justifier le bellicisme de Trump au Moyen-Orient en pérorant sur ses efforts de pacification en Ukraine, c’est un peu comme dire qu’il a le droit de brûler Gaza parce qu’il ne bombarde pas l’Argentine. C’est absurde. On ne renie pas ses crimes en en commettant moins ailleurs.

    Chaque fois que je critique les actions de Trump au Moyen-Orient, je reçois des commentaires de Démocrates du genre “J’PARIE QUE TU AURAIS PRÉFÉRÉ SOUTENIR KAMALA À LA PLACE, HEIN ?

    Ce n’est pas de ça qu’il s’agit, bande de crétins. Je tiens exactement le même discours depuis le début de l’administration Biden, car Biden est aussi le mal incarné. Je ne fais que critiquer la structure de pouvoir la plus meurtrière et la plus destructrice du monde et les dirigeants de l’empire en place. Voilà à quoi ressemble un examen minutieux de l’empire, quand on n’est pas un partisan bas du front.

    Bernie Sanders s’est comporté en simple d’esprit à la solde de l’empire. Je me demande parfois pourquoi l’establishment du Parti démocrate s’est donné la peine de saboter ses campagnes primaires. Ils auraient hérité d’un autre Obama, qui aurait bercé les gens d’illusions tout en servant les intérêts de l’oligarchie et de l’empire.

    Notre espèce a développé un cerveau d’une complexité sans précédent pour le détruire ensuite, inventer de nouvelles manières de nous faire mutuellement exploser et souffrir de nos propres agissements.

    Il ne s’agit pas d’otages. Il ne s’agit pas du Hamas. Il ne s’agit pas de terrorisme. Ce ne sont pas les vraies raisons, ce sont des excuses. Des excuses pour expulser les Palestiniens et faire des terres palestiniennes des terres israéliennes. C’est de cela qu’il s’agit depuis le début. Et quiconque affirme le contraire n’est qu’un menteur.

  • Laure Lemaire- Des Marxistes Outre-Mer

    Laure Lemaire- Des Marxistes Outre-Mer
    • Vous montrez le lien que Roumain conserve avec la pensée de Hegel. Vous soutenez même que Roumain se présente comme un philosophe qui fait de la méthode dialectique la base de sa philosophie scientifique. Quelles seraient les raisons pour lesquelles, même dans les ouvrages qui cherchent à se départir de l’eurocentrisme en philosophie, on omet l’importance de Jacques Roumain ?

    Les philosophes que vous mentionnez vivent en Amérique latine. Les Latino-Américains sont généralement considérés comme ceux qui vivent en Amérique du Sud, et l’espace des Caraïbes est oublié : Cuba, Haïti, la République dominicaine, les territoires français d’outre-mer, les anciennes colonies britanniques, etc. Il y a aussi le problème de la langue. En Amérique latine, la plupart des gens parlent espagnol.

    Roumain a étudié en France, à l’Institut d’ethnologie de Paris, et bien qu’il ait publié des écrits en anglais, la plupart de ses textes ont été rédigés en français. Il existe une tendance générale à exclure les Caraïbes anglophones et francophones de l’idée d’Amérique latine.

    Même avant la révolution cubaine de 1959, il existait des relations étroites entre les penseurs haïtiens et cubains. Jacques Roumain était un ami de Nicolás Guillén (1902-1989). Des intellectuels cubains, Alejo Carpentier (1904-1980), sont restés en Haïti. Fernando Martínez Heredia (1939-2017) parlait français et a même donné une série de conférences à l’université.

    Lorsqu’on parle de Roumain, on évoque l’un de ses textes les plus traduits Gouverneurs de la Rosée. Cependant, peu de gens connaissent son travail anthropologique. De nombreux textes de Roumain convergent avec les approches de penseurs actuels, par exemple en Bolivie. Depuis la victoire d’Evo Morales, on constate qu’une frange du marxisme s’intéresse aux questions indigènes, questions d’une grande importance pour les Latino-Américains que Roumain a abordées

    Dans le texte Contribution à l’étude de l’ethnobotanique précolombienne des Grandes Antilles, Roumain a étudié le rôle des peuples autochtones. Pour sa part, Jacques Stephan Alexis, un marxiste haïtien, a soutenu que la culture en Haïti était composée de 3 éléments: l’indigène, l’européen et l’africain. Par conséquent, la culture en Haïti partage des aspects communs avec des pays d’Amérique du Sud ainsi que dans l’espace des Caraïbes. Il ne faut pas oublier qu’Haïti a été le 1° pays à obtenir son indépendance et qu’il a, en outre, aidé l’Amérique latine dans sa lutte pour l’indépendance. Simon Bolivar (1783-1830) a reçu le soutien d’Haïti.

    • Plus précisément, vous indiquez 3 caractéristiques de l’originalité du marxisme de Roumain:
    • a) sa relation avec les sciences sociales,
    • b) son rapport avec la thématique de la religiosité (en particulier avec le vaudou et le catholicisme populaire)
    • c) ses contacts avec l’art.
    • Par ailleurs, on peut aussi percevoir une sensibilité écologique, dans Gouverneurs de la rosée. Face à la catastrophe environnementale ou à la crise civilisationnelle, dans quelles mesures la pensée de Roumain peut-elle contribuer à élaborer un projet de civilisation éco-socialiste ou éco-communiste ?

    Cette sensibilité ne se limite pas à lui seul Roumain. L’un de ses disciples, Jacques Stephen Alexis (1922-1961), a publié le roman Compère Général Soleil où l’on peut clairement observer l’aspect écologique. On y voit que la référence au soleil va au-delà d’une technique d’écriture car pour lui, comme pour le monde caribéen, c’est un élément fondamental et quotidien. EN Allemagne, des semaines peuvent s’écouler sans même un rayon de soleil. Parfois, quand le soleil sort, il fait froid. Dans les Caraïbes, lorsque le soleil pointe le bout de son nez, il est synonyme de chaleur. Jacques Stephen Alexis a aussi publié Les Arbres musiciens, traduit en espagnol par « Los árboles que cantan », où l’on peut percevoir la relation avec la nature.

    La question écologique a été centrale dans le marxisme haïtien. Même dans mon cas, étant diplômé de l’université de Francfort, berceau de la théorie critique, l’une des idées fortes que j’ai assimilées, est qu’il ne suffit pas de dominer la nature mais qu’il faut « dominer la domination » de la nature. Lorsque la nature est dominée dans le système capitaliste, la nature est détruite. Le marxisme l’a très bien montré. La nature doit être respectée. Avant Marx, le philosophe Ludwig Feuerbach (1804-1872), disait que nous devons traiter la nature comme un ami, comme un amant. Nous devons entrer dans une autre relation avec la nature car la relation capitaliste la détruit. Il établit des relations d’exploitation impitoyable avec la nature.

    • On peut aussi constater des similitudes entre Jacques Roumain et le marxiste péruvien José Carlos Mariátegui. Ils ont tous 2 été de fervents lecteurs de Friedrich Nietzsche, tous 2 ont reconnu l’importance de Rosa Luxemburg ( la conférence sur « La révolution allemande », donnée par Mariátegui en 1923), tous 2 ont eu recours à l’anthropologie et à la sociologie dans leurs recherches (les travaux de Hildebrando Castro Pozo et de César Ugarte ont été cruciaux pour Mariátegui et sa thèse du « communisme indigène »), ils furent des intellectuels organiques (Mariátegui a fondé le Parti socialiste péruvien en 1928 et Roumain le Parti communiste haïtien en 1934) et, surtout, ils ont tous les 2 abordé la question raciale depuis une perspective marxiste. Inutile, enfin, de rappeler qu’ils sont tous 2 morts très jeunes, Mariátegui à l’âge de 36 ans et Roumain à l’âge de 37 ans. Mais vous n’abordez pas la relation entre le marxisme de Roumain et l’indigénisme dans votre livre. À quoi est due cette absence ?

    Comme vous le dites, Roumain est mort à l’âge de 37 ans, mais pas de mort naturelle. Les années qu’il a passées en prison ont été fatales à sa santé; il y a contracté la malaria qui a précipité sa mort. Dans mon livre, j’ai essayé de mettre en évidence plusieurs éléments. Le chef des partis communistes en Amérique latine, Jules Humbert-Droz (1891-1971), un pasteur suisse, raconte qu’il a demandé au dirigeant italo-argentin Vittorio Codovilla (1894-1970) si en Amérique latine il y avait un problème de race. Sa réponse a été : « non, en Amérique latine nous n’avons pas le problème de la race ». C’est symptomatique.

    La migration européenne en Argentine a occulté la question raciale. On oublie qu’il y avait aussi une population afro-descendante. Pendant la Conquête, il y avait des soldats noirs dans les rangs de l’armée hispanique qui ont contribué à détruire la résistance indigène. Mais la population indigène des Caraïbes et d’Amérique du Sud a continué à se battre.

    Le problème de la race a été présent dans la constitution des Amériques et Jacques Roumain en était conscient. En 1915, l’occupation américaine d’Haïti a commencé et le mouvement indigéniste émerge, mettant aussi l’accent sur les racines africaines de la population haïtienne, et Jacques Roumain est le résultat de l’alliance entre indigénisme et marxisme.

    En outre, en 1956, le 1° congrès des écrivains et artistes noirs est organisé à Paris, auquel participent des intellectuels caribéens. La négritude était au centre des débats. Mais l’indigénisme avait déjà soulevé la question de la race, il était un antécédent de la négritude. De plus, cette question fait partie de l’histoire du marxisme latino-américain. En 1929, lors de la 1° conférence des partis communistes d’Amérique latine, l’une des principales questions était le problème de la race. Bien que José Carlos Mariátegui n’ait pas pu assister à la réunion de Buenos Aires, il a préparé un texte qui a été présenté par son ami Hugo Pesce où la question de la race est centrale.

    La question noire est complexe, car elle n’est pas uniforme. Par exemple, la question des Noirs aux États-Unis n’est pas la même qu’en Haïti. Des chercheurs comme l’anthropologue brésilien Darcy Ribeiro (1922-1997) ou l’ethnologue cubain Fernando Ortiz (1881-1969) ont souligné le rôle de la présence noire dans la culture latino-américaine. Je n’ai pas évité la question indigène, j’ai voulu montrer qu’elle fait partie du marxisme latino-américain.

    • Dans son autobiographie, Bonsoir tendresse (Odile Jacob, 2018), le poète marxiste René Depestre raconte que, pendant son séjour au château de Dobříš en décembre 1950, l’Amérique latine a fait irruption dans sa vie. Depestre ajoute que c’est grâce aux écrivains communistes Jorge Amado et Pablo Neruda qu’il a pris conscience de son identité latino-américaine. Comment vous, Yves Dorestal s’est-il découvert latino-américain ? Quelles ont été les événements historiques ou existentiels qui vous ont influencé et qui ont fait que vous vous identifiez comme marxiste et comme latino-américain ?

    En ce qui concerne le marxisme, je dois préciser que j’ai fait mes études de 1° cycle à l’École normale supérieure d’Haïti où je suis actuellement professeur de philosophie. Dans les années 1960, lorsque j’étais étudiant, la figure de Jean-Paul Sartre (1905-1980) était déterminante. Il était marxiste et dans Critique de la raison dialectique, il soutient que le marxisme est « la philosophie insurpassable de notre temps ». Mes études et ma passion pour Sartre m’ont donc conduit au marxisme.

    Après avoir terminé mon diplôme à Port-au-Prince, j’ai obtenu une bourse pour poursuivre mes études à l’université de Francfort. Cette université avait un lien avec le marxisme. De grands intellectuels comme Theodor Adorno ou Max Horkheimer ont fondé l’École de Francfort. J’ai eu la chance d’écrire ma thèse de doctorat sous la direction d’Alfred Schmidt. Tous ont été importants dans ma formation et m’ont protégé d’un marxisme superficiel.

    Pour ma relation avec l’Amérique latine, après avoir terminé mes études doctorales, je ne pouvais pas retourner en Haïti, car c’était la dictature de François Duvalier (1907-1971), et j’ai donc décidé de me rendre en Amérique centrale. De 1975 à 1978, j’ai enseigné la philosophie au Honduras, jusqu’à ce que l’on m’accuse d’enseigner des idées qui allaient « contre la civilisation occidentale et chrétienne ». Puis les autorités m’ont donné 24 heures pour quitter le pays. Je suis allé au Salvador, puis au Guatemala …..De retour en Allemagne, j’ai entendu la nouvelle de la victoire de la révolution sandiniste et j’ai décidé de partir au Nicaragua. J’ai passé 2 ans à travailler au ministère de l’éducation nationale du Nicaragua. Ensuite, je me suis installé au Chili et j’ai enseigné à l’Université des arts et des sciences sociales (ARCIS). Pour moi, l’Amérique latine n’est donc pas un sujet abstrait

    • Vous êtes l’un des principaux spécialistes de l’École de Francfort, en particulier de la pensée de Max Horkheimer, de Theodor W. Adorno. Dans les années 1990, un réseau d’intellectuels est apparu (Aníbal Quijano, Enrique Dussel, Walter Mignolo et María Lugones) qui ont analysé la relation entre la modernité et la colonialité du pouvoir. Ces chercheurs latino-américains partaient de la conquête de l’Amérique au XVIe siècle pour mettre en question la logique sacrificielle de la modernité/colonialité. Au-delà des « affinités électives » entre la Théorie critique et la pensée décoloniale (critique de la modernité, dénonciation des structures d’oppression, etc.), trouvez-vous pertinentes les thèses de cette « constellation de pensées » qui lie la modernité avec le phénomène de la colonialité ?

    L’École de Francfort est diverse et il y avait des courants traitant de différents thèmes. Quand René Descartes (1596-1650) considère que l’homme doit être le maître et seigneur de l’univers ou le maître et seigneur de la nature, les philosophes de Francfort montrent qu’il s’agit d’une domination qui ne profite qu’à l’industrie, au capitalisme et à la société bourgeoise. Par conséquent, cette domination est inscrite dans le projet de rationalisation mais il ne s’agit pas d’un rationalisme complet.

    C’est ce que Habermas a voulu montrer: la modernité du capitalisme est une modernité incomplète, puisque les êtres humains ne bénéficient pas de la domination de la nature. Ils deviennent eux-mêmes victimes de la domination capitaliste. Cette domination se manifeste également dans l’exploitation que le Nord global exerce sur le Sud global. Cette forme de rationalisme n’est pas le triomphe de la raison mais une autre forme de domination sur les peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes. En ce sens, la critique de la modernité faite par le mouvement décolonial, bien qu’elle ait quelques affinités électives, va dans une direction différente.

    • Haïti est l’un pays qui dispose d’une longue tradition de lutte anticoloniale, là où la négritude se mit debout pour la 1° fois (Aimé Césaire), je pense non seulement au processus de libération des troupes conduites par Toussaint Louverture ou à la rébellion agraire de Charlemagne Péralte et de Benoît Betraville, mais aussi à la résistance des communautés ecclésiales de base (ti kominote l’egliz), dans l’esprit de la théologie de la libération, et soutenues par le père Jean-Marie Vincent (assassiné en 1994). Des marxistes de l’envergure d’Antonio Gramsci, de José Carlos Mariátegui, de Jacques Roumain et d’Ernst Bloch ont traité de la potentialité révolutionnaire de la religion. Quel est le rôle de la religiosité populaire dans les mouvements de contestation qui ébranlent actuellement le sol haïtien ?

    Il s’agit d’une question importante. Nous pouvons identifier une convergence entre la manière dont José Carlos Mariátegui et les marxistes haïtiens ont abordé la question de la religion et une convergence entre Antonio Gramsci et Jacques Roumain.

    Le Sarde parle d’un catholicisme populaire représenté dans la figure du paysan. Le catholicisme populaire ne doit pas être réduit à un catholicisme instrumentalisé pour aliéner et exploiter le peuple. En ce sens, il n’est pas fortuit qu’en Haïti il y ait eu une alliance entre les marxistes, les membres du clergé et les communautés ecclésiales de base (CEB). Pour de nombreux croyants, être catholique signifie prendre part aux enjeux sur le terrain. La lutte ne vise pas seulement à changer les conditions de la paysannerie mais aussi à transformer la société dans son ensemble. Les communautés ecclésiales de base ont joué un rôle très important dans la lutte contre la dictature de Duvalier.

    Aujourd’hui, une fois de plus, le peuple haïtien est engagé dans la lutte pour le respect des droits qu’il a conquis. La théologie de la libération a été fondamentale dans les luttes des peuples d’Amérique latine. Vivant au Nicaragua, j’ai été témoin du travail de prêtres comme Fernando et Ernesto Cardenal. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la contribution des frères Boff (Léonard et Clodovis), du père Gustavo Gutiérrez et du père François Houtart dans les luttes de nos peuples.

    Il est clair que l’Église en Haïti est divisée, car une partie a décidé de prendre le parti des oppresseurs tandis qu’une autre partie préfère être du côté des opprimés. Par conséquent, je suis convaincu de la nécessité d’une alliance entre les marxistes, les croyants et les membres de l’église populaire dans la lutte pour la libération de nos peuples. Bien sûr, nous ne serons jamais d’accord sur les questions célestes, mais nous pouvons nous organiser et chercher une solution pour ce qui doit être fait sur terre.

    Source: Contretemps

    « Les masses (la classe des travailleurs) sont pour 4/5 indigènes. Notre socialisme ne sera pas péruvien, ni même socialiste, s’il ne se solidarise pas avec les revendications indigènes»

  • الطاهر المعز-متابعات – العدد 112 بتاريخ 22 من شباط/فبراير 2025الطاهر المعز-

    الطاهر المعز-متابعات – العدد 112 بتاريخ 22 من شباط/فبراير 2025الطاهر المعز-

    يتضمن العدد الثّاني عشر بعد المائة بتاريخ الثّاني والعشرين من شباط/فبراير 2025 فقرة عن بعض أهداف حرب الإبادة في غزة والضّفّة الغربية وفقرة عن بعض الوضع الإقتصادي في الحبشة، وفقرة عن الدّور التّخريبي لأنظمة الحُكم في رواندا وأوغندا اللّتَيْن احتل جيشهما منطقة "كيفو" في الكونغو الدّيمقراطية لحساب الشركات العابرة للقارات والدّول الإمبريالية وفقرة عن الإنبطاح الأوروبي أمام الغطرسة والتهديدات الأمريكية وفقرة عن أهمية جزيرة "غرينلاند" التي تهدّد الولايات المتحدة باحتلالها، وفقرتان عن إغلاق مقر الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية (USAID ) وأخرى عن تقديس العَسْكَرَة في الولايات المتحدة  

    تُوَضِّحُ كتابات مؤسس الصهيونية، ثيودور هرتزل، أن تأسيس الدّولة الصّهيونية يستوجب الاستيلاء على الأراضي اللبنانية والسورية، وأكّدت  تصريحات الزّعماء الصهاينة على مدى عقود من الزمان هذا الطّموح، كما أكّدت الوثيقة المُسمّاة « خِطّة ينون » التي نُشرت خلال شهر شباط/فبراير 1982 ( قبل أربعة أشْهُر من غَزْو لبنان) في مجلة كيفونيم تحت عنوان « استراتيجية لإسرائيل في الثمانينيات »، هذا الهدف، وهي خطة صمّمها « عوديد ينون »، المسؤول السابق في وزارة الخارجية الصّهيونية، ومستشار أرييل شارون، رئيس حكومة العدو الأسبق…

    قدّمت خطة ينون مخططا لجملة من الأحداث التي تهدف خلق الفوضى واختلاق مشاكل داخلية ( أثنية وطائفية ) وحروب أهلية، بهدف تقسيم المنطقة إلى ما دون اتفاقيات سايكس/بيكو التي تم الإتفاق عليها بين الإمبرياليتَيْن الفرنسية والبريطانية، سنة 1916، في ذروة الحرب العالمية الأولى، وتضمّنت الخطّة « تفكيك العراق وسوريا إلى مناطق فريدة عرقيا أو دينيا وتدمير قوتهما العسكرية… وزيادة تقسيم لبنان على أسس دينية وطائفية وإثنية… »، وخلق مشاكل في مصر ( رغم اتفاقيات الإستسلام) لإعادة احتلال سيناء وقناة السويس والبحر الأحمر، ونقل سُكّان غزة إلى سيناء في وقت لاحق، بهدف تأبيد السلام والأمن للكيان الصهيوني، وعاد الحديث عن خطة ينون وعن تهجير الفلسطينيين إلى سيناء منذ حرب الإبادة المُستمرة منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وفق بيانات الحكومَتَيْن الأمريكية والصّهيونية، لإنجاز خطط « إسرائيل الكبرى »، من النيل إلى الفُرات، عبر الضَّمّ القَسْرِي والتّطْهِير العرقي، وتحويل الفلسطينيين إلى غُرباء في أرضهم، وفق صحيفة « غارديان » ( 25 آب/أغسطس 2009)، وعلّقت صحيفة « ذا نيشن » على إقرار قانون « الدّولة القومية للشعب اليهودي » ( تموز/يوليو 2018) بأنه « تكريس الطموحات الإستعمارية الإستيطانية الصهيونية وإقامة إسرائيل الكبرى »، بدعم كبير من الإمبريالية الأمريكية والأوروبية، مما مكّن الجيش الصهيوني من الإستفادة من سقوط النّظام السوري لاحتلال القنيطرة ومرتفعات الجولان وجبل الشيخ وجنوب سوريا وريف دمشق وحوض اليرموك، ومصادر المياه، كخطوة نحو إعادة تشكيل خريطة  » الشرق الأوسط الجديد  » وفق المخططات الأمريكية والصّهيونية

    أعلن رئيس حكومة العدو بنيامين نتن ياهو يوم العاشر من كانون الأول/ديسمبر 2024: « إن هزيمة الأسد تبشر بإعادة تشكيل كبيرة للمنطقة، شبيهة بالتقسيم الذي أقَرّته اتفاقية سايكس بيكو »، التي قسّمت بموجبها بريطانيا وفرنسا الإمبراطورية العثمانية، سنة 1916، على أُسُس إثنية ودينية وقومية…

    عادت عبارة « إسرائيل الكبرى » إلى الظهور في وسائل الإعلام الصّهيونية، وتتضمن علَنًا ضم الأراضي المُجاورة لفلسطين بدعم أمريكي مالي وعسكري وسياسي وإعلامي مُطْلَق، حيث أعرب دونالد ترامب، منذ اليوم الأول من تنصيبه عن اهتمامه الشديد بـ « تطهير غزة بالكامل »، ونقل الفلسطينيين إلى الأردن ومصر، وتمويل عمليات التّطهير والإستيطان من قِبَل صهاينة العرب في الخليج…  وفق موقع –  Mintpressnews – 28 كانون الثاني/يناير 2025

    حصلت حكومة الحبشة على قُروض بقيمة 3,4 مليارات دولارا من صندوق النقد الدّولي و16,6 مليار دولارا من البنك العالمي، مما رفع حجم الدُّيُون الخارجية إلى 29 مليار دولارا خلال منتصف سنة 2024، في ظل انخفاض حجم العملات الأجنبية، منتصف سنة 2024، وعجزت الدّولة، خلال شهر كانون الأول/ديسمبر 2023، عن سداد الدّيون ( سندات دَوْلِيّة) بقيمة مليار دولار، بينما انخفض حجم احتياطي العملات الأجنبية إلى ما يُعادل أُسْبُوعَيْن من التّوريد، واستغل الدّائنون الفُرصة– وعلى رأسهم صندوق النّقد الدّولي والبنك العالمي – لِفَرْضِ « تعويم العُملة » ووَضْع حدّ لتدخّل الدّولة في سعر الصّرف، خفضت الدّولة قيمة العُمْلة بنسبة 30% مقابل العملات الأجنبية، يوم 30 تموز/يوليو 2024، بأمر من الدّائنين، بذريعة وضع حدّ لهيمنة السّوق الموازية على نحو 80% من سوق الصّرف، مما زاد من ارتفاع أسعار السلع ونسبة التّضخّم التي أضَرّت بعيش معظم سُكان الحبشة البالغ عددهم 120 مليون نسمة، مع صعوبة استيراد البضائع التي زادت أسعارها وفق المُؤشِّر الرسمي بنسبة 30% سنة 2022 وحوالي 30% سنة 2023، بفعل الجفاف والحرب في منطقة تيغراي فضلا عن الحرب في أوكرانيا، واستمرت قيمة العملة في الانخفاض في بلد يعيش نحو 34,6% من سكانه تحت خط الفقر، بأقل من 2,15 دولار في اليوم، وفق بيانات البنك العالمي ( أيلول/سبتمبر 2024)، كما يستمر العجز التجاري حيث بلغت قيمة واردات الدّولة 23 مليار دولار في عام 2023، ولم تتجاوز قيمة صادراتها 11 مليارا، بحسب بيانات البنك العالمي…

    لا يزال نظام الحكم في الحبشة يُعاني من صعوبات في سداد الدُّيُون، وضَغَط صندوق النقد الدّولي – من خلال مُديرته التنفيذية التي زارت الحبشة يوم الأحد التّاسع من شباط/فبراير 2025 – لفرض إعادة هيكلة الدّيُون السّيادِيّة بشرُوط مجحفة أقرّتها مجموعة العشرين، بمبادرة من صندوق النّقد الدّولي والبنك العالمي والمصرف الإفريقي للتنمية، وكانت حكومة الحبشة قد توصّلت إلى اتفاق مع صندوق النقد الدّولي ( تموز/يوليو 2024) بشأن قرض جديد بقيمة 3,4 مليارات دولار لسداد قُرُوض قديمة ولتوفير العملات الأجنبية بالمصرف المركزي، بهدف تأمين الواردات واستقرار سعر صرف العملة المحلية…

    أطلق نظام رواندا بزعامة بُولْ كاغاميه ( Paul Kagamé ) عدوانًا – بدعم من نظام أوغندا بظعامة يُوري موسفيني، على بَلَد إفريقي شقيق، واستولى جيش رواندا على منطقة من جمهورية الكونغو الديمقراطية نيابة عن الدول الإمبريالية والشركات متعددة الجنسيات، في حين أنشأت مالي وبوركينا فاسو والنيجر رابطة دول الساحل لمحاربة العدوان الأجنبي، واحتج المتظاهرون الكونغوليون أمام سفارات رواندا وأوغندا وبلجيكا وفرنسا والولايات المتحدة، التي تعتبر الراعية لهذه الإبادة الجماعية.

    لقد أصبحت الدولة الرواندية الأداة التي تُيَسِّرُ وتخدم سيطرة الشركات العابرة للقارات، ذات المَنْشأ الأمريكي والأوروبي، على ثروات جمهورية الكونغو الديمقراطية، وخاصة في منطقة كيفو، الغنية بالمواد الخام والمعادن النادرة والثمينة، والأتربة النادرة، وأراضيها الزراعية الخصبة للغاية، ويحتوي باطن الأرض الكونغولية على الماس والذهب والفضة والنحاس والمنغنيز والبوكسيت والزنك والنفط والفحم والغاز واليورانيوم والثوريوم والزركونيوم والتنتالوم والنيوبيوم والكولتان، وهي معادن نادرة تستخدم في الصناعات المتطورة ذات القيمة المضافة العالية، مثل أشباه الموصلات (الاتصالات والطيران والفضاء، وغيرها)، فضلا عن الثروة المائية والنفط والغاز والفحم، وتحتوي مناجم الكونغو كذلك على الكولتان الذي يُعْتَبَرُ ضروريًا لإنتاج الهواتف المحمولة، ووجدت الشركات متعددة الجنسيات ضالّتها في أنظمة الحكم في رواندا وأوغندا، واستغلّتها لاحتلال مناطق التعدين وحقول النفط والغاز، وتقسيم البلاد ونَهْبِها.

    أعلن رئيس الولايات المتحدة دونالد ترامب، بشكل فظ ومتعجرف زيادة الرّسوم الجمركية على الواردات القادمة من جل بلدان العالم، وأعلن رغبة الولايات المتحدة في الإستحواذ على قناة بنما (إذا ما لم تقطع دولة بنما علاقاتها مع الصين التي تُشرف إحدى شركاتها على إدارة القناة) وعلى غزة وعلى غرينلاند ( جزيرة تتمتع بحكم ذاتي ضمن اتحاد مع الدّنمارك)، مُختزلا بذلك جوْهَر الإمبريالية التي لا تعرف سوى القوة لضمان مصالح احتكاراتها…

    تقع جزيرة غرينلاند (2,2 كيلومتر مربع ولا يسكنها سوى 56 ألف نسمة) في منطقة استراتيجية بين أوراسيا وأمريكا، وتنتمي جغرافيا إلى قارة أمريكا الشمالية، لكنها ارتبطت سياسيا وثقافيا منذ أكثر من عشرة قُرُون بأوروبا ( النّرويج والدّنمارك)، وأصبحت مُستعمَرَة دنماركية منذ 1814، ولكنها تتمتع بحكم ذاتي كإقليم دنماركي منذ سنة 1982…

    قدّمت الولايات المتحدة عَرْضًا، منذ سنة 1867، لشراء جزيرة غرينلاند مقابل مائة مليون دولارا، ورفضت الدّنمارك العرض، كما رفضت العَرْض الذي جدّده الرئيس ترومان سنة 1946، لكن الولايات المتحدة استغلت الحرب العالمية الثانية لإنشاء قاعدة عسكرية ضخمة لا تزال قائمة بالجزيرة منذ سنة 1941، وهي قاعدة استراتيجية بحكم قُرْبها من روسيا ومن القُطب الشمالي ( الغني بالمعادن والموارد الطّبيعية) وموقعها بين أوراسيا وأمريكا حيث يسْمَح الذوبان النسبي للجليد بتقصير مسافة حركة السّفن صيفًا.

    تتميز جزيرة غرينلاند باتساع مساحتها ( 2,2 كيلومتر مربع) وقلّة عدد سكانها ( 56 ألف نسمة) وبموقع جغرافي استراتيجي بين القارات، وتحتوي على الموارد المعدنية الاستراتيجية كالنحاس والذهب والرصاص والأحجار الكريمة والمعادن النادرة واليورانيوم والزنك والموارد الضرورية لتكنولوجيات الاتصالات والذكاء الاصطناعي، وكل ما هو ضروري لضمان القوة الإقتصادية والعسكرية.

    انعقدت الدّورة السّتُّون لمؤتمر ميونيخ للأمن ( من 14 إلى 16 شباط/فبراير 2025) بمشاركة ستّين رئيس حكومة ودولة، وقادة حلف شمال الأطلسي ومخابرات الدّول الإمبريالية ومؤسسات البحث العسكري وأهم الشركات المُصنّعة للأسلحة، قبل اجتماع بعض القادة الأوروبيين، لبحث بعض الخلافات الأوروبية – الأمريكية بشأن التجارة وحرب أوكرانيا والتّدخّل الأمريكي السّافر في الشؤون الدّاخلية للدّول الأوروبية، ومن بينها الدّعم الأمريكي العَلَنِي لأحزاب اليمين المتطرف في بلدان أوروبية « حليفة »، ولم يُسْفِر لقاء ميونيخ ولا لقاء باريس عن موقف أوروبي مشترك بشأن التّحدِّي والإستفزاز الأمريكِيّيْن، بينما نظّمت المجموعات المناهضة للحروب ولصناعة الأسلحة احتجاجات خارج قاعة مؤتمر ميونيخ، وطالب المحتجون « بوضع حدٍّ للحرب في أوكرانيا ولإغراقها بالسلاح، وإنفاق الأموال المُخصّصة للحروب في مجالات التّعليم والصّحّة والسّكن والنّقل العام…

    تجري حرب أوكرانيا في أوروبا، لكن الولايات المتحدة تريد استبعاد أوروبا من المناقشات مع روسيا لإنهاء الحرب، بعدما استخدمت أمريكا شُركاءها الأوروبيين في حلف شمال الأطلسي لخوض الحرب، واتفق دنوالد ترامب وفلاديمير بوتين على ترتيب لقاء في السعودية ( بعيدًا عن أوروبا وبدون استشارة نظام أوكرانيا ) « لإنهاء الحرب في أوكرانيا »، وكان الرّد الأوروبي ضعيفًا ( كالعادة) إثر لقاء باريس، يوم 16 شباط/فبراير 2025، بين بعض قادة الإتحاد الأوروبي (عشر حكومات)، ولم يجْرُؤ الزّعماء الأوروبيون الحاضرون ( أعضاء حلف شمال الأطلسي) على الإعتراض على مفهوم دونالد ترامب « للسّلام » الذي يُقصِي أوروبا وأوكرانيا ويبتزّ نظام أوكرانيا لتتمكّن الشركات الأمريكية من السيطرة على ثروات البلاد، فقد عرض وزير الخزانة الأميركي، سكوت بيسنت، على رئيس أوكرانيا فولوديمير زيلينسكي في كييف، وثيقة مكتوبة تشمل منح الولايات المتحدة حقوق نصف الإحتياطات المعدنية الأوكرانية، وخُصُوصًا المعادن الأساسية الضّرورية لتصور تكنولوجيا الإتصالات و « الذّكاء الإصطناعي » كالليثيوم والتيتانيوم والغرافيت، ويُبَرِّرُ دونالد ترامب هذا الإبتزاز « إن الولايات المتحدة ساعدت أوكرانيا خلال الحرب بقيمة نصف تريليون دولار ويمكن لها سداد هذا الدَّيْن من مواردها المعدنية والأراضي الزراعية الخصبة، ويتمثل الإعتراض الوحيد لنظام أوكرانيا في انعدام مقترح توفير ضمانات حماية طويلة المدى، وانعدام الضمانات المستقبلية للنظام…

    تُعتبر الوكالة الأميركية للتنمية الدولية (USAID) أداة « ناعمة » للسياسات التّوسُّعِيّة والعُدْوانية الأمريكية، واها مكاتب في ما لا يقل عن مكائة دولة، وتبلغ ميزانيتها السنوية ما بين 50 و 60 مليار دولار، بهدف  » دعم الاقتصاد والصحة والتعليم، وتقديم المساعدات الإنسانية الطارئة » وفق ميثاقها، غير إنها تورّطت في عمليات إجرامية وتمويل تظاهرات ضدّ حكومات أجنبية والحث على انتهاك حقوق البشر وارتكاب الجرائم، وساهمت مباشرة أو بواسطة منظمات أمريكية أخرى مثل « المجتمع المفتوح » ( جورج سوروس) و »نيد » في إطْلاق الفِتَن في العديد من دول العالم، منذ تأسيسها سنة 1961، وتدخّلت في مناطق النزاعات والحُروب في إفريقيا وأمريكا الجنوبية وآسيا وأوروبا، وعلى مدى السنوات الثلاث الماضية، تلقت أوكرانيا – وهي في حالة حرب مع روسيا – نحو 27,2% من إجمالي « المُساعدات » التي أنفَقَتْها الوكالة الأمريكية للتنمية الدولية (USAID)، وفق بيانات الحكومة الأمريكية الواردة في بوابة ( ForeignAssistance.gov )

    تأسست الوكالة الأمريكية للتنمية الدولية سنة 1961، واستخدمتها وكالة المخابرات المركزية الأمريكية منذ أكثر من ستة عُقُود للتسلل إلى العديد من البلدان النامية وزعزعة استقرارها من خلال تمويل عدد من المنظمات غير الحكومية والحركات المحلية القائمة على الإعانات الضخمة، وقرّر دونالد ترامب إغلاقها ضمن عمليات التطهير التي ينفذها بواسطة وزارة فعالية الحكومة  (DOGE) التي أنشأها على مَقاس إيلون ماسك، الذي أعلن يوم 02 شباط/فبراير 2025 إغلاق المقر الرئيسي للوكالة الأمريكية للتنمية الدولية (USAID) في واشنطن، واستولى فريق إيلون ماسك على أنظمة الكمبيوتر الخاصة بها، وتم فَصْلُ أكثر من 50 من كبار المسؤولين في الوكالة ومنعهم من الإدلاء بأي تصريح وحَظْر التواصل مع أي شخص خارج الوكالة دون إذن، وأقالت إدارة ترامب يوم الأحد 02 شباط/فبراير 2025 إثنين من كبار المسؤولين الأمنيين في الوكالة الأمريكية للتنمية الدولية لرفضهما تسليم وثائق سرية في مناطق محظورة إلى المفتشين الذين أرسلهم إيلون ماسك الذي قرّر – نيابةً عن دونالد ترامب – تعليق تسليم الأموال لعدة دول لمدة 90 يوما باستثناء الكيان الصهيوني ومصر، وقد يتم تجميد « المساعدات » الخاصة بمصر إذا رفض رئيسها تهجير الفلسطينيين من غزة إلى شبه جزيرة سيناء.

    ترتبط الوكالة الأميركية للتنمية الدولية ارتباطاً وثيقاً بشبكات جورج سوروس العالمية – المُسمّاة « مؤسسة المُجتمَع المفتوح » – التي تلقّت الجزء الأكْبَر من التمويلات منذ سنة 2009 على الأقل، فيما بدأ التّعاون بين المُؤسّسَتَيْن ( وكالة التنمية الدّولية والمجتمع المفتوح ) مباشرة بعد انهيار الإتحاد السوفييتي، ووقّعتا – سنة 1993 – اتفاقية لتدريب ثلاثين شخصًا على تقنيات زعزعة الإستقرار، وكانت دول أوروبا الشرقية (بلغاريا وإستونيا وبولندا ورومانيا وسلوفاكيا…) في طليعة الدّول المُسْتَهْدَفَة، ثم استمر التّعاون المالي والتقني والإيديولوجي والسياسي ليُثْمِرَ خلال العقد الأخير من القرن العشرين والعقد الأول من القرن الحادي والعشرين، سلسلة من « الثورات الملونة » في جورجيا وأوكرانيا وبلدان الاتحاد السوفييتي السابق التي تحد روسيا الآن، ولعبت مؤسسة المجتمع المفتوح التي يُديرها جورج سوروس والمنظمات التي تدور في فلكها وفلك الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية، دَوْرًا محورِيًّا في تمويل وتصميم وإدارة هذه « الثورات المُلَوّنة » وخصوصًا « الثورة البرتقالية في أوكرانيا ( سنتَيْ 2003 و2004 )، وأظْهرت الوثائق التي نشرتها « دائرة أبحاث الكونغرس » الأمريكي (Congressional Research Service ) إن الحكومة الإتحادية أنفقت – لدعم « الثورة البرتقالية » – بواسطة الوكالة الأمريكية للتنمية الدّولية ومؤسسة المجتمع المفتوح والعديد من المنظمات « غير الحكومية » ما لا يقل عن 54,7 مليون دولار سنة 2003 وما لا يقل عن 34,11 مليون دولار سنة 2004 تحت عنوان « برامج الديمقراطية » في أوكرانيا… كما تُشير التقديرات إن مؤسسة المجتمع المفتوح التابعة لجورج سوروس أنفقت ما لا يقل عن مائة مليون دولار لإثارة الاضطرابات في أميركا الجنوبية بين سَنَتَيْ 2015 و2018، وتعاونت مؤسسة جورج سوروس مع الوكالة الأمريكية للتنمية الدولية لإدامة حالة عدم الإستقرار في غواتيمالا وفنزويلا وبوليفيا وغيرها،وخصصت سنة 2016 ما لا يقل عن تسْع ملايين دولار لحملة أشرف عليها معهد سوروس لإدارة الشرق والغرب (‘East-West Management Institute ) وخلال سنة 2024 أنفقت الوكالة الامريكية للتنمية الدّولية نحو أربعين مليار دولار في شكل منح ومساعدات وتمويل دورات تدريب  وما إلى ذلك، وفقا لدائرة أبحاث الكونغرس (Congressional Research Service )…

    يُعادل الإنفاق العسكري الأمريكي الإنفاق العسكري الدّولي حيث تبلغ ميزانية وزارة الحرب قرابة تسعمائة مليار دولارا، ونحو أربعمائة مليار دولارا إضافية لأغراض عسكرية ( إدارة المحاربين القدامى ووزارة الأمن الداخلي ووزارة الطاقة والاستخبارات…)، وتُستخدَمُ هذه المبالغ لاقتناء الأسلحة من الشركات الأمريكية مثل رايثيون تكنولوجيز ( RTX Corporation ) أو لوكهيد مارتن (Lockheed Martin ) وعلى مئات القواعد ( أكثر من 800 قاعدة) والمرافق العسكرية في أنحاء العالم، ويُمثل تعيين إيلون ماسك خَرْقًا لقاعدة تجنّب تضارب المصالح، لأنه يستفيد مباشرةً من زيادة الإنفاق الحربي من خلال التعاقد مع وزارة الحرب التي تستخدم برامجه في مجال الفضاء التي يَصِفُها ماسك بأنها « تطبيق التكنولوجيا لحل المشاكل القديمة بطرق جديدة »، وله علاقات مع المُشرفين على جيش البحرية وجيش الجو، وهم يُعارضون مثلَه خفض التّكاليف في المجال العسكري، ويُدافعون مثله على « زيادة فعالية أنظمة الأسلحة »، مما يتطلّب زيادة الإنفاق، تماشيًا مع ثقافة تقديس المؤسسة العسكرية الأمريكية وتعظيم دَوْرِها وثقافة العَسْكَرَة السائدة في الأوساط السياسية الأمريكية، وخصوصًا في الكونغرس الذي يُقِرُّ « المُساعدات » العسكرية الأمريكية للدّول الأجنبية خدمة لاستراتيجيات السياسة الأمريكية ومصالح الشركات الأمريكية، وتخدم هذه « المُساعدات » المُجمّع الأمريكي للصّناعات العسكرية بدرجة أولى، لأن هذه « المُساعدات » ( من المال العام) مُخَصّصة لشراء السّلاح الأمريكي…

    الطاهر المعز

      

    الطاهر المعز

  • The Cradle-Comment HTS, en Syrie, saborde discrètement la cause palestinienne

    The Cradle-Comment HTS, en Syrie, saborde discrètement la cause palestinienne

    Sous la direction d’Ahmad al-Sharaa, les nouveaux dirigeants islamistes de Syrie marginalisent systématiquement les factions palestiniennes, favorisent l’Autorité palestinienne soutenue par les États-Unis, démantèlent les groupes liés à l’Iran et remodèlent la dynamique des réfugiés en s’alignant sur une stratégie plus large soutenue par les États-Unis pour neutraliser la Résistance palestinienne.

    Depuis la chute du gouvernement syrien le 8 décembre, l’orientation de la nouvelle administration par intérim, dirigée par Ahmad al-Sharaa, s’est peu à peu précisée. Sur les plans politique, militaire et juridique, Damas semble désormais s’aligner sur la vision de longue date de Washington, qui consiste à faire échec à la cause palestinienne.

    Cet alignement se concrétise sur trois fronts clés :

    • Premièrement, l’Autorité palestinienne (AP), les factions de la Résistance telles que le Hamas, le Jihad islamique palestinien (JIP) et d’autres factions issues de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

    • Deuxièmement, l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA) chargé spécifiquement d’aider les réfugiés palestiniens dans la région, et

    • Troisièmement, les camps abritant des réfugiés palestiniens et des Syriens déplacés.

    Deux faits nouveaux illustrent cette évolution. D’abord, la Turquie et le Liban ont tous deux empêché les Palestiniens titulaires de documents syriens de retourner en Syrie au même titre que les ressortissants syriens. Ensuite, les médias américains ont révélé que Washington et Damas sont en pourparlers sur la possibilité d’accueillir en Syrie des dizaines de milliers de Gazaouis déplacés, en échange d’un allègement des sanctions ou d’un accord politique plus large, notamment à la suite des massacres côtiers de cette année.

    Plus de quatre mois après le début de la transition vers un nouveau gouvernement, une chose est claire : l’ancien dirigeant affilié à Al-Qaïda, Ahmad al-Sharaa, désormais président de la Syrie, maintient le Hamas à distance. Malgré les requêtes répétées de Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas à l’étranger, pour se rendre à Damas, les autorités intérimaires ont fait traîner les choses, dans le but d’éviter une confrontation directe avec Israël ou les États-Unis.

    Cette nouvelle posture syrienne intervient alors que se poursuit le génocide du peuple palestinien et que l’État d’occupation cherche à éliminer la Résistance islamique.

    The Cradle a appris que la communication entre le Hamas et les nouvelles autorités transite en grande partie par des intermédiaires turcs. Ankara favoriserait la réinstallation de plusieurs responsables militaires du Hamas à Idlib, le fief des militants de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Sharaa.

    En revanche, Sharaa, qui a rencontré le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa en janvier, a officiellement ouvert des négociations avec la mission diplomatique de l’Autorité palestinienne à Damas, la reconnaissant comme représentante officielle du peuple palestinien.

    La délégation en visite comprenait de hauts responsables du Fatah et de l’OLP, notamment le fils de Mahmoud Abbas, venu récupérer des propriétés précédemment détenues par des factions anti-Fatah sous le gouvernement de l’ancien président syrien Bachar al-Assad.

    La nuit où le gouvernement Assad s’est effondré, le secrétaire général du Front populaire-Commandement général (FPLP-CG), Talal Naji, et le chef d’état-major de l’Armée de libération de la Palestine (ALP), Akram al-Rifai, se sont réfugiés à l’ambassade de l’Autorité palestinienne. L’ambassadeur palestinien Samir al-Rifai aurait reçu une vive réprimande d’Abbas pour leur avoir accordé refuge. Quant aux autres chefs de faction, ils sont tous restés chez eux.

    Le lendemain de l’entrée des forces de HTS à Damas, celles-ci ont procédé à une vague de fermetures de bureaux des factions palestiniennes. Ceux du Fatah al-Intifada, du mouvement Al-Sa’iqa, proche du Baas, et du FPLP-CG ont été fermés, et leurs armes, véhicules et biens immobiliers ont été saisis.

    Le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), qui a fait profil bas durant la guerre en Syrie, a été autorisé à poursuivre ses activités, mais sous surveillance.

    Les 11 et 12 décembre, plusieurs chefs de faction se sont réunis à l’ambassade de Palestine en présence du dirigeant du PLA, Rifai, pour discuter de leur avenir. Ils ont tenté d’organiser une réunion officielle avec Sharaa par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères de la Syrie. Au lieu de cela, un messager de HTS, identifié comme étant Basil Ayoub, est arrivé à l’ambassade et a exigé la divulgation complète de tous les avoirs appartenant à la faction, y compris les biens immobiliers, les dépôts bancaires, les véhicules et les armes. Aucun engagement politique ne sera possible, a-t-il déclaré, tant qu’un inventaire complet n’aura pas été présenté.

    Les factions ont obtempéré en rédigeant une lettre déclarant que leurs avoirs ont été acquis légalement et qu’elles étaient prêtes à limiter leur activité à la sensibilisation politique et médiatique, en totale conformité avec la nouvelle posture de la Syrie. Les suites données à la lettre adressée à Sharaa et sa réponse sont inconnues.

    Ce qui a suivi a été une décapitation systématique de la structure des factions palestiniennes en Syrie.

    Début février, le secrétaire général du Fatah al-Intifada, Abu Hazem Ziad al-Saghir, a été arrêté à son domicile. Après des heures d’interrogatoire et une descente dans son bureau – où des documents auraient permis de l’associer au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien -, il a été libéré.

    Une semaine plus tard, il a été de nouveau arrêté et placé dans un nouveau centre de détention situé derrière le stade Abbasid. Un accord financier a été conclu : 500 000 dollars en échange de sa libération et de son expulsion vers le Liban. Sur proposition de la commission, le Comité central du mouvement a publié une déclaration mettant fin aux fonctions de Saghir et le démettant de ses fonctions au sein du mouvement. Cependant, Saghir a publié une contre-déclaration depuis le Liban, transférant le Secrétariat général du mouvement au Liban et démettant de leurs fonctions ceux qui ont pris la décision de le destituer.

    La faction palestinienne baasiste, Al-Sa’iqa, n’a pas connu un sort plus enviable. Son secrétaire général, Muhammad Qais, a été interrogé et dépouillé des actifs du groupe. Bien qu’il n’ait pas été aux commandes durant la bataille de Yarmouk et qu’il ait donc échappé à une sanction plus sévère, HTS a ordonné la suppression du terme «Baas» de tous les documents officiels [parti politique panarabe, socialiste et laïc fondé en Syrie]. Une déclaration a rapidement émergé des territoires occupés, dénonçant Qais comme étant un «vestige du régime», suggérant une division interne croissante.

    HTS a également sévèrement réprimé le FPLP-CG, dont le secrétaire général, Talal Naji, a été assigné à résidence et interrogé à plusieurs reprises. Tous les bureaux, véhicules et armes du groupe ont été confisqués, leur siège a été fermé et leurs membres ont été battus et soumis à des humiliations. Leur station de radio, Al-Quds Radio, a été mise sous séquestre et leur hôpital Umayyah serait le prochain sur la liste.

    Le «Front Nidal», une faction dissidente du Front de lutte populaire palestinien (FLPP), un groupe de gauche au sein de l’OLP, a été le plus controversé des groupes. Au début des événements, Khaled Mechaal a pu servir de médiateur pour le secrétaire général du Front, Khaled Abdul Majeed, et le protéger, lui et son organisation. Cependant, en février, Abdul Majeed s’est enfui aux Émirats arabes unis.

    Sa résidence personnelle et ses véhicules – qui seraient sa propriété privée – ont été saisis, ainsi que 50 millions de livres syriennes (moins de 5000 dollars) d’actifs. Contraint de démissionner par HTS, il a transféré son autorité à un comité central opérant depuis Damas et Beyrouth.

    Le FDLP a jusqu’à présent échappé au plus gros de ces purges, et ses bureaux et véhicules ont été épargnés par la nouvelle administration, peut-être parce qu’il n’aurait aucun lien avec l’Iran ou le Hezbollah. Le bureau principal du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP – différent du FPLP-CG) dans le quartier de Taliani à Damas reste ouvert mais inactif, tandis que le reste de ses bureaux ont été fermés.

    À l’heure actuelle, le JIP, dont les combattants sont en première ligne à Gaza depuis le 7 octobre 2023 pour combattre Israël, occupe toujours ses bureaux en Syrie. Le représentant de la faction n’a pas été convoqué pour interrogatoire, bien qu’Israël ait bombardé un appartement utilisé par le secrétaire général du groupe, Ziad al-Nakhala.

    Cependant, des personnalités militaires clés du JIP sont parties pour Bagdad la nuit où Damas est tombée aux mains de HTS. Leurs activités en Syrie semblent s’être largement réduites à l’organisation de funérailles pour les combattants tués au combat dans le sud du Liban, mais exclusivement à l’intérieur des camps de réfugiés palestiniens.

    Le camp de Yarmouk à Damas a déjà été le théâtre d’une série de manifestations au début du mois de février, notamment des rassemblements exigeant la fermeture du siège des organisations pro-régime et la poursuite des personnes impliquées dans l’arrestation et le meurtre de résidents du camp. Les événements ont dégénéré en une tentative d’incendie du siège des Brigades Qods du JIP, certains jeunes et enfants jetant des pétards sur le bâtiment. Au même moment, une manifestation a éclaté pour protester contre la décision de rouvrir les bureaux des brigades Al-Sa’iqa dans le camp d’Al-A’edin,

    La répression des groupes politiques a créé un vide à la direction des camps palestiniens de Syrie. Les conditions de vie, déjà désastreuses, se sont encore détériorées. Début février, des protestations ont éclaté dans plusieurs camps à la suite des attaques brutales d’Israël contre le camp de Jénine en Cisjordanie occupée, après la visite de la délégation de l’Autorité palestinienne et la reconnaissance officielle par le gouvernement syrien de l’autorité de Ramallah. Beaucoup craignaient que ce changement n’accélère les projets de réinstallation permanente des réfugiés. Dans le même temps, les habitants affirment avoir été contraints de participer à des rassemblements publics en soutien à la présidence autoproclamée de Sharaa.

    Le 24 février, le Comité de développement communautaire de Deraa a commencé à collecter des données personnelles détaillées auprès des résidents du camp sous prétexte d’améliorer la prestation de services. Un recensement similaire a été lancé quelques jours plus tôt à Jaramana, mais l’objectif et les commanditaires de ces efforts n’ont pas été clairement identifiés.

    C’est dans ce vacuum que le Hamas est intervenu. Par l’intermédiaire d’organisations affiliées telles que l’Autorité palestinienne pour le développement, le Hamas a commencé à distribuer de la nourriture et de l’aide financière, souvent par l’intermédiaire d’agents infiltrés au sein de HTS. Cette initiative est intervenue alors que les services autrefois offerts par le JIP (transports, restauration collective et soutien médical) ont été interrompus. Même le siège de l’Association d’amitié palestino-iranienne à Yarmouk a été repris et réaffecté par des membres de HTS.

    D’autres acteurs, tels que la Fondation Jafra et le Croissant-Rouge palestinien, continuent de fonctionner malgré d’importantes contraintes. Leurs initiatives n’ont pas suffi à répondre à la demande, d’autant que l’économie locale continue de s’effondrer. La plupart des réfugiés dépendent du travail au noir et l’économie étant en grande partie paralysée, la survie quotidienne devient précaire.

    Une proposition de règlement, transmise par la médiation turque, est particulièrement préoccupante. Elle offrirait aux Palestiniens de Syrie trois options :

    • la naturalisation syrienne,
    • l’intégration dans une nouvelle «communauté» affiliée à l’AP sous la supervision de l’ambassade, ou
    • le classement consulaire avec renouvellement annuel de la résidence.
    • La quatrième option implicite est le déplacement, à l’image de ce qui est arrivé aux Palestiniens en Irak après l’invasion américaine.

    Bien que les nouvelles autorités syriennes n’aient pas ouvertement pris pour cible l’UNRWA, leur manque de coopération en dit long. L’UNRWA ne semble plus être considérée comme la principale institution responsable des affaires palestiniennes en Syrie.

    Dans le camp de Khan Eshieh, un comité local travaillant avec la nouvelle administration a demandé au gouvernorat de Damas de préparer un plan de réhabilitation des infrastructures du camp. Le message est clair : les autorités syriennes se préparent à reprendre la gestion du camp des mains de l’UNRWA, selon le modèle jordanien.

    Entre-temps, le Département de l’immigration et des passeports a recommencé à délivrer des documents de voyage aux réfugiés palestiniens en janvier, une décision bureaucratique qui a révélé l’intention du nouveau gouvernement de reprendre le contrôle. À peu près au même moment, l’Association des réfugiés arabes palestiniens de Damas a suspendu ses activités à la suite d’un cambriolage qui aurait entravé le versement des pensions aux réfugiés retraités.

    Malgré des ressources limitées, le Hamas et le PIJI restent un sujet de préoccupation pour l’État d’occupation. Un récent rapport du média israélien Yedioth Ahronoth affirme que les deux groupes tentent de reconstruire leur capacité militaire en Syrie, dans le but de cibler les colonies situées près du plateau du Golan et du nord de la Galilée. Bien que le rapport ne fasse état d’aucun mouvement de troupes confirmé au sud de Damas, il avertit qu’une planification opérationnelle est en cours.

    Un examen approfondi des agissements de Sharaa et du nouveau régime à Damas ne révèle aucune indication de la dissolution des opérations de ces deux organisations, comme le prétendent les Israéliens. Toutes les mesures prises sont temporaires, en attendant qu’un «grand accord» soit conclu avec les Américains, dont l’une des dispositions sera le statut officiel et politique des Palestiniens. À moins que le pays ne sombre dans le chaos, l’une des conséquences attendues sera une intervention militaire israélienne terrestre claire sous prétexte de chasser les Palestiniens de la zone frontalière.

    source : The Cradle

    https://thecradle.co/articles/how-syrias-hts-is-quietly-dismantling-the-palestinian-cause

  • الطاهر المعز-الولايات المتحدة وإعادة تشكيل النظام الرأسمالي العالمي

    الطاهر المعز-الولايات المتحدة وإعادة تشكيل النظام الرأسمالي العالمي

    يبتز الرئيس الأمريكي الأنظمة العميلة مثل السعودية والإمارات وقَطَر، ويأمرهم بالتّطبيع مع الكيان الصهيوني – في ذروة عمليات الإبادة التي يتعرّض لها الشعب الفلسطيني – وبتخريب البلدان التي تستهدفها الولايات المتحدة ( مثل ليبيال وسوريا واليمن…) وبتمويل الإقتصاد الأمريكي من خلال بيع النفط بالدّولار ( أو ما يُسمّى البترودولار) الذي تستفيد منه الخزينة والإقتصاد الأمريكيّيْن، ونقلت وكالة رويترز عن مسؤول في البيت الأبيض، يوم الجمعة 21 آذار/مارس 2025، بَعْد بضعة أيام من لقاء مسؤولين إماراتيين بالرئيس الأمريكي دونالد ترامب في واشنطن ( يوم الثلاثاء 18 آذار/مارس 2025) « إن الإمارات التزمت باستثمار 1,4 تريليون دولارا، في الولايات المتحدة، خلال عشر سنوات، في قطاعات البنية التحتية للذكاء الاصطناعي وأشباه الموصلات والطاقة والتصنيع، بعد التزام السعودية بضخ 450 مليار دولار، وكُلّما استجابت عشائر الخليج للأوامر زادت الطلبات الأمريكية، في حين تُحاول أوروبا وكندا والمكسيك الدّفاع عن مصالح رأسمالياتها وشركاتها المحلية، وتستغل الصين وإيران وروسيا ثغرات المخططات الأمريكية لتجد لها مكانًا في المنظومة الرأسمالية العالمية…

    شكلت الفترة الثانية لرئاسة دونالد ترامب (بداية من 20 كانون الثاني/يناير 2025) خطوة جديدة في طريق غطرسة وفجاجة رأس المال الإحتكاري الأمريكي الذي يُمثّله الرئيس والدّوائر المُقرّبة منه والأثرياء الذين مَوَّلُوا حملته الإنتخابية، فهو يُهدّد الدّول التي تُحاول إجراء المبادلات التجارية والتّحويلات المالية الدّولية بعملات غير الدّولار، فما هي أهمية الدّولار في منظومة الهيمنة الأمريكية؟    

    كانت الولايات المتحدة أكبر منتصر بأقل قدر من الخسائر في أعقاب الحرب العالمية الثانية، وخَطّطت منذ سنة 1944 للهيمنة على العالم من خلال إنشاء هيئة الأمم المتحدة، على أنقاض عُصْبَة الأمم، ونظام بريتون وودز (المؤسسات المالية الدّولية) الذي رَسَّخَ الدولار الأمريكي كعملة أساسية في العالم، مرتبطة بالذهب ( أوقية ذهب = 35 دولارا)، مما عزز الهيمنة الاقتصادية الأمريكية، ولكن وبعد حوالي 25 سنة، وبضعة حُروب ( من كوريا إلى فيتنام، مرورًا بالتّدخلات الأخرى في قارّات آسيا وإفريقيا وآمريكا الجنوبية) واجهت الولايات المتحدة عجزًا تجاريًا متزايدًا، مع انخفاض  احتياطيات الذهب، لأن العديد من الدول أرادت استبدال الدولار الأمريكي بالذهب ( الذي لا تملكه الولايات المتحدة) مما أدى إلى اتخاذ الرئيس رتشارد نيكسون، سنة 1971، قرار فك ارتباط الدّولار بالذّهب، وإنهاء إمكانية تحويل الدولار إلى ذهب، وهدّد هذا القرار المكانة المُهيْمنة للدّولار، لولا شيوخ النفط العرب (آل سعود بشكل خاص) الذين أنقذوا الدّولار من خلال صفقة سنة 1974 التي ضمنت تسعير النفط السعودي بالدولار فقط، مقابل الحماية العسكرية الأمريكية والسماح ببيع الأسلحة الأمريكية إلى السعودية، وبذلك تبقى عائدات صادرات النفط السعودي في الولايات المتحدة، لدى شركات السلاح والسيارات الفاخرة والطّائرات الخاصة والمراكب السياحية، وكذلك من خلال شراء سندات الخزانة الأمريكية، وبذلك أنقذ نظام « البترودولار » العُملة الأمريكية والأقتصاد الأمريكي الذي كان متأزما بفعل ارتفاع وتيرة العدوان على شعوب فيتنام ولاوس وكمبوديا.

    كانت الولايات المتحدة أكبر مستفيد مما وُصِف ب » حرب النفط »  بعد حرب 1973، أي حظر تصدير النفط لأصدقاء الكيان الصهيوني، الذي كان حظْرًا قصيرًا، ومناورة كبيرة أدّت إلى ارتفاع أسعار النفط أربعة أضعاف من حوالي ثلاث دولارات إلى 12 دولارًا لبرميل النّفط الخام، ونتجت عنه أزمة طاقة عالمية، غير إن مناورة ربط سعر النفط بالدولار ( بدْءًا من السعودية ثم دول أوبك)، زاد من القوة المالية الأمريكية، لتزيد هيمنتها على العالم، من خلال ضخ فائض البترودولار في المصارف والسندات الأمريكية، أي دعم عجز الموازنة الأمريكية وتمويل نفقات الحرب الباردة والحرب الساخنة، وتعززت مكانة الدّولار كعملة احتياطية دولية سمحت للولايات المتحدة بالحفاظ على التفوق الاقتصادي والعسكري، ولا تزال نسبة 80% من معاملات النفط الدّولية تتم بالدولار الأمريكي، سنة 2024، ولا تزال الولايات المتحدة تَبْتَزُّ السّعودية حيث اعلن دونالد ترامب بعد تنصيبه رسميا ( 20 كانون الثاني/يناير 2025)، ثم كرّر يوم السابع منآذار/مارس 2025: سأذهب إلى السعودية التي ضخّت خلال فترة رئاستي الأولى 450 مليار دولارا في الإقتصاد الأمريكي، وبما إنهم ازدادوا ثراء سآمرهم بضخ تريليون دولار للشركات الأمريكية على مدى أربع سنوات، ووافقوا علىذلك، وسينفقون أموالًا طائلة لشراء معدات عسكرية وغير عسكرية من الشركات الأمريكية…

    رسّخ نظام البترودولار الهيمنة النقدية العالمية للدولار الأمريكي، مما سمح للولايات المتحدة بممارسة نفوذ هائل على مجمل دول العالم التي تضطر إلى الإحتفاظ بكميات كبيرة من الدّولارات لشراء المواد الأولية والمحروقات، وتستثمر فائض الدّولارات في الأصول الأمريكية (سندات الخزانة) فتُساهم بذلك كل الدّول في تمويل عجز الموازنة الأمريكية وفي المحافظة على مسوى منخفض لأسعار الفائدة الأمريكية، وتُعدّ الولايات المتحدة الدّولة الوحيدة القادرة على طباعة النقود – دون رقيب – لتمويل الإنفاق الحكومي على الأسلحة والبنية التحتية وغزو الفضاء الخ، دون التسبب في ارتفاع كبير لنسبة التضخم، لأن التجارة الدّولية تمتص الكميات الفائضة من الدّولارات المطبوعة دون أن يُقابلها إنتاج حقيقي…

    ربطت صفقة البترودولار الأمريكية – السعودية، قبل خمسة عُقُود، النظام النقدي العالمي بالوقود الأحفوري والقوة العسكرية الأمريكية، وأدّت إلى تزايد النفوذ الأمريكي والتدخلات العسكرية الإمبريالية، غير إن العقوبات المالية الأمريكية جعلت الصين وروسيا وإيران وبعض الدّول الأخرى تُحاول تداول المحروقات بعملات أخرى (غير الدّولار)، وأصبح موضوع استبدال الدّولار بعملات أخرى مطروحًا في مؤتمرات مجموعة بريكس وبعض المؤتمرات الإقليمية، ويتطلب إنجاز القطيعة مع صفقة البترودولار عُقُودًا وعزيمة سياسية وتعاونًا بين العديد من البلدان، لأن البترودولار ركيزة أساسية لنظام عالمي كامل من الهيمنة الأمريكية على الاقتصاد العالمي ومنظومة التحويلات النّقدية، ولذلك تمت الإطاحة بالنظام العراقي واحتلال البلاد الغنية بالنفط بعد قرار الحكومة – سنة 2000 – بَيْع النّفط باليورو، بدل الدّولار، وتمت الإطاحة بالنظام الليبي واحتلال البلاد – الغنية بالنفط – وتقسيمها بعد اقتراح معمر القذافي إصدارعملة أفريقية مدعومة بالذهب.

    من جهة أخرى تدعم الإمبريالية الأمريكية الكيان الصهيوني، حليفها الرئيس في الوطن العربي، سياسيا وعسكريا واقتصاديا بفضل البترودولار ( حوالي 250 مليار دولارا بين 1959 و 2022) ودعم عسكري ضخم واستثنائي، منذ السابع من تشرين الأول/اكتوبر 2023، وبذلك يكون البترودولار (والمحروقات الخليجية ) قد عزّزَ نفوذ الولايات المتحدة والتفوق العسكري الصهيوني، ومَوَّل البترودولار الحرب في أوكرانيا، عبر الأسلحة التي يُرسلها المُجمّع الصناعي العسكري الأمريكي، ولولا مكانة الدولار كاحتياطي وقدرة الاحتياطي الفيدرالي على خلق أموالٍ يمتصها العالم، لما تمكّنت الإمبريالية الأمريكية من الحفاظ على هيمنتها ومن الإعتداء (مُباشرة أو بالوكالة) على شُعُوب وبلدان العالم، ولما تمكنت من نشر جيشها ومعدّاتها العسكرية في جميع القارات والبحار وفي أكثر من ثمانمائة قاعدة عسكرية حول العالم…  

    لم يقتصر دونالد ترامب- خلال فترة رئاسته الثانية – على ابتزاز « عرب أمريكا » من صهاينة النّفط الخليجي، بل امتد التهديد إلى الشّركاء والحُلفاء من كندا والمكسيك إلى اليابان وكوريا الجنوبية، مرورًا بأوروبا، وتُبَيِّنُ الفقرة المُوالية ردّ رئيسة المكسيك، والفَرْق بين انحناء شُيُوخ الخليج وشُمُوخ الرئيسة المكسيكية كلوديا شينباوم.

    بعد انتخاب دونالد ترامب رئيسًا ( للمرة الثانية) للولايات المتحدة، وقبل تنصيبه، هاجم، يوم 25 تشرين الثاني/نوفمبر 2024، حكومة المكسيك بشأن « الهجرة والاتجار بالفنتانيل والتعريفات الجمركية »، وردّت كلوديا شينباوم، رئيسة المكسيك برسالة (أوائل كانون الأول/ديسمبر 2024) : « … إن تخصيص نسبة ضئيلة من الإنفاق الحربي للولايات المتحدة كفيل ببناء السلام وتعزيز التنمية، ومعالجة الأسباب الكامنة وراء تنقل العُمّال من بلدانهم – بدافع الضّرورة – إلى الولايات المتحدة، مرورًا بالمكسيك…  » من جهة أخرى:  »  إن المكسيك لا تُنتج أسلحة، وإن 70% من الأسلحة غير المشروعة التي يتم الاستيلاء عليها من المجرمين في المكسيك تأتي من الولايات المتحدة (…)  ولا يمكن التصدي للهجرة ولاستهلاك المخدرات في الولايات المتحدة من خلال التهديدات أو التعريفات الجمركية التي تُهدّد مشاريعنا المُشتركة وتُعرّضها للخطر، فمن بين المُصَدِّرِين الرّئِيِسِّيين من المكسيك إلى الولايات المتحدة شركات جنرال موتورز وستيلانتيس وفورد موتورز التي وصلت إلى المكسيك منذ 80 عامًا، وهي أول الشركات التي تُعَرِّضُها زيادة التعريفة الجمركية للخطر، فضلا عن التضخم وفقدان الوظائف في كل من الولايات المتحدة والمكسيك… »

    لمّا أصَرّ دونالد ترامب على رأيه وشَدّد اللهجة ( ضدّ كندا والمكسيك)رَدّت كلوديا شينباوم رئيسة المكسيك ( كانون الثاني/يناير 2025) :  » … قَرّرتُم بناء جدار، حسنًا، أيها الأمريكيون الأعزاء، حتى لو كنتم لا تفهمون الكثير عن الجغرافيا، حيث أن أمريكا بالنسبة لكم هي بلدكم وليست قارة، فمن المهم أن تكتشفوا أن هناك، خارج هذا الجدار سبعة مليارات شخص، لكن بما أنكم لا تعرفون حقًا مصطلح (أشخاص)، فسوف نسميهم (مستهلكين)، هناك سبعة مليارات مستهلك مستعدون لاستبدال أجهزة « آي فون » الخاصة بهم بأجهزة سامسونغ أو هواوي فورًا، كما يمكنهم استبدال ملابس « لِفِيسْ » ب »زارا » أو ديوتي ماسيمو، كما يُمكننا بسهولة، خلال أقل من ستة أشهر، التوقف عن شراء سيارات فورد أو شفروليه واستبدالها ب تويوتا أو كيا أو مازدا أو هوندا أو هيونداي أو فولفو أو سابورو أو رينو أو بي إم دبل يو، وهي أفضل من الناحية الفنّية من السيارات التي تنتجونها…

    يمكن لهؤلاء المليارات السبعة أيضًا التوقف عن الاشتراك في  Direct TV، كما يمكننا التوقف عن مشاهدة أفلام هوليوود والبدء في مشاهدة المزيد من إنتاجات أمريكا الجنوبية أو الأوروبية التي تتمتع بجودة ورسالة وتقنيات سينمائية ومحتوى أفضل، ويمكننا كذلك تخطي Disney والذهاب إلى منتزه Xcaret في كانكون أو المكسيك أو كندا أو أوروبا، فهناك وجهات ممتازة أخرى في أمريكا الجنوبية والشرق وأوروبا، ويوجد في المكسيك همبرغر أفضل من همبرغر  McDonald’s  ويحتوي على محتوى غذائي أفضل.

    هل رأى أحد أهرامات في الولايات المتحدة؟ توجد في مصر والمكسيك وبيرو وغواتيمالا والسودان ودول أخرى، أهرامات ذات ثقافات لا تصدق… اكتشفوا أين توجد عجائب العالم القديم والحديث … لا يوجد أي منها في الولايات المتحدة … يا للأسف، لو وُجِدَت، كان ترامب سيشتريها ويبيعها ليحقق ربحًا من تجارتها !

    نحن نعلم، على سبيل المثال، أنه إذا لم يشتر هؤلاء المليارات السبعة من (المستهلكين) منتجاتكم، فستكون هناك بطالة وسينهار اقتصادكم (داخل الجدار العنصري) لدرجة أنكم ستتوسلون إلينا لهدم الجدار المشؤوم الذي لم نُبادر نحن بإقامته، بل أنتم أردتم جدارًا، ستحصلون على جدار… مع خالص التقدير. » انتهى الإقتباس  الذي لا يحتاج تعليقًا.

    الرُّسُوم الجمركية هي ضرائب تفرضها الحكومات على السلع والخدمات المستوردة، يُسدّدها المُستورِد للدّولة، ثم يُضيفها إلى سعر بيع تلك المنتجات، مما يزيد من تكلفة المنتجات الأجنبية مقارنة بالبدائل المنتجة محليًا، وتستخدمها الدًّول لحماية الصناعات المحلية من المنافسة الأجنبية و لزيادة الإيرادات الحكومية ولمعالجة اختلالات الميزان التجاري… 

    أعلن الرئيس الأميركي دونالد ترامب فَرْضَ رسوم جمركية مرتفعة على واردات التكنولوجيا والأدوية والسيارات والعديد من السلع الأخرى القادمة من عشرات الدول، بما فيها سلع الشركاء الرئيسيين ( كندا والمكسيك والإتحاد الأوروبي والصّين)، وقد ترتفع خسائر التجارة العالمية جراء ذلك إلى عشر تريليونات دولارا، ويدخل القرار حيّز التنفيذ، يوم الثاني من نيسان/ابريل 2025، بهدف إجبار الشركات العابرة للقارات على الإستثمار وإنتاج السّلع في الولايات المتحدة، غير إن بيانات الإحتياطي الإتحادي الأمريكي تُشير إلى التّداعيات السّلبية لهذه الإجراءات من ذلك خَفْض تَوَقُّعَات النُّمُوّ من 2,1% خلال شهر كانون الأول/ديسمبر 2024 إلى 1,7% يوم 19 آذار/مارس 2025، ورفع تقديرات التّضخّم من 2,5% خلال شهر كانون الأول/ديسمبر 2024 إلى 2,8% خلال شهر آذار/مارس 2025، واحتمال حدوث « الرُكود التّضخّمي » للإقتصاد الأمريكي ( أي ارتفاع التّضخّم مع تباطؤ النمو)، بفعل زيادة الرّسوم الجمركية التي فرضها الرئيس دونالد ترامب على شركاء تجاريين رئيسيين للولايات المتحدة مما يُؤدّي إلى ارتفاع أسعار السلع والخدمات وتقليص إنفاق المستهلكين، دون ضمان تحقيق الأهداف المُعْلَنَة لدونالد ترامب، ومن ضمنها: تشجيع الإنتاج المحلي واستثمار الشركات في الولايات المتحدة التي استثمرت في الخارج بسبب انخفاض تكاليف الإنتاج، وتُصدّر هذه الشركات الأمريكية معظم إنتاجها إلى الولايات المتحدة حيث يشتري المستهلك الأمريكي هذه المنتجات بأسعار رخيصة وقد تُؤَدِّي زيادة الرُّسُوم الجمركية إلى ارتفاع أسعار المستهلك ومبيعات التجزئة…

    رَدّ شُركاء الولايات المتحدة بالمِثْل، فقد أعلنت الصين وكندا والإتحاد الأوروبي فرض رسوم جمركية على مجموعة من السلع والمنتجات الزراعية الأمريكية، بينما بقيت منظمة التجارة العالمية – التي تم تأسيسها بدلا من الإتفاقية العامة للتعريفات الجمركية والتجارة « غات » سنة 1995 بدعم من الولايات المتحدة وأوروبا – في حالة غيبوبة، ولم تُؤَدِّ دَوْرَها المُتمثّل في « ضمان تعزيز بيئة مفتوحة للتجارة العالمية، وتوفير منصة للحوار ولتسوية النزاعات الاقتصادية » وفق المديرة العامة لمنظمة التجارة العالمية، غيرإن دونالد ترامب ( وسُلطات الولايات المتحدة عمومًا ) لا تهتم باحترام المؤسسات الدّولية وفي مقدّمتها منظمات الأمم المتحدة، ولا قواعد السياسات أو الإتفاقيات الدّولية، وتتصرّف السلطات الأمريكية وكأنها السّلْطة العُليا للعالم، دون مراقبة أو مُحاسبة أو نقاش أو تشَاوُر مع الدّوَل الأُخْرى، فقد تجاهلت إدارة الرئيس جوزيف بايدن تحكيم منظمة التجارة العالمية الذي أشار إلى تَعَارُضِ التعريفات الجمركية التي فرضها سَلَفُه ( دونالد ترامب خلال فترة رئاسته الأولى) على الصلب والألومنيوم سنة 2018، لأن الولايات المتحدة أصبحت ( منذ انضمام الصين سنة 2001) تعتبر إن منظمة التجارة العالمية عاجزة عن حل المشاكل التي تواجهها مع الصين التي قدّمت حكومتها شكوى ضدّ « انتهاك قواعد التجارة الدّولية من قِبَل الولايات المتحدة »…

    يتناقض مفهوم الدّيمقراطية الحقيقية مع تركيز الثروة في أيدي قلة من الناس، لأن عدم المُساواة في الدّخل وسُبُل العيش يعزّز سيطرة الأقلِّيّة الثّرِيّة على الأغلبية الفقيرة، وهذا ما يحصل في الدّول الرأسمالية وبالأخص في الولايات المتحدة حيث يُسيْطِر حوالي 10% من الأثْرياء على أدوات السُّلْطة الإقتصادية وعلى سُلْطة القرار السّياسي، بالتوازي مع توسّع الفجوة بين الأقلية الثّريّة والأغلبية المتوسطة والفقيرة، إذ لا يرتفع الحد الأدنى للرواتب الإتحادية سوى بمعدّل مرة واحدة كل 15 سنة، مما زاد من تعميق الفجوة بين رواتب الرؤساء والمُديرين والكوادر ورواتب العمال وصغار الموظفين، ففي سنة 1965، كان متوسط الأجر أجر الرؤساء التنفيذيين للشركات يُعادل أُجور 21 عامل وتعمقت الفجوة سنة 2021 ليُعادل أجر الرئيس التنفيذي أُجُورَ حوالي أربعمائة عامل، ويستحوذ 10% من الأثرياء على نحو 50% من الإنفاق الإستهلاكي، ويتمتعون بالإعفاء الضّريبي، مما يُؤَدِّي إلى زيادة التّفَاوُت في الثروة، ففي سنة 2023، كان أغنى ثلاثة من أصحاب المليارات الأميركيين يمتلكون ثروة شخصية أكبر من تلك التي يمتلكها أفقر 50% من السكان، ويمتلك أغنى 10% من الأسر الأميركية نحو ثلثي إجمالي الثروة، وهو ضعف ما يمتلكه 90% من السكان، ولا يمتلك 50% من السكان سوى 3% فقط من إجمالي الثروة…

    يُسيطر الأثرياء كذلك على أجهزة السّلْطة التشريعية والتنفيذية والقضائية وعلى وسائل الإعلام، من خلال دعم المُرَشَّحين وتمويل الحملات الإنتخابية، ليمتدّ تأثيرهم إلى تشكيل الحكومة وإلى تصميم السياسات الدّاخلية والخارجية، ويُجسّد دونالد ترامب هيمنة الأثرياء كما يُمثل البذاءة والوقاحة والصّلَف، إزاء المواطنين الأمريكيين وإزاء حُكّام ومواطني العالم…

    بالمُقابل فإن الدّولة الأمريكية عالة على مواطنيها وعلى العالم، حيث  يُقدّر الناتج المحلي الإجمالي بنحو 29,809 تريليون دولار وبلغ حجم الدّيْن القومي الأميركي نحو 36,6 تريليون دولار ( 107,019 دولارا لكل مواطن أمريكي)، أي إن الدّين بلغ 123% من الناتج المحلي الإجمالي، خلال شهر آذار/مارس 2025، فيما يبلغ العجز المالي للحكومة الإتحادية تريليُونَيْ دولار أو 6,7% من الناتج المحلي الإجمالي، وتجدر الإشارة إن صندوق النّقد الدّولي يفرض على الدّوَل المقترضة أن لا يتجاوز العجز العام السنوي 3% من الناتج المحلي الإجمالي، وأن لا يتجاوز الدَّيْن العام 60% من الناتج المحلي الإجمالي، وبدل زيادة الضريبة على الثروات وعلى أموال الرّيع والمُضاربة، أقر مجلس النواب الأمريكي تخفيضات ضريبية بقيمة 4,5 تريليون دولار، وخفض الإنفاق الحكومي بتريليونَيْ دولار على مدى العقد المقبل، من 2025 إلى 2034…

    تعمَّقَ  العجز المالي الحكومي خلال أزمة الأوراق المالية المدعومة بالرهن العقاري ( 2008 و2009 ) حيث انتهجت حكومة الولايات المتحدة سياسة زيادة العجز في الميزانية وأقَرّ مصرف الاحتياطي الفيدرالي الأميركي سياسة « التّيْسِير الكمي » أي توزيع المال العام على المصارف والشركات الكبرى والأثرياء بفائدة ضعيفة جدًّا أو بدون فائدة، ولم يتم استثمار تلك الأموال في الصناعة أو القطاعات الإنتاجية بل في البورصة والمُضاربة بالأسهم، وأدّى العجز في الموازنة إلى زيادة الاقتراض الحكومي وزيادة الدين الوطني، وإصدار سندات خزانة إضافية، مما رَفَع عجز الموازنة الأميركية من نحو 1,9 تريليون دولار سنة 2009 إلى ثلاث تريليونات دولارا سنة 2020، بينما انتعشت أسواق الأسهم وارتفع متوسط أرباحها من 20,4% قبل وباء كوفيد إلى 36,8% بنهاية 2024…  

    تنصّلت الحكومة المركزية الأميركية منذ عُقود من مسؤولية مساعدة العمال النازحين بعد إغلاق المصانع، ومساعدة سُكّان المناطق الفقيرة، ومن مسؤولية الإنفاق على البنية الأساسية والرعاية الصحية وبرامج المساعدة الاجتماعية، مقابل زيادة الإنفاق على الحروب وعلى صيانة أكثر من 800 قاعدة عسكرية في الخارج، لتبرير كذبة « مكافحة الإرهاب » أو « إعادة العَظَمَة إلى أمريكا » وتهديد معظم دول العالم وفَرْض الحصار و « العُقُوبات » والرُّسُوم الجُمريكية الإضافية على السّلع المُستورَدَة ( بما في ذلك من كندا والمكسيك التي ترتبط – مع الولايات المتحدة – باتفاقية تجارة حُرّة تمّت مُراجعتها سنة 2020، من قِبَل دونالد ترامب نفسه)، مما يرفع أسعارها في السّوق الدّاخلية الأمريكية، في غياب بديل مَحلِّي لها وفي ظل رُكُود أو انخفاض قيمة الدّخل الحقيقي للأُسَر، وخصوصًا الأشدّ فقرًا، مما قد يُؤَدِّ إلى تباطؤ النشاط الإقتصادي وارتفاع الأسعار، أو « الرُّكُود التّضخُّمِي ».

    خالف الرئيس دونالد ترامب القاعدة التي فَرَضَتْها الولايات المتحدة بنهاية الحرب العالمية الثانية وتتمثل في فَرْض اقتصاد السوق الحر والتكامل الاقتصادي الدولي، وسيادة النّظام الرّأسمالي العالمي في مقابل الإتحاد السوفييتي والدّول الإشتراكية، ويتمثل النّهج الجديد للولايات المتحدة – الذي بدأ قبل سنوات، وعَزَّزَهُ دونالد ترامب – في حماية الشركات ذات المَن~شأ الأمريكي وحمايتها من منافسة الشركات الأجنبية بواسطة زيادة الرُّسُوم الجمركية على الواردات، مع زيادة نُفُوذ الشركات الأمريكية الكبرى، وتقليص دور الدولة في الاقتصاد لصالح قوى الأوليغارشية الاقتصادية (شكل من أشكال الحكم بحيث تكون السلطة محصورة بيد فئة صغيرة تتميز في هذه الحالة بالمال)، وبذلك تم تفكيك القواعد التي قامت عليها منظمة التجارة العالمية والرأسمالية الليبرالية، وفرضت قواعد جديدة تضع مصلحة الولايات المتحدة فوق أي اعتبارات أخرى.

    في الدّاخل أعادت إدارة دونالد ترامب هيكلة الدولة ومؤسساتها الاقتصادية والأمنية، بذريعة اجتثاث الفساد والعجز البيروقراطي الذي أصابها، وبذلك تمت خصخصة هياكل ومؤسسات الدّولة لصالح الشركات الكبرى الذي تضخّم دورها في إدارة الحكومة، بواسطة الأثرياء من رجال الأعمال الذي مَوَّلُوا الحملة الإنتخابية لدونالد ترامب، واحتلوا – بعد انتخابه –  مناصب حكومية حساسة ومُؤثِّرَة في صُنْع القرار، وأهم هؤلاء « إيلون ماسك » وشركاته الضخمة مثل « تسلا » و »سبيس إكس » مما مكّنه من تحقيق مكاسب اقتصادية وإستراتيجية غير مسبوقة، في إطار سيطرة قلة من الأثرياء على القرار الاقتصادي والسياسي الأمريكي إلى جانب المنصّات التي تُدير الأسواق عبر شركات تكنولوجية عملاقة مثل أمازون وغوغل، مما يؤدي إلى احتكار الاقتصاد، وإزاحة البيروقراطية التقليدية ومراكز البحوث والدّراسات لتحل محلها فئة من الأثرياء المناهضين ل »القيود التنظيمية الحديثة » ويريدون إعادة تعريف دور الحكومة بما يخدم مصالحهم المباشرة، وإعادة هيكلة الرأسمالية الأمريكية وإعادة توزيع السّلْطة والثروة تحت شعار « لنجعل أمريكا عظيمة من جديد » ( Make America Great Again – MAGA )، وبذلك تُصْبِح الدّولة أكثر انحيازًا لفئة ضيّقة من الأثرياء…

    في هذا الإطار، دشن دونالد ترامب الفترة الثانية لرئاسته بفرض رُسُوم جمركية باهظة على الواردات من كندا والمكسيك والإتحاد الأوروبي والصين، بهدف تعزيز أرباح الشركات الأميركية الكبرى، ولو أدّى ذلك إلى ارتفاع أسعار السلع الإستهلاكية وزيادة تكاليف المعيشة وإلى خسارة آلاف الوظائف في قطاع الصناعة…

    لا يقتصر انحياز الدّولة ( مُمثّلة بالرئيس ومُستشاريه ووزرائه) على الدّاخل الأمريكي لصالح الشركات الكبرى، بل يتعدّاها إلى نَهْب ثروات البلدان الأخرى ( معادن أوكرانيا ونفط الخليج وأرض وبحر غزة الفلسطينية…) مما قد يُوسّع الفجوة بين الأثرياء والفُقراء داخل الولايات الأمريكية وبين الدّول الغنية والبُلدان الفقيرة باستخدام التهديد العسكري والنفوذ المالي ومِنصّات التكنولوجيا التي تُدير الأسواق المالية وأسواق المواد الخام والعملات المُشَفّرة…

    نشرت وكالة بلومبرغ (المملوكة للملياردير الذي يحمل نفس الإسم ) تقريرًا يُشكّك في نجاعة مُخطّطات دونالد ترامب الذي يتعلّل بالدّمار الكبير الذي لحق بالإقتصاد الأمريكي خلال السنوات الأربعة السابقة ( فترة رئاسة جوزيف بايدن) ويُشير تقرير « بلومبرغ إلى  » ارتباط المخاطر الاقتصادية المتزايدة – من تباطؤ النمو إلى احتمالات الركود وحتى الركود التضخمي- بسياسات ترامب نفسها، وتحديدا موجة الرسوم الجمركية الجديدة التي يُفترض أن تبدأ في الثاني من نيسان/ابريل 2025… »، ويعتبر التقرير إن زيادة الرسوم الجمركية العشوائية، تُؤدّي إلى تراجع ثقة المستهلكين، وإلى ارتفاع الأسعار ونسبة التّضخّم، فيما خسرت بورصة وول ستريت حوالي خمسة تريليونات دولارا خلال فترة قصيرة، وتأثرت شركات إيلون ماسك بهذه الخسائر، وبالأخص شركة تيسلا للسيارات الكهربائية، وأعلن رئيس الإحتياطي الفيدرالي ( جيروم باول) « إن الرسوم الجمركية قد تعرقل جهود السيطرة على التضخم الذي بدأ التضخم بالارتفاع » كما ظهرت بوادر التباطؤ الاقتصادي وضُعْف مؤشرات الإنفاق الاستهلاكي ومبيعات التجزئة، فيما ينْصَبُّ اهتمام دونالد ترامب ومستشاريه على إقرار تخفيضات ضريبية جديدة لضرائب الشركات، وقد تشمل إعفاءات على الدخل الإضافي، وعلى الحوافز والمكافآت ومدفوعات الضمان الاجتماعي… عن وكالَتَيْ رويترز و بلومبرغ 21 و 22/03/2025

    أعلن دونالد ترامب فَوْرَ انتخابه تنظيم تَحَوُّل واسع النطاق للنظام المالي الدولي – تُسدّد ثمنه الدّوَل الأخرى – من أجل خفض قيمة الدولار، وإعادة تصنيع الولايات المتحدة، وامتصاص العجز الأميركي المُسْتَمِرّ ( موقع نيويورك تايمز بتاريخ 14 تشرين الثاني/نوفمبر 2024)،  وصرّح دونالد ترامب، يوم السابع من كانون الثاني/يناير 2025، أي قبل تنصيبه ( يوم 20 كانون الثاني/يناير 2025) بأنه مستعد للاستيلاء على قناة بنما وغرينلاند بالقوة، ولم يتوقف أبدًا عن مهاجمة المنافسين والخصوم والحُلفاء مما يُعيد إلى الأذهان صورة الغزوات الإستعمارية خلال القرن التاسع عشر وبداية القرن العشرين، وإعادة النّظر في الوضع الذي كان قائمًا بين نهاية الحرب العالمية الثانية ( 1945) وانهيار الإتحاد السوفييتي ( 1991) ويريد دونالد ترامب ( رمز أحد وجوه الإمبريالية الأمريكية) إعادة تشكيل النظام الرأسمالي الدولي، وتحميل دول العالم عِبْء الدّيون والأزمة الأمريكية، بالإعتماد على القوة العسكرية وعلى هيمنة الدّولار على المبادلات التجارية والتّحويلات المالية وعلى احتياطيات المصارف المركزية، ولكي يُحافظ الدّولار على مكانته المُهَيْمِنَة التي تسمح بتمويل العجز الأمريكي المُزْمِن، هدّدَ دونالد ترامب أي دولة تريد التخلص من هيمنة العملة الأميركية في التجارة الدولية بعقوبات فظيعة، فيما يُخطّط مُستشاروه لإعادة هيكلة التجارة الدّولية ولإعادة تنظيم النظام المالي الدولي لصالح الولايات المتحدة وحدها، وفَنّد راغورامان راجان، كبير الاقتصاديين السابق في صندوق النقد الدولي ادّعاءات دونالد ترامب والمُقَرَّبِين منه، فكتب  » إن عجز الميزانية والعجز التجاري الأمريكي ظَلَّا ثَابِتَيْنِ منذ ستينيات القرن العشرين، حيث استخدمت الولايات المتحدة امتيازها الباهظ للحُصُول على التمويل من بقية العالم… إذا كان الطلب الزائد على الأصول المالية الأميركية يمثل مشكلة حقيقية، فإن الكونغرس سوف يضطر ببساطة إلى خفض العجز وبالتالي إصدار عدد أقل من سندات الخزانة… إذا كان الطلب على الأصول المالية الأميركية مرتفعاً إلى هذا الحد، فإن أسعار الفائدة على الديون الأميركية ينبغي أن تكون أقل كثيراً… » ( صحيفة « لوموند » الفرنسية بتاريخ 20 آذار/مارس 2025).

    أما ادّعاء دونالد ترامب « إن قُوّةَ أو ضُعْفَ التصنيع في الولايات المتحدة ترتبط فقط بقيمة الدولار، وإن الولايات المتحدة هي الدولة الوحيدة التي تدفع مثل هذا الثمن المرتفع  » فهو ادّعاء كاذب، لأن الولايات المتحدة والدّول الصناعية الكُبرى ( الدّول الإمبريالية) استفادت من قواعد التّجارة الحُرّة التي فَرَضَتْها على العالم، ونَقَلت الصناعات المُلَوِّثَة وذات القيمة الزائدة المنخفضة والتي تتطلب عمالة كثيفة ورخيصة ( بعض الإلكترونية والصناعات الكيماوية والمنسوجات وصناعة الجلْد وغيرها) إلى  الدول التي تتوفر بها المواد الأولية والتي لا تطبق نفس المعايير المالية والاجتماعية والبيئية، خصوصًا بعد انضمام الصّين إلى منظمة التجارة العالمية سنة 2001، بحثًا عن الرّبح الوفير للشركات العابرة للقارات ولِتمكين الفُقراء وذوي الدّخل المنخفض في الدّول الرأسمالية المتطورة من استهلاك الحدّ الأدنى من السلع الرخيصة، وأدّى هذا التحول ( في ظل سيادة النّيُوليبرالية) إلى تفكك الجهاز الإنتاجي وانخفاض حجم وظائف القطاع الصناعي في الدّول الرأسمالية المتطورة، وخصوصا الولايات المتحدة وأوروبا، وفق تقرير حديث لمنظمة التعاون الاقتصادي والتنمية، ولذلك فلا ارتباط بين « المُبالغة في تقييم قيمة الدّولار » وانخفاض حجم الوظائف الصناعية في الولايات المتحدة، ولا يكمن « الحلّ السّحري » في زيادة الرُّسُوم الجمركية « لمُعالَجَة الإختلالات التجارية والمالية والنقدية، « لأن الوصول إلى السوق الأميركية هو امتياز يجب اكتسابه وليس حقاً (… ولأن) الدول التي تريد أن تكون تحت مظلة الدفاع الأمريكي يجب أن تكون أيضاً تحت مظلة التجارة العادلة  » (وفق التّأويل الأمريكي ل »التجارة العادلة ») كما يدّعي أحد المُستشارين المُقَرَّبين من دونالد ترامب الذي دعا الدول التي تقع تحت « مظلة الدفاع الأميركي » ( أوروبا والخليج واليابان وكوريا…) تمويل العجز الأمريكي من خلال شراء سندات الخزانة الأميركية، وتحويل احتياطياتها من الدولار في المصارف المركزية إلى ديون دائمة، وسوف تتعرض الدول التي ترفض تمويل العجز الأميركي لرسوم جمركية باهظة، وبذلك يتحمل الشركاء التجاريون للولايات المتحدة عبء ثغرات الإقتصاد الأمريكي، وتنتقل مخاطر أسعار الفائدة من دافعي الضرائب الأميركيين إلى دافعي الضرائب الأجانب، وفق مُذكّرة بعنوان « دليل المستخدم لإعادة هيكلة النظام التجاري العالمي » كتبها الخبير الإقتصادي ستيفن ميران، رئيس مجلس المستشارين الإقتصاديين لدونالد ترامب، منتصف شهر تشرين الثاني/نوفمبر 2024

    لماذا تحرص الولايات المتحدة ( إدارة الرئيس دونالد ترامب والإدارات السابقة) على إبقاء الدولار كعملة احتياطية دولية وحيدة، إلى حد تهديد كل من يريد الاستغناء عنه، إذا كان ذلك يُشكّل عِبْئًا؟

    إن هيمنة الدّولار هي إحدى ركائز القُوّة الأمريكية التي تستخدمه كسلاح، وتُهدّد الولايات المتحدة بشكل مُسبق (« وِقائي ») الدّول التي تبحث عن بدائل للدولار لأن نهاية هيمنة الدّولار تَعْنِي بداية انهيار الإمبريالية الأمريكية… 

    يُمكن وضع حدٍّ لهيمنة الولايات المتحدة بإنشاء تكتّلات إقليمية أو قارِّيّة أو تكتلات منتجي المواد الأولية وتنسيق عمل النقابات العمالية لمقاومة رأس المال الإحتكاري الذي تضخّم حتى أصبح لا يُقيم وزنًا للعمال وللفقراء وللشعوب التي يسحقها لتضخيم أرباحه، ولكننا لا نزال بَعيدِين عن التّكتّل والإتحاد، ما دام الشعب الفلسطيني يتعرض للإبادة منذ سنة ونصف بتنفيذ صهيوني ودعم عسكري وسياسي وإعلامي امبريالي، في ظل الصمت أو المُشاركة الضّمْنِية للأنظمة العربية، ولذلك فإن مُقاومة رأس المال والإمبريالية الأمريكية تبدأ من غزّة وجنين وصنعاء وحَلب وبنت جبيل، ومن أحياء الفُقراء في نيويورك أو لندن ومن مصانع السيارات أو النّسيج أو الحواسيب والهواتف، ومن حقول ومصافي النّفط …

    الطاهر المعز  

  • Rene Naba-Le destin tragique des communistes arabes

    Rene Naba-Le destin tragique des communistes arabes

    8 septembre 2020 

    L’auteur dédie ce texte à la mémoire de Farjallah Hélou (Liban), Abdel Kader Mahjoud et Hachem Al Atta (Soudan), les plus illustres suppliciés communistes du Monde arabe.
    A Abdel Mohsen Saadoune (1879-1929) qui a accédé au sacrifice suprême par fidélité à ses convictions. Ancien premier ministre d’Irak sous la monarchie, durant la période du mandat britannique, Abdel Mohsen Saadoun se suicidera après avoir ratifié, sur ordre du Roi, le traité anglo-irakien, qu’il jugeait contraire aux intérêts de son pays. «Saadoune street», l’artère populeuse et commerçante de Bagdad, a été baptisée de son nom en hommage à son patriotisme.
    L’auteur y joint un hommage posthume à Tayed Kebab, un militant communiste de base, franco-algérien. Arrivé à Septèmes-les-Vallons en 1971, à l’âge de 7 ans, Tayeb Kebab faisait partie de ces familles des Aurès, chassées de leur milieu rural par la guerre en 1958 en Algérie. Il était très engagé dans la coopération internationale, pour la paix et pour l’amitié entre les peuples Il a été un des promoteurs des jumelages de Septème les Vallons (région Sud de la France) avec les villes du Monde.
    Abdel Khaleq Mahjoub, Secrétaire général du Parti Communiste Soudanais, répondant lors de son procès, le 27 juillet 1971, à la question posée par le général Ahmad Mohamad Hassan, chef de la justice militaire au sein du commandement général des forces armées soudanaises:
    « Qu’avez vous apporté à votre peuple »?
    Sur un ton d’une grande sérénité, réponse de Mahjoub: «La lucidité, autant que j’ai pu ».
    Tweet d’Assad Abou Khalil, politologue libanais, professeur de Sciences Politiques à UCLA (Université of South California Los Angeles)
    @asadabukhalil

    منقولة:
    أثناء محاكمة عبدالخالق محجوب في ٢٧ يوليو ١٩٧١، قام قاضي المحكمة العسكرية العقيد احمد محمد حسن وكان يشغل وقتها منصب رئيس القضاء العسكري في القيادة العامة للقوات المسلحة بتوجيه سؤال الي المتهم :(ماذا قدمت لشعبك؟!!) ..أجابه عبدالخالق في هدوء شديد: (الوعي.. بقدر ما استطعت)

    Pour surprenant que cela puisse paraître, les communistes arabes ont pris une part active dans le combat contre le fascisme et le nazisme dès son apparition en Europe.

    Contrairement aux idées reçues, les communistes arabes ont joué un rôle d’avant garde en soutien aux nationalistes éthiopiens contre le fascisme mussolinien. Lors de la guerre d’Espagne, des communistes arabes se sont engagés au sein des «Brigades Internationales», dépêchant même des communistes palestiniens pour exhorter les Marocains enrôlés dans l’armée du général Francisco Franco de ne pas diriger leurs armes contre les Républicains espagnols.

    Ce fait est peu connu, occulté pour les besoins de la propagande israélienne focalisant sur le rôle de Cheikh Hajj Mohamad Amine Al Husseini, Grand Mufti de Jérusalem et sa rencontre avec Hitler, en vue de discréditer les Palestiniens et disqualifier toute revendication nationale palestinienne. Une thèse reprise, amplifiée et dénaturée par Michel Onfray, le théoricien du populisme sommaire:

    «Le petit docteur en philo (donc moins gradé que BHL !) nous explique que si les Palestiniens sont aujourd’hui un peuple martyrisé sur une terre qu’on leur vole, c’est qu’ils furent jadis nazis. Et ils sont justement punis de leur vieil engagement de «collabos» entre 1933 et 1945… Et pour nous démontrer ça, il nous explique que «Husseini, le grand mufti de Jérusalem, était un partisan d’Hitler et a fait le voyage à Berlin». Exact, mais dans ce grotesque lancé d’histoire en pièces détachées, Onfray ne nous parle pas du contenu de ces nombreux travaux publiés sur la collaboration entre les nazis et des chefs miliciens juifs, l’idée étant de faire guerre commune contre les Anglais qui occupaient la Palestine. Lisez Hanna Arendt, elle a noté ce détail. Les Palestiniens ne sont pas plus les acteurs de leur malheur que ces hommes et femmes de confession juive ne le furent dans le cycle de la barbarie qui les a détruits», lui assénera, caustique, le journaliste Jacques Marie Bourget, dans une réplique visant à revitaliser la mémoire amnésique de ce théoricien de l’intelligence superficielle.

    Pour aller plus loin sur les délires de Michel Onfray, cf ce lien: http://www.afrique-asie.fr/ce-dont-onfray-est-le-nom/

    Mufti de Jérusalem alors que la Palestine est sous mandat britannique, Hajj Amine Al Huseini sera en 1936, l’instigateur de la révolte contre les autorités britanniques. Exilé par les Britanniques en 1937, Hajj Amine se rend en Europe et, par application du principe selon lequel «l’ennemi de mon ennemi est mon ami», le Mutfi rencontre, tour à tour, Benito Mussolini (Italie) et Adolphe Hitler (Allemagne) le 28 Novembre 1941, plaidant pour la nécessité de freiner l’immigration juive en Palestine.

    L’antifascisme des communistes arabes les plaçait à contre-courant de l’opinion publique arabe, qui voyait dans l’Italie et l’Allemagne des alliés potentiels dans leur lutte contre la Grande-Bretagne et la France, puissances coloniales dans la majorité des pays arabes.

    L’attitude des communistes arabes vis-à-vis du fascisme et du nazisme était identique à celle adoptée par l’ensemble des partis communistes dans le monde, regroupés, dès le début des années 1920, au sein de l’Internationale communiste (IC) et ratifiée par le septième Congrès de l’IC, réuni à Moscou du 25 juillet au 20 août 1935.

    La première campagne organisée par les communistes arabes se proposait comme objectif de soutenir le combat des Éthiopiens contre l’agression italienne.

    La deuxième campagne a été la campagne de solidarité avec les républicains espagnols. Elle s’est déroulée sur deux plans:

    • Engagement de communistes arabes dans les rangs des Brigades Internationales
    • Mission de pédagogie politique des membres du Parti communiste palestinien auprès des troupes marocaines sous le commandement du général Francisco Franco pour les dissuader de diriger leurs armes contre les Républicains espagnols.

    La délégation du PC palestinien était composée d’ailleurs d’Arabes et de Juifs, notamment d’Ali Abdel Khaleq al-Jibawi, membre du Comité Central du parti, tué en Espagne, et Najati Sidqi, membre du secrétariat du parti, chargé par la direction de l’Internationale Communiste de participer à l’organisation des campagnes d’information à l’adresse des Marocains qui combattaient dans les rangs des troupes anti républicaines.

    Fait sans pareil dans l’histoire, Arabes et Africains, chrétiens et musulmans ont volé à deux reprises au secours de la France dans des guerres qui leur étaient totalement étrangères.

    Les Asiatiques, sherpas indiens, combattants pakistanais et ghurkas népalais au secours du Royaume Uni. Autrement dit, des «basanés» au secours de leurs colonisateurs dans une querelle de blancs.

    Pis, lors de la II me Guerre mondiale (1939-1945), alors qu’une large fraction des Français collaboraient avec l’Allemagne nazie, la première armée d’Afrique comptait dans des rangs 173 000 arabes et africains, dont cinquante cinq mille (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d’Afrique noire furent tués. 25 000 d’entre eux servaient dans les rangs de l’armée d’Afrique.

    Durant la campagne d’Italie, marquée par la célèbre bataille de Monte Cassino, qui fit sauter le verrou vers Rome, et, à ce titre, célébrer comme la grande victoire française de la II me guerre mondiale, sur les 6.255 soldats de l’armée française tués, 4.200, soit les deux tiers étaient originaires du Maghreb et parmi les 23.5000 blessés, 15.600, soit le tiers étaient du Maghreb.

    Au delà des communistes arabes, la contribution globale des colonies à l’effort de guerre français a été substantielle.

    Pour la 1ère Guerre Mondiale (1914-1918), elle s’est élevée à 555.491 soldats, dont 78.116 ont été tués. L’Algérie, à elle seule, a fourni 173.000 combattants musulmans, dont 23.000 ont été tués. La contribution totale des trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) s’est élevée à 256.778 soldats, 26.543 tués

    Pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945): La première armée d’Afrique qui débarqua en Provence (sud de la France), le 15 août 1944, avait permis d’ouvrir un deuxième front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Cette armée de 400.000 hommes, comptait 173 000 arabes et africains dans ses rangs. De juin 1940 à mai 1945, cinquante cinq (55 000) Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d’Afrique noire furent tués. 25.000 d’entre eux servaient dans les rangs de l’armée d’Afrique.

    Sous la monarchie, l’Irak constituait un fief de l’IPC (Iraq Petroleum Compagny), un trust qui faisait et défaisait les gouvernements au gré de ses humeurs, et la dynastie hachémite, un bastion britannique, un poste d’observation avancé en direction de la zone pétrolifère du Golfe.

    La nationalisation de l’IPC par Saddam Hussein en 1970, première nationalisation du pétrole en terre arabe, va donner le coup d’envoi aux nationalisations pétrolières dans les autres pays arabes, notamment l’Algérie et la Libye.

    Saddam Hussein en paiera le prix 30 ans plus tard, par l’invasion américaine de l’Irak, en partenariat avec…. le Royaume Uni….et «le caniche» britannique de George Bush Jr de l’époque Tony Blair.

    Dans son exposé à la jeunesse ouvrière de Zurich, en Janvier 1917, Lénine assurait que l’Irak était prêt pour une révolution car il réunissait les trois conditions voulues: «l’avilissement des classes pauvres, l’incapacité de la classe dirigeante à maintenir l’ancien système, l’existence d’une classe ouvrière consciente, forte et prête à l’action».

    Prévision justifiée par les exploits du peuple irakien: Abrogation sous la pression populaire du Traité de Porthsmouth entre le Royaume Uni et l’Irak, en 1948; Abrogation du Pacte de Bagdad, en 1958, coalisant les pays musulmans non arabes (Pakistan, Turquie) avec l’Irak; Enfin abolition de la monarchie hachémite d’Irak et proclamation de la République au son de la Marseillaise, le 14 Juillet 1958.

    En 1948, Bagdad constituait un foyer du militantisme. Le plan de partage de la Palestine enflammait les esprits.

    Sur fond de désastre de la Palestine, le soulèvement populaire contre le Traité de Portshmouth, conclu entre la Monarchie irakienne (Hachémite) et le Royaume Uni va donner une nouvelle dimension à la contestation politique. Excédés par le rôle des Britanniques dans la création de l’état hébreu, furieux contre les Hachémites perçus comme les «laquais du colonialisme britannnique», les Irakiens réclament et obtiennent l’abolition du traité.

    Une victoire qui se situe en droite ligne du comportement des dirigeants nationalistes irakiens, tels Abdel Mohsen Saadoune (1879-1929). Ancien premier ministre d’Irak sous la monarchie, durant la période du mandat britannique, Abdel Mohsen Saadoun se suicidera après avoir ratifié, sur ordre du Roi, le traité anglo-irakien, qu’il jugeait contraire aux intérêts de son pays. «Saadoune street», l’artère populeuse et commerçante de Bagdad, a été baptisée de son nom en hommage à son patriotisme.

    Une victoire comparable aussi à celle remportée, trente trois ans plus tard, par les nationalistes libanais en obtenant l’abrogation du traité de paix israélo-libanais, conclu en 1983, sous le mandat du président phalangiste Amine Gemayel.

    Dans les couches les plus démunies de la population, le sacerdoce faisait office d’ascenseur social, tant chez les chrétiens où le séminaire donnait accès à un enseignement gratuit, que chez les musulmans, particulièrement les chiites, la frange la plus défavorisée de la population, pour les aspirants membres du clergé.

    Une fonction exercée plus tard par l’armée, notamment au sein des bureaucraties militaires (Égypte, Syrie, Irak, Libye, Soudan, Somalie).

    Toutefois la perte de la Palestine par le traumatisme qu’elle infligea à la jeunesse, détourna bon nombre de vocations au profit du communisme. A titre d’illustration, le cas de deux étudiants libanais chiites: Hussein Mroueh et Mohamad Charara, venus en Irak pour s’initier au rudiment de la jurisprudence islamique à Najaf, haut lieu saint chiite d’Irak, revêtu d’ailleurs de la coiffe traditionnel des aspirants au sacerdoce.

    Ils finiront leur parcours comme membres actifs du parti communiste. Tout comme Karim Mroueh, un des dirigeants historiques du Parti Communiste Libanais, qui narrera ce phénomène dans ses mémoires. Les mémoires de Karim Mroueh, AR Rai Al Yom en date du 21 juin 2019, sur ce lien en version arabe pour le locuteur arabophone

    Si toutefois la désastre de Palestine a constitué un appel d’air pour les communistes arabes, le vote de l’Union soviétique en faveur de la création de l’état d’Israël va briser net cet élan et transformer en enfer leur vie.

    Pour les survivants du génocide hitlérien et les innombrables et nouveaux sympathisants de la cause juive tout heureux de compenser par une arabophobie lancinante, une judéophilie naissante, comme soulagés de leur passivité antérieure devant l’un des grands points noirs de l’histoire occidentale avec la traite négrière, la création d’Israël constituait une juste réparation d’un dommage à l’égard d’une communauté continuellement persécutée en Europe depuis plusieurs siècles dans leurs propres pays par leurs propres concitoyens.

    Il n’en pas été de même pour les Arabes qui estimaient que le Plan de Partage de la Palestine représentait la première opération de délocalisation vers le Monde arabe de la sous-traitance de l’antisémitisme récurrent de la société occidentale; une opération aboutissant à l’amputation d’un patrimoine national au profit d’une communauté exogène, en compensation de massacres dont pas plus les Arabes que les Palestiniens n’en étaient aucunement responsables. Une compensation sur bien d’autrui en somme. Une opération triangulaire d’une grande perversité.

    L’URSS, elle, estimait que l’idéal sioniste symbolisé par le Kibboutz était plus conforme au schéma soviétique matérialisé par le Kolkhoze, en tout cas infiniment plus que les «féodaux arabes». Tel était du moins l’argument avancé par la propagande soviétique pour justifier son vote en faveur de la création d’ Israël.

    Mais cet aspect idéologique masquait en fait un objectif stratégique: Le dégagement des Britanniques du Moyen orient. En appuyant la création d’Israël Moscou entrevoyait une possibilité de pénétrer au Proche-Orient par la Palestine, à condition d’en chasser d’abord les Anglais.

    Durant la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques ont essayé, en effet, d’organiser le monde de manière à le tenir hors de portée des Soviétiques. En septembre 1946, à Zurich, Winston Churchill lance l’idée des États-Unis d’Europe. Sur le même principe, il lance la Ligue arabe.

    Dans les deux cas, il s’agissait de faire l’unité d’une région sans la Russie. Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis d’Amérique, de leur côté, créent des associations chargées d’accompagner ce mouvement à leur profit, l’«American Committee on United Europe» et l’«American Friends of the Middle East».

    Dans le monde arabe, la CIA organise des coups d’État, notamment en faveur du général Hosni Zaim à Damas (mars 1949), un prétendu nationaliste que l’on supposait hostile aux communistes.

    Dans cette perspective, Washington amène en Égypte le général SS Otto Skorzeny et en Iran le général nazi Fazlollah Zahédi, accompagnés de centaines d’anciens responsables de la Gestapo pour diriger la lutte anticommuniste.

    Skorzeny a malheureusement modelé la police égyptienne dans une tradition de violence. En 1963, il choisira la CIA et le Mossad contre Nasser. Zahédi quant à lui créera la SAVAK, la plus cruelle police politique de l’époque.

    Face à l’hostilité du Monde occidental, l’objectif de l’URSS était donc double: affaiblir les Britanniques dans la région, et essayer de faire basculer Israël dans le camp soviétique, en profitant de la domination de la gauche sur le mouvement sioniste et de son alliance avec le Mapam, second parti du pays après les élections de 1949, selon l’historien Ilan Pappé.

    Ravi du soutien inattendu de Moscou, David Ben Gourion n’entendait pas pour autant rallié le camp soviétique. Le premier ministre israélien déclarait à l’ambassadeur américain James Grover Mc Donald nommé par Truman:

    «Israël salue le soutien russe aux Nations unies, mais ne tolérera pas de domination russe. Non seulement Israël est occidental dans son orientation, mais notre peuple est démocrate et réalise qu’il ne peut devenir fort et rester libre qu’à travers la coopération avec les États-Unis. ..«Seul l’Occident lui-même, en humiliant Israël et en l’abandonnant aux Nations unies et ailleurs, pourrait s’aliéner notre peuple».

    De fait, dès l’automne 1950, les Soviétiques prenant conscience des conséquences désastreuses de leur méprise sur leurs alliés communistes arabes vont durcir leur position à l’égard d’Israël. Une rupture des relations diplomatiques entre Moscou et Tel Aviv intervient en 1951. Elles ne seront rétablies que très froidement, après la mort de Staline (1953).

    Mais l’URSS ne s’en remettra jamais totalement de cette méprise. Erreur de jugement fatale qui vaudra aux communistes arabes d’être pourchassés pour athéisme et matérialisme. La caution soviétique au plan de partage va en effet déclencher une vague de désertion dans les rangs communistes arabes désormais constamment tenus en suspicion, parallèlement à une vague de répression à leur encontre.

    Sur l’origine du divorce entre les communistes arabes et l’Union soviétique

    Le PCA émerge en 1920 comme une extension du Parti Communiste Français dont les cellules sont principalement composées d’ouvriers expatriés, européens dont de nombreux Français «indésirables» en Métropole.

    Des parias de l’Empire expédiés en Algérie alors dépotoir de la France, rejetons de parents envoyés dans les colonies à la suite de la Commune de Paris et de mouvements ultérieurs.

    Bon nombre de descendants d’immigrés européens intégreront d’ailleurs la nation algérienne dans son combat pour l’indépendance, tels Raymonde Peschard, Fernand Iveton, guillotiné le 11 février 1957, Henri Maillot, assassiné par l’armée française le 5 juin 1956 et naturellement Maurice Audin, mort sous la torture le 21 juin 1957.

    Le PCA devient finalement une entité séparée en 1936, à l’époque du Front Populaire et ouvre ses rangs aux autochtones. Son premier secrétaire d’origine algérienne et non métropolitaine sera Ben Ali Boukort, un intellectuel qui utilisait le pseudonyme « El Djazairi » (l’algérien) dans ses articles. Kaddour Belkaîm, (de son vrai nom Kaddour Boussahba), lui succédera.

    Il sera déporté en septembre 1939 à Djeniene Bourezg (70 km au sud de Aïn Sefra), suite à l’interdiction du PCA par le gouvernement de Vichy. Belkaïm mourra en déportation en 1940.

    Lors du déclenchement de la guerre d’Algérie, les cadres et militants du PCA votent, à l’unanimité la participation à la lutte armée anticolonialiste. Les militants du PCF et du PCA créent un réseau de maquisards, les «Combattants de la Libération (CDL)», qui bénéficient du détournement par l’aspirant Maillot d’un camion chargé d’armes.

    En mai 1955, le dirigeant du FLN Abane Ramdane négocie la particpation du PCA à la guerre pour l’indépendance. Un accord PCA-FLN est négocié par Bachir Hadji Ali et Sadek Hadjerès, afin de maintenir l’autonomie politique du PCA. Il n’admet l’adhésion de communistes au FLN qu’à titre individuel et non en tant que groupe.

    Mais, le 12 septembre 1955, le parti est interdit par les autorités françaises. Il se rapproche alors de plus en plus du FLN. En septembre 1956, le mathématicien Maurice Audin organise l’extradition clandestine, vers l’étranger, du premier secrétaire du PCA, Larbi Bouhali, avant d’être lui-même arrêté et assassiné lors de la bataille d’Alger. En 1956, le PCA est progressivement marginalisé par le FLN, les militants de son groupe armé, les Combattants de la libération (CDL), ayant rejoint le FLN.

    Pour aller plus loin sur le PC algérien cf

    Le Parti communiste égyptien, parti cosmopolite au départ était composé notamment d’intellectuels (musulmans, chrétiens, juifs, immigrants récents), reflet de la société égyptienne de l’époque. L’un de ses plus illustres membres aura été Henri Curiel, fils d’un banquier et surtout le propre père du journaliste français Alain Gresh.

    Un des grands animateurs du Mouvement de Libération National dans le Tiers Monde, Henri Curiel fera parti du réseau des «porteurs de valises», le fameux «réseau Francis Jeanson» de la guerre d’Algérie, auquel il succédera à la suite de sa nomination à la tête du «Mouvement Anticolonialiste français».

    En 1976, le journaliste Georges Suffert, via le magazine Le Point, lance une campagne de presse lancée contre lui. L’article l’accuse d’être le chef d’un réseau de soutien au terrorisme international piloté par le KGB. Le ministre de l’Intérieur Christian Bonnet assigne alors Henri Curiel à résidence à Digne le 25 octobre 1977, mais cette mesure, ainsi que l’arrêté d’expulsion qui le visait, est levée le 12 janvier 1978.

    Quatre mois plus tard, le 4 mai 1978, un commando de deux hommes s’introduit dans la cour de l’immeuble dans lequel résidait Henri Curiel à Paris et abat le militant communiste au pied de son ascenseur de quatre balles.

    Les Commandos Delta de l’OAS d’un côté, le Groupe Charles-Martel, de l’autre, revendiquent l’attentat. Mais leur responsabilité réelle est fortement remise en question par les enquêtes ultérieures.

    En Égypte, sous la monarchie, le choix était limité entre le Parti Wafd, qui pratiquait la collaboration avec le colonialisme britannique et la Confrérie des Frères Musulmans, formation ultra religieuse. Le PC égyptien s’imposait de lui même pour des intellectuels contestataires.

    Ce fut le choix d’une grande figure du courant intellectuel communiste égyptien, le duo Mahmoud Hussein, pseudonyme utilisé par Bahgat El Nadi et Adel Rifaat, auteur du mémorable ouvrage «La Lutte des Classes en Égypte» (Editions La Découverte Maspero) et d’un portrait iconoclaste du prophète de l’Islam «Al Sira», ainsi que «Les Musulmans au défi de Daech».

    Adel Rifaat, né Eddy Lévy, converti à l’Islam, l’année de l’agression tripartie anglo franco israélienne contre l’Égypte nassérienne, était en fait le frère aîné de l’historien Benny Lévy, ancien secrétaire du Philosophe Jean Paul Sartre, ancien maoïste revenu au judaïsme.

    Le PCF a été fondé en 1921 sous le nom de Parti socialiste égyptien. Il devient Parti communiste en 1923, et s’attachera à développer les luttes sociales en organisant la classe ouvrière et les paysans.

    Victimes de la répression, les militants communistes vont scinder leur parti en plusieurs groupes distincts et tenter de se réunir à plusieurs reprises, jusqu’à recréer un Parti communiste en 1958, puis décider de dissoudre celui-ci en 1965.

    Le PCE a pâti de déséquilibre structurel de la société égyptienne qui a entravé son expansion: 96 % de la population était à l’époque paysanne. 3 pour cent seulement des Égyptiens travaillent dans des usines, notamment de textile à la faveur de la culture du coton. Le pays était très pauvre, les troubles sociaux courants, les épidémies étaient fréquentent; la malaria, la bilharziose et le trachome faisaient des ravages dans les campagnes.

    A l’époque du lancement du PCE, l’espérance de vie était de 27 ans en Égypte. Les enfants contraints à travailler très jeune entre 6 et 13 ans, en vue de subvenir aux besoins des leurs familles.

    Un autre handicap à son développement a été la figure charismatique de Gamal Abdel Nasser, propulsé au rang de chef mythique du Combat National Arabe, à la suite de la nationalisation du Canal de Suez, première nationalisation réussie du tiers monde et l’agression tripartite corrélative colonialiste anglo-franco-israélienne de Suez, en 1956. Nasser, selon sa propre formule, a «orchestré la lutte des classes plutôt que d’attiser la lutte des classes», en raison de son partenariat stratégique avec l’Union soviétique.

    Contre toute logique, l’Union soviétique apportera même un soutien systématique aux gouvernements dits «anti impérialistes», au détriment des partis communistes arabes. La doxa officielle soviétique créditait en effet les «démocrates révolutionnaires» du titre de compagnon de lutte dans le combat anti-impérialiste.

    Ce label était attribué aux autocrates qui avaient engagé leur pays dans une «voie non capitaliste de développement économique». Ce terme englobait les régimes militaires en Egypte, en Syrie, en Irak, plus tard, en Algérie, en Libye, en Somalie et au Soudan.

    Ainsi, au plus fort de la fusion syro égyptienne, Farjallah Hélou, premier secrétaire général des partis communistes libanais et syriens, venu clandestinement à Damas, sera capturé par les services secrets syriens.

    Il périra sous la torture le 25 juin 1959, son cadavre dilué dans l’acide sera immergé dans le fleuve longeant Damas, afin d’éliminer toute trace de son existence, sans la moindre réaction de Moscou. Sans doute au nom de la «realpolitik» et son souci de ménager son nouveau grand allié, Gamal Abdel Nasser, avec lequel il venait de sceller un partenariat stratégique symbolisé par la construction du barrage d’Assouan.

    Pis, dans une forme d’aberration mentale rare dans les annales internationales, les régimes pro soviétiques participeront eux mêmes à la chasse anti communiste s’alliant même avec leurs ennemis, comme ce fut le cas avec Mouammar Kadhafi, en 1971.

    L’animateur du groupe des «Officiers libres» libyens, ainsi dénommé sur le modèle de leurs aînés égyptiens, fera cause commune avec les Britanniques, au mépris de son aversion déclarée pour ses anciens colonisateurs, en ordonnant le déroutement d’un avion de ligne de la BOAC (British Overseas Airways Corporation), en juillet 1971, pour livrer à son voisin soudanais, le général Gaafar Al-Nimeiry, les auteurs communistes d’un coup de force, notamment le colonel Hachem Al Attah, un des plus brillants représentants de la nouvelle génération des jeunes officiers arabes.

    Pis, au mépris des règles de l’asile politique, Kadhafi livrera le chef communiste Mahjoub, malencontreusement réfugié en Libye, poings et pieds liés au président Nimeiry.

    Les remords marmonnés en 1976 devant cet acte de forfaiture ne l’empêcheront pas de récidiver deux ans plus tard contre l’Imam Moussa Sadr, le chef spirituel de la chiite libanaise, mystérieusement disparu au terme d’un séjour à Tripoli, en 1978, au paroxysme de la guerre du Liban.

    Le tortionnaire soudanais se déconsidérera par la suite, et son complice libyen avec, en supervisant le premier pont aérien d’Éthiopiens de confession juive vers Israël.

    Kadhafi aura ainsi éliminé certaines des figures les plus emblématiques du mouvement contestataire arabe, affaiblissant considérablement son prpre camp. Lors de la curée anti occidentale contre le «guide de la révolution libyenne», en 2011, si la gauche arabe a dénoncé l’ingérence de l’Otan dans les affaires intérieures d’un pays arabe, aucun n’a volé à son secours. Pas même les bénéficiaires de ses largesses passées.

    Pour aller plus loin, sur ce thème, cf https://www.renenaba.com/kadhafi-le-fossoyeur-de-la-cause-nationale-arabe/

    Certains verront dans le vote russe en faveur de la résolution de l’ONU sur la Libye, en 2011, comme un «acte manqué»; un signe de dépit de Moscou à l’encontre du Colonel Kadhafi, lassé de toutes ses mauvaises manières, particulièrement sa nouvelle reddition aux Anglais, en 2003, sous l’effet d’un blocus, en leur dévoilant tout un pan de la coopération nucléaire souterraine des pays musulmans.

    La résolution 1973 de l’ONU, adoptée à dix voix sur quinze le 18 Mars 2011, autorisait le recours à la force contre la Libye. Votée sous la présidence de Dimitri Medvedev, elle a fait l’objet d’un détournement de sens de la part les Occidentaux pour justifier leur intervention militaire contre la Jamahiryah.

    Les dirigeants musulmans pro occidentaux, sans le moindre recul, feront preuve de la même furie anti-communiste, réduisant considérablement leur marge de manœuvre, fragilisant leur pouvoir en conséquence. Tous les tortionnaires des communistes seront évincés du pouvoir parfois de façon violente.

    A l’exception de l’égyptien Gamal Abdel Nasser, qui a orchestré une sorte de lutte de classes au sein de son parti unique, l’Union Socialiste Arabe, et fait cohabiter le communiste Khaled Mohieddine et Anouar El Sadate, l’agent de liaison des Frères Musulmans auprès du «Groupe des Officiers libres», tombeur de la monarchie égyptienne. Il jouera même de leurs rivalités pour assurer sa prééminence, contrairement aux autres dirigeants du Moyen Orient qui engageront une féroce répression contre les communistes.

    Il en a été de même en Syrie, où le président Hafez Al Assad associera le parti communiste syrien, sous l’égide de son secrétaire général Khaled Bagdache, à toutes les formations gouvernementales. Présence minoritaire mais symbolique d’une alliance entre la Syrie et l’Union soviétique.

    En roue dentée de la stratégie atlantiste, le Chah d’Iran s’appliquera méthodiquement à démanteler le Parti Toudeh, sous le parrainage de la CIA qui disposait à Téhéran d’un fort contingent d’instructeurs pour encadrer la SAVAK, la police secrète iranienne.

    Le général Gaafar Al Nimeiry, reniant ses convictions nassériennes pour un rôle de supplétif des équipées israélo-américaines dans la zone, s’acharnera contre le PC soudanais, le plus grand parti communiste du Monde arabe; enfin Anouar el Sadate, qui a lui aussi basculé dans le camp pro occidental, agira de même contre le parti communiste égyptien, alors que le groupe marxiste léniniste marocain «Ila Al Amam» (En Avant) subissait une dure répression dans les «années de plomb» (la double décennie 1970-1980) sous le règne de Hassan II, payant un lourd tribut à ses convictions, déplorant la mort de trois de ses militants, morts sous la torture:

    Saida Menebhi, morte en prison à la suite d’une grève de la faim en décembre 1977, Abdellatif Zeroual, mort sous la torture en novembre 1974, et Amine Tahani mort sous la torture le 6 novembre 1985.

    Mais la répression la plus sanglante frappera le Parti Communiste d’Indonésie.

    Troisième parti communiste dans le monde par le nombre de ses adhérents, après ceux de Chine et de l’Union soviétique, -le plus important au monde en dehors de ceux des régimes communistes, le parti communiste indonésien est dissous en 1965 par Ahmad Soekarno sous la pression de l’armée, peu de temps avant l’éviction du pouvoir de l’hôte de la conférence de Bandoeng, la conférence fondatrice du Mouvement des Non Alignés. La chasse aux communistes indonésiens durera des mois et fera entre 500.000 et un million de morts, selon les estimations.

    Les dirigeants musulmans pro occidentaux, sans le moindre recul, feront preuve d’une furie anti-communiste incompressible, réduisant considérablement leur marge de manœuvre, fragilisant leur pouvoir en conséquence. Tous les tortionnaires des communistes seront évincés du pouvoir parfois de façon violente.

    Amputés de contre poids, les trois tortionnaires des communistes du Moyen Orient seront évincés du pouvoir par des islamistes: le Chah d’Iran destitué par la révolution non communiste, mais khomeiniste; Sadate qui se définissait comme «un président musulman d’un pays musulman» sera assassiné …….par un militaire néo-islamiste. Enfin le Roi Faysal, le financier absolu de la lutte anti communiste, assassiné par son propre neveu, dans son propre palais.

    Et Gaafar Al Nimeiry, renversé par un coup d’état, opéré par les militaires qui remettront le pouvoir, au terme d’une période transitoire d’un an, à une coalition constituée par les pires ennemis de Nimeiry: le parti communiste et le parti islamiste Al Oumma, tandis que son compère libyen était assassiné et son régime détruit par une coalition occidentale dont les chefs de file n’étaient autre que son ancien ami anglais et l’ancien pourvoyeur français de son armée.

    Depuis l’éviction du Général Omar Al Bachir, en 2019, le Soudan , frontalier de sept pays, est devenue la plus importante base de la CIA en Afrique et son armée qui a été engagée dans la guerre du Yémen, participe également aux opérations de l’AFRICOM, sous le commandement militaire américain

    Au vu de ce bilan, l’anti-communisme primaire ne constitue pas la voie la meilleure pour la survie de dirigeants rudimentaires, à la vision sommaire.

    Illustration

    Farjallah Hélou (Liban), Abdel Kader Mahjoud et Hachem Al Atta (Soudan)

    14 septembre 2020

    Fondé en 1934. Le PC irakien a joué un rôle fondamental dans l’histoire politique de l’Irak, de sa fondation à la décennie 1970., notamment en coalisant les principales forces politiques hostiles à la monarchie.

    Impliqué dans les plus importantes manifestations et insurrections des décennies 1940 et 1950, il a tenu un rôle dans le renversement en 1958 du Royaume d’Irak, qui a porté au gouvernement le général Abdel Karim Kassem. Il a beaucoup souffert, à partir de 1978, de la répression sous la dictature de Saddam Hussein.

    Restant un élément important de l’opposition irakienne, il s’est opposé aux sanctions des Nations Unies la guerre du Koweït en 1991, puis s’est opposé à l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

    En mars 2018, il s’allie au mouvement de Moqtada al-Sadr, au sein de la coalition électorale Sa’iroun («En marche») pour les élections législatives et provinciales de mai 2018. Les deux forces politiques s’étaient rapprochées à partir de 2015 dans le cadre d’un mouvement de protestation réclamant des réformes, la lutte contre la corruption et l’amélioration des services publics. La coalition obtient 54 députés, sur un total de 329 sièges.

    Ci- joint les principaux passages des mémoires de Karim Mroueh, dirigeant du Parti Communiste Libanais,

    Le malentendu avec le général Abdel Karim Kassem

    Le malentendu entre les communistes irakiens et le général Abdel Karim Kassem s’est noué autour de deux questions: la participation des communistes au gouvernement et le Kurdistan.

    Premier chef du gouvernement de l’Irak post monarchique, le général Abdel Karim Kassem, artisan du coup d’état, était un nationaliste proche des communistes. Ds sa nomination, le parti communiste a organisé de manifestations monstres réunissant plusieurs centaines de milliers de million de personnes pour exiger une pleine participation des communistes au pouvoir.

    Les alliés du général Kassem au sein de la coalition gouvernementale y vont une marque de duplicité du premier ministre en vue de les forcer à faire une place plus importante aux communistes au sein du gouvernement.

    Circonstance aggravante, le mot d’ordre du PC irakien «Paix au Kurdistan» lancé sans la moindre campagne d’explication pédagogique, plaçait leur allié en porte à faux tant vis à vis des autres composantes du pouvoir que vis à vis de l’opinion publique irakienne. Celle-ci était majoritairement hostile à un arrangement avec le Mollah Moustapha Barzani, en ce qu’elle considérait le chef kurde comme un instrument de déstabilisation manipulé par le Chah d’Iran et que ses menées «séparatistes» visaient à terme à amputer l’Irak de ses riches provinces pétrolières du Nord du pays.

    Un autre point noir dans le registre du PC irakien, le fait d’avoir trainé ses opposants, morts ou vivants, dans les rues de Bagdad, en vue de livrer ses adversaires à la vindicte publique.

    L’antagonisme avait atteint un point tel que le Général Kassem entreprit de s’opposer par la force à ses anciens compagnons.

    Fondé en 1924 par l’historien libanais Youssef Ibrahim Yazbeck et Fouad Chemaly, le PC Libanais est le plus ancien parti politique libanais. Dissous en 1948, il sera interdit jusqu’en 1971. Nonbstant cet interdit, le PC Libanais comptait, en 1967, 75000 d’adhérents, soit 3 % de la population, ce qui faisait de lui le plus grand parti libanais de l’époque.

    Durant la guerre civile libanaise (1975-1990), il sera une des composantes essentielles de la coalition palestino progressiste. Dans la foulée du retrait de l’OLP de Beyrouth, en 1982, le PC libanais sera l’initiateur de la guérilla anti israélienne dans la capitale libanaise.

    Allié du Hezbollah Libanais, il participera au sein de la «résistance nationale libanaise» à la guérilla anti israélienne au sud Liban, jusqu’au dégagement final des Israéliens de la région frontalière, sans négociations, ni traité de paix.

    Fouad Chémali, co-fondateur du Parti, avait baptisé sa formation, à son lancement en 1924, de «Parti du Peuple», considérant que le terme «communiste» était inapproprié et posait problème dans les sociétés traditionalistes arabes. Intransigeant, le Kominterm avait posé comme condition à l’admission de la formation libanaise au sein de l’Internationale Communiste, qu’elle porte le nom de «Parti Communiste Libanais», dans un souci d’uniformisation. Ce qui fut fait. Ah les ravages de l’européo-centrisme.

    En 1976, Le PC Libanais était hostile à l’intervention militaire syrienne au LIban, d’autant plus vivement que la demande provenait de trois dirigeants maronites, tous trois à la tête de milices, le président Soleymane Frangieh, qui disposait des forces gouvernementales (armée, gendarmerie, police, services de sécurité), en sus de sa milice privée Al Marada, l’ancien président Camille Chamoun, chef de la milice des «Tigres», enfin Pierre Gemayel, chef du parti phalangiste et chef des milices portant le nom de son parti.

    En difficulté sur le plan militaire, au terme de 18 mois de combat, les trois chefs de guerre maronites, réclamaient en fait au président syrien Hafez Al Assad de brider et de réprimer le Mouvement National Libanais et ses alliés de la résistance palestinienne, alliés au sein de la coalition palestino-progressiste.

    Hafez Al Assad avait obtenu le feu vert de tous les protagonistes du conflit libanais, y compris d’Israël, tous soucieux de mettre en échec la coalition formée par la gauche libanaise et la guérilla palestinienne.

    Lors de la brève phase de la Pérestroika syrienne, la séquence dite du «Printemps de Damas» (2001-2002), un dirigeant communiste, Yassine Al Hafez, fondateur du parti marxiste-léniniste arabe «Arab Revolutionary Workers Party» avait sérieusement mis en garde contre toute tentative d’instrumentaliser le facteur confessionnel dans le combat politique. Une attitude conforme à celle adoptée par l’écrivain Saadallah Wannous et l’éditeur Hussein Aloudat.

    De même sur le plan palestinien, en osmose avec l’organisation marxiste Le «Front Populaire pour la Libération de la Palestine» dirigée à l’époque par le mythique chef palestinien Georges Habbache, les communistes libanais se sont distingués, particulièrement lors de la phase de l’invasion israélienne du Liban et du siège de Beyrouth, en juin 1982.

    Une communiste libanaise Jacqueline Esber, alias camarade Rima, s’est ainsi livrée à des assassinats extra judiciaires en Europe contre l’attaché militaire américain en France, Charles E. Ray et l’attaché militaire israélien à Paris, Yaacov Barsimentov ; Deux agents de services de renseignements de leurs pays respectifs, l’américain pour la CIA, l’israélien pour le Mossad, opérant en France sous couverture diplomatique.

    Et un autre communiste libanais Georges Abdallah, doyen des prisonniers politiques en Europe, de par sa résistance opiniâtre à l’arbitraire répressif du pouvoir français, a glané le titre de figure mythique du combat palestinien au même titre que Marwane Barghouti, le chef du mouvement palestinien Fatah qui croupit arbitrairement dans les geôles israéliennes.

    Pour aller plus loin sur l’affaire Georges Abdallah, cf ce lien:

    Par une curieuse coïncidence, Alexei Kossyguine, premier ministre soviétique, se trouvait en visite à Damas, à la veille de l’entrée des troupes syriennes au Liban, en juin 1976. Hafez Al Assad, prudent ou méfiant, surtout soucieux de prévenir un véto soviétique, n’a pas pris soin d’informer son hôte de sa décision d’intervenir militairement au Liban.

    Mais en dépit de cette mauvaise manière faite à un partenaire stratégique de la Syrie, l’Union soviétique ne prendra pas ombrage de l’attitude cavalière de Damas à son égard. Le Kremlin donnera finalement son accord à l’entrée des troupes syriennes au Liban.

    Le PC Libanais, membre de plein droit de la coalition palestino-progressiste, s’était prononcé en faveur de la lutte armée.

    Alerté, le chargé d’affaires soviétique à Beyrouth pris alors contact avec Karim Mroueh pour s’enquérir de la situation et surtout faire part de son étonnement que les «communistes libanais combattent l’armée syrienne».

    Il s’en suit le dialogue suivant :

    Karim Mroueh: Vous avez combattu le nazisme.
    Diplomate soviétique: Je ne vous permets pas de faire des comparaisons pareilles.
    Karim Mroueh: En tant que Libanais, et non en tant que communiste, je n’accepte pas que des troupes étrangères soient présentes sur le territoire national de mon pays.

    D’autant plus que cette présence militaire étrangère est dirigée contre la coalition palestino-progressiste, supposée être les alliés de la Syrie. L’entretien, tendu, fut bref.

    Sur ces entrefaites, Karim Morueh se rend alors à Paris pour solliciter l’aide du Vietnam. Là aussi, l’entretien fut bref et tendu. L’ambassadeur refusa de recevoir personnellement le dirigeant communiste libanais, encore moins de lui organiser une visite à Hô Chi Minh Ville, et le 3eme conseiller de l’ambassade vietnamienne à Paris fut expéditif. Sa réponse d’une grande brutalité: «Vous combattez l’armée syrienne» ?

    L’invasion américaine de l’Irak, en 2003, a conduit le Parti Communiste Irakien, exsangue, persécuté tant sous le gouvernement d’Abdel Karim Kassem, en 1961, que sous Saddam Hussein, 1970-2003, à assurer un service minimum faute d’être balayé. Un service minimum sans la moindre caution à l’ocupation américaine de son pays. Pour sa survie, il s’alliera, lui, le parti qui professait une idéologie laique, avec Moqtada Sadr, un farouche opposant à la présence américaine en Irak, certes, mais néanmoins un grand dignitaire religieux chiite.

    La séquence dite du printemps arabe (2011-2019) a propulsé des figures éminentes du Parti Communiste Syrien, telles Ryad Trurk, abusivement qualifié de «Mandela syrien» et Michel Kilo, voire même Bourhane Ghalioune, le supplétif de l’administration française contre son pays d’origine, dans le giron de l’opposition off shore pétromonarchique, dans une démarche qui a signé à la fois et leur reddition et leur trahison.

    A l’inverse des pontes du régime baasiste, tel Abdel Halim Khaddam, vice président de la république syrienne, ou du libanais Walid Joumblatt, chef de l’unique parti arabe se réclamant du socialisme, ou encore la cohorte des mercenaires syriens de l’opposition off shore, le Parti Communiste Libanais, fidèle à son histoire, s’est retrouvé, lui, dans la même tranchée que le Hezbollah libanais dans la guérilla anti israélienne qui a abouti, en 2000, à un retrait sans condition, ni négociations, ni traité de paix avec Israël; Un fait sans précédent dans les annales du conflit israélo-arabe.

    Toutefois, vers la fin de sa vie, Karim Mroueh tout comme Elias Attalah le 4eme mousquetaire de la «gauche démocratique», rejoindront la cohorte constituée par la «gauche mutante» renonçant à leur idéologie communiste pour rallier l’idéologie du pétrodollar.

    L’implosion de l’Union soviétique a entraîné dans sa chute l’éclipse des partis communistes arabes. En propulsant un monde unipolaire sur le plan international, elle a placé l’ordre domestique arabe sous l’hégémonie saoudienne, le supplétif émérite des Américains, déblayant la voie à l’invasion américaine de l’Irak.

    La guerre de Syrie marquera, elle, le retour de la Russie par la grande porte au Moyen Orient, douze ans après en 2015. Nullement le fait du hasard, le déploiement russe en Syrie, matérialisé par l’aménagement d’une base aérienne, la première en Mer Méditerranée depuis la fin de la guerre froide soviéto-américaine (1990), se voulait un message à double destination: Aux partenaires et aux adversaires de la Russie pour leur démontrer que la loyauté est payante en politique.

    L’empressement de Moscou à voler au secours du président Bachar Al Assad s’explique par la fidélité de la Syrie à son alliance avec Moscou, (l’URSS, puis la Russie), en dépit des déboires de la Russie. La Syrie est en effet le seul pays arabe avec l’Algérie à avoir maintenu un partenariat stratégique avec le Kremlin, contre vents et marées, contrairement à l’Egypte d’Anouar El Sadate, à l’Erythrée de Isyass Oufourky, de l’Ethiopie de Mengistu Hailé Mariam de la Somalie de Mohamad Ziad Barré, ou encore du libyen Mouammar Kadhafi, qui a révélé aux Occidentaux tout un pan de la coopération nucléaire arabe pour sa survie politique. Un suris de 7 ans de 2003 à 2011.

    Depuis la tribune principale du Forum Économique International de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a annoncé, le vendredi 7 juin 2019, la doctrine de la confrontation globale avec les États-Unis.

    Dans un discours qui présentait de par sa tonalité prophétique des analogies avec le Discours de Fulton de Winston Chrchill, sur «le Rideau de fer», Vladimir Poutine a annoncé pour la première fois au monde que la Russie ne reconnaît plus le système établi de domination mondiale des États-Unis.

    En lançant un défi total à ce système, la Russie a annoncé son alliance avec la Chine et les pays déterminés à échapper au joug américain dans cette confrontation, dont l’objectif ultime est l’aménagement d’un monde multipolaire et la fin corrélative de six siècles de domination absolue de l’Occident sur le reste de la planète.

    Curieux que ce discours n’ait pas retenu l’attention des éditocrates occidentaux, pourtant annonciateur d’un basculement géostratégique planétaire, alors que la forteresse Occident apparaît comme un îlot de richesse assiégé par une immense ceinture de misère.

    Selon le dernier rapport de l’ONU sur la faim, publié en Juillet 2019, huit cent vingt millions (820) de personnes souffrent de la faim dans le Monde.

    La faim a augmenté de près de 20% en Afrique, un continent qui connaît également la prévalence la plus élevée de sous-alimentation. Et en Asie, la sous-alimentation touche 11% de la population. De surcroît la surcharge pondérale augmente dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d’âge scolaire et les adultes.

    En toile de fonds de la déconfiture de l’alliance atlantique dans la gestion de la pandémie du Coronavirus, l’Occident parait être en en phase de «dé-consolidation démocratique» avec la montée en puissance aux États Unis, la plus ancienne démocratie du Monde, d’un président ouvertement xénophobe et machiste, artisan du «Muslim Ban».

    Le Royaume Uni, plate-forme de la reconquête de l’Europe occidentale face au nazisme durant la II me Guerre mondiale, paraît être saisi d’une fièvre de repli et de rejet des étrangers, illustrée par le Brexit., alors qu’au sein même de l’Union Européenne, d’autocrates populistes voire même fascisants (Italie, Autriche, Hongrie etc..), préfigurent la fin d’une exception historique: l’alliance du capital et de la démocratie : la dé-consolidation démocratique, tant il est vrai qu’un capitalisme sans limites anémie et érode la démocratie en engendrant la pulsion populiste.

    Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

  • الطاهر المعز-دوّامة الدُّيُون في البلدان الفقيرة

    الطاهر المعز-دوّامة الدُّيُون في البلدان الفقيرة

    فَرَضَ صندوق النّقد الدّولي على الدّول التي طلبت قُرُوضًا مجموعة من الشُّروط بعنوان « برنامج الإصلاح الهيكلي » ويتضمّن البرنامج « تشجيع الإستثمار »، من خلال خفض الضرائب على أرباح الشركات وعلى الرّيوع والمُضاربة  تخفيض المعدّلات الضريبية على الأرباح والريوع، فانخفضت إيرادات الدّولة، وتحمّل الأُجَراء والفُقراء أعباء الضرائب المباشرة ( على الدّخل) وغير المباشرة ( الإستهلاك والخدمات) وأدّى تراجع إيرادات الدّولة إلى ارتفاع عجز الميزانيات العامة واللُّجوء إلى الدُّيُون لسدّ العجز وليس لاستثمارها في برامج التنمية والإنتاج، وكلما ارتفع حجم الدّيُون ارتفعت الفوائد ( خدمة الدّيْن)، كما أدّى تراجع إيرادات الدّولة وارتفاع حصة أقساط الدّيون التي يتوجب سدادها ( أي نقل المال العام من البلدان الفقيرة إلى الدّائنين) إلى خَفْض الإستثمار في البُنية التحتية وإلى خفض الإنفاق الإجتماعي وإلى تراجع مستوى الرّفاه في المجتمع…    

    بعد عُقُود من فَرْض هذه الشُّرُوط المُدَمِّرَة للقُرُوض التي كانت مُصَمَّمَة أساسًا لتعميق دَرَجَة التّبَعِيّة واستدامته (وليس لحل المشاكل الطّارئة)، نَشَر صندوق النّقد الدّولي يوم 17 كانون الأول/ديسمبر 2024، ورقة بحثية ( ورقة عَمَل من خمسين صفحة) كتبها خمسة من خُبَرائه الإقتصاديين بعنوان (    The urgency of conflict prevention – A macroeconomic perspective) أو ما يمكن ترجمته « ضرورة الوقاية من الصراعات – منظور اقتصادي شمولي »، ولم تَحْظ هذه الدّراسة بدعاية واسعة، ولم يتم تداولها والتعليق عليها في وسائل الإعلام التي تُمَجّد النيوليبرالية، لأن خُبراء صندوق النقد الدّولي يعترفون بالتّأثير السّلبي لإجراءات التّقشف على حياة الشّعوب، وخصوصًا الفئات الفقيرة، مما يُؤَدِّي إلى « التّوتّرات والإضطرابات الإجتماعية (وحتى) النّزاعات المُسلّحة… » ولذلك كان عنوان الورقة البحثية « الوقاية من النزاعات »، التي تُهدّد « السّلم الإجتماعي »، ويرى خبراء الصّندوق ضرورة مراقبة الدّولة لجيوش الفقراء والمُعطّلين عن العمل والتّدخّل لتجنّب التّوتّرات، ولتجنّب الأسباب التي قد تُؤدِّي إلى عرقلة التنمية، وربما إلى تقويض النّظام الرّأسمالي ومن بينها: تراجع معدّلات الإستثمار والتّدهوُر الإقتصادي وتدمير البُنْيَة التّحتية والخسائر البشرية…

    تدْرُسُ هذه الورقة البَحْثِيّة موضوع « الوقاية من النزاعات » من منطق رأسمالي بحت، لا علاقة له بوقاية الشعوب وثروات البلدان الفقيرة، ويتمثل هذا المنطق في وضع الخسارة في كفّة والربح في كفّة أخرى من الميزان الإقتصادي، ويجب أن « تتجاوز الفوائد طويلة الأجل لسياسات الوقاية ومنع النزاعات، التكاليف المرتبطة بالنزاعات نفسها » ويُؤكّد المُلخّص الذي قدّمه الصندوق « إن الاستثمار في الوقاية يُمكن أن يُحقق فوائد هائلة على المدى الطويل، وتتراوح عوائد سياسات الوقاية في البلدان التي لم تشهد مؤخرًا أعمال عنف بين 26 و75 دولارًا أمريكيًا لكل دولار يُنفق على الوقاية، وفي البلدان التي شهدت مؤخرًا أعمال عنف، قد يصل معدل العائد إلى 103 دولارات أمريكية لكل دولار يُنفق على الوقاية… » وبذلك ينزع التقرير أي صفة « أخلاقية » على الإستثمار في الوقاية من النزاعات، بل هو استثمار اقتصادي استراتيجي يتّسم بعوائد مالية ملموسة، ويقترح الخُبراء الذين أعَدُّوا ورقة العمل توصيات للحكومات و »لصانعي السياسات العالميين والمحليين، وللمؤسسات المالية الدولية والمنظمات متعددة الأطراف، لتعزيز السلام والاستقرار من خلال السياسات الاقتصادية الكلية ».

    لا تدرس الورقة – بل تتجاهل – أسباب النزاعات التي تُطلقها الدّول الإمبريالية وشركاتها العابرة للقارات، لنهب الثروات ( مثل الكونغو)  أو للإستفادة من الموقع الإستراتيجي للبلدان ( مثل الصّومال أو اليمن)، وتتوقف عند نتائجها المتمثلة في الرّكود الإقتصادي طويل المدى وتراجع النّمو وانخفاض الناتج المحلي الإجمالي ( بنسبة قد تفوق 9% ) وكذلك نصيب الفرد من الناتج المحلي الإجمالي، كما تُؤَدِّي « الصراعات » و « النّزاعات » ( وهي في الواقع حروب عدوانية أحيانًا ومفروضة من أطراف خارجية) إلى تراجع الاستثمارات بشكل حادّ وهروب رأس المال المحلّي إلى الخارج، لأن رأس المال يبحث عن الهُدُوء والإستقرار لينمو بسرعة، مِمّا يعرقل التنمية الاقتصادية ويحد من حجم الوظائف…

    تُؤَدِّي « الصراعات » و « النزاعات المُسلّحة » إلى انخفاض إيرادات الدّولة وإلى زيادة الإنفاق الأمني أو الحَرْبِي وانخفاض الإنفاق على الصّحة والتعليم والخدمات العامة، وتعطيل شبكات النّقل والتّجارة وإغلاق المؤسسات الصناعية والتجارية وهجرة الكفاءات ( مثال سوريا) وقد يُؤَدِّي الركود الاقتصادي والبطالة إلى التحاق مجموعات من الشباب بالمجموعات المُسلّحة الإرهابية أو المُرتزقة، كما حدث في سوريا وأفغانستان والكونغو، ويؤدّي انتشار السّلاح الفردي والتحاق مجموعات واسعة من الشباب بالجماعات المُسلحة إلى سهولة التّعايش مع العُنف واستِسْهال استخدام السّلاح للقتل أو النّهب وإلى انتشار الجريمة المُنظّمة مما يعيق إعادة الإعمار و »التعافي الاقتصادي » لفترة طويلة…

    إن شروط صندوق النقد الدّولي والبنك العالمي والمؤسسات المالية والدّائنين تُخالف ما ورد من توصيات واستنتاجات في هذا البحث الذي يعتبر الصندوق إنه لا يُعبّر سوى على رأي من كتبه، ولا يُعبّر بالضرورة عن موقف الصندوق كمؤسسة تفرض خفض الإنفاق الحكومي (باستثناء الإنفاق على « الأمن ») وخصخصة القطاع العام والخدمات الأساسية وقطاعات التعليم والرعاية الصحية وزيادة الإقتراض للإستثمار في البنية التحتية التي تحتاجها الشركات، ويعترف مُعِدّو الورقة البحثية « إن تقليص الإنفاق العام بنسبة تفوق 1,1% من الناتج المحلي الإجمالي قد يؤدي إلى ارتفاع ضحايا النّزاعات بنسبة 8,5%  » كما يُؤكد التقرير على أهمية توفير الخدمات الجيّدة والوظائف لخفض مستويات العنف الفردي والجماعي…

    لم يتم تصميم الدُّيُون لإنقاذ الأُسَر أو الدّوَل من بعض المشاكل الطّارئة المتمثلة في الإختلال بين الدّخْل والإنفاق، بل تم تصميم الدّيون كأداة للثراء السّريع للدّائنين من خلال مُصادرة أراضي وممتلكات الأسر التي لا تتمكّن من سداد الدّيون والفوائد في إبّانها، والإستحواذ على ثروات الشعوب من خلال عملية الإقتراض من أجل تمويل العجز ( وليس من أجل الإستثمار في عملية الإنتاج)…

    في الدّول الغنية، فرضت السلطات السياسية (الحكومات) والمالية (المصارف المركزية) سياسات تقشف تمثلت في خفض ( أو إلغاء) الإنفاق الإجتماعي، وزيادة الإنفاق الحربي والأمني، وتوجيه الموارد لإنقاذ المصارف والشركات الكبرى خلال فترات الأزمات ( أزمة 2008/2009 و أزمة كوفيد 2020/2021…)، فضلا عن خفض الضّرائب على الأثرياء وعلى أرباح الشركات وعلى عوائد الأسهم والمُضاربة، وخَفْض الإنفاق على خلق الوظائف وتحسين مستوى عيش المواطنين…  

    عمّمت السّلطات السياسية والمالية ( المصارف) نظام الإقتراض لشراء العقارات أو السيارات والقروض الإستهلاكية لشراء التجهيزات المنزلية والملابس وما إلى ذلك، وبعد خصخصة التعليم والصحّة اصبح الطلبة مُضطرون للإقتراض لإتمام التعليم الجامعي مما خلق مشاكل عديدة من بينها العجز عن السّداد في تشيلي والولايات المتحدة، على سبيل المثال، واضطرار المَرْضى للإقتراض للعلاج ( الولايات المتحدة)، وتضخّمت بالمقابل ثروات الأثرياء وأرباح القطاع المصرفي وعوائد الأسهم والسندات، وحوّلت سلطات بعض الدّول ( إيرلندا أو اليونان، على سبيل المثال) دُيُون المصارف الخاصّة إلى دُيُون عموميّة وإلى التزامات يُسدّدها المواطنون. أما في الولايات المتحدة، فقد فرضت السّلطات على المواطنين تَحمُّل عبء الدّيُون الضخمة، ومنها 13 تريليون دولارا منذ أزمة الرهن العقاري ( أيلول/سبتمبر 2008) أُضيفت إلى حجم الدّيُون العمومية، ومن بينها 5,3 تريليون دولار من الرهن العقاري السيء لمصارف فاني ماي وفريدي ماك، وتريليونَيْ دولار من المقايضات التي يُنفّذها الإحتياطي الإتحادي الأمريكية، فقد سدّدت الحكومات ديون المصارف والشركات والفئات الأكثر ثراءً من السكان، لما انفجرت فُقاعة العقارات أو الأسواق المالية، من خلال تحويل خسائرها إلى دافعي الضرائب، دون استشارة المواطنين الذين دفعوا الضرائب والنّاخبين الذين أدلوا بأصواتهم لصالح الرؤساء ونُوّاب المجالس التمثيلية والبرلمانات، مما وَسَّع الفجوة بين قِلّة من الأثرياء وأكثرية من الفُقراء…

    في البلدان الفقيرة ( أو « النّاميَة » ) انخفضت إيرادات الدّولة لتعادل – خلال الفترة من 2020 إلى 2024 – حوالي 27,4% من الناتج المحلي الإجمالي فيما بلغ الإنفاق خلال نفس الفترة حوالي 31%، وارتفعت المدفوعات بفعل ارتفاع حجم الدّيُون وفوائدها، مما زاد من قيمة عجز الميزانية  ( الفارق بين الإيرادات والإنفاق )، وهو عجز مُتوقَّع من قِبَل الدّائنين – وفي مقدّمتهم صندوق النّقد الدّولي – بهدف إغراق هذه الدّول بالديون بشكل يجعلها غير قادرة على الخروج من هذه الدّوّامة، ويفرض صندوق النقد الدّولي برامج « الإصلاح الهيكلي » والتّقشُّف لتتمكن حكومات هذه الدّول من مُجابهة الدّيون المتراكمة التي ارتفع صافي فوائدها من 6,4% من إيرادات هذه الدّول سنة 2021 إلى 9,5% من إيراداتها سنة 2025 وتضاعفت نسبة ما تُسدّده هذه الدّول خلال عشر سنوات وفق بيانات البنك العالمي وبرنامج الأمم المتحدة الإنمائي، ويقابل هذا الإرتفاع في مُخصّصات الدُّيُون انخفاض في الإنفاق على الصحة والتعليم والخدمات العمومية أو الاستثمار في مجالات الإنتاج والقطاعات الإنتاجية والوظائف، وقدّر برنامج الأمم المتحدة الإنمائي إن 56 بلداً (  أو ما يقارب نسبة 45% من البلدان « النامية « )، تسدد أكثر من 10% من إيراداتها على فوائد الديون، ويُسدّد 17 بلد أكثر من 20% من إيراداتها، وتنفق البلدان الأشد فقرًا حوالي 15% من إيراداتها على مدفوعات الفائدة، وبلغت قيمة إجمالي الدين العام الخارجي (الفائدة وأصل الدين) لأفقر 31 بلدًا، نحو 205 مليار دولار وبلغت مدفوعات الفائدة وحدها نحو 36 مليار دولار سنة 2023، وترفض المؤسسات المالية الدّولية وكذلك المجموعات ( مثل نادي باريس) والدّول الدّائنة تخفيف الديون أو إلغاءها كليا أو جُزْئيًّا لأنها مصدر هام للرّبح.

    يُؤَدّي ارتفاع حجم الدّيون ( والفوائد ) وما ينتج عنها من سياسات التّقشّف وانخفاض الإنفاق الحكومي وتقويض قطاعات الصحة والتعليم والنّقل والسّكن والطّاقة إلى تفاقم عدم المساواة، وإلى زيادة النُّفُوذ المالي والسياسي للأغنياء ( أي الأقلية) وهو نَسءف لمبادئ الدّيمقراطية، لأن الأغنياء أو السلطات (الحكومة والمجالس النيابية) التي تُمثلهم لن تتخذ سوى قرارات تُناسب مصالح الأثرياء، مما يزيد من عدم المُساواة ومن التباعد بين المؤسسات الرسمية وأغلبية المواطنين…

    يمكن التّخفيف من حدّة الفقر وعدم المساواة من خلال إجراءات لا تُقوّض النّظام الرّأسمالي ( أي إنها إجراءات وتدابير لا علاقة لها بالإشتراكية، كما يزعم النيوليبراليون) ومن بينها الضرائب التصاعدية، وزيادة قيمة الرواتب (ليتمكن الأجراء من استهلاك إنتاج مصانع الرأسماليين) وزيادة الإنفاق على التعليم والرعاية الصحية وجودة الخدمات، وهي إجراءات تُحَفِّزُ التنمية الإقتصادية وتُخفّف من التّوتّر وتحدّ من الغضب الشّعبي، لكن الرّأسمالية – خصوصًا في مرحلة النيوليبرالية، وفي ظل غياب نماذج لمجتمعات مُغايرة، كالمجتمعات الإشتراكية –  لا تهتم سوى بزيادة الأرباح ولا تؤمن بالحوار…

    وجب على « المجتمع المدني » والنقابات والمنظمات والأحزاب التقدمية خلق ميزان قُوى قادر على فَرْض برنامج للحد الأدنى على سلطات الدّول المُستدينة يُجبرها على فرض الضرائب التصاعدية على الثروة والدخل وأرباح الشركات، وتحويل العبء المالي من الأُجَراء ومن « المُستهلكين » ( ضريبة الإستهلاك) إلى الثروات والرُّيُوع، وإعادة تنظيم القطاع المصرفي وتوفير خيار عام للائتمان والخدمات المصرفية والتّراجع عن خصخصة المصارف المركزية التي فرضها الدّائنون وأقطاب النيوليبرالية تحت غطاء « استقلالية المصارف المركزية »…

    الطاهر المعز  

  • Vijay -Les mesures coercitives unilatérales et la guerre contre les femmes

    Vijay -Les mesures coercitives unilatérales et la guerre contre les femmes

    Néanmoins, les auteurs de la charte ont longuement réfléchi au problème des États belligérants et ont produit le chapitre VII, qui décrit deux approches pour prévenir la guerre. La première approche a consisté à utiliser autant de méthodes non militaires que possible (article 41) avant que les Nations Unies ne puissent autoriser la violence contre un État belligérant (article 42). La charte notait que le Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU) « pourrait décider » d’appeler à « l’interruption totale ou partielle des relations économiques et des moyens de communication ferroviaires, maritimes, aériens, postaux, télégraphiques, radiophoniques et autres, et à la rupture des relations diplomatiques ». La seule fois où le Conseil de sécurité de l’ONU a utilisé tout le poids de l’article 41, c’est contre le gouvernement raciste de Rhodésie du Sud de 1968 (résolution n° 253 du Conseil de sécurité de l’ONU) à 1979 (résolution n° 460), avec une utilisation presque complète de l’article contre l’Irak de 1990 à 2003 et la Yougoslavie de 1992 à 1995. Le plus important dans cette résolution est que l’utilisation de sanctions (un mot qui n’apparaît pas dans la charte) doit être autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Un État peut appliquer ses propres sanctions à un autre État dans un différend bilatéral, mais il ne peut pas légalement forcer d’autres États à s’y conformer. Ce faisant, il s’agit d’une violation de la Charte des Nations Unies.

    Dans le même temps, notre dossier note qu’il faut également réfléchir sérieusement à la façon dont le genre « renforce la division sexuelle du travail politique » dans des efforts importants comme ceux-ci. « Bien que les femmes aient une présence importante et un rôle de leadership dans l’organisation communautaire, cela ne s’étend pas nécessairement à d’autres sphères de la représentation politique et de la gestion de l’État. » La lutte pour faire passer les femmes leaders du niveau communautaire à plus de responsabilité et de pouvoir fait partie de la lutte essentielle des femmes de la classe ouvrière et des paysannes.

    À l’âge de douze ans, Olga Luzardo (1916-2016) a rejoint un groupe marxiste dans la ville de Maracaibo, dans le nord-ouest du pays. En 1931, elle devient l’une des fondatrices du Parti communiste du Venezuela (Partido Comunista de Venezuela, PCV). La jeune Luzardo enseignait à l’école Ho Chi Minh du PCV et emmenait son « école itinérante » à travers le Venezuela pour apporter le marxisme au peuple. En 1937, elle participe au Congrès des femmes du Venezuela (Congreso de Mujeres), issu des groupes culturels féminins du PCV. Arrêté pendant la dictature de Marcos Pérez Jiménez, Luzardo est exilé en Union soviétique puis rentre au Venezuela en 1958. Elle avait plusieurs pseudonymes, tels que « Jorge », qu’elle a utilisé dans sa lutte contre la bourgeoisie vénézuélienne, et « Petrovna », inspirée par la Révolution d’Octobre, sous laquelle elle s’est forgé une réputation de journaliste et de poète dans son désir de créer un nouveau langage pour la rébellion. Alors qu’elle était en prison entre 1950 et 1952, elle a écrit les poèmes qui ont été publiés plus tard dans le recueil Huellas frescas (1998), dont l’un exhorte sa fille Iguaraya Pérez, et en fait toutes les filles, à être un « soldat », un combattant pour la justice :

    Ma fille : Je veux que tu sois un soldat.

    Que votre sang trempe les
    drapeaux multicolores qui flottent dans le monde
    entier si cela devient nécessaire pour notre cause.

    Que la paix, impossible tant qu’il
    y a des nations et des frontières,
    ne vous trouve jamais en train de rêver oisivement
    et sans un bon fusil sur le dos.

    Pour le jour où nous aurons tous
    une arme et le désir d’une vie différente,
    la Terre entière deviendra une seule patrie.

    Pour qu’il y ait la paix, ma fille,
    les pauvres du monde doivent prendre les armes.
    Et, pour cette raison, je veux que vous soyez un soldat.

    Source : Tricontinental

Note : 5 sur 5.

« Commencer mon rôle en tant qu’administrateur WordPress a été un plaisir, grâce à son interface intuitive, sa gestion des médias, sa sécurité et son intégration des extensions, rendant la création de sites Web un jeu d’enfant. »

– Keiko, Londres

Note : 4 sur 5.

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– Sarah, New York

Note : 5 sur 5.

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– Olivia, Paris